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BERD–UBCI : un partenariat renforcé pour soutenir les entreprises

La BERD et l’UBCI concluent un accord de 10 millions d’euros au titre de la Risk Sharing Facility.

La facilité soutient l’investissement et le développement du secteur privé en Tunisie.

Les premières opérations financées dans le cadre de la facilité bénéficient à Agua Services d’Assainissement.

 

La BERD et l’UBCI ont signé un accord portant sur la mise en œuvre d’une facilité de partage de risques (Risk Sharing Facility, RSF) d’un montant de 10 millions d’euros. Cette signature vient renforcer un partenariat de longue date entre les deux institutions et vise à soutenir l’investissement et le développement du secteur privé en Tunisie.

La facilité renouvelée est déjà mise en œuvre à travers ses premières opérations. Dans ce cadre, l’UBCI octroie un financement de 3,5 millions d’euros à Agua Services d’Assainissement (ASA), une société de projet portée par Aguas de Portugal et Maghrebia Technologies & Travaux, chargée de réhabiliter, d’exploiter et d’assurer la maintenance des infrastructures d’assainissement du Grand Tunis dans le cadre d’un contrat de concession conclu avec l’Office national de l’assainissement (ONAS).

Le financement comprend un prêt senior garanti de 3 millions d’euros destiné à l’acquisition d’équipements ainsi qu’une facilité renouvelable de fonds de roulement garantie de 0,5 million d’euros.

Cette opération constitue la première transaction de la BERD au titre de la Risk Sharing Facility pour un projet sous concession et seulement la deuxième opération d’infrastructure réalisée dans le cadre de la RSF. Elle constitue également la première opération d’infrastructure financée par la BERD dans le cadre de la RSF dans la région SEMED, ainsi que la première transaction d’infrastructure du secteur privé financée par la BERD en Tunisie.

La concession couvre la réhabilitation de la station d’épuration existante de Chotrana II, l’amélioration de la qualité des eaux usées traitées ainsi que l’exploitation et la maintenance d’un vaste réseau d’assainissement desservant le Grand Tunis.

En outre, ASA bénéficiera d’une subvention FINTECC de la BERD pouvant atteindre 311 110 euros, afin d’optimiser l’utilisation des ressources et de faciliter le transfert de technologies grâce à l’introduction de technologies climatiques.

Le partenariat entre la BERD et l’UBCI remonte à 2014 et s’est développé au fil des années à travers différents instruments financiers soutenant la croissance du secteur privé en Tunisie.

Grâce à la Risk Sharing Facility, la BERD partage les risques avec les institutions financières partenaires, contribuant ainsi à mobiliser des financements pour des investissements favorisant la croissance économique, le renforcement du secteur privé et l’amélioration de l’accès au financement.

L’adhésion de l’UBCI à ce programme renforcera sa capacité à accompagner les grandes entreprises et les PME tunisiennes dans la réalisation de leurs projets d’investissement.

Depuis le début de ses opérations en Tunisie, la BERD a investi plus de 3,1 milliards d’euros dans 92 projets à travers le pays, dont 65 % au bénéfice du secteur privé.

D’après communiqué

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L’italien Rina vérifiera les projets verts financés par la Berd en Tunisie

L’Union européenne (UE) accorde 60 millions d’euros à la Tunisie pour soutenir un projet d’économie d’énergie et de réduction d’émission de gaz à effet de serre. Et c’est l’entreprise italienne Rina Consulting qui a été chargée par la Berd de vérifier l’éligibilité technique des projets, l’état d’avancement des interventions et leur performance environnementale.

Rina devra également vérifier les résultats à long terme en mesurant des paramètres tels que les économies d’énergie, la production d’énergie renouvelable, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation de l’eau, des matières premières et des ressources.

Geff Tunisie — le premier programme de ce type lancé par la Berd en Tunisie — met une ligne de crédit de 60 millions d’euros à la disposition des institutions financières locales. Bien que le document officiel du projet de la Berd fixe le cadre financier à 58,5 millions d’euros (soit environ 200 millions de dinars tunisiens), le conseil d’administration de la banque a autorisé un montant maximal de 60 millions d’euros. Les fonds seront acheminés par l’intermédiaire de banques tunisiennes et d’autres intermédiaires financiers, qui les utiliseront pour accorder des prêts aux entreprises souhaitant acquérir des machines et des technologies performantes dans les domaines de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables, de la préservation de l’eau et de l’utilisation durable des ressources. Le programme vise spécifiquement à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) au sein des chaînes de valeur et à renforcer leur productivité ainsi que leur compétitivité. Le dispositif associe financement, assistance technique et incitations à l’investissement.

