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Tunisie | L’adaptation des oasis au changement climatique

Il y a en Tunisie 267 oasis. Réparties dans les gouvernorats de Tozeur, Kebili, Gafsa et Gabès, elles couvrent une superficie de 40 000 hectares, représentent environ 10 % des terres agricoles irriguées du pays et abritent environ 5,4 millions de palmiers dattiers. Cette richesse séculaire est désormais menacée par les aléas des changements climatiques.  

C’est dans ce cadre qu’a été présentée, cette semaine, par le ministre de l’Environnement, Habib Abid, un projet visant à renforcer l’adaptation des oasis traditionnelles de la région de Tozeur au changement climatique.

Ce projet, dont le coût est estimé à 45 millions de dinars, concerne 29 oasis traditionnelles de Tozeur. Il vise à accompagner l’adaptation au changement climatique, à renforcement des capacités des acteurs locaux, à diversifier les sources de production, à développer des méthodes d’irrigation, à introduire des variétés résistantes à la sécheresse et à protéger les oasis contre les incendies.

Par ailleurs, le projet ambitionne de créer des oasis modèles, d’améliorer la productivité, de lutter contre les maladies, de valoriser les déchets, de soutenir les filières de production, de réduire les coûts énergétiques, de dynamiser le marché local, d’alléger la pression sur les ressources naturelles et de promouvoir un tourisme alternatif.

Les phases de développement du projet prévoient l’étude du changement climatique dans la région de Tozeur et de son impact sur les oasis, ainsi que l’identification des priorités d’intervention et des activités connexes en collaboration avec l’ensemble des acteurs locaux et régionaux.

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale pour le développement durable des oasis en Tunisie, approuvée par le ministère de l’Environnement en 2015, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM).

Cette stratégie vise à rompre le cercle vicieux de dégradation qui menace les écosystèmes oasiens traditionnels, notamment la fragmentation des terres, la surexploitation des ressources en eau souterraine, la perte de biodiversité et le désintérêt des jeunes générations pour l’agriculture oasienne.

Elle repose sur une vision holistique qui dépasse une approche purement productive pour englober la gouvernance, la durabilité environnementale et la préservation du patrimoine oasien. Et s’articule autour de quatre piliers principaux.

Le premier est axé sur la gouvernance territoriale et le renforcement des capacités afin de moderniser le cadre institutionnel par une approche participative. Cette approche repose sur une meilleure coordination entre les groupes de développement agricole, les organisations de la société civile, les instituts de recherche scientifique et les autorités locales, dépassant ainsi les méthodes de gestion traditionnelles descendantes.

Le deuxième pilier, relatif à la gestion durable des ressources naturelles (eau et sol), vise à optimiser l’utilisation de l’eau d’irrigation en réhabilitant les réseaux de distribution pour réduire les pertes, en promouvant les technologies d’économie d’eau et en luttant contre la salinisation des sols et la désertification.

Le troisième axe, relatif à la préservation et à la valorisation de la biodiversité des oasis, vise à protéger le système agricole traditionnel et diversifié de ces dernières, basé sur la culture du palmier dattier, des arbres fruitiers, des légumes et des fourrages.

Il s’attache également à revitaliser et à protéger les variétés locales de dattes face à la monoculture dominante de la variété Deglet Nour, afin de renforcer la résilience de l’écosystème agricole.

Le quatrième axe, lié à la diversification économique et à l’inclusion sociale, cherche à améliorer les revenus des ménages oasiens en valorisant les sous-produits du palmier dattier, en soutenant l’agriculture biologique et en promouvant l’écotourisme ou un tourisme oasien responsable. Il met également l’accent sur l’inclusion des jeunes et l’autonomisation économique et sociale des femmes dans les oasis.

La stratégie propose une série de mesures pour traduire ces objectifs en programmes concrets sur le terrain. Le but étant de moderniser l’infrastructure hydraulique par la réhabilitation des anciens canaux, la construction de bassins de stockage et de refroidissement de l’eau, et le soutien aux équipements économes en eau au sein des exploitations agricoles.

Ladite stratégie propose également de soutenir l’agriculture écologique en encourageant les pratiques locales de fertilisation organique à base de déchets de palmiers, afin de restaurer la fertilité des sols oasiens et de réduire la dépendance aux engrais et pesticides chimiques. Elle recommande de soutenir l’inscription des oasis tunisiennes sur la liste des Systèmes importants du patrimoine agricole (Sipam/Giahs) de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, à l’instar de ce qui a été entrepris pour des oasis historiques comme celle de Gafsa, ce qui permettrait leur reconnaissance internationale et la création d’une nouvelle valeur ajoutée.

Il est préconisé d’organiser les filières de production en soutenant les petits producteurs afin de réduire l’influence des intermédiaires spéculatifs, et de mettre en place un système de traçabilité des variétés de dattes traditionnelles et de leurs dérivés.

Noureddine Nasr, expert international en développement agricole et rural, a souligné la nécessité d’accorder la priorité absolue à la réorganisation des terres agricoles au sein des oasis traditionnelles.

Il a fait valoir que, sans restructuration du régime foncier agricole, toutes les autres interventions s’avèrent coûteuses et n’ont qu’un faible impact sur la durabilité, notamment compte tenu de la petite taille des exploitations, qui ne dépassent parfois pas 0,1, 0,2 ou 0,3 hectare. Dans certains cas, une famille ne possède qu’un seul palmier dattier.

Avec Tap.

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L’Union européenne simplifie son règlement contre la déforestation. Ce qui change

La Commission européenne a publié un rapport sur la simplification du règlement européen contre la déforestation (EUDR), accompagné de nouvelles mesures destinées à faciliter son application. Le texte intervient dans un contexte de fortes attentes des entreprises et des pays exportateurs, confrontés à un dispositif jugé complexe depuis son adoption.

