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L’IACE tranche : mieux vaut réécrire le Code du travail

Soixante ans après la promulgation du Code du travail tunisien, « le coût du maintien du cadre légal actuel et de la poursuite des révisions partielles et conjoncturelles dépasse désormais celui d’une réforme globale et structurelle ». C’est en tout ce qu’estime l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) dans une étude consacrée à l’évaluation et aux perspectives du droit du travail en Tunisie.

Intitulé « Soixante ans après la promulgation du Code du travail tunisien : de l’État indépendant à l’économie des plateformes », le document souligne que « l’approche d’ajustements successifs accumulés depuis six décennies (plus de 100 amendements), a atteint ses limites structurelles et qu’elle ne parvient plus à répondre aux évolutions économiques, démographiques et technologiques », laissant aujourd’hui environ 43,9 % de la population active en dehors de toute couverture du code, selon les données de la Banque mondiale, rapporte l’agence TAP.

L’étude révèle que, malgré la diversité des approches, un consensus rassemble les experts, les représentants des travailleurs et les chefs d’entreprise autour de six axes prioritaires, qui pourraient constituer un terrain favorable à une réforme globale et profonde du Code du travail. Il s’agit de l’élaboration d’un nouveau Code du travail mettant fin à la politique des révisions partielles, la réglementation des nouvelles formes d’emploi (télétravail, travail via les plateformes numériques et travail indépendant), la mise en place d’un système intégré unifiant le droit du travail et le droit de la sécurité sociale, poursuit la même source.

Un consensus a également été établi sur l’importance de « remplacer les sanctions pénales contre les infractions en matière de travail, par des amendes financières dissuasives, de réactiver le Conseil national du dialogue social, avec un calendrier clair et contraignant et de séparer les fonctions de contrôle et de conciliation au sein de l’Inspection du travail ».

Les auteurs de l’étude alertent fermement sur « les risques liés aux réformes unilatérales ou adoptées dans l’urgence sous la pression des crises ».

En guise de conclusion, l’IACE préconise de construire un nouveau contrat social capable de relever un triple défi stratégique, en protégeant les travailleurs contre la précarité, en créant un environnement législatif attractif pour l’investissement et adapté aux métiers de l’économie numérique et en garantissant la pérennité financière des caisses de sécurité sociale face aux déséquilibres démographiques.

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Freelance, télétravail, plateformes : La Tunisie prépare un nouveau cadre légal

Le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle prépare des projets de loi destinés à encadrer plusieurs nouvelles formes de travail en Tunisie, notamment le travail indépendant, le télétravail et l’activité via les plateformes numériques. L’objectif affiché est de renforcer la protection sociale et les conditions de travail des personnes qui exercent dans ces nouveaux modes d’activité.

Des textes encore en préparation

L’annonce a été faite jeudi 24 septembre par Lilia Makhlouf, chargée de la gestion de la Direction générale de la promotion de l’emploi au ministère de l’Emploi, lors d’un forum régional consacré au travail décent et à l’inclusion.

Selon elle, les projets de loi sont encore en cours d’élaboration, en coordination avec les différents ministères concernés, notamment le ministère des Affaires sociales.

Le futur dispositif doit notamment tenir compte du Code du travail et des régimes de protection sociale. Le ministère souhaite présenter ces projets dans les prochaines périodes, alors que le nombre de jeunes ayant recours au travail indépendant ou aux plateformes numériques augmente.

Adapter le droit aux nouvelles formes d’emploi

Pour le ministère, l’enjeu consiste à faire entrer ces activités dans un cadre juridique et institutionnel permettant notamment de garantir une protection sociale et des conditions de travail décentes.

Cette évolution intervient dans un marché du travail transformé par les mutations technologiques, mais également démographiques et climatiques. Selon Lilia Makhlouf, ces transformations pourraient entraîner la disparition de certaines professions tout en favorisant l’apparition de milliers de nouveaux métiers.

Le ministère entend ainsi renforcer l’adaptation des compétences aux besoins futurs du marché de l’emploi, notamment à travers la formation et l’acquisition de compétences techniques, linguistiques et comportementales.

Le travail via les plateformes au cœur du chantier

Le travail via les plateformes numériques constitue l’un des volets les plus nouveaux de ce chantier. Il concerne notamment des activités qui se développent en dehors des formes classiques de relation de travail et pour lesquelles les questions de statut, de protection sociale et de conditions d’exercice restent posées.

Le projet du ministère vise donc à construire un cadre permettant d’intégrer ces travailleurs dans les dispositifs existants, tout en tenant compte des spécificités de ces nouvelles activités.

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