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Décryptage – Le crépuscule de l’OPEP : quand le pétrole cesse d’obéir aux règles

Il arrive que les grands bouleversements de l’histoire ne s’annoncent ni par le fracas des armes ni par les déclarations solennelles des chefs d’État. Ils surgissent parfois dans la sobriété d’un communiqué, presque anodin, dont les véritables conséquences ne se révèlent qu’avec le temps. Le retrait des Émirats arabes unis de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole appartient à cette catégorie d’événements. À première vue, il ne s’agit que du départ d’un membre. En réalité, c’est une page qui se tourne pour l’une des organisations les plus influentes de l’économie contemporaine.

 

Pendant plus de soixante ans, l’OPEP a façonné le destin énergétique de la planète. Elle a traversé les chocs pétroliers, les crises financières, les récessions mondiales et les guerres du Golfe. Elle a souvent été critiquée, parfois redoutée, mais rarement ignorée. Aujourd’hui, pourtant, ce qui semblait constituer son principal atout – la discipline collective – apparaît comme sa plus grande fragilité. Car derrière le départ d’Abou Dhabi se cache une question bien plus vaste : dans un monde où les rivalités géopolitiques s’intensifient, où chaque État cherche à défendre avant tout ses propres intérêts, existe-t-il encore une place pour les grands mécanismes de coopération ?

 

Quand chacun choisit sa propre route

L’OPEP est née d’une conviction simple : les producteurs de pétrole seraient plus forts ensemble que séparément. Pendant des décennies, cette logique a fonctionné. Les États acceptaient de limiter volontairement leur production afin de préserver un équilibre profitable à tous. Les sacrifices consentis par chacun étaient compensés par des prix plus élevés et des recettes plus stables.

Mais les équilibres d’hier ne résistent pas toujours aux réalités d’aujourd’hui. Les Émirats arabes unis ont profondément changé. Leur économie s’est diversifiée, leurs ambitions se sont mondialisées et leurs capacités de production se sont considérablement accrues. Après avoir investi des sommes colossales pour développer leurs infrastructures pétrolières, continuer à respecter des quotas devenait de plus en plus difficile à justifier.

 

Lire aussi: Les Émirats arabes unis quittent l’OPEP

 

Pourquoi investir des milliards dans de nouveaux gisements pour ensuite laisser une partie de cette production sous terre ?

La question est moins idéologique qu’économique. Elle traduit le glissement progressif d’une logique de solidarité vers une logique de souveraineté. Autrefois, préserver le cartel était une priorité. Désormais, chaque pays commence par défendre son propre intérêt. Cette évolution dépasse largement le seul marché pétrolier. Elle illustre un mouvement qui traverse aujourd’hui les relations internationales : le retour en force des stratégies nationales.

Le choix d’Abou Dhabi n’est évidemment pas intervenu par hasard. Depuis plusieurs semaines, le Moyen-Orient vit au rythme d’une confrontation dont personne ne mesure véritablement l’issue. Les tensions entre l’Iran et les États-Unis, les menaces sur le détroit d’Ormuz, les attaques contre les infrastructures énergétiques et les incertitudes qui pèsent sur les routes maritimes ont profondément transformé les équilibres du marché mondial.  Dans un tel climat, les décisions qui auraient provoqué une onde de choc en temps normal passent presque inaperçues. L’histoire économique montre souvent que les grandes réformes naissent au cœur des crises. Lorsque les marchés sont déjà désorientés, lorsqu’ils absorbent quotidiennement des informations inquiétantes, une rupture supplémentaire devient presque invisible.

Les Émirats l’ont parfaitement compris. Leur départ ne modifie guère la crise actuelle. En revanche, il pourrait profondément remodeler le paysage énergétique lorsque les tensions finiront par s’apaiser. Le jour où les flux pétroliers retrouveront leur rythme normal, Abou Dhabi sera libre d’augmenter sa production sans attendre l’accord de quiconque. C’est cette liberté retrouvée qui constitue le véritable enjeu.

 

Le casse-tête saoudien

Le départ des Émirats place désormais l’Arabie saoudite dans une position inconfortable. Depuis toujours, Riyad incarne le pilier central de l’OPEP. Son influence repose autant sur l’importance de ses réserves que sur sa capacité à orienter les décisions du cartel. Mais cette influence devient aujourd’hui plus difficile à exercer. Si le royaume continue de réduire sa production pour soutenir les prix, il verra progressivement ses voisins conquérir les parts de marché qu’il abandonne. S’il ouvre largement les robinets afin de défendre ses positions commerciales, il provoquera lui-même une baisse des prix qui amputera ses propres recettes. Jamais peut-être les intérêts économiques de l’Arabie saoudite n’auront été aussi contradictoires.

Cette contradiction intervient au moment où le royaume finance l’immense chantier de sa transformation économique. La Vision 2030 mobilise des ressources considérables. Villes futuristes, infrastructures touristiques, industries nouvelles, intelligence artificielle : autant de projets qui exigent des revenus pétroliers abondants. Le paradoxe est saisissant. Plus Riyad souhaite préparer l’après-pétrole, plus il demeure dépendant… du pétrole.

La fin d’un stabilisateur mondial ?

