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Transport professionnel : l’Égypte accélère l’adoption des minibus électriques

L’électrification du transport professionnel gagne du terrain en Égypte. Les entreprises Infinity, Option Travel et Green Option ont annoncé cette semaine un partenariat destiné à développer des services de mobilité électrique pour les flottes d’entreprises, avec l’introduction de 100 minibus électriques à partir de 2026.

Ces véhicules seront déployés dans les activités de transport touristique, de mobilité d’entreprise et de transport commercial d’Option Travel, dont la flotte compte actuellement près de 800 véhicules. Selon les partenaires, cités dans un communiqué, cette première phase devrait permettre de réduire d’environ 2 520 tonnes les émissions opérationnelles annuelles et d’économiser près de 666 700 litres de diesel par an.

Dans le cadre du projet commun, Infinity sera chargée, elle, du développement des infrastructures de recharge nécessaires à l’exploitation des véhicules électriques. De son côté, Green Option, distributeur officiel en Égypte des minibus électriques du constructeur chinois Foton Motor, supervisera le déploiement des véhicules ainsi que les opérations techniques liées à l’électrification.

Les entreprises présentent cette initiative comme la première introduction de minibus électriques dans le secteur privé égyptien du tourisme et du transport. Le projet s’inscrit dans une dynamique plus large d’expansion du marché égyptien des véhicules électriques, considéré comme l’un des plus importants d’Afrique, rapportent nos confrères d’Ecofin.

Mais au-delà de l’Egypte, dans son rapport « Global EV Outlook 2026 » publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), « les ventes de véhicules électriques en Afrique sont passées d’environ 4 000 unités en 2023 à près de 25 000 en 2025 ». Et les trois se nomment Égypte, Maroc et Afrique du Sud, lesquels ont représenté près de 70 % des ventes enregistrées sur le continent cette année-là.

L’électrification du transport constitue également un levier stratégique pour les autorités égyptiennes dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. D’après les données de l’AIE datant de 2023, le secteur des transports était responsable d’environ 29 % des émissions de CO2 du pays.

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AIE : vers une diminution des investissements pétroliers

Le conflit au Moyen-Orient oblige les pays à repenser leurs stratégies énergétiques en ouvrant de nouvelles voies d’approvisionnement et en se tournant vers leurs propres ressources pour faire face à la deuxième crise énergétique en cinq ans. C’est ce qu’on lit dans un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

« Nous traversons la plus grave crise de sécurité énergétique que le monde ait jamais connue. Et je pense qu’elle va remodeler les stratégies d’investissement à l’échelle mondiale, à l’instar des bouleversements majeurs qu’a connus le secteur de l’énergie après les chocs pétroliers des années 1970 ». C’est ce qu’a déclaré Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE. « Nous constatons déjà une intensification des efforts déployés par les pays producteurs et consommateurs pour diversifier les routes commerciales et les sources d’énergie, notamment par la construction de nouveaux pipelines et autres infrastructures d’approvisionnement et par un recours accru aux ressources nationales », a-t-il ajouté dans le rapport sur les investissements énergétiques mondiaux préparé par l’organisme de l’énergie de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

L’AIE estime que les investissements mondiaux dans l’énergie atteindront 3 400 milliards de dollars en 2026, en légère hausse par rapport à l’année précédente, dont environ 2 200 milliards seront alloués aux réseaux électriques, au stockage, aux carburants à faibles émissions, à l’énergie nucléaire, aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique et à l’électrification.

L’AIE estime cependant que les investissements pétroliers devraient diminuer pour la troisième année consécutive en 2026, passant sous la barre des 500 milliards de dollars malgré la hausse des prix du pétrole brut. Cela s’explique par l’incertitude quant à la durée de cette hausse des prix, les délais de mise en œuvre des projets, les contraintes d’approvisionnement et le resserrement du marché des plateformes de forage en mer, qui limitent les investissements à court terme en dehors du Moyen-Orient.

En revanche, les investissements dans le gaz naturel devraient atteindre 330 milliards de dollars, « le niveau le plus élevé en dix ans, soutenu par une vague de nouveaux programmes d’exportation de gaz naturel liquéfié, principalement en provenance des États-Unis et du Qatar »…

L’AIE estime que les investissements dans les sources d’énergie renouvelables devraient atteindre environ 665 milliards de dollars en 2026, dont 365 milliards seront consacrés au seul solaire.

Les investissements dans le nucléaire « continuent de se redresser » et devraient dépasser 80 milliards de dollars par an. Tandis que ceux dans le charbon devraient atteindre 180 milliards de dollars, « leur niveau le plus élevé depuis 2012 ».

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La Banque africaine de l’énergie sera lancée fin juillet 2026

Le continent africain aura prochainement une banque dédiée à l’énergie. Et si l’on en croit l’APPO (African Petroleum Producers’ Organization ou Organisation des producteurs de pétrole africains en français) qui pilote ce projet stratégique en partenariat avec Afreximbank, la Banque africaine de l’énergie (AEB) sera lancée fin juillet 2026. Et sera basée à Abuja au Nigeria.

L’état d’avancement de cette future institution financière panafricaine a été examiné lundi 25 mai au Caire lors d’une réunion entre le secrétaire général de l’APPO, l’Algérien Farid Ghezali, et le président d’Afreximbank, George Elombi. En effet, dans un communiqué, l’APPO assure que les travaux préparatoires « vont bon train », confirmant la volonté des deux partenaires d’accélérer le déploiement opérationnel de la banque.

Basée à Abuja, au Nigeria, la Banque africaine de l’énergie ambitionne de devenir un levier majeur de financement des projets pétroliers et gaziers africains. Dotée d’une capitalisation initiale de 5 milliards de dollars, elle vise à mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars lors de sa première phase de déploiement.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par le retrait progressif des institutions financières occidentales du financement des hydrocarbures, sous l’effet des politiques de transition énergétique et des pressions climatiques. Face à ce désengagement, plusieurs pays africains cherchent à sécuriser leurs investissements énergétiques à travers des mécanismes de financement continentaux.

A l’horizon 2030, l’AEB prévoit de lever jusqu’à 15 milliards de dollars pour soutenir l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique africaine : exploration, production, infrastructures de transport et distribution.

A rappeler que le Nigeria avait officiellement remis, en février dernier, le siège de la banque à Abuja à l’APPO et à Afreximbank, marquant une étape clé vers le lancement effectif de cette institution appelée à renforcer l’autonomie financière énergétique du continent.

