❌

Lese-Ansicht

Éducation et culture : le pari sur l’égalité des chances

Par Ahmed NEMLAGHI

En plaçant l’éducation au rang des composantes de la sécurité nationale, le président de la République défend une vision dans laquelle l’école, la culture et la justice sociale sont étroitement liées. Son entretien, le 8 octobre à Carthage, avec la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, et Mohamed Ali Boughdiri, secrétaire général du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, remet au premier plan un chantier essentiel : faire du droit à l’éducation une réalité pour tous.

L’éducation ne saurait être réduite à la transmission des connaissances ni la culture cantonnée à une activité réservée à une partie de la société. C’est, en substance, le sens de l’orientation défendue par Kaïs Saïed, qui considère l’école comme un pilier de la construction nationale, de la cohésion sociale et de la préparation des générations futures. La rencontre tenue au palais de Carthage traduit cette approche : l’avenir du système éducatif se joue autant dans les programmes et les méthodes pédagogiques que dans les conditions matérielles d’apprentissage et l’accès à la culture.

En rappelant que l’éducation et l’enseignement font partie intégrante de la sécurité nationale, le chef de l’État leur attribue une portée qui dépasse le cadre scolaire. Il s’agit, dans cette perspective, de former des citoyens capables de comprendre leur environnement, d’exercer leur esprit critique et de participer à la vie collective.

Cette conception repose sur un principe : la solidité d’un pays dépend aussi de la qualité de son système éducatif, de la diffusion du savoir et de la capacité de chaque génération à acquérir les outils nécessaires à son émancipation. La sécurité nationale ne se limite donc pas à ses dimensions traditionnelles. Elle comporte également une dimension humaine, intellectuelle et sociale, dont l’éducation constitue un élément déterminant.

L’inscription du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement dans la Constitution s’inscrit dans cette orientation. Pour Kaïs Saïed, cette consécration institutionnelle traduit la place stratégique accordée à l’éducation dans le projet national. Reste toutefois à donner à cette ambition toute sa portée par des mécanismes de concertation, une vision cohérente et des réformes capables de répondre durablement aux difficultés du secteur.

 

La réussite comme corollaire de l’égalité des chances

L’un des axes majeurs rappelés par le président concerne l’instauration d’un système éducatif national garantissant l’égalité pour tous. Cette ambition renvoie à une question fondamentale : comment assurer à chaque enfant, indépendamment de son milieu social ou de son lieu de résidence, des possibilités comparables d’apprentissage et de réussite ?

L’égalité devant l’éducation ne se résume pas à l’ouverture des portes de l’école. Elle suppose que les élèves disposent de conditions leur permettant de suivre leur scolarité, de développer leurs capacités et de poursuivre leurs études sans être pénalisés par leur situation familiale ou territoriale.

C’est dans ce contexte que prend tout son sens l’appel présidentiel à inculquer, dès la première année du primaire, les principes de liberté, d’émancipation et de justice sociale. L’école est appelée à transmettre des savoirs, mais également à former des citoyens conscients de leurs droits, de leurs responsabilités et de leur place dans la collectivité.

Cette orientation implique de dépasser une conception purement administrative de la démocratisation de l’enseignement. L’enjeu n’est pas seulement de permettre l’accès à l’école, mais de réunir les conditions d’une véritable égalité des chances tout au long du parcours scolaire.

 

Les conditions matérielles, un préalable à la réussite

Le président de la République a également insisté sur la nécessité d’assurer aux élèves le transport, la restauration, l’hébergement dans les internats, les vêtements et les fournitures scolaires, en coordination avec les structures concernées. Ces besoins concrets constituent un volet essentiel de la politique éducative.

Pour les familles confrontées à des difficultés économiques, le coût indirect de la scolarité peut représenter un obstacle important. Les déplacements, les repas et le matériel nécessaire à l’apprentissage pèsent sur les budgets domestiques et peuvent accentuer les inégalités entre élèves.

En mettant ces questions en avant, Kaïs Saïed associe la justice sociale à des réponses qui touchent directement la vie quotidienne des familles. L’objectif affiché est de faire en sorte que les conditions économiques ne déterminent pas, à elles seules, les possibilités de réussite d’un enfant.

Mais cette orientation appelle une mise en œuvre rigoureuse. La disponibilité du transport scolaire, la qualité de la restauration, la capacité d’accueil des internats et l’accès effectif aux fournitures doivent se traduire par des mesures concrètes, suivies et évaluées. C’est à cette échelle que l’ambition de l’égalité des chances pourra être appréciée.

 

La culture, un prolongement naturel de l’école

La place accordée aux clubs culturels dans les établissements scolaires constitue un autre volet significatif de cette vision. En appelant à leur création dans les différentes institutions éducatives, le chef de l’État souligne que l’éducation ne se limite pas aux enseignements dispensés en classe.

La pratique culturelle contribue à l’éveil intellectuel, à la créativité, à l’expression personnelle et à la découverte du patrimoine. Elle peut également favoriser la confiance en soi, le dialogue et le respect des différences. Théâtre, lecture, musique, arts plastiques ou activités patrimoniales offrent autant de possibilités de compléter les apprentissages scolaires.

Le rapprochement entre les secteurs de l’éducation et de la culture prend ici tout son sens. La présence de la ministre des Affaires culturelles à cette rencontre illustre l’importance d’une approche transversale dans laquelle les activités culturelles peuvent accompagner la formation des jeunes et élargir leur accès au savoir.

Pour produire des effets durables, cette ambition nécessite toutefois des moyens, des espaces adaptés, un encadrement compétent et une programmation accessible à tous les élèves. Les clubs culturels ne doivent pas rester une simple annonce, ils sont appelés à devenir des lieux vivants d’apprentissage et de participation.

 

De l’orientation politique aux résultats concrets

En revenant sur les précédentes tentatives de réforme du système éducatif, Kaïs Saïed a exprimé des réserves sur leur portée et leurs motivations. Cette appréciation traduit sa volonté affichée de rompre avec des réformes qu’il juge insuffisantes et de privilégier une transformation plus profonde du système national.

Toutefois, la réussite d’une politique éducative ne se mesure pas uniquement à ses principes ou à ses intentions. Elle dépend aussi de la continuité des décisions, de la mobilisation des ressources, de la coordination entre les institutions et de la capacité à associer les acteurs de terrain à la recherche de solutions.

