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Hausse anormale de la température de l’eau en Méditerranée

L’ingénieur environnemental et climatologue Hamdi Hached a révélé que des températures record et sans précédent ont été enregistrées récemment en Méditerranée, un nouvel indicateur reflétant l’accélération du changement climatique et ses impacts négatifs sur cette région réputée pour son climat tempéré.  

Dans une déclaration faite ce lundi 8 juin 2026 à l’émission Ahla Sbah sur Mosaique FM, M. Hached a confirmé qu’à la fin du mois de mai, une hausse exceptionnelle des températures a été observée. En Méditerranée occidentale, la température de l’eau a atteint 5 degrés Celsius au-dessus des normales saisonnières, et jusqu’à 6 degrés Celsius dans d’autres zones, dépassant ainsi toutes les moyennes saisonnières habituelles. Ce qui ne manquera pas d’avoir des impacts négatifs sur la biodiversité marine, mais pas seulement.

Hamdi Hached a expliqué que le véritable problème réside dans le moment où survient cette vague de chaleur marine : «Il ne s’agit pas d’un phénomène normal compte tenu des manifestations environnementales et atmosphériques extrêmes qu’elle peut engendrer, d’autant plus qu’elle a été enregistrée si tôt dans l’année, au mois de mai, alors que des phénomènes similaires et extrêmes sont généralement observés au plus fort de l’été, en juillet et août.»

Les déclarations de l’expert du climat sont parfaitement cohérentes avec les dernières données scientifiques publiées le 30 mai 2026 par le Service Copernicus de surveillance du milieu marin (CMEMS), relevant de l’Union européenne (UE), qui évoquent une hausse significative des températures de surface de la mer sur de vastes zones s’étendant de l’Atlantique Nord-Est à la Méditerranée occidentale. Ce phénomène marin a coïncidé avec une vague de chaleur précoce et intense qui a touché plusieurs pays d’Europe occidentale ces derniers jours.

D’après les cartes issues d’une analyse satellitaire détaillée, de fortes anomalies de température ont été observées, dépassant de 5 degrés Celsius les moyennes de référence dans certaines régions.

L. B.

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Climat : La Tunisie vise une baisse de 62% de l’intensité carbone d’ici 2035

La Tunisie accélère le relèvement de ses ambitions climatiques. Dans sa troisième Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0), présentée aux acteurs du climat, le pays annonce vouloir réduire l’intensité carbone de son économie de 62% à l’horizon 2035, contre 46,4% prévus d’ici 2030, en comparaison avec l’année de référence 2010. Cette nouvelle trajectoire marque une montée en puissance de la stratégie tunisienne de décarbonation et s’inscrit dans l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050.

Une ambition climatique revue à la hausse

Soumise au secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (UNFCCC) en septembre 2025, la CDN 3.0 s’inscrit dans la continuité des engagements climatiques pris par la Tunisie depuis 2015.

Le document marque toutefois un changement d’échelle. Alors que la Tunisie visait auparavant une réduction de l’intensité carbone de 41% dans la CDN de 2015 puis de 45% dans celle actualisée en 2021, le nouvel objectif atteint désormais 46,4% en 2030 et 62% en 2035.

Le texte souligne également une progression des objectifs dits « inconditionnels », c’est-à-dire réalisables sans financement international supplémentaire. Leur part dans l’effort global de réduction passe ainsi de 27% en 2030 à 31% en 2035.

Autre évolution notable : pour la première fois, la stratégie tunisienne prévoit une réduction absolue des émissions nettes de gaz à effet de serre. La baisse visée atteint 34% en 2035 par rapport au niveau enregistré en 2010.

Selon le document, cette orientation traduit la volonté des autorités tunisiennes de parvenir à « un découplage absolu et durable entre croissance économique et évolution des émissions de gaz à effet de serre ».

Transition énergétique et énergies renouvelables au cœur de la stratégie

La révision des objectifs repose essentiellement sur l’accélération de la transition énergétique, considérée comme le principal levier de décarbonation de l’économie tunisienne.

Le gouvernement mise notamment sur le renforcement des politiques d’efficacité énergétique et sur le développement massif des énergies renouvelables dans la production d’électricité.

Dans cette logique, la stratégie énergétique adoptée en 2023 prévoit de porter la part des énergies renouvelables à au moins 50% du mix électrique national à l’horizon 2035, rapporte l’Agence TAP.

Le scénario énergétique retenu dans la CDN 3.0 table également sur des infrastructures énergétiques durables et sur une réduction progressive des émissions du secteur de l’énergie, principal contributeur aux émissions nationales.

Les émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie devraient ainsi passer de 30,7 millions de tonnes équivalent CO₂ en 2010 à 22,6 millions de tonnes en 2035, soit une baisse d’environ 26 %.

Parallèlement, les émissions par habitant devraient reculer de 2,55 tonnes équivalent CO₂ en 2010 à 1,77 tonne en 2035, ce qui représente une diminution globale de 31 %.

Un coût estimé à 25 milliards de dollars

La mise en œuvre du volet atténuation de la CDN 3.0 nécessitera des investissements évalués à près de 25 milliards de dollars sur la période 2026-2035, soit près de la moitié des besoins financiers globaux de la stratégie climatique tunisienne.

Le secteur énergétique absorbera à lui seul 87% des financements prévus, devant les secteurs des déchets, des procédés industriels, de l’agriculture, des forêts et de l’affectation des terres.

À travers cette nouvelle feuille de route, la Tunisie cherche à renforcer sa résilience climatique tout en alignant son modèle de développement sur les engagements internationaux de lutte contre le réchauffement climatique.

Rappelons que l’intensité carbone mesure la quantité de gaz à effet de serre (exprimée en équivalent CO2) émise par unité d’activité, de produit ou d’énergie. Contrairement à l’empreinte carbone globale, elle permet de comparer l’efficacité environnementale d’un secteur, d’une entreprise ou d’un processus, indépendamment de sa taille.

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