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Rami Elgolli : « Le MACF est une menace pour les retardataires et une opportunité pour les visionnaires »

Rami Elgolli, consultant international en comptabilité carbone et énergie verte (Auditor 50001), met en garde les entreprises tunisiennes. C’était lors de la 27e édition du Forum de L’Économiste Maghrébin, le 21 mai 2026 à Tunis. Intervenant dans le panel « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone », il a souligné que le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) constitue à la fois une contrainte réglementaire incontournable et un levier de compétitivité pour les exportateurs tunisiens.

L’Union européenne absorbant près de 70 % des exportations tunisiennes, le consultant a aussi rappelé les engagements de la Tunisie dans l’Accord de Paris : une réduction de 45 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, dont 28 % inconditionnels et 17 % conditionnels.

Le MACF, conçu par l’Union européenne pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et limiter le réchauffement climatique à moins de 1,5 °C, vise principalement à prévenir la fuite carbone, c’est-à-dire la délocalisation des productions vers des pays aux normes environnementales moins strictes.

Lire aussi : La Tunisie présente son plan d’action climat pour l’accord de Paris 2015

Actuellement, le mécanisme s’applique à six secteurs : l’acier, l’aluminium, les engrais, le ciment, l’énergie et l’hydrogène. Il s’étendra prochainement à tous les produits transformés à base d’acier et d’aluminium, ainsi qu’aux secteurs de la chimie, de la pétrochimie, de l’agroalimentaire, de la céramique et de la mobilité.

Contrairement à l’empreinte carbone complète d’un produit, le MACF ne requiert que trois catégories de données : les émissions directes (Scope 1), les émissions indirectes liées à la consommation électrique (Scope 2), et les quantités exportées (annuelles).

Le dispositif fonctionne sur un système de quotas carbone différenciés. Les entreprises qui dépassent leur quota paient une taxe sur l’excédent. Ces quotas gratuits seront progressivement réduits jusqu’à leur suppression totale en 2034, date à partir de laquelle toute émission de CO₂ sera taxée.

Pour les entreprises à forte empreinte carbone, le MACF représente une menace. Pour celles qui anticipent la décarbonation, il offre une opportunité : réduction des taxes, accès à de nouveaux marchés européens, éligibilité à des financements avantageux (crédits ESG) et baisse des coûts énergétiques.

Lire également : Décarbonation et transition durable : les priorités de la CTFCI mises en lumière

Rami Elgolli, formé dans le cadre du programme Batim orchestré par le CZ et financé par le FXZ, accompagne déjà une soixantaine d’entreprises tunisiennes de la filière mobilité (câblage automobile, aéronautique et mécanique). Il les prépare également au futur passeport carbone produit, qui exigera une traçabilité complète : bilan carbone, composition et origine des matières premières, origine de l’énergie (fossile ou renouvelable) et cycle de vie du produit.

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Afef Jaafar: « La transition énergétique n’est plus un choix, c’est un impératif de résilience nationale »

La Tunisie n’a plus le temps d’attendre. C’est en substance le message de Afef Jaafar, conseillère auprès du secrétaire d’État à la Transition énergétique au ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Elle s’exprimait, le 21 mai 2026 à Tunis, lors de la 27e édition du Forum de L’Économiste maghrébin dans le cadre du panel « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone ». Elle a dressé un état des lieux exhaustif et alarmant de la situation énergétique nationale.

Face à une forte dépendance aux hydrocarbures, à un déficit énergétique persistant, à des subventions devenues difficilement soutenables et à un environnement géopolitique instable, elle a présenté la stratégie nationale engagée par le ministère de l’Industrie tout en appelant à accélérer les réformes et les investissements afin de renforcer la souveraineté et la résilience énergétiques du pays.

La responsable a, dans ce cadre, souligné l’ampleur des défis auxquels la Tunisie est confrontée. Le mix électrique national dépend du gaz naturel à hauteur de 93 %, dont plus de la moitié est importée, tandis qu’un peu plus de 20 % seulement est produite localement. Les subventions énergétiques ont dépassé 7 000 milliards de dinars en 2025, soit environ 12 % du budget de l’État.

Lire aussi : Subventions énergétiques : la bombe à retardement que la guerre a réarmée

À cette pression budgétaire s’ajoute un contexte international défavorable. Alors que les hypothèses retenues par les institutions financières internationales reposaient sur un baril à 63 dollars, les prix du pétrole repartent à la hausse. Or, chaque dollar supplémentaire par baril représente près de 160 millions de dollars additionnels en subventions et charges de compensation.

Afef Jaafar a également rappelé les exigences environnementales et climatiques croissantes auxquelles la Tunisie doit répondre sur la scène internationale, un point également évoqué par le modérateur du panel, Serge Degallaix.

Face à cette situation, elle a insisté sur l’urgence de la transition énergétique et climatique : « Il est impératif aujourd’hui, ce n’est plus vraiment un choix, de passer vers la transition énergétique et climatique ». Dans cette perspective, le ministère a élaboré une stratégie reposant sur trois piliers principaux.

Lire également : Matthieu Brun : « La transition agricole ne peut réussir que si elle crée de la confiance entre les acteurs »

Le premier concerne la maîtrise de la demande énergétique afin d’éviter que la consommation n’augmente mécaniquement au même rythme que la croissance économique. L’objectif est d’améliorer significativement l’intensité énergétique. Le deuxième pilier porte sur le déploiement massif des énergies renouvelables, avec une cible de 35 % dans le mix électrique à l’horizon 2030 et de 50 % à l’horizon 2050. Le troisième vise à accompagner ces efforts par l’électrification des usages afin d’avancer vers la décarbonation et la neutralité carbone.

Quid du cadre réglementaire ?

Afef Jaafar a ensuite présenté le cadre juridique et réglementaire en vigueur. Elle a rappelé qu’une loi adoptée en 2015 encadre la production d’électricité renouvelable à travers trois régimes : l’autoproduction, les appels d’offres et les concessions.

Concernant l’autoproduction, plusieurs programmes d’efficacité énergétique ont déjà permis de stabiliser la demande. En basse tension, la puissance installée atteint 455 MW, principalement grâce au programme destiné aux ménages du secteur résidentiel. En moyenne tension, les capacités avoisinent 110 MW, portant le total de l’autoproduction à plus de 550 MW.

S’agissant des appels à projets, plusieurs initiatives ont permis d’installer environ 52 MW à ce jour. Ces projets restent toutefois de taille modeste, avec des capacités inférieures à 10 MW pour le photovoltaïque et à 30 MW pour l’éolien.

