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L’inquiétant rapprochement entre les Houthis et les Shabaab

L’ennemi de mon ennemi est mon ami. Entre les Houthis yéménites de confession chiite et les Shabaab somaliens sunnites qui sont affiliés à Al-Qaïda, la rivalité confessionnelle d’autrefois est oubliée, place à une alliance de circonstance. Jirbril Yahya Ali, cheville ouvrière de ce rapprochement, a été tué par les Américains cependant le rapprochement se poursuit, prospère et chacun trouve son compte. Le général Dagvin Anderson, commandant des forces américaines en Afrique (Africom) a fait part de son inquiétude: «Il ne s’agit pas seulement d’un problème régional, ses implications sont mondiales»(Photo : Un porte-conteneurs au mouillage au large des côtes du Yémen, dans le golfe d’Aden.)

Imed Bahri

Dans une enquête publiée par le Wall Street Journal intitulée «L’alliance entre Al-Qaïda et les Houthis, le nouveau casse-tête pour les États-Unis», Michael M. Phillips indique que cette alliance naissante est mutuellement avantageuse pour les deux mouvements. Al-Shabaab, la branche d’Al-Qaïda la plus riche au monde, disposait de fonds mais avait besoin d’armes et d’entraînement. Les Houthis, quant à eux, possédaient un armement sophistiqué et une expertise technique mais ils étaient avides d’argent et d’une nouvelle base pour lancer des attaques contre l’Occident. 

Cependant, cette nouvelle donne a fait de Jibril Yahya Ali, l’architecte du rapprochement, une cible.

Le 12 février, quatre mois après son mariage avec Boudour Murshed, Jibril et Boudour faisaient leur promenade habituelle au coucher du soleil dans leur Toyota Corolla. Le téléphone de Boudour sonna, ils s’arrêtèrent et elle sortit pour répondre.

Quelques instants plus tard, un missile américain s’est abattu sur la voiture. Jibril fut tué sur le coup. Un ami se précipita pour éloigner Boudour de l’endroit.

La frappe aérienne a marqué le début des efforts américains pour démanteler l’alliance improbable entre deux des ennemis les plus acharnés des États-Unis : les combattants d’Al-Shabaab, qui opèrent en Somalie depuis vingt ans, et les Houthis, qui bénéficient depuis longtemps d’armes et d’entraînements assurés par le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien.

Cependant, pour les États-Unis, la mort de Jibril est intervenue trop tard pour enrayer l’enchaînement d’événements qu’il avait contribué à déclencher.

De part et d’autre du golfe d’Aden

Une rivalité confessionnelle opposait Houthis et Al-Shabaab jusqu’à ce que Jibril et d’autres négocient un partenariat entre eux, qui menace désormais de déstabiliser davantage le Moyen-Orient et les marchés mondiaux de l’énergie. Leurs pays respectifs, le Yémen et la Somalie, sont situés de part et d’autre du golfe d’Aden, par lequel transitait, avant la guerre d’Iran, environ 12% du pétrole transporté par voie maritime dans le monde.

Avec le blocus du détroit d’Ormuz exercé en grande partie par les forces iraniennes, le golfe d’Aden pourrait devenir une voie alternative pour les exportations de pétrole du Moyen-Orient. Cependant, les Houthis se sont précipités au secours de leurs alliés à Téhéran, attaquant des pétroliers liés à l’Arabie saoudite à l’aide de missiles et de drones en mer Rouge.

Depuis au moins 2023, Jibril servait d’intermédiaire entre les deux groupes armés, unis par leur haine des États-Unis et d’Israël, selon des responsables américains, somaliens et yéménites.

Jibril a été tué deux semaines avant le début de la guerre américaine contre l’Iran. Il n’a pas vécu assez longtemps pour constater son legs : deux groupes désignés comme organisations terroristes par les États-Unis, unis par une alliance de circonstance, et se retrouvant à la tête d’un point de passage maritime stratégique leur permettant de menacer le commerce mondial du pétrole en temps de crise.

«D’un côté, vous avez Al-Shabaab, la branche la plus importante et la plus lucrative d’Al-Qaïda, qui se dote d’armes plus sophistiquées et d’un entraînement plus poussé», a déclaré au WSJ le général Anderson, avant d’ajouter : «De l’autre côté, il y a les Houthis qui étendent leur influence géographique et qui ont désormais un nouveau point d’appui ce qui pourrait déstabiliser davantage l’un des points de passage économiques les plus importants au monde. Il ne s’agit pas seulement d’un problème régional, ses implications sont mondiales»

Deux sources américaines proches de l’opération ont confirmé qu’une frappe aérienne américaine avait tué Jibril. Cependant, le Commandement central américain a déclaré que l’opération n’était pas militaire. Un porte-parole de la CIA a refusé de dire si l’agence était responsable de l’assassinat.

L’ambassadeur du Yémen aux États-Unis a refusé une demande d’interview, et les responsables houthis n’ont pas répondu aux questions écrites concernant les liens du groupe avec Al-Shabaab.

L’ennemi de mon ennemi est mon ami

Les Houthis, majoritairement musulmans chiites, et Al-Shabaab, musulman sunnite, s’opposent sur un sujet de discorde sectaire datant du VIIe siècle, à savoir la succession légitime du prophète Mohamed. Cette division continue d’alimenter la violence dans des régions s’étendant de l’Afghanistan à l’Irak et à la Syrie.

Cependant, leurs ennemis communs unissent désormais les Houthis et les Shabaab. «Ils haïssent l’Occident et Israël», a déclaré Abdullahi Mohamed Ali, ancien chef des services de renseignement somaliens.

L’agence antiterroriste yéménite décrit Jibril comme «une figure clé du renforcement des liens entre les Houthis et les Shabaab, grâce à l’échange d’expertise et à la coordination, notamment pour faciliter le transfert d’armes et de matériel militaire», selon une note d’évaluation interne consultée par le WSJ.

Jibril se déplaçait clandestinement entre la Somalie et le Yémen, servant d’intermédiaire entre les Shabaab et les Houthis, selon Matt Bryden, ancien fonctionnaire de l’Onu chargé de surveiller les flux d’armes vers la Somalie.

Bryden a présenté des détails sur la vie et la mort de Jibril lors d’une réunion d’information à huis clos en juin, en présence de membres des forces spéciales américaines et de représentants gouvernementaux est-africains.

Jibril avait 38 ans lorsqu’il a été tué. Il avait étudié la médecine vétérinaire au Yémen et dirigeait une organisation caritative à Mogadiscio, la capitale somalienne. Il était également propriétaire d’un bureau de change et d’une société d’import-export.

Il portait des blessures par balle qui lui ont valu le surnom de «Gajami», que l’on pourrait traduire par «manchot», bien qu’il n’était amputé d’aucun bras. 

D’après la réunion d’information, les Houthis lui ont fourni un appartement meublé à Sanaa, la capitale yéménite sous leur contrôle, et il a participé à des événements officiels dans cette ville. Les rebelles lui ont également délivré un faux passeport yéménite, sous une fausse identité, selon un document consulté par le WSJ.

En 2024, le mouvement Shabaab a dépêché un émissaire de haut rang, le cheikh Ahmed Elmi Samatar, pour épauler Jibril. Samatar a présenté aux Houthis une longue liste d’armes demandées, que le journal américain a pu consulter. Cette liste comprenait des missiles antiaériens portables, des roquettes Katioucha de 107 mm, des fusils de précision Dragunov, des drones d’attaque chargés d’explosifs, des missiles antichars et du matériel de vision nocturne de fabrication américaine.

Un responsable du renseignement militaire américain a confirmé que les Shabaab recherchaient des armements sophistiqués auprès des Houthis, en plus de fusils, de mitrailleuses et de munitions.

Les autorités yéménites ont arrêté Samatar en janvier 2025 mais il a été libéré ultérieurement lors d’un échange de prisonniers avec les Houthis.

Samatar est retourné en Somalie, laissant Jibril continuer à représenter les intérêts des Shabaab au Yémen.

Jibril a continué à servir d’intermédiaire pour des livraisons d’armes, et les Shabaab ont dépêché deux experts en armement au Yémen pour l’assister. Après sa mort, le groupe a désigné un remplaçant au Yémen pour poursuivre ses opérations, a indiqué Bryden, ajoutant que l’épouse de Jibril est en fuite.

Selon un rapport des services de renseignement yéménites, des sociétés écrans au Yémen sont utilisées pour dissimuler les cargaisons sous l’appellation de marchandises civiles et les acheminer vers Mukalla et d’autres ports.

Les armes traversent ensuite le golfe d’Aden à bord de vedettes rapides ou de bateaux de pêche et sont débarquées dans des zones peu surveillées des côtes du nord de la Somalie, selon un responsable du renseignement militaire américain.

De là, elles sont transférées aux unités combattantes des Shabaab dans le sud de la Somalie, où se concentrent les activités des insurgés.

En avril 2025, les États-Unis ont détruit deux embarcations non identifiées entrant dans les eaux somaliennes en provenance du Yémen, transportant ce que l’Africom a décrit comme des armes conventionnelles sophistiquées.

On ignore quelles armes figurant sur la longue liste de demandes des Shabaab sont effectivement parvenues aux militants en Somalie. Toutefois, la possibilité que le groupe se procure des drones d’attaque ou d’autres armes capables de frapper les bases américaines et somaliennes depuis les airs inquiète les deux armées.

Le général de brigade Ahmed Abdullahi Sheikh, ancien commandant des forces spéciales somaliennes, a déclaré : «J’ignore quels sont leurs plans mais il est certain que quelque chose se prépare».

Israël entre dans la danse

À ces préoccupations sécuritaires s’ajoute la décision d’Israël, en décembre, de reconnaître l’indépendance du Somaliland, région située au nord-ouest des frontières internationalement reconnues de la Somalie et qui s’est proclamée État indépendant en 1991.

Le Somaliland pourrait offrir à Israël un accès à Berbera, ville portuaire de la mer Rouge dotée d’une piste d’atterrissage si longue que la Nasa l’avait louée comme site d’atterrissage d’urgence pour la navette spatiale.

Berbera pourrait également fournir aux Israéliens un point d’observation supplémentaire pour surveiller et attaquer les Houthis.

Michael Milstein, ancien haut responsable du renseignement israélien, a déclaré que les Houthis avaient été un facteur déterminant lors de la reconnaissance du Somaliland comme État indépendant par Israël. Il a ajouté : «Une présence militaire au Somaliland confère une position très avantageuse pour contrer les Houthis».

Dans une allocution télévisée datant du mois d’août, le chef houthi, Abdul-Malik, a déclaré que son groupe surveillait de près les mouvements israéliens au Somaliland, qu’il a présentés comme visant à contrôler le golfe d’Aden, le détroit de Bab El-Mandeb et la mer Rouge. Il a ajouté : «Nous agirons à tout moment pour cibler toute activité ou présence de l’ennemi israélien au Somaliland».

En juin, une délégation houthie de quatre personnes a quitté le Yémen par la mer, traversé le golfe d’Aden et accosté sur la côte sud de la Somalie.

Selon une source du renseignement régional, les hommes ont ensuite traversé la jungle pour rejoindre leurs homologues à Jilib, capitale de facto du territoire contrôlé par les Shabaab.

Les Houthis cherchaient à coordonner leurs efforts pour perturber les activités israéliennes à Berbera, craignant que le port ne devienne une plateforme israélienne permanente de surveillance et de lancement d’attaques contre le Yémen. Les Houthis ont promis aux dirigeants des Shabaab des armes plus sophistiquées et un entraînement accru.

Des combattants des Shabaab se rendent régulièrement au Yémen pour recevoir une formation houthie sur la fabrication d’engins explosifs improvisés (EEI) plus meurtriers et l’utilisation d’armes de pointe.

Un responsable du renseignement militaire américain a déclaré qu’au moins 100 combattants Shabaab avaient effectué ce voyage.

L’Onu a rapporté l’année dernière que le groupe envoie des groupes d’une trentaine de combattants se former au tir de précision, aux opérations de défense aérienne et aux techniques de fabrication d’EEI plus meurtriers.

En 2024, le premier groupe envoyé a suivi une formation avant départ comprenant un enseignement religieux et des conseils pour gérer les contacts limités avec leurs familles pendant leur séjour à l’étranger, selon des informations recueillies par une source de renseignement régionale.

Une cérémonie d’adieu a été organisée et des discours de motivation ont été prononcés à l’intention des combattants sur le départ.

Lors de son briefing en juin, Bryden a déclaré qu’un groupe de combattants Shabaab avait passé trois mois cette année à Saada, au Yémen, pour étudier l’assemblage de drones et de systèmes permettant aux opérateurs de visualiser les images des caméras embarquées comme s’ils étaient dans un cockpit.

Des formateurs houthis se rendent également en Somalie pour former les combattants d’Al-Shabaab au pilotage de drones, selon un responsable militaire américain.