Au-delà des rivalités régionales, c’est peut-être le fonctionnement même du marché pétrolier qui entre dans une nouvelle phase. Pendant longtemps, l’OPEP a joué le rôle d’amortisseur. Lorsque l’économie mondiale ralentissait, le cartel réduisait sa production afin d’éviter un effondrement des prix. Lorsque la demande repartait, il augmentait progressivement son offre pour limiter les tensions. Ce mécanisme était imparfait, parfois contesté, mais il introduisait une certaine prévisibilité. Si cette capacité de coordination s’affaiblit, les marchés pourraient redevenir beaucoup plus nerveux.

Les périodes de pénurie risquent d’être plus brutales. Les phases de surproduction pourraient être plus longues. Les investisseurs devront composer avec une volatilité accrue, où les prix varieront davantage au gré des crises géopolitiques que des fondamentaux économiques. Les premières victimes seront probablement les pays producteurs les plus fragiles, dont les budgets dépendent presque exclusivement des revenus pétroliers. Mais les importateurs n’y gagneront pas forcément non plus. Car une forte volatilité complique les décisions d’investissement, alimente l’inflation et accroît les incertitudes pour les entreprises comme pour les ménages. 

Le paradoxe d’un pétrole qui finance sa propre disparition

Les Émirats offrent aujourd’hui l’un des exemples les plus fascinants des contradictions de notre époque. Ils construisent des centrales solaires géantes, investissent dans l’hydrogène, développent l’intelligence artificielle et affichent des ambitions climatiques élevées. Dans le même temps, ils consacrent des centaines de milliards de dollars à augmenter leur capacité de production pétrolière.

Cette apparente contradiction répond en réalité à une logique simple : produire davantage aujourd’hui afin de disposer des ressources financières nécessaires pour préparer demain. Le pétrole est appelé à financer l’économie qui lui succédera. Mais cette stratégie repose sur une hypothèse fragile : celle d’un pétrole durablement rentable. Si une concurrence accrue entre producteurs entraîne une baisse prolongée des prix, les recettes diminueront précisément au moment où les investissements de diversification devront être les plus importants. Autrement dit, le pétrole pourrait ne plus être capable de financer sa propre succession.

 

La Tunisie face à un nouvel ordre énergétique

Vue depuis Tunis, cette évolution peut sembler lointaine. Elle ne l’est pas. Chaque variation importante du prix du baril finit par se retrouver dans les comptes publics, les coûts de production des entreprises, les dépenses des ménages et les équilibres de la balance commerciale.

La Tunisie ne maîtrise ni les conflits du Golfe, ni les choix stratégiques de l’OPEP. En revanche, elle peut agir sur sa propre vulnérabilité. Chaque mégawatt produit grâce aux énergies renouvelables, chaque programme d’efficacité énergétique, chaque réduction de la dépendance aux hydrocarbures constitue une manière de reprendre une part de souveraineté économique. Le véritable enjeu n’est plus seulement environnemental. Il devient géopolitique, budgétaire et même social.

 

L’histoire ne s’arrête jamais

Il serait excessif d’annoncer aujourd’hui la disparition de l’OPEP. Les grandes organisations internationales ne meurent presque jamais en une seule journée. Elles s’effacent progressivement, au rythme des désaccords qui s’accumulent et des intérêts nationaux qui reprennent le dessus.

Le retrait des Émirats n’est donc sans doute pas la fin du cartel. Il est peut-être plus significatif encore : il marque la fin d’une certitude. Pendant longtemps, les producteurs avaient accepté de partager une part de leur souveraineté pour défendre un intérêt commun. Désormais, l’équation s’inverse. La liberté nationale semble offrir davantage de perspectives que la discipline collective. C’est peut-être là que réside la véritable portée historique de cette décision. Elle dépasse largement le pétrole. Elle raconte un monde où les institutions multilatérales peinent à contenir la montée des stratégies nationales, où la coopération cède progressivement la place à la compétition et où chaque puissance cherche moins à construire un ordre commun qu’à préserver sa propre marge de manœuvre.

Ainsi, derrière les fluctuations du baril se dessine une transformation plus profonde de l’économie mondiale. Le pétrole restera encore longtemps une richesse stratégique, mais il devient surtout le miroir d’un nouvel équilibre international : un monde plus fragmenté, plus imprévisible, où la souveraineté redevient la monnaie la plus précieuse.

 

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Dr. Tahar El Almi,

Économiste-Economètre Universitaire

Professeur Associé.

Président-Fondateur de l’IAEF (ONG)

Institut Africain d’Economie Financière

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Accord avec les USA : et si Riyad franchissait le seuil nucléaire militaire ?

Au grand dam d’Israël, Washington a donné son feu vert pour que Riyad développe son propre programme nucléaire. « Totalement inacceptable car tout programme nucléaire militaire commence comme un programme civil », a averti Avigdor Liberman, un député d’opposition et ancien ministre de la Défense.

 

L’accord sur le nucléaire civil conclu entre Donald Trump et l’Arabie saoudite ouvre-t-il la boîte de Pandore d’une prolifération nucléaire au Moyen-Orient ? En Israël, la presse se montre quasi unanime : en donnant son feu vert à un accord de trente ans autorisant Riyad à développer un programme nucléaire civil, le président américain aurait porté un coup sévère aux intérêts stratégiques de son allié israélien.

Les médias israéliens n’ont pas manqué de rappeler également les déclarations de Mohammed Ben Salmane, le prince héritier saoudien, qui avait prévenu, dès 2018, que son pays n’hésiterait pas à développer « au plus vite » un programme nucléaire militaire au cas où l’Iran se lancerait dans cette aventure.