Le régime de concession concerne, quant à lui, les grands projets dépassant ces seuils. Sur ce segment, la Tunisie dispose actuellement de 200 MW installés. Un premier projet de 100 MW à Métlaoui est entré en service en décembre 2025. Deux autres projets de 50 MW chacun ont suivi en janvier puis en mars 2026, portant les capacités totales à 200 MW dans le cadre des concessions.

Par ailleurs, 200 MW supplémentaires dans le photovoltaïque ont déjà été attribués et attendent encore l’approbation du Parlement. Un projet éolien d’environ 77 MW se trouve dans la même situation.

La conseillère a souligné les efforts engagés par l’État, tant dans la maîtrise de la consommation énergétique que dans le développement des renouvelables, tout en estimant que le rythme actuel reste insuffisant. « Il va falloir que ça s’accélère », a-t-elle averti, au regard des contraintes structurelles du pays et des chocs liés au contexte géopolitique régional et international.

L’enjeu, a-t-elle insisté, est de renforcer durablement la résilience de la Tunisie et de réduire sa vulnérabilité énergétique. En conclusion, Afef Jaafar a rappelé que la transition énergétique constitue désormais un impératif stratégique pour la souveraineté nationale et nécessite une mobilisation conjointe de l’État, du secteur privé, des banques et des partenaires internationaux.

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Espagne : Plus de 9 milliards d’euros pour soutenir la transition énergétique

Le gouvernement espagnol vient de présenter un plan de 9 milliards d’euros pour soutenir la transition énergétique. Et ce, principalement par le biais de subventions pour la rénovation des logements et l’adoption d’un abonnement quasi gratuit aux transports publics en Espagne.

« La révolution énergétique ne peut pas seulement profiter à ceux qui peuvent changer de voiture, installer des panneaux solaires sur le toit de leur maison ou rénover leur logement sans aide de l’État ». C’est ce qu’a affirmé le Premier ministre, Pedro Sanchez. « Cela doit profiter à tout le monde », a-t-il déclaré lors de la présentation de ce nouveau projet. Lequel sera cofinancé par l’Union européenne.

L’Espagne est en première ligne face au réchauffement climatique, avec des vagues de chaleur de plus en plus longues et fréquentes. Elles sont déjà présentes au printemps; mais aussi des automnes et des hivers plus humides qu’auparavant.

Plus précisément, 4,7 milliards d’euros du « plan social pour le climat » seront principalement alloués à la rénovation énergétique des logements et des quartiers. Tandis que 4,3 milliards d’euros seront investis dans la mobilité. Avec notamment l’adoption d’un abonnement saisonnier spécial permettant une utilisation quasi gratuite des transports publics.

L’approbation de ce plan requiert toutefois une majorité au Parlement, dont ne dispose pas le gouvernement actuel. « Nous avons besoin du soutien de tous les groupes parlementaires », y compris de l’opposition de droite et d’extrême droite, a ajouté aujourd’hui M. Sanchez. Car les ressources du Fonds social européen pour le climat nécessitent l’intégration des directives européennes dans le droit national et le respect de la réglementation européenne.

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Tunisie : les énergies propres reculent malgré l’essor du solaire

La part des énergies propres dans le mix électrique tunisien a reculé à 4,03 % en 2025, contre 4,4 % un an plus tôt, selon un rapport du Centre de recherche sur l’énergie basé à Washington. Ce repli s’explique principalement par la baisse des contributions du solaire et de l’éolien à la production nationale d’électricité.

L’énergie solaire, première source renouvelable du pays, représente désormais 2,52 % du mix électrique, tandis que l’éolien poursuit son ralentissement, avec une capacité opérationnelle figée depuis 2018. Cette baisse intervient malgré une forte progression des capacités installées au cours de la dernière décennie.

À fin 2025, la puissance solaire installée a atteint 895 mégawatts, confirmant ainsi l’orientation de la Tunisie vers les projets photovoltaïques pour réduire sa dépendance au gaz naturel, principale source de production électrique.

Cette situation intervient dans un contexte de forte pression énergétique. Les ressources nationales en énergie primaire sont tombées à 3,4 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) en 2025, alors que la consommation continue d’augmenter, aggravant le déficit énergétique du pays.

Le déficit de la balance commerciale énergétique a ainsi atteint 11 023 millions de dinars en 2025, accentuant les tensions sur les finances publiques malgré les efforts engagés pour accélérer les investissements dans les énergies renouvelables.

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Habib Abid : la Tunisie, leader régional en protection de la biodiversité

À l’occasion d’une journée de travail organisée, vendredi 22 mai 2026, par le ministère de l’Environnement, pour célébrer la « Journée mondiale de la biodiversité » et présenter la « Stratégie nationale et le Plan d’action pour la biodiversité 2025-2030″, Habib Abid, ministre de l’Environnement, a mis en garde contre l’aggravation des effets du changement climatique sur les écosystèmes tunisiens.

Ceci étant, il a affirmé que la Tunisie figure parmi les premiers pays de la région en matière de protection des espaces naturels, avec 41 parcs nationaux et réserves naturelles, ainsi que 46 sites d’importance majeure pour la conservation des oiseaux. Il a également souligné l’existence de vastes zones humides d’importance internationale, s’étendant du nord du pays jusqu’au Sahara tunisien.

Revenant sur les efforts de reboisement engagés depuis l’indépendance, Habib Abid a indiqué que la superficie forestière est passée de 300 000 à 1,2 million d’hectares aujourd’hui, grâce notamment au travail de la Direction générale des forêts et au soutien des différents partenaires institutionnels.

Le ministre a toutefois insisté sur les conséquences de plus en plus visibles des dérèglements climatiques. Selon lui, la sécheresse prolongée, observée durant les sept ou huit dernières années, a provoqué la mortalité de plusieurs espèces forestières incapables de résister à des périodes répétées de stress hydrique.

Il a également évoqué la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, citant notamment les glissements de terrain, les pluies torrentielles et la hausse inhabituelle du niveau des vagues en Méditerranée entre le 19 et le 21 janvier dernier par exemple, avec des vagues atteignant entre 6 et 14 mètres de hauteur. « Nous commençons à observer davantage de catastrophes naturelles », a-t-il averti, soulignant que ces phénomènes ont un impact direct sur la biodiversité et les ressources naturelles du pays.

Par ailleurs, Habib Abid a aussi mis en lumière l’augmentation spectaculaire des incendies de forêt. Alors que les surfaces touchées ne dépassaient auparavant pas les 500 à 600 hectares par an, elles atteignent désormais entre 2 000 et 3 000 hectares annuellement, soit une multiplication par cinq ou six.