L’enjeu est donc de faire converger les objectifs éducatifs, les politiques sociales et l’action culturelle autour d’une même exigence : offrir à chaque enfant les moyens d’apprendre, de s’épanouir et de construire son avenir.

La rencontre de Carthage remet ainsi en lumière les grandes lignes d’une vision qui lie souveraineté nationale, justice sociale et formation des générations futures. Sa portée dépendra désormais de la traduction de ces orientations en programmes accessibles, en services effectifs et en améliorations mesurables pour les élèves et leurs familles.

Faire de l’éducation un pilier de la sécurité nationale et de la culture un instrument d’émancipation constitue une ambition de long terme. Le véritable défi consiste à transformer ces principes en une égalité des chances vécue au quotidien, dans chaque école et pour chaque élève.

L’article Éducation et culture : le pari sur l’égalité des chances est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Comportements à risque : agir en milieu scolaire

La prévention des comportements à risque en milieu scolaire repose sur une approche globale associant l’école, les familles et les partenaires institutionnels pour instaurer un climat bienveillant et sécurisé. L’objectif est  d’apprendre aux élèves à identifier et à gérer leurs émotions, favoriser l’empathie, la communication non violente et la résolution pacifique des conflits, par exemple via des cours d’empathie dès l’école primaire, créer des espaces de parole et d’écoute (heures de vie de classe, forums de sensibilisation, journées dédiées) et instaurer des programmes de soutien positif pour valoriser les bons comportements et désamorcer les tensions.

C’est dans ce cadre que le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Seniors a organisé une belle action intitulée  «Une heure de prévention» de manière simultanée et unifiée dans les différentes régions. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’approche nationale participative visant à prévenir les comportements à risque, en coordination avec les délégations régionales chargées des affaires de la femme et de la famille ainsi que divers partenaires (ministères, organismes publics et associations concernées). Cet événement offrira un espace de rencontre pour les familles et les élèves, favorisant l’écoute, l’accompagnement, le conseil et la sensibilisation, dans le but d’une prévention participative contre les phénomènes et comportements à risque.

Une heure de prévention dans nos écoles

Plusieurs élèves sont exposés à des risques qui peuvent affecter leur santé, leur bien-être et leur réussite éducative. Ces conduites à risque altèrent le bien-être physique et mental et ont des répercussions sur les relations avec autrui : isolement social, violences, conflits, marginalisation… Sur le plan académique, le parcours scolaire et les résultats peuvent être affectés. Comprendre quels sont les facteurs qui influencent les comportements à risque va permettre d’agir de façon cohérente sur un ensemble de déterminants communs. Prédisposants ou protecteurs, ces facteurs vont accroître ou au contraire prévenir la vulnérabilité des enfants ou des jeunes face à ces conduites. Il peut s’agir de caractéristiques personnelles telles que la capacité à faire face aux événements, à nouer des relations. C’est aussi l’environnement proche, comme la qualité des relations au sein de la famille ou les relations avec les pairs. C’est également l’environnement social, en particulier l’école, son mode d’organisation et les valeurs sociales qu’elle défend et véhicule. La prévention en milieu scolaire regroupe l’ensemble des mesures et actions visant à protéger les élèves et le personnel éducatif contre les risques liés à la vie scolaire. C’est dans ce cadre que des séances de prévention des comportements à risque en milieu scolaire reposent sur plusieurs axes éducatifs, partenariaux et pratiques ont été animées hier  par les enseignants et des psychologues à Tunis, Ben Arous, La Manouba, Bizerte, Siliana, Zaghouan, Béja, Nabeul, Sousse, Monastir, Mahdia, Sfax, Kairouan, Sidi Bouzid, Gabès, Gafsa, Tozeur et Tataouine en vue d’apprendre aux élèves à gérer leurs émotions, à résister à la pression des pairs et à renforcer leur esprit critique tout en les sensibilisant aux dangers du numérique, des addictions, des réseaux sociaux et des cyberviolences.  L’école est le lieu par excellence d’ancrage des programmes de promotion de la santé et de prévention des conduites à risque. Ces initiatives de prévention dans nos écoles  permettent aux enfants d’acquérir des compétences favorables à la santé (développement de compétences sociales, émotionnelles et cognitives) en utilisant des méthodes interactives s’inscrivant dans la durée. Ils favorisent la création d’un environnement propice à leur mise en pratique. Ces comportements, qui sont des facteurs de protection vis-à-vis des comportements à risque, sont aussi des vecteurs de réussite à l’école. Les parents ont un rôle à jouer : sensibiliser leurs enfants  aux comportements à risque et  accompagner le développement de leurs enfants, tout en assurant leur sécurité. Il est crucial de consulter un professionnel de la santé mentale lorsqu’un adolescent affiche de manière répétée des comportements préoccupants ou dangereux si les  tentatives pour l’encourager à une conduite plus saine demeurent inefficaces. La prévention des conduites à risque peut commencer dès l’enfance par l’éducation, la communication ouverte et la promotion de comportements sains. Elle s’effectue à la maison et à l’école.

Kamel BOUAOUINA

 

L’article Comportements à risque : agir en milieu scolaire est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Abandon scolaire : la plaie saignante de l’éducation nationale 

L’école publique tunisienne, jadis socle de la promotion sociale et symbole de la construction de l’État moderne, affronte aujourd’hui une crise d’une ampleur inédite. Chaque année, près de 100.000 élèves désertent prématurément les salles de classe sans obtenir le moindre diplôme ni la moindre qualification professionnelle. Ce phénomène massif d’abandon ne constitue pas seulement un drame individuel pour des dizaines de milliers de familles, il s’impose comme une véritable hémorragie nationale qui fragilise le tissu socio-économique du pays et alimente l’exclusion sociale. Pourtant, le cadre juridique tunisien est sans équivoque, puisque la Loi d’orientation sur l’éducation stipule formellement que l’éducation proclame l’obligation de l’éducation pour tous les enfants âgés de 6 à 16 ans. Entre le droit théorique et la réalité du terrain, le fossé n’a pourtant jamais été aussi profond. Le dernier recensement général de la population et de l’habitat publié par l’Institut national de la statistique (INS), apporte un éclairage d’une grande précision sur la scolarité des enfants appartenant à la tranche d’âge 6-16 ans. D’après ces données démographiques, si 95,5% des enfants de cette tranche d’âge demeurent globalement intégrés dans le parcours scolaire, 3,5% ont définitivement abandonné l’école et 1% n’y ont tout simplement jamais été inscrits.