Cette décision est d’autant plus marquante que le locataire de la Maison Blanche a renoncé à faire de la normalisation des relations entre l’Arabie saoudite et Israël un préalable à tout transfert de technologie nucléaire. Donald Trump rompt ainsi avec la stratégie de son prédécesseur, qui conditionnait un tel accord à l’adhésion de Riyad à la dynamique des « Accords d’Abraham ». Conclus en 2020 sous son premier mandat, ces accords avaient conduit les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc à établir des relations diplomatiques avec l’État hébreu. À l’inverse, Joe Biden avait auparavant mis son veto à tout arrangement nucléaire avec l’Arabie saoudite, tant que ce pays n’aurait pas consenti à sauter ce pas diplomatique.

« Totalement inacceptable car tout programme nucléaire militaire commence comme un programme civil », a réagi Avigdor Liberman, un faucon, député d’opposition et ancien ministre de la Défense.

Pour sa part, l’ancien Premier ministre, Ehoud Barak, estime que cet accord illustre « la perte de confiance de Donald Trump envers le chef du gouvernement au point que le président américain agit de plus en plus sans tenir compte des objections de Benyamin Netanyahou ».

Le monopole stratégique israélien menacé ?

En effet, aux yeux de Tel-Aviv, cet engagement américain dépasse largement le cadre de la coopération énergétique. Il pourrait, à terme, offrir au royaume wahhabite les capacités technologiques nécessaires pour franchir le seuil nucléaire militaire, remettant ainsi en cause le monopole stratégique qu’Israël exerce depuis des décennies dans la région.

Faut-il rappeler à cet égard que les experts militaires estiment que l’Etat hébreu disposerait de 80 à 90 ogives nucléaires susceptibles d’équiper des missiles, des avions ou des sous-marins. Israël n’a jamais reconnu officiellement être doté d’un tel armement et pratique « l’ambiguïté stratégique » en se contentant d’affirmer que l’Etat hébreu ne sera pas le « premier à introduire dans la région ».

Garde-fous

Pourquoi cet accord provoque-t-il une telle levée de boucliers en Israël ? Les États-Unis ont annoncé, mercredi 22 juillet 2026, un accord avec l’Arabie saoudite pour doter le royaume d’un programme nucléaire civil; « tout en assurant prévoir des garde-fous contre la prolifération de cette énergie au cœur du conflit avec l’Iran ».

Dans un communiqué, le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, affirme que l’accord « jette les bases juridiques d’un partenariat de plusieurs décennies » visant à « renforcer les relations commerciales entre les États-Unis et l’Arabie saoudite, à assurer la prospérité chez nous et la sécurité de nos alliés à l’étranger ». Et d’ajouter que le partenariat conclu entre les deux pays permettra « de développer les exportations américaines de technologies nucléaires » et de « créer des emplois bien rémunérés aux Etats-Unis ».

L’accord prévoit la construction de réacteurs nucléaires en Arabie saoudite par des entreprises américaines et pourrait prévoir, après un délai d’étude de deux ans, la construction dans le royaume d’une installation d’enrichissement d’uranium ; sachant que l’Arabie saoudite dépend pour l’heure des centrales au gaz et au pétrole pour produire son électricité. Or, contrairement à un accord similaire signé par l’administration Bush avec les Émirats arabes unis en 2009, Riyad ne serait pas soumis aux mêmes conditions restrictives, notamment la signature d’un protocole additionnel avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Les responsables américains affirment que Washington empêcherait que l’uranium enrichi ne soit détourné à des fins militaires et garantirait que le combustible usé issu du réacteur ne puisse pas être retraité pour fabriquer une bombe.

L’accord a été signé par Chris Wright et son homologue saoudien, le prince Abdulaziz ben Salmane. Il doit encore être soumis au Congrès américain mais celui-ci, à majorité républicaine, ne devrait pas s’opposer à sa mise en œuvre.

Risques de prolifération nucléaire

Rappelons enfin que le quotidien conservateur The Wall Street Journal redoute que l’accord américano-saoudien n’ouvre la porte à des demandes similaires de la part d’autres pays de la région. « Il faut s’attendre à ce que la Turquie et l’Égypte viennent à leur tour réclamer un accord. Or, on sait à quel point Trump répugne à dire non à Recep Tayyip Erdogan, le président turc. Et pourquoi les Émirats arabes unis, qui ont été un allié bien plus fiable des États-Unis que l’Arabie saoudite pendant la guerre avec l’Iran, accepteraient-ils désormais d’être les seuls à respecter les règles sur le nucléaire ?, s’interroge le comité éditorial du journal. « Il sera désormais bien plus difficile d’empêcher la prolifération des capacités d’enrichissement d’uranium dans cette région instable ».

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Washington et Riyad concluent un accord sur le nucléaire civil

Les États-Unis et l’Arabie saoudite ont signé, mercredi 22 juillet, un accord de coopération dans le domaine du nucléaire civil. Le texte autorise Riyad à développer un programme nucléaire avec des technologies américaines, y compris la possibilité d’enrichir de l’uranium sur son territoire, sous certaines garanties.

Après plusieurs années de négociations, les États-Unis et l’Arabie saoudite ont officiellement signé un accord de coopération nucléaire civile, connu sous le nom d’accord « 123 », qui ouvre la voie à la construction de centrales nucléaires dans le royaume avec des technologies américaines. L’accord a été signé par le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, et le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdelaziz ben Salmane.