Al-Shabaab paie en espèces et est parfaitement en mesure de s’offrir les biens et services des Houthis.

Selon une évaluation des services de renseignement américains, le groupe armé Al-Shabaab perçoit au moins 100 millions de dollars par an en extorquant des entreprises et des voyageurs somaliens aux points de contrôle routiers et dans le port de Mogadiscio.

D’après Abdullahi, un ancien commandant somalien, Al-Shabaab exploite également l’orpaillage artisanal le long des monts Al-Amadow, au nord du pays.

L’armée américaine a mené environ 40 frappes aériennes contre des cibles d’Al-Shabaab en Somalie cette année, contre 41 pour l’ensemble de l’année 2025, selon l’Africom.

Pour les Houthis, s’implanter dans le sud de la Somalie, région qui contrôle le commerce via le golfe d’Aden, est tout aussi important que l’argent versé par Al-Shabaab.

«Traditionnellement, les relations entre les Houthis et Al-Shabaab étaient purement transactionnelles mais cela ne signifie pas que de nouveaux facteurs, potentiellement d’importance stratégique, n’ont pas émergé après la guerre Iran-États-Unis», a déclaré Awes Hagi Yusuf Ahmed, conseiller à la sécurité nationale de la Somalie. 

Par ailleurs, les Houthis ambitionnent d’obtenir l’aide du mouvement Al-Shabaab pour déployer des radars afin de surveiller les navires dans les eaux qu’ils partagent.

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Le MCC 2027 confirme l’éligibilité de la Tunisie et de toute l’Afrique du Nord

Le Millennium Challenge Corporation (MCC) a publié le 31 août 2026 son premier rapport pour l’exercice fiscal 2027 destiné au Congrès américain. Bonne nouvelle pour la Tunisie, en ce sens qu’elle figure dans la colonne « sans réserve » parmi les 91 pays candidats à un « Compact », ce financement américain conditionné à des réformes de gouvernance. On y trouve également les cinq autres pays d’Afrique du Nord, à savoir l’Algérie, l’Égypte, la Libye, le Maroc et la Mauritanie. Ce qui fait de cette zone la seule sous-région du continent où aucun pays n’est frappé d’exclusion.

Il faut noter que pour être candidat, un pays doit afficher un revenu national brut par habitant inférieur à 8 105 dollars (environ 4 082 $ USD pour la Tunisie, selon les données de fin 2025) et ne pas être légalement inéligible à l’aide américaine.

Mais attention : candidature ne vaut pas sélection. Le Conseil d’administration du MCC devra encore évaluer les performances de la Tunisie et de ses voisins en matière de gouvernance démocratique, de liberté économique et d’investissement dans le capital humain avant d’envisager la signature d’un Compact.

 

Lire aussi: Tunisie – USA : le conseil d’administration de la MCC approuve le programme Compact Tunisia

 

Le reste du continent, plus fracturé

Ailleurs en Afrique, le tableau est nettement plus contrasté. Trois pays du Sahel, en l’occurrence le Burkina Faso, le Mali et le Niger, sont purement exclus en raison de la restriction sur les coups d’État militaires (section 7008 de la loi de finances). Le Soudan subit la même sanction. Le Zimbabwe reste banni tant que Washington n’aura pas constaté un rétablissement de l’État de droit et des droits de propriété. Le Tchad, le Soudan du Sud et l’Érythrée sont écartés pour leur classement « Tier 3 » sur la traite des personnes ou leur bilan en matière de droits humains.

Entre ces deux extrêmes, la Guinée-Bissau et Madagascar occupent une zone grise : classés candidats, mais sous réserve explicite que cela soit « jugé conforme à la loi », signe d’une éligibilité encore incertaine.

 

Un outil de soft power évolutif

Le MCC, agence indépendante créée en 2004 pour financer des projets de croissance dans les pays en développement (Ped), fonctionne comme un baromètre annuel de la gouvernance mondiale. Le rapport prévient d’ailleurs que rien n’est figé : un pays candidat aujourd’hui pourrait être exclu demain si sa situation se dégrade et inversement.

Pour la Tunisie et ses voisins maghrébins, l’enjeu est désormais de transformer cette éligibilité de principe en Compact effectif, en démontrant lors des prochaines évaluations un engagement suffisant en faveur de la gouvernance et des réformes économiques attendues par Washington.

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La popularité du président Trump stagne à 33 %

La popularité de Donald Trump reste bloquée à son plus bas niveau depuis le début de sa présidence en raison du mécontentement généralisé des Américains face à la guerre en Iran et à la gestion de l’économie américaine. C’est ce que révèlent les résultats d’un sondage réalisé le 31 août par Ipsos pour le compte de l’agence de presse Reuters.

Pour le troisième sondage Ipsos/Reuters consécutif, seul un Américain sur trois approuve la performance du président Trump à la Maison Blanche. La faible popularité de Trump est de plus en plus perçue comme un handicap potentiel pour le Parti républicain lors des élections de mi-mandat de novembre. Les républicains visent à conserver la majorité au Congrès, mais les prévisions concernant le parti du président Trump ne sont pas encourageantes.

Les électeurs démocrates semblent plus unis, 46 % d’entre eux se disant enthousiastes à l’idée des élections de mi-mandat. En revanche, 31 % des républicains expriment un sentiment similaire. Interrogés sur le parti pour lequel ils voteraient si l’élection avait lieu aujourd’hui, 36 % des personnes se déclarant indépendantes ont choisi les démocrates et 22 % les républicains.

Depuis la mi-août, la cote de popularité de Trump est à son plus bas niveau historique, bien en deçà des 47 % enregistrés au début de son second mandat. Elle est même inférieure au niveau le plus bas atteint par son prédécesseur à la Maison-Blanche, Joe Biden, qui s’était établi à 35 % en octobre 2024.

À l’instar de Biden, Trump est confronté à un mécontentement généralisé lié à l’inflation galopante. Les prix des carburants ont explosé depuis qu’il a ordonné les frappes contre l’Iran en février, une guerre que seulement 36 % des Américains approuvent, selon le sondage.

Sept Américains sur dix – dont quatre républicains sur dix – désapprouvent la gestion par Trump du coût élevé de la vie. Le mois dernier, la plupart des électeurs inscrits interrogés ont déclaré que les démocrates avaient un meilleur plan économique que les républicains. Reuters souligne que c’est la première fois en dix ans que le Parti démocrate se retrouve en tête sur une question économique.

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Etats-Unis : Amazon visé par une plainte pour manipulation des prix

La Commission fédérale du commerce américaine (FTC) et les autorités de 22 États américains ont engagé une action en justice contre Amazon, qu’elles accusent d’avoir manipulé pendant plusieurs années ses enchères publicitaires afin de gonfler secrètement les prix payés par les annonceurs.

La pression réglementaire s’intensifie sur Amazon. La FTC, accompagnée de 22 États américains, accuse le géant du commerce électronique d’avoir utilisé son système d’enchères publicitaires pour augmenter artificiellement les sommes versées par les entreprises souhaitant promouvoir leurs produits sur sa plateforme.

La plainte, déposée devant un tribunal fédéral de l’État de Washington, affirme que le dispositif aurait permis à Amazon de prélever plus de 20 milliards de dollars supplémentaires auprès de ses annonceurs. Les autorités estiment que les pratiques en cause auraient concerné environ 1,2 million de clients publicitaires, dont plus de 500 000 petites et moyennes entreprises.

Le litige concerne notamment les publicités Sponsored Products, Sponsored Brands et Sponsored Display, qui apparaissent dans les résultats de recherche ou sur les pages de produits d’Amazon.

Selon la FTC, Amazon présentait son système comme une enchère au second prix : l’annonceur remportant l’emplacement publicitaire devait normalement payer seulement un montant légèrement supérieur à celui proposé par le deuxième enchérisseur. Mais l’autorité américaine affirme que le groupe aurait, à partir de 2019, introduit discrètement des mécanismes permettant de relever le prix final au-delà du résultat de l’enchère. Amazon aurait ainsi parfois participé lui-même aux enchères ou imposé un prix minimum supérieur au montant qui aurait résulté du mécanisme annoncé aux annonceurs.

Jusqu’à 80 % des enchères concernées

La FTC affirme que ces interventions auraient été particulièrement fréquentes. Selon la plainte, 70 % à 80 % des enchères auraient fait l’objet d’une intervention destinée à augmenter le prix payé par l’annonceur. L’autorité accuse également Amazon d’avoir pris des mesures pour dissimuler ce mécanisme à ses clients et d’avoir présenté les augmentations de prix comme le résultat normal de la concurrence entre annonceurs.

Pour les autorités américaines, le problème dépasse donc la simple question tarifaire : elles mettent en cause la transparence du marché publicitaire numérique et la capacité d’une plateforme dominante à déterminer elle-même les règles des enchères auxquelles participent ses propres clients.

L’affaire intervient alors qu’Amazon est devenu l’un des principaux acteurs mondiaux de la publicité numérique. Son activité publicitaire a généré 68,6 milliards de dollars en 2025, tandis que ses recettes publicitaires ont atteint 19,8 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, en hausse de 26 % sur un an. Le groupe occupe désormais la troisième place mondiale du marché publicitaire numérique, derrière Google et Meta. La croissance rapide de cette activité explique aussi l’attention croissante portée par les autorités à ses méthodes de fixation des prix…

Les consommateurs pourraient aussi être concernés

La FTC estime que les surcoûts imposés aux annonceurs ne sont pas restés cantonnés aux entreprises. Une partie de ces dépenses publicitaires supplémentaires aurait été répercutée sur les prix des produits vendus aux consommateurs. L’enjeu pourrait donc dépasser le seul marché de la publicité en ligne et toucher directement le prix final de nombreux biens commercialisés sur Amazon.

Avec cette nouvelle plainte, le régulateur américain s’attaque cette fois au cœur d’une activité devenue essentielle à la rentabilité d’Amazon : la publicité numérique. Si les accusations de la FTC étaient confirmées, l’affaire pourrait imposer de profondes modifications au fonctionnement des enchères publicitaires de l’une des plus grandes plateformes commerciales au monde.

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G20 : les droits de douane et l’Iran dominent les débats

Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 se réunissent les 31 août et 1er septembre 2026 à Asheville, en Caroline du Nord, pour discuter de croissance mondiale, de dette et de déséquilibres commerciaux. Mais les droits de douane américains et la volonté de Washington d’accentuer la pression économique sur l’Iran s’imposent au cœur des débats.

Les grands argentiers du G20 se retrouvent aux États-Unis dans un contexte particulièrement tendu. La réunion d’Asheville intervient alors que Washington poursuit sa politique tarifaire à l’égard de plusieurs partenaires commerciaux et cherche parallèlement à convaincre ses alliés de participer à son offensive économique contre l’Iran.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, doit piloter les discussions avec ses homologues des principales économies mondiales, aux côtés du président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh. La présidence américaine du G20 souhaite officiellement consacrer les travaux à la croissance, à la déréglementation et à la réduction des déséquilibres commerciaux.

La question commerciale risque toutefois de monopoliser une partie des échanges. Les États-Unis ont imposé de nouveaux droits de douane à de nombreux partenaires; tandis que les négociations avec le Canada se sont récemment tendues.

Washington présente ces mesures comme un moyen de corriger les déséquilibres commerciaux et de lutter contre des politiques jugées déloyales, notamment les surcapacités industrielles. Plusieurs pays du G20 souhaitent cependant discuter des conséquences de cette politique sur le commerce mondial et sur leurs propres économies. L’Europe entend notamment soulever la question de l’augmentation des exportations chinoises, qui exerce une pression croissante sur certaines de ses industries.

Washington veut élargir la pression sur l’Iran

L’autre grand dossier de la réunion est l’Iran. Washington cherche à obtenir le soutien des membres du G20 à sa stratégie visant à isoler économiquement Téhéran. Scott Bessent a indiqué avant la réunion que les États-Unis entendaient poursuivre et renforcer les sanctions contre les acteurs financiers et commerciaux qui continuent à traiter avec l’Iran. Il a notamment annoncé la préparation de nouvelles sanctions visant une banque. La question est particulièrement sensible pour les pays qui continuent d’importer du pétrole iranien. Washington menace en effet d’appliquer des sanctions secondaires aux institutions et entreprises étrangères qui faciliteraient les transactions avec Téhéran.

La stratégie américaine ne fait toutefois pas l’unanimité. Plusieurs membres du G20 doivent composer avec leurs propres intérêts énergétiques et commerciaux. L’Union européenne s’est dite disposée à examiner les propositions américaines, tout en insistant sur la nécessité de maintenir les efforts diplomatiques. La France a notamment indiqué qu’elle étudierait les moyens de renforcer les sanctions contre l’Iran.

Mais la présence de la Chine et de la Russie autour de la table complique la recherche d’une position commune. Pékin reste notamment un important acheteur du pétrole iranien, tandis que Moscou demeure opposé à la stratégie de sanctions occidentales.