L’analyse statistique met en évidence une dynamique de genre bien marquée. La non-scolarisation totale concerne 1,1% des garçons contre 0,9% des filles, mais la fracture s’élargit plus nettement au niveau de l’abandon en cours de route. Le taux de décrochage atteint en effet 4,8% chez les garçons, contre 2,1% seulement chez les filles.

Cependant, l’enseignement majeur du recensement général de la population et de l’habitat réside dans l’accélération brutale de l’abandon au fur et à mesure que l’enfant avance en âge. Alors que le taux d’abandon et de non-scolarisation ne dépasse pas 0,5% chez les enfants de 6 à 11 ans, correspondant au cycle primaire, il monte en flèche pour atteindre 6,5% chez les adolescents âgés de 12 à 16 ans. Selon les classifications internationales, ces jeunes se retrouvent ainsi totalement hors du système de l’enseignement, de la formation professionnelle et de toute prise en charge spécialisée, basculant dans la catégorie très vulnérable connue sous l’acronyme anglais des NEET (Neither in Employment, Education or Training – Ni en emploi, ni en études, ni en formation).

Un taux d’achèvement du cycle secondaire en chute libre

L’amplification du phénomène avec l’âge démontre la nécessité impérieuse de renforcer les mécanismes de maintien et de prévention dans l’enseignement collégial et secondaire, en prêtant une attention particulière aux garçons, qui s’avèrent les plus exposés au décrochage précoce. Cette fracture s’inscrit dans une tendance de longue durée mise en lumière par l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Études Quantitatives. La déscolarisation a connu une hausse continue au fil des décennies, passant d’environ 26.000 cas par an lors de l’année scolaire 1984/1985 à 57.613 cas en 1994/1995, avant d’atteindre un sommet critique de 100.000 cas par an durant l’année scolaire 2012/2013. Les chiffres institutionnels récents confirment la persistance du problème, avec une moyenne de 90.000 à 100.000 élèves âgés de 6 à 16 ans qui quittent les bancs des écoles chaque année.

Cette déperdition continue impacte directement la finalisation des parcours d’études. L’enquête nationale sur la situation de la mère et de l’enfant en Tunisie, menée par le ministère de l’Économie et de la Planification avec l’appui du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), révèle qu’un peu plus d’un tiers seulement, soit 34,5% des élèves tunisiens, ont réussi à achever le cycle secondaire en 2023, alors qu’ils étaient 48,7% en 2018. En l’espace de cinq ans, le taux d’achèvement du secondaire a ainsi reculé de plus de 14 points.

Cette chute de l’achèvement traduit d’importantes inégalités territoriales et démographiques. Le taux d’achèvement atteint 41,3% en milieu urbain, contre seulement 22,8% en milieu rural. Sur le plan régional, le Grand Tunis affiche le taux le plus élevé avec 45,2%, tandis que le Centre-Ouest avec 22% et le Nord-Ouest avec 26,9% accusent un retard structurel considérable. La meilleure rétention scolaire des filles se confirme également sur ce terrain, puisque 46,8% d’entre elles mènent à terme le cycle secondaire, contre seulement 25,1% chez les garçons.

La pauvreté, principal catalyseur de la déscolarisation

Le décrochage scolaire ne résulte pas d’une décision individuelle isolée, mais bien d’un engrenage où se cumulent précarité économique, isolement géographique et défaillances pédagogiques. Selon une étude menée par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) auprès d’un échantillon représentatif de 601 enfants dans les gouvernorats de Monastir, Kasserine et Kairouan, 80% des enfants ayant abandonné l’école sont issus de familles défavorisées. Les gouvernorats affichant les taux de décrochage les plus élevés sont d’ailleurs ceux où la pauvreté est la plus prégnante, à l’image de Kairouan, Kasserine et Sidi Bouzid. Face aux difficultés financières du foyer, 50% des enfants interrogés ont déclaré avoir été contraints de travailler pour aider leurs parents, et plus de la moitié avouent être tentés par l’émigration clandestine.

Le niveau d’instruction parental constitue un autre facteur déterminant, puisque 60% des enfants qui décrochent sont nés de parents n’ayant pas fait d’études ou ayant interrompu leur scolarité très tôt. Dans les régions intérieures, l’éloignement géographique des établissements éducatifs aggrave considérablement la situation. D’après l’enquête du FTDES, 78,3% des élèves se rendent à l’école à pied, et parmi eux, 12,6% doivent effectuer une marche quotidienne comprise entre 30 et 60 minutes. Ces trajets pénibles et parfois insécurisés découragent les familles, en particulier pour la scolarisation des jeunes filles dans les régions les plus reculées.

Les répercussions de cet abandon précoce dépassent largement le cadre éducatif et touchent directement l’équilibre social, économique et sécuritaire du pays. Privés de formation et de qualification, les jeunes décrocheurs accèdent très difficilement à l’emploi formel, se trouvent fortement exposés au chômage de longue durée et courent un risque élevé de marginalisation sociale.

Afin de lutter contre ce phénomène, le ministère de l’Éducation et l’UNICEF ont mis en place le programme de l’École de la deuxième chance, pensé pour accompagner les jeunes déscolarisés afin de les réintégrer dans le système d’enseignement formel ou de les orienter vers la formation professionnelle. Toutefois, ce dispositif demeure encore trop restreint, avec seulement cinq centres opérationnels actuellement sur l’ensemble du territoire national.

Walid KHEFIFI

 

L’article Abandon scolaire : la plaie saignante de l’éducation nationale  est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Éducation : les enseignants suppléants de 2006 à 2024 réclament la régularisation de leur situation

Des enseignants suppléants ayant travaillé entre 2006 et 2024 ont observé, ce vendredi, un sit-in devant le siège du ministère de l’éducation pour revendiquer la régularisation de leur situation et l’inscription de leurs noms dans la base de données relative à l’intégration.