Le principal point d’attention concerne l’autorisation accordée à l’Arabie saoudite d’enrichir de l’uranium sur son territoire dans le cadre de son programme nucléaire civil. Contrairement à l’accord conclu avec les Émirats arabes unis en 2009, qui interdisait l’enrichissement et le retraitement des combustibles usés, le nouveau texte laisse cette possibilité à Riyad. Les autorités américaines assurent toutefois que des mécanismes de contrôle bilatéraux et des engagements de non-prolifération encadreront ces activités.

Un partenariat stratégique et économique

Washington présente cet accord comme un moyen de renforcer son partenariat stratégique avec l’Arabie saoudite tout en permettant aux entreprises américaines, notamment dans le secteur nucléaire, de participer au vaste programme énergétique saoudien.

Pour Riyad, le nucléaire civil constitue un pilier de la stratégie Vision 2030, qui vise à diversifier le mix énergétique, réduire la consommation domestique de pétrole pour la production d’électricité et accroître les exportations d’hydrocarbures.

Lire aussi: Où va l’Arabie saoudite de MBS ?

 

Des inquiétudes sur la prolifération nucléaire

L’accord suscite toutefois de fortes réserves parmi les spécialistes de la non-prolifération et plusieurs élus américains.

Ils soulignent que le texte ne reprend pas le Protocole additionnel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui prévoit des inspections renforcées des installations nucléaires. Certains craignent qu’en autorisant l’enrichissement de l’uranium et le retraitement du combustible, l’accord n’offre à terme au royaume les capacités techniques nécessaires à un éventuel programme militaire.

La signature intervient alors que les tensions restent très vives entre les États-Unis, l’Iran et plusieurs acteurs régionaux. Le développement d’un programme nucléaire saoudien est observé avec attention, d’autant que les dirigeants saoudiens ont déjà indiqué par le passé qu’ils ne resteraient pas inactifs si l’Iran se dotait de l’arme nucléaire. Ce contexte alimente les craintes d’une course aux armements au Moyen-Orient.

Le Congrès américain devra encore se prononcer

L’accord doit désormais être soumis à un examen de 90 jours par le Congrès américain, conformément à la législation sur l’énergie atomique. Sauf opposition qualifiée du Congrès, le partenariat entrera en vigueur et permettra aux entreprises américaines de participer à la construction des futures infrastructures nucléaires saoudiennes, dans un marché évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

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Blocus de l’Arabie saoudite par les Houthis : nouvel embrasement au Moyen-Orient ?

En pleine intensification de la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran, les rebelles houthis ont annoncé, lundi 20 juillet, un blocus maritime de l’Arabie saoudite. Analyse.

 

La menace couvait depuis plusieurs semaines. Elle est devenue une réalité lundi 20 juillet 2026. Les rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran, ont officiellement annoncé l’instauration d’un blocus naval contre l’Arabie saoudite. Ouvrant ainsi un nouveau front en mer Rouge et plaçant le royaume wahabite au cœur d’une confrontation régionale aux conséquences potentiellement explosives.

Ainsi, les forces armées houthies indiquent qu’elles décrètent « un embargo maritime contre l’ennemi saoudien criminel, fondé sur la loi du talion, applicable immédiatement ». Et ce, en réponse au « siège injuste et oppressif » imposé aux ports et aéroports du Yémen par les Saoudiens.

« Nous sommes prêts à dégainer à tout moment si l’évolution de la situation le justifie », indiquait déjà le 5 mars le chef du groupe, Abdul Malik al-Houthi. Les commandants iraniens ont averti à plusieurs reprises que les Houthis pourraient entrer en guerre. Fin mars et début avril, les rebelles avaient mené plusieurs attaques de missiles et de drones contre Israël.

Inquiétudes

Survenant au neuvième jour d’affilée d’hostilités entre les États-Unis et l’Iran, d’une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d’avril, ces menaces contre la liberté de navigation risquent de mener à une escalade régionale encore plus grande, s’est inquiété le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, appelant à une désescalade immédiate. En cause, les appréhensions concernant le trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb, l’un des points de passage maritimes les plus stratégiques au monde, reliant la mer Rouge au golfe d’Aden, ainsi qu’une voie maritime essentielle pour le transport du pétrole brut, des produits raffinés, du gaz naturel liquéfié (GNL) et des conteneurs entre le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie.

 

Lire aussi : L’Iran envisage un double verrou maritime avec les Houthis en mer Rouge

Arme géostratégique

Ce blocus maritime va-t-il impliquer directement les Houthis dans la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran ? Alors que le Hezbollah et les groupes irakiens sont entrés en guerre très tôt, avec des tirs de roquettes et de drones après les premières frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, les Houthis sont quant à eux restés relativement discrets jusqu’ici.

Mais Téhéran les a exhortés récemment à fermer le détroit de Bab el-Mandeb si les États-Unis poursuivaient leurs frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes. Une telle décision transformerait ce verrou maritime en une redoutable arme géostratégique. Car en contrôlant simultanément Ormuz et Bab el-Mandeb, l’Iran disposerait d’un levier sans précédent sur les flux énergétiques mondiaux. De quoi aggraver une crise déjà provoquée par la fermeture partielle du détroit d’Ormuz, qui a entraîné une réduction d’environ 10 % de l’offre mondiale de pétrole sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient. Tout en faisant planer la menace d’un choc énergétique d’une ampleur inédite.

