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Délestages, les urgences pour éviter un nouvel été sous tension

Les délestages de l’été 2026 ont donné une image très concrète de la fragilité du système électrique tunisien. Les délestages ont touché tous les niveaux de l’économie, des particuliers aux petites entreprises jusqu’aux industriels. Pour certains, la coupure a surtout été une gêne. Pour d’autres, elle s’est traduite par des équipements endommagés, des marchandises perdues, une production interrompue ou des journées de travail annulées. Pendant les heures les plus chaudes de la journée, la demande a dépassé les capacités disponibles et la Steg a dû interrompre temporairement l’alimentation de certaines zones pour préserver l’équilibre du réseau. Le phénomène a été aggravé par une consommation dopée par la climatisation et par une perturbation de l’approvisionnement électrique en provenance d’Algérie.

Le retour à une situation plus stable ne règle pourtant pas la question de fond. Pour l’economiste Chakib Ben Mustapha, consultant et spécialiste des questions énergétiques, le délestage est d’abord un mécanisme de protection du réseau.Il devient préoccupant lorsqu’il se répète. “La multiplication et la systématisation” des coupures sont alors le signe d’un “modèle sous pression”, estime-t-il. À dire vrai, cette pression ne vient pas d’un seul facteur. Elle résulte d’un système qui doit produire davantage, alors même que les investissements dans certaines capacités de production ont fortement reculé. Un rapport récent de l’Observatoire tunisien de l’économie (OTE) a “chiffré à 87 % la baisse des investissements de la Steg dans les stations de production entre 2016-2020 et 2021-2025, passant de 1,947 milliard de dinars à 248 millions de dinars”, cite-t-il. Dans le même temps, la consommation électrique a continué de progresser.

Un système à bout de souffle?

Le problème tunisien ne se résume donc pas à un manque de panneaux solaires. Il est plus profond. Il faut sécuriser la production existante, renforcer le réseau, absorber de nouveaux producteurs et répondre à une demande dont les pics deviennent plus difficiles à gérer. C’est ici que le raisonnement de Ben Mustapha prend une autre dimension. La Tunisie a longtemps organisé son système électrique autour de grandes unités de production centralisées. La transition énergétique vient casser cette logique. Les nouvelles centrales renouvelables sont souvent implantées loin des grands centres de consommation, tandis que les projets d’autorisation multiplient les points d’injection sur le réseau. Autrement dit, produire de l’électricité supplémentaire ne signifie pas automatiquement disposer de davantage d’électricité là où elle est nécessaire. En effet, “Le réseau de la Steg a été conçu pour une production d’électricité classique avec des pôles de production centralisés”, rappelle Chakib Ben Mustapha. Ainsi, l’arrivée des renouvelables impose désormais une architecture différente, capable de gérer une production plus dispersée et plus variable. En outre, cette transformation concerne aussi les PME. L’autoproduction industrielle devrait se développer à mesure que les exportateurs cherchent à réduire leur empreinte carbone. Mais les réseaux de moyenne tension n’ont pas nécessairement été conçus pour intégrer cette multiplication de producteurs. À l’échelle des ménages, l’autoconsommation pose une problématique comparable sur les réseaux basse tension, notamment en l’absence de compteurs intelligents permettant aux gestionnaires de mieux piloter les flux.

Le paradoxe est donc assez simple : la transition énergétique, si elle n’est pas accompagnée d’une modernisation du réseau, peut elle-même créer de nouvelles contraintes sur le système électrique.

Le solaire ne suffira pas à lui seul

La Tunisie dispose pourtant d’un atout majeur, à savoir le soleil. “Avec environ 3 000 heures d’ensoleillement par an, le pays possède un potentiel important pour le photovoltaïque”, souligne-t-il. Or, cette ressource ne peut pas répondre à toutes les contraintes du système. “Le photovoltaïque est une énergie intermittente”, affirme Chakib Ben Mustapha. Et de poursuivre:” Sa production dépend de l’ensoleillement et reste concentrée pendant la journée. Elle peut donc contribuer à réduire la pression sur le réseau, mais ne constitue pas à elle seule une réponse aux besoins de sécurité électrique”. En fait, il explique le stockage pourrait changer cette équation en permettant de conserver une partie de l’électricité produite pendant les heures d’ensoleillement pour la restituer lorsque la production solaire diminue. Mais son coût reste encore un frein à un déploiement massif. “Le jour où les solutions collectives de stockage deviendront plus abordables, la situation énergétique changera du tout au tout”, estime-t-il. En attendant, la Tunisie doit jouer sur plusieurs leviers. “Il nous faut, en Tunisie, utiliser toutes les solutions possibles”, dit-t-il, au fil de ses propos, en citant en autres, les concessions, les autorisations, l’autoconsommation et l’autoproduction. Ici, il ajoute l’éolien à cette équation. Mais, selon lui, cette filière reste au point mort depuis le lancement des appels d’offres de 2017. L’objectif serait de construire un mix énergétique adapté aux besoins du pays, à sa courbe de consommation et aux capacités de son réseau. Par ailleurs, cette adaptation devient d’autant plus urgente que les épisodes de forte chaleur devraient continuer à exercer une pression sur la demande. Les pics estivaux, tirés notamment par la climatisation, nécessitent des moyens de production disponibles au moment où la consommation atteint son maximum.La question du réseau revient alors au centre du débat. La Steg doit désormais gérer un système dans lequel l’électricité peut provenir de grandes centrales, mais aussi de nombreuses installations décentralisées. Certaines concessions sont implantées dans des régions où la consommation est relativement faible, alors que les principaux besoins se concentrent dans les zones urbaines et industrielles. Les projets réalisés sous le régime de l’autorisation accentuent cette dispersion. Quant à l’autoproduction des entreprises et à l’autoconsommation des ménages, elles ajoutent de nouveaux points de production au réseau. “La transition énergétique va, à elle seule, créer d’importantes pressions sur le réseau de la Steg”, prévient-t-il. Les investissements nécessaires ne concernent donc pas seulement les grandes lignes de transport. Ils touchent également les réseaux de moyenne et basse tension, les postes électriques et les outils de pilotage. Les compteurs intelligents deviennent notamment importants pour permettre aux gestionnaires de mieux suivre et gérer les flux. Cette pression intervient alors que les moyens financiers de la Steg restent limités. Selon l’économiste, l’opérateur a dû ces dernières années donner la priorité au renforcement du réseau haute tension pour transporter l’électricité produite par les nouvelles concessions, au détriment d’autres besoins de modernisation. À cette équation s’ajoutent les effets du changement climatique. Des pics de consommation plus élevés, combinés à des épisodes de chaleur plus fréquents, pourraient rendre les tensions estivales plus difficiles à gérer.

