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L’émancipation des femmes | Quatre siècles pour sortir de l’ombre (2/3)

La modernité politique européenne, en proclamant la liberté, a ouvert malgré elle une contradiction immense. Elle a parlé de l’homme abstrait, du citoyen, de la raison, du contrat social, mais elle a longtemps oublié que la moitié de l’humanité n’était pas admise dans cette abstraction. C’est dans cette faille que s’est engouffrée la pensée féministe naissante : non pas pour demander une faveur, mais pour rappeler à la modernité ses propres promesses.

Zouhaïr Ben Amor *

L’histoire de l’émancipation des femmes en Europe et en Amérique n’est pas une marche tranquille vers la lumière. Elle ressemble plutôt à une longue lutte contre l’évidence fabriquée, contre cette idée si ancienne qu’elle finit par paraître naturelle : l’homme serait né pour commander, la femme pour obéir ; l’homme pour penser l’universel, la femme pour habiter le particulier ; l’homme pour la cité, la femme pour la maison. Pendant des siècles, cette répartition n’a pas seulement organisé les familles, elle a structuré le droit, la religion, l’école, le travail, la politique, la langue et même l’imaginaire amoureux. La domination masculine n’a pas seulement enfermé les femmes dans des rôles sociaux ; elle a produit un monde où ces rôles semblaient aller de soi.

Pourtant, à partir du XVIIᵉ siècle, puis surtout avec les Lumières, une question commence à fissurer l’ordre ancien : si les hommes naissent libres et égaux en droits, pourquoi cette égalité s’arrêterait-elle devant les femmes ?

La modernité politique européenne, en proclamant la liberté, a ouvert malgré elle une contradiction immense. Elle a parlé de l’homme abstrait, du citoyen, de la raison, du contrat social, mais elle a longtemps oublié que la moitié de l’humanité n’était pas admise dans cette abstraction. C’est dans cette faille que s’est engouffrée la pensée féministe naissante : non pas pour demander une faveur, mais pour rappeler à la modernité ses propres promesses.

Quand les Lumières oublient les femmes

Le paradoxe des Lumières est là : elles ont donné aux femmes des armes intellectuelles tout en refusant souvent de leur reconnaître une pleine égalité. La raison, l’autonomie, l’éducation, le progrès, les droits naturels : tous ces mots pouvaient servir à libérer les femmes. Mais dans la pensée dominante, ils restaient fréquemment réservés aux hommes.

Rousseau, par exemple, pouvait défendre l’éducation d’Émile à l’autonomie tout en assignant Sophie à la douceur, à la modestie et au service de l’homme. La femme devait être formée non pour elle-même, mais pour plaire, accompagner, consoler, élever les enfants. La philosophie de la liberté gardait donc, au cœur d’elle-même, un espace de servitude domestique.

C’est précisément contre cette incohérence que Mary Wollstonecraft publie en 1792 A Vindication of the Rights of Woman. Son argument est d’une force décisive : si les femmes paraissent frivoles, faibles ou dépendantes, ce n’est pas par nature, mais parce qu’on les a élevées ainsi. L’infériorité féminine n’est pas une vérité biologique ; elle est le résultat d’une organisation sociale et éducative. Wollstonecraft réclame pour les femmes une éducation rationnelle, capable de les rendre indépendantes, responsables et dignes d’être considérées comme des êtres moraux complets (Wollstonecraft, 1792). Avec elle, la question féminine sort du registre de la plainte privée pour devenir une question politique : on ne peut pas fonder une société libre sur l’ignorance organisée d’une moitié de ses membres.

La Révolution française donne à cette contradiction une intensité spectaculaire. On proclame les droits de l’homme et du citoyen, mais les femmes restent exclues de la citoyenneté politique.

