Lese-Ansicht

Es gibt neue verfügbare Artikel. Klicken Sie, um die Seite zu aktualisieren.

Nouveau choc mondial | Argent rare pour les pays en développement

Depuis plusieurs mois, un signal majeur traverse le marché obligataire américain — c’est-à-dire le marché de la dette des États-Unis — sans être encore pleinement déchiffré par les capitales du Sud global. Elles auraient pourtant tort de le considérer comme une affaire lointaine de banquiers centraux, de traders ou d’économistes spécialisés. Ce signal engage leur avenir financier plus directement, et plus durablement, que celui des États-Unis eux-mêmes.

Yahya Ould Amar *

Pour comprendre ce signal, il faut accepter d’entrer dans le langage technique des marchés parce que c’est précisément dans ces indicateurs, souvent réservés aux salles de marché, que se lit désormais la géopolitique réelle du développement.

Il existe d’abord une courbe des taux classique, qui indique le coût de l’argent selon la durée de l’emprunt — deux ans, cinq ans, dix ans ou plus. Mais les marchés construisent aussi une courbe des taux «forward», qui exprime non pas seulement les taux d’aujourd’hui, mais les taux implicites attendus pour des périodes futures.

Le taux réel forward à «dix ans dans dix ans» des bons du Trésor américain correspond ainsi au taux d’intérêt réel que les marchés anticipent pour un prêt de dix ans commençant dans dix ans. Parce qu’il regarde au-delà des turbulences immédiates ou passagères, il est souvent lu comme un indicateur du niveau auquel les taux réels de long terme pourraient durablement se stabiliser.

Or ce taux réel vient d’atteindre son plus haut niveau depuis plus de vingt ans. Cela signifie que le mouvement actuel ne peut être réduit au choc pétrolier provoqué par la fermeture du détroit d’Ormuz, puisque l’effet de l’inflation est corrigé – le signal est plus profond. Il révèle une transformation structurelle du prix mondial du capital, dans un monde où les grandes puissances financent simultanément leur réindustrialisation, leur réarmement, leur transition énergétique et leur révolution technologique, tandis que l’épargne disponible demeure limitée.

Pour le Sud global, l’enjeu est immense, car il risque de payer, par un argent plus rare et plus cher, la nouvelle puissance productive du Nord.

La grande ruée vers le capital

Pour saisir l’ampleur de ce qui se joue, il faut d’abord comprendre ce que les économistes appellent le taux d’intérêt réel neutre. Ce concept désigne le taux d’intérêt réel compatible avec une économie à son plein potentiel, sans surchauffe ni récession. C’est, en quelque sorte, le taux d’équilibre naturel du capital, ni trop cher pour décourager l’investissement, ni trop bas pour alimenter une bulle.

Pendant trente ans — des années 1990 jusqu’à la pandémie — ce taux neutre mondial a chuté inexorablement. Les banquiers centraux, les fonds de pension et les trésoriers d’État du monde entier s’y sont adaptés, construisant leurs modèles budgétaires, leurs stratégies de dette et leurs projets d’investissement dans un monde structurellement à taux bas. Ce monde est terminé.

Le taux réel forward à dix ans dans dix ans des bonds du Trésor constitue la meilleure approximation en temps réel, du taux d’intérêt réel neutre de long terme que les marchés anticipent. Quand il monte fortement — comme c’est le cas aujourd’hui — cela signifie que les investisseurs collectivement jugent que le taux neutre mondial s’est durablement réinstallé à un niveau structurellement plus élevé.

Il est donc important de comprendre, pourquoi les forces profondes qui déterminent le coût à long terme du capital dans le monde ont changé de régime — et qui paiera le prix de ce changement ?

Quand le Nord aspire l’épargne du monde

La réponse tient à une réalité simple que les grandes puissances financent simultanément leur réindustrialisation, leur réarmement, leur transition énergétique et leur révolution technologique. Toutes ces priorités consomment l’épargne mondiale.

Aux États-Unis, les grands plans industriels, les dépenses de défense et les investissements massifs dans l’intelligence artificielle (IA) mobilisent des centaines de milliards de dollars. En Europe, la guerre en Ukraine a réveillé l’urgence énergétique et militaire. Partout, le rapatriement des chaînes de valeur — relocalisation industrielle de capacités autrefois transférées vers l’Asie — exige de reconstruire usines, infrastructures et compétences.

Le choc de demande de capital est donc immense. Mais il est capté d’abord par les économies qui attirent déjà l’essentiel de l’épargne institutionnelle mondiale.

Le Sud global entre dans cette compétition avec des monnaies plus fragiles, des marchés financiers moins profonds, des notations d’agences dégradées et des primes de risque plus lourdes. Il emprunte plus cher au moment même où le Nord aspire davantage de capital.

Quand la demande de capital augmente plus vite que l’épargne disponible, son prix monte. Ce prix, c’est le taux d’intérêt réel. Et pour les pays en développement, cette hausse survient au pire moment, lorsqu’ils doivent financer à la fois leur industrialisation, leur transition énergétique et leur souveraineté économique.

Le taux neutre, révélateur d’une fracture de croissance potentielle

La hausse du taux réel neutre révèle une fracture plus durable, celle de la croissance potentielle. Ce taux est lié à la capacité d’une économie à croître durablement sans inflation, grâce à sa démographie, son capital et sa productivité. Lorsqu’il augmente, les marchés anticipent donc, implicitement, une économie plus productive demain.

C’est là que l’IA change l’équation. Si elle produit ne serait-ce qu’une partie des gains annoncés, les pays qui en maîtrisent les infrastructures — puissance de calcul, semi-conducteurs, modèles de fondation, données, applications industrielles — verront leur croissance potentielle s’élever.

Mais le problème est géographique. L’essentiel des investissements de l’IA se concentre aux États-Unis, en Chine et dans quelques économies avancées. L’Afrique, l’Asie du Sud et l’Amérique latine risquent fortement de rester à la périphérie – non productrices de cette révolution, mais clientes de technologies conçues ailleurs.

Le Sud global pourrait ainsi subir la hausse du coût mondial du capital sans bénéficier des gains de productivité qui la justifient. Il achèterait l’IA des autres, en paierait le prix financier, mais n’en capterait pas les dividendes.

Quand la dette devient une mécanique de dépendance

La soutenabilité budgétaire obéit à une règle simple, formulée par Evsey Domar qui indique que lorsque le taux d’intérêt réel payé sur la dette publique dépasse durablement le taux de croissance réelle de l’économie, le ratio dette/PIB augmente mécaniquement, sauf à dégager des excédents budgétaires politiquement difficiles à maintenir (fiscalité…).

Cette contrainte pèse déjà sur les États-Unis eux-mêmes. Un taux réel forward à dix ans dans dix ans de trois et demi pour cent est difficilement compatible avec une économie dont la croissance réelle de long terme est estimée autour de deux et demi pour cent.

C’est précisément pour cette raison que les marchés commencent à émettre des signaux sur la solvabilité américaine — dont le plus troublant est que les obligations souveraines chinoises libellées en dollars se négocient désormais quarante points de base en dessous des bons du Trésor américain de maturité comparable. Le marché dollar lui-même juge implicitement la Chine plus solvable que les États-Unis dans leur propre monnaie.

Mais pour le Sud global, l’équation est autrement plus insupportable. Une économie africaine qui croit à un taux réel de 4 %, mais empruntant en dollars à 6 ou 8 % en termes réels, voit sa dette diverger par simple mécanique financière. Ce n’est pas nécessairement une faute de gestion, c’est l’arithmétique.

La contradiction fondamentale du financement climatique

Ici réside une hypocrisie structurelle que la diplomatie internationale préfère ne pas formuler trop clairement, mais qui devient chaque année plus intenable.

Les engagements de financement climatique du G7 — cent milliards de dollars par an dans un premier temps, trois cents milliards dans les engagements plus récents — ont été conçus dans un monde à taux zéro ou négatifs, où les institutions multilatérales pouvaient lever des fonds à très faible coût et les recycler en financements concessionnels (prêts à taux inférieurs aux taux de marché). Ce monde n’existe plus. Les institutions de Bretton Woods — FMI, Banque mondiale et banques régionales de développement — opèrent sur des bilans et des mandats conçus dans l’ère de l’abondance monétaire post-2008. Leur capacité de prêt concessionnel est structurellement insuffisante face à l’ampleur des besoins dans un environnement de taux réels durablement élevés.

La transition énergétique que les pays du G7 demandent au Sud global — abandonner les énergies fossiles, sauter directement vers les renouvelables, atteindre la neutralité carbone selon des calendriers négociés dans des salles climatisées de Paris, Londres ou New York — coûtera, selon l’Agence internationale de l’énergie, plus de 2000 milliards de dollars par an dans les économies en développement d’ici 2030. À un taux réel de financement de six à huit pour cent, le coût actualisé de cet effort devient mathématiquement insoutenable pour la majorité des budgets souverains concernés.

Pendant ce temps, le capital privé institutionnel — fonds de pension, compagnies d’assurance, véhicules d’infrastructure — qui était censé être mobilisé par effet de levier observe que le taux réel sans risque de référence américain est à trois et demi pour cent. Pour qu’il investisse dans une centrale solaire au Sahel, avec son risque de change (la perte potentielle liée aux fluctuations de la monnaie locale face au dollar), son risque politique, ses incertitudes réglementaires et son risque de construction, il faudra lui offrir un rendement ajusté du risque significativement supérieur. Ce rendement implique des tarifs d’électricité que les économies concernées ne peuvent pas absorber. Le bouclage financier est brisé — structurellement, pas accidentellement.

La géographie du taux neutre comme nouvelle carte de la vulnérabilité

Il faut insister sur un point que les économistes des institutions internationales tendent à oublier, le taux neutre mondial n’est pas une réalité unique que tous les pays subissent également.

Le taux réel américain est le plancher implicite du système. Au-dessus, les marchés empilent des primes de risque (des majorations de taux exigées pour compenser le risque supplémentaire perçu) qui varient selon la solidité institutionnelle, la profondeur des marchés locaux, la liquidité des actifs, la crédibilité de la politique monétaire et la dynamique de la dette.