Dette et croissance au programme

Au-delà des tensions géopolitiques, les États-Unis veulent replacer la croissance mondiale au centre du G20. Washington souhaite promouvoir la déréglementation, l’augmentation de la production énergétique et l’investissement privé afin de stimuler l’activité et de réduire les déséquilibres économiques. La restructuration de la dette souveraine doit également figurer parmi les principaux sujets de discussion.

La question de la dette américaine constitue cependant un point de fragilité pour Washington. La dette fédérale des États-Unis a dépassé 40 000 milliards de dollars. Tandis que la hausse des rendements obligataires alimente les inquiétudes sur la stabilité des marchés financiers.

Un G20 sous pression

La réunion d’Asheville intervient ainsi dans un environnement où les priorités des membres du G20 divergent fortement. Washington souhaite parler de croissance, de déséquilibres commerciaux et d’Iran. Alors que plusieurs partenaires veulent avant tout obtenir davantage de visibilité sur la politique tarifaire américaine. Le conflit avec l’Iran complique encore la situation en maintenant les prix de l’énergie à des niveaux élevés et en perturbant les flux maritimes dans le détroit d’Ormuz. Ces tensions constituent une menace directe pour la croissance mondiale et les perspectives d’inflation.

La réunion des 31 août et 1er septembre apparaît ainsi comme un test diplomatique pour Washington. Les États-Unis cherchent à utiliser leur présidence du G20 pour rallier les grandes économies à leur stratégie commerciale et à leur campagne de pression contre l’Iran, mais les divergences sur les droits de douane, les sanctions et la politique énergétique risquent de limiter la portée d’un éventuel consensus.

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Les leçons de la résistance iranienne ?

Nous pensons que la division bien connue du monde entre «pays sous-développés» et «pays développés» s’est vue remise en question dans une certaine mesure par l’Iran depuis le 28 février 2026, date de l’agression que cette nation a subie de la part des États-Unis et d’Israël.

Jamila Ben Mustapha *

Cette guerre qui vient de reprendre après un mois de cessation des hostilités et dont personne ne peut prévoir l’évolution, est l’occasion d’examiner la réaction respective de chacune des deux parties, la première appartenant plutôt au Tiers-Monde et les seconds se situant parmi les Etats puissants.

Ce conflit a mis aux prises deux camps, l’un, l’agresseur, ayant usé de la force brutale du bombardement systématique, et l’autre ayant supporté stoïquement ces frappes sans s’effondrer.

On a attribué, à ce propos et jusque-là, la victoire à l’Iran rien que par le fait que, devant le déchaînement de tant de moyens de destruction et de violence, ce pays a pu tenir et ne pas se déliter. Mais il ne s’est pas contenté seulement d’y faire face, son attitude constante ayant été d’y répondre coup pour coup en appliquant l’affirmation biblique «œil pour œil, dent pour dent».

En effet, il a fracassé l’alliance entre les pays du Golfe et les USA en s’attaquant aux bases américaines sur le sol des premiers, puis s’est attribué le contrôle du détroit d’Ormuz, qui contrôle le passage de 20% du pétrole mondial, en interdisant tout passage de bateaux sauf pour ses alliés, ce qui est en train de nuire gravement à l’économie de la plupart des pays du monde.

Le bienfait de la résistance iranienne

Quant à la réaction internationale vis-à-vis de cette guerre, plutôt que de condamner les pays clairement attaquants que sont Israël et les États-Unis, certains médias occidentaux se sont crus obligés de souligner le caractère non démocratique du pays attaqué, mêlant ainsi volontairement deux domaines qui n’ont aucun lien l’un avec l’autre.  

En effet, il y a à distinguer la volonté d’indépendance d’une nation, dont personne ne peut contester la légitimité, de son régime qui est une affaire interne et ne regarde que son peuple. 

Le bienfait psychologique de cette résistance iranienne est énorme sur les pays dits sous-développés, et aura probablement un effet prolongé, durable et, espérons-le, irréversible si elle continue à pouvoir se maintenir. Il est temps, en effet, que soit remis en question le mépris que vouent les États puissants aux États faibles, et particulièrement, aux États musulmans.

L’ancienne Perse inaugure ainsi une nouvelle époque qui rend possible la renaissance de l’espoir pour les représentants du Sud global ; ces derniers voient, en effet, se profiler devant eux une ère de rupture avec le sentiment d’infériorité, d’impuissance et le mépris de soi où ils se trouvaient cantonnés.

Par ailleurs, cette attaque non justifiée a eu des effets imprévus, contraires aux prévisions des pays attaquants.

Elle a entraîné des frictions entre les deux alliés Israël et les USA, quant à la gestion du conflit dans le futur.

Elle a provoqué la montée de la critique mondiale d’Israël qui a poussé les États-Unis à cette agression : c’est ainsi, par exemple, que la jeunesse américaine est actuellement propalestinienne dans sa majorité.

Elle a montré aux pays du Golfe que les bases américaines détruites au cours de la guerre par l’Iran, loin de les protéger, ont eu un effet exactement inverse puisqu’ils se sont trouvés, malgré eux, mêlés au conflit.

Elle a renforcé l’unité nationale d’un pays en crise alors que les agresseurs, au contraire, croyaient pouvoir mettre son régime à bas, assimilant de façon tout à fait simpliste et erronée l’Iran au Venezuela.

Face à la force brute, l’intelligence et la stratégie

En plus de vouloir éliminer l’un des très rares pays musulmans qui tient encore debout, on ne peut qu’être scandalisé aussi quand on pense que cette dernière guerre s’est faite aussi pour des raisons personnelles concernant les deux principaux chefs des pays agresseurs : pour le Premier ministre israélien, elle lui permet de perdurer au pouvoir et d’échapper à la justice de son pays par une guerre. Pour le président américain, ce conflit lui est utile car il fait passer au second plan son implication possible dans l’affaire Epstein et autres scandales de népotisme et de corruption.

Quant à l’Iran, fermant un détroit dont est en train de pâtir toute la planète, il s’élève au rang d’une nation redoutable qui savait depuis longtemps qu’elle allait être attaquée, qui s’est préparée au combat et a su remplacer la puissance brute qu’elle n’a pas par l’intelligence et la stratégie, action peu étonnante au vu de sa glorieuse histoire.

* Ecrivaine.

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Les Émirats dénoncent une « escalade dangereuse » après une attaque iranienne par drone

Les Émirats arabes unis ont fermement condamné lundi 31 août une attaque iranienne menée au moyen d’un drone, intercepté par les systèmes de défense aérienne au-dessus des eaux territoriales émiraties. Abou Dhabi qualifie cette attaque d’« escalade dangereuse » et de violation flagrante de sa souveraineté, de sa sécurité et de sa stabilité, dans un contexte de reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran.

Un drone iranien intercepté

Le ministère émirati des Affaires étrangères a indiqué que les systèmes de défense aérienne avaient intercepté un drone provenant d’Iran au-dessus des eaux territoriales des Émirats.

Abou Dhabi affirme que cette attaque constitue une menace directe pour la sécurité de l’État ainsi que pour celle de ses citoyens et résidents.

Les autorités émiraties ont également démenti les informations faisant état d’une attaque de missiles contre la base aérienne d’Al Minhad.

Abou Dhabi se réserve le droit de répondre

Dans son communiqué, le ministère émirati des Affaires étrangères a estimé que l’attaque constituait une violation de la souveraineté du pays et des principes du droit international et qu’il tenait l’Iran pleinement responsable de cette attaque et de ses conséquences.

Abou Dhabi a également déclaré qu’il conservait son droit de répondre aux attaques, conformément au droit international, tout en appelant à la cessation immédiate des hostilités.

Une nouvelle escalade après les frappes américaines

Cette attaque intervient après la reprise des affrontements entre Washington et Téhéran.

Les forces américaines ont frappé dimanche des installations iraniennes liées aux capacités de lancement dans le détroit d’Ormuz. L’Iran a ensuite lancé des missiles vers des positions américaines en Jordanie et dirigé un drone vers les Émirats, selon les informations disponibles.

La situation fait craindre une nouvelle extension du conflit à plusieurs pays du Golfe et accroît les tensions autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les approvisionnements énergétiques mondiaux.

L’Iran annonce la saisie d’un navire dans le détroit d’Ormuz

Dans un autre développement intervenu autour du détroit d’Ormuz, les autorités iraniennes ont annoncé avoir saisi un vraquier qui aurait déversé du pétrole et des eaux polluées dans le détroit, selon les médias d’État iraniens.

Esmaïl Makizadeh, directeur adjoint du département des ports et de la navigation de la province de Hormozgan, a indiqué que des équipes d’experts et de nettoyage avaient été dépêchées après la diffusion d’images montrant une pollution en mer.

Selon le responsable iranien, le navire saisi transportait du sucre et aurait rejeté directement en mer un mélange de pétrole brûlé, d’eaux de cale et de boues industrielles. Les autorités iraniennes n’ont pas précisé le pavillon du navire ni la nationalité de son équipage.

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Le pétrole : une obsession américaine dévastatrice

En 1987, Donald Trump, qui n’était alors qu’un homme d’affaires, fut interviewé par une chaine américaine. Il se montra déjà furieux contre l’Iran et totalement déconnecté de la réalité : « La prochaine fois que l’Iran attaque notre pays, il faut mettre la main sur son pétrole et le garder. Ce pays (l’Amérique) a trop souffert des attaques iraniennes. »

En 1987, l’Iran était encore en guerre avec l’Irak que Saddam Hussein déclencha en 1980, juste un an après la révolution khomeyniste qui renversa le régime du Chah. La journaliste qui l’interviewait n’eut pas le réflexe professionnel pour lui demander comment un pays épuisé et exsangue après sept an de guerre pouvait-il attaquer la puissance américaine ?…

Cela fait donc près de quarante ans que, dans son monde imaginaire, Trump entretient son obsession réelle du pétrole iranien en particulier et moyen-oriental en général. Il va sans dire qu’il n’est pas le seul président à en être affecté. Tous ses prédécesseurs, depuis Richard Nixon au moins, l’étaient.

 

Henry Kissinger et le pétrole saoudien

Cette obsession a pris un aspect juridique le 8 juin 1974, jour de la signature du fameux accord américano-saoudien par le Secrétaire d’Etat Henry Kissinger et le prince Fahd, quelques mois après le choc pétrolier de 1973. Cet accord stipule qu’en contrepartie de la protection américaine du Royaume, celui-ci s’engage à vendre son pétrole exclusivement en dollar et à réinvestir une partie de ces pétrodollars dans les bons de Trésor et l’économie des Etats-Unis.

Près d’un quart de siècle plus tard, cette même obsession a pris un aspect agressif et hideux avec l’histoire fallacieuse de George W. Bush sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein. Tout le monde savait qu’il n’en est rien. Pourtant le mensonge s’imposa jusqu’au bout comme alibi pour l’appropriation par la force du pétrole irakien.

Vingt-trois ans plus tard, tous les revenus du pétrole irakien sont toujours versés dans les caisses du Trésor américain. Depuis, les gouvernements successifs irakiens n’ont guère le choix que d’attendre le bon vouloir du Trésor américain de leur transférer de quoi payer les fonctionnaires et gérer les affaires de l’Etat. On imagine les leviers de contrôle et de pressions politiques sur l’Irak que cette absurdité confère à Washington…

 

La paire Cheney-Rumsfeld et le pétrole irakien

Evidemment dans l’esprit de Bush, de son adjoint Cheney et de son secrétaire à la Défense Rumsfeld, après l’accueil à bras ouverts et avec des fleurs des troupes d’occupation par le peuple irakien, ils s’occuperont de l’Iran et mettront la main sur ses grandes réserves pétrolières.

La résistance irakienne qui a transformé « la ballade militaire » américaine en mésaventure sanglante et meurtrière, a non seulement sauvé l’Iran, mais l’a renforcé en lui donnant le temps de préparer sa défense. Car au vu de l’obsession pathologique américaine du pétrole, d’une part, et de la haine enragée d’Israël contre la République islamique qui l’a privé du Chah, son précieux allié, d’autre part, les Iraniens étaient convaincus qu’ils seront attaqués un jour ou l’autre.

Et ce jour arriva en deux étapes. La première, le 12 juin 2025. Une attaque-surprise israélo-américaine destinée à renverser le régime et le remplacer par un autre qui s’accommoderait avec les agresseurs. La réaction de l’Iran avec ses missiles et ses drones dévastateurs a surpris les agresseurs. Au rythme des dévastations qu’infligeait l’Iran à Israël, Tel-Aviv et Haifa auraient subi le sort de Gaza, si Netanyahu n’intervenait pas pour prier Trump de déclarer un cessez-le-feu.

