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Tunisie | Une nouvelle génération d’entrepreneurs culturels

Le Théâtre Al Hamra à Tunis a accueilli, samedi 16 mai 2026, le Démoday #3 du programme Tacir (Talents, Arts, Créativité, Inclusion, Recherche), porté par l’association Amavi. Point d’orgue de neuf mois d’incubation, cet événement a permis à une nouvelle génération d’entrepreneurs culturels de présenter des projets à la croisée de l’innovation, du patrimoine et des nouveaux usages numériques.

Durant une matinée rythmée par les présentations, onze jeunes talents, porteurs de huit projets issus de la cohorte Tunis #2, ont dévoilé des initiatives qui témoignent de la vitalité croissante des industries culturelles et créatives (ICC) en Tunisie.

Les projets présentés illustrent une tendance marquée à l’hybridation : entre numérique et artisanat, entre mémoire et innovation, entre territoire et expérience immersive.

Des concepts comme R3Act, application gamifiée visant à encourager des comportements écologiques, Keyen, expérience artistique immersive ancrée dans les territoires, ou encore Herafy’In, plateforme dédiée à la valorisation des savoir-faire artisanaux, côtoient des propositions plus narratives comme Gaddeda, centrée sur les récits du terroir, ou Hors Champ, un podcast vidéo consacré aux métiers du cinéma.

Cette diversité reflète une scène créative en pleine mutation, attentive à ses racines tout en résolument tournée vers de nouveaux formats.

Trois projets prometteurs récompensés

L’un des moments les plus attendus de la journée a été l’annonce des trois projets à fort potentiel : Büklab, Hors Champ et Gadded, chacun bénéficiant d’un cash prize de 5 000 dinars destiné à accélérer la phase d’implémentation de leurs solutions.

Trois porteurs de projets issus de la première cohorte ont partagé leurs retours d’expérience et témoigner de l’état d’avancement de leurs initiatives. Parmi eux, le projet Defender, désormais labellisé startup, a particulièrement retenu l’attention, illustrant la capacité du programme à accompagner des trajectoires entrepreneuriales au-delà de la phase d’incubation.

Les autres projets présentés n’en demeurent pas moins révélateurs d’une dynamique plus large. Qu’il s’agisse de plateformes dédiées à l’artisanat, d’expériences immersives territoriales ou d’applications à dimension écologique, l’ensemble de la cohorte témoigne d’une volonté de repenser les modes de production et de diffusion culturelles.

Cette génération de porteurs de projets se distingue par sa capacité à naviguer entre plusieurs registres : artistique, technologique et entrepreneurial. Elle incarne une évolution des pratiques culturelles en Tunisie, où la création s’accompagne de plus en plus d’une réflexion sur les usages, les publics et les modèles économiques.

Communiqué.

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7 projets verts au service des femmes rurales

Sept (7) projets d’énergie solaire, d’une capacité totale de 120 kilowatts, ont été réalisés au profit d’associations de développement, de coopératives agricoles et de femmes entrepreneures en Tunisie. Et ce, dans le cadre de l’Initiative régionale pour la promotion des applications d’énergie renouvelable à petite échelle dans les zones rurales de la région arabe (REGEND). C’est ce qu’a fait savoir le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane.

Participant à distance à une session consacrée à l’Objectif de développement durable n°7 (Énergie propre et d’un coût abordable), organisée dans le cadre du Forum arabe pour le développement durable, le secrétaire d’État a souligné que cette initiative portée par la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (ESCWA) constitue une expérience pionnière pour garantir une transition énergétique inclusive et résiliente et un levier de développement local et d’autonomisation des femmes.

Toujours selon lui, ces installations décentralisées ont permis d’améliorer directement la qualité de vie en milieu rural en soutenant des infrastructures essentielles telles que les écoles et les centres de santé, tout en dynamisant les activités économiques locales.

Lors de cette session, M. Chouchane a également évoqué les progrès réalisés par la Tunisie dans le cadre de sa transition énergétique. Affirmant ainsi que le succès de cette transition ne dépend pas uniquement des mégaprojets, mais nécessite l’implication de l’ensemble des acteurs (institutions publiques, collectivités locales, société civile et secteur privé) pour concevoir des solutions adaptées aux besoins spécifiques du pays.

Il a évoqué les efforts déployés pour accroître la contribution des énergies renouvelables dans le mix énergétique, encourager l’investissement dans l’énergie solaire et éolienne et mettre en place des programmes de rationalisation de la consommation d’énergie dans les différents secteurs économiques.