Olympe de Gouges répond en 1791 par sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, dont la formule célèbre — «la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits» — retourne le langage révolutionnaire contre son propre oubli. Mais la Révolution, qui avait ouvert l’espace public aux femmes dans les clubs, les cortèges et les débats, referme rapidement la porte. Olympe de Gouges est guillotinée en 1793. Les clubs féminins sont interdits. La citoyenneté moderne naît donc en partie d’une exclusion : l’universel est proclamé, mais il reste masculin.

Du droit d’apprendre au droit de voter

Au XIXᵉ siècle, l’émancipation féminine s’organise autour de deux grandes revendications : l’accès à l’éducation et l’accès aux droits civils et politiques. L’une ne va pas sans l’autre. Une femme privée d’instruction demeure dépendante ; une femme instruite mais privée de droits reste une mineure sociale.

Dans les sociétés européennes et américaines, le Code civil, les normes familiales et les traditions religieuses enferment encore largement les femmes dans l’obéissance au père puis au mari. La femme mariée ne dispose pas pleinement de ses biens, de son corps, de ses enfants ni de son travail. Elle existe juridiquement à travers l’homme.

C’est dans ce contexte que John Stuart Mill publie en 1869 The Subjection of Women. Son texte est fondamental parce qu’il inscrit l’égalité des sexes dans la logique libérale de la liberté individuelle. Pour Mill, la subordination des femmes n’est pas seulement injuste pour elles ; elle est nuisible à toute la société. Une société qui empêche la moitié de ses talents de se développer se prive elle-même d’intelligence, d’énergie et de progrès. Mill compare la domination masculine à une survivance archaïque, incompatible avec les principes modernes de liberté et d’égalité (Mill, 1869). Sa pensée donne une légitimité philosophique puissante aux mouvements suffragistes.

Le combat pour le vote devient alors l’un des grands symboles de l’émancipation. Aux États-Unis, la convention de Seneca Falls en 1848 marque un moment fondateur. Les militantes y affirment que les femmes doivent être reconnues comme citoyennes à part entière. En Grande-Bretagne, les suffragistes puis les suffragettes multiplient pétitions, campagnes, manifestations, désobéissance civile, parfois au prix de la prison et de la violence policière. Leur lutte montre que le droit de vote n’est pas simplement un bulletin déposé dans une urne ; il signifie l’entrée des femmes dans la définition même de la loi. Voter, c’est ne plus seulement subir l’ordre social, c’est participer à sa fabrication.

Mais cette conquête est lente. La Nouvelle-Zélande accorde le droit de vote aux femmes en 1893, les États-Unis en 1920, le Royaume-Uni progressivement entre 1918 et 1928, la France seulement en 1944. Ce décalage rappelle une chose essentielle : les démocraties occidentales ont longtemps été des démocraties incomplètes. Elles pouvaient célébrer la souveraineté du peuple tout en excluant les femmes de ce peuple politique. Le suffrage féminin n’est donc pas une simple réforme ; il est une correction tardive d’une contradiction fondatrice.

Le travail, le corps et la sortie du destin domestique

Le XXᵉ siècle déplace la question féminine vers d’autres terrains : le travail, le corps, la sexualité, la famille, la représentation culturelle. Les deux guerres mondiales jouent ici un rôle ambigu. Elles obligent les femmes à entrer massivement dans des espaces de production, à remplacer les hommes mobilisés, à tenir des usines, des administrations, des services. Mais une fois la guerre terminée, les sociétés tentent souvent de les renvoyer vers le foyer, comme si leur présence dans le monde du travail n’avait été qu’une parenthèse patriotique. L’émancipation avance ainsi par secousses : la nécessité ouvre des portes que l’ordre social essaie ensuite de refermer.

C’est après la Seconde Guerre mondiale que Simone de Beauvoir donne au féminisme l’une de ses formulations les plus décisives. Dans Le Deuxième Sexe, publié en 1949, elle écrit : «On ne naît pas femme : on le devient.» Cette phrase n’est pas un slogan superficiel, mais une révolution philosophique. Beauvoir distingue le donné biologique de la construction sociale. Le féminin n’est pas une essence éternelle ; il est produit par l’éducation, les mythes, les institutions, les attentes masculines, les récits religieux et littéraires. La femme a été constituée comme «Autre», c’est-à-dire comme être défini par rapport à l’homme, tandis que l’homme s’est posé comme sujet universel (Beauvoir, 1949).