 

Trump et le pétrole vénézuélien et iranien…

La deuxième étape intervint le 28 février 2026. Quelques semaines plus tôt, dans la nuit du 2 au 3 janvier, Trump réussit au Venezuela une opération qui relève plus de la pratique d’un groupe mafieux que de la politique digne d’une grande puissance. Il tira de son lit le président légitime du Venezuela, Nicolas Maduro et sa femme et les ramena aux Etats-Unis pour y être « jugés ».

La vice-présidente, Delcy Rodriguez, menacée de subir le même sort si elle ne s’accommode pas avec les exigences américaines, finit par se plier en validant toutes les demandes de Trump.

De nombreux analystes sont d’avis que « la performance » de Trump contre le régime de Maduro l’a fortement encouragé à revenir à la charge contre l’Iran, convaincu qu’il était de pouvoir dupliquer dans ce pays en trois jours ce qu’il a réussi au Venezuela en une nuit…

Six mois plus tard, Trump se débat toujours dans le piège qu’il s’est tendu lui-même avec l’aide de son ami Netanyahu. Il ne demande plus rien à l’Iran qu’une seule et unique chose : revenir à l’état d’avant-guerre, c’est-à-dire au 27 février 2026 quand 130 navires et pétroliers traversaient quotidiennement le détroit d’Hormuz.

 

… le » détroit d’Amérique » alias détroit d’Ormuz

Quarante ans après avoir préconisé, en tant que simple citoyen-entrepreneur, l’appropriation par son pays du pétrole iranien, Trump, devenu président, a tenté de le faire. Le résultat est dévastateur pour lui personnellement, pour son pays et pour l’économie mondiale.

Mais Trump n’est pas homme à accepter la défaite. Il la nie en se réfugiant dans son monde imaginaire, répétant inlassablement que lui, Trump, a détruit toutes les capacités militaires de l’Iran, que le détroit d’Ormuz qui s’appelle désormais « détroit d’Amérique » est ouvert, et que des dizaines de millions de barils transitent sous protection américain !

Alors que le monde va à vau-l’eau à cause de son incompétence et de son ineptie, Trump s’amuse à renommer des rivières et des détroits et publier un classement des 47 présidents américains, lui évidemment à la première place avant Abraham Lincoln et George Washington, et à la dernière place Barack Obama et Joe Biden…

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Tunisie-USA : échange d’expériences en matière de formation policière

Une délégation de la Direction générale de la formation de la police a effectué, cette semaine, une visite dans l’État du Michigan, dans le cadre d’un échange d’expériences avec la police de l’État du Michigan et l’École de justice pénale de l’Université du Michigan.
Cette visite a permis à la délégation tunisienne de prendre connaissance de l’expérience américaine en matière de gestion des académies de police et de conception de programmes de formation répondant aux standards de qualité, selon un communiqué publié par l’ambassade des États-Unis en Tunisie sur sa page Facebook.
L’objectif de cette visite est de renforcer les capacités tunisiennes face aux menaces sécuritaires communes aux deux pays, notamment en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants, la criminalité organisée transfrontalière et le terrorisme.
Elle s’inscrit également dans les efforts visant à contribuer au développement de l’Académie de police des sciences sécuritaires, construite en partenariat avec les États-Unis.
L’ambassadeur américain en Tunisie, Bill Bazzi, originaire du Michigan, a souligné que le partenariat entre la police du Michigan et la police tunisienne ouvre «un nouveau chapitre» dans l’histoire de l’amitié entre les deux pays, vieille de près de 230 ans.

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Pétrole : Washington négocie un accord majeur avec Caracas

Les États-Unis négocient avec les autorités vénézuéliennes un accord qui pourrait donner aux entreprises américaines un accès de long terme à plusieurs champs pétroliers du pays. Au cœur des discussions : la relance de la production, l’ouverture du secteur aux investisseurs américains…

Les États-Unis et le Venezuela sont engagés dans des négociations en vue d’un vaste accord pétrolier susceptible de modifier en profondeur les relations énergétiques entre les deux pays.

Selon les informations rapportées par Bloomberg, Washington cherche à obtenir un accès durable à plusieurs champs pétroliers vénézuéliens, tandis que des entreprises américaines pourraient être appelées à investir dans leur développement et leur exploitation. Les discussions portent notamment sur une douzaine de gisements représentant une part considérable des réserves du pays.

L’objectif américain est double : accroître l’offre de brut disponible pour le marché américain et favoriser la remise en état d’une industrie pétrolière vénézuélienne fortement dégradée après des années de sous-investissement, de sanctions et de difficultés opérationnelles.

Le Venezuela dispose des premières réserves pétrolières prouvées au monde. Mais l’essentiel de ces ressources demeure difficile à exploiter, notamment en raison de la nature particulièrement lourde du brut et du vieillissement des infrastructures.

Les discussions actuellement menées portent sur 17 champs pétroliers et gaziers, selon des informations également rapportées par Reuters. Ces actifs représenteraient environ 90 milliards de barils de réserves prouvées, soit près d’un tiers des réserves vénézuéliennes…

Pour Washington, l’enjeu dépasse toutefois la seule question commerciale. L’accès au pétrole vénézuélien pourrait contribuer à sécuriser davantage l’approvisionnement énergétique des États-Unis dans un contexte international marqué par les tensions au Moyen-Orient et les perturbations des flux pétroliers.

Alejandro Betancourt, un intermédiaire clé

Les négociations mettent également en lumière le rôle d’Alejandro Betancourt, homme d’affaires vénézuélien devenu un intermédiaire important entre les milieux d’affaires américains et les nouvelles autorités de Caracas.

Fondateur de Derwick Associates, Betancourt s’est progressivement imposé comme une figure centrale dans les discussions visant à attirer les investisseurs étrangers dans le secteur énergétique vénézuélien. Il dirige également North American Blue Energy Partners, présenté comme l’un des principaux producteurs pétroliers indépendants du pays.

Son rôle n’est toutefois pas exempt de controverses. L’homme d’affaires a fait l’objet d’enquêtes en Europe portant notamment sur des soupçons liés à des contrats énergétiques. Sa proximité avec les nouvelles autorités et son implication dans les négociations pétrolières suscitent donc des interrogations dans certains milieux politiques et économiques.

Vers un nouveau paysage pétrolier au Venezuela ?

La conclusion d’un accord de grande ampleur pourrait accélérer la transformation du secteur pétrolier vénézuélien et renforcer considérablement la présence américaine dans le pays. Mais plusieurs obstacles demeurent, notamment juridiques et politiques. La législation vénézuélienne encadre strictement la propriété et l’exploitation des ressources pétrolières, tandis que la légitimité des nouvelles autorités de Caracas reste un sujet sensible.

Dans cet ordre d’idées, le Venezuela envisagerait désormais de quitter l’OPEP, une décision qui constituerait un tournant majeur pour un pays membre fondateur du cartel depuis 1960. Une telle évolution pourrait faciliter l’augmentation de la production vénézuélienne sans les contraintes liées aux quotas de l’organisation.

Si les négociations aboutissent, Washington pourrait ainsi obtenir bien davantage qu’un simple contrat pétrolier : un accès durable à une partie des ressources énergétiques parmi les plus importantes de la planète, tout en consolidant son influence stratégique sur le Venezuela.

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USA-Canada: ces mots qui tuent !

Donald Trump persiste et signe. En plein bras de fer commercial avec le Canada, le président américain signe un décret rebaptisant le lac Ontario « lac d’Amérique ». Si cette décision est symbolique, elle n’en heurte pas moins profondément les sensibilités canadiennes. 

 

La proximité géographique peut-elle se transformer en une véritable malédiction ? « On ne choisit pas ses voisins », lançait, avec un fatalisme teinté d’ironie, feu Hédi Nouira, Premier ministre tunisien sous Habib Bourguiba, face aux provocations à répétition et aux crises diplomatiques que le turbulent Mouammar Kadhafi infligeait à la Tunisie au début des années 1980. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, aurait sans doute pu méditer cette vieille maxime après une nouvelle initiative de Donald Trump, lequel a décidé de rebaptiser le lac situé à la frontière américano-canadienne. Une décision qui s’inscrit dans une série de gestes symboliques et de provocations diplomatiques du président américain, dont le décret signé le 20 janvier 2025, jour de son retour à la Maison-Blanche, ordonnant de remplacer officiellement le nom de « golfe du Mexique » par celui de « golfe d’Amérique ».

« A un dollar près »

Cette nouvelle offensive du président états-unien contre le Canada, qu’il accuse de « dépouiller » les Etats-Unis, risque de doucher l’espoir, exprimé jeudi 27 août par Ottawa, d’une reprise des discussions commerciales. « Les Canadiens nous ont très mal traités. Ce sont des gens méchants », a déclaré le président américain.

Les deux pays, pour l’heure, se rendent coup pour coup en matière de taxes douanières. Le Canada a riposté à de nouveaux droits de douane américains entrés en vigueur samedi avec une série de surtaxes visant certains produits, après la rupture de négociations commerciales entre les deux pays. Ces mesures seront effectives le 8 septembre.

Mais attention. Un décret présidentiel de ce type n’a d’autorité qu’à l’intérieur des Etats-Unis et n’engage ni les autres pays ni les organismes internationaux. En effet, après le décret similaire signé par Donald Trump en janvier 2025 renommant le golfe du Mexique, l’agence de presse américaine Associated Press avait refusé d’adopter cette nouvelle appellation dans ses dépêches, ce qui lui avait valu d’être temporairement exclue d’événements à la Maison Blanche – une décision jugée anticonstitutionnelle par la justice américaine en avril 2025.

Provocation gratuite

Ainsi, dans son nouveau « trip » consistant à redessiner les cartes du monde au gré de ses lubies, et alors même qu’il mène une guerre commerciale contre son voisin du nord, Donald Trump a … ordonné, selon ses propres termes, de changer « immédiatement » le nom du lac Ontario en « lac d’Amérique ».

Une nouvelle provocation qui, comme souvent avec le président américain, ne s’est pas limitée au texte du décret. Dans une mise en scène où la provocation rivalise avec le mauvais goût, Trump a fait installer dans le Bureau ovale une carte affichant le nouveau nom de cette étendue d’eau, l’un des Grands Lacs d’Amérique du Nord. Et, histoire de bien faire passer le message, le très controversé « lac d’Amérique » y apparaissait en grosses lettres rouges. Difficile de faire plus théâtral et plus provocateur à l’égard du voisin canadien.

Et d’enfoncer le clou, le décret publié par la Maison-Blanche affirme que « les États-Unis sont le premier protecteur des Grands Lacs ». Le texte va jusqu’à souligner que Washington « revendique la plus grande partie du volume du lac », au motif que ses zones les plus profondes se trouvent du côté américain.

Une formulation pour le moins provocatrice lorsqu’on sait que le lac Ontario est une étendue d’eau transfrontalière, gérée conjointement par les États-Unis et le Canada. Derrière ce changement de nom hautement symbolique se dessine ainsi une nouvelle démonstration de la méthode Trump, soit  transformer jusqu’aux toponymes en instruments de puissance et de rapport de force.

Une leçon d’histoire

Réaction immédiate de l’altier Premier ministre canadien, l’homme qui a su dire non à son puissant voisin : « Nous savons que les États-Unis sont en train de changer. Leurs relations commerciales, leur politique étrangère, leurs monuments nationaux, leurs hydronymes » mais « les Canadiennes et les Canadiens savent aussi qu’il faut appeler les choses par leur nom, et ce lac se nomme Lac Ontario, aujourd’hui et pour toujours », a-t-il écrit en français sur son compte X.

Et de rappeler implacablement  qu’« Ontario », également le nom d’une province canadienne, venait d’un mot huron, « Ontari’io », qui signifie « le lac est beau, le lac est grand ». Ce nom remonte « à plus de 400 ans, bien avant la Confédération canadienne et la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique ».

Pour sa part, le grand chef du pays wendat, Pierre Picard, s’est dit indigné et choqué par la décision de Donald Trump, qu’il accuse de « tenter d’effacer notre histoire ». « Je veux lui dire (au président américain, NDLR) qu’il est inacceptable pour nous, en tant que pays, d’avoir un président capable d’effacer notre histoire, notre culture et notre identité. Je ne pense pas que quiconque soit en mesure de faire changer d’avis Trump, mais pour nous, il est important que, en tant que grand chef, je fasse entendre notre voix aux États-Unis et que je leur fasse savoir que nous sommes profondément mécontents de cette décision », a-t-il martelé.

M. Picard a ajouté qu’il espérait que les entreprises de cartographie ne se plieraient pas au changement de nom unilatéral imposé par le président américain et que Mark Carney lui avait indiqué que le Canada ne le ferait pas non plus.

Pour rappel, les Wendats occupaient une partie de la vallée du Saint-Laurent jusqu’aux Grands Lacs, cette région étant riche en routes commerciales tant avant qu’après le contact avec les Européens. Ils ont baptisé le lac « Ontari : io ».