Dans une déclaration à l’agence TAP, leur coordinatrice nationale, Faten Chennoufi, a souligné leur droit à une réponse officielle concernant les recours qu’ils ont déposés auprès des commissariats régionaux de l’éducation, après leur exclusion de la base de données du ministère de tutelle pour régulariser leur situation en deux tranches.

L’intervenante a estimé que les suppléants ne sont responsables de l’erreur administrative survenue lors du traitement de leurs dossiers, qui a empêché la régularisation de leur situation et leur recrutement, contrairement à leurs collègues.

Leur nombre ne dépasse pas 800, selon ses estimations, alors que les établissements scolaires enregistrent actuellement de nombreux postes vacants dans des matières de base, notamment les mathématiques et l’arabe.

Faten Chennoufi a affirmé que les enseignants concernés disposent de tous les documents attestant qu’ils ont été chargés d’assurer le remplacement des enseignants manquants durant la période prévue par le décret présidentiel n° 21 de 2025, daté du 8 janvier 2025, relatif à l’intégration des instituteurs et des enseignants suppléants dans les écoles primaires, les collèges et les lycées relevant du ministère de l’éducation, pour la période allant de 2006 à 2024.

Elle a également souligné que ces suppléants justifient d’une relation de travail établie conformément à la loi.

La coordinatrice nationale s’est interrogée sur le sort des années consacrées par ces enseignants au travail et à l’attente, relevant que, malgré le respect de toutes les conditions fixées par le décret présidentiel n° 21 de 2025, ils n’ont été retenus dans aucune des deux tranches prévues pour la régularisation de leur situation.

À noter que l’article premier de ce décret prévoit l’intégration, à la date de sa publication, de tous les instituteurs et enseignants suppléants en activité dans les établissements scolaires relevant du ministère de l’éducation.

L’article 2 stipule, quant à lui, que les suppléants qui n’étaient pas en activité à la date de publication du décret seront intégrés à compter du 1er janvier 2026, conformément à la base de la base de données du ministère recensant les personnes chargées d’assurer des cours pour combler les postes vacants depuis le 14 septembre 2006.

L’article Éducation : les enseignants suppléants de 2006 à 2024 réclament la régularisation de leur situation est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Kaïs Saïed appelle à garantir l’égalité des chances dans l’éducation

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, jeudi, 8 octobre courant, au palais de Carthage, la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, qui a assuré, en sa qualité de doyenne d’âge, la présidence de la séance inaugurale du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, ainsi que le secrétaire général du Conseil, Mohamed Ali Boughdiri.

Cité dans un communiqué, le chef de l’État a souligné que l’inscription de ce conseil dans le texte de la Constitution, à l’issue de la consultation nationale organisée avant même l’élaboration de la Loi fondamentale du pays, « ne relève pas du hasard ».

Ce conseil étant unique au monde, sa création procède d’une ferme conviction que l’éducation et l’enseignement sont partie intégrante de la sécurité nationale, a-t-il encore renchéri.

Le président Saïed a en outre mis l’accent sur l’impératif d’instaurer un système éducatif national garantissant l’égalité pour tous, appelant à cet égard à inculquer aux jeunes générations les principes de liberté et de justice sociale dès la première année du primaire.

Evoquant les tentatives de réforme du système éducatif engagées par le passé en Tunisie, le président de la République a estimé que celles-ci étaient souvent des manœuvres biaisées et peu innocentes plutôt que des réformes profondes et sérieuses.

Dans le même contexte, il a appelé à la nécessité de créer des clubs culturels au sein des établissements éducatifs et d’assurer le transport, la restauration, l’hébergement, l’habillement et les fournitures scolaires afin de garantir à tous les élèves de bonnes conditions d’apprentissage en coordination avec les parties concernées.

Le président Saïed a conclu que la Tunisie, qui a été de tout temps un vivier de savants ayant émerveillé le monde, en comptera davantage encore grâce à un système éducatif national démocratique et accessible à tous consacrant l’égalité des chances et traduisant les principes consacrés dans les textes constitutionnels en une réalité concrète et palpable.

L’article Kaïs Saïed appelle à garantir l’égalité des chances dans l’éducation est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Transport, repas, internats : Les priorités de Kaïs Saïed pour l’école tunisienne

Le président de la République, Kaïs Saïed, a réaffirmé sa volonté de mettre en place un système éducatif national fondé sur l’égalité des chances et l’accès de tous à l’enseignement. Lors d’une rencontre tenue jeudi 8 octobre 2026 au palais de Carthage avec la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, et le secrétaire général du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, Mohamed Ali Boughdiri, le chef de l’État a souligné le rôle stratégique de l’éducation, qu’il considère comme une composante de la sécurité nationale.

Selon la présidence de la République, Kaïs Saïed a rappelé que l’inscription du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement dans la Constitution répond à une conviction de fond : l’éducation et l’enseignement ne relèvent pas uniquement des politiques sectorielles, mais constituent un enjeu majeur pour l’avenir du pays. Le président a également évoqué les consultations nationales organisées avant l’adoption de la Constitution, estimant que la création de cette instance s’inscrit dans une démarche particulière.

Transport, repas, hébergement : les conditions matérielles au cœur des priorités

Au-delà des principes, le président de la République a insisté sur la nécessité de garantir à tous les élèves les mêmes possibilités d’accès à l’éducation. Il a notamment évoqué le transport scolaire, la restauration, l’hébergement dans les internats, ainsi que la fourniture des vêtements et des fournitures scolaires. Ces mesures devraient être mises en œuvre en coordination avec les différentes parties concernées afin d’améliorer les conditions de scolarisation et d’apprentissage.

Lire aussi : Conseil supérieur de l’Education : Kaïs Saïed au siège de la nouvelle instance

Kaïs Saïed a également appelé à la création de clubs culturels dans les établissements scolaires et à l’intégration, dès la première année de l’enseignement primaire, des principes de liberté, d’émancipation et de justice sociale. Il a, par ailleurs, évoqué les différentes tentatives de réforme du système éducatif tunisien au fil de l’histoire, estimant que certaines n’avaient pas constitué de véritables réformes.