Avec Beauvoir, l’émancipation ne consiste plus seulement à obtenir des droits semblables à ceux des hommes. Elle consiste aussi à déconstruire les images, les normes, les pièges invisibles qui fabriquent la féminité comme destin. Car on peut donner le vote aux femmes tout en continuant à leur apprendre qu’elles doivent être discrètes, disponibles, séduisantes, maternelles, patientes, sacrificielles. On peut leur ouvrir les universités tout en les jugeant coupables si elles négligent la maison. On peut leur reconnaître une liberté abstraite tout en contrôlant leur corps. C’est pourquoi les féminismes du XXᵉ siècle s’intéressent autant à la vie intime qu’à la vie publique. La famille, le mariage, la maternité, la contraception, l’avortement, la sexualité deviennent des enjeux politiques.

Les années 1960 et 1970 marquent alors une nouvelle vague. Aux États-Unis, en France, en Italie, en Allemagne, dans les pays nordiques, des mouvements féministes contestent la domination masculine dans toutes ses dimensions. Ils réclament l’égalité salariale, le droit à la contraception, le droit à l’avortement, la reconnaissance du viol comme crime, la lutte contre les violences conjugales, l’accès réel aux responsabilités professionnelles et politiques. Le slogan «le privé est politique» résume cette transformation. Il signifie que ce qui se passe dans la maison, dans le couple, dans la chambre, dans la maternité, n’est pas extérieur à la politique. La domination ne vit pas seulement dans les parlements ; elle vit aussi dans les gestes quotidiens.

Des droits formels à l’égalité réelle

À partir de la fin du XXᵉ siècle, les sociétés européennes et américaines disposent progressivement d’un cadre juridique beaucoup plus égalitaire. Les femmes votent, étudient, travaillent, divorcent, possèdent, dirigent, créent, écrivent, gouvernent. Dans plusieurs pays, les lois reconnaissent l’égalité professionnelle, sanctionnent le harcèlement, protègent la liberté reproductive, organisent la parité ou encouragent la présence des femmes dans les institutions. Il serait injuste de nier l’ampleur du chemin parcouru. En quatre siècles, les femmes sont passées, dans une grande partie de l’Occident, du statut de mineures sociales à celui de citoyennes reconnues.

Mais l’égalité juridique n’épuise pas la question. Une société peut proclamer l’égalité et produire encore de l’inégalité par ses habitudes, ses hiérarchies, ses représentations. Les femmes peuvent avoir les mêmes diplômes que les hommes et se heurter au plafond de verre. Elles peuvent travailler autant et gagner moins. Elles peuvent être libres en droit et menacées dans la rue, au travail ou dans le couple. Elles peuvent accéder à l’espace public et y subir une violence symbolique ou numérique destinée à les faire taire. L’émancipation change alors de nature : il ne s’agit plus seulement de conquérir des droits absents, mais de rendre effectifs des droits déjà proclamés.

C’est ici que les analyses contemporaines du genre deviennent importantes. Joan W. Scott a montré que le genre n’est pas seulement une différence entre hommes et femmes, mais une manière d’organiser le pouvoir, de classer les rôles, de donner une signification politique aux corps (Scott, 1986). Autrement dit, l’inégalité ne repose pas uniquement sur des lois injustes ; elle repose aussi sur des catégories mentales. Le masculin est souvent associé à l’autorité, à la rationalité, à la force, à la décision ; le féminin à l’émotion, au soin, à la dépendance, à la beauté. Tant que ces associations continuent à structurer l’école, les médias, le langage, l’entreprise et la famille, l’égalité reste fragile.