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Gaza | Mohammed Dahlan tire les ficelles depuis Abou Dhabi

Il a initié et financé le nouveau gouvernement d’Ali Chaath qui administre Gaza, conseille la Maison-Blanche et fournit une partie des aides fournies aux personnes déplacées. Les dirigeants du Hamas coopèrent avec lui mais ils n’oublient pas que son objectif ultime est de les destituer. Lui, c’est le très décrié Mohammed Dahlan, ancien chef des Forces de sécurité préventive (liées à l’OLP) dans la bande de Gaza et exilé à Abou Dhabi depuis bientôt deux décennies. Un homme de l’ombre, très soluble dans l’argent et dont les liens avec les Israéliens sont un secret de polichinelle.

Imed Bahri

Jacky Hugi a consacré une enquête au rôle actuel de Dahlan intitulée «Entre Kushner et le Hamas: comment Mohammed Dahlan reconstruit son pouvoir à Gaza?», publiée dans le journal israélien Maariv.  

«Voici Mohammed Dahlan de retour sur le devant de la scène, comme s’il était sorti de nulle part. Ce vétéran de la politique palestinienne est devenu l’une des figures les plus influentes des initiatives internationales concernant la bande de Gaza», cest par ces mots que Jacky Hugi a commencé son enquête. Ce n’est pas l’Autorité palestinienne, mais Dahlan lui-même, exclu du Fatah, qui a été présent dans tous les événements importants concernant Gaza au cours de l’année écoulée : de l’aide alimentaire à l’accord de cessez-le-feu et au projet de reconstruction mené par la Maison-Blanche, a-t-il écrit.

La plupart de ses actions se déroulent discrètement et ne font donc pas la une des journaux mais une chose est sûre, lorsqu’il veut se faire un nom, il sait parfaitement comment s’y prendre.

Dahlan a conseillé les Américains tout au long de cette période, depuis le début de la guerre jusqu’à aujourd’hui. Ses conseils ont notamment porté sur la manière de communiquer avec le Hamas. Il a également mis en place un réseau de fidèles et d’agents dans toute la bande de Gaza, ce qui lui permet de sonder l’opinion publique sur l’ensemble du territoire.

Il y a environ cinq ans, il a fondé le parti Courant démocratique national, dont les représentants sont très actifs dans la bande de Gaza et ont été impliqués dans des échanges avec les services de renseignement égyptiens concernant un cessez-le-feu.

Depuis sa résidence à Abou Dhabi, Dahlan a mis en place un système d’aide alimentaire et matérielle aux populations déplacées, financé par ses propres fonds et par le gouvernement des Émirats arabes unis.

L’économie de Gaza est quasiment paralysée, avec un taux de chômage dépassant les 80%. De ce fait, les besoins fondamentaux de la population dépendent actuellement en grande partie des dons.

Parmi les entités et les pays qui soutiennent l’acheminement de nourriture et de produits de première nécessité à la population de Gaza figurent le Qatar, la Jordanie, les Nations Unies, des associations turques et même certains pays de l’UE. Cependant, Dahlan et les Émirats les ont tous surpassés et certainement pas pour des raisons liées uniquement à la charité.

Ensemble, Dahlan et les fonds gouvernementaux d’Abou Dhabi ont investi plus d’un milliard de dollars dans la bande de Gaza depuis le début du conflit. Et ce n’est sans doute pas par simple philanthropie.

Liens avec les Israéliens

Aujourd’hui, grâce à ses relations et à ses activités dans la bande de Gaza, Dahlan est considéré par beaucoup comme la figure politique la plus influente parmi les différentes factions qui gèrent actuellement la situation.

Il bénéficie d’une ligne de communication directe avec Jared Kushner, conseiller et gendre de Trump. Il entretient également des liens étroits avec le président égyptien Abdel Fattah Sissi depuis des années, en plus de ses contacts avec les services de renseignement égyptiens.

Dahlan n’a pas non plus rompu ses relations avec les dirigeants israéliens. Selon l’enquête de Maariv, presque tous les hauts responsables israéliens qui se sont rendus à Abou Dhabi au cours de la dernière décennie l’ont rencontré secrètement.

Cette semaine, Dahlan a envoyé ses hommes au Caire pour rencontrer des dirigeants du Hamas et d’autres factions palestiniennes. Le sujet de discussion portait sur la coordination des positions pour les mois à venir, jusqu’à la proclamation des résultats des élections israéliennes.

Chacun s’accorde à dire que le plan en quinze points proposé par les Américains a peu de chances d’être mis en œuvre rapidement en raison de l’opposition israélienne.

De nombreux points nécessitent une coordination entre les différentes parties. La bande de Gaza est actuellement une zone d’intense activité politique, militaire et internationale.

Les premiers soldats marocains sont arrivés dans la bande ces derniers jours et ont commencé à prendre position. Le projet de reconstruction est également en cours et, cette semaine, grâce aux pressions exercées par Jared Kushner lors de sa rencontre avec Benjamin Netanyahu, Israël a autorisé pour la première fois l’entrée de bulldozers pour déblayer les décombres.

Au Caire, le gouvernement technocratique palestinien d’Ali Chaath attend le feu vert pour entrer dans la bande. Israël continue d’empêcher son entrée en raison du refus du Hamas de rendre les armes.

Parallèlement, Israël et le Hamas continuent d’échanger des tirs, l’armée israélienne attaquant et tuant presque quotidiennement des chefs de la branche armée du Hamas

Dimanche dernier a marqué une nouvelle étape politique importante. Jared Kushner a rencontré Khalil al-Hayya, chef du bureau politique du Hamas.

Depuis le début du conflit, des responsables américains ont rencontré des dirigeants du Hamas mais une rencontre de cette ampleur est sans précédent. Le plus haut responsable du Hamas face à face avec le plus haut envoyé du président américain!

Tout cela se déroule alors que les États-Unis considèrent le Hamas, dans son intégralité, comme une organisation terroriste en vertu de leur législation.

Une fortune amassée grâce aux conseils en sécurité

Mohammed Dahlan, âgé de 64 ans, est né et a grandi à Khan Younis. Il a bâti sa fortune considérable en fournissant des services de conseil en sécurité aux gouvernements, se spécialisant dans la protection des personnes et des infrastructures étatiques.

Il a acquis son expérience dans sa jeunesse auprès des Soviétiques, lorsqu’il était officier au sein du Fatah. Durant la Première Intifada, il fut expulsé vers la Jordanie, puis s’installa en Tunisie où il rejoignit la direction palestinienne.

Après les accords d’Oslo, il retourna dans la bande de Gaza et devint un proche collaborateur de Yasser Arafat. Ce dernier le nomma à la tête du Service de sécurité préventive de la bande de Gaza et il devint par la suite ministre de l’Intérieur de l’Autorité palestinienne.

Les dirigeants du Hamas et du Jihad islamique, ainsi que leurs branches armées, figuraient parmi ses principales cibles sécuritaires. Il entreprit alors une répression féroce contre eux, œuvrant à déjouer les attaques contre les Israéliens.

Cependant, un profond désaccord éclata rapidement entre Dahlan et Arafat, Dahlan jugeant le style administratif d’Arafat obsolète et la promotion de personnes non qualifiées à des postes clés.

Lorsque la bande de Gaza tomba aux mains du Hamas en 2007, Dahlan se trouvait à Ramallah et n’occupait aucune fonction officielle. Il demeura néanmoins l’artisan de la doctrine de sécurité de l’Autorité palestinienne à Gaza.

L’affrontement avec Abou Mazen

Dahlan s’installa en Jordanie puis à Abou Dhabi où il commença à se constituer une base populaire en soutenant les Palestiniens indépendamment de l’Autorité palestinienne. Il se distingua notamment par le financement de colis alimentaires pour les personnes démunies dans les camps de réfugiés. Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen, considéra cela comme une activité subversive contre son autorité et tenta de l’arrêter. Au plus fort de leur conflit, il exclut Dahlan du Fatah.

Aujourd’hui, en l’absence d’un leader palestinien charismatique, Dahlan représente pour les Américains et les Israéliens un interlocuteur de premier plan. Il est à leurs yeux relativement jeune, modéré, laïc et très éloigné de l’appareil pléthorique de l’Autorité palestinienne. Politiquement, il est perçu comme modéré, pragmatique et indépendant mais aussi comme un homme politique avisé et difficile à gérer.

Le partenariat actuel entre Dahlan et le Hamas pourrait être trompeur. À ce stade, le Hamas avait désespérément besoin de lui pour défendre sa position face aux Américains. Et c’est précisément ce qui s’est produit. Dahlan a été l’un des principaux facteurs ayant conduit la Maison-Blanche à privilégier la reconstruction de Gaza plutôt que de poursuivre ses efforts pour éliminer le Hamas. Cependant, pour le mouvement, Dahlan demeure un adversaire politique. Nul ne peut prédire l’évolution de la situation et il pourrait redevenir un ennemi du Hamas. Les dirigeants du mouvement se souviennent encore très bien des dures années 1990, lorsque Dahlan agissait comme le shérif de Gaza, les traquant sans relâche.

Une force de police de deux mille membres

Outre ses autres responsabilités, Dahlan a obtenu avec succès le financement nécessaire à la création de la nouvelle force de police palestinienne. Dans sa phase initiale, cette force devrait compter deux mille officiers en uniforme, tous originaires de la bande de Gaza, déjà recrutés, certains ayant reçu une formation en Égypte et en Jordanie. Cette force est destinée à remplacer la police du Hamas. Sa mission principale sera le maintien de l’ordre public mais elle sera également chargée de récupérer les armes du Hamas et de protéger les membres du mouvement contre les représailles.

Si le Hamas ainsi que les milices armées par Israël pour combattre le Hamas étaient désarmés, cette force de police deviendrait la seule force de sécurité restante dans la bande de Gaza. Cependant, cette force serait loyale à celui qui la paie, à savoir Mohammed Dahlan.

Le rapport indique que le Hamas est pleinement conscient des implications de ce plan, Dahlan est en train de bâtir sa propre force privée sur les ruines de l’appareil dirigeant du mouvement.

Tant qu’il continuera à faire avancer le projet de reconstruction et à envoyer des centaines de millions de dollars d’équipements et de vivres, il bénéficiera du soutien du Hamas mais le moment décisif surviendra lorsqu’il commencera à «recouvrer sa dette» et à étendre son influence sur la bande de Gaza par le biais de la police. À ce moment-là, le Hamas tentera probablement de l’entraver. Jacky Hugi conclut par une affirmation frappante : «Tant qu’ils sont en vie !», ce qui sous-entend que l’élimination physique des membres du Hamas même s’ils ont accepté le plan international et le nouveau gouvernement technocratique n’est pas définitivement exclue par les ennemis du mouvement. 

Ce qui est certain pour le moment c’est que Mohammed Dahlan a réussi deux choses, redevenir un protagoniste de premier plan à Gaza ce qui était impensable il y a encore quelques années et en même temps, il a pris sa revanche sur l’OLP et Abou Mazen qui sont complètement exclus du dossier de Gaza.

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Pétrole : le Venezuela et Ormuz font reculer les cours

Les prix du pétrole ont légèrement reculé ce vendredi 28 août, pénalisés par les informations faisant état d’un possible accès américain aux réserves pétrolières du Venezuela et par les perspectives d’une reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz.

Le Brent cède 0,3 %, à 89,45 dollars le baril, tandis que le WTI reculait de 0,2 %, à 83,39 dollars. Les deux références restaient toutefois orientées vers une baisse hebdomadaire de 4 à 5,5 %.

Le marché pétrolier reste suspendu aux évolutions géopolitiques. Après le rebond enregistré jeudi 27 apût, les cours ont repris leur mouvement de baisse ce vendredi matin, les investisseurs intégrant plusieurs signaux susceptibles d’améliorer les perspectives d’approvisionnement mondial.

Le premier concerne le Venezuela, dont les immenses réserves pourraient progressivement revenir davantage sur le marché international. Le second concerne le détroit d’Ormuz, où les perspectives d’une reprise partielle de la navigation réduisent la prime de risque attachée aux perturbations des exportations du Golfe.

Ainsi, l’administration américaine serait proche de conclure un accord lui donnant un accès à long terme à une partie des réserves de pétrole du Venezuela, rapporte Reuters. L’accord envisagerait notamment le développement de plusieurs champs pétroliers vénézuéliens par des entreprises américaines. Pour les marchés, cette perspective ouvre la possibilité d’une augmentation à terme de l’offre mondiale de brut. Mais les effets ne seraient pas immédiats. Les infrastructures pétrolières vénézuéliennes nécessitent d’importants investissements et travaux de remise à niveau. Une remontée significative de la production demanderait donc du temps.

