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Tunisie-Inde | Cap sur 1 milliard de dollars d’échanges d’ici 2030

La Tunisie et l’Inde affichent leur volonté de donner une nouvelle dimension à leur partenariat économique et commercial. Du 18 au 20 août 2026, Conect International, en collaboration avec l’ambassade de l’Inde à Tunis et la Confederation of Indian Industry (CII), a contribué à l’organisation d’un programme économique et institutionnel réunissant responsables publics, organisations patronales, institutions et opérateurs économiques des deux pays.

Lotfi Sahli

Cette mission a abouti à la tenue de l’India-Tunisia Joint Business Forum & B2B Meetings, organisé au Sheraton Tunis, le jeudi 20 août 2026. La rencontre a réuni notamment Aslan Berjeb, président de la Conect, Dr. Devyani Uttam Khobragade, ambassadrice de l’Inde en Tunisie, Najmeddine Lakhal, directeur général ‘Asie’ au ministère des Affaires Étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, de Gaurav Dhingra, chef de la délégation économique indienne et Ceo d’Axieva, Jalel Tebib, directeur général de Fipa-Tunisia, ainsi que Mourad Ben Hassine, PDG du Cepex.

L’un des principaux objectifs affichés est de porter les échanges commerciaux bilatéraux à un milliard de dollars à l’horizon 2030, contre environ 500 millions de dollars prévus fin 2026. Pour y parvenir, les participants souhaitent accélérer les rencontres B2B et transformer les contacts entre entreprises en contrats commerciaux, investissements, partenariats industriels et joint-ventures.

Le point d’orgue de cet événement a été la signature de l’acte fondateur du Tunisia-India Joint Business Forum. Cette nouvelle plateforme vise à pérenniser les liens entre les acteurs économiques des deux pays, à fluidifier les contacts et à stimuler l’émergence de projets inédits

La coopération existante offre déjà des exemples encourageants. Le développement de KPIT, acteur technologique indien présent en Tunisie dans les domaines de l’ingénierie, des technologies automobiles et de la mobilité, illustre notamment l’attractivité du pays en matière de talents, d’innovation et de services à forte valeur ajoutée. L’expérience de Tifert, active dans la transformation du phosphate, constitue également une référence industrielle importante dans les relations tuniso-indiennes.

Au-delà des rencontres institutionnelles, la réussite de cette dynamique se mesurera désormais à ses résultats : contrats, investissements, joint-ventures, transferts de technologie et nouveaux projets.

La mise en place de rencontres économiques régulières entre la Tunisie et l’Inde pourrait également assurer un meilleur suivi des engagements et inscrire cette coopération dans la durée.

Les rencontres B2B organisées durant cette mission ont mis en lumière de nouvelles perspectives dans des domaines clés tels que le numérique, l’automobile, la pharmacie, l’agroalimentaire, le textile, les énergies renouvelables et l’audiovisuel.

Interrogé sur la concrétisation de l’Acte de fondation du Tunisia–India Joint Business Forum, M. Berjeb a souligné que le marché indien représente un potentiel considérable. Au-delà de la consolidation de la présence tunisienne en Europe, le renforcement des relations avec l’Inde pourrait ouvrir de nouvelles perspectives et diversifier les débouchés pour les entreprises tunisiennes. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’orienter cette coopération vers un véritable transfert de technologies et de savoir-faire, afin de créer davantage de valeur et de favoriser le développement des entreprises tunisiennes.

De son côté, M. Tebib a estimé que cette coopération permettrait non seulement à la Tunisie de diversifier ses marchés, mais également de renforcer son rôle de passerelle entre l’Inde et l’Afrique, en s’appuyant notamment sur les accords commerciaux et les opportunités offertes par les marchés africains.

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Aslan Berjeb: « Il faut booster les échanges tuniso-indiens »

Les relations économiques entre la Tunisie et l’Inde ont connu une évolution remarquable au cours des dernières années. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de renforcement des liens bilatéraux, donnant un nouvel élan à la coopération économique entre les deux pays.

Les échanges tuniso-indiens portent sur plusieurs secteurs clés, notamment la fintech, les technologies de l’information et l’ingénierie logicielle. Les entreprises indiennes peuvent ainsi tirer parti des compétences et du talent des ingénieurs tunisiens afin de développer et de renforcer leurs activités.

Organisé par la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT), en collaboration avec la Confédération des industries indiennes (CII), l’ambassade d’Inde en Tunisie et plusieurs structures tunisiennes officielles, le forum constitue une occasion importante de consolider les relations économiques entre les deux pays. À cette occasion, le président de la CONECT Aslan Berjeb  a annoncé que le forum bilatéral se tiendra régulièrement, tous les six mois, alternativement en Tunisie et en Inde.

Quel rôle l’économie jouera-t-elle dans le renforcement des échanges entre les deux pays ? Quels sont les projets concrets envisagés pour stimuler l’investissement bilatéral ?