Selon le portail opérationnel du programme, les entreprises peuvent bénéficier d’une contribution équivalant à 10 % du montant du prêt éligible une fois le projet achevé et vérifié avec succès. Cette incitation peut atteindre 15 % pour certaines opérations d’adaptation au changement climatique, notamment les mesures d’efficacité hydrique et les systèmes de cogénération performants. Le soutien technique et les incitations sont principalement financés par l’UE, tandis que des ressources supplémentaires provenant du Fonds spécial des actionnaires de la Berd sont allouées pour faciliter l’accès à la finance verte pour les femmes et les entreprises dirigées par des femmes.

Le programme vise ainsi à lever un obstacle majeur à la modernisation écologique du secteur productif tunisien : la difficulté pour les PME d’obtenir des financements abordables pour des investissements environnementaux et énergétiques.

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L’Europe finance les intérêts industriels chinois en Tunisie

Un média italien, Agenzia Nova, s’interroge sur la cohérence de la politique de voisinage de l’Union européenne (UE) qui finance des projets d’infrastructure en Tunisie, dont les retombées industriels et financiers profitent à des entreprises publiques chinoises. Nous traduisons ci-dessous son article sur le sujet intitulé «Tunisie : davantage de fonds européens pour un groupe chinois». (Photo : Abderraouf Essalah, Pdg de la Transtu, signe un accord d’acquisition de 18 rames de train électrique, avec Yang Qi, Pdg de CRC Nanjing Puzhen, le 10 juillet 2026 à Tunis).

Quelques jours seulement après avoir décroché un contrat de 38,2 millions d’euros pour cinq trains destinés à la ligne Moknine-Mahdia, le groupe public chinois CRRC a remporté un second contrat ferroviaire en Tunisie — un projet entièrement financé par des fonds publics et comportant une forte dimension européenne.

La Société des transports de Tunis (Transtu) a signé, le 10 août 2026, un accord avec CRRC Nanjing Puzhen pour la fourniture de 18 rames électriques destinées à la ligne de banlieue historique Tunis-La Goulette-La Marsa.

Ce projet, d’une valeur d’environ 90 millions d’euros, est financé à hauteur de 45 millions d’euros par la Banque européenne d’investissement (BEI) et de 45 millions d’euros supplémentaires par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd). Le prêt de la BEI est assorti d’une garantie du budget de l’Union européenne (UE) au titre du mandat de prêt extérieur ; le risque repose donc, en dernière analyse, sur les ressources communes apportées par les États membres.

De même, bien que la Berd soit une banque multilatérale basée à Londres, la majorité de son capital est détenue conjointement par les pays de l’UE, l’Union elle-même et la BEI.

Les crédits européens profitent à un géant public chinois

L’Europe fournit ainsi les crédits et les garanties, mais les retombées industrielles profitent une fois de plus à un géant public chinois.

En un peu plus d’une semaine, le géant ferroviaire chinois a décroché des commandes pour un total de 23 trains électriques auprès de deux entreprises publiques tunisiennes : d’abord la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT), et désormais la Transtu.

Bien que ces deux appels d’offres concernent des projets distincts, ils mettent en lumière un même paradoxe industriel : alors que des institutions financières européennes soutiennent la modernisation des infrastructures tunisiennes, les principales retombées industrielles profitent à un champion public chinois.

Ce n’est pas tout. Le même schéma s’applique au nouveau pont de Bizerte, un projet d’infrastructure de 2,07 kilomètres confié à l’entreprise chinoise Sichuan Road and Bridge. Ce projet bénéficie d’un financement de 123 millions d’euros de la BEI (couvert par une garantie budgétaire de l’UE), de 122 millions d’euros de la Banque africaine de développement (BAD), ainsi que d’une subvention de Bruxelles pour les études préliminaires. Malgré l’importance de l’engagement financier européen, le contrat de construction — qui représente 79 % de l’investissement total — a été attribué, là encore, à un groupe chinois.

L’affaire avait déjà suscité des interrogations en novembre 2025, à la suite de l’effondrement d’un pont dans la province chinoise du Sichuan — construit par la même entreprise — qui avait été inauguré à peine dix mois plus tôt. L’incident n’a fait aucune victime, l’ouvrage ayant été fermé après l’apparition de fissures et de mouvements de terrain, mais il a relancé le débat sur la cohérence des politiques européennes en Méditerranée.