Des financements, mais encore des freins pour les entreprises

Le développement des renouvelables ne bute cependant pas uniquement sur les infrastructures. Le financement reste un enjeu important, notamment pour les projets d’autorisation et l’autoproduction industrielle. Pour les concessions, le cadre est relativement favorable. Le ministère de l’Industrie et de l’Énergie a préparé des contrats types avec l’appui des principaux bailleurs de fonds et de l’Instance générale de partenariat public-privé. Ces dispositifs visent à réduire les risques pour les investisseurs et à faciliter leur accès au crédit. “Le financement des projets de concessions à l’international ne pose pas de problèmes tant que la rentabilité est assurée”, raconte Chakib Ben Mustapha. Les projets d’autorisation se trouvent dans une situation différente. Ils ne bénéficient pas du même cadre et rencontrent, selon lui, des difficultés auprès du système bancaire tunisien. “Le système bancaire tunisien ne leur reconnaît pas l’accès au project finance” indique-t-il. Les porteurs de projets doivent alors fournir des garanties réelles, ce qui peut freiner l’investissement. Pour les entreprises industrielles qui souhaitent investir dans leur propre production électrique, la question est également économique. Il pointe notamment les conditions actuelles de valorisation de l’électricité produite, avec un tarif de 80 millimes et une limite de vente fixée à 30 % de la capacité nominale. Des conditions qui, selon lui, réduisent la rentabilité des investissements. Pour les industriels exportant vers l’Europe, le sujet devient pourtant stratégique. Réduire l’empreinte carbone n’est plus seulement une question environnementale. C’est progressivement un facteur de compétitivité. Les délestages donnent une dimension très concrète à cette question. Dans une usine, une coupure peut entraîner des équipements endommagés, des produits en cours de fabrication irrécupérables, des pertes de produits réfrigérés ou congelés, des journées de travail annulées et des retards de livraison. ” Le principal défi des entreprises est celui des délestages”, résume-t-il. Ensuite, les groupes électrogènes peuvent servir de solution de dépannage lorsque les interruptions restent courtes. Ils ne constituent toutefois pas une réponse adaptée aux coupures prolongées. “Il n’y a pas de solution pour les interruptions trop longues”. Ici, la réponse doit donc être collective. Il cite notamment les zones sécurisées et les compteurs intelligents, et appelle à une concertation entre le ministère, la Steg et les organisations patronales pour préparer les prochaines périodes estivales. Le développement du solaire et de l’éolien ne permet pas, à lui seul, de sécuriser l’approvisionnement électrique. Tant que le stockage reste coûteux et que les renouvelables restent intermittentes, la Tunisie a encore besoin de capacités capables de prendre le relais lorsque la production renouvelable baisse ou que la demande explose. C’est dans ce cadre que Chakib Ben Mustapha évoque les centrales à cycle combiné prévues dans la stratégie énergétique à l’horizon 2035, notamment SKHIRA I et II et BIZERTE I et II. Pour les ménages, un mécanisme de financement de l’autoconsommation existe depuis 2008. Il prévoit un financement sur sept ans, avec un remboursement échelonné à travers les factures de la Steg. D’après lui, ce dispositif doit être reconduit à travers un nouveau crédit de 1 milliard de dinars jusqu’en 2030. Au fond, le défi dépasse les seuls délestages de cet été. La Tunisie doit produire davantage, diversifier ses sources et moderniser son réseau en même temps. Le photovoltaïque peut réduire une partie de la pression, l’éolien peut compléter le mix et le stockage pourrait, à terme, apporter davantage de flexibilité. Mais aucune de ces solutions ne fonctionnera sans un réseau capable de les intégrer.

Les coupures de 2026 ont ainsi rendu visible une fragilité plus ancienne. Le véritable enjeu n’est plus seulement de produire davantage d’électricité, mais de pouvoir la produire au bon moment, la transporter au bon endroit et la rendre disponible lorsque l’économie en a besoin.

  

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La BCT muscle l’arsenal technologique de la CTAF

La Banque centrale de Tunisie (BCT) vient de lancer un appel d’offres national (AON N°2026/08) pour la refonte intégrale de l’infrastructure informatique de la Commission tunisienne des analyses financières, la cellule chargée de traquer le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme en Tunisie. Objectif affiché: donner à l’institution des moyens à la hauteur de flux financiers suspects toujours plus complexes à démêler, dans un contexte où les volumes de données à analyser explosent.

Un contrat qui va bien au-delà du matériel

Le futur prestataire ne se contentera pas de fournir du matériel: le marché englobe un accompagnement complet, du déploiement des solutions logicielles jusqu’à leur mise en service opérationnelle, en passant par un volet formation pensé pour que les équipes de la CTAF gagnent en autonomie. Licences, entretien et dépannage sont couverts sur une durée contractuelle de cinq ans. Autre particularité: le marché se divise en deux volets que les entreprises peuvent aborder séparément ou conjointement, chaque option nécessitant toutefois une soumission qui lui est propre.

Un marché de cette ampleur, étalé sur cinq ans avec un fort volet services, constitue une opportunité pour intégrateurs et éditeurs tunisiens spécialisés en cybersécurité et en gestion de données financières, à condition de pouvoir répondre aux exigences techniques pointues d’un organe de supervision. Plus largement, cette modernisation renforce la crédibilité de la Tunisie auprès des évaluateurs internationaux de la conformité anti-blanchiment, un critère de plus en plus scruté par les investisseurs étrangers et les partenaires bancaires internationaux.