Face à cette situation, il a affirmé que la Tunisie mise désormais sur des stratégies d’adaptation intégrées. La nouvelle stratégie nationale de la biodiversité ainsi que la stratégie du secteur forestier prennent en compte les enjeux climatiques dans l’ensemble des politiques publiques. Le ministre a expliqué que cette approche implique plusieurs ministères, notamment ceux de la Santé autour du concept « One Health », l’Éducation à travers les clubs environnementaux présents dans près de 440 écoles, mais aussi du Transport, de l’Énergie, de la Culture et de l’Équipement.

Dans ce cadre, le ministère de l’Environnement travaille notamment sur la valorisation des déchets ménagers pour produire de l’électricité et des combustibles alternatifs destinés aux cimenteries, afin de réduire les importations de charbon pétrolier. Selon Habib Abid, les énergies renouvelables pourraient couvrir jusqu’à 35 % des besoins nationaux à l’avenir, y compris à travers les projets de valorisation énergétique des déchets.

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Souveraineté énergétique : la Tunisie à l’heure d’un choix stratégique sans précédent

La Tunisie ne peut plus différer le choix de sa souveraineté énergétique. Dépendante à plus de 60 % de sources extérieures, confrontée à une demande d’électricité qui pourrait doubler en quinze ans et soumise à des exigences climatiques internationales croissantes, la Tunisie est à un tournant. C’est dans ce contexte d’urgence que s’est tenu, le 21 mai 2026 à Tunis, dans le cadre de la 27ème édition du Forum de L’Économiste Maghrébin, un panel intitulé : « L’impératif stratégique des énergies renouvelables en Tunisie : volatilité des prix des hydrocarbures et transition bas-carbone ».

Autour de Serge Degallaix, Senior advisor d’EQUITIX, qui en assurait la modération, quatre expertes et experts ont croisé leurs analyses. A savoir : Afef Jaafar, conseillère auprès du secrétaire d’État à la Transition énergétique (ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie); Olfa Chammari, directrice de la planification stratégique et du contrôle de gestion (CDC); Rami Elgolli, International consultant in Green Energy Carbon Accounting & Auditor 50001; et Hajer Chekir, directrice commerciale BYD Tunisie.

Entre conformité réglementaire, innovation financière et impératifs de compétitivité, le débat a mis en lumière l’ampleur d’un défi qui dépasse largement la seule politique énergétique.

Dressant un diagnostic sans concession, Serge Degallaix, Senior advisor d’EQUITIX, a rappelé qu’il y a trente ans, la Tunisie était autosuffisante en énergie. La moitié du déficit de sa balance commerciale est aujourd’hui imputable aux importations énergétiques. Et les subventions à l’énergie représentent le premier poste de subvention du budget de l’Etat. « Ce sont là des défis tout à fait redoutables », a-t-il observé, en ce sens que le défi financier pour atteindre l’objectif de 35 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030 se chiffre en milliards de dollars. Auxquels s’ajoutent les investissements de réseau, de stabilisation et de gestion.

Cependant, Afef Jaafar, conseillère auprès du secrétaire d’État à la Transition énergétique, n’a pas manqué de confirmer la trajectoire engagée par le gouvernement. Elle souligne à cet effet que plusieurs centaines de mégawatts sont désormais installés sous les différents régimes de production renouvelable. Tandis que  nouveaux projets attendent leur approbation au Parlement. « Il va falloir que cela s’accélère, compte tenu des contraintes auxquelles la Tunisie est confrontée », a-t-elle insisté.

De son côté, Olfa Chammari, directrice de la planification stratégique et du contrôle de gestion (CDC), mettra pour sa part en perspective l’ampleur des investissements nécessaires, évalués à plusieurs dizaines de milliards de dollars à l’horizon 2030, selon les engagements climatiques de la Tunisie. La Caisse des dépôts et consignations (CDC) entend y jouer un rôle de catalyseur et d’effet de levier pour mobiliser le secteur privé. Et ce, via des mécanismes de financement innovants et une logique d’investissement d’impact. « Ce n’est plus un choix », a-t-elle tranché.

Pour sa part, Rami Elgolli, International consultant in Green Energy Carbon Accounting & Auditor 50001, a éclairé les entreprises tunisiennes sur les implications concrètes du mécanisme d’ajustement carbone à la frontière mis en place par l’Union européenne, qui bascule cette année d’un régime déclaratoire à un régime fiscalisé. Un dispositif dont le périmètre est appelé à s’étendre bien au-delà des six secteurs actuellement concernés. Et qui constitue, pour les exportateurs ayant anticipé leur décarbonation, un véritable levier de compétitivité sur les marchés européens.

Hajer Chekir, directrice commerciale BYD Tunisie, a quant à elle replacé le véhicule électrique dans une perspective systémique inédite : bien au-delà de la décarbonation des transports, il représente une ressource de stockage d’énergie au service de l’équilibre du réseau électrique. Les premières tendances du marché tunisien témoignent d’une dynamique naissante mais réelle, portée par un cadre réglementaire incitatif que la directrice a salué.

Au terme de ce débat dense et prospectif, une conviction s’est imposée à l’ensemble des participants : la transition énergétique de la Tunisie ne pourra réussir que par une coordination étroite entre l’État, les institutions financières, les opérateurs privés et les partenaires internationaux. Un impératif de coalition autant que de volonté politique.

L’intégralité de la couverture du panel sera publiée dans le prochain numéro 946 de L’Économiste Maghrébin du 3 au 17 juin 2026.

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ANME | 40 ans au cœur de la transition énergétique tunisienne

Quarante ans après sa création, l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) célèbre un parcours qui épouse l’histoire énergétique contemporaine de la Tunisie. À la Cité de la Culture de Tunis, décideurs publics, experts internationaux, industriels et acteurs de la société civile se sont réunis, mercredi 20 mai 2026, pour une conférence nationale sous le thème : «40 ans d’engagement pour l’énergie durable : bilan et perspectives de la transition énergétique en Tunisie».

Lotfi Sahli

Créée en 1985, l’ANME (appelée autrefois Agence de maîtrise de l’énergie, AME) est née dans un contexte marqué par les chocs pétroliers et la nécessité pour la Tunisie de rationaliser sa consommation énergétique. Dès ses premières années, l’agence avait lancé des programmes pionniers de maîtrise de l’énergie dans l’industrie et le bâtiment, tout en encourageant les premières expériences d’électrification rurale par l’énergie solaire. Cette période avait posé les bases d’une nouvelle culture énergétique nationale fondée sur l’efficacité, la sobriété et l’anticipation stratégique.

