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Prêts sur l’honneur : l’affluence dépasse largement les bénéficiaires potentiels

La plateforme dédiée aux prêts sur l’honneur a enregistré plusieurs centaines de milliers de tentatives d’inscription dès son premier jour, selon l’analyste financier Moez Hadidane. Un afflux qui a surpris les 17 banques concernées par l’octroi de ces financements.

Selon les estimations avancées par l’analyste, le dispositif pourrait bénéficier à 14 300 particuliers et 2 860 entreprises de taille moyenne. L’écart entre le nombre de demandeurs et celui des bénéficiaires potentiels souligne ainsi l’importance de la demande enregistrée dès l’ouverture de la plateforme.

Cette forte affluence a également fait apparaître des difficultés liées aux pièces justificatives. Certaines banques ont demandé des documents supplémentaires aux candidats qui ne les avaient pas fournis lors de leur inscription.

Moez Hadidane estime qu’une liste harmonisée des documents nécessaires aurait dû être définie en amont par la Banque centrale de Tunisie, puis publiée par les banques avant l’ouverture des inscriptions. Il propose aussi de permettre aux demandeurs de compléter leur dossier au moment de l’octroi du prêt.

L’analyste relève par ailleurs des différences dans les exigences des établissements bancaires. Certaines banques demandent notamment une attestation d’affiliation à la CNSS, tandis que d’autres réclament un document relatif aux engagements financiers du demandeur auprès du secteur bancaire. Selon lui, cette dernière information étant déjà disponible dans le système bancaire, sa présentation physique pourrait être évitée.

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Fethi Zouhair Nouri veut bâtir un « bouclier arabe » contre les crises

Réunis à Abou Dhabi le 29 septembre 2026 pour la cinquantième réunion annuelle du Conseil des gouverneurs des banques centrales et institutions monétaires arabes, les responsables financiers de la région ont entendu un plaidoyer en faveur d’une protection économique commune.

Dans ce cadre, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fethi Zouhair Nouri, a appelé à « moderniser la coopération monétaire arabe », estimant que « près d’un demi-siècle d’action collective doit désormais s’enrichir de nouveaux instruments pour anticiper les crises, partager les risques et accélérer la réponse ».

A cet égard , il estime que les chocs géopolitiques, énergétiques, alimentaires, financiers, climatiques et cybernétiques ne se produisent plus isolément : ils s’accumulent et s’entremêlent. D’où son invitation à « transformer les écarts de capacités financières entre pays excédentaires et pays sous pression en force collective, grâce à des mécanismes convenus à l’avance ».

Pour ce faire, M. Nouri a avancé cinq propositions concrètes. A savoir : un test de résistance arabe commun, simulant les perturbation des corridors commerciaux, la flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation, et les difficultés d’accès au financement international; un réseau de lignes de swap et de mise en pension, en coordination avec le Fonds monétaire arabe, aux conditions fixées avant la crise; un observatoire d’alerte précoce suivant les risques énergétiques, alimentaires, maritimes, assurantiels et les flux de capitaux; un usage commercial élargi du système de paiements « Buna », avec des objectifs mesurables; et un cadre commun de protection des systèmes de paiement, incluant un exercice régional annuel contre les risques cybernétiques et opérationnels, rapporte l’agence TAP.

Le gouverneur de la BCT estime également nécessaire qu’un bilan des avancées soit présenté lors de la prochaine réunion, car « la crise ne nous laisse pas le temps de réfléchir », avertit-il.

Par ailleurs, il a plaidé pour une évolution du rôle des banques centrales : « La stabilité ne signifie plus l’absence de crises, mais la capacité de les traverser en préservant les équilibres fondamentaux et la continuité des services bancaires. Cela suppose de mieux gérer les anticipations, de sécuriser et mobiliser les réserves, de préparer des plans de crise éprouvés et d’anticiper les risques avant qu’ils n’atteignent les prix et les marchés, avec des responsabilités clairement définies pour préserver la crédibilité des institutions ».

Notre banquier central souhaite que cette réunion marque le point de départ d’étapes concrètes, au nom de l’interdépendance des économies arabes.

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