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Tunisie / Hydrogène vert : Berlin se frotte les mains

Fin septembre, une délégation d’entreprises allemandes fera étape en Tunisie, après un premier passage en Algérie, pour explorer les opportunités liées à l’hydrogène vert, au Power-to-X et au stockage d’énergie.

Portée par l’agence energiewaechter GmbH et relayée localement par les chambres de commerce germano-tunisienne et germano-algérienne, cette tournée du 21 au 25 septembre culminera à Tunis le 23, avec un petit-déjeuner d’affaires puis un atelier dédié aux montages en consortium.

Toute la chaîne de valeur dans le viseur

Les industriels allemands s’intéressent aussi bien à la fourniture d’électrolyseurs et à l’intégration du renouvelable qu’au dessalement de l’eau, indispensable à la production d’hydrogène. Le transport n’est pas en reste, avec un intérêt marqué pour l’ingénierie des futurs réseaux de canalisations et leurs équipements associés. Côté débouchés, plusieurs industries lourdes sont visées ; chimie, engrais, phosphates, sidérurgie, avec la filière naissante de l’ammoniac vert.

Le corridor SoutH2 en toile de fond

Cette démarche s’inscrit dans la feuille de route tunisienne à l’horizon 2050, qui table sur 6 millions de tonnes exportées, avec un premier palier de 300 000 tonnes dès 2030 via l’infrastructure « H₂ Backbone ». À l’échelle régionale, le futur gazoduc SoutH2 ; quelque 3 300 kilomètres reliant l’Afrique du Nord au cœur industriel européen, vise une capacité de plus de 4 millions de tonnes annuelles, la liaison Tunisie-Italie ayant déjà obtenu le label de projet d’intérêt mutuel à Bruxelles.

Pour les acteurs tunisiens, cette mission constitue une passerelle concrète vers des partenariats en ingénierie, maintenance et certification aux côtés des groupes allemands. Mais la conversion de ce positionnement stratégique en projets bancables reste conditionnée à des investissements lourds dans le renouvelable et le dessalement, sans lesquels l’ambition du corridor risque de rester lettre morte.

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Export / Dattes tunisiennes : Deglet Nour tient la cadence, le bio monte en puissance

L’Observatoire National de l’Agriculture (ONAGRI) vient de publier son bilan de la campagne 2025/2026, et les chiffres confirment une embellie nette pour la filière des dattes en Tunisie : entre octobre et juillet, 144,1 mille tonnes ont quitté les ports tunisiens, soit 17 mille tonnes de plus qu’à la même période de l’année précédente. Il s’agit d’un gain de 13,3%. Côté recettes, la barre des 900 millions de dinars est désormais franchie, à 908,4 MD, contre 809,6 MD précédemment.

Impossible de parler dattes tunisiennes sans évoquer Deglet Nour : une variété qui capte à elle seule 84% des tonnages et pèse pour près de 94% dans les recettes globales, à 7,05 DT/kg. Sur l’ensemble de la filière, le kilo se négocie en moyenne à 6,30 DT, un tarif quasi stable malgré un repli marginal de moins d’un point. Le segment bio, lui, accélère franchement : ses volumes (8 257 tonnes) grimpent de 8,1%, mais ce sont surtout ses recettes qui s’envolent, avec un tiers de croissance supplémentaire, l’Allemagne restant de loin le principal client de la Tunisie dans ce segment.

Un marché qui se diversifie, un Sud qui s’étend

Près de la moitié des tonnages sont expédiés vers l’Europe ; l’Afrique et l’Asie se partagent le reste, chacune autour d’un cinquième. Autre signal intéressant : Tataouine, région peu connue pour ses palmeraies, commence à structurer une petite filière (une cinquantaine d’hectares), même si la question des ressources hydriques disponibles pour ces nouvelles plantations est problématique.

Le bio, la nouveauté entrepreneuriale

Le segment bio, en forte accélération sur les prix comme sur les volumes, ouvre une brèche pour les opérateurs de certification et de conditionnement premium. La diversification géographique vers l’Asie, encore modeste, reste un axe à exploiter pour les exportateurs cherchant à réduire leur dépendance au marché européen, à condition d’anticiper les contraintes hydriques qui pèsent déjà sur l’extension des palmeraies du Sud.

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Véhicules électriques / Bornes de recharge : l’ANME met le paquet

L’Agence Nationale pour la Maîtrise de l’Énergie (ANME) prépare un élargissement du réseau de recharge pour véhicules électriques, avec de nouvelles installations prévues dans plusieurs régions du pays. C’est ce qu’a annoncé Abdelhamid Kanouni, directeur de la maîtrise de l’énergie dans le transport à l’ANME, dans une vidéo diffusée sur la page Facebook officielle de l’Agence.

L’Agence collabore déjà avec des investisseurs privés pour développer les stations, pendant que certains établissements publics et municipalités installent de leur côté leurs propres bornes. À terme, même un commerce ou une station-service pourra héberger un point de recharge, en marge de son activité principale, sous réserve de respecter un cahier des charges encore en préparation, qui fixera les normes techniques, les responsabilités en cas de panne et l’obligation d’afficher clairement le tarif du service. Les exploitants auront leur identifiant fiscal propre, y compris pour les projets solaires.

Le solaire en toile de fond

L’ANME envisage également d’alimenter progressivement ces infrastructures à l’énergie solaire. L’enjeu dépasse la seule mobilité : le secteur des transports absorbe environ un tiers de l’énergie consommée dans le pays.

Le cahier des charges à venir dessine, en ce sens, une vraie opportunité pour les commerçants, exploitants de parkings et gérants de stations-service désireux de diversifier leurs revenus. Côté investisseurs, la structuration réglementaire du secteur, couplée à l’ouverture aux capitaux privés, pourrait accélérer l’émergence d’un véritable marché tunisien de la recharge électrique, encore largement à construire.

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Masse monétaire : Tunisie, le paradoxe du cash !  