Ce que la hausse actuelle du taux neutre américain fait, concrètement, c’est déplacer vers le haut toute cette architecture de primes. Un pays qui empruntait à quatre pour cent en réel emprunte désormais à six pour cent en réel, voire plus. La différence, sur un horizon de dix à vingt ans, est la différence entre une trajectoire de développement soutenable et une décennie perdue consacrée à rembourser — ou à renégocier — une dette excessive.

Ce sont, ironiquement, les pays qui ont le mieux géré leur politique économique — ceux qui ont accédé aux marchés internationaux, réduit leur dépendance aux dons et aux prêts bilatéraux, développé leurs marchés obligataires domestiques — qui sont les plus directement exposés à cette transmission. Ils avaient joué selon les règles du système libéral. Le système vient de changer les règles.

Quatre réponses pour ne pas subir le nouvel ordre du capital

Face à cette nouvelle géographie du capital, le Sud global ne peut se contenter de demander de meilleures conditions. Il doit imposer une autre architecture financière.

Le premier impératif est d’exiger une recapitalisation massive des banques multilatérales de développement, assortie d’une réforme réelle de leur gouvernance. Le G7 ne peut mobiliser des milliers de milliards pour sa réindustrialisation et son réarmement tout en laissant sous-financées les institutions censées porter le développement, ni conserver des droits de vote hérités d’un ordre conçu avant la décolonisation d’une grande partie du Sud global.

Le second est une indexation rigoureuse et contraignante des conditionnalités climatiques imposées au Sud global sur la réalité des conditions de financement. L’injonction d’abandonner le charbon d’ici 2030 formulée dans un monde à taux zéro n’a plus le même sens dans un monde à taux réel de plus de six pour cent. Les délais, les montants et les instruments doivent être recalibrés en conséquence — pas dans les discours, dans les engagements contractuels.

Le troisième, relève de la souveraineté économique des pays concernés eux-mêmes. Le développement systématique des marchés obligataires en monnaie locale (permettant à un État d’emprunter auprès d’investisseurs dans sa propre devise, éliminant le risque de change), la réduction de l’exposition au financement externe en dollars, la construction de partenariats financiers diversifiés — incluant, avec discernement, les nouvelles institutions multilatérales non occidentales — ne sont plus des options idéologiques. Elles sont des nécessités prudentielles dans un monde où le coût de financement de référence vient d’être durablement réévalué à la hausse.

Le quatrième impératif est de distinguer radicalement la dette qui entretient la dépendance de la dette qui construit la puissance. Dans un monde de taux réels élevés, chaque dollar emprunté doit être orienté vers des actifs capables d’accroître la productivité future : énergie, ports, logistique, irrigation, éducation technique, infrastructures numériques…

Enfin, le Sud global doit comprendre que la hausse des taux réels américains n’est pas un simple accident de marché, c’est le signal d’un monde où le capital devient plus rare, plus cher et plus capté par les priorités du Nord — réindustrialisation, défense, IA, transition énergétique. Si rien ne change, les pays du Sud financeront indirectement la puissance des autres tout en voyant se refermer l’espace financier nécessaire à leur propre développement. La souveraineté économique se jouera dans la capacité à accéder à un capital long, stable et soutenable.

Le Sud global doit dès lors cesser de subir le prix mondial de l’argent, il lui faut réformer l’ordre financier multilatéral, bâtir ses propres marchés de capitaux et refuser que l’accès au capital devienne le nouveau visage de l’inégalité mondiale.

* Economiste, banquier et financier.

L’article Nouveau choc mondial | Argent rare pour les pays en développement est apparu en premier sur Kapitalis.

Donald Trump | Un pacifiste tout feu tout flamme

Le Conseil de paix, la «machine à sous» de Donald Trump, est en hibernation par ces grandes chaleurs. La ferveur pacificatrice du «Père fondateur» est tombée aussi vite que son malin désir de laisser une trace dans l’Histoire. Son attachement à la paix s’est évaporé. Il est allé guerroyer loin de son pays natal, accompagné de son fidèle serviteur et son conseiller en stratégie militaire, Benjamin Netanyahu. Le premier ministre israélien souffle le vent et la «Furie épique» en direction de son maître. Un tandem qui rappelle un autre, de si triste mémoire, Hitler et Mussolini.

Mohsen Redissi *

Le Conseil de paix est un subterfuge avec un vice caché. Le cynisme du président Trump n’a pas d’égal. L’année dernière, il a raté le Nobel de la Paix ; cette fois-ci, il va user de tout son poids pour la prochaine édition. Le Conseil de sécurité des Nations unies lui a décerné un blanc-seing, pourquoi pas une poignée d’académiciens ? Ses sbires vont lui orchestrer une campagnedigne de son rang et de son désir ardent de toucher le gros lot.

Vendredi, samedi ou dimanche

Ce ne sont ni les Journées du patrimoine, ni un long week-end, mais des journées d’ascension vers l’au-delà, spécialement choisies par le président américain, ci-devant président du Conseil de paix, qui promettait il y a peu de rayer l’Iran de la carte et d’en finir avec une civilisation vieille de 5000 ans. Ce n’est pas une diversion, son hésitation est le signe du doute sur les capacités militaires américaines à faire plier l’Iran et le pousser à accepter la Pax Americana.

L’Iran a choisi sa ligne de défense : la riposte du coup par coup sur le champ de bataille et par le verbe sur le tapis vert des pourparlers. La République islamique, qui respire toujours, malgré le déluge de feu qu’elle a essuyé ces derniers mois, reste ferme sur son programme nucléaire. Trump prend le monde entier en témoin pour nous faire croire qu’il offre aux Iraniens une échappatoire. Un temps pour la réflexion et un temps pour la reddition. 

Irrespectueux des trois religions monothéistes, mais conscient des exigences confessionnelles, le président américain propose une guerre à choix multiples : vendredi ou samedi ou dimanche. Les musulmans doivent cocher la case du vendredi. Par Allah, le ciel va leur tomber sur la tête, malédiction que Abraracourcix, le chef Gaulois, craignait le plus. Jour du seigneur, jour de prières et de piété chez les Mahométans. Prier dans le silence sans crier Allah Akbar, pour ne pas être pris pour un terroriste. 

Dans sa grande bonté, le président américain a laissé aux Iraniens deux autres cases à cocher, samedi et dimanche, libres à eux de choisir le jour pour se faire livrer par la voie des airs comme par mer et par terre toute sorte d’objets brûlants : bombes, missiles, explosifs… Ils ont l’embarras du choix.

Souviens-toi du jour du shabbat 

Mêmes minoritaires, entre dix mille et quinze mille individus, les Juifs iraniens font de la résistance. Ils ont préféré rester chez eux en Iran plutôt que d’émigrer vers les Etats-Unis ou Israël comme bon nombre de leurs congénères.

Dans un pays réputé pour son aversion pour Israël, les Juifs iraniens, yahudi, observent leurs traditions, possèdent leurs synagogues, leurs cimetières, leurs restaurants casher, et même une bibliothèque juive. Leurs enfants étudient dans des écoles hébraïques.

Les Juifs iraniens ont un siège à l’Assemblée consultative islamique d’Iran. Chose que beaucoup de gens ignorent, parce que l’information est occultée par des médias au service de l’obscurantisme.

Le shabbat est un jour d’abstinence chez les juifs, du vendredi soir jusqu’au samedi soir. Ils prennent ainsi le relais aux musulmans. Jour que probablement choisira Trump pour cracher son déluge de feux et de flammes sur l’Iran et gâcher leur quiétude. La mort ne fait pas dans la dentelle. Trump en a voulu autrement.

Pour qui sonne le glas

Entre huit cent mille à un million d’Iraniens chrétiens vivent encore sur les terres de leurs ancêtres. Minorité religieuse reconnue sur le plan de la constitution. Les chrétiens disposent de 3 sièges au Parlement iranien. Leur nombre ne cesse de croître dans le pays. Dimanche est le jour du Seigneur, mais ils doivent rester vigilants. Les assises des églises risquent de trembler. 

Le peuple iranien, avec toutes ses composantes ethniques, religieuses et linguistiques, ne sera épargné ni le vendredi, ni le samedi, ni le dimanche. A quel saint se vouer se demandent les Iraniens ? Le jour où le grand manitou yankee décide de reprendre les bombardements, c’est le peuple iranien tout entier qui est visé. L’attaque, annoncée d’avance, ne sera ni une attaque surprise, ni une attaque d’envergure. Les Iraniens ont eu assez de temps pour s’y préparer. Elle va perturber la vie des Iraniens indépendamment de leurs convictions religieuses. Quand les bombes explosent, ou quand les missiles touchent leurs cibles, c’est toute la population iranienne qui est agressée, quelle que soit leur confession ou leur jour de piété.

* Fonctionnaire à la retraite.

L’article Donald Trump | Un pacifiste tout feu tout flamme est apparu en premier sur Kapitalis.

Le dernier fantasme de Donald Trump

Le président américain Donald Trump appelle les pays musulmans, notamment l’Arabie saoudite et le Qatar, à normaliser leurs relations avec l’Etat hébreu dans le cadre d’un potentiel Accord de paix avec l’Iran.

 

Encore un coup de tête à la dernière minute ? En pleine négociations entre les États-Unis et l’Iran au Qatar, où les diplomates iraniens se sont rassemblés, avec un rôle de médiation joué depuis Genève en Suisse et Islamabad, le président américain – qui ne parvient toujours pas à faire aboutir les discussions avec Téhéran sur la cessation des hostilités et la réouverture du détroit d’Ormuz – a eu l’idée saugrenue de demander à de nombreux pays musulmans dont le Pakistan, le Qatar, l’Arabie saoudite ou encore la Turquie, de rejoindre les Accords d’Abraham de 2020 et ainsi de normaliser leurs relations avec l’Etat hébreu. Pour apaiser Israël, alors qu’il cherche à conclure un accord avec son plus grand ennemi, l’Iran ?

Commentaire acerbe d’Anna Jacobs, de l’Institut des Etats arabes du Golfe basé à Washington : Au vu du « désastre que s’est avérée être la guerre déclenchée par des frappes israélo-américaines le 28 février, cette nouvelle demande de l’administration américaine montre à quel point elle comprend mal le Moyen-Orient » !