Les années 1990 ont constitué une deuxième étape déterminante. L’ANME a progressivement structuré un véritable cadre réglementaire autour des audits énergétiques obligatoires, des contrats-programmes et des mécanismes d’incitation fiscale destinés aux entreprises économes en énergie.

Intégration du photovoltaïque au réseau national

Les campagnes de sensibilisation auprès des ménages et des collectivités locales ont également commencé à modifier les comportements de consommation. Cette décennie a surtout permis d’installer durablement la question énergétique dans les politiques publiques tunisiennes.

Au début des années 2000, l’agence est entrée dans une phase d’expansion et de modernisation. Le programme Prosol a transformé le paysage du solaire thermique en Tunisie et fait du pays une référence régionale dans ce domaine.

Les premiers projets éoliens d’envergure ont été accompagnés par l’ANME, tandis que les réflexions sur l’intégration du photovoltaïque au réseau national ont commencé à prendre forme. Cette étape a aussi été marquée par l’ouverture vers les partenariats euro-méditerranéens et les financements internationaux.

Après 2010, l’ANME a dû faire face à des défis plus complexes : hausse de la dépendance énergétique, volatilité des prix internationaux et impératifs climatiques. L’agence a alors participé à l’élaboration de la stratégie tunisienne de transition énergétique à l’horizon 2030 puis 2050, tout en développant des programmes liés à la mobilité électrique, aux bâtiments intelligents et à l’efficacité énergétique industrielle. Le Fonds de transition énergétique a renforcé les capacités d’investissement dans les projets durables.

La manifestation organisée à Tunis a justement permis de retracer ces différentes étapes. La journée inaugurale a débuté par une cérémonie officielle marquée par des allocutions institutionnelles réunissant responsables gouvernementaux, partenaires internationaux et anciens dirigeants de l’agence. Un documentaire retraçant quarante années d’action de l’ANME a ensuite été projeté devant les participants, avant un échange consacré aux grandes mutations énergétiques vécues par la Tunisie depuis les années 1980.

Moncef Ben Abdallah et Nafaa Baccari.

Les mécanismes d’appui à la transition énergétique

    Les travaux de la journée ont été composés de plusieurs séances plénières et tables rondes consacrées au bilan de la maîtrise de l’énergie, aux défis de la transition énergétique et aux nouvelles perspectives technologiques. Les intervenants ont débattu de l’essor des énergies renouvelables, de l’intégration des startups dans l’innovation énergétique, de la mobilité électrique et des nouvelles solutions de financement vert. Des représentants d’organisations régionales et internationales spécialisées dans l’énergie ont également pris part aux discussions, donnant à cette rencontre une dimension méditerranéenne et africaine.

    Aujourd’hui, jeudi 21 mai, la conférence se poursuivra avec une deuxième journée centrée sur les perspectives d’avenir. Les débats aborderont les mécanismes d’appui à la transition énergétique, le financement climatique et les partenariats internationaux. Les institutions financières internationales, dont la Banque européenne d’investissement, la KfW, la BAD et le Fonds vert pour le climat, présenteront leurs mécanismes de soutien aux projets énergétiques tunisiens.

    La clôture officielle devrait être marquée par des hommages aux anciens dirigeants de l’agence, un échange entre le premier PDG de l’ancienne AME et celui de l’actuelle ANME, ainsi que la présentation d’un rapport final traçant les grandes orientations de la feuille de route énergétique tunisienne pour les décennies à venir.

    À travers cette célébration, l’ANME ne commémore pas seulement un anniversaire institutionnel. Elle cherche surtout à réaffirmer le rôle stratégique de la transition énergétique dans l’avenir économique et environnemental de la Tunisie, à un moment où la souveraineté énergétique et la lutte contre le changement climatique deviennent des enjeux majeurs pour tout le bassin méditerranéen.

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    Nafaâ Baccari : la transition énergétique devient un levier stratégique pour la Tunisie

    La Tunisie a réalisé des économies significatives sur ses importations de gaz grâce à l’intégration progressive des énergies renouvelables dans son mix énergétique. C’est ce qu’a affirmé le directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), Nafaâ Baccari.

    S’exprimant à l’ouverture du Congrès national de la transition énergétique, organisé les 20 et 21 mai 2026 à Tunis sous le thème « Une transition énergétique juste, durable et innovante », Nafaâ Baccari a souligné que ces efforts ont permis d’éviter des coûts estimés à environ 9,6 millions de dinars, dans un contexte où la facture énergétique nationale avait atteint près de 14 milliards d’euros en 2019.

    Plus d’un million de ménages équipés en solaire

    Parmi les avancées majeures, le DG de l’ANME a mis en avant le développement du programme de chauffage solaire de l’eau sanitaire, qui a permis d’équiper plus d’un million de foyers tunisiens en systèmes solaires thermiques. Ces résultats s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à renforcer l’indépendance énergétique du pays et à réduire la consommation des énergies fossiles.

    Il a également annoncé la poursuite et l’élargissement de plusieurs programmes destinés aux ménages, notamment en matière de production d’électricité via des installations photovoltaïques sur les toitures, ainsi que des mécanismes de subvention liés aux économies d’énergie générées par les politiques publiques.

    Toujours dans le même ordre d’idées, il est à noter que, dans le cadre des politiques d’efficacité énergétique, un projet de modernisation de l’éclairage public prévoit le remplacement d’environ 350 000 points lumineux par des lampes LED à haute efficacité énergétique. Ce programme devrait permettre de réaliser jusqu’à 30 % d’économies d’énergie.

    Le projet, dont le financement a été finalisé récemment, devrait démarrer en 2027, en attendant la mobilisation de financements complémentaires pour achever son extension.

    Décarbonation, déchets et mobilité au cœur des priorités

    Le directeur général de l’ANME a également insisté sur les grandes priorités de la prochaine phase de transition énergétique, notamment la décarbonation du secteur industriel, la valorisation énergétique des déchets, le développement de la mobilité durable et l’électrification progressive des usages.

    Il a également évoqué la nécessité d’accompagner les collectivités locales dans la mise en place de plans de transition énergétique, notamment à travers l’optimisation de l’éclairage public et l’amélioration de l’efficacité énergétique des infrastructures.

    Enfin, Nafaâ Baccari a rappelé que la Tunisie s’oriente vers un modèle énergétique plus durable, fondé sur la diversification des sources, la réduction de la dépendance aux énergies fossiles et la montée en puissance des énergies renouvelables, dans une dynamique de transition « juste et inclusive ».