Double blocus

C’est que, la fermeture du détroit d’Ormuz ayant déjà profondément bouleversé les routes maritimes mondiales, la mer Rouge est ainsi devenue l’axe de substitution incontournable pour l’acheminement du pétrole du Golfe et de nombreuses marchandises stratégiques. Dans ce contexte, un blocage du détroit de Bab el-Mandeb reviendrait à neutraliser simultanément les deux principales artères énergétiques du Moyen-Orient. Les conséquences seraient considérables : l’approvisionnement mondial en pétrole pourrait chuter d’environ 7 %, la majeure partie des exportations saoudiennes se retrouvant immobilisée.

Or, cette menace est d’autant plus préoccupante que Riyad a déjà redirigé plus de 70 % de ses exportations quotidiennes de pétrole brut vers le port de Yanbu, sur la côte de la mer Rouge, afin de contourner Ormuz. De là, les cargaisons destinées à l’Europe remontent le canal de Suez. Tandis que celles à destination des marchés asiatiques doivent impérativement franchir le détroit de Bab el-Mandeb. Sachant que le volume total de pétrole transitant par Bab el-Mandeb s’est élevé à 7,4 millions de barils par jour en juin, soit environ 7 % de la production mondiale de pétrole contre 4,2 millions de barils par jour l’année dernière. Cela a permis de soutenir le marché de l’énergie et de contenir les cours mondiaux du pétrole.

Autrement dit, si ce passage venait à être fermé, c’est l’ensemble de la stratégie saoudienne de contournement d’Ormuz qui s’effondrerait, avec des répercussions immédiates sur les marchés énergétiques mondiaux.

La réaction des marchés ne s’est pas fait attendre. À peine les Houthis ont-ils annoncé leur blocus maritime que les cours du pétrole sont repartis à la hausse. Quelques heures plus tôt, le Brent avait déjà franchi brièvement le seuil des 91 dollars le baril, dans le sillage des frappes de représailles échangées entre les États-Unis et l’Iran durant le week-end. Les investisseurs redoutent alors une perturbation durable des approvisionnements mondiaux en hydrocarbures, alimentée par le risque d’une extension du conflit aux principales voies maritimes de la région. Les tensions se sont toutefois légèrement apaisées après les déclarations du porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, qui a affirmé que Téhéran poursuivait, par l’intermédiaire de médiateurs, des échanges avec Washington. Il a indiqué que plusieurs propositions visant à désamorcer la crise ont été transmises, sans qu’aucun détail n’en soit révélé, contribuant à tempérer, au moins provisoirement, les craintes des marchés.

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L’exportation du pétrole saoudien via la mer Rouge menacée !

La menace qui pèse sur la principale voie d’exportation de pétrole de l’Arabie saoudite s’accroît avec l’escalade des tensions entre le Royaume et le groupe Ansar Allah (communément appelé les Houthis), soutenu par l’Iran, au Yémen. Les oléoducs acheminant le pétrole de l’est du royaume jusqu’au port de Yanbu, sur la mer Rouge (photo), sont devenus une artère vitale, permettant à l’Arabie saoudite de maintenir ses exportations de pétrole malgré les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz dues au conflit irano-américain.

Imed Bahri

Depuis Yanbu, les pétroliers saoudiens empruntent le détroit de Bab el-Mandeb pour rejoindre les marchés asiatiques, contribuant ainsi à atténuer l’impact de la hausse des prix du pétrole lorsque le trafic maritime dans le golfe Persique est perturbé par les attaques iraniennes, souligne le Wall Street Journal

Jusqu’à présent, le détroit de Bab el-Mandeb est resté ouvert grâce aux accords politiques conclus par Riyad avec les Houthis, même si ce groupe a perturbé à plusieurs reprises le trafic maritime en mer Rouge au cours des trois dernières années.

Cependant, le cessez-le-feu de 2022, sur lequel ces accords reposaient, commence à se déliter. Les Houthis ont lancé des drones et des missiles sur un aéroport civil du sud-ouest de l’Arabie saoudite après avoir accusé le royaume d’avoir bombardé la piste de l’aéroport de Sanaa, qu’ils contrôlent, cette semaine, afin d’empêcher l’atterrissage d’un avion iranien.

Aéroports contre aéroports, ports contre ports et blocus contre blocus

Jeudi, le chef houthi, Abdel-Malik al-Houthi, a durci le ton lors d’une allocution télévisée, déclarant : «La véritable équation est : aéroport de Sanaa contre aéroport de Riyad. Aéroports contre aéroports, ports contre ports et blocus contre blocus».

Il a également menacé de cibler les installations pétrolières saoudiennes si Riyad reprenait son implication dans la guerre au Yémen, après avoir dirigé une coalition militaire contre les Houthis il y a plus de dix ans, tout en appelant ses partisans à manifester contre les restrictions de voyage qui leur sont imposées depuis des années par l’Arabie saoudite et ses alliés yéménites.

Les Houthis devraient prochainement tester à nouveau la position saoudienne en tentant d’accueillir un autre avion iranien à l’aéroport de Sanaa. Bien qu’Abdul-Malik al-Houthi n’ait pas explicitement annoncé la reprise des attaques contre les navires transitant en mer Rouge, des responsables et des analystes estiment que l’évolution de la situation régionale pourrait inciter le groupe à recommencer de telles attaques.

«La situation en mer Rouge se détériore à nouveau», a déclaré Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, lors d’une visite à Djibouti vendredi. Elle ajoute : «Les récentes attaques de missiles menées par les Houthis contre l’Arabie saoudite, qui ont mis fin à une trêve de quatre ans, sont un signal d’alarme : l’instabilité terrestre se transforme rapidement en insécurité maritime».