Limites de la stratégie européenne en Méditerranée

Bruxelles finance des projets stratégiques dans son voisinage, en assumant une partie du risque via le budget commun, tandis que des entreprises chinoises soutenues par l’État remportent les contrats et les commandes, s’assurant ainsi une présence dans l’économie locale.

Les nouvelles rames destinées à la ligne TGM mesureront 40 mètres de long, seront climatisées et équipées de systèmes de vidéosurveillance ainsi que de dispositifs d’information des voyageurs. Elles offriront une capacité de 400 passagers, avec 90 places assises et des espaces réservés aux personnes à mobilité réduite. Capables d’atteindre une vitesse de pointe de 100 kilomètres-heure, elles permettront d’assurer une fréquence initiale d’un train toutes les six minutes aux heures de pointe et toutes les douze minutes le reste du temps.

Le contrat comprend également cinq années de maintenance, la fourniture de pièces de rechange et d’équipements techniques, ainsi que l’acquisition d’une machine à reprofiler les roues.

Une fois le programme de modernisation achevé, les partenaires européens prévoient de porter la fréquence à un passage toutes les quatre minutes aux heures de pointe.

Si ce projet améliorera une infrastructure essentielle à la mobilité dans la capitale, il met aussi en lumière les limites de la stratégie européenne actuelle en Méditerranée : d’un côté, Bruxelles conserve un rôle de bailleur de fonds et de garant, tandis que de l’autre, Pékin transforme ces mêmes ressources en production industrielle, en contrats et en influence économique.

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La BERD étend sa présence à 4 autres pays africains après le Nigeria

Après le Nigeria, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) prépare son implantation dans 4 autres pays d’Afrique subsaharienne. Le Kenya, le Bénin, le Sénégal et la Côte d’Ivoire devraient accueillir à leur tour des bureaux de l’institution afin de renforcer sa présence locale et d’identifier de nouvelles opportunités d’investissement.

L’annonce a été rapportée par Cnbc Africa, citant Matteo Patrone, vice-président de la BERD chargé des activités bancaires. Selon lui, cette expansion vise à reproduire en Afrique subsaharienne le modèle d’intervention développé par la banque dans ses autres régions d’activité, en particulier à travers le soutien au secteur privé.

Le Nigeria constitue la première étape de cette nouvelle implantation africaine. Devenu pays d’opération de la BERD en 2025, le pays a déjà bénéficié de financements dépassant 150 millions d’euros, ainsi que d’un dispositif dédié au financement du commerce. L’institution y a également déployé une équipe chargée de développer des projets dans plusieurs secteurs, notamment l’agroalimentaire, les télécommunications, les technologies et les industries extractives.

Cette présence doit progressivement s’étendre à quatre autres marchés. Le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Kenya et le Sénégal font partie des pays identifiés par la BERD pour cette première phase d’expansion. Le Ghana figure également parmi les pays sélectionnés pour bénéficier des financements de la banque.

Cette ouverture vers l’Afrique subsaharienne intervient après une évolution du mandat de la BERD. En mai 2023, ses actionnaires avaient approuvé une modification de ses statuts afin d’autoriser une extension de ses activités à certains pays de la région. L’objectif est d’accompagner davantage les économies émergentes en finançant des projets portés par le secteur privé.

Dans ce contexte, il sied de rappeler, la BERD prévoit d’investir au moins 1,5 milliard de dollars au Nigeria au cours des trois prochaines années. Lors de l’inauguration de son premier bureau en Afrique subsaharienne, à Lagos, les responsables de l’institution ont indiqué que la banque avait déjà engagé environ 280 millions de dollars depuis son arrivée sur le marché nigérian en octobre 2025, dont 180 millions de dollars au premier semestre. La BERD table également sur près de 300 millions de dollars d’investissements en 2026, en fonction des opportunités identifiées auprès du secteur privé.

Créée en 1990 pour soutenir la transition économique des pays d’Europe centrale et orientale, la BERD a progressivement élargi son champ d’action à l’Asie centrale, à la Turquie, à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Avec cette nouvelle étape en Afrique subsaharienne, l’institution cherche à renforcer son rôle d’acteur du financement du développement sur de nouveaux marchés.

 

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