    L’article Nafaâ Baccari : la transition énergétique devient un levier stratégique pour la Tunisie est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

    Wael Chouchane : 10 % d’électricité verte en Tunisie d’ici fin 2026

    La part des énergies renouvelables dans le mix électrique tunisien a atteint environ 6 % à la fin de l’année 2025, selon les chiffres officiels. Ce taux devrait progresser à 9 % avec l’entrée en exploitation de plusieurs nouvelles centrales, avant d’atteindre près de 10 % d’ici la fin de l’année 2026.

    Ces déclarations ont été faites par le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, lors de l’ouverture du Congrès national de la transition énergétique, organisé les 20 et 21 mai 2026 à Tunis par Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie, sous le thème : « Une transition énergétique juste, durable et innovante ».

    À cette occasion, Wael Chouchane a souligné que la Tunisie est entrée dans une nouvelle phase de sa transition énergétique, dans un contexte marqué par des défis qui ne sont plus uniquement techniques ou conjoncturels, mais désormais liés à la souveraineté nationale et aux choix stratégiques du pays.

    Revenant sur le 40e anniversaire de la création de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie, Wael Chouchane a rappelé le rôle central joué par l’institution dans la diffusion de la culture de l’efficacité énergétique, la rationalisation de la consommation d’énergie ainsi que le développement des énergies renouvelables. Il a également mis en avant l’expertise nationale développée par la Tunisie dans ce domaine, reconnue aux niveaux régional et international.

    Le secrétaire d’État a insisté sur l’ampleur du déficit énergétique auquel fait face la Tunisie, estimant qu’il devient impératif d’accélérer la transition vers un nouveau modèle énergétique reposant sur deux piliers complémentaires : le développement rapide des projets d’énergies renouvelables et le renforcement des programmes d’efficacité énergétique.

    Selon lui, l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie sera appelée à jouer un rôle encore plus important dans l’accompagnement des efforts de l’État en faveur de cette transformation stratégique. Il s’est toutefois dit confiant quant à la capacité de la Tunisie à réussir cette transition grâce aux compétences, aux expertises et aux institutions nationales dont elle dispose.

    Wael Chouchane a enfin rappelé que la stratégie énergétique nationale à l’horizon 2035 vise à porter la part des énergies renouvelables à 35 % du mix électrique d’ici 2030.

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    7 projets verts au service des femmes rurales

    Sept (7) projets d’énergie solaire, d’une capacité totale de 120 kilowatts, ont été réalisés au profit d’associations de développement, de coopératives agricoles et de femmes entrepreneures en Tunisie. Et ce, dans le cadre de l’Initiative régionale pour la promotion des applications d’énergie renouvelable à petite échelle dans les zones rurales de la région arabe (REGEND). C’est ce qu’a fait savoir le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane.

    Participant à distance à une session consacrée à l’Objectif de développement durable n°7 (Énergie propre et d’un coût abordable), organisée dans le cadre du Forum arabe pour le développement durable, le secrétaire d’État a souligné que cette initiative portée par la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (ESCWA) constitue une expérience pionnière pour garantir une transition énergétique inclusive et résiliente et un levier de développement local et d’autonomisation des femmes.

    Toujours selon lui, ces installations décentralisées ont permis d’améliorer directement la qualité de vie en milieu rural en soutenant des infrastructures essentielles telles que les écoles et les centres de santé, tout en dynamisant les activités économiques locales.

    Lors de cette session, M. Chouchane a également évoqué les progrès réalisés par la Tunisie dans le cadre de sa transition énergétique. Affirmant ainsi que le succès de cette transition ne dépend pas uniquement des mégaprojets, mais nécessite l’implication de l’ensemble des acteurs (institutions publiques, collectivités locales, société civile et secteur privé) pour concevoir des solutions adaptées aux besoins spécifiques du pays.

    Il a évoqué les efforts déployés pour accroître la contribution des énergies renouvelables dans le mix énergétique, encourager l’investissement dans l’énergie solaire et éolienne et mettre en place des programmes de rationalisation de la consommation d’énergie dans les différents secteurs économiques.

    La Tunisie poursuit ses objectifs visant à atteindre 35 % de part d’énergies renouvelables dans le mix électrique, contre environ 9 % actuellement, a-t-il rappelé. Tout en précisant qu’environ 450 mégawatts ont déjà été installés sur les toits des habitations dans le cadre du régime d’autoproduction, outre le lancement prochain de cinq projets majeurs d’une capacité totale de 600 mégawatts pour renforcer le réseau national.

    Par ailleurs, le Forum arabe pour le développement durable, organisé par l’ESCWA en collaboration avec la Ligue des États arabes, a réuni plusieurs responsables régionaux pour évaluer les progrès de l’Agenda 2030 dans la région arabe.

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    Les Tunisiens connaissent-ils les ressources de leur sous-sol ?

    Il paraît qu’en Tunisie, le pétrole coule sous les sables du Sud. Il paraît — car personne ne vous le dira officiellement. Ni Bourguiba ne l’a dit clairement. Ni Ben Ali. Ni la Troïka. Ni Nidaa. Ni Ennahdha. Ni Qalb Tounes. Ni Kais Saïed, le président qui parle de souveraineté nationale à longueur de discours, mais dont les gouvernements successifs depuis 2019 maintiennent les citoyens dans une ignorance souveraine sur l’état de leurs ressources nationales. (Photo : le champ gazier Nawara à Tataouine).

    Moktar Lamari, Ph.D.

    L’omerta a ses idéologues à gauche, à droite, au centre et au palais de Carthage. C’est le seul vrai consensus national : ne rien dire aux Tunisiens sur leur propre sous-sol.

    Alors permettez-moi, chiffres à la main, de commettre ce que les cercles du pouvoir tunisien appellent une indiscrétion — et que les démocraties normales appellent simplement information publique.

    Gouvernorat de Tataouine : le Koweït tunisien qu’on a décidé d’ignorer

    Commençons par le Sud, cette Tunisie oubliée qui produit et qui souffre simultanément. Le gouvernorat de Tataouine concentre à lui seul 46% de la production nationale de pétrole brut et 27% du gaz naturel. En clair : presque la moitié du pétrole tunisien sort des terres d’une région qui n’a ni université digne de ce nom, ni hôpital équipé, ni autoroute. Voilà le paradoxe tunisien dans toute sa splendeur sarcastique.

    Le champ Nawara — opéré conjointement par l’autrichien OMV et l’Etap (50% chacun) — a atteint son pic en 2022 à 1 milliard de mètres cubes (bcm) de gaz naturel, soit l’équivalent d’environ 1 000 millions de litres d’équivalent pétrole annuellement.

    À un prix moyen de 5 dollars le million de BTU, Nawara représentait au pic environ 500 millions de dollars de valeur brute annuelle. Depuis, le champ s’effondre : -48% de production enregistrés en 2025 selon l’Onem. Nawara tousse. Et Tunis se tait.

    Le champ onshore Sabria (Etap 55%, Serinus Energy 45%), le complexe Anaguid East (OMV/Etap, en développement), les concessions Jinane et Benefsej Sud — toutes arrêtées pour maintenance en septembre 2025 — complètent ce tableau sudiste.

    Le gouvernorat de Kébili, voisin et également producteur, contribue au même ensemble géologique du bassin de Ghadames, sans que le citoyen de Douz ou de Matmata sache jamais combien de barils partent chaque matin de ses terres vers les ports méditerranéens.

    Gouvernorat de Sfax et le Golfe de Gabès : l’offshore qu’on sous-exploite

    En mer, le champ Ashtart (Etap 50%, Perenco 50%) peut produire jusqu’à 30 000 barils/jour, soit 4,8 millions de litres quotidiens. Valorisés à 72 dollars le baril — cours BMI 2026 — cela représente 2,16 millions de dollars par jour, soit 788 millions de dollars annuels à pleine capacité. Mais le champ a été arrêté entre juin et juillet 2025. Pour maintenance. Sans communiqué officiel. Sans transparence. Dans l’ombre, comme il se doit.

    Le champ Didon (permis Zarat, Etap 100%) peut atteindre 20 000 barils/jour. Le champ Cercina (Etap 51%, Panoro UK 49%) produit 8 000 barils/jour.

    Ensemble, le Golfe de Gabès représente l’un des derniers bastions offshore tunisiens — avec des infrastructures vieillissantes que ni le budget de l’État ni l’appétit des investisseurs étrangers ne suffisent à renouveler.

    En juillet 2024, Tunis a décidé de ne pas renouveler les concessions des champs Rahmoura et Ashtart expirés, préférant l’opération directe par l’Etap. Résultat : des champs qui ne produisent plus rien, au nom de la souveraineté. C’est ce qu’on appelle, en économie politique, couper son nez pour faire peur à son visage.

    Bizerte : une raffinerie de 1963 pour une Tunisie de 2026

    Le gouvernorat de Bizerte abrite la seule raffinerie du pays, gérée par la Stir depuis 1963 — soit l’année où John Kennedy était encore vivant et où la Tunisie venait à peine d’enterrer le beylicat. Capacité nominale : 34 000 barils/jour, soit 5,4 millions de litres/jour. Taux d’utilisation réel en 2025 : 52,5% seulement. En 2023, production en chute de 26,4% suite à un arrêt dont les causes officielles restent, vous l’aurez deviné, non explicitées.

    Pendant ce temps, la Tunisie importe 84 500 barils/jour de produits raffinés nets en 2026 — soit 13,4 millions de litres quotidiens achetés à l’Italie, à la Russie, à Malte, à la Bulgarie et à la Roumanie. Coût : environ 2,7 milliards de dollars par an. Ce que la Tunisie ne raffine pas chez elle, elle le paie à l’étranger. En toute souveraineté.

    Et le projet de deuxième raffinerie à Skhira (2 milliards de dollars, 120 000 b/j initialement, avec QatarEnergy) ? Suspendu sine die. Le sous-sol libyen devait fournir le brut. La politique libyenne a fourni le chaos. Résultat : zéro.

    Le Gazoduc Transmed : 370 km de tuyau dont le Tunisien ignore l’existence

    Le pipeline Transmed — officiellement baptisé Enrico Mattei par l’Italie — traverse 370 kilomètres de territoire tunisien, de la frontière algérienne jusqu’à Cap Bon, avant de plonger sous la Méditerranée vers la Sicile. Capacité technique totale du réseau : 33 bcm/an.

    La Tunisie perçoit en contrepartie du transit un droit en nature — du gaz algérien — qui constitue une part significative de ses importations énergétiques.

    Car voici le comble : la Tunisie produit 1,0 bcm de gaz en 2026, mais en consomme 5,0 bcm. Elle importe donc 3,9 bcm, quasi exclusivement d’Algérie. À 5 dollars le MMBTU moyen, ces importations coûtent environ 600 millions de dollars annuellement. En 2035, BMI projette des importations de 5,5 bcm — la dépendance s’aggrave pendant que la production nationale s’effondre à 0,8 bcm. La Tunisie sera alors capable de couvrir à peine 12,6% de sa propre consommation gazière. Le reste : importé, facturé, payé en devises rares.

    La production nationale : les chiffres qu’on ne cite jamais

    Voici les données brutes, celles que ni le palais de Carthage, ni le ministère de l’Industrie, ni les partis d’opposition n’ont jamais eu la courtoisie d’expliquer au citoyen :

    Pétrole brut 2024 : 30 200 barils/jour = 4,8 millions de litres/jour. Valeur au prix de 80,70 $/b : environ 890 millions de dollars annuels.

    Pétrole brut 2026 (estimé) : 27 700 b/j = 4,4 millions de litres/jour. Valeur à 78 $/b : environ 789 millions de dollars annuels. Soit 100 millions de dollars de moins qu’en 2024, en deux ans seulement.

    – Pétrole brut 2035 (projeté) : 22 500 b/j = 3,6 millions de litres/jour. Valeur à 70 $/b : environ 575 millions de dollars annuels. La trajectoire est univoque : vers le bas.

    – Les réserves prouvées en pétrole : 410 millions de barils en 2026, tombant à 380 millions en 2035. Les réserves en gaz : 60 bcm aujourd’hui, 50 bcm en 2035. Chaque année, la Tunisie pompe sans remplacer. Elle mange son capital sans le renouveler. C’est ce qu’on appelle, en comptabilité nationale, manger les meubles.

    L’omerta : pourquoi ce silence organisé ?

    Posons la question frontale : pourquoi cette omerta systémique sur les ressources énergétiques tunisiennes ?

    Premièrement, le secret protège les rentes. Quand le citoyen ne sait pas combien de barils partent de Tataouine, il ne peut pas calculer ce que l’État en tire, ce qui revient aux compagnies étrangères, et ce que l’Etap — dont les rapports financiers arrivent avec deux ans de retard — verse réellement au Trésor. L’opacité est la mère de toutes les rentes.

    Deuxièmement, le silence évite les questions sociales. Quand les habitants de Tataouine — qui produisent 46% du pétrole national — réclament leur part du développement régional, la réponse officielle est le gaz lacrymogène, pas la transparence budgétaire. L’omerta évite d’avoir à justifier pourquoi la région qui pompe souffre pendant que la capitale consomme.