Annonce surprise

En effet, dans un texte publié lundi 25 mai 2026 sur son réseau Truth Social, Donald Trump a commenté sa conférence téléphonique avec les dirigeants de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar, du Pakistan, de la Turquie, d’Egypte, de Jordanie et de Bahreïn : « J’ai déclaré qu’après tout le travail accompli par les Etats-Unis pour essayer de rassembler ce puzzle très complexe, il devrait être obligatoire pour tous ces pays, au minimum, en simultané, de signer les accords d’Abraham ».

Signés en 2020 sous l’égide de Donald Trump lors de son premier mandat, les Accords d’Abraham ont conduit à la normalisation des relations entre Israël et plusieurs pays arabes : les Émirats arabes unis et Bahreïn, puis en 2021, le Soudan et le Maroc. Jusque-là, parmi les 22 membres de la Ligue arabe, seuls l’Égypte depuis 1979 et la Jordanie depuis 1994 avaient des relations diplomatiques avec Israël, en vertu d’accords de paix. Si l’administration Trump cherche depuis à étendre ces accords, pour l’heure, seul le Kazakhstan, pays musulman non arabe qui a déjà des relations diplomatiques avec Israël, a annoncé le 6 novembre 2025 qu’il rejoindra les Accords d’Abraham.

Une proposition irréaliste

Mais les autres pays arabes, notamment l’Arabie saoudite ainsi que la Syrie et le Liban, voisins d’Israël, ont jusqu’ici refusé de se joindre à ce processus, a fortiori depuis le conflit qui a ravagé la bande de Gaza et surtout en l’absence de toute perspective politique pour les Palestiniens.

« Pour la plupart des États mentionnés, le coût politique d’une adhésion dans les conditions actuelles serait prohibitif », estime H.A. Hellyer, analyste au Royal United Services Institute. « Il est très probable que ça n’aboutisse pas », abonde Yossi Mekelberg, expert du Moyen-Orient au centre de réflexion londonien de Chatham House. « Pourquoi ces pays récompenseraient-ils Netanyahu après autant de destructions dans la région ? », s’interroge-t-il.

Humiliation publique

D’ailleurs, la proposition américaine a été accueillie à Riyad par un silence lourd de sens après l’humiliation publique que Donald Trump a infligé au prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane.

En pleine conférence au forum d’investissement FII Priorité organisé le 27 mars dernier à Miami, le milliardaire républicain a d’abord reconnu en MBS, le dirigeant de facto du royaume Wahhabite, un « grand homme », avec qui il a « tissé des liens », au fil des années. Avant d’évoquer une rencontre privée entre les deux hommes : « il y a peu de temps il m’a regardé et m’a dit : « tu sais c’est incroyable, il y a un an, vous étiez un pays mort. Maintenant vous êtes le pays le plus important au monde“. Il ne pensait pas que ça allait arriver, il ne pensait pas qu’il devrait me lécher le c…  (kissing my ass) ».

Le fier prince du désert oubliera-t-il de sitôt d’être traité de la sorte par son allié américain d’autant plus que dans les monarchies du Golfe, ce type d’affront public est rarement pardonné ?

« La position du royaume n’a pas changé. Il est nécessaire de tracer un chemin irréversible vers la création d’un Etat palestinien », a affirmé une source saoudienne citée par la chaîne Al Arabiya.

Une position polie mais ferme qui reflète le sentiment du prince héritier qui s’est bien gardé de répliquer par des insultes directes. Education royale oblige.

L’article Le dernier fantasme de Donald Trump est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

L’Iran bat Trump à son propre jeu, celui de l’art du deal

La guerre pourrait se terminer avec un Iran plus confiant, plus radical et disposant de nouvelles ressources pour reconstruire son programme nucléaire

Gideon Rachman *

«La pire chose que vous puissiez faire dans une négociation est d’avoir l’air désespéré de la conclure. Ça donne à l’autre l’impression de sentir le sang, et alors vous êtes mort. La meilleure chose à faire est de négocier en position de force, et la capacité de pression est la plus grande force que vous puissiez avoir.»

Tel était le principe énoncé par Donald Trump (ou son prête-plume) dans «The Art of the Deal», publié en 1987 [en français Le plaisir des affaires, puis Trump par Trump].

Trump aurait peut-être dû relire son propre livre avant de poster le 5 avril : «Ouvrez ce putain de détroit, bande de fous furieux, sinon vous vivrez en enfer.» Aux yeux d’un observateur non averti, cette exigence semblait un tantinet désespérée – d’autant que Trump n’a pas donné suite à ses menaces de déchaîner une violence infernale contre l’Iran.

L’Iran dans une position plus forte qu’avant la guerre.

La triste réalité est que, dans les pourparlers pour mettre fin à la guerre, c’est Téhéran qui a eu la haute main. La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran a exercé une pression intense sur l’économie mondiale. Alors que les prix de l’essence augmentaient aux USA, la cote de popularité de Trump dans les sondages s’effondrait. Le résultat est qu’au moment où j’écris ces lignes, les USA semblent prêts à accepter un accord qui – à long terme – menace de laisser l’Iran dans une position plus forte qu’avant le début de cette guerre.

L’essence de l’accord qui se dessine est que l’Iran accepte d’ouvrir le détroit sans percevoir de péage. En échange, il bénéficie d’un allègement progressif des sanctions – y compris le dégel de milliards de dollars d’avoirs. L’Iran fera des promesses de restreindre son programme nucléaire. Mais les détails feront l’objet de négociations futures – cette question reste donc essentiellement non résolue.

Trump a insisté sur le fait qu’il n’était pas pressé et n’accepterait jamais un mauvais accord. Mais la réaction des Républicains faucons à l’accord émergent était révélatrice.

Le sénateur Ted Cruz a suggéré qu’il pourrait s’agir d’une «erreur désastreuse» car elle laisserait l’Iran «capable d’enrichir de l’uranium et de développer des armes nucléaires, et d’avoir un contrôle effectif sur le détroit d’Ormuz».

Le sénateur Roger Wicker, président de la commission des forces armées du Sénat, a averti que l’accord émergent «ne vaudrait pas le papier sur lequel il est écrit».

Le gouvernement israélien, qui a joué un rôle crucial en persuadant Trump d’entrer en guerre en premier lieu, sera poli en public à propos de tout accord – non seulement parce que Benjamin Netanyahou doit bientôt affronter les électeurs. Mais la réalité est que le leader israélien a présenté la guerre comme une opportunité unique de provoquer un changement de régime en Iran.

Le régime iranien toujours en place – plus confiant, plus radical

Il voit maintenant le conflit se terminer alors que le régime iranien est toujours en place – plus confiant, plus radical et avec de nouvelles ressources financières pour reconstruire son programme nucléaire et son réseau de mandataires dans tout le Moyen-Orient.

Eli Groner, ancien directeur général du cabinet de Netanyahou, affirme que le fait que l’Iran puisse désormais fermer le détroit d’Ormuz à tout moment à l’avenir «est une victoire bien plus profonde et plus stratégique que n’importe quelle réussite militaire marquant des points». Son résumé tenait en un mot : «Désastre.»

Tout en atténuant potentiellement la situation financière et économique désastreuse de la république islamique, l’accord est susceptible de faire pencher l’équilibre régional des forces en faveur de l’Iran. Comme l’a observé Dan Shapiro, ancien ambassadeur usaméricain en Israël, sur X : «L’Iran a acquis une capacité de pression significative pour l’avenir en démontrant qu’il peut contrôler le détroit, en attaquant ses voisins et les bases américaines dans la région et en causant des dégâts importants, et en encaissant les coups les plus durs des USA et d’Israël et en survivant. »

Shapiro estime néanmoins que Trump est dans une telle impasse qu’accepter un mauvais accord qui ouvre le détroit serait une meilleure option que de continuer la guerre.

Compte tenu des risques croissants d’une crise énergétique et d’une récession mondiales, ce calcul est compréhensible. Les Etats-Unis ont également des souvenirs récents de guerres – y compris le Vietnam et l’Afghanistan – qui ont duré beaucoup trop longtemps, alors que les Etats-Unis luttaient en vain pour améliorer une position perdante.

Si et quand Trump acceptera un mauvais accord, ce sera parce qu’il n’a pas d’alternative viable. La proposition du sénateur Wicker était «de permettre aux forces armées qualifiées de l’Amérique de finir de détruire les capacités militaires conventionnelles de l’Iran, puis de rouvrir le détroit». Mais une tentative de sécuriser le détroit par des moyens militaires aurait probablement nécessité le déploiement de troupes au sol et l’acceptation de lourdes pertes états-uniennes. Même alors, les Iraniens auraient pu menacer le transport maritime avec des drones ou des missiles.

Les menaces occasionnelles de Trump de déchaîner «l’Enfer» sur le régime iranien manquaient de crédibilité – en raison de son évidente réticence à s’engager dans une guerre terrestre et du danger de représailles iraniennes contre les États du Golfe et leurs infrastructures énergétiques.

Dans le jargon des analystes militaires, la vulnérabilité du Golfe a donné à l’Iran une «dominance de l’escalade». Le président américain – qui se compare obsessionnellement à l’ancien président Barack Obama – aimait railler l’accord nucléaire que l’administration Obama a conclu avec l’Iran en 2015. Trump l’a qualifié de «l’une des pires et des plus unilatérales transactions que les USA aient jamais conclues» et a affirmé : «Jamais, jamais, jamais de ma vie je n’ai vu une transaction aussi incompétente que notre accord avec l’Iran.» Mais Trump lui-même négocie désormais un accord qui ressemble, à bien des égards, à pire que celui négocié par Obama – en partie à cause du savoir latent que l’Iran peut toujours fermer le détroit d’Ormuz, quand bon lui semble. Sacré exploit de la part du maître de l’art du deal.

Source : Financial Times.

* Chroniqueur principal des affaires étrangères au Financial Times.

L’article L’Iran bat Trump à son propre jeu, celui de l’art du deal est apparu en premier sur Kapitalis.

Un accord de paix qui tournerait à l’avantage de Téhéran ?

Hilare, Donald Trump a évoqué samedi un mémorandum d’entente sur un accord de paix « largement négocié » avec l’Iran. Il l’a déjà qualifié de « formidable » avant même qu’il ne soit acté. Toutefois, les revirements presque quotidiens du président américain incitent à la plus grande prudence.