Le féminisme contemporain a aussi élargi son regard. Il ne parle plus seulement de « la femme » comme si toutes les femmes vivaient la même expérience. Les mouvements issus des femmes noires américaines, des femmes immigrées, des femmes ouvrières, des minorités sexuelles, ont rappelé que l’oppression peut se croiser avec la race, la classe, la religion, l’origine, l’orientation sexuelle ou le handicap. Une femme bourgeoise blanche du XIXᵉ siècle ne vivait pas la même condition qu’une femme esclave, domestique, ouvrière ou colonisée. L’histoire de l’émancipation occidentale elle-même doit donc être lue avec prudence : elle a produit de grandes avancées, mais elle a parfois oublié celles qui ne correspondaient pas au modèle dominant de la femme instruite, blanche et européenne.

Les mouvements récents, notamment autour de la dénonciation des violences sexuelles et du harcèlement, ont montré que la question féminine n’appartient pas au passé. Elle revient sous d’autres formes, dans les entreprises, les universités, les réseaux sociaux, les industries culturelles, la politique. Les femmes ne demandent plus seulement à entrer dans les institutions ; elles demandent que ces institutions cessent de fonctionner selon des codes masculins impunis. L’émancipation devient alors une transformation de la culture elle-même. Il ne suffit pas qu’une femme puisse occuper une place ; il faut que cette place ne soit pas construite contre elle.

Une victoire inachevée

Ce que les quatre derniers siècles nous enseignent, c’est que l’émancipation des femmes n’a jamais été offerte. Elle a été pensée, écrite, criée, organisée, payée. Elle a été portée par des philosophes, des écrivaines, des ouvrières, des militantes, des juristes, des enseignantes, des journalistes, des anonymes. Elle a avancé grâce à des livres, des procès, des manifestations, des grèves, des campagnes, des lois, mais aussi grâce à des gestes plus silencieux : une fille qui entre à l’université, une femme qui refuse un mariage imposé, une mère qui apprend à sa fille qu’elle n’est pas née pour se diminuer, une salariée qui réclame son salaire, une victime qui parle.

L’émancipation féminine est donc l’une des grandes aventures morales de la modernité. Elle oblige les sociétés démocratiques à se regarder sans complaisance. Car une démocratie ne se mesure pas seulement à ses élections, mais à la manière dont elle traite celles et ceux qui furent longtemps tenus à l’écart de la parole publique. L’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas une question secondaire, ni une mode, ni une guerre des sexes. Elle touche au cœur même de la justice. Elle demande si nous acceptons encore qu’un être humain voie son avenir limité par son corps, son sexe ou les attentes héritées de la tradition.

Le statut actuel des femmes en Europe et en Amérique est sans doute le plus égalitaire que ces sociétés aient connu dans leur histoire. Mais cette égalité reste travaillée par des contradictions. Les droits peuvent reculer. Les libertés reproductives peuvent être contestées. Les violences peuvent se déplacer. Les stéréotypes peuvent survivre sous des formes modernes. La domination masculine n’est plus toujours explicite ; elle devient parfois polie, managériale, médiatique, algorithmique, esthétique. Elle ne dit plus nécessairement «tu n’as pas le droit » ; elle dit parfois «ce n’est pas pour toi», «tu n’es pas assez disponible», «tu es trop ambitieuse», «tu es trop âgée», «tu n’es pas assez séduisante», «tu déranges».

C’est pourquoi l’émancipation n’est pas un chapitre clos. Elle est une vigilance. Elle exige de relire les philosophes, de corriger les institutions, d’interroger les habitudes, de transmettre autrement. Elle ne cherche pas à inverser la domination, mais à rendre possible une humanité moins mutilée. Car la domination masculine n’a pas seulement privé les femmes de liberté ; elle a aussi appauvri les hommes en les enfermant dans des modèles de force, de silence et de pouvoir. Libérer les femmes, c’est donc libérer la société entière d’une vieille fiction : celle qui prétend que l’humanité aurait besoin d’un sexe pour commander et d’un autre pour servir.