Le dernier blocus de la mer Rouge imposée par les Houthis avait provoqué une intervention militaire américaine en 2025, infligeant des pertes considérables au groupe. Cependant, des attaques sporadiques ont persisté, perturbant le trafic maritime pendant des mois.

Cette fois-ci, toute perturbation du trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb surviendrait alors que le trafic dans le détroit d’Ormuz est déjà de plus en plus congestionné en raison des attaques iraniennes.

Capital Economics prévoit qu’une fermeture simultanée des deux détroits, ou des dommages importants aux oléoducs ou aux ports saoudiens, pourraient plonger l’économie mondiale en récession.

La guerre avec l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz ont déjà privé les marchés mondiaux de plusieurs millions de barils de pétrole par jour. Jusqu’à présent, les consommateurs ont puisé dans les réserves pétrolières pour compenser cette pénurie mais ces réserves s’épuiseront avec le temps.

L’Arabie saoudite utilise l’oléoduc traversant la péninsule arabique pour exporter environ quatre millions de barils par jour via la mer Rouge, ce qui maintient ses exportations totales à environ 4,6 millions de barils par jour.

L’Iran a réussi à mettre les États-Unis dans l’embarras

Bien que ce chiffre soit inférieur au niveau d’avant-guerre (7,3 millions de barils par jour), l’écart aurait été bien plus important sans les exportations de la mer Rouge.

Les analystes estiment que les Houthis se sentent plus confiants sur le plan stratégique car ils pensent que l’Iran est parvenu à mettre les États-Unis dans l’embarras et que le moment est venu de faire pression sur l’Arabie saoudite qui a tout intérêt à maintenir le Yémen hors du conflit régional.

«Les Houthis en sont parfaitement conscients. Ils voient une opportunité d’escalade et ils la saisiront», a déclaré April Longley Alley, ancienne conseillère de l’envoyé spécial de l’Onu pour le Yémen.

Les deux camps semblent plus proches que jamais depuis le cessez-le-feu de 2022 d’une reprise des hostilités transfrontalières, même à faible intensité.

Ce cessez-le-feu visait à assouplir les restrictions saoudiennes sur le carburant entrant dans le port d’Hodeïda et à rétablir les vols commerciaux à destination et en provenance de Sanaa mais les progrès restent limités.

Les États-Unis soutiennent la campagne militaire menée par l’Arabie saoudite contre les Houthis depuis 2015.

Les analystes estiment que Washington continuera de soutenir Riyad, mais que, préoccupé actuellement par le conflit avec l’Iran, le pays cherchera à éviter une nouvelle implication militaire directe au Yémen.

Des responsables américains et saoudiens se sont entretenus cette semaine au sujet du Yémen et le département d’État américain a approuvé un contrat d’armement avec l’Arabie saoudite d’une valeur de près de 2 milliards de dollars, comprenant plus de 20000 kits de munitions de précision.

L’aéroport de Sanaa demeure le point chaud le plus probable d’une nouvelle escalade, compte tenu de sa valeur symbolique pour les deux camps.

L’Arabie saoudite craint que l’assouplissement des restrictions ne permette à l’Iran de fournir des armes et des conseillers militaires aux Houthis.

À l’inverse, les analystes estiment que les Houthis, confrontés à des difficultés économiques internes dues à la hausse des prix et aux pénuries de produits de première nécessité, souhaitent la réouverture de la liaison aérienne afin d’accéder à davantage de ressources.

«Pour eux, il s’agit d’un calcul interne visant à obtenir un accord plus avantageux leur permettant d’accéder à plus de ressources, une plus grande autonomie et une plus grande liberté pour consolider leur contrôle au Yémen et dans la région de la mer Rouge», a déclaré April Longley Alley.

Les Houthis considèrent depuis longtemps comme inacceptables les restrictions saoudiennes imposées aux voyages à destination et en provenance du Yémen.

Les funérailles du défunt Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ce mois-ci, ont offert une nouvelle occasion de tester la volonté de Riyad de s’engager dans une nouvelle confrontation.

Une délégation houthie s’est rendue à Téhéran il y a deux semaines pour assister aux funérailles, provoquant des protestations de la part du gouvernement yéménite internationalement reconnu, basé à Riyad.

À son retour cette semaine, l’avion de la délégation a été contraint d’atterrir dans une autre ville contrôlée par les Houthis après le bombardement de l’aéroport de Sanaa.

L’Arabie saoudite risque de replonger dans la guerre

Les analystes estiment que si un autre avion iranien tente d’atterrir à Sanaa et que l’Arabie saoudite riposte en bombardant à nouveau l’aéroport, les Houthis intensifieront leur riposte, ce qui pourrait inciter Riyad à réagir avec plus de force malgré sa volonté d’éviter d’exposer son territoire à des contre-attaques.

Mohammed al-Basha, fondateur du cabinet d’évaluation des risques Basha Report, a déclaré que les Houthis ont annoncé cette semaine de nouvelles règles d’engagement, confirmant ainsi que l’Arabie saoudite risque de replonger dans la guerre si elle tente d’empêcher de nouveaux vols iraniens. Il a ajouté: «Abdul-Malik al-Houthi intensifie progressivement ses attaques. Il suit une stratégie d’escalade par étapes et n’entre pas directement dans une guerre totale car il ne souhaite pas un conflit à grande échelle»

L’une des principales raisons pour lesquelles l’Arabie saoudite a accepté le cessez-le-feu de 2022 était les attaques de missiles et de drones menées par les Houthis contre des villes saoudiennes, dont Riyad, qui menaçaient les ambitieux projets économiques du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Aujourd’hui, toute nouvelle attaque des Houthis pourrait être encore plus dévastatrice.