Un système éducatif national, démocratique et accessible à tous

Le chef de l’État a défendu l’objectif d’un système éducatif national, démocratique et accessible à l’ensemble des citoyens, fondé sur l’égalité et l’équité des chances. Il a présenté cette orientation comme un moyen de transformer les principes constitutionnels en réalisations concrètes dans la vie quotidienne des élèves et de leurs familles.

En mettant l’accent sur les conditions sociales de la scolarisation, la culture et les valeurs à transmettre aux jeunes générations, Kaïs Saïed a ainsi placé plusieurs dimensions de la politique éducative au centre de son discours. Reste à traduire ces orientations en mesures opérationnelles, notamment en matière de financement, d’infrastructures scolaires et de soutien aux élèves issus des régions et des milieux les plus défavorisés.

L’article Transport, repas, internats : Les priorités de Kaïs Saïed pour l’école tunisienne est apparu en premier sur webdo.

  •  

Éducation : les programmes de sensibilisation élargis aux risques numériques

Le ministère de l’Éducation prévoit de renforcer, au cours de l’année scolaire en cours, les actions de sensibilisation destinées aux élèves, en y intégrant notamment les risques liés aux drogues ainsi qu’à l’usage d’Internet et de l’espace numérique. Ces programmes devraient également porter sur la sécurité routière, les premiers secours et le rôle de la...

L’article Éducation : les programmes de sensibilisation élargis aux risques numériques est apparu en premier sur Business News.

  •  

Classement Times Higher Education : l’Université de la Manouba maintient sa 4e place nationale

L’Université de la Manouba a conservé la quatrième place parmi les universités tunisiennes dans le classement mondial des universités 2027 établi par Times Higher Education (THE).

Publié récemment, le classement THE 2027 (World University Rankings 2027) évalue un nombre record de 2 297 établissements répartis dans 118 pays et territoires. En effet, l’Université de la Manouba a obtenu un score de 28,2 points, contre 27,5 points dans le classement 2026, soit une progression de 0,7 point.

Cette amélioration est expliquée principalement par la progression de son indicateur relatif à la qualité de la recherche, passant de 42,1 à 44,7 points, selon les données de l’université. L’université occupe ainsi la deuxième place nationale pour cet indicateur.

Il s’agit également de l’amélioration de l’indicateur relatif à l’environnement de recherche qui a progressé de 9,7 à 11,9 points.

L’Université de la Manouba souligne que le maintien de sa quatrième place nationale, parallèlement à l’amélioration de son score global, intervient dans un contexte marqué par une concurrence internationale accrue et par l’augmentation du nombre d’établissements universitaires pris en compte dans le classement.

Le classement mondial des universités du Times Higher Education se veut un tableau de performance international qui offre une évaluation des universités axée sur la recherche selon l’ensemble de leurs missions fondamentales, à savoir, l’enseignement, la recherche, le transfert de connaissances et le rayonnement international.

Le classement en question évalue les universités de recherche sur l’ensemble de leurs missions à l’aide de 17 indicateurs, regroupés en cinq piliers. Il s’agit de l’enseignement (environnement d’apprentissage), l’environnement de recherche (volume, financements, réputation), la qualité de la recherche (impact des citations, force, excellence et influence de la recherche), l’ouverture internationale (enseignants, étudiants, collaborations) et les liens avec l’industrie (revenus et brevets).

La qualité de la recherche constitue le critère le plus important, suivie de l’enseignement et de l’environnement de recherche.

L’article Classement Times Higher Education : l’Université de la Manouba maintient sa 4e place nationale est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Ministère de l’Éducation : appel à intégrer la prévention des risques au cœur des priorités scolaires

Le ministre de l’éducation Nourredine Nouri, a appelé lundi à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée le 5 octobre de chaque année, à la nécessité de placer la prévention des phénomènes nouveaux et des comportements à risque au coeur des priorités éducatives.
Il a également souligné l’importance de réserver un espace spécifique pendant les cours consacré à la sensibilisation et l’information sur les dangers de ces phénomènes aussi bien sur les individus que sur la société, tout en encourageant les élèves à participer activement à la réussite des activités de la campagne nationale de prévention en milieu scolaire et autour des établissements éducatifs.
Nouri a incité tous les enseignants à déployer davantage d’efforts en vue de transmettre les objectifs de la noble mission éducative aux plans cognitif, pratique et éthique à travers la diversification des initiatives pédagogiques et le renouvellement des pratiques professionnelles, afin de mieux accompagner les jeunes et d’adhérer au processus de réforme, aux fins de valoriser l’éducation en tant que priorité nationale et un droit acquis pour tous.
D’autre part, il a souligné que cette journée constitue un important rendez-vous annuel visant à valoriser la noble mission éducative et les efforts fournis en vue de préparer les jeunes générations à relever les défis de l’avenir et à adhérer aux valeurs des sciences, des connaissances et de fierté d’appartenance à la patrie.
Le ministre de l’éducation a réaffirmé son engagement à poursuivre l’action, dans le cadre des orientations stratégiques du secteur, en faveur du développement des capacités du cadre éducatif face aux transformations rapides dans le domaine de l’éducation, outre l’amélioration du statut et des conditions de travail des enseignants, considérées comme un élément essentiel pour élever la qualité de l’éducation vers un système éducatif renouvelé et flexible, qui consacre les valeurs de justice et d’équité et la dimension sociale de l’état et s’adapte aux transformations nationales et mondiales dans le secteur éducatif.

 

L’article Ministère de l’Éducation : appel à intégrer la prévention des risques au cœur des priorités scolaires est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Un nouveau programme pour apprendre l’arabe aux jeunes Tunisiens à l’étranger

Une première session du programme d’enseignement de la langue arabe destiné aux jeunes Tunisiens résidant dans des pays non arabophones démarre ce lundi 5 octobre 2026. Cette initiative est organisée par l’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE), en partenariat avec l’Institut Bourguiba des langues vivantes.

Prévu jusqu’au 11 décembre 2026, le programme s’inscrit dans le cadre des actions culturelles et éducatives destinées aux nouvelles générations de Tunisiens établis à l’étranger. Il vise notamment à renforcer leur maîtrise de la langue arabe et à préserver leur lien avec la culture et l’identité tunisiennes.