La guerre en Iran touche-t-elle à sa fin malgré les dernières escarmouches ? Alors que Washington et Téhéran ont fait état ces derniers jours de progrès dans leurs négociations en cours pour parvenir à un accord. Et en dépit du cessez-le-feu en vigueur dans la guerre opposant les deux pays. L’armée américaine a annoncé hier lundi 25 mai avoir mené des frappes dans le sud de l’Iran. Elles « visent des sites de lancement de missiles et des navires qui tentaient de placer des mines ».

Justifiant ces frappes par le souci de « protéger ses troupes contre les menaces posées par les forces iraniennes », le Pentagone a toutefois précisé « faire preuve de retenue durant le cessez-le-feu en cours ». Un message codé à destination des dirigeants iraniens pour leur signaler que Washington ne cherche pas l’escalade ?

Un accord « formidable » ?

En effet, alors que la guerre menée conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran vient de dépasser sa huitième semaine, soit deux fois plus longtemps que prévu par le président américain lors du lancement de l’attaque le 28 février dernier, Donald Trump a affirmé samedi 23 mai sur son réseau Truth Social que Washington et l’Iran ont « largement négocié » un mémorandum d’entente sur un accord de paix. D’ailleurs, il ‘a déjà qualifié de «  formidable »; et ce, avant même qu’il ne soit officiellement signé par les dirigeants iraniens. Lesquels ont fait savoir que des divergences persistent sur « une ou deux clauses ».

Quid du dossier nucléaire ?

Mais que contient ce mémorandum d’entente au juste ? Selon les fuites dans la presse américaine, il s’agit d’un protocole d’entente d’une durée de 60 jours, renouvelable par consentement mutuel. Durant cette période, le détroit d’Ormuz serait ouvert sans péage et l’Iran devrait le déminer, afin de reprendre ses exportations pétrolières.

En échange, les États-Unis lèveraient leur blocus des ports iraniens pendant un certain temps et accorderaient des dérogations à quelques sanctions. Et ce, afin de permettre à l’Iran de vendre librement son pétrole. Sachant qu’une fois le détroit d’Ormuz ouvert et pleinement fonctionnel, cela pourraient générer près de 10 milliards de dollars de recettes pour le gouvernement iranien sur une période de 60 jours, selon l’agence de presse Fars.

De plus, Washington débloquerait également les avoirs gelés de l’Iran, soit 25 milliards de dollars au total. C’est une condition sine qua non imposée par Téhéran comme préalable à sa signature.

Reste la question majeure du conflit : le nucléaire iranien. Donald Trump et ses conseillers ont affirmé à plusieurs reprises qu’ils n’accepteraient aucun accord qui n’aborderait ce dossier ultra sensible. Quant aux plans concernant le stock d’uranium hautement enrichi de l’Iran dont Washington exige l’abandon; ils devraient faire l’objet de négociations dans un délai de 30 à 60 jours.

Or, côté iranien, on assure que le dossier nucléaire n’est pas inclus dans le protocole d’accord. Une source iranienne de haut rang a déclaré que Téhéran n’a pas accepté de céder ses stocks d’uranium hautement enrichi. « La question nucléaire sera abordée lors des négociations en vue d’un accord définitif et ne fait donc pas partie de l’accord actuel. Aucun accord n’a été conclu concernant l’expédition hors du pays des stocks d’uranium hautement enrichi de l’Iran », précise la même source.

Amateurisme

Alors qui y gagne et qui y perd et comment expliquer tant de précipitation de la part du président américain à conclure un accord même imparfait ?

L’explication se résume par le timing des échéances. A savoir : les élections de mi-mandat, en novembre; la Coupe du monde de football qu’il co-organise avec le Canada et le Mexique; ou encore le 250ème anniversaire de l’indépendance américaine le 4 juillet. Sans omettre le fait que la ligne du président américain crée des tensions au sein même du mouvement MAGA entre les partisans d’un isolationnisme au nom d’AMERICA FIRST et ceux qui prônent une stratégie de coercition permanente contre Téhéran.

Au final, l’accord serait à l’avantage de la République islamique, estiment de nombreux observateurs. « Si ce qui a fuité se confirme, ce serait une sorte de victoire iranienne », analyse Karim Emile Bitar, spécialiste du Moyen-Orient et de la politique étrangère des États-Unis associé à l’IRIS. « L’Iran aurait obtenu un dégel des avoirs. Et la question nucléaire n’a pas été réglée et serait même repoussée aux calendes grecques ».

Et de conclure : « On peut parler d’un accord bâclé. Il y a un sentiment d’amateurisme, d’improvisation qui est assez frappant ». Le verdict est sévère, mais implacable.

L’article Un accord de paix qui tournerait à l’avantage de Téhéran ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Washington et Téhéran sont-ils sur le point de conclure un accord ?

Pour la première fois depuis le déclenchement de la guerre le 28 février, les Etats-Unis et l’Iran s’expriment avec optimisme sur un possible accord qui mettrait fin aux hostilités.

Bien que les négociations menées par le biais des très actifs intermédiaires pakistanais se déroulent dans la discrétion, quelques informations émergent pour corroborer l’idée que « quelque chose de sérieux » se prépare.

Tout d’abord, pour la première fois, Trump a publié le 23 mai à 21h30 du soir (heure de Washington) une déclaration inhabituelle sur son Truth Social. Inhabituelle dans le sens où elle est correcte, mesurée et dépourvue de ses fanfaronnades habituelles et ses inévitables attaques contre l’adversaire.

Après avoir cité les noms de tous les dirigeants des pays arabes du Golfe avec lesquels il a eu « une très bonne discussion », Trump a affirmé : « Un accord a été largement négocié, sous réserve de la finalisation entre les États-Unis d’Amérique, la République islamique d’Iran et les différents autres pays énumérés. Séparément, j’ai eu un appel avec le Premier ministre Bibi Netanyahu, d’Israël, qui, de même, s’est très bien passé. Les aspects finaux et les détails de l’accord sont actuellement discutés et seront annoncés sous peu. »

D’autre part, l’Américain d’origine iranienne Trita Parsi, Vice-président du « Quincy Institute for Responsible Statecraft », a affirmé : « Mes propres sources à Téhéran confirment qu’une avancée majeure a été réalisée; bien qu’elle reste soumise à une approbation finale. »

Le fait que Trump n’ait annoncé l’accord qu’après s’être entretenu avec les dirigeants régionaux, ceux d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Qatar, du Pakistan, de Turquie, d’Égypte, de Jordanie et de Bahreïn est significatif. Cela prouve que Trump est soucieux des attaques dont il est déjà la cible de la part du Lobby et des faucons à Washington qui commencent à parler de « trahison ». En d’autres termes, Trump cherche à montrer tant aux adversaires de la paix qu’à l’opinion américaine que les principaux partenaires des États-Unis au Moyen-Orient privilégient la diplomatie à l’escalade.

Selon Amwaj.media (Basé au Royaume-Uni), « l’accord prévoit un cessez-le-feu complet, y compris au Liban ; le déblocage progressif des avoirs iraniens gelés ; et la levée du blocus américain du détroit d’Ormuz ».

Toujours selon le même média, « le trafic maritime dans le détroit reprendrait sous la supervision conjointe de l’Iran et d’Oman. Une fois ces mesures entrées en vigueur, les parties disposeraient de 30 jours supplémentaires pour négocier un accord final sur la question nucléaire et le statut à long terme du détroit d’Ormuz. »

Trita Parsi pense que « le délai de 30 jours offre de nombreuses occasions aux saboteurs de tous bords de faire dérailler le processus ». Nul doute que Netanyahu et le Lobby sioniste à Washington sont furieux de la perspective d’un accord qui ferait apparaitre aux yeux du monde que l’Iran sort vainqueur contre les agresseurs qui visaient sa destruction. Par conséquent, il faut s’attendre à des tentatives de sabotage de cette première avancée sérieuse vers la paix.

Il est important de souligner ici la différence de contexte dans lequel Obama a signé en 2015 son accord avec l’Iran et Trump s’apprête à signer le sien 11 ans plus tard. Obama a réussi à valider son accord en dépit de la forte opposition d’Israël et des pays du Conseil de Coopération du Golfe, l’Arabie saoudite en tête. Aujourd’hui, pour Trump, les choses semblent plus faciles puisqu’il bénéficie du soutien de tous les pays du Golfe.

Mais Netanyahu prendra-t-il le risque d’entrer en conflit direct avec Trump dans le cas où celui-ci finira par signer un accord avec l’Iran ? On pourrait conjecturer que c’est pour dissuader le Premier ministre israélien de penser à engager un bras-de-fer avec lui que Trump a déclaré il y a quelques jours aux journalistes qu’il bénéficiait d’un « taux d’approbation de 99 % » en Israël et qu’il pourrait se présenter lui-même au poste de Premier ministre…

Le Vice-Président du ‘’Quincy Institute’’ a vu en cela « un avertissement clair adressé à Netanyahu et à l’establishment politique israélien, leur signifiant que Trump peut leur nuire bien plus qu’ils ne peuvent lui nuire ».

Si l’espoir de mettre fin au conflit exprimé à Washington et à Téhéran se réalise à travers la signature d’un accord qui sera forcément avantageux pour l’Iran; cela représentera une défaite stratégique majeure pour Israël qui verra ses rêves fous d’ « Eretz Israël » et de domination régionale enterrés à jamais.

L’article Washington et Téhéran sont-ils sur le point de conclure un accord ? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

La cherté des billets va-t-elle gâcher la Coupe du monde aux États-Unis ?

Le football est un sport populaire et la Coupe du monde est la grande messe de ce 0sport de masse cependant la cherté des billets des matchs du tournoi qui auront lieu aux États-Unis est aux antipodes de cet esprit. Les tarifs exorbitants, y compris pour les Américains, inquiètent sérieusement les observateurs qui craignent que cela ait un impact négatif sur l’attrait de la Coupe du Monde. Nous sommes bien loin des billets à 25 dollars du précédent Mondial organisé aux États-Unis en 1994. Heureusement qu’au Mexique, pays co-organisateur, la situation est bien meilleure !

Imed Bahri

Adam Minter, éditorialiste spécialiste du business du sport, écrit dans Bloomberg qu’à l’approche du coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026 en Amérique du Nord, la Fifa vend des places tout en haut des tribunes pour les matchs de l’équipe nationale américaine à près de 2 000 dollars (prix initial). Pour les supporters les plus fortunés, un forfait hospitalité pour deux coûte plus cher qu’une voiture de luxe.