Bien que la défense aérienne saoudienne se soit améliorée, les capacités offensives des Houthis se sont également développées, tandis que les projets de développement saoudiens sont confrontés à une pression financière croissante et à des risques politiques supplémentaires en raison de la guerre avec l’Iran.

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Bases américaines au Moyen-Orient | Un facteur d’insécurité

Les bases américaines au Moyen-Orient n’ont jamais assuré la sécurité des pays qui les abritent, au contraire, aujourd’hui ces bases contribuent largement à la déstabilisation de toute la région et notamment des monarchies du Golfe qui y ont investi d’énormes sommes d’argent et en ont fait le principal pilier de leur stratégie de défense.

Habib Glenza, à Lodz, Pologne.

Après la Seconde Guerre mondiale, le système de Bretton Woods faisait du dollar la monnaie centrale du monde. Il était convertible en or à un taux fixe.

Dans les années 1960 et 1970, les États-Unis accumulent des déficits importants, notamment à cause de la guerre du Vietnam et des dépenses sociales. Les pays étrangers possèdent de plus en plus de dollars et veulent les échanger contre de l’or.

Le 15 août 1971, le président Richard Nixon annonce la fin de la convertibilité du dollar en or. C’est ce qu’on appelle le «choc Nixon». Le dollar devient une monnaie sans soutien physique. Sa valeur risque de s’affaiblir et la confiance internationale diminue. Les États-Unis doivent trouver une nouvelle base pour soutenir leur monnaie. La solution viendra du pétrole.

Choc pétrolier et accord avec l’Arabie saoudite

En octobre 1973, la guerre du Kippour éclate. Les pays arabes producteurs de pétrole imposent un embargo sur les exportations vers les États-Unis et certains de leurs alliés. Le prix du baril quadruple en quelques mois. C’est le premier choc pétrolier, qui provoque inflation et récession dans le monde occidental. 

C’est dans ce contexte que le secrétaire d’État américain Henry Kissinger propose à l’Arabie saoudite la négociation d’un «accord pétro-dollar».

Le 8 juin 1974, un accord-cadre est signé à Washington entre le secrétaire d’Etat américain et le prince Fahd ben Abdulaziz — futur roi. Officiellement.

Dans les faits, cet accord stipule que l’Arabie saoudite accepte de vendre son pétrole principalement en dollars américains, tandis qu’une grande partie des revenus est réinvestie dans les bons du Trésor américains. En échange, les États-Unis offrent une protection militaire et vendent des armes modernes au royaume.   

Grâce à cet accord, le dollar américain reprend des couleurs et les États-Unis bénéficient de ce que Valéry Giscard d’Estaing appelait un «privilège exorbitant». Ils peuvent financer leurs déficits budgétaires et commerciaux à faible coût. Ils peuvent émettre plus de dollars sans que l’inflation ne s’envole immédiatement, car une partie de ces dollars est absorbée par le reste du monde. Le dollar reste la monnaie de réserve mondiale, ce qui renforce leur influence, y compris à travers les sanctions financières. En contrepartie les Américains ont-ils accordé aux Saoudiens la protection promise ? 

Les bases américaines ne servent que les Etats-Unis et Israël 

Au lendemain des attaques du 11 septembre 2001 et de la guerre d’Irak en 2003 qui s’ensuit, les pays du golfe ont commencé à financer l’installation de bases américaines sur leurs sols, croyant que ces bases, indispensables à leurs avis, seront un facteur de sécurité dans la région. Mais au fil des années, notamment après l’attaqued’Abqaïq et de Khurais, en Arabie Saoudite, le 14 septembre 2019, vraisemblablement commise par des drones houthis, il a été démontré clairement que les Américains se désintéressent complètement de la sécurité de la monarchie saoudienne.

Les frappes israéliennes à Doha, le 9 septembre 2025, ont ébranlé le concept de «garanties sécuritaires» dont pensaient bénéficier les pays du Golfe de la part de l’allié américain. 

Les bases américaines au Moyen-Orient n’ont jamais assuré la sécurité des pays qui les abritent, au contraire, aujourd’hui ces bases contribuent largement à la déstabilisation de toute la région et notamment des monarchies du Golfe qui y ont investi d’énormes sommes d’argent. En effet, c’est de ces bases que partent les machines de guerre américaines qui ont détruit l’Irak, l’Afghanistan, la Libye… 

Israël est le déstabilisateur majeur de la région

Israël ne peut exister sans guerres et quand celles-ci viennent à manquer, l’Etat hébreu les invente. Aujourd’hui, son ennemi juré est l’Iran, demain ce seront la Turquie, le Pakistan, l’Egypte qui subiront le même sort. Cet État hors la loi fera tout pour déstabiliser toute la région. Le plus grave c’est que les Américains soutiendront Israël sous le diktat du lobby sioniste international. Par conséquent, les bases américaines au Moyen-Orient seront utilisées pour assurer la protection d’Israël si les aventures militaires de l’Etat sioniste viendraient à se retourner contre lui.