Des démarches d’inscription encadrées

Les jeunes souhaitant participer au programme doivent, dans un premier temps, effectuer une préinscription sur le site de l’Institut Bourguiba des langues vivantes. Ils sont ensuite appelés à transmettre à l’OTE un dossier comprenant une demande de participation adressée à la directrice générale de l’Office, une copie du document de préinscription, une copie du passeport tunisien ainsi qu’une copie du passeport étranger ou de la carte consulaire.

Le dossier doit également comporter une photo d’identité, une fiche de renseignements et un engagement à suivre les cours.

Pour obtenir davantage d’informations sur le programme et les modalités de participation, les intéressés peuvent contacter l’administration centrale de l’OTE, les attachés sociaux auprès des représentations diplomatiques et consulaires, les centres culturels et sociaux « Dar Ettounsi » à l’étranger, ainsi que les représentations régionales de l’Office.

L’article Un nouveau programme pour apprendre l’arabe aux jeunes Tunisiens à l’étranger est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Journée mondiale des enseignants : l’UNESCO plaide pour une meilleure protection et valorisation du métier

La communauté internationale célébrera lundi 5 octobre la Journée mondiale des enseignants, placée cette année sous le thème « Aux côtés du personnel enseignant : 60 ans à protéger la profession, promouvoir la condition enseignante et façonner nos futurs », à l’occasion du 60e anniversaire de l’adoption de la Recommandation UNESCO-OIT de 1966 concernant la condition du personnel enseignant.

Cette édition met l’accent sur les défis auxquels sont confrontés les enseignants et les stratégies nécessaires pour y répondre, appelant les sociétés et les décideurs à protéger, renforcer et promouvoir la condition enseignante, selon l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

La Journée mondiale est également l’occasion de mettre en lumière le rôle des enseignants dans la transformation de l’éducation et de réfléchir au soutien dont ils ont besoin pour développer pleinement leurs compétences et leurs aspirations professionnelles.

Une cérémonie organisée au siège de l’UNESCO, en partenariat avec l’Organisation internationale du Travail (OIT), l’UNICEF et l’Internationale de l’Éducation (IE), sera marquée par des débats de haut niveau sur la protection et la promotion de la profession, ainsi que par la remise du Prix UNESCO-Hamdan pour le développement des capacités des enseignants, dans sa neuvième édition.

Après six décennies, de nouveaux défis se posent à la profession, notamment les technologies numériques, le changement climatique, l’inclusion et les migrations, alors que la Recommandation UNESCO-OIT de 1966 fait actuellement l’objet d’une révision.

Selon l’UNESCO, ces évolutions affectent la condition des enseignants à plusieurs niveaux. La profession souffre notamment d’une reconnaissance et d’une valorisation insuffisantes, tandis que les enseignants disposent d’une autonomie limitée et sont peu associés à la prise de décision.

Leurs conditions matérielles sont également affectées par les niveaux de rémunération, la charge de travail et les conditions d’exercice.

Adoptée en 1966, la Recommandation UNESCO-OIT établit des références concernant les droits et responsabilités des enseignants, leur formation initiale et continue, leur recrutement et leur emploi, ainsi que les conditions d’enseignement et d’apprentissage.

Une recommandation spécifique concernant le personnel enseignant de l’enseignement supérieur a été adoptée en 1997 afin de compléter celle de 1966. La Journée mondiale des enseignants est célébrée depuis 1994.

L’article Journée mondiale des enseignants : l’UNESCO plaide pour une meilleure protection et valorisation du métier est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Tunisie | Calendrier des examens nationaux 2026-2027

Le ministère de l’Éducation a arrêté le calendrier des examens nationaux pour l’année scolaire 2026-2027, fixant les dates des épreuves écrites, pratiques et orales ainsi que celles de la proclamation des résultats pour les différents niveaux concernés.

Le ministère a précisé que les épreuves écrites de la session principale du baccalauréat se dérouleront les 2, 3, 4, 7, 8 et 9 juin 2027, et que les résultats seront annoncés le 22 juin.

Il a également indiqué que les épreuves de la session de contrôle du baccalauréat sont programmées pour les 28, 29 et 30 juin ainsi que le 1er juillet, avec une proclamation des résultats prévue pour le dimanche 11 juillet.

Par ailleurs, le ministère a précisé que les épreuves de fin d’année en éducation physique s’étaleront du 19 au 30 avril 20, tandis que les épreuves pratiques et orales auront lieu du 13 au 26 mai.

Concernant les examens du diplôme de fin d’études de l’enseignement de base (général et technique), le ministère a programmé les épreuves écrites pour les 17, 18 et 19 juin et a fixé au 5 juillet la date de proclamation des résultats.

Le ministère a ajouté que les épreuves écrites du concours d’accès aux collèges pilotes se tiendront les 21, 22 et 23 juin, et que les résultats seront officiellement annoncés le vendredi 9 juillet 2027.

I. B.

L’article Tunisie | Calendrier des examens nationaux 2026-2027 est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Kasserine : l’ISAM modernise ses formations

L’Institut Supérieur des Arts et Métiers (ISAM) à Kasserine vient de procéder à la modernisation de ses formations dans les domaines des beaux-arts, du design et de l’artisanat, pour l’année universitaire 2026-2027.

La révision des parcours de licence concerne, notamment, les filières liées à la céramique, à la sculpture, au design d’intérieur et à la conception de produits, a indiqué à l’Agence TAP, la directrice de l’ISAM, Nadia Ghamouri.

Cette réforme a touché aussi les deux masters « Design pour le développement durable » et « Architecture intérieur et Design » afin d’améliorer la qualité de la formation universitaire et renforcer l’employabilité des diplômés, a-t-elle ajouté.

L’Institut Supérieur des Arts et Métiers à Kasserine relevant de l’Université de Kairouan a été créée en 2005 et compte, actuellement, 360 à 380 étudiants.

L’article Kasserine : l’ISAM modernise ses formations est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Le drame de Yakine ou le non confisqué

À Tunis, une adolescente, Yakine, est devenue le centre d’une enquête pour agression sexuelle présumée. Autour d’elle, versions contradictoires, arrestations, recherches et rumeurs. Mais derrière le fait divers, une question plus silencieuse apparaît : qu’apprenons-nous réellement à nos enfants lorsqu’il s’agit de leur corps, de leurs limites et du refus de l’autre ?