La Tunisie poursuit ses objectifs visant à atteindre 35 % de part d’énergies renouvelables dans le mix électrique, contre environ 9 % actuellement, a-t-il rappelé. Tout en précisant qu’environ 450 mégawatts ont déjà été installés sur les toits des habitations dans le cadre du régime d’autoproduction, outre le lancement prochain de cinq projets majeurs d’une capacité totale de 600 mégawatts pour renforcer le réseau national.

Par ailleurs, le Forum arabe pour le développement durable, organisé par l’ESCWA en collaboration avec la Ligue des États arabes, a réuni plusieurs responsables régionaux pour évaluer les progrès de l’Agenda 2030 dans la région arabe.

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Africa’s Fastest-Growing Companies 2026 : la Tunisie entre dans le Top 5 africain avec six entreprises classées

La Tunisie fait son entrée parmi les cinq pays africains les plus représentés dans le classement «Africa’s Fastest-Growing Companies 2026», publié par le Financial Times et Statista. Six entreprises tunisiennes figurent cette année dans le Top 130 des sociétés africaines ayant enregistré la plus forte croissance entre 2021 et 2024.  La Tunisie occupe ainsi la 5e place africaine en nombre d’entreprises classées, derrière l’Afrique du Sud (51 entreprises), le Kenya (17), le Nigeria (16) et l’île Maurice (12). Plus de 9 000 sociétés africaines ont été évaluées pour cette édition, mais seules 130 ont été retenues.

Le classement 2026 est largement dominé par les secteurs de la fintech, des services numériques et de la technologie. Parmi les entreprises arrivées en tête figurent notamment des sociétés égyptiennes, nigérianes, kényanes et sud-africaines spécialisées dans les paiements digitaux, les services financiers et les solutions technologiques.

Le Top 10 comprend notamment:

  1. Thndr (Égypte) – fintech
  2. Entreprise technologique sud-africaine
  3. Société kényane de services numériques
  4. Entreprise nigériane de fintech
  5. Groupe africain de services financiers
  6. Société technologique panafricaine
  7. Heirs Life Assurance (Nigeria)
  8. Entreprise spécialisée dans les paiements digitaux
  9. Société de services numériques
  10. Entreprise opérant dans les technologies financières

 

Six entreprises tunisiennes distinguées

Les entreprises tunisiennes retenues couvrent plusieurs secteurs stratégiques de l’économie nationale, allant du numérique à l’industrie pharmaceutique.

Les six sociétés tunisiennes classées sont :

GOMYCODE (74e), spécialisée dans l’EdTech et la formation numérique ; Hannibal Lease (84e), active dans les services de leasing ; MS Solutions (92e), spécialisée dans les technologies de paiement ; Sotetel (99e), opérant dans les télécommunications ;  Unimed (103e), groupe pharmaceutique ;  Land’Or (111e), entreprise agroalimentaire.

Cette présence tunisienne illustre particulièrement la progression des entreprises technologiques et financières locales sur le marché africain. Trois des six sociétés tunisiennes classées évoluent dans les secteurs de la fintech, des technologies de paiement et de l’EdTech.

Pour établir ce classement, le Financial Times et Statista ont pris en compte les entreprises africaines indépendantes ayant enregistré une forte croissance organique de leur chiffre d’affaires, passé d’au moins 100 000 dollars en 2021 à plus de 1,5 million de dollars en 2024.

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RIYEDA : autonomiser pour entreprendre et inclure

Dans un contexte de transformations économiques et territoriales, et face aux enjeux de la transition écologique, RIYEDA s’impose comme une plateforme nationale stratégique dédiée à l’entrepreneuriat inclusif et durable. Portée par le concept central « Autonomiser et entreprendre pour inclure », RIYEDA vise à transformer l’entrepreneuriat en un véritable levier de cohésion sociale, de résilience territoriale et de création d’emplois durables.

À travers un programme ambitieux, RIYEDA articule inclusion sociale, décentralisation économique et transition écologique, en mettant au cœur de son action les régions, les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap. L’initiative promeut l’entrepreneuriat vert et social comme moteur de développement local, en facilitant un accès équitable aux opportunités, au financement et aux dispositifs d’accompagnement. Elle valorise également les projets à fort impact territorial, ainsi que les modèles entrepreneuriaux innovants et repliables à l’échelle nationale.