    Troisièmement, les partis politiques sont tous complices. Ennahdha a gouverné sans publier un seul bilan énergétique accessible au grand public. La Troïka idem. Nidaa Tounes idem. Et Kais Saied, qui a concentré tous les pouvoirs depuis 2021, n’a pas fait produire par ses services aucun rapport national sur l’état des ressources énergétiques, aucune stratégie publiée, aucun débat parlementaire digne de ce nom— le parlement étant vidé de sa substance. L’omerta transcende les clivages politiques : c’est le seul vrai programme national.

    Quatrièmement, le nouveau Code des Hydrocarbures attend toujours. En février 2025, le gouvernement a examiné un projet. Dix-huit mois plus tard, le texte n’est toujours pas soumis au Conseil des ministres. Pendant ce temps, les IOCs quittent le pays — Shell a abandonné Miskar et Hasdrubal en 2021-2022 — et les licences d’exploration tombent de 20 en 2021 à 15 en 2025. Le secteur se vide de ses investisseurs pendant qu’on réfléchit à la législation qui les attirerait.

    Épilogue : omerta rime avec défiance

    La Tunisie est à genoux économiquement. Son ratio dette/PIB dépasse 80%. L’accord FMI a été rejeté en avril 2025. La BCT maintient son taux directeur à 8% pour contenir l’inflation. Le dinar s’érode. Et pendant ce temps, le sous-sol tunisien continue de se vider à 27 700 barils/jour, sans stratégie de remplacement, sans transparence, sans débat national.

    Le gouvernement ne fait rien pour mériter la confiance du citoyen. Et le citoyen, faute d’information, ne peut même pas formuler les bonnes questions. C’est la boucle parfaite de l’omerta d’État : un peuple qu’on appauvrit en secret, avec son propre pétrole.

    Jusqu’à quand ? La réponse appartient aux Tunisiens — à condition qu’on leur donne enfin les chiffres pour décider.

    * Economiste universitaire.

    Source principale : BMI/Fitch Solutions, Tunisia Oil & Gas Report, May 2026, 91 pages, Fitch Solutions Group Limited, Londres, ISSN 2058-0762, copy deadline avril 2026.

    Données complémentaires : Etap (Rapport annuel 2024), Onem, EIA, Opep Secondary

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    Le pétrole recule face aux annonces de désescalade entre Washington et Téhéran

    Les prix du pétrole ont reculé ce mercredi 20 mai après les déclarations du président américain, Donald Trump, affirmant que la guerre avec l’Iran pourrait prendre fin « très rapidement », ce qui ravive les anticipations d’un apaisement des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, selon plusieurs sources de marché.

    Les contrats à terme sur le pétrole brut Brent ont chuté de 0,54 $, soit 0,49 %, à 110,7 $ le baril, tandis que les contrats à terme sur le pétrole brut West Texas Intermediate américain ont reculé de 0,49 $, soit 0,47 %, à 103,7 $.

    Les analystes soulignent cependant que cette détente reste fragile. Car malgré les signaux d’apaisement, les risques sur l’approvisionnement mondial demeurent élevés, notamment en raison des perturbations persistantes dans le détroit d’Ormuz et des incertitudes sur la stabilité d’un éventuel accord.

    Dans l’ensemble, les marchés énergétiques restent donc suspendus aux évolutions diplomatiques et militaires entre Washington et Téhéran, dans un contexte où toute escalade ou rupture de négociations peut rapidement inverser la tendance des prix.

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    Énergie : la Tunisie stabilise son déficit

    Le déficit de la balance commerciale énergétique de la Tunisie, redevance du gaz algérien exporté incluse, s’est maintenu à 2 969 millions de dinars à fin mars 2026. C’est ce qu’il ressort du dernier rapport de conjoncture économique publié lundi par l’Observatoire national de l’énergie et des mines (ONEM).

    Cette stabilité résulte d’une hausse des exportations de produits énergétiques de 25 % en valeur, partiellement compensée par une progression des importations de 3 %. L’Observatoire rappelle que les échanges commerciaux du secteur énergétique sont déterminés par trois facteurs : les quantités échangées; le taux de change dollar/dinar; et les cours du Brent, qualité de référence sur laquelle sont indexés les prix du brut importé et exporté ainsi que ceux des produits pétroliers.

    Sur ce plan, le cours du Brent a progressé de 31 dollars le baril en mars 2026 par rapport à mars 2025, sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient. Dans le même temps, le dinar tunisien s’est apprécié de 6 % face au dollar américain, principale devise des échanges énergétiques. Et ce, par rapport à la même période de l’année précédente.

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    Mosquées vertes en Tunisie : 92 % d’économies d’énergie

    Abdelkader Baccouche, directeur de la performance énergétique dans le secteur du bâtiment à l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (ANME), a indiqué que le programme des mosquées constitue aujourd’hui l’un des projets les plus avancés en matière de maîtrise de l’énergie dans les bâtiments publics.

    Les avancées de la transition énergétique dans le bâtiment ont été mises en lumière. Et ce, en marge d’une rencontre stratégique de haut niveau sur l’avenir du secteur de la construction durable, organisée par la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie (CCITF), sur le thème : « Quelles visions stratégiques et innovations pour le bâtiment durable de demain ? »

    L’intervenant a souligné que le programme des “mosquées vertes” a permis d’obtenir des résultats particulièrement significatifs, avec des économies d’énergie dépassant 92 % dans plusieurs mosquées pilotes. Ce qui confirme l’efficacité des solutions techniques intégrées mises en place.

    Cette performance repose sur une approche globale combinant l’installation de systèmes photovoltaïques, la modernisation de l’éclairage par des technologies LED à faible consommation, ainsi que l’optimisation des équipements de climatisation. Le dispositif intègre également des systèmes intelligents de gestion et de suivi de la consommation énergétique en temps réel.

    Les premières expérimentations, menées notamment dans certaines mosquées du gouvernorat de Tozeur, ont permis de réduire fortement la dépendance au réseau électrique traditionnel. Avec un objectif progressif visant à améliorer l’autonomie énergétique des lieux de culte.

    En outre, le même responsable précise que les résultats obtenus ouvrent la voie à une généralisation du programme à l’échelle nationale, couvrant environ 6 500 mosquées. Et ce, dans le cadre d’une stratégie visant à étendre les solutions d’efficacité énergétique aux bâtiments publics.

    Il a enfin estimé que cette dynamique s’inscrit dans une transformation plus large du modèle énergétique national, fondée sur des projets structurants, reproductibles et à fort impact, capables d’accélérer concrètement la transition énergétique tout en réduisant la charge énergétique supportée par l’État.

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