Les supporters s’interrogent sur la façon dont les choses en sont arrivées là. La situation actuelle est bien loin de l’époque où la Coupe du Monde reposait sur un accord tacite : les pays prenaient en charge les coûts en échange d’infrastructures améliorées et d’une image internationale renforcée.

Dans les pays où le football était encore en développement, il existait également un potentiel de progrès réel pour la formation des jeunes et le football professionnel. Et si le divertissement télévisé ne suffisait pas, les supporters pouvaient toujours se permettre d’assister aux matchs.

Telle était la logique de la Coupe du Monde de 1994, la dernière organisée aux États-Unis. À cette époque, le football était marginal dans le paysage sportif américain et le tournoi offrait l’opportunité de changer la donne.

Le public américain exclu 

L’Amérique n’a pas besoin de ce genre d’aide en 2026. Elle dispose des infrastructures, du secteur touristique et des ligues de football qui attirent les stars internationales. Dès lors, si les supporters n’ont pas les moyens de s’offrir un billet pour la Coupe du Monde, il est légitime de se demander : qu’est-ce que le public américain gagnera réellement à accueillir le tournoi ?

Historiquement, la réponse a été claire pour de nombreux pays. Le Brésil a accueilli la Coupe du monde de 1950, notamment pour se défaire de son image de régime autoritaire et se présenter comme une nation moderne.

La Coupe du monde de 1966 en Angleterre, organisée à une époque où la puissance du pays déclinait, visait à renforcer son rayonnement international.

D’autres pays ont profité du tournoi pour mettre en valeur leurs avancées technologiques. Par exemple, le Mexique, pionnier de la télévision couleur, est devenu le premier pays hôte, en 1970, à diffuser le tournoi dans le monde entier avec les couleurs éclatantes que les supporters voyaient dans les stades.

Parallèlement, les stades construits pour la Coupe du monde de 1970 et les Jeux olympiques de 1968 ont contribué à l’essor du football professionnel national et ont en partie préparé le terrain pour que le Mexique puisse accueillir à nouveau le tournoi en 1986. Cette Coupe du monde, organisée quelques mois seulement après le séisme dévastateur de Mexico, a également démontré la résilience du pays.

Tout aussi important, le tournoi a renforcé l’idée que les matchs devaient rester accessibles à la population locale et non pas seulement aux plus aisés.

Jusqu’à une période relativement récente, assister aux matchs de la Coupe du Monde restait financièrement possible pour de nombreux supporters. Lors de la Coupe du Monde de 1986, les billets les moins chers coûtaient environ l’équivalent d’une journée de salaire pour un ouvrier mexicain. Bien que cela représente toujours une dépense importante, elle restait abordable.

Plus important encore, ces billets ont transmis un message essentiel aux Mexicains qui ont supporté les coûts et les désagréments liés à l’organisation du tournoi, notamment après la catastrophe naturelle : ce tournoi est aussi le vôtre.

Aujourd’hui, les choses sont complètement différentes pour le public américain en 2026 qui se trouve exclu de l’évènement.

De plus, comme pour chaque Coupe du Monde, les citoyens ordinaires devront supporter le poids des foules, des mesures de sécurité et autres perturbations durant toute la période de l’événement. 

Le gouvernement fédéral dépense 625 millions de dollars pour la sécurité, tandis que chacune des 11 villes hôtes débourse jusqu’à 200 millions de dollars, selon Politico.

L’auteur estime que les avantages ne sont pas aussi évidents et que les États-Unis semblent être les grands perdants dans cette histoire.

80% des hôteliers s’inquiètent

L’Amérique tirera-t-elle réellement profit de la Coupe du Monde 2026 ?

Il suffit de se rappeler la dernière fois que les États-Unis ont accueilli la Coupe du Monde, en 1994. À l’époque, les avantages en termes d’accessibilité financière étaient concrets.

En contrepartie de l’organisation de l’événement, la Fédération américaine de football (USSF) s’était engagée à créer la Ligue nationale de football américain (NFL). Contrairement à la situation actuelle, les supporters pouvaient se permettre d’assister aux matchs avec des billets à partir de 25 dollars.

Trois décennies plus tard, la ligue compte 27 équipes à travers les États-Unis, des stades dédiés au football et occupe une place de choix dans la culture sportive américaine.

Même les gains à court terme habituellement associés aux grands événements ne sont pas au rendez-vous cette fois-ci. Selon l’American Hotel & Lodging Association, jusqu’à 80% des hôteliers s’inquiètent du nombre de réservations, inférieur aux prévisions.

De ce fait, une part importante du grand public a le sentiment de ne pas bénéficier des décisions prises par les autorités nationales et locales d’organiser et de soutenir le tournoi. Jusqu’à présent, cela ne semble pas préoccuper la Fifa qui s’est montrée peu encline à rendre le tournoi financièrement accessible au public.

Si la déception et la frustration des supporters ne parviennent pas à inciter l’instance dirigeante du football à agir, un facteur plus sensible pourrait bien le faire : la difficulté d’accès aux matchs menace de priver le tournoi, et même sa retransmission télévisée mondiale, de l’expérience collective et nationale qui confère aux grands événements comme la Coupe du Monde leur caractère unique et justifie les investissements colossaux qu’ils représentent.

Pour le Mexique, le tournoi est une fête nationale

La bonne nouvelle, c’est que l’ancien accord tacite n’a pas disparu partout. Au Mexique, co-organisateur de la Coupe du Monde 2026, le tournoi est encore perçu comme une fête nationale plutôt que comme un simple divertissement exclusif.

Parmi ses nombreux avantages, le tournoi justifie la construction d’un stade emblématique, offre l’opportunité de moderniser les espaces publics à travers le pays qui serviront aux festivités et contribue à renforcer l’image du Mexique à l’étranger.

Ces retombées positives pour la collectivité devraient compenser en partie la déception que pourraient ressentir les Mexicains face au nombre limité de billets abordables, dont le prix de départ est d’environ 60 dollars, soit environ 1 038 pesos mexicains.

Toutefois, à un moment donné, la question ne se limitera plus aux bénéfices que la population locale retirera de la Coupe du Monde. Il s’agira de savoir si un tournoi fondé sur le concept de participation mondiale peut résister à une baisse de son attrait car c’est précisément cet attrait qui lui confère sa valeur et sa signification à l’échelle mondiale.

L’article La cherté des billets va-t-elle gâcher la Coupe du monde aux États-Unis ? est apparu en premier sur Kapitalis.

Frappes américaines en Iran : Washington cible des sites de missiles

L’armée américaine a annoncé mené de nouvelles frappes « d’autodéfense » dans le sud de l’Iran. Elles visent notamment des sites de lancement de missiles ainsi que des embarcations iraniennes soupçonnées de poser des mines. Pourtant, Donald Trump affirme que les négociations avec Téhéran progressent positivement.

Un communiqué du Commandement central américain (Centcom) indique que ces opérations ont été conduites « afin de protéger nos troupes des menaces posées par les forces iraniennes ».

Le porte-parole du Centcom, Timothy Hawkins, a précisé que « les cibles comprenaient des sites de lancement de missiles et des embarcations iraniennes tentant de poser des mines. Le Commandement central américain continue de défendre ses forces tout en faisant preuve de retenue pendant le cessez-le-feu en cours ».

Ces opérations militaires interviennent alors que des discussions se poursuivent autour d’un éventuel accord destiné à mettre fin à la guerre et à permettre la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ 20 % du commerce de pétrole mondial.

Lundi, des responsables iraniens ont affirmé que plusieurs points d’entente avaient déjà été trouvés entre les négociateurs iraniens et américains. Tout en soulignant qu’un accord global restait encore éloigné. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, a déclaré qu’il n’existait « aucun calendrier, ni aucune date butoir » pour finaliser un accord avec Washington…

L’article Frappes américaines en Iran : Washington cible des sites de missiles est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

États-Unis : vers une baisse des taux d’intérêt?

Le principal conseiller économique de Donald Trump à la Maison Blanche, Kevin Hassett, indique fait part de sa conviction que toute nouvelle baisse des prix du pétrole donnerait à la Réserve fédérale la marge de manœuvre nécessaire pour réduire les taux d’intérêt.

Selon cette analyse, un apaisement des tensions au Moyen-Orient entraînerait une détente sur les marchés pétroliers. Ce qui contribuerait mécaniquement à limiter l’inflation américaine, fortement sensible aux variations des coûts de l’énergie.

Kevin Hassett souligne que la trajectoire de la politique monétaire de la Réserve fédérale dépend en partie de ces facteurs externes, notamment des chocs d’offre liés aux crises géopolitiques. Une stabilisation de la situation autour de l’Iran permettrait ainsi de créer un environnement plus favorable à un assouplissement monétaire.

Lire aussi : Kevin Hassett – Conseiller économique de Trump : la FED devrait être totalement indépendante

Cette position fait suite à un contexte où les marchés surveillent de près les évolutions du dossier iranien, considéré comme un facteur déterminant pour les prix du pétrole et, par ricochet, pour les anticipations d’inflation aux États-Unis.

Les investisseurs restent donc attentifs à tout signal diplomatique susceptible d’influencer la dynamique des taux d’intérêt, alors que la Fed continue de calibrer sa politique face à des incertitudes persistantes.

L’article États-Unis : vers une baisse des taux d’intérêt? est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

« Les États-Unis trouveront une autre voie si les négociations avec l’Iran échouent », affirme Rubio

Selon les déclarations faites ce lundi par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, les États-Unis continueront de privilégier la voie diplomatique avec l’Iran. Mais ils se réservent la possibilité d’adopter « une autre approche », si les discussions échouent.

S’exprimant lors d’un point presse à New Delhi où il est en visite, M. Rubio a affirmé que Washington donnerait « toutes ses chances » à la diplomatie. Et ce, avant d’envisager des alternatives, dans un contexte de négociations encore fragiles autour du programme nucléaire iranien et de la réouverture du détroit d’Ormuz.

Le chef de la diplomatie américaine indique qu’un « cadre solide » était actuellement sur la table. Lequel inclue des discussions limitées dans le temps sur les questions nucléaires et des mesures liées aux flux énergétiques dans la région.

Ces déclarations interviennent alors que l’administration américaine cherche à stabiliser une situation régionale tendue au Moyen-Orient, marquée par les enjeux énergétiques mondiaux et les conséquences du conflit impliquant l’Iran.

L’article « Les États-Unis trouveront une autre voie si les négociations avec l’Iran échouent », affirme Rubio est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

États-Unis | Le clan Trump s’offre l’immunité fiscale à vie !

L’État de droit ne cesse d’être piétiné par le président américain Donald Trump. Ce dernier a retiré sa plainte contre l’administration fiscale en contrepartie d’une immunité fiscale à vie pour lui, sa famille et ses entreprises. Il a également créé un fonds doté de 1,8 milliard de dollars pour indemniser ses partisans poursuivis sous Joe Biden après l’attaque du Capitole du 6 janvier 2021. Ce n’est plus le président qui se soumet au droit mais le droit qui devient un gadget entre ses mains afin de servir ses intérêts. Comme dans la plus grotesque dictature du tiers-monde…

Imed Bahri  

Le New York Times a rapporté que l’administration Trump est entrée dans une phase inédite d’extension de l’immunité présidentielle suite à la décision très controversée du procureur général par intérim Todd Blanche qui n’est autre que l’ancien avocat personnel de Trump ! Cette mesure va au-delà du concept traditionnel de grâce présidentielle puisqu’elle accorde non seulement une protection contre les poursuites pénales mais aussi une immunité préventive contre toute enquête ou réclamation financière ou fiscale future.

Le juriste et ancien magistrat Jeffrey Toobin explique que le document publié par le Département de la Justice empêche définitivement le gouvernement américain de poursuivre le président Trump, les membres de sa famille ou ses entreprises dans des affaires financières et fiscales liées à des périodes antérieures, que ces affaires soient connues actuellement ou qu’elles puissent être révélées ultérieurement.

Selon l’auteur, cela met effectivement fin aux longues enquêtes que le fisc américain (IRS) menait sur les finances de Trump, des enquêtes qui auraient pu lui coûter des centaines de millions de dollars si elles avaient abouti à des conclusions défavorables.

Un clan au-dessus de la loi ! 

Le danger de ce document réside non seulement dans le classement sans suite des affaires en cours mais aussi dans l’impossibilité pour toute administration future de les rouvrir même si des preuves de violations financières ou fiscales venaient à apparaître.

Cette situation exceptionnelle où la famille Trump se trouve au-dessus des règles qui régissent le reste de la société américaine est un phénomène que Toobin décrit comme l’émergence d’une «nouvelle classe juridique» bénéficiant d’une immunité quasi permanente.

Pour parvenir à cette mesure, Trump et ses fils ont déposé plainte contre le fisc américain (IRS) suite à la fuite de leurs déclarations de revenus. Ils ont réclamé des milliards de dollars. Dans un second temps, il y a eu l’amnistie accordée au clan Trump en échange de l’abandon de leurs poursuites judiciaires contre l’administration fiscale. 

L’affaire était entachée d’un conflit d’intérêts flagrant puisque Trump était à la fois le plaignant et le supérieur hiérarchique du directeur de l’agence gouvernementale poursuivie.

Par conséquent, l’auteur conclut qu’il ne s’agissait pas d’un «accord à l’amiable» entre deux parties égales mais bien d’un abus de pouvoir exécutif visant à protéger le président et ses intérêts financiers.

Du clientélisme au service de Trump 

Par ailleurs, Toobin évoque un autre caprice trumpien à savoir la création d’un nouveau fonds fédéral d’environ 1,8 milliard de dollars, baptisé «Fonds anti-politisation», dont l’objectif est d’indemniser les personnes que l’administration considère comme victimes d’enquêtes gouvernementales injustes sous l’ère Biden.

Les bénéficiaires probables de ce fonds sont les personnes impliquées dans la prise d’assaut du Capitole le 6 janvier 2021, après que Trump leur a accordé une grâce à son retour au pouvoir. Cela confère au président une influence politique et financière considérable car il peut ainsi distribuer des fonds publics à ses alliés par le biais d’un comité dont il contrôle de fait les membres.

L’auteur estime que ces développements constituent un prolongement d’une décision antérieure de la Cour suprême des États-Unis accordant aux présidents une large immunité pour leurs actes officiels accomplis dans l’exercice de leurs fonctions. Cependant, cette nouvelle mesure va encore plus loin car elle inclut les affaires civiles, financières et fiscales et non plus seulement les affaires pénales.

Toobin met en garde contre le risque de créer un précédent dangereux au sein du système politique américain car de futurs présidents pourraient s’arroger le droit de se soustraire ainsi que leurs familles à toute responsabilité future. Il estime que cette situation témoigne d’une profonde mutation du concept de la présidence américaine où la loi est désormais façonnée pour servir le président et sa famille au lieu de constituer un cadre général applicable à tous sans discrimination.

L’article États-Unis | Le clan Trump s’offre l’immunité fiscale à vie ! est apparu en premier sur Kapitalis.

États-Unis : flambée des prix de l’essence avant le Memorial Day

Aux États-Unis, les prix de l’essence ont fortement augmenté à l’approche du Memorial Day, que le pays célèbre chaque année le dernier lundi de mai, dans un contexte de troubles persistants dans le détroit d’Ormuz.

Le prix moyen de l’essence au détail a atteint environ 4,49 dollars le gallon au cours de la semaine se terminant le 17 mai, soit une augmentation de près de 42 % ou 1,32 dollar par rapport à son niveau le plus bas des dernières années, selon un rapport publié par la plateforme ‘Energy’, basé à Washington.

Ainsi, les prix de l’essence aux États-Unis ont atteint leur moyenne la plus élevée le 18 mai, soit le dernier lundi précédant le Memorial Day depuis 2022, année où la guerre russo-ukrainienne avait provoqué une flambée des prix du pétrole brut.

La crise actuelle au Moyen-Orient est similaire à celle de 2022, car la hausse des prix mondiaux du pétrole a accéléré le rythme des augmentations des prix des carburants sur le marché américain.

Le week-end du Memorial Day est l’une des périodes de pointe en matière de voyages aux États-Unis, l’American Automobile Association prévoyant qu’environ 39,1 millions de personnes voyageront en voiture cette année, un niveau proche de celui de l’année 2025.

L’article États-Unis : flambée des prix de l’essence avant le Memorial Day est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

Chine – Etats-Unis | La grande leçon de sagesse de Xi Jinping

La récente rencontre à Pékin entre Donald Trump et Xi Jinping a constitué un tournant dans les relations internationales, la géopolitique mondiale et l’équilibre des puissances.

Habib Glenza

En recevant le président américain, venu lui demander de faire pression sur l’Iran afin qu’il rouvre le détroit d’Ormuz, le président chinois a évoqué le «piège de Thucydide», concept utilisé par les analystes politiques pour souligner le risque de conflit entre deux puissances qui se menacent mutuellement, l’une établie et l’autre émergente. Soit, on l’a compris, entre la Chine, incarnant ici l’Athènes antique en pleine ascension, et les États-Unis, la Sparte de jadis, une puissance sur le retour qui va s’autodétruire.

Thucydide, l’Athénien, dans son récit de la guerre du Péloponnèse il y a près de 2 500 ans (au Vᵉ siècle avant J.-C.), racontait comment Sparte, confrontée au danger que représentait l’Athènes émergente, avait déclenché une guerre, qu’elle a fini par perdre.

L’avertissement est lourd de sens, et Trump a sans doute eu le temps de se faire expliquer l’analyse du Chinois qui doit être comprise non comme une ferme déclaration d’intention, car un conflit reste évitable, mais comme un avertissement à méditer. Le président chinois a d’ailleurs adopté une posture nettement plus conciliante envers les États-Unis que celle de son homologue yankee envers la Chine en déclarant qu’ensemble, la Chine et les Etats-Unis ont beaucoup à gagner.

Sagesse chinoise, forfanterie américaine

«Réaliser le grand renouveau de la Chine et rendre sa grandeur à l’Amérique peuvent parfaitement aller de pair, et de cette manière, on contribuerait au bien-être du monde entier», a lancé Jinping à Trump.

De son côté, Trump a réagi sur les réseaux sociaux, avertissant que Jinping avait déclaré, «avec beaucoup d’élégance», que les États-Unis étaient peut-être «une nation en déclin». Et de préciser avec sa forfanterie habituelle : «Il y a deux ans, c’était le cas. Mais aujourd’hui, les États-Unis sont la nation la plus dynamique du monde.»  

Quatre jours après la visite de Trump, le président russe Vladimir Poutine est arrivé lui aussi à Pékin pour une visite officielle de quatre jours. Accompagné de membres du gouvernement (cinq vice-Premiers ministres, huit ministres, et la présidente de la banque centrale) et de dirigeants d’entreprises leaders du gaz et du pétrole, officiellement pour célébrer le 25e anniversaire du Traité de coopération, d’amitié et de bon voisinage entre les deux pays.

Cette visite doit spécifiquement aboutir au renforcement du partenariat global et de la coopération stratégique entre les deux pays.

Une amitié qui se veut non dirigée contre quiconque, mais destinée à promouvoir la paix et la prospérité universelles, selon Iouri Ouchakov, conseiller du Kremlin. Qui a également souligné la forte convergence des politiques étrangères de Moscou et Pékin, une allusion directe à la crise iranienne et à ses répercussions régionales et internationales.

Cette rencontre est également l’occasion pour les deux dirigeants d’afficher leur proximité, dans la foulée de la visite de Trump en Chine dont les résultats ont été mitigés et controversés.

Selon le Kremlin, une quarantaine d’accords bilatéraux doivent être signés au terme de la visite. Les échanges entre les deux pays atteignent désormais 240 milliards de dollars, avec une hausse d’un tiers des exportations de brut russe au premier trimestre de cette année. La Chine est devenue le premier importateur de combustibles fossiles russes. Moscou espère également conclure un accord sur un nouveau gazoduc pour ouvrir de nouveaux débouchés.

Présentée avant l’invasion de l’Ukraine comme une «amitié sans limites», la relation s’est depuis resserrée, tout en devenant de plus en plus asymétrique, la Russie dépendant dorénavant fortement de ses liens commerciaux avec la Chine. De plus en plus dépendante pour se maintenir à flot, elle s’appuie aussi sur les exportations chinoises, devenues essentielles à son effort de guerre en Ukraine.

Un rôle stabilisateur important sur la scène mondiale

    Selon l’agence de presse Chine nouvelle, le président Jinping a déclaré : «Nous avons su approfondir sans cesse la confiance politique mutuelle et la coordination stratégique avec une persévérance inébranlable qui a résisté à mille épreuves».

    De son côté Poutine a dit devant la presse que son pays et la Chine ont «une politique étrangère indépendante et souveraine. Elles œuvrent ensemble dans le cadre d’une coopération stratégique étroite et elles jouent un rôle stabilisateur important sur la scène mondiale.» 

    Les deux pays soulignent, également, la nécessité «de revenir au dialogue et aux négociations dès que possible» au Moyen-Orient, selon le texte d’une déclaration commune publiée par le Kremlin. Ils sont en «accord complet» quant au fait que les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran violent la loi internationale

    Sans avoir recours à la force, sans avoir à capturer un chef d’Etat, sans vouloir revendiquer le Groenland, annexer le Canada, faire la guerre à l’Iran pour satisfaire les désidératas d’Israël, à Cuba et à d’autres pays militairement faibles, la Chine cherche à maintenir de bonnes relations avec les pays du monde entier, y compris les Etats-Unis. Si elle est en passe de devenir la première puissance économique (et, peut-être demain, militaire) du monde, grâce à la sagesse de Xi Jinping, elle n’est pas pressée de le crier sur tous les toits, de bomber le torse et de vouloir imposer sa volonté au reste monde, comme le fait, avec une pathétique maladresse, un Trump ignorant de l’histoire humaine.

    L’article Chine – Etats-Unis | La grande leçon de sagesse de Xi Jinping est apparu en premier sur Kapitalis.

    Entre guerre commerciale et lutte antidrogue, Pékin ajuste sa stratégie envers Washington

    La Chine a imposé de nouvelles restrictions à l’exportation sur certains ingrédients chimiques clés vers les États-Unis, le Mexique et le Canada, signe supplémentaire de sa coopération avec Washington pour lutter contre le trafic de drogue.

    Cinq agences gouvernementales exigent désormais des licences d’exportation spéciales pour trois nouveaux composés chimiques réglementés, selon une annonce officielle et rapportée par Bloomberg. Ces substances sont des ingrédients clés dans la production de fentanyl illicite, un opioïde synthétique mortel qui a provoqué une grave crise de santé publique en Amérique du Nord.

    Cette initiative intervient alors que les deux plus grandes économies mondiales cherchent à stabiliser leurs relations bilatérales. Les initiatives conjointes de lutte contre la drogue constituent l’un des rares domaines de coopération diplomatique fructueuse.

    Cette annonce fait suite à de précédents rapports faisant état d’opérations antidrogue conjointes, notamment des opérations coordonnées le mois dernier dans les provinces chinoises du Liaoning et du Guangdong, ainsi que dans les États américains de Floride et du Nevada.

    Les États-Unis maintiennent toujours un droit de douane de 10 % sur les importations chinoises, initialement imposé à titre de mesure punitive, car, selon Donald Trump, Pékin n’avait pas réussi à endiguer les exportations illégales de fentanyl et de ses précurseurs.

    Rappelons que les droits de douane avaient été relevés l’an dernier dans un contexte de tensions commerciales, mais ils sont depuis retombés à un niveau effectif estimé à environ 21 %, suite aux négociations commerciales et à une décision de la Cour suprême américaine qui a invalidé certaines de ces mesures.

    Les deux parties ont également conclu de nouveaux accords commerciaux avant le dernier sommet entre Donald Trump et Xi Jinping. Le gouvernement chinois a déclaré que les deux pays chercheraient à réduire les droits de douane sur au moins 30 milliards de dollars de marchandises.

    L’article Entre guerre commerciale et lutte antidrogue, Pékin ajuste sa stratégie envers Washington est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

    Fed : possible hausse des taux d’intérêt et inquiétudes liées à l’inflation

    La Banque centrale américaine (Fed) devra probablement envisager de relever ses taux d’intérêt si l’inflation continue d’évoluer régulièrement au-dessus de son objectif de 2 %. C’est ce qu’estiment plusieurs de ses responsables.

    Comme l’ont montré les minutes de la dernière réunion de la Fed publiées mercredi 20 mai, de nombreux responsables ont appelé la Fed à abandonner sa politique monétaire accommodante et à signaler que sa prochaine étape pourrait être une hausse des taux d’intérêt.

    Alors que plusieurs responsables politiques ont déclaré croire que des baisses de taux seraient finalement nécessaires, la plupart des participants à la réunion ont plutôt souligné qu’« un certain resserrement de la politique monétaire serait probablement approprié si l’inflation continuait d’évoluer régulièrement au-dessus de 2 % ». C’est ce qu’il ressort du compte-rendu de la réunion du Comité fédéral de l’Open Market (FOMC) des 28 et 29 avril.

    Le rapport a mis en lumière l’inquiétude croissante des responsables de la Fed concernant les pressions inflationnistes engendrées par la guerre en Iran. Lors de sa réunion d’avril, le FOMC avait décidé de maintenir son taux directeur inchangé dans une fourchette de 3,5 % à 3,75 %…

    Dans les semaines qui suivirent, plusieurs responsables mirent en garde contre une aggravation des perspectives d’inflation, alors que le détroit d’Ormuz restait pratiquement bloqué et que les rendements obligataires s’envolaient.

    Le choix du lieu de la prochaine réunion constituera un premier test pour Kevin Warsh, qui doit prêter serment vendredi 22 mai devant le président Donald Trump en tant que président de la Réserve fédérale; et ce, lors d’une cérémonie à la Maison Blanche.

    L’article Fed : possible hausse des taux d’intérêt et inquiétudes liées à l’inflation est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

    USA – Cuba : Washington ouvre un nouveau front contre La Havane

    La justice américaine a inculpé, le 20 mai 2026, l’ancien président cubain Raúl Castro pour son rôle présumé dans la destruction de deux avions civils en 1996. Officiellement présentée comme une quête de justice pour les victimes américaines, cette décision intervient dans un contexte international explosif : guerre entre Washington et Téhéran, intervention américaine au Venezuela, crise énergétique à Cuba et tensions croissantes dans les Caraïbes. Pour plusieurs analystes, l’affaire dépasse largement le cadre judiciaire et révèle une stratégie américaine plus globale de pression géopolitique. Avec, en arrière-plan, une possible logique de diversion médiatique et de démonstration de puissance.

    Les États-Unis ont franchi mercredi 20 mai un seuil inédit dans leur confrontation avec Cuba. Un tribunal fédéral de Miami a inculpé l’ancien dirigeant cubain, Raúl Castro, âgé de 94 ans, pour « meurtre », « complot visant à tuer des citoyens américains » et « destruction d’aéronefs ». L’affaire concerne l’abattage, le 24 février 1996, de deux avions de l’organisation anticastriste Brothers to the Rescue, au cours duquel quatre personnes avaient trouvé la mort.

    Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, Washington mène une politique de pression maximale contre Cuba : sanctions renforcées, blocus énergétique de facto, menaces de nouvelles mesures économiques et soutien affiché à une transition politique sur l’île. Plusieurs médias américains et britanniques évoquent désormais ouvertement une stratégie de « changer de régime ».

    Cette montée de tension intervient dans un contexte géopolitique beaucoup plus large. Depuis plusieurs mois, les États-Unis sont engagés dans une confrontation avec l’Iran au Moyen-Orient, marquée par des opérations militaires, des déploiements navals et une polarisation croissante autour d’Israël et du Golfe.

    Dans ce climat, certains observateurs voient dans l’affaire Raúl Castro une tentative de réaffirmer la puissance américaine dans son « arrière-cour » latino-américaine. Alors même que Washington fait face à une usure politique liée aux tensions moyen-orientales.

    Une stratégie américaine de pression globale

    L’administration de Donald Trump multiplie les fronts géopolitiques contre l’Iran, le Venezuela et Cuba, tout en cherchant à contenir l’influence russe et chinoise dans les Caraïbes. Après la chute de Nicolás Maduro début 2026, Cuba, privée du soutien pétrolier vénézuélien et frappée par le blocus énergétique américain, traverse une grave crise économique et sociale. Dans ce contexte, l’inculpation de Raúl Castro apparaît comme un message politique fort : Washington veut montrer sa capacité à exercer simultanément une pression judiciaire, économique et stratégique sur plusieurs adversaires.

    Lire aussi : Trump annonce la capture de Maduro après des frappes sur Caracas

    Une autre lecture critique émerge cependant : celle d’une diversion politique et médiatique. Alors que la guerre directe avec l’Iran divise une partie de l’opinion américaine – y compris certains milieux conservateurs opposés à un nouvel engagement militaire coûteux -, la focalisation sur Cuba permettrait à Washington de déplacer temporairement l’attention vers un terrain historiquement plus consensuel dans la politique intérieure américaine, notamment en Floride.

    La date choisie renforce cette dimension symbolique : l’annonce a été faite le 20 mai, jour anniversaire de la création de Cuba en 1902. En Floride, bastion électoral stratégique, le discours anticastriste conserve un poids politique majeur auprès d’une partie de l’électorat cubano-américain.

    Pour plusieurs critiques, la médiatisation spectaculaire de l’inculpation permet aussi de réactiver une rhétorique historique de guerre froide au moment où l’attention mondiale se concentre surtout sur le Moyen-Orient et l’Iran.

    Justice historique ou instrumentalisation ?

    Sur le fond, l’affaire de 1996 reste extrêmement sensible. Les familles des victimes réclament depuis cette date des poursuites contre les responsables cubains. Pour Washington, il s’agit donc d’une démarche judiciaire légitime et tardive. Mais à La Havane, cette inculpation est perçue comme une instrumentalisation politique du droit américain. Le gouvernement cubain accuse les États-Unis d’utiliser la justice comme outil géopolitique afin de délégitimer les figures historiques de la révolution cubaine.

    Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, a dénoncé une stratégie de pression visant à provoquer une déstabilisation interne de l’île. De son côté, le président cubain Miguel Díaz-Canel affirme que les sanctions américaines sont la cause principale de l’effondrement énergétique actuel.

    En tout cas, l’affaire Raúl Castro révèle finalement une recomposition plus large des priorités américaines. Alors que les tensions avec l’Iran mobilisent déjà une part considérable des ressources diplomatiques et militaires de Washington, Cuba semble redevenir un espace stratégique où se mêlent démonstration de force, politique intérieure américaine, héritage de la guerre froide et bataille d’influence régionale.

    L’article USA – Cuba : Washington ouvre un nouveau front contre La Havane est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

    Faten Mouldi Derouaz, première Tunisienne brevetée aux États-Unis en génie automobile

    L’histoire retiendra que Faten Mouldi Derouaz, chercheuse de son état, fut la première femme tunisienne et arabe à obtenir un brevet d’invention aux États-Unis dans le domaine du génie automobile, grâce au développement d’un moteur hybride innovant fonctionnant avec quatre sources d’énergie.

    En effet, cette technologie permet d’utiliser l’essence, le diesel, l’électricité ainsi que l’huile de friture usagée pour faire le moteur. Conçu à l’aide de l’intelligence artificielle et de l’analyse avancée des données, le moteur vise à améliorer le rendement énergétique tout en réduisant les émissions polluantes, dans le respect des normes internationales liées au transport durable et à la transition écologique.

    Le Centre de recherche, d’études, de documentation et d’information sur la femme, CREDIF, n’a pas manqué de saluer cette distinction sur ses réseaux sociaux, estimant qu’elle illustre « la capacité des compétences tunisiennes à innover et à rivaliser à l’échelle mondiale ».

    Ce brevet constitue également une avancée importante pour la recherche scientifique féminine en Tunisie et dans le monde arabe.

    Le CREDIF rappelle que Faten Mouldi Derouaz est diplômée d’une université publique tunisienne et enseigne actuellement à l’Université Roi Fayçal en Arabie saoudite. Elle avait déjà obtenu un premier brevet en 2023 et reçu une distinction internationale dans les domaines de l’environnement et de l’agriculture. Cette nouvelle reconnaissance vient confirmer la montée en puissance de l’expertise scientifique tunisienne sur la scène internationale.

    L’article Faten Mouldi Derouaz, première Tunisienne brevetée aux États-Unis en génie automobile est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

    Démonstration de force des Évangéliques à Washington

    Dimanche 17 mai 2026, une foule de milliers de chrétiens conservateurs dominée par les Évangéliques -noyau dur de l’électorat trumpiste- a transformé le National Mall en un lieu de culte évangélique, lors d’un événement intitulé « Rededicate 250 » organisé dans le cadre du 250e anniversaire de États-Unis et soutenu par Donald Trump. 

    Imed Bahri

    Le Washington Post a estimé que cet immense rassemblement religieux tenu dans le centre de Washington, D.C., avec le soutien du président américain, ravive l’un des débats les plus anciens et les plus sensibles de la vie politique américaine : l’Amérique est-elle fondamentalement une nation chrétienne ? Et où tracer la ligne de démarcation entre l’Église et l’État ?

    Le WP indique que l’évènement ayant rassemblé des milliers de participants dans une ambiance a mêlé culte évangélique et meeting politique national. Au programme : hymnes religieux, prières collectives et lectures bibliques, ainsi que des discours de hauts responsables de l’administration qui ont directement lié l’identité américaine au christianisme.

    Des écrans en forme de vitraux ont diffusé tour à tour des images des pères fondateurs des États-Unis et des vidéos de responsables de l’administration Trump à l’instar du secrétaire d’État à la Guerre Pete Hegseth, du secrétaire d’État Marco Rubio, du vice-président J.D. Vance et évidemment du président Trump lui-même ! Il a lu un passage des Écritures tiré du chapitre 7 du deuxième livre des Chroniques, issu de l’Ancien Testament. Cet extrait est régulièrement cité par les personnes estimant que les États-Unis sont une nation chrétienne à l’origine et qu’elle devrait revenir à cette identité.

    «Si mon peuple, sur lequel porte mon nom, s’humilie, prie, cherche mon visage et se détourne de ses travers alors je l’exaucerais depuis les cieux, je lui pardonnerais son péché et je guérirais son pays», a notamment lu Trump.

    Erosion de la séparation de l’Église et de l’État

    Les fils des célèbres pasteurs évangéliques Billy Graham (surnommé le Pape des Évangéliques), Jerry Falwell et Pat Robertson ont également pris la parole. Parmi les personnalités les plus en vue de la culture populaire contemporaine figuraient Sadie Robertson Huff, 28 ans, podcasteuse et star de l’émission Duck Dynasty et Jonathan Roumie, vedette de la série télévisée The Chosen qui retrace la vie de Jésus.

    Si les partisans de l’événement y voyaient une réaffirmation nécessaire de l’identité spirituelle américaine, ses détracteurs y voyaient un signe inquiétant de l’érosion de la séparation constitutionnelle de l’Église et de l’État.

    Le recours à ce type de discours religieux en public par de hauts responsables américains était rare dans la vie politique américaine contemporaine. Cependant, la seconde administration Trump a insisté sur la nécessité de présenter le christianisme non seulement comme une foi personnelle mais aussi comme le fondement spirituel même de l’État américain.

    Cet événement révèle également l’influence croissante de ce que l’on appelle le «nationalisme chrétien» au sein du mouvement conservateur américain. Cette idéologie repose sur la conviction que les États-Unis ont été fondés comme une nation chrétienne et doivent le rester politiquement et culturellement.

    Un événement religieux financé par des fonds publics

    Parallèlement, des manifestants rassemblés devant le site du festival brandissaient des pancartes proclamant : «L’Amérique n’est pas un pays chrétien», exprimant leur opposition à l’utilisation de fonds publics pour financer un événement religieux de cette ampleur.

    Une manifestante, Karen Irwin, a déclaré : «Je ne veux pas vivre dans un pays qui me dicte comment je pratique ma religion». Elle a décrit le festival comme «l’antithèse de ce que signifie être Américain, voire chrétien»

    Le débat porte sur la Constitution américaine et le principe de la séparation de l’Église et de l’État. Bien que la Constitution garantisse la liberté de religion et interdise l’établissement d’une religion d’État officielle, les Américains sont divisés depuis des siècles sur le degré de séparation entre le pouvoir politique et les institutions religieuses.

    Les partisans de cet événement ont soutenu que la reconnaissance du rôle historique du christianisme n’est pas contraire à la Constitution et les organisateurs ont souligné que nombre des Pères fondateurs des États-Unis étaient croyants.

    Un récit simplifié et déformé

    Cependant, des historiens interrogés par le WP ont affirmé que l’événement présentait un récit simpliste et déformé de l’histoire américaine, riche de sa diversité religieuse et culturelle. L’historien Matthew Sutton a critiqué l’utilisation par Trump de symboles bibliques, arguant que cela lui conférait une image politique quasi-sainte.

    Le rassemblement a également révélé des mutations au sein du christianisme américain contemporain. Le journal américain a noté que de nombreux participants confondaient la foi évangélique avec le nationalisme américain, les théories du complot voire certaines croyances spirituelles non conventionnelles.

    Ce n’était pas un simple rassemblement religieux mais une manifestation politique et culturelle d’une opinion de plus en plus répandue selon laquelle le christianisme est l’essence même de l’identité américaine. Si ses partisans y voient un projet de «renaissance morale», ses détracteurs avertissent qu’il menace l’un des fondements les plus importants de l’expérience démocratique américaine : la séparation de la religion et de l’État.

    L’article Démonstration de force des Évangéliques à Washington est apparu en premier sur Kapitalis.

    Chine–États-Unis : vers un accord commercial de 30 milliards de dollars

    La Chine et les États-Unis avancent vers un mécanisme de réduction mutuelle des droits de douane portant sur environ 30 milliards de dollars de marchandises dites « non sensibles ». Et ce, dans le cadre d’une tentative de stabilisation de leurs relations commerciales après plusieurs années de tensions tarifaires et technologiques.

    Le projet était au cœur des discussions préparatoires au sommet organisé à Pékin entre les présidents américain, Donald Trump, et chinois, Xi Jinping. C’est ce qu’a rapporté le 19 mai Bloomberg. Il prévoit la mise en place d’un mécanisme de « commerce administré » permettant aux deux puissances de réduire certaines barrières douanières sur des produits jugés non stratégiques, sans toucher aux secteurs considérés comme sensibles pour la sécurité nationale.

    Cette approche marque un changement important dans la stratégie américaine. Washington ne chercherait plus à pousser Pékin à transformer son modèle économique dirigé par l’État, mais viserait plutôt un rééquilibrage pragmatique des échanges via des objectifs commerciaux chiffrés. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a comparé ce futur mécanisme à un « adaptateur » capable de connecter deux systèmes économiques très différents.

    Selon plusieurs sources proches des négociations citées par le média, les réductions tarifaires pourraient concerner des secteurs comme l’agriculture, l’énergie ou certains biens de consommation. Pékin maintient actuellement des surtaxes importantes sur plusieurs produits américains, notamment le pétrole, le gaz naturel liquéfié et certaines denrées agricoles. Tandis que les États-Unis conservent des droits élevés sur de nombreux produits manufacturés chinois.

    Les discussions s’inscrivent cependant dans un contexte de fort recul des échanges entre les deux premières économies mondiales. Le commerce bilatéral de biens aurait chuté de 29 % en 2025. Tandis que le déficit commercial américain vis-à-vis de la Chine est tombé à son plus bas niveau depuis près de vingt ans.

    Des responsables américains évoquent également la possibilité de rétablir certaines exemptions tarifaires supprimées ces dernières années. Et ce, notamment sur des équipements industriels, des produits médicaux et certaines technologies non stratégiques. Un projet parallèle de « Board of Investment » destiné à encadrer les investissements croisés entre les deux pays serait aussi à l’étude, même si plusieurs secteurs industriels américains restent très méfiants vis-à-vis des capitaux chinois.

    Malgré cette tentative de détente, les grandes barrières commerciales et technologiques mises en place depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche demeurent largement intactes. Les droits de douane américains sur certains produits chinois atteignent encore des niveaux record. Alors que Pékin poursuit sa politique de diversification commerciale vers l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine.

    L’article Chine–États-Unis : vers un accord commercial de 30 milliards de dollars est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

    ❌