Au cœur de cette dynamique, la formation professionnelle constitue un levier structurant du programme RIYEDA. En l’alignant sur les compétences d’avenir et les nouveaux métiers, notamment dans les secteurs verts et innovants, RIYEDA défend une transformation profonde de la formation vers une logique d’autonomisation, d’employabilité durable et de création de projets entrepreneuriaux. Inspirée des meilleures pratiques européennes, cette approche vise à rapprocher formation, marché du travail et entrepreneuriat.

À travers RIYEDA, une vision institutionnelle claire se dessine : faire de l’inclusion, du capital humain et de l’entrepreneuriat un socle durable de croissance, équilibrée, territorialisée et tournée vers l’avenir. RIYEDA ambitionne ainsi de contribuer à une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux du pays.

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TRIBUNE : L’intelligence artificielle, l’allié stratégique de l’entrepreneur

Longtemps considérée comme une technologie totalement réservée aux grandes organisations, l’intelligence artificielle (IA) se présente aujourd’hui comme un véritable levier d’innovation pour les entrepreneurs. Cet outil, quoique soulevant de nouveaux défis à la fois éthiques et humains, semble transformer en profondeur l’aventure entrepreneuriale.

L’IA a échappé de la sphère des géants de la technologie et s’est imposée depuis quelques années comme un outil stratégique au service des entrepreneurs. En peu de temps, elle a fortement modifié la manière de concevoir, de gérer et de développer une entreprise. De la génération d’idées à la mise en marché du produit et/ou service, l’IA s’immisce dans toutes les étapes du processus entrepreneurial, permettant un gain de temps, une minimisation du risque et beaucoup plus de perspicacité.

De visu, l’impact de l’IA se situe au niveau de la phase de création. Les entrepreneurs font désormais recours à des outils tels que ChatGPT, Gemini ou encore Notion AI pour tester la viabilité de leurs idées, comprendre les aspects de leurs projets, simuler et concevoir des business plans, etc.

L’IA intervient de la génération d’idées à la mise sur le marché, modifiant les pratiques entrepreneuriales.

 

Dans sa quête d’innovation, l’entrepreneur trouve dans l’IA le véritable sparring partner intellectuel ; elle aide à structurer une réflexion, à explorer des scénarios de marché ou à repérer les besoins non ou mal satisfaits.

Au-delà de la créativité, l’IA constitue un puissant accélérateur de prise de décisions. Elle permet d’assurer l’efficacité des analyses stratégiques en offrant une lecture instantanée des tendances et des comportements à la fois des consommateurs et des concurrents. Ce que le flair des entrepreneurs devinait autrefois, les algorithmes le détectent et le traitent en quelques secondes.

Les outils d’IA permettent d’analyser des idées, de simuler des scénarios et d’évaluer la viabilité des projets.

 

En Tunisie, l’intelligence artificielle commence à prendre de la place dans les pratiques entrepreneuriales. Elle est devenue pour bon nombres de startups locales, œuvrant dans les domaines de la santé, de la fintech ou de l’éducation, le meilleur outil de différenciation sur un marché palpablement compétitif.

Les incubateurs et espaces d’innovation invitent les entrepreneurs à intégrer des solutions d’automatisation et de data intelligence dès la conception de leur entreprise. Toutefois, le niveau d’adoption de l’IA dans les activités entrepreneuriales reste relativement faible, et ce, à cause des coûts parfois élevés des outils, du manque de formation technique et, surtout, des réticences culturelles face à la technologie.

Grâce à l’analyse rapide des données, l’IA améliore l’efficacité des décisions entrepreneuriales.

 

Les apports considérables de l’IA ne doivent pas occulter ses limites. L’entrepreneur, considéré comme l’acteur de changement favorable pour l’économie et la société, risque de se trouver dans l’obligation de déléguer à la machine des décisions qui relèvent de la vision et de l’intuition.

En effet, l’ère de l’entrepreneur augmenté renvoie à un repositionnement de l’humain dans l’entreprise. L’IA offre à l’entrepreneur les moyens et les outils nécessaires afin de mieux comprendre son environnement pour pouvoir innover plus intelligemment, agir plus vite, et, dans une autre approche, devenir proactif.

Un nouvel équilibre doit s’installer ; une alliance subtile homme/machine mérite d’être stratégiquement annoncée. L’avenir de l’entrepreneuriat sera aussi bien humain qu’artificiel.

Sarhan ABDENNADHER
Maître-assistant HDR en Sciences de Gestion,
FDS, Université de Sfax, Tunisie.

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