Lese-Ansicht

Exportations : La Tunisie veut accélérer sa percée sur le marché chinois

Les produits tunisiens pourraient bénéficier d’un accès facilité au marché chinois à la faveur de la décision de Pékin de supprimer, pendant deux ans, les droits de douane sur les importations en provenance de plusieurs pays africains, dont la Tunisie. Cette perspective a été au centre d’une rencontre tenue le 9 juin entre le Centre de promotion des exportations (CEPEX) et une délégation du Conseil chinois pour la promotion du commerce international de la province du Hunan.

Le président-directeur général du CEPEX, Mourad Ben Hassine, a reçu une délégation chinoise dans le cadre du renforcement des relations économiques et commerciales entre la Tunisie et la Chine ainsi que du développement des échanges avec la province du Hunan.

Selon le CEPEX, cette visite intervient dans un contexte marqué par une dynamique favorable des relations tuniso-chinoises, notamment sur le plan économique, et vise à soutenir les échanges commerciaux et à élargir les perspectives de coopération entre les entreprises tunisiennes et celles de la province du Hunan, considérée comme l’un des principaux pôles économiques et industriels chinois.

L’exemption douanière au cœur des discussions

Les échanges ont notamment porté sur les retombées attendues de la décision chinoise d’exonérer temporairement de droits de douane certains produits importés depuis plusieurs pays africains, dont la Tunisie.

D’après le CEPEX, cette mesure est de nature à renforcer l’accès des produits tunisiens au marché chinois et à améliorer leur compétitivité. Elle pourrait également ouvrir de nouvelles perspectives aux entreprises tunisiennes souhaitant exporter vers la Chine, tout en favorisant la diversification des destinations à l’export.

Les participants ont également souligné l’importance de cette évolution pour le développement des échanges commerciaux entre les deux pays.

Un accord pour structurer la coopération

La rencontre a aussi permis d’examiner plusieurs pistes de collaboration dans les domaines de la promotion commerciale, de l’organisation de missions économiques, des rencontres professionnelles ainsi que de l’échange d’informations et d’expertises liées au commerce extérieur et à l’investissement.

Les travaux se sont conclus par la signature d’un mémorandum d’entente entre le CEPEX et le Conseil chinois pour la promotion du commerce international de la province du Hunan.

Selon les deux parties, cet accord vise à mettre en place un cadre permanent de coordination et de coopération, notamment en matière d’échanges d’expériences et de bonnes pratiques dans les domaines d’intérêt commun.

Miser sur un marché de plus de 1,4 milliard de consommateurs

Le CEPEX souligne que la Chine constitue la deuxième économie mondiale et l’un des principaux partenaires commerciaux à l’échelle internationale. Le pays représente également un marché de consommation de plus de 1,4 milliard d’habitants.

La province du Hunan, qui compte plus de 65 millions d’habitants, est pour sa part présentée comme un important pôle économique et industriel offrant des perspectives pour les produits tunisiens à valeur ajoutée.

Selon le Centre, cette initiative devrait contribuer à renforcer la présence des entreprises tunisiennes sur le marché chinois et à développer de nouvelles opportunités en matière d’exportation, d’investissement et de partenariat économique.

Bien que les échanges avec la Chine soient en croissance, ils demeurent encore loin de ce qu’ils pourraient être si une plus grande variété de produits tunisiens accédaient au marché chinois.

Selon les données du CEPEX, les échanges commerciaux entre la Tunisie et la Chine ont atteint environ 9,2 milliards de dinars en 2024, soit une progression d’environ 8% par rapport à 2023.

Cependant, malgré cette progression, les exportations tunisiennes vers la Chine ne représentent qu’une part très limitée du total des échanges commerciaux tuniso-chinois, laissant apparaitre un fort potentiel encore inexploré.

Lire aussi :

L’article Exportations : La Tunisie veut accélérer sa percée sur le marché chinois est apparu en premier sur webdo.

  •  

Zéro droits de douane avec la Chine : La Tunisie a deux ans pour saisir l’opportunité

Depuis le 1er mai, les produits tunisiens peuvent accéder au marché chinois sans droits de douane, dans le cadre d’une mesure élargie à 53 pays africains. Présentée comme un geste d’ouverture économique, cette décision de Pékin marque surtout un changement d’échelle dans sa stratégie africaine — et place la Tunisie face à une fenêtre d’opportunité à durée limitée.

Car l’élément le plus significatif n’est pas seulement la suppression des taxes. C’est l’absence de réciprocité immédiate. La Chine ouvre son marché sans demander, pour l’instant, une ouverture équivalente en retour. Une démarche rare dans le commerce international, où les concessions sont généralement négociées de manière bilatérale.

Un “cadeau” commercial très stratégique

Officiellement, Pékin présente cette mesure comme un soutien au développement des exportations africaines et à la coopération Sud-Sud. Mais derrière ce discours, la logique est plus structurée : dans un contexte de tensions commerciales et de protectionnisme, notamment américain, la Chine cherche à sécuriser ses approvisionnements, à renforcer son ancrage économique en Afrique et à installer des relations durables avant toute négociation formelle.

La méthode est connue : ouvrir d’abord, consolider ensuite. Ne rien exiger immédiatement permet souvent de créer, à terme, un rapport de force plus favorable.

Il faut aussi noter que la mesure n’est pas uniforme. Les pays africains les moins avancés bénéficient d’un accès permanent depuis fin 2024. La Tunisie, classée parmi les pays à revenu intermédiaire, fait partie d’un second groupe pour lequel ce traitement préférentiel est accordé pour une durée limitée à deux ans. La fenêtre est ouverte — mais elle ne le restera pas indéfiniment.

Lire aussi: La Chine va supprimer les droits de douane pour 53 pays africains dont la Tunisie

Ce que la Tunisie peut vraiment en tirer

Le déséquilibre actuel des échanges illustre l’ampleur du défi. Selon les données de l’INS, la Tunisie n’a exporté que 7,7 millions de dinars vers la Chine en janvier 2026, contre 904 millions de dinars d’importations dans le sens inverse.

Ce contraste met en évidence un potentiel important, mais aussi une fragilité structurelle. L’huile d’olive, les dattes, les produits agroalimentaires et certains biens à plus forte valeur ajoutée pourraient tirer profit de cette ouverture.

Mais l’accès sans droits de douane ne suffit pas. Il suppose de répondre aux normes chinoises, d’assurer des volumes réguliers, de maîtriser la logistique et de construire une présence commerciale durable sur un marché vaste et exigeant.

Sans stratégie claire — certification, prospection, distribution, adaptation aux standards et aux préférences des consommateurs — cette mesure pourrait rester largement symbolique.

Opportunité ou dépendance ?

La suppression des droits de douane ouvre une fenêtre. Mais elle pose aussi une question plus profonde : la Tunisie saura-t-elle utiliser cette ouverture pour monter en gamme et diversifier ses exportations, ou restera-t-elle cantonnée à un rôle de fournisseur de produits peu transformés ?

L’enjeu est là. Le véritable bénéfice ne viendra pas seulement de l’accès au marché chinois, mais de la capacité à y pénétrer avec des produits compétitifs, identifiables et mieux valorisés — avant que le délai de deux ans ne s’écoule.

La Chine n’exige rien pour l’instant. Mais dans le commerce international, la gratuité apparente est rarement neutre. Pour la Tunisie, cette ouverture peut devenir une opportunité stratégique — à condition de ne pas la considérer comme un simple cadeau.

Lire aussi:

L’article Zéro droits de douane avec la Chine : La Tunisie a deux ans pour saisir l’opportunité est apparu en premier sur webdo.

  •  
❌