Diversifier les échanges

À l’occasion du coup d’envoi du Tunisia-India Business Forum, Aslan Berjeb, président de la CONECT, est revenu sur l’importance de diversifier les échanges entre la Tunisie et l’Inde.

 » La Tunisie entend, bien entendu, consolider ses relations historiques avec l’Union européenne ainsi qu’avec les pays frères et amis. Toutefois, elle souhaite également s’ouvrir à d’autres destinations, parmi lesquelles figure naturellement l’Inde », a-t-il déclaré.

Il a rappelé que l’Inde est  « une puissance économique, numérique et industrielle »,   soulignant que la CONECT avait organisé cet événement en partenariat avec le CII, présenté comme l’une des principales organisations patronales et industrielles indiennes.

 » Il s’agit d’une véritable opportunité pour booster les relations tuniso-indiennes. Si l’on considère la moitié pleine du verre, ces relations peuvent être qualifiées de prometteuses, même si elles restent encore limitées. Avec des échanges commerciaux estimés à 521 millions de dollars, l’objectif est d’atteindre plusieurs milliards de dollars dans les prochaines années. C’est notre premier défi  » a-t-il expliqué.

Le deuxième défi consiste, selon lui, à diversifier les secteurs de coopération. « L’Inde est une puissance dans de nombreux domaines. Les entreprises indiennes sont déjà présentes en Tunisie à travers trois ou quatre investissements, ce qui reste peu. Cependant, il existe également des partenariats qui ne nécessitent pas nécessairement d’investissements directs », a-t-il précisé.

Des secteurs à fort potentiel

Aslan Berjeb a indiqué que plusieurs secteurs offrent des opportunités de coopération entre les deux pays, notamment l’agriculture, le dessalement de l’eau de mer et l’irrigation intelligente.

« Il existe également des perspectives importantes dans les technologies de l’information et de la communication, le numérique et l’intelligence artificielle. Une entreprise indienne implantée à Sfax et inaugurée l’année dernière emploie déjà plus de 800 ingénieurs. C’est un chiffre important « , a-t-il souligné.

D’autres secteurs présentent également un potentiel considérable, notamment l’industrie automobile et le textile. « Il s’agit donc d’une multitude de secteurs. Je pense que c’est la première étape pour stimuler les investissements et donner un nouvel élan à la coopération économique », a-t-il ajouté.

Le président de la CONECT a, par ailleurs, insisté sur l’importance de la création d’un conseil d’affaires tuniso-indien permanent.

« L’élément le plus important aujourd’hui n’est pas uniquement la tenue de cet événement. C’est aussi le conseil d’affaires que la CONECT va signer avec ses partenaires du CII. Il s’agira d’une structure permanente de collaboration, d’investissement et d’échange, qui permettra d’établir une relation durable et mutuellement bénéfique entre les deux parties », a-t-il affirmé.

Un mécanisme de rapprochement durable

Interrogé par L’Économiste Maghrébin sur les mécanismes qui pourraient être mis en place dans le cadre de ce conseil d’affaires, Aslan Berjeb a expliqué que les deux organisations patronales auront pour mission d’identifier les secteurs nécessitant un rapprochement entre les entreprises.

« Les deux organisations patronales se réuniront régulièrement et mobiliseront leurs ressources afin d’identifier les secteurs qui ont besoin d’un véritable “matchmaking” entre les entreprises tunisiennes et indiennes. Des rencontres B2B sont organisées cet après-midi, mais cette dynamique se poursuivra également dans le cadre du conseil d’affaires, car celui-ci s’inscrit dans la durée »,  a-t-il déclaré.

Et d’ajouter : « Un événement permet certes d’échanger des cartes de visite et de nouer de premiers contacts. Toutefois, le conseil d’affaires constitue une plateforme durable, destinée à assurer un suivi régulier et à transformer ces contacts en projets concrets. »

La Tunisie, une plateforme régionale

S’agissant de l’attractivité de la Tunisie auprès des investisseurs indiens, Aslan Berjeb a estimé que la première étape consistait à mieux se connaître.

« Nous devons d’abord apprendre à nous connaître. Nos mentalités professionnelles sont radicalement différentes. Nous devons comprendre nos méthodes de travail respectives. Jusqu’à présent, nous étions principalement tournés vers l’Europe, les États-Unis et le Moyen-Orient, et, dans une moindre mesure, vers l’Afrique. L’Inde représente donc un nouvel environnement, avec une approche et une culture des affaires différentes », a-t-il expliqué.

En conclusion, Aslan Berjeb  a insisté sur la nécessité de mieux comprendre les partenaires indiens et de valoriser les atouts de la Tunisie. Tout en ajoutant:   » Il faut booster les échanges tuniso-indiens ».

 » Les partenaires indiens sont très humbles. Nous échangeons avec de véritables géants économiques qui font preuve d’une grande humilité. Il est donc essentiel de comprendre leur manière de travailler et de savoir leur présenter la Tunisie comme une plateforme non seulement vers l’Afrique, mais aussi vers l’Europe. Ils en sont conscients. Je pense que nous pouvons réaliser de très belles choses avec eux. « 

 

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