Manel Albouchi *

Dans une époque saturée d’images et de jugements instantanés, la retenue est déjà une responsabilité.

Depuis quelques jours, l’affaire de Yakine, une jeune fille qui a subi des violences ayant nécessité son hospitalisation, suscite une vive émotion en Tunisie. Une société entière s’est mise à regarder. Les spéculations se sont multipliées, des récits se sont construits sur des informations fragmentaires, et plusieurs se sont improvisés profilers en dressant déjà le profil psychologique de personnes dont la responsabilité n’est pas établie par la justice. Mais, l’enquête sur cette affaire délicate se poursuit et nous ne savons pas encore tout.

Entre indignation et intrusion

Regarder sans posséder. C’est ici qu’il faut tracer une frontière nette entre deux mouvements collectifs.

D’un côté, l’opposition saine : poser des balises, refuser la banalisation de la violence, exiger la vérité et protéger les droits fondamentaux.

De l’autre, l’intrusion destructrice : partager photos, prénoms, vidéos et rumeurs. La victime réelle devient alors un personnage collectif, et son intimité, une conversation nationale.

​Cette seconde pente dit quelque chose de notre lien social. Le lynchage médiatique ou virtuel est une pathologie contemporaine : une foule jetée en pâture à l’émotion brute, nourrie par le sensationnalisme, où la justice et la complexité sont étouffées par le vacarme de l’opinion.

​Une mineure victime de violences n’est pas un symbole ou le support de nos colères. Les autorités ont appelé à préserver sa vie privée. Même lorsque nous voulons nous indigner, nous devons respecter ses limites et ne pas transformer son drame en spectacle.

Avant la théorie, il y a un corps. Un corps qui peut être blessé, contraint, et dont le propriétaire devrait rester celui qui l’habite.

Le premier non de l’enfant

Toute l’éducation au consentement commence bien avant l’adolescence, dans les gestes ordinaires : entre «Donne un bisou à…» ; et «Tu veux faire un bisou ?» ; «Non.» «D’accord.»

Ces deux scènes minuscules enseignent une double évidence : mon corps m’appartient ; le corps de l’autre lui appartient.

Le premier «non» de l’enfant est rarement confortable ; l’adulte y voit parfois de l’insolence. Pourtant, respecter le refus de l’enfant ne signifie pas abolir l’autorité. La psychologie du développement distingue avec précision le soutien à l’autonomie du contrôle psychologique. Une vaste méta-analyse portant sur 238 études (Bradshaw et al., American Psychologist, 2025) confirme sur plus de 126 000 participants l’association profonde entre le soutien parental à l’autonomie et l’épanouissement des enfants, tandis que le contrôle psychologique se trouve invariablement lié aux indicateurs de mal-être, et ce, à travers toutes les cultures.

Une autorité juste («Je ne peux pas te laisser faire cela, car c’est dangereux») pose les limites nécessaires à la sécurité.

Le contrôle psychologique («Tu n’as pas le droit de vouloir autre chose que moi») étouffe le sujet.

Le deuxième non

Il existe un apprentissage symétrique, tout aussi difficile : apprendre à recevoir le non de l’autre.

«Je ne veux pas.» Cette phrase peut produire de la déception, de la frustration, parfois de la colère. Mais elle ne constitue pas nécessairement une injustice. L’autre peut ne pas vouloir, ne pas aimer ce que j’aime, refuser mon invitation, interrompre une relation ou ne pas répondre à mon désir. Et je peux souffrir de ce refus sans avoir pour autant un droit sur celui qui me refuse.

Le désir ne crée pas un droit. La frustration ne crée pas une dette chez l’autre. Le refus de l’autre n’est pas automatiquement une attaque contre moi. Mon désir n’est pas ton désir. Ma colère n’est pas ton obligation. Mon corps n’est pas ton territoire, ton corps n’est pas le mien. Je peux t’aimer et accepter ton refus. Tu peux m’aimer et refuser quelque chose.

Cette séparation n’est pas une rupture du lien : elle en est la condition. Car si l’autre doit vouloir ce que je veux pour rester proche de moi, il n’est jamais véritablement autre : il devient une extension de mon désir.

La confiscation du non

​Lorsqu’un enfant apprend de manière répétée à renoncer à ses propres limites (parce que sa colère est systématiquement invalidée ou son refus qualifié d’insolence), il risque d’intégrer que la volonté du plus fort l’emporte toujours.

​Bien entendu, cela ne désigne en rien une fatalité et ne jette le discrédit ni sur les familles ni sur les victimes. Sur le plan clinique, ces contextes de confiscation précoce constituent toutefois un terrain propice où certaines difficultés risquent de se déployer au fil des âges.

A l’adolescence : la vulnérabilité face aux emprises. Faute d’avoir pu expérimenter la valeur de son «non» dans un cadre sécurisant, le jeune adulte en devenir peut se retrouver plus désarmé face aux pressions extérieures, s’exposant plus facilement à des influences ou à des dynamiques d’emprise.

​En couple : les tourments de la dépendance affective. Plus tard, l’adulte risque de s’oublier dans ses relations amoureuses par peur panique du rejet. Par un mouvement symétrique, l’absence d’exposition au «non» de l’autre rend parfois la frustration intolérable, faisant basculer la relation entre angoisse fusionnelle et besoin de contrôle.

Au travail : l’épuisement et le faux-self. Cette incapacité à poser des limites peut mener à une suradaptation chronique. L’adulte endosse alors un «faux-self », ce masque social et protecteur façonné pour plaire et répondre aux attentes de la performance, au risque de s’épuiser, voire de glisser vers le burn-out par peur de l’exclusion.

​Dans la relation parentale : l’enfant comme extension. C’est parfois là que la boucle se boucle. Un parent lui-même carencé dans son histoire personnelle peut tisser un lien fusionnel où l’enfant est inconsciemment perçu comme une extension de soi. Le moindre «non» de l’enfant est alors vécu non comme une saine étape d’individuation, mais comme une menace existentielle.

​Du foyer à la société

​Ce qui se tisse dans l’intimité du foyer résonne inévitablement au-delà de ses murs. Une éducation qui confisque la nuance et le refus cultive insensiblement un terreau de docilité, où l’obéissance finit par l’emporter sur l’esprit critique. Le pli pris face à l’injonction absolue («parce que je l’ai dit») prépare le terrain à d’autres formes de soumission face au dogme ou à l’arbitraire.