30,040 milliards de dinars : c’est le montant des billets et monnaies en circulation en Tunisie au 21 août 2026, selon la Banque Centrale de Tunisie. Un an plus tôt, à la même date, ce chiffre plafonnait à 25,902 milliards, soit une hausse de 4,138 milliards en douze mois (16%).

Il faut dire que cette trajectoire ne date pas d’hier : les 20 milliards n’avaient été dépassés qu’en toute fin 2023, avant que l’encours ne grimpe à 22,594 milliards fin 2024, puis à 26,876 milliards fin 2025. Et la cadence s’intensifie d’année en année : la progression annuelle du cash en circulation est passée d’environ 8% sur 2023-2024 à près de 19% sur 2024-2025.

Une accumulation qui n’a rien d’un simple réflexe saisonnier

La BCT explique cette hausse par les dépenses liées aux périodes fortes de l’année ; Ramadan, fêtes religieuses, rentrée scolaire, saison estivale. Mais la tendance de fond tient surtout à trois décisions publiques récentes : le durcissement des règles encadrant le chèque depuis février 2025, une nouvelle obligation de facturation électronique instaurée par la loi de finances 2026, et surtout un article de cette même loi qui a fait sauter le plafond encadrant les grosses transactions en liquide dans des secteurs comme l’immobilier ou l’automobile. Résultat paradoxal : l’État pousse vers le numérique tout en rendant les transactions avec du cash de plus en plus accessible. Autre indicateur frappant : ce stock de billets dépasse aujourd’hui d’un cinquième environ le montant total des réserves de change du pays.

Impact sur l’entrepreneuriat

Cette thésaurisation massive prive mécaniquement le système bancaire de dépôts transformables en crédit, un frein direct pour le financement des PME et des projets d’investissement ; elle rappelle aussi, pour les entrepreneurs évoluant dans l’immobilier ou l’automobile, l’urgence de sécuriser leurs transactions face à une économie où le cash reprend clairement du terrain.

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Huile d’olive : la Tunisie exporte plus, mais ne valorise pas encore assez sa production

Les exportations tunisiennes d’huile d’olive ont fortement accéléré sur les neuf premiers mois de la campagne 2025/2026. 368.000 tonnes ont été exportées, contre 236.900 tonnes durant la même période de la campagne précédente, soit une progression de 55,3%. Les recettes ont, elles, atteint 4,6 milliards de dinars, en hausse de 44,4%.

Derrière cette performance se trouve toutefois un enjeu majeur pour la filière : la Tunisie vend encore l’essentiel de son huile en vrac. L’huile conditionnée ne représente que 14% des volumes exportés, contre 86% pour le vrac. Pourtant, le conditionné pèse déjà 18,6% des recettes, ce qui montre le potentiel de valeur supplémentaire à capter en développant cette activité. La progression des volumes ne s’est d’ailleurs pas accompagnée d’une hausse comparable des prix. En juillet 2026, le prix moyen s’est établi à 13,16 DT/kg, contre 12,97 DT/kg un an auparavant, soit seulement +1,4%. La hausse des recettes repose donc avant tout sur l’augmentation des quantités exportées. La demande reste largement concentrée sur l’Europe, qui absorbe 57,1% des volumes, avec l’Espagne et l’Italie en tête. L’Amérique du Nord représente néanmoins 24%, principalement grâce aux États-Unis et au Canada. Au total, l’huile d’olive tunisienne est désormais commercialisée dans plus de 70 pays. Le bio confirme également son poids dans la filière, avec 51.200 tonnes exportées pour environ 673,4 millions de dinars. Mais ici aussi, le conditionnement reste marginal : seulement 6,2% des volumes bio sont exportés sous cette forme. Or le prix moyen atteint 16,56 DT/kg pour le bio conditionné, contre 12,93 DT/kg pour le vrac.

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Transport aérien : l’Afrique du Nord, première sous-région africaine en volume

Le secteur aérien mondial retrouve des couleurs, mais de manière très inégale selon les régions. Certains marchés stagnent, d’autres accélèrent nettement, et l’Afrique fait clairement partie de cette deuxième catégorie.

En août, 568,2 millions de sièges sont programmés à travers le monde, mobilisant 732 compagnies sur près de 4 000 aéroports, avec une croissance mondiale de 2,6 % sur un an. Le continent africain, lui, affiche une tout autre cadence : 27,3 millions de sièges programmés, en hausse de 8,4%, pendant que le Moyen-Orient continue de payer le prix des tensions géopolitiques régionales.

Avec 7,9 millions de sièges programmés, l’Afrique du Nord reste la première sous-région africaine en volume, même si c’est l’Afrique centrale et occidentale qui progresse le plus vite en proportion. L’Égypte domine largement le classement continental avec 3,2 millions de sièges (+12,1%), suivie du Maroc (2,21 millions, +8,8%) et de l’Algérie (1,21 million, +10%). La Tunisie ferme la marche du quatuor nord-africain, avec une hausse plus contenue : 931 300 sièges, en progression de 4,7%.

Air Algérie et Royal Air Maroc en tête de peloton

Ce sont surtout les pavillons nationaux qui portent cette dynamique. Air Algérie affiche carrément la plus forte hausse de la région, à +16,8% ; Royal Air Maroc suit avec +13,2% (868.100 sièges), ce qui la hisse au 4ᵉ rang des compagnies africaines. Côté aéroports, Casablanca conforte son statut de porte d’entrée entre l’Europe et l’Afrique avec 800 000 sièges (+10,1%), tandis que Tunis-Carthage progresse de 7,3% à 530 000 sièges. Sans surprise, l’Europe capte à elle seule la moitié du trafic international africain, avec 10,8 millions de sièges programmés.

Investissement et entrepreneuriat

Cette montée en puissance du transport aérien nord-africain ouvre des perspectives concrètes pour les acteurs du tourisme, de la logistique aéroportuaire et des services connexes en Tunisie et dans la région. La percée des low-cost (+9,8%, 5,6 millions de sièges) est synonyme d’opportunités pour des modèles économiques agiles capables de capter une demande intra-régionale encore sous-exploitée.

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La Steg inaugure une station électrique de 47 MDT à Bou Argoub

La Steg a mis en service une nouvelle station de transformation électrique à haute tension à Bou Argoub, dans le gouvernorat de Nabeul. D’un coût de 47 millions de dinars, l’infrastructure doit renforcer l’alimentation électrique de la région, notamment de sa zone industrielle, et améliorer la fiabilité du réseau.

La station, située dans la zone industrielle Hached à Bou Argoub, a été inaugurée vendredi 21 août 2026 par la gouverneure de Nabeul et le président-directeur général de la Steg. Le projet repose sur deux transformateurs 33/225 kV, d’une capacité de 40 MVA chacun, ainsi que sur 27 cellules de moyenne tension destinées à renforcer l’alimentation des zones avoisinantes.

Son principal enjeu est toutefois son intégration au réseau de transport à haute tension. La station est désormais reliée à trois pôles électriques — Grombalia, Jebel Ressas et Bouficha — à travers trois lignes aériennes de 225 kV. Les liaisons représentent au total près de 45 kilomètres de nouvelles lignes : 9,6 km entre Bou Argoub et Grombalia, 10,5 km vers Jebel Ressas et 24,7 km vers Bouficha.

Réalisée en un an et demi, cette station vient ainsi renforcer l’architecture du réseau électrique du Cap Bon en augmentant sa capacité de transformation et en multipliant les points de connexion avec le réseau haute tension.

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Équipements médicaux : quand l’État ne paie plus ses fournisseurs

Plus de 30 entreprises réunies, un même constat : la Chambre syndicale nationale des équipements médicaux, affiliée à l’UTICA, tire la sonnette d’alarme sur une situation financière qu’elle qualifie de « critique ». En cause, l’accumulation des créances impayées par les hôpitaux publics, qui menace tout le secteur.

Réunis mardi au siège de l’UTICA, les adhérents de la chambre ont dressé un état des lieux sans détour de l’encours dû par les structures hospitalières. Le constat qui s’en dégage : des délais de règlement qui s’étirent sans fin, au point de plonger une bonne partie des entreprises du secteur dans une gestion quotidienne au jour le jour.

Des distributeurs à court de liquidités

Sans trésorerie disponible, plusieurs opérateurs peinent désormais à couvrir leurs besoins courants, importer des fournitures, reconstituer leurs stocks, tenir le rythme de livraison aux hôpitaux. Chez certains distributeurs, la situation vire carrément à l’impasse vis-à-vis des fournisseurs étrangers, qui n’acceptent plus d’attendre leur règlement ; toute la chaîne d’approvisionnement médical s’en trouve fragilisée. D’où l’appel de la Chambre syndicale, adressé aux autorités de tutelle : accélérer le règlement de ces dettes, sous peine de voir disparaître des entreprises du secteur et de compromettre, par ricochet, la continuité des soins dans le public.

Pour un secteur aussi stratégique que celui des équipements médicaux, sécuriser les délais de règlement des hôpitaux publics constitue un préalable à toute stratégie d’investissement ou d’expansion durable.

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APIA : un assistant intelligent pour réduire les frictions qui freinent l’investissement agricole

Un assistant virtuel, des cartes analytiques, des indicateurs par région : l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA) vient de mettre en ligne SMART APIA, sa nouvelle plateforme numérique dédiée à l’intelligence agricole.

L’outil s’inscrit dans la stratégie de digitalisation de l’agence, censée simplifier l’accès à l’information pour les agriculteurs, les investisseurs et les jeunes promoteurs.

Un guichet numérique pensé pour les porteurs de projets

Concrètement, SMART APIA repose sur un assistant intelligent capable de répondre en temps réel aux questions administratives, juridiques et techniques que se posent les porteurs de projets, de quoi éviter, en théorie, les allers-retours habituels avec les guichets physiques.

La plateforme intègre également des cartes analytiques et des indicateurs sectoriels, pour repérer d’un coup d’œil les opportunités d’investissement disponibles selon les régions, données statistiques à l’appui.

Autre fonction mise en avant : un accompagnement à la structuration des idées de projets pour aider les jeunes promoteurs à passer du concept à un dossier bancable, en amont même du dépôt de leur demande auprès de l’agence.

Investissement et entrepreneuriat

En digitalisant l’accès à ses données et à son expertise, l’APIA cherche à réduire les frictions qui freinent souvent l’investissement agricole en Tunisie ; méconnaissance des filières porteuses, difficulté à monter un dossier, dispersion de l’information entre plusieurs guichets.

Pour les jeunes promoteurs, cet accès facilité à des indicateurs régionalisés pourrait fluidifier l’identification de niches encore peu exploitées. L’objectif est de convertir cette information optimisée en projets effectivement financés et accompagnés de bout en bout.

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Transparence budgétaire : Tunis passe le test de Washington

La Tunisie fait partie des 73 pays qui ont passé avec succès le test de la transparence budgétaire aux États-Unis. C’est la conclusion du dernier Fiscal Transparency Report du Département d’État américain, publié à la mi-août 2026 et portant sur l’exercice budgétaire 2025 des pays bénéficiaires de l’aide extérieure des États-Unis.

Ce rapport n’est pas un exercice de style : le Congrès américain oblige chaque année le Département d’État à vérifier si les 139 pays qui reçoivent l’aide extérieure américaine rendent des comptes fiables sur leurs finances publiques. Trois angles guident l’analyse : l’accès du public aux documents budgétaires, leur degré de détail et leur crédibilité, et la clarté des procédures encadrant marchés publics, licences et contrats de l’État. Sur les 67 gouvernements recalés cette année, 14 auraient malgré tout progressé.

Deux pays validés au Maghreb

La Tunisie rejoint le Maroc parmi les pays conformes. L’Algérie et la Libye, elles, en restent exclues. Pour Alger en particulier, les évaluateurs relèvent des documents financiers publiés de façon partielle et une opacité persistante autour des comptes de plusieurs entreprises publiques. Au total, quinze pays africains figurent parmi les bons élèves, dont le Bénin, le Ghana, le Kenya ou l’Afrique du Sud.

Rien n’est figé dans cette évaluation : d’une année sur l’autre, un pays peut changer de catégorie, selon l’évolution de ses pratiques de gestion financière ou les ajustements apportés par Washington à sa grille d’analyse.

Ce que cela change pour les investisseurs

Une évaluation de ce type ne débloque pas mécaniquement de financements, mais elle nourrit la perception du risque-pays. Pour les bailleurs et investisseurs institutionnels qui intègrent la qualité de la gouvernance budgétaire dans leurs grilles d’analyse, ce signal peut faciliter le dialogue avec les partenaires techniques et financiers, sans se substituer aux indicateurs macroéconomiques classiques ; déficit, dette, notation souveraine, qui restent, eux, déterminants pour l’appétit des marchés.

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États-Unis : vers l’adaptation des marchés financiers aux normes crypto

La Securities and Exchange Commission (SEC) américaine franchit une nouvelle étape dans l’encadrement des cryptomonnaies. Le régulateur a dévoilé mardi un projet baptisé « Regulation Crypto », destiné à adapter certaines règles des marchés financiers aux particularités des actifs numériques.

Cette initiative intervient alors que le Congrès américain peine toujours à adopter un cadre législatif global pour le secteur.

Des règles plus souples pour les projets crypto

La proposition prévoit plusieurs mécanismes susceptibles de faciliter le financement des entreprises développant des projets liés à la blockchain. Parmi les mesures envisagées figure une exemption pouvant couvrir jusqu’à 5 millions de dollars sur quatre ans, ainsi qu’un plafond annuel de 75 millions de dollars pour certaines émissions.

Les entreprises concernées conserveraient néanmoins des obligations en matière d’informations financières et de communication aux investisseurs.

La SEC envisage également la création d’un « safe harbor ». Ce mécanisme pourrait permettre, sous certaines conditions, à certains actifs numériques d’échapper à la qualification de titres financiers. Une évolution susceptible d’apporter davantage de visibilité aux acteurs du marché.

La SEC tente de combler le vide législatif

Le projet intervient alors que le Clarity Act, qui doit notamment préciser le partage des compétences entre la SEC et la CFTC, reste en attente au Congrès. L’administration Trump encourage ainsi les régulateurs à exploiter leurs pouvoirs actuels pour clarifier les règles applicables aux cryptomonnaies.

Le texte ouvre désormais une phase de consultation publique de 60 jours. Les acteurs du secteur pourront formuler leurs observations avant une éventuelle adoption définitive. Pour les entreprises crypto, l’enjeu est majeur : cette réforme pourrait réduire une partie de l’incertitude réglementaire qui pèse sur leurs activités.

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La Tunisie renforce son excédent alimentaire, mais…

La balance commerciale alimentaire tunisienne a dégagé un excédent de 1.006,6 millions de dinars (MD) au cours des sept premiers mois de 2026, contre 823,8 MD sur la même période de 2025. Cette amélioration intervient alors que les importations alimentaires continuent d’augmenter, notamment sous l’effet des achats de céréales. Sur la période, les exportations alimentaires ont progressé de 23,4% en valeur, tandis que les importations ont augmenté de 23,6%. Le taux de couverture s’établit ainsi à 121,5% à fin juillet 2026, contre 121,8% un an auparavant.

L’amélioration de la balance alimentaire repose principalement sur la performance de l’huile d’olive, dont les exportations ont augmenté de 43,4%. Cette progression a largement contribué à absorber la hausse de 20,9% des importations de céréales.

Mais la hausse des volumes exportés ne s’est pas accompagnée d’une amélioration des prix. Le prix moyen de l’huile d’olive à l’export est descendu à 12,47 dinars/kg, en baisse de 3% sur un an. Côté approvisionnement, les prix à l’importation ont reculé pour plusieurs céréales : -13,5% pour le blé dur, -6% pour le blé tendre et -3% pour le maïs. L’orge fait exception, avec une hausse de 3,4%.

La performance du secteur alimentaire contraste avec l’évolution de la balance commerciale globale. Le déficit commercial de la Tunisie a atteint 14.957,6 MD à fin juillet 2026, en hausse de 25,7% par rapport aux 11.904,2 MD enregistrés un an plus tôt. Les importations totales ont progressé de 13,7%, à 55.596 MD, tandis que les exportations ont augmenté de 9,9%, à 40.638,4 MD.

Dans ce contexte, les produits alimentaires représentent 8,4% des importations totales du pays, contre 14% des exportations. L’excédent dégagé par le secteur alimentaire a ainsi permis de compenser 6,7% du déficit commercial global au cours des sept premiers mois de l’année.

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Projet de réforme de la sécurité sociale: un chantier à double tranchant pour l’entrepreneuriat

Le gouvernement a rouvert, mardi 18 août, à La Kasbah, le chantier de la sécurité sociale; une réunion ministérielle présidée par Sarra Zaâfrani Zenzri a validé le lancement immédiat de la rédaction des textes.

Le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, a dressé un état des lieux du système actuel et défendu l’idée d’une architecture à plusieurs niveaux, combinant urgences immédiates et transformations sur le long terme.

Le premier axe de la réforme envisagée concerne l’extension de la couverture aux oubliés du système: travailleurs informels, agriculteurs, pêcheurs, indépendants et actifs des plateformes numériques. Une bonne nouvelle sur le papier, mais qui suppose, pour les entreprises concernées, de nouvelles obligations d’affiliation à anticiper.

Côté retraites, la prudence est de mise: aucun chiffre sur l’âge légal, la durée de cotisation ou le calcul des pensions n’a filtré. L’exécutif préfère avancer par étapes, en s’appuyant sur les travaux techniques déjà menés.

Pour la Santé, l’objectif affiché est de rapprocher caisses sociales et système de soins, tout en donnant un coup d’accélérateur à la production tunisienne de médicaments et de vaccins. S’y ajoute la dématérialisation des dossiers de santé et des supports d’affiliation.

Tout dépendra des textes à venir

Pour les entreprises, cette réforme peut jouer dans les deux sens: d’un côté, une gouvernance assainie des caisses et une meilleure couverture santé renforcent l’attractivité du salariat formel; de l’autre, l’élargissement des cotisations aux nouvelles formes de travail pourrait alourdir les charges des jeunes structures et des plateformes. Tout dépendra des textes à venir.

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Un TGV tunisien pour redispatcher l’attractivité économique à l’échelle nationale

Le dossier du TGV tunisien vient de franchir un nouveau cap concret. La Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) a mis en concurrence, ce 18 août, les bureaux d’études tunisiens et étrangers susceptibles de prendre en charge les premiers travaux techniques du projet, c’est-à-dire les analyses de faisabilité et les esquisses d’ingénierie qui précèdent tout chantier de cette ampleur.

L’objectif est d’établir une short-list de cabinets aptes à porter un dossier ferroviaire de cette complexité.

Le rendez-vous est fixé au 24 septembre à 11h00 pour remettre les dossiers de candidature au siège de la SNCFT. Passé ce cap, plus aucune candidature ne sera examinée; les plis seront décachetés publiquement dans la foulée, quinze minutes plus tard, devant les soumissionnaires qui souhaitent y assister.

L’initiative n’a rien de surprenant: elle découle directement des arbitrages pris en février dernier, lorsque l’exécutif avait validé le tracé de cette future artère ferroviaire dans le cadre du plan quinquennal 2026-2030. Sur le papier, la ligne doit couvrir toute la longueur du pays, de Bizerte jusqu’à Ben Guerdane, en irriguant au passage les grandes agglomérations, les infrastructures portuaires et les plateformes logistiques.

L’ambition de la SNCFT dépasse le seul territoire national. Côté Algérie, l’axe pourrait rejoindre Annaba en s’appuyant sur la liaison existante entre Tabarka, Nefza, Mateur et Jdeida. Côté libyen, le tracé filerait plutôt vers Ras Jedir en traversant Mareth et Médenine, avec une bretelle jusqu’au port de Zarzis.

Cette phase d’études conditionne le reste du processus, elle déterminera si le projet tient la route sur le plan financier et technique avant tout engagement de travaux.

Un signal pour l’investissement et l’entrepreneuriat

Ce type de chantier structurant génère généralement un premier cercle d’opportunités bien avant la pose des rails: cabinets d’ingénierie, bureaux de conseil et entreprises de BTP se positionnent dès la phase d’études. Plus largement, une colonne vertébrale ferroviaire reliant pôles urbains, ports et zones logistiques peut, sur la durée, redistribuer l’attractivité économique des régions traversées, notamment dans le Sud, historiquement moins connecté.

Ce potentiel reste néanmoins suspendu à deux inconnues: la confirmation d’un financement à la hauteur du projet et le respect du calendrier des études, qui donneront ou non de la crédibilité au chantier aux yeux des investisseurs.

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Banques: la BCT revoit un dispositif de financement datant de 1987

La Banque centrale de Tunisie (BCT) revoit les règles qui encadrent le financement bancaire des cultures céréalières. Publiée mardi 18 août 2026 au Journal officiel de la République tunisienne (Jort), la circulaire n°2026-7 actualise un dispositif qui remonte à 1987. Son principal changement porte sur les montants de référence retenus par les banques pour financer plusieurs cultures.

Pour les céréales, le nouveau barème introduit surtout une différenciation selon les conditions de production. Pour le blé dur, le blé tendre et les légumineuses, le financement de référence atteint 1 415 dinars par hectare en zone 1 pour les cultures en sec, contre 1 175 dinars en zone 2. Lorsque la culture est irriguée, le plafond passe à 1 930 dinars par hectare.

La différence est également visible pour l’orge. Selon l’agence TAP, le plafond s’établit à 940 dinars par hectare en zone 1, 890 dinars en zone 2 et 350 dinars en zone 3. Pour les cultures fourragères, les références sont fixées à 1 030 dinars par hectare en hiver et à 1 260 dinars en été.

Ces écarts montrent que la BCT ne retient plus une logique uniforme pour l’ensemble des exploitations. Le niveau de financement dépend désormais davantage de la culture concernée et de ses conditions de production. Pour certaines céréales, le recours à l’irrigation conduit ainsi à un plafond supérieur à celui appliqué aux cultures en sec.

Mais ces montants ne doivent pas être interprétés comme des crédits automatiquement accordés aux agriculteurs. C’est un point central de la nouvelle circulaire. La BCT demande aux banques d’adapter le montant du crédit à la taille de l’exploitation, aux dépenses prévues et aux rendements enregistrés lors des campagnes précédentes.

En pratique, le barème constitue donc un cadre de référence pour l’intervention bancaire. Le montant réellement accordé reste lié à la situation de chaque exploitation. Un agriculteur qui se situe sous un plafond donné ne bénéficiera pas nécessairement de la totalité de l’enveloppe correspondant à son hectare.

Cette approche fait également intervenir la question du risque agricole dans la décision de crédit. En demandant aux banques de tenir compte des rendements des dernières campagnes, la BCT introduit dans l’évaluation du financement un élément directement lié aux performances de l’exploitation. La superficie et les dépenses à engager complètent cette appréciation.

La révision intervient par ailleurs sur un dispositif ancien. La circulaire de 2026 vient modifier les dispositions établies par la BCT en décembre 1987 sur l’octroi, le contrôle et le refinancement des crédits agricoles. L’enjeu est donc moins la création d’un nouveau mécanisme que l’actualisation des références utilisées par les banques pour accompagner certaines campagnes.

Reste toutefois une question. Ces nouveaux plafonds correspondent-ils réellement aux besoins de financement des exploitations aujourd’hui? La circulaire fixe les montants auxquels les banques peuvent se référer, mais elle ne permet pas, à elle seule, de mesurer si ces niveaux couvrent effectivement les coûts engagés par les producteurs.

C’est notamment sur ce point que se jouera la portée concrète de la mesure. L’actualisation du barème peut faciliter l’adaptation du crédit aux différentes situations agricoles, mais son effet dépendra aussi de l’accès effectif des exploitants au financement et des conditions dans lesquelles les banques appliqueront ces nouvelles références.

La publication de cette circulaire ouvre ainsi un nouveau cadre pour le financement bancaire des céréales et de certaines cultures saisonnières. Pour en mesurer l’impact réel, il faudra désormais confronter les plafonds fixés par la BCT aux coûts de production et aux besoins de financement des agriculteurs.

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Finance internationale : les flux financiers entre Riyad et Abou Dhabi se compliquent

L’Arabie saoudite renforce discrètement le contrôle des transferts financiers à destination des Émirats arabes unis, dans un contexte marqué par une concurrence croissante entre les deux puissances économiques du Golfe. Ce repositionnement, qui n’a pas fait l’objet d’une annonce publique, commence déjà à compliquer certaines opérations entre les deux marchés.

Les transferts depuis des comptes saoudiens vers les Émirats font, dans ce cadre, l’objet de vérifications supplémentaires de la part des services de conformité. Certains paiements peuvent être retardés de plusieurs semaines, voire retournés par les banques.

La Banque centrale saoudienne exige, ainsi, des établissements financiers une vigilance accrue face aux risques de blanchiment, de financement du terrorisme et d’autres infractions financières. Riyad n’a toutefois pas officiellement classé les Émirats parmi les juridictions à haut risque.

Un enjeu pour les entreprises

Pour les entreprises présentes dans les deux pays, ces restrictions peuvent peser sur la trésorerie, les règlements fournisseurs et les échanges commerciaux. Elles interviennent alors que les relations entre Riyad et Abou Dhabi se tendent, notamment sur le plan énergétique et économique.

Malgré cette évolution, une rupture entre les deux économies paraît peu probable compte tenu de leur interdépendance. Le durcissement des contrôles constitue néanmoins un nouveau signal de la rivalité croissante pour devenir le principal centre d’affaires du Golfe.

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Paiements électroniques : la Tunisie, un terrain de plus en plus fertile pour la fintech

Trois indicateurs, une même tendance : les Tunisiens paient de moins en moins en liquide. Le rapport de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) sur les paiements en chiffres en Tunisie, couvrant le premier semestre 2026, confirme cette dynamique, portée à la fois par le commerce en ligne et les paiements de proximité.

Toutes catégories confondues ; cartes, mobile, e-commerce, la BCT dénombre 85,4 millions de transactions électroniques sur les six premiers mois de l’année, pour une valeur cumulée de 15,425 milliards de dinars. Un an plus tôt, ces mêmes indicateurs plafonnaient à 77,7 millions d’opérations ; l’écart traduit des hausses respectives de 9,8 % en volume et de 11,2 % en valeur.

L’e-paiement se distingue, dans ce cadre, par sa dynamique : les transactions grimpent à 10,3 millions, en hausse de 22,1 % sur un an, pour un montant de 771,4 MTD (+28,1 %). Le réseau marchand suit le mouvement, avec 1 456 sites actifs, soit 19,7 % de plus par rapport à fin 2025.

Le TPE, moteur du paiement de proximité

Du côté des paiements de proximité, le volume s’établit à 25,3 millions d’opérations et le montant traité à 3,064 milliards de dinars, avec des croissances respectives de 18,8 % et 16,6 %. Le parc de terminaux progresse plus lentement ; 45 600 TPE, +5,7 %, ce qui traduit une intensification de l’usage des équipements existants plutôt qu’un simple effet de déploiement.

Cartes, wallets et distributeurs suivent le mouvement

La BCT recense par ailleurs 6,151 millions de cartes bancaires en circulation et 3 427 distributeurs automatiques de billets. Côté paiement mobile, les wallets actifs passent de 207 524 à 218 886 en un an (+5,5 %), pour près de 5,12 millions de transactions totalisant 914,2 MTD. Le règlement de factures et de services domine largement ces usages, loin devant les virements entre comptes ou les opérations de dépôt et retrait.

Un terrain qui se prête à l’investissement

Cette accélération dessine un marché où l’infrastructure existante est de plus en plus sollicitée, ouvrant la voie à de nouveaux services autour de l’acceptation électronique, de la sécurité des transactions ou de l’expérience client. Pour les acteurs de la fintech et les commerçants encore peu digitalisés, la marge de progression identifiée par la BCT constitue un indicateur concret qui permet de bâtir de nouveaux projets.

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Douane tunisienne : un nouveau système numérique doit simplifier la gestion des règles d’origine

La douane tunisienne passe à une nouvelle étape dans la digitalisation des procédures. Les travaux techniques pour mettre en place un système électronique intégré de gestion de l’origine des marchandises ont démarré aujourd’hui, lundi 17 août 2026, dans le cadre d’une coopération avec la douane sud-coréenne.

Financé par la partie coréenne, le projet vise à permettre aux entreprises et à l’administration douanière de gérer en ligne les règles d’origine prévues par les accords de libre-échange conclus par la Tunisie.

Pour les opérateurs économiques, l’enjeu est notamment de faciliter le traitement des droits et taxes douaniers applicables en fonction de l’origine des produits. Le futur système doit aussi renforcer la transparence des procédures et limiter les traitements administratifs manuels. L’objectif est de permettre une gestion électronique des règles d’origine, afin de faciliter leur application conformément aux accords commerciaux en vigueur. Cela pourrait notamment rendre les démarches plus lisibles pour les entreprises qui importent ou exportent dans le cadre de ces accords.

Une coopération qui entre dans sa deuxième phase

La rencontre tuniso-coréenne actuelle constitue la deuxième étape du projet. Une première mission, organisée en avril dernier, avait permis d’identifier les besoins et les étapes techniques nécessaires à la conception du système. Les travaux engagés cette semaine se poursuivront jusqu’au 18 septembre 2026. Cette période doit permettre de finaliser la préparation technique nécessaire à la mise en place de la plateforme électronique.

À terme, la douane tunisienne veut ainsi disposer d’un outil permettant de gérer de manière numérique les règles d’origine et de soutenir une application plus efficace des accords de libre-échange.

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