Cette évolution intervient alors que le Venezuela envisagerait également de quitter l’OPEP, dans le contexte de son rapprochement avec Washington. Une telle décision donnerait théoriquement à Caracas davantage de liberté pour développer sa production et attirer des capitaux étrangers, sans être soumis aux contraintes collectives de l’organisation en matière de production…

Ormuz reste au centre des préoccupations

Le deuxième facteur qui pèse sur le pétrole concerne le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les exportations énergétiques du Golfe. L’Iran aurait indiqué préparer une liste de conditions pour permettre la réouverture de cette voie maritime. Parallèlement, des informations font état d’un accord entre l’Iran et Oman permettant la reprise d’une partie du trafic.

La perspective d’une réouverture, même partielle, réduit mécaniquement la prime de risque incorporée dans les cours. Avant la guerre entre les États-Unis et l’Iran, le détroit assurait le passage d’environ un cinquième du pétrole mondial…

Le pétrole reste ainsi particulièrement volatil, chaque nouvelle information pouvant modifier rapidement les anticipations concernant l’offre mondiale. Entre le retour potentiel du Venezuela sur le marché, la perspective d’une réouverture d’Ormuz et la persistance des tensions entre Washington et Téhéran, le marché pétrolier tente désormais de mesurer ce qui l’emportera : le retour de l’offre ou la persistance du risque géopolitique.

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La carte énergétique se déplace du Moyen-Orient aux Amériques !

Le pétrole de l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud est en train de concurrencer sérieusement celui du Moyen-Orient et ce n’est pas uniquement lié au contexte géopolitique relatif à la guerre d’Iran. Le président américain Donald Trump a toujours soutenu aussi bien la multiplication des plateformes de forage que la production effrénée du gaz de schiste. C’est un nouveau paysage énergétique qui émerge et presque entièrement sous l’influence de Washington. Aujourd’hui, le fameux slogan de Trump lors de sa campagne présidentielle «Drill baby, drill!» (Fore chérie, fore!) est en train de se matérialiser. (La carte pétrolière mondiale bascule davantage vers le Texas et le reste des Amériques. Photographe : Daniel Acker/Bloomberg).

Imed Bahri

Selon une enquête de Bloomberg préparée par Javier Blas, la carte mondiale du pétrole se déplace de plus en plus vers le Texas et le reste des Amériques. Pendant quelques semaines en 2026, les Amériques ont produit près de la moitié du pétrole mondial. Ce fut un moment exceptionnel, même s’il fut de courte durée. 

Il s’agissait en partie d’une anomalie statistique due aux circonstances exceptionnelles créées par la guerre d’Iran qui a paralysé une grande partie du secteur énergétique du Golfe mais c’était aussi un indicateur concret d’une forte augmentation de la production, déplaçant le centre de gravité du marché pétrolier mondial du Moyen-Orient.

L’augmentation de la production et le réalignement qui l’accompagne devraient se poursuivre jusqu’en 2027, voire bien au-delà, contrebalançant significativement la pression à la hausse sur les prix du pétrole résultant d’une guerre prolongée.

Jusqu’à présent, plusieurs facteurs ont contribué à maintenir les prix du pétrole à un niveau relativement bas par rapport au mois de mars. La mise à disposition des réserves stratégiques y contribue, tout comme les oléoducs qui contournent les goulets d’étranglement offshore.

La Chine a également drastiquement réduit ses importations, libérant ainsi davantage de barils pour d’autres acheteurs.

Boom pétrolier sur le continent américain

De plus, le volume de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz reste supérieur à ce que l’on croit (ce n’est pas une fermeture totale comme au mois de mars lorsque la guerre battait son plein). 

Toutefois, le boom pétrolier sur le continent américain constitue un autre facteur important.

Si la révolution du gaz de schiste américain est l’un des événements géoéconomiques les plus sous-estimés de ces 25 dernières années, la forte augmentation de la production pétrolière dans le reste des Amériques, notamment au Brésil et au Canada, passe bien inaperçue.

Cette augmentation est d’autant plus remarquable compte tenu de l’effondrement de la production dans deux des principaux pays producteurs historiques de la région : le Venezuela, en raison d’une mauvaise gestion politique, et le Mexique, pour des raisons géologiques.

42 millions de barils par jour

Les Amériques produisent actuellement environ 39,5 millions de barils par jour de pétrole brut et autres liquides pétroliers.

De plus, le continent produit environ 2,5 millions de barils par jour d’éthanol et de biodiesel, des quantités généralement comptabilisées dans la production pétrolière totale.

Cela porte le total à 42 millions de barils par jour, plus que toute autre région du monde, y compris le Moyen-Orient.

L’hymne national américain proclame les États-Unis «terre de la liberté et patrie des braves» mais le boom énergétique est devenu si massif qu’on pourrait affirmer que le continent se transforme en une terre de magnats du pétrole et un foyer de richesse pétrolière.

En temps normal, les Amériques représentent environ 40% de la production mondiale totale de pétrole.

En quelques semaines seulement, en mars, ce chiffre a bondi à un peu plus de 45% après que l’Arabie saoudite, le Koweït, l’Irak, le Qatar, Bahreïn et les Émirats arabes unis ont été contraints de fermer leurs puits de pétrole suite à la fermeture du détroit d’Ormuz.

C’est une manne inestimable pour un continent où de nombreux pays sont préoccupés depuis des décennies par le problème de leur dépendance au pétrole étranger.

En 2000, les Amériques ne représentaient qu’environ 26% de la production mondiale, et ce, avant même la chute spectaculaire de la production au Venezuela et au Mexique.

La croissance est tout aussi importante que le volume. Toutefois, le volume de production n’est pas le seul indicateur important. Son taux de croissance l’est tout autant.

Les Amériques produisent actuellement environ 1,6 million de barils par jour de plus qu’il y a un an, soit suffisamment pour couvrir environ le double de la croissance annuelle habituelle de la demande mondiale.

Cette croissance dépasse les prévisions de la plupart des analystes il y a quelques mois à peine. Par rapport à il y a deux ans, le continent produit désormais 3,2 millions de barils supplémentaires par jour.

Cinq pays sont à l’origine de la majeure partie de cette augmentation: Les États-Unis, le Canada, le Brésil, le Guyana et l’Argentine. Un sixième pays, le Venezuela, rejoint cette tendance cette année.

Désormais, cette hausse va s’accélérer, les entreprises passant d’une stratégie de «production stagnante» à une croissance à un chiffre.

En mai, dernier mois pour lequel des données sont disponibles, les États-Unis ont produit environ 13,7 millions de barils par jour de pétrole brut, 8 millions de barils par jour d’autres liquides pétroliers et environ 1,5 million de barils par jour de biocarburants.

Le pétrole brut est de loin le composant le plus important, et sa production devrait bientôt atteindre 14 millions de barils par jour et continuer d’augmenter tant que les prix du pétrole resteront supérieurs à 70 dollars le baril.

La production d’autres liquides et de biocarburants devrait également augmenter.

La hausse des prix relance les plateformes de forage

Les prix du pétrole étant restés plus élevés que prévu il y a quelques mois, le nombre de plateformes de forage actives a atteint son plus haut niveau en un an.

Le nombre d’équipes chargées de la préparation des puits et de leur mise en production a également atteint un niveau record en 16 mois.

Outre les gains d’efficacité et l’augmentation des forages et des complétions de puits, un autre facteur crucial apparaîtra au second semestre à savoir la reprise des prix du gaz naturel dans le bassin permien.

Lorsque les compagnies pétrolières produisant du gaz de schiste forent dans le Permien, qui s’étend de l’ouest du Texas au sud-est du Nouveau-Mexique, elles produisent généralement du gaz naturel en même temps que du pétrole.

La production de ce «gaz associé» a plus que triplé depuis 2018, dépassant la demande intérieure et la capacité des pipelines.

Pendant des mois, ces compagnies payaient les consommateurs pour qu’ils absorbent leur gaz.

Avec tous les gazoducs disponibles saturés, le prix du gaz au hub de Waha, dans le bassin permien, a chuté à un niveau record de -10 dollars par million d’unités thermiques britanniques (MMBtu) fin avril.

Il s’agissait du point le plus bas enregistré en 132 jours de prix négatifs entre février et juin.

Les gazoducs changent la donne

Cependant, le prix du gaz à Waha a depuis remonté à environ 2 dollars par MMBtu grâce à la mise en service de nouvelles capacités de transport de gaz.

Parmi ces nouvelles capacités figurent l’extension du gazoduc Gulf Coast Express, développé par Kinder Morgan, et la mise en service du nouveau gazoduc Hugh Brinson d’Energy Transfer.

Le gazoduc Blackcomb, développé par un consortium dirigé par Whitewater, devrait également être mis en service plus tard cette année.

Face à la hausse des prix du gaz, les compagnies pétrolières produisant du gaz de schiste ont pu augmenter leur production, soit en forant de nouveaux puits, soit en remettant en service des puits qui avaient été fermés ou dont la production avait été réduite en raison des prix négatifs du gaz.

Permian Resources a informé ses investisseurs en début de mois qu’elle avait dû réduire la production de certains de ses puits au cours du deuxième trimestre mais la situation a depuis évolué.

«Lorsque les prix du gisement de Waha se sont améliorés fin juin, nous avons remis en service tous les puits dont la production avait été réduite, sans aucun problème opérationnel», a déclaré Will Hickey, co-PDG de l’entreprise. Et cette tendance se confirme chez de nombreuses autres sociétés.

Le Brésil, le Guyana et l’Argentine battent des records

Ce boom ne se limite pas aux États-Unis. Le Brésil, le Guyana et l’Argentine ont chacun enregistré leurs niveaux de production les plus élevés jamais atteints le mois dernier.

Le Canada est également en voie d’enregistrer sa production annuelle la plus élevée cette année.

D’ici fin 2027, le Brésil et le Canada réunis produiront plus de pétrole que l’Arabie saoudite. Le Guyana produira autant de pétrole brut que la Libye.

Une étude de JPMorgan met en lumière un facteur clé expliquant la poursuite de ce boom : les nouveaux projets pétroliers offshore au Brésil et au Guyana généreront des rendements sur de nombreuses années, ce qui les rendra relativement moins sensibles aux fluctuations à court terme des prix du pétrole.

Les barils supplémentaires produits au Canada et en Argentine proviennent de producteurs à bas coûts qui devraient continuer d’investir même si les prix baissent l’an prochain.

La carte mondiale du pétrole a été redessinée

La carte mondiale du pétrole a changé bien plus qu’on ne le pense. Les troubles au Moyen-Orient vont entraîner un afflux accru de capitaux vers les projets énergétiques des Amériques, ce qui stimulera la production et déplacera davantage le centre de gravité de l’industrie pétrolière mondiale vers l’ouest.

C’est un nouveau paysage pétrolier qui émerge et presque entièrement sous l’influence de Washington. Le «drill baby, drill !» cher à Donald Trump est passé d’un slogan de campagne à une réalité factuelle. Et pas seulement aux Etats-Unis.

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Guerre commerciale: Trump ouvre les hostilités, Ottawa relève le gant !

Le bras de fer commercial entre Washington et Ottawa franchit un nouveau cap après l’imposition de nouveaux droits de douane américains. Loin de céder, le Premier ministre canadien, Mark Carney, riposte.

 

Le Canada, que Donald Trump rêve de voir devenir le 51ᵉ État américain, pourra-t-il longtemps tenir tête à son puissant voisin du Sud ? Avec près de 8 900 kilomètres de frontière commune, la plus longue frontière terrestre non militarisée au monde, les deux économies sont étroitement imbriquées.

Et si la dépendance canadienne à l’égard du marché américain est indéniable, les experts soulignent qu’une guerre commerciale qui risque de s’éterniser ne serait pas sans conséquences pour les États-Unis. Loin de là. Car l’enlisement de cette guerre commerciale pourrait aussi faire mal à des pans de l’économie des États-Unis. Très mal.

Rappelons à ce propos que depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025, le Canada se retrouve en première ligne de l’offensive commerciale lancée par le président républicain, qui ne cesse de répéter son ambition de faire de son voisin du nord le « 51ᵉ État » américain. Mais après un an et demi de tensions croissantes, le bras de fer entre Washington et Ottawa vient de franchir un nouveau seuil. La nouvelle salve de surtaxes américaines frappe en effet des produits jusque-là protégés par l’accord de libre-échange liant les États-Unis, le Canada et le Mexique, remettant directement en cause les fondements de l’intégration économique nord-américaine.

 

Mark Carney, le nouveau héros canadien

Pour rappel, c’est Donald Trump qui a ouvert les hostilités en annonçant, le 22 août, de nouveaux droits de douane de 50 % sur certains produits canadiens, soit environ 20 milliards de dollars de produits canadiens. Ottawa n’a pas tardé à riposter, promettant une réponse « au dollar près » et des mesures de rétorsion ciblant notamment l’acier, la pâte à papier et les produits laitiers. Une escalade qui intervient après l’échec des négociations commerciales entre les deux pays.

Paradoxalement, Mark Carney tire pour l’instant profit de cette confrontation. La popularité du Premier ministre atteint des sommets, portée notamment par son refus de céder aux pressions de son homologue américain. En adoptant une ligne ferme face à Washington, Carney semble avoir transformé le bras de fer commercial en enjeu de souveraineté nationale, renforçant ainsi sa position politique intérieure.