​De même, à plus grande échelle, les structures pyramidales ou les climats sous tension partagent parfois cette même allergie à la contradiction : lorsque le désaccord est reçu non comme un dialogue, mais comme une insubordination, c’est toute la vitalité démocratique qui s’étiole. L’intolérance au «non» (qu’elle s’exerce à l’échelle d’une maison ou dans les rouages du pouvoir obéit toujours à la même grammaire de l’emprise.

​Qu’apprenons-nous à nos enfants lorsqu’ils disent non ?

​L’enjeu éducatif n’est ni de supprimer l’autorité ni de fabriquer des enfants qui disent non à tout, mais de construire une relation où l’enfant comprend que son non compte, que celui de l’autre compte aussi, et qu’il peut être frustré sans être victime d’une injustice.

​C’est là que l’autonomie rencontre l’empathie. Alors, la véritable question que nous laisse l’affaire de Yakine n’est pas seulement «comment en sommes-nous arrivés là ?», mais plus profondément : qu’apprenons-nous à nos enfants lorsqu’ils disent non ?

​Car un enfant à qui l’on apprend que son non a une valeur comprend aussi que celui de l’autre compte. Et la culture du consentement commence exactement là : dans la façon dont un adulte, face à un enfant qui refuse, sait répondre simplement : «D’accord. J’ai entendu.»

 * Psychothérapeute.

L’article Le drame de Yakine ou le non confisqué est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Éducation : le calendrier des examens nationaux pour 2027 publié

Le ministère de l’Éducation a publié jeudi le calendrier des examens nationaux pour l’année scolaire 2026-2027, fixant notamment les dates du baccalauréat, du certificat de fin de l’enseignement de base général et technique, ainsi que du concours d’entrée aux collèges pilotes.

Pour le baccalauréat, les épreuves d’éducation physique se dérouleront du 19 au 30 avril 2027, tandis que les épreuves pratiques et orales sont prévues du 13 au 26 mai.

Les épreuves écrites de la session principale auront lieu les 2, 3, 4, 7, 8 et 9 juin, avec l’annonce des résultats prévue le mardi 22 juin.

La session de contrôle se déroulera les 28, 29 et 30 juin ainsi que le 1er juillet, les résultats devant être annoncés le dimanche 11 juillet.

Pour le certificat de fin de l’enseignement de base général, les épreuves écrites auront lieu les 17, 18 et 19 juin 2027, avec des résultats annoncés le lundi 5 juillet. Les mêmes dates s’appliquent au certificat de fin de l’enseignement de base technique.

Enfin, les épreuves du concours d’entrée aux collèges pilotes sont prévues les 21, 22 et 23 juin 2027, et les résultats seront annoncés le vendredi 9 juillet.

L’article Éducation : le calendrier des examens nationaux pour 2027 publié est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Concours nationaux 2027 : le ministère de l’Éducation fixe le calendrier officiel

Le ministère de l’Éducation a publié jeudi le calendrier des examens nationaux pour l’année scolaire 2026-2027, fixant notamment les dates du baccalauréat, du certificat de fin de l’enseignement de base général et technique, ainsi que du concours d’entrée aux collèges pilotes.
Pour le baccalauréat, les épreuves d’éducation physique se dérouleront du 19 au 30 avril 2027, tandis que les épreuves pratiques et orales sont prévues du 13 au 26 mai.
Les épreuves écrites de la session principale auront lieu les 2, 3, 4, 7, 8 et 9 juin, avec l’annonce des résultats prévue le mardi 22 juin.
La session de contrôle se déroulera les 28, 29 et 30 juin ainsi que le 1er juillet, les résultats devant être annoncés le dimanche 11 juillet.
Pour le certificat de fin de l’enseignement de base général, les épreuves écrites auront lieu les 17, 18 et 19 juin 2027, avec des résultats annoncés le lundi 5 juillet. Les mêmes dates s’appliquent au certificat de fin de l’enseignement de base technique.
Enfin, les épreuves du concours d’entrée aux collèges pilotes sont prévues les 21, 22 et 23 juin 2027, et les résultats seront annoncés le vendredi 9 juillet.

 

L’article Concours nationaux 2027 : le ministère de l’Éducation fixe le calendrier officiel est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Tunisie | Les élèves ne quitteront plus les établissements aux heures de cours

Le ministère de l’Éducation lance, à partir de ce jeudi 1er octobre 2026, un nouveau programme visant à contrer les phénomènes émergents et les comportements à risque en milieu scolaire, comme l’avait annoncé le ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri, dans une déclaration aux médias.

Selon Diwan FM, ce programme repose sur plusieurs mesures, notamment l’interdiction pour les élèves de quitter les établissements scolaires durant les heures de cours, ainsi que l’allocation de dix minutes, au sein des matières liées à la socialisation et aux sciences humaines, à des actions de sensibilisation et d’information, en particulier sur l’utilisation des réseaux sociaux a cybersécurité.

Le programme prévoit également la mobilisation des ressources humaines disponibles au sein des ministères concernés afin de garantir la sécurité physique et psychologique des élèves, ainsi que la mise en place d’une plateforme d’écoute à distance, en coordination avec les ministères de la Santé et des Affaires sociales.

Il inclut par ailleurs l’intensification des activités d’animation, culturelles et sportives au sein des établissements éducatifs, en coordination avec les maisons de jeunes et les animateurs du ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Seniors, contribuant ainsi à proposer des activités parallèles aux élèves et à renforcer leur encadrement.

Voilà pour les déclarations d’intention et la communication institutionnelle. Espérons toutefois que le ministère, qui emploie des bataillons de salariés, saura mettre en pratique ces décisions pour combattre les comportements déviants au sein des établissements d’éducation et dans leur environnement immédiat.  Et ne se contente pas des… effets d’annonce, comme font souvent les pouvoirs publics, lorsqu’ils sont incapables de mettre en œuvre leurs propres décisions ou d’en assurer le suivi et le contrôle sur le terrain.

I. B.   

L’article Tunisie | Les élèves ne quitteront plus les établissements aux heures de cours est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  
❌