Entré en vigueur en juin 2023, le règlement a déjà été révisé à deux reprises, fin 2024 puis fin 2025. Il vise à garantir que plusieurs produits mis sur le marché européen ne contribuent plus à la déforestation ni à la dégradation des forêts, en Europe comme dans le reste du monde. Le cacao, le café, le soja, l’huile de palme, le bois, le caoutchouc et le bétail font partie des principales matières concernées.

La Commission rappelle que la déforestation reste “l’un des principaux facteurs du changement climatique et de la perte de biodiversité”. L’objectif du texte est donc de réduire l’impact environnemental des chaînes d’approvisionnement liées à la consommation européenne.

Un calendrier ajusté…

Le premier changement concerne le calendrier d’application. Le règlement s’appliquera à partir du 30 décembre 2026 pour la majorité des entreprises. Il entrera en vigueur le 30 juin 2027 pour les micro et petites entreprises.

Bruxelles met surtout en avant un allègement majeur des coûts. La Commission estime que les mesures de simplification devraient réduire d’environ 75% les coûts annuels de conformité. Ces coûts passeraient ainsi de 8,1 milliards d’euros à environ 2 milliards d’euros.

La Commission précise que cette baisse s’explique par une simplification globale des obligations administratives et par une meilleure répartition des responsabilités entre les acteurs économiques.

Une liste de produits révisée!

Le champ d’application du règlement est également révisé. La Commission introduit certains produits transformés comme le café soluble ou des dérivés de l’huile de palme. À l’inverse, plusieurs produits sont exclus pour simplifier le dispositif. C’est le cas notamment du cuir, des pneus rechapés (pneus usés remis à neuf), des produits d’occasion, des échantillons ou encore de certains matériaux d’emballage et déchets. D’ailleurs, une consultation publique reste ouverte jusqu’au 1er juin 2026. 

La responsabilité se concentre sur le premier opérateur

Jusqu’à présent, chaque acteur de la chaîne pouvait être amené à vérifier l’origine des produits. La nouvelle version change cette logique.Désormais, la responsabilité principale revient au premier opérateur. Il s’agit de l’entreprise qui met le produit pour la première fois sur le marché européen, souvent l’importateur ou le producteur initial. C’est lui qui doit effectuer les vérifications nécessaires sur l’origine du produit. Les autres acteurs, comme les transformateurs ou les distributeurs, voient leurs obligations réduites. Ils n’ont plus à faire de nouvelles déclarations complètes. Ils doivent simplement conserver les informations reçues et les transmettre en cas de besoin.Ces acteurs ne sont pas obligés de refaire des contrôles systématiques. Ils peuvent considérer les informations comme valides, sauf s’ils disposent d’éléments qui montrent un risque ou un doute. 

Par ailleurs, la réforme prévoit aussi un traitement simplifié pour les micro et petits producteurs, notamment les agriculteurs et les forestiers. Ces acteurs doivent faire face à moins de formalités administratives. Ils n’ont plus à remplir plusieurs déclarations pour chaque livraison. Une seule déclaration simplifiée suffit. Les exigences liées à la localisation sont aussi assouplies. Au lieu de fournir des coordonnées GPS précises, ils peuvent utiliser des données plus simples comme une adresse ou des références cadastrales. “Les coopératives jouent également un rôle important. Elles peuvent centraliser les informations et effectuer les démarches administratives au nom de leurs membres”, lit-on dans le rapport.

Des outils numériques pour faciliter la conformité

La Commission prévoit aussi une modernisation du système d’information de l’EUDR. Une mise à jour est attendue d’ici juin 2026. 

Le système permettra notamment de regrouper certaines déclarations de manière volontaire. Il sera également renforcé sur le plan technique pour améliorer son fonctionnement. Bruxelles annonce par ailleurs la création d’une base de données centralisée regroupant les législations des pays producteurs. L’objectif est de faciliter les vérifications juridiques pour les entreprises, selon le rapport. Pour les pays classés à faible risque, le dispositif prévoit une approche simplifiée de la diligence raisonnable. Les opérateurs seront dispensés d’évaluations approfondies, sauf en cas d’alerte ou d’information contraire.

Un objectif environnemental “inchangé”

Malgré ces assouplissements, la Commission insiste sur le maintien des objectifs initiaux. Les entreprises devront toujours prouver que leurs produits ne contribuent ni à la déforestation ni à la dégradation des forêts. Les obligations de traçabilité et de contrôle de l’origine des produits restent au cœur du dispositif. La Commission estime que, malgré la simplification, le règlement pourrait générer environ 7 milliards d’euros de bénéfices économiques par an. Il permettrait aussi d’éviter la destruction d’environ 208 000 hectares de forêts et l’émission de 49 millions de tonnes de gaz à effet de serre chaque année.

 

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Tunisie : la FNCT lance un appel pour sélectionner deux communes pilotes en adaptation au changement climatique

La Fédération Nationale des Communes Tunisiennes (FNCT) a annoncé, sur sa page officielle, le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt pour sélectionner deux communes pilotes afin de les accompagner dans une démarche concrète d’adaptation au changement climatique.

La Fédération appelle les communes intéressées à remplir le formulaire disponible sur le lien suivant https://bit.ly/4akxBzxsa et de joindre les pièces demandées. Pour toute information supplémentaire, il est aussi possible d’envoyer un mail à l’adresse suivante : assistante.services.municipaux@fnct.org.tn.

A noter que le dernier délai pour l’envoi des candidatures est fixé au 11 janvier 2026.

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