L’émancipation de la femme est finalement l’histoire d’un passage : de la femme définie par l’homme à la femme définie par elle-même ; de la dépendance prescrite à l’autonomie conquise ; de la présence tolérée à la citoyenneté pleine ; du silence imposé à la parole légitime. Cette histoire n’est ni linéaire ni terminée. Mais elle a déjà transformé en profondeur l’idée même de justice. Et peut-être est-ce là son apport le plus précieux : elle nous rappelle qu’aucune société ne devient libre en laissant dans l’ombre la moitié de ses visages.

* Universitaire.

Bibliographie

Beauvoir, Simone de. Le Deuxième Sexe. Paris, Gallimard, 1949.

Mill, John Stuart. The Subjection of Women. Londres, Longmans, Green, Reader and Dyer, 1869.

Scott, Joan W. “Gender: A Useful Category of Historical Analysis.” The American Historical Review, 1986.

Wollstonecraft, Mary. A Vindication of the Rights of Woman. Londres, J. Johnson, 1792.

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Portrait. Sara Ouhaddou entre art et artisanat

Artiste franco-marocaine reconnue sur la scène internationale, Sara Ouhaddou développe une œuvre singulière nourrie par les savoir-faire artisanaux du Maroc et les questions d’identité. À travers un alphabet qu’elle a inventé et un travail étroit avec des artisans, elle réinterprète…

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Pour un cadre légal de l’accouchement à domicile en Tunisie

En 2026, et malgré les avancées sociales ayant bénéficié aux femmes en Tunisie, il y a encore des parturientes qui accouchent à domicile dans des conditions que l’on imagine, surtout dans les zones rurales et les quartiers déshérités. Mais pas seulement…     

C’est ce que nous apprend l’Association tunisienne des sages femmes (ATSF) dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée internationale de l’accouchement à domicile, samedi 6 juin 2026.

L’ATSF appelle dans son communiqué les structures sanitaires et les instances sociales à engager un dialogue national afin d’établir un cadre juridique et réglementaire définissant les conditions et les normes de sécurité des accouchements à domicile. Elle explique que l’absence de cadre législatif clair pour cette pratique en Tunisie expose les femmes et les professionnels de santé à une précarité juridique et prive le système de santé de la possibilité de prendre en charge correctement ces situations.

L’association ajoute que la législation tunisienne ne contient aucune disposition interdisant les accouchements à domicile, soulignant que la réglementation régissant l’exercice libéral de la profession de sage-femme autorise la prestation de services professionnels en dehors des établissements de santé, y compris au domicile privé.

L’ATSF plaide aussi pour la reconnaissance des accouchements à domicile comme une réalité sanitaire et sociale qui nécessite la mise en place et la définition de mécanismes de coordination avec les institutions de santé pour les grossesses à faible risque, tout en promouvant le droit des femmes à choisir le lieu de leur accouchement.

Rappelons que l’accouchement à domicile (AAD)concerne une part très minoritaire des naissances dans les pays industrialisés (entre 0,1 % et 2 % des cas selon les régions). S’agissant de la Tunisie, la quasi-totalité des accouchements (plus de 99 %) ont lieu en milieu hospitalier ou clinique, assistés par du personnel qualifié. Mais notre pays enregistre une forte hausse du taux de césariennes (atteignant 44,4%), et un indice de fécondité de 1,82 enfant par femme. Ce qui nécessite une réglementation stricte des conditions des AAD, afin de mieux préserver la santé des femmes et des enfants.

L.B.

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Journée mondiale de l’environnement | La famille face au changement climatique (Sfax)

La Fédération tunisienne pour l’environnement et le Développement, en collaboration avec la délégation régionale de l’Union nationale de la femme tunisienne à Sfax, a organisé un séminaire à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement.

Sous l’intitulé « La famille face au changement climatique : entre renforcement de la résilience et réduction du gaspillage », cet événement s’inscrit dans le prolongement du thème de la Journée mondiale de l’environnement de cette année et témoigne de la conviction profonde quant au rôle crucial de la famille, et particulièrement des femmes, dans la construction d’une société plus adaptée aux changements climatiques.

Le séminaire a été enrichi par quatre interventions de qualité prestées par les experts :

  • Mme Amel Jrad : « Le rôle de la femme face aux changements climatiques ».
  • M. Abdelkader Baoundi : « Comportement de consommation et mécanismes de lutte contre le gaspillage ».
  • M. Riadh Haj Taieb : « L’eau entre rareté, abondance et résilience climatique ».
  • M. Hafedh Hentati : « La femme au cœur de la résilience climatique : de l’éducation environnementale au leadership du changement ».

Le choix de cette thématique repose sur la conviction que la famille constitue le premier maillon du renforcement de la résilience climatique, en éduquant les générations futures à la conscience environnementale, à une gestion rigoureuse des ressources et à une consommation rationnelle garantissant leur durabilité.

Par ailleurs, la réduction du gaspillage représente un levier essentiel pour alléger la pression sur les ressources naturelles, renforcer la sécurité alimentaire et hydrique, et promouvoir des modes de vie durables, tout en s’appuyant sur les savoirs traditionnels et les expertises locales.

Le séminaire a également mis en lumière le projet des « Clubs de résilience climatique de Kerkennah », une expérience pionnière dans l’initiation des enfants aux concepts et aux pratiques de résilience climatique au sein d’un environnement insulaire confronté à des défis environnementaux croissants.

En marge de cet événement, le groupement féminin de Kerkennah a présenté une exposition de produits locaux, illustrant la contribution des femmes à la rationalisation de la consommation et à la valorisation du patrimoine alimentaire et environnemental local.

Nous adressons nos sincères remerciements et notre reconnaissance à tous les participants, à la délégation régionale de l’Union nationale de la femme tunisienne à Sfax, à Madame la Déléguée au gouvernorat de Sfax ,à tous les intervenants , ainsi qu’à tous les représentants des médias pour leur présence et leur précieuse contribution à la réussite de cette manifestation.

Communiqué

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Audition parlementaire sur la retraite anticipée volontaire des femmes dans le privé

La Commission de la santé, de la femme, de la famille, des affaires sociales et des personnes handicapées à l’Assemblée des représentants du peuple tiendra, ce jeudi 16 avril 2026, une séance d’audition consacrée à la proposition de loi sur la retraite anticipée volontaire des femmes salariées du secteur privé.

Sont attendus pour cette audition l’Union nationale de la femme tunisienne ainsi que la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT), appelées à présenter leurs observations sur ce texte en discussion.

Départ possible dès 50 ans sans condition de maternité

La proposition prévoit de permettre à la femme active dans le secteur privé, à partir de l’âge de 50 ans, de bénéficier, à sa demande, d’une pension de retraite anticipée.

La principale nouveauté réside dans la suppression de la condition exigeant que la salariée soit mère de trois enfants, jusque-là considérée comme un critère déterminant dans les dispositions existantes.

Cette initiative vise ainsi à élargir l’accès à ce mécanisme social tout en maintenant son caractère strictement volontaire.

Une initiative parlementaire portée depuis janvier

Le projet de loi n°104 de l’année 2025, transmis au Parlement le 29 janvier dernier, émane d’un groupe de députés.

Selon l’exposé des motifs, cette initiative s’inscrit dans une logique de renforcement du cadre législatif actuel, en levant certaines restrictions jugées dépassées, tout en réaffirmant que le recours à la retraite anticipée demeure un choix personnel de la salariée.

Un argument social et familial mis en avant

Les députés à l’origine du texte estiment que cette mesure offrirait aux femmes concernées la possibilité de mieux prendre soin de leur santé, de consacrer davantage de temps à leur famille, de se libérer de la pression professionnelle et de développer des activités personnelles ou des loisirs.

Le débat au sein de la commission devrait permettre d’évaluer les impacts sociaux, économiques et financiers de cette réforme potentielle sur le secteur privé et sur les caisses sociales.

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