Arrogance

Manifestement surprise par la résistance de Mark Carney, dont la popularité s’appuie désormais sur un soutien politique dépassant les clivages partisans, l’administration Trump, qui ne brille pas par la subtilité de ses analyses, a choisi de hausser le ton. Le ministre américain des Transports, Sean Duffy, a ainsi averti, dimanche 22 août, que le Canada ne pouvait se permettre de s’engager dans un conflit commercial avec les États-Unis, dont les conséquences seraient, selon lui, « dévastatrices ». Convaincu qu’Ottawa finirait par céder, il prédit même le retour prochain de Mark Carney à la table des négociations, mais cette fois la queue entre les jambes. « S’imaginer qu’ils puissent entrer en guerre avec Donald Trump et gagner cette guerre avec les États-Unis, c’est bête de leur part », a-t-il lancé, avec un mépris à peine dissimulé, sur Fox News. Une déclaration qui en dit long sur l’arrogance de Washington vis-à-vis d’Ottawa ; mais aussi sur la sous-estimation de la détermination canadienne.

Talon d’Achille

Mais au-delà des déclarations parfois tapageuses, la véritable question n’est désormais plus de savoir si le Canada est capable de riposter aux États-Unis, Ottawa vient d’en apporter la démonstration. Car l’enjeu est autrement plus redoutable. Le Canada pourra-t-il tenir dans la durée face à un voisin dont l’économie pèse près de dix fois plus lourd et dont le marché demeure, de loin, le principal débouché de ses exportations ?

La réponse est nuancée. Le Canada dispose d’une économie riche, de ressources naturelles considérables, d’un secteur énergétique puissant et d’un système financier solide ; sans oublier que le pays possède un avantage souvent sous-estimé puisqu’il contrôle des ressources dont les États-Unis ont besoin : énergie, minerais critiques, uranium, potasse, produits agricoles.

Mais sa proximité géographique avec les États-Unis est son talon d’Achille en raison de dépendance commerciale envers son puissant voisin. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, 72,5 % des exportations canadiennes de marchandises étaient encore destinées au marché américain, même si cette proportion a diminué par rapport aux 76,3 % enregistrés en 2024. Le Canada a commencé à diversifier ses débouchés, notamment vers l’Europe et l’Indo-Pacifique, mais cette réorientation reste encore insuffisante pour remplacer rapidement le marché américain.

De même, par mesure de rétorsion, Ottawa peut fermer ses portes aux produits américains. Mais Washington dispose d’un levier beaucoup plus puissant, à savoir la capacité de perturber l’accès des entreprises canadiennes à leur principal marché extérieur.

C’est particulièrement vrai pour les secteurs intégrés aux chaînes de production nord-américaines, à l’instar de l’automobile, l’énergie, du bois, l’agriculture, les minerais, l’industrie manufacturière. Sauf que, dans plusieurs domaines, les deux économies (canadienne et américaine) ne sont pas simplement partenaires, elles sont imbriquées.

Realpolitik

Pour résumer, entre fermeté politique, représailles économiques et dépendance commerciale, le Canada dispose d’armes pour résister à Washington. Mais dans un bras de fer prolongé, le rapport de force reste largement favorable aux États-Unis.

Réaliste, et conscient que son pays ne pourrait gagner une guerre commerciale classique contre les États-Unis, il compte démontrer que toute offensive américaine aura un coût pour les entreprises et les consommateurs américains et rendre ainsi le coût politique et économique de l’affrontement suffisamment élevé pour pousser l’imprévisible milliardaire américain à revenir à la table des négociations.

Bien joué.

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Trump veut étrangler financièrement l’Iran via Dubaï

La tentative du président Donald Trump de contraindre l’Iran à capituler par la pression économique repose, dans une large mesure, sur la fermeture d’une artère vitale pour l’économie iranienne à savoir Dubaï. Cependant, les désirs trumpiens sont une chose et la réalité bien plus complexe en est une autre.

Imed Bahri

Le mardi 18 août 2026 au soir, les Émirats arabes unis ont annoncé la suspension de leurs transactions financières et économiques avec l’Iran, une mesure qui pourrait menacer l’accès de Téhéran à une source majeure d’importations et à une voie détournée de financement l’intégrant à l’économie mondiale. 

Selon le Wall Street Journal , qui a rapporté cette information, cette décision intervient après des semaines de pression exercée par l’administration Trump sur les Émirats pour qu’ils renforcent les mesures contre les réseaux financiers iraniens opérant sur leur territoire.

Selon des sources proches du dossier, des responsables américains ont indiqué à leurs homologues émiratis que cibler les flux financiers liés au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien pourrait s’avérer plus efficace contre Téhéran que le blocus naval américain des ports iraniens.

Accroître la pression sur l’Iran pour conclure un accord

Depuis le début de la guerre, les États-Unis exhortent les Émirats à prendre des mesures plus fermes contre les entités iraniennes sanctionnées et les réseaux opérant clandestinement sur leur territoire.

Si la mesure prise par les Émirats est largement appliquée, elle pourrait considérablement restreindre l’accès de Téhéran aux devises étrangères et aux réseaux commerciaux internationaux, à un moment où l’économie iranienne est déjà fragilisée par une inflation galopante, les sanctions et les conséquences de la guerre.

L’administration Trump espère ainsi accroître la pression sur l’Iran et, à terme, l’amener à conclure un accord.

Cependant, rompre ces liens ne sera pas chose aisée. Une grande partie des activités financières iraniennes est conçue pour rester opaque. Les résolutions américaines sur les sanctions de ces dernières années ont démontré que les revenus pétroliers, les transactions de change et les paiements liés à des entités iraniennes transitent depuis longtemps par des sociétés écrans et des bureaux de change à Dubaï, souvent sans qu’aucun nom iranien n’apparaisse sur la transaction.

La réputation de Dubaï est sur la balance

Couper l’accès de l’Iran à ces réseaux obligera les autorités émiraties à lancer une répression beaucoup plus énergique contre les activités financières et commerciales opaques, ce qui pourrait avoir un autre coût : nuire à la réputation de Dubaï en tant que plaque tournante mondiale ouverte et flexible pour le commerce, les capitaux et la réexportation.

Max Meizlish, ancien responsable des sanctions américaines et actuellement chercheur à la Foundation for Defense of Democracies, a déclaré : «Quand on observe comment l’Iran contourne les sanctions et tire profit de la vente illicite de pétrole, Dubaï constitue une plaque tournante majeure de ces flux financiers illicites». Il a ajouté que la répression menée par les Émirats contre le commerce direct et les activités financières liées à l’Iran est importante mais que la réalité est plus complexe car une grande partie de l’activité indirecte transite par des banques basées à Dubaï qui soutiennent ce qu’il a appelé les réseaux bancaires parallèles et les opérations de financement illicites de l’Iran.

Pourquoi les Émirats agissent-ils maintenant ?

Cette décision émiratie intervient après plusieurs semaines de tensions croissantes, notamment des attaques que les autorités des Emirats attribuent à l’Iran contre sept de leurs navires rien que ce mois-ci.

Mardi 18 août, l’Iran a tiré deux missiles balistiques en direction des Émirats, déclenchant ainsi les systèmes de défense aérienne du pays. Le ministère de la Défense des Émirats a déclaré que les missiles visaient le trafic maritime mais qu’ils sont tombés en mer.

Les mesures prises par les Émirats pour restreindre leurs relations commerciales avec l’Iran s’inscrivent dans une stratégie de dissuasion des attaques du CGRI contre les navires émiratis.

Cependant, les responsables émiratis ne considèrent pas ces dernières mesures comme une rupture immédiate et définitive avec Téhéran. Selon des sources proches du dossier, Abou Dhabi perçoit ces mesures comme faisant partie d’un processus d’escalade progressive.

Les Émirats devraient procéder par étapes, en commençant par de nouvelles restrictions sur la navigation et pourraient par la suite étendre leur campagne aux entités liées à l’Iran si le CGRI poursuit ses attaques.

Cela reflète une approche émiratie qui privilégie l’évaluation de l’efficacité des mesures tout en conservant la possibilité de les rectifier ultérieurement.

Les Émirats craignent les conséquences de la stratégie américaine 

Un autre aspect entre en ligne de compte dans les calculs émiratis. Leurs décideurs craignent que la stratégie de Washington, qui consiste à infliger des pertes économiques plus importantes à l’Iran, n’entraîne des dommages collatéraux pour les économies des États du Golfe eux-mêmes, en particulier les secteurs dépendants du commerce, du tourisme et des services, et pas seulement du pétrole.

Ils craignent également qu’une pression économique accrue ne provoque, à terme, de nouvelles représailles militaires de la part de l’Iran.

C’est pourquoi les responsables émiratis souhaitent maintenir ouverts certains canaux de communication avec Téhéran, afin de conserver une carte diplomatique à jouer si la campagne de pression menée par l’administration Trump échoue.

À l’inverse, un responsable de l’administration américaine a déclaré que les sanctions et embargos américains avaient paralysé l’économie iranienne et que Trump disposait encore d’autres outils de pression.

Les mesures déjà en cours

Au début du conflit, les Émirats ont suspendu leurs exportations directes de marchandises vers l’Iran et lancé une campagne plus vaste contre les activités iraniennes sur leur territoire, notamment par l’annulation de visas et la fermeture d’écoles et de clubs.

Après des combats sporadiques et des avertissements concernant une escalade militaire plus importante le mois dernier, Trump a modifié son approche et a commencé à privilégier une stratégie à plus long terme visant à paralyser l’économie iranienne.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a indiqué que Washington imposerait de nouvelles restrictions à l’économie iranienne ce qui, combiné au blocus naval des ports iraniens, constituerait ce qu’il a qualifié de «double peine».

Toutefois, pour que cette mainmise soit plus efficace, Washington a besoin de la participation des Émirats arabes unis.

Les Émirats, situés de l’autre côté du Golfe, entretiennent des liens commerciaux, historiques et culturels étroits avec l’Iran, malgré de fréquents désaccords entre les deux gouvernements.

Avant la guerre, les Émirats étaient le principal fournisseur d’importations de l’Iran, devançant même la Chine.

En 2024, ils représentaient plus de 30% des importations totales de l’Iran, soit environ 21 milliards de dollars, selon l’Organisation mondiale du commerce.

Cependant, l’importance réelle des Émirats arabes unis dépasse largement le cadre du commerce formel. Depuis des années, les Émirats servent de plaque tournante financière majeure pour les entreprises et les particuliers iraniens cherchant à contourner les sanctions occidentales, selon des analystes qui suivent l’activité iranienne et le département du Trésor américain.

Ce réseau de contournement des sanctions a permis à l’Iran de continuer à vendre du pétrole à l’étranger et d’acheminer les recettes vers ses programmes d’armement et ses alliés régionaux, selon ces estimations.

D’après le Trésor américain et des analystes, l’Iran a établi des sociétés écrans aux Émirats arabes unis pour percevoir les paiements pétroliers, régler les transactions et dissimuler la véritable origine des fonds.

Les chiffres révèlent l’ampleur du rôle de ce réseau

En 2024, près de 9 milliards de dollars ont transité par des comptes de correspondants détenus par des banques américaines, soupçonnés d’être liés à des activités financières iraniennes clandestines, selon le département du Trésor américain.

Ce dernier a précisé que des sociétés basées aux Émirats, principalement à Dubaï, ont reçu 62 % de ces fonds.

Il ne s’agit pas seulement de banques et de sociétés écrans. L’Iran s’appuie également sur ce que l’on appelle une « flotte parallèle », un ensemble de vieux pétroliers utilisés pour transporter du pétrole brut soumis à des sanctions, dissimulant ainsi les mouvements des navires et leurs véritables structures de propriété.

Selon le département du Trésor américain, nombre de ces pétroliers liés au commerce clandestin de pétrole iranien appartiennent à des sociétés basées aux Émirats arabes unis ou sont exploités par elles.

Les Émirats arabes unis ont déjà affirmé leur engagement à respecter les sanctions et leur ferme volonté de protéger l’intégrité du système financier mondial.

Mais les Émirats peuvent-ils réellement démanteler ce réseau ?

Malgré les nouvelles mesures, les analystes estiment que le démantèlement du réseau financier parallèle iranien restera un défi de taille.

Eric Alter, doyen de l’Académie diplomatique Anwar Gargash d’Abou Dhabi, a déclaré que «c’est possible mais dans certaines limites».

Le gouvernement peut fermer les circuits bancaires officiels et perturber le trafic maritime dans les principaux ports, mais, selon M. Alter, il ne peut pas contrôler chaque partenaire local, chaque zone franche et les mouvements de chaque petit navire à travers les sept émirats, chacun ayant sa propre culture commerciale.