Aussi la question qui se pose aujourd’hui est-elle la suivante : pourquoi maintenir ces bases et pourquoi financer la présence de soldats américains qui, au final, ne protègent qu’Israël ?   

Le président philippin Duarte a ordonné la fermeture des bases militaires américaines et Ibrahim Traoré a chassé les militaires français du Burkina Faso. De petits pays, à l’instar des Philippines et du Burkina Faso, sont parvenus à se débarrasser des bases militaires américaines et françaises.

Le président Duarte estime que la présence des bases américaines conduit à l’instabilité dans le sud du pays, où sévissent plusieurs rébellions. Et annonce qu’il va acheter des armes à la Russie et à la Chine. Il a affirmé avoir ordonné aux conseillers militaires des Etats-Unis de quitter le sud des Philippines Et cette déclaration risque de mettre à mal une relation bilatérale qui ne cesse de se dégrader sérieusement depuis l’arrivée de Duterte à la présidence en juin. 

De son côté Traoré est allé jusqu’à rompre les relations diplomatiques de son pays avec la France.

Il est grand temps pour les pays du Moyen-Orient de réviser leurs stratégies de défense marquées par une soumission totale aux diktats des Etats-Unis et de sa base avancée au Moyen-Orient : Israël. Ils seraient bien inspirés de revoir, par la même occasion, leurs liens avec l’Iran en vue d’asseoir les bases d’un accord de bon voisinage fondé sur la confiance mutuelle. Et pour rétablir cette confiance, ils devraient commencer par fermer les bases militaires américaines sur leurs territoires qui sont principalement dirigées contre l’Iran et ne servent finalement pas leurs intérêts, mais ceux d’Israël.

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Hajj 2027: les inscriptions ouvrent le 20 juillet, le numérique s’impose dans la procédure

Le ministère des Affaires religieuses a annoncé l’ouverture des inscriptions pour le Hajj 2027 (1448 de l’Hégire) à partir du 20 juillet 2026. Les candidatures seront acceptées jusqu’au 20 août 2026 inclus.

Comme pour les précédentes campagnes, les Tunisiens souhaitant accomplir le pèlerinage devront s’inscrire exclusivement via la plateforme électronique du ministère hajj.affaires-religieuses.tn. Une nouvelle exigence a été introduite cette année: chaque candidat doit obligatoirement fournir une adresse électronique personnelle.

Après l’inscription en ligne, les candidats devront se rendre auprès de leur délégation de résidence pour valider leur dossier avec une copie de la carte d’identité nationale et le récépissé de candidature.

En effet, le coût officiel avait été fixé à 20 930 dinars par pèlerin, incluant les services d’hébergement et le billet d’avion.

Comme chaque année, la sélection finale restera liée au quota accordé à la Tunisie par l’Arabie saoudite. Pour rappel, le quota tunisien du Hajj 2026 était fixé à 10 982 pèlerins.

À l’échelle internationale, le Hajj 2026 a réuni 1 707 301 pèlerins, dont 1 546 655 venus de l’étranger, représentant 165 nationalités. Les pèlerins résidant en Arabie saoudite étaient au nombre de 160 646.

 

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Donald Trump, un maître chanteur

Les Accords d’Abraham, œuvres du premier mandat du président Donald Trump, sont à nouveau remis à l’ordre du jour. Dépoussiérés, ils reviennent en Air Force One. Un couteau à double tranchant sur la gorge des monarques, chefs de gouvernement et cheikhs du golfe arabique et du Moyen-Orient. Seul un camp retranché d’irréductibles en Afrique du Nord résiste à la normalisation et refuse de se soumettre. 

Mohsen Redissi *

De prime abord, c’est une nouvelle initiative de paix de Baba Trump hors son Conseil de paix, remis sur la voie de garage. Vite fait vite oublié, car il a tout faux. Les têtes couronnées, les philanthropes, les businessmen n’ont pas suivi son conseil. L’argent tombé dans l’escarcelle de la première réunion officielle du Conseil a été versé dans les caisses d’Israël. Charité bien ordonnée commence par soi-même. Depuis, le billet vert, qu’il croyait voir couler à flot pour remplir ses poches et les caisses du Conseil, tarde à venir. La banqueroute avant le banco.

Président Trump a la ferme intention de traîner dans son nouveau stratagème les pays vassaux, en obligeant les petits poucets du Golfe arabique, petits par la taille mais riches comme crésus, à signer les Accords d’Abraham. Ils bénéficient en échange de la protection des Etats-Unis (EU), pas celle des peuples mais celle des monarques et des familles régnantes.

Les récents événements, guerre Iran/Israel-EU, ont mis à nu l’incapacité des EU à garantir la sécurité de ses alliés du Golfe arabique. Battus à plate couture. Un fiasco pour une grande puissance. 

C’est aussi et surtout une autre tentative de Trump pour arriver à ses fins : endosser sa redingote pour la grande cérémonie et se voir remettre le Prix Nobel de la paix, rêve éveillé d’un président versatile. Qui ne risque rien n’a rien !

Entre obéissance et rejet 

Le Maroc est le premier pays, hors zone de turbulence, à signer les Accords d’Abraham. Il a reçu en contrepartie un cadeau royal : la reconnaissance par les ÉU de la marocanité du Sahara occidental. Donnant donnant, du troc comme aux temps révolus, la reconnaissance contre l’adhésion. L’ambassadeur américain auprès du royaume chérifien a gratifié son altesse royale, lors de son audience avec le roi Mohammed VI, de la nