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Climat : la région MENA se réchauffe plus vite que le monde (Rapport)

La région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) ne fait plus face à une simple menace environnementale, mais à une véritable crise de développement qui menace sa stabilité fondamentale. Selon une nouvelle évaluation systémique des risques climatiques, publiée par « Carboun Institute« , la région se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, marquant un tournant historique et dangereux pour ses 25 pays.

Depuis 1980, le taux de réchauffement régional s’élève à 0,46 °C par décennie. Cette accélération a fait de 2024 l’année la plus chaude jamais enregistrée dans cette partie du monde. Ce ne sont plus des prévisions lointaines, mais une réalité quotidienne où les infrastructures et les institutions, initialement conçues pour un climat plus clément, arrivent à saturation.

Déséquilibre des forces en présence

Le rapport souligne une asymétrie critique : alors que la région MENA abrite 6 % de la population mondiale, elle ne dispose que de 1 à 2 % des ressources mondiales en eau douce. Aujourd’hui, 16 des 25 pays de la région figurent parmi les plus stressés au monde sur le plan hydrique, et près de 30 % de la consommation d’eau provient de sources non durables.

Le phénomène est aggravé par un cercle vicieux dévastateur : les sécheresses prolongées durcissent les sols arides, empêchant l’absorption des précipitations. Résultat, lorsqu’une pluie intense survient, elle se transforme immédiatement en inondations meurtrières plutôt qu’en ressource. En 2024, les inondations ont été l’aléa le plus fréquent parmi les 35 événements météorologiques extrêmes signalés dans la région.

Vers la perte de 6 et 14 % de son PIB d’ici 2050

Le rapport évoque aussi un impact financier qui s’annonce colossal. Si le réchauffement mondial atteint 2 °C, la région MENA pourrait perdre entre 6 et 14 % de son PIB d’ici 2050.

Cette pression économique frappe de plein fouet des pays comme l’Égypte, le Liban et la Jordanie, dont l’espace budgétaire se réduit drastiquement au moment précis où les investissements pour l’adaptation climatique deviennent une urgence absolue.

Le changement climatique dans la région MENA ne peut plus être traité comme une question purement environnementale. Il s’agit d’une crise de développement, d’un défi pour la stabilité économique et d’une préoccupation majeure de sécurité, avertit le rapport

Les sécheresses, les vagues de chaleur et les inondations interagissent désormais de manière simultanée, créant des tensions systémiques que les structures actuelles ne sont pas prêtes à gérer. Sans une réponse coordonnée et massive, la région risque de voir ses acquis de développement s’effondrer sous le poids d’un climat devenu hostile, conclut le rapport de ce premier « Think tank », créé en 2025 pour réfléchir sur les politiques climatiques et énergétiques de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

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El Niño : la Méditerranée face à un risque accru d’extrêmes

L’épisode El Niño en cours dans le Pacifique tropical devrait continuer à se renforcer au cours des prochains mois, augmentant le risque de vagues de chaleur, de sécheresses et de fortes précipitations dans plusieurs régions du monde, alerte l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Dans son dernier bulletin climatique publié en juillet, l’OMM prévoit une évolution rapide vers un épisode El Niño de forte intensité durant la période juillet-septembre 2026. Les modèles de prévision utilisés par les principaux centres météorologiques mondiaux convergent vers un réchauffement marqué des eaux de surface du Pacifique équatorial central et oriental.

Selon les projections, l’anomalie moyenne de température de surface de la mer pourrait atteindre environ 2 °C durant la période juillet-septembre dans les principales zones de surveillance, tandis que la trajectoire du phénomène reste orientée à la hausse au cours de l’automne dans l’hémisphère Nord.

 

El Niño peut modifier les régimes de précipitations et de températures à l’échelle mondiale et favoriser certains phénomènes météorologiques extrêmes.

 

El Niño, phénomène climatique naturel qui se traduit par un réchauffement anormal de la surface de l’océan Pacifique central et oriental, constitue l’un des principaux facteurs de variation du climat d’une année à l’autre. Il peut modifier les régimes de précipitations et de températures à l’échelle mondiale et favoriser certains phénomènes météorologiques extrêmes.

L’OMM souligne toutefois que ses conséquences varient fortement selon les régions. L’intensité et la durée de l’épisode, la période de son développement ainsi que son interaction avec d’autres phénomènes climatiques déterminent en grande partie ses effets locaux. Elle prévoit des températures supérieures aux normales dans une grande partie du globe et souligne le risque accru d’événements extrêmes. Pour les secteurs particulièrement sensibles au climat, comme l’agriculture, la gestion de l’eau, l’énergie et la santé, l’organisation appelle à renforcer les dispositifs de préparation et d’alerte précoce.

 

Pour les secteurs particulièrement sensibles au climat, comme l’agriculture, la gestion de l’eau, l’énergie et la santé, l’organisation appelle à renforcer les dispositifs de préparation et d’alerte précoce.

 

Elle avait déjà estimé en juin dernier à 80% la probabilité d’un épisode El Niño entre juin et août 2026. Pour les périodes suivantes, notamment juillet-septembre, août-octobre et septembre-novembre, les probabilités se situaient autour de 90% ou davantage. La plupart des modèles anticipaient alors un épisode au moins modéré, avec la possibilité d’une intensité forte.

El Niño atteint généralement son intensité maximale entre novembre et février. L’OMM estime donc que les prochains mois seront déterminants pour suivre son évolution et préciser ses conséquences régionales.

Toutefois, selon les climatologues, la chaleur de cet été dans plusieurs régions du monde est due à l’activité humaine, pas à El Niño. Les scientifiques alertent depuis des années sur les conséquences de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, qui se sont traduits par les incendies, la chaleur et les phénomènes extrêmes qui ont marqué l’été 2026.

Face à cette évolution, l’organisme onusien appelle les gouvernements, les organismes humanitaires et les secteurs vulnérables à utiliser les prévisions saisonnières et les systèmes d’alerte précoce afin de réduire les conséquences potentielles sur les populations et les économies

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Indonésie : un plan de soutien économique face à la menace d’El Niño

L’Indonésie prépare une nouvelle série de mesures de soutien économique. Et ce, afin de limiter l’impact potentiel d’un épisode marqué d’El Niño. Lequel est susceptible de provoquer des perturbations climatiques, notamment une baisse des précipitations et des tensions sur la production agricole.

Le gouvernement de l’Indonésie annonce qu’il prévoit de renforcer ses dispositifs de réponse dans plusieurs secteurs prioritaires. Il cite entre autres la sécurité alimentaire, la gestion des ressources naturelles, l’agriculture et la protection des populations vulnérables. Les autorités indonésiennes craignent en effet qu’une sécheresse prolongée n’affecte les récoltes, notamment le riz et l’huile de palme, deux secteurs essentiels pour l’économie du pays.

Cette initiative intervient alors que Jakarta cherche également à soutenir la croissance dans un contexte économique mondial incertain. Car, la croissance indonésienne a montré des signes de ralentissement au deuxième trimestre 2026. Même si elle est restée supérieure aux prévisions des analystes.

Les autorités redoutent surtout les effets indirects d’El Niño sur l’inflation, à travers une éventuelle hausse des prix alimentaires et des tensions sur les chaînes d’approvisionnement. Les précédents épisodes climatiques ont montré que la sécheresse pouvait peser fortement sur les récoltes et contraindre les gouvernements à intervenir pour stabiliser les marchés.

Avec ce programme de soutien, Jakarta veut éviter qu’un choc climatique ne se transforme en crise économique et sociale. Tout en renforçant la résilience du pays face à des phénomènes météorologiques de plus en plus fréquents et intenses.

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El Niño revient ? L’ONU débloque déjà jusqu’à 100 millions de dollars…

L’Organisation des Nations unies passe à l’action avant même que les premiers dégâts ne se produisent. Face au retour annoncé du phénomène climatique El Niño, l’ONU est prête à mobiliser jusqu’à 100 millions de dollars via son Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) pour financer des mesures préventives dans les pays les plus exposés. Cette décision marque un changement de stratégie: investir avant les catastrophes plutôt que financer uniquement les secours d’urgence après leur survenue.

Selon Tom Fletcher, secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence, plus de 20 millions de dollars ont déjà été décaissés dans six pays afin de soutenir des actions anticipatives. L’objectif est de protéger les populations avant que les sécheresses, les inondations ou les vagues de chaleur ne détruisent les récoltes, les infrastructures et les moyens de subsistance.

Les prévisions des agences onusiennes indiquent qu’El Niño devrait provoquer des épisodes de chaleur extrême, des sécheresses mais aussi des pluies diluviennes selon les régions. L’Amérique latine, l’Afrique orientale et australe, l’Asie et le Pacifique figurent parmi les zones les plus exposées. L’ONU estime que cet épisode pourrait être plus sévère que celui de 2023-2024, alors que de nombreux pays restent fragilisés par des conflits, des déplacements de population et une crise persistante du financement humanitaire.

Le Comité international de secours (IRC) alerte notamment sur la Corne de l’Afrique. En Somalie, où près de 4,8 millions de personnes dépendent déjà de l’aide humanitaire, les modèles climatiques annoncent jusqu’à 60% de probabilité de précipitations supérieures à la normale dans certaines régions. L’organisation rappelle que les inondations provoquées par El Niño en 2023 avaient détruit près de 13 000 tonnes de cultures, et estime qu’un nouvel épisode pourrait avoir des conséquences encore plus lourdes sur des communautés déjà affaiblies.

Le Kenya se prépare également à un risque élevé d’inondations et de glissements de terrain, tandis que l’Ouganda redoute une augmentation des déplacements de population et des maladies liées aux crues. En Asie, le Pakistan pourrait subir davantage de sécheresse et de fortes chaleurs, alors que le Bangladesh et l’Afghanistan restent exposés aux inondations.

Les financements anticipatifs pourront notamment soutenir: les systèmes d’alerte précoce; les transferts monétaires aux ménages vulnérables; l’accès à l’eau potable; la protection du bétail; les actions visant à préserver les récoltes.

Pour l’ONU, cette approche est à la fois plus efficace et moins coûteuse que les interventions déployées une fois les dégâts déjà constatés. «Nous avons besoin de financements précoces et flexibles», a insisté Tom Fletcher, appelant les bailleurs à investir davantage dans l’anticipation.

 

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