C’est là que réside le dilemme fondamental de la stratégie de Trump: bloquer le commerce officiel iranien est une chose mais démanteler l’économie souterraine iranienne, qui s’est développée pendant des décennies au sein des réseaux commerciaux et financiers régionaux, en est une autre.

Si Washington veut faire de la pression économique un outil capable de véritablement infléchir les calculs de Téhéran, le véritable test ne se situera pas dans les ports iraniens bloqués par la marine américaine mais plutôt au niveau des banques, des sociétés écrans, des bureaux de change, des zones franches et des réseaux de réexportation à Dubaï.

Par conséquent, le sort du pari de Trump visant à étrangler économiquement l’Iran pourrait, dans une large mesure, se jouer de l’autre côté du Golfe Persique : à Dubaï.

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Le coûteux ratage du « raccourci nucléaire » par l’Iran

La rumeur que l’administration Trump discute l’option d’utiliser « l’arme nucléaire tactique » contre l’Iran circule depuis quelque temps dans les réseaux sociaux. Le 15 août, cette rumeur s’est amplifiée par ce tweet sur X publié par l’ancienne représentante de Géorgie au Congrès, Marjorie Taylor Greene : « L’administration Trump a évoqué la possibilité d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran lors de réunions stratégiques de haut niveau. » Sans surprise, la Maison Blanche a démenti l’allégation, la qualifiant de « pure invention. »

Juste une semaine plus tard, le samedi 22 août, l’Agence Tasnim nous informe que deux parlementaires iraniens, Akhlaqi-Amiri et Ravanbakhsh ont soumis au Parlement une proposition de « retrait de l’Iran du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et de révision de la doctrine de Défense de la République islamique. » Les deux députés expliquent, d’après Tasnim : « Après l’attaque sauvage contre l’Iran, l’assassinat du Guide suprême et d’un grand nombre de commandants et de citoyens, une révision de la doctrine de Défense s’impose. »

Le même jour, le nouveau chef des Gardiens de la Révolution, Mohsen Redhaï, publie ce texte sur les réseaux sociaux : « L’attaque de Trump contre l’Iran a accru le désir de certains pays d’acquérir l’arme nucléaire. Un désir d’autant plus justifié qu’ils ont constaté l’inefficacité de l’adhésion à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et au TNP de prévenir les attaques américaines. » Il faut bien préciser ici que l’adhésion de l’Iran au Traité de non-prolifération nucléaire remonte à 1968, ratifiée en 1970, soit neuf ans avant l’établissement de la République islamique. En d’autres termes, si la proposition des deux députés est adoptée par le Parlement et Téhéran se retire du TNP, l’ultime trace juridique du régime du Chah s’effacera.

Il est certain que des millions d’Iraniens, y compris parmi les hauts responsables de l’Etat, doivent ressentir une grande amertume à l’idée que leur pays est resté 47 ans durant fidèle à l’engagement signé par le Chah auprès de l’AIEA. Si Khomeiny avait abrogé cet engagement avec tout l’arsenal juridique du régime du Chah, l’Iran, la région et le monde seraient aujourd’hui dans un bien meilleur état. Peut-être Khomeny ne l’a pas fait alors, parce que, il y a 47 ans, le monde était beaucoup plus sûr. La division Est-Ouest avec l’Otan d’un côté et le Pacte de Varsovie de l’autre ne permettait à aucune puissance, petite ou grande, de se comporter en force sanguinaire sans foi ni loi, comme le font aujourd’hui les Etats-Unis et Israël.

Mais, malgré les huit ans de guerre dévastatrice avec l’Irak (1980-1988) que Saddam Hussein, encouragé par les Américains et les Européens, avait déclenchée ; malgré les provocations, les agressions et les assassinats perpétrées par Israël et malgré les sanctions étouffantes imposées par les Etats durant des décennies, l’Iran est non seulement resté fidèle au TNP, mais subissait en silence tout le mal dont était capable de lui infliger l’alliance américano-sioniste. A Téhéran, cette passivité était appelée « patience stratégique ». Certes, il s’est avéré que durant les décennies de « patience stratégique », l’Iran se préparait à la guerre inévitable que l’alliance américano-sioniste déclenchera un jour ou l’autre et a fini par déclencher. Et la République islamique s’est bien préparée. Ses missiles et ses drones ont terrifié les ennemis qui ne s’attendaient certainement pas à une telle réaction, et enchanté les amis qui ne s’attendaient pas non plus à de telles performances militaires de la part d’un pays sous sanctions depuis un demi-siècle.

Mais en dépit de la résistance héroïque iranienne, en dépit de la défaite des agresseurs dans le sens où ils n’ont accompli aucun de leurs objectifs de départ, la guerre n’est pas finie pour autant. Trump et Netanyahu refusent de reconnaître leur défaite, et le monde se trouve en 2026 dans une situation « plus grave » que celle dans laquelle il se trouvait en 1939, à la veille du déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale.

Deux puissances nucléaires dont l’une vise la domination de la planète entière et l’autre la domination du grand Moyen-Orient, ne reconnaitront jamais leur défaite face à un pays sous sanctions depuis des décennies, et dont le budget militaire est moins de 1% de celui des Etats-Unis. D’où la peur que, face à son impuissance de résoudre le conflit ni par les moyens militaires, ni diplomatiques, ni à travers les pressions économiques, Trump ne recoure, dans un accès de folie, à l’arme nucléaire.

La peur est exacerbée par un récent rapport de la CIA qui détaille les dangers stratégiques qui menacent les Etats-Unis en cas de défaite : « effondrement de la crédibilité de la dissuasion américaines, la crise énergétique mondiale, et le renforcement de l’axe multipolaire adverse. » Pour ne pas en arriver là, le rapport recommande implicitement « une victoire de quelque manière que ce soit. » De là à penser que l’usage de l’arme nucléaire n’est plus exclu, beaucoup d’analystes ont franchi le pas.

L’argument est simple. Si le monde s’est montré incapable de prévenir le génocide de Gaza et indifférent à sa banalisation, que peut-il faire pour empêcher un usage de l’arme nucléaire et la banalisation de l’holocauste qui s’ensuivrait ? C’est là où l’amertume ressentie par des millions d’Iraniens de ne pas avoir quitté plus tôt le TNP prend tout son sens. Car, en toute logique, au lieu d’avoir dépensé autant d’énergie, d’effort et de temps à construire des usines de fabrication de missiles et de drones sous les montagnes, il aurait été beaucoup plus simple de prendre, à l’exemple de la Corée du nord, « le raccourci nucléaire. »

En d’autres termes, à la lumière de la dangereuse impasse dans laquelle se trouve non seulement les belligérants, mais le monde dans son ensemble, il aurait été plus judicieux que l’Iran quitte à temps le TNP, construise une dizaine de bombes, faire exploser une dans le désert pour annoncer officiellement son entrée dans le club nucléaire et assurer ainsi sa paix et sa sécurité par le biais de la dissuasion.

L’Iran et le monde avec sont en train de payer le prix fort de ce ratage du « raccourci nucléaire » par la République islamique. La proposition des deux députés de soumettre au parlement iranien un vote sur le retrait du TNP vient peut-être un peu tard.

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USA–Canada : échec des négociations commerciales

Les négociateurs américains et canadiens n’ont pas réussi à conclure un accord avant l’échéance fixée par Donald Trump. Washington doit ainsi appliquer à partir de samedi 22 août des droits de douane de 50 % sur quelque 20 milliards de dollars de produits canadiens…

Les discussions entre les États-Unis et le Canada se sont prolongées jusqu’aux dernières heures de vendredi 21 août à Washington, sans parvenir à déboucher sur un accord commercial. Les deux parties restent confrontées à des divergences suffisamment importantes pour empêcher un compromis immédiat.

Le gouvernement américain a confirmé que les nouveaux droits de douane de 50 % visant environ 20 milliards de dollars d’importations canadiennes entreraient en vigueur peu après minuit samedi. Cette nouvelle mesure s’ajoute aux droits déjà appliqués à certains produits canadiens, notamment l’acier, l’aluminium, le bois et les automobiles.

Les discussions portaient notamment sur une réduction des droits américains sur les automobiles fabriquées au Canada, qui pourraient passer de 25 % à 15 %, ainsi que sur une diminution de moitié des tarifs frappant l’acier et l’aluminium, à 25 %.

Mais plusieurs dossiers sont restés bloqués, notamment les règles concernant la part de contenu canadien ou américain dans les produits bénéficiant d’allégements tarifaires. L’accès au marché canadien des produits américains, notamment dans les secteurs des produits laitiers et des boissons alcoolisées, figurait également parmi les points de friction.

Une nouvelle escalade commerciale

L’échec des négociations marque un nouveau durcissement des relations commerciales entre les deux partenaires nord-américains. Le conflit dure depuis près de deux ans et a déjà conduit à plusieurs séries de droits de douane et de mesures de rétorsion.

Le gouvernement de Mark Carney se retrouve désormais sous pression. Le Canada dépend fortement du marché américain pour ses exportations, ce qui limite sa marge de manœuvre, même si Ottawa dispose de moyens de représailles…

Le secteur automobile constitue l’un des principaux enjeux des discussions. Washington souhaite que les réductions tarifaires soient davantage liées à l’utilisation de composants fabriqués aux États-Unis, tandis que le Canada plaide pour une définition plus large du contenu nord-américain.

L’acier et l’aluminium constituent un autre dossier majeur. Le projet d’accord évoqué ces derniers jours prévoyait de ramener les droits américains de 50 % à 25 %, avec un quota annuel de quatre millions de tonnes ; au-delà de ce volume, le taux de 50 % aurait continué de s’appliquer…

Même si les produits concernés ne représentent qu’une fraction des exportations canadiennes vers les États-Unis, les nouvelles taxes pourraient fragiliser certaines industries et accentuer l’incertitude pesant sur les investissements et l’emploi.

Pour Ottawa, le risque est également politique : toute concession supplémentaire pourrait être difficile à faire accepter par l’opinion publique et les provinces.

Le conflit dépasse désormais les seuls tarifs

L’affrontement commercial s’inscrit dans la renégociation plus large des relations économiques nord-américaines et dans la perspective de la révision de l’Accord États-Unis–Mexique–Canada (USMCA).

Washington et Ottawa devront donc probablement reprendre les discussions malgré l’échec de vendredi. Le Mexique observe également attentivement l’évolution des négociations, son gouvernement estimant pouvoir obtenir des conditions commerciales comparables à celles actuellement discutées entre Washington et Ottawa.

L’échec des négociations ne clôt donc pas le dossier : il ouvre une nouvelle phase de confrontation, dans laquelle les droits de douane deviennent à la fois un instrument de pression économique et un levier de négociation pour Washington.

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Etude sur l’échec de la réforme économique en Tunisie

Sabina Henneberg, chercheuse au Washington Institute, spécialiste de la Tunisie, vient de publier un ouvrage intitulé ‘‘Why Economic Reform Failed in Tunisia’’ (Pourquoi la réforme économique a échoué en Tunisie), une sorte de bilan de l’action des quatre principaux bailleurs de fonds dans un pays en transition depuis la «révolution» du 14 janvier 2026.

Dans cette étude approfondie, Sabina Henneberg retrace les efforts déployés par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, les États-Unis et l’Union européenne pour soutenir les réformes économiques en Tunisie au cours de la décennie ayant suivi la révolution.

Au cours de la décennie ayant suivi les soulèvements du Printemps arabe de 2011, la Tunisie s’est imposée comme le pays de la région offrant les meilleures perspectives de transition démocratique, fort de réalisations telles qu’une nouvelle Constitution, des élections libres et équitables, ainsi que la mise en place de commissions traitant de la corruption, de la liberté des médias et des droits des femmes. En réponse, les acteurs internationaux ont apporté un soutien politique marqué à ce pays d’Afrique du Nord, assorti d’importantes promesses d’aide financière.

Toutefois, tout en reconnaissant que la réussite politique de la Tunisie devait s’appuyer sur des réformes économiques, ces acteurs ne sont pas parvenus à s’adapter à des évolutions préoccupantes, notamment la résistance au changement du syndicat national, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), aux effets déstabilisateurs du terrorisme et aux ingérences d’acteurs extérieurs, analyse la chercheuse.

Si la porte peut sembler fermée aujourd’hui, alors que le président Kaïs Saïed consolide son pouvoir depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021, l’étude explique comment de futures initiatives pourraient rencontrer un succès accru en s’inscrivant dans une perspective à plus long terme, en conditionnant l’aide à la mise en œuvre de réformes et en privilégiant un dialogue soutenu avec le public tunisien.

I. B.

Lire l’étude en anglais.

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La Cour pénale internationale sous le feu de nouvelles sanctions américaines

Suite à de nouvelles sanctions à son encontre annoncées par les États-Unis, la CPI a réaffirmé sa détermination à travailler « de façon impartiale et en toute indépendance ». En bref Les États-Unis ont annoncé le 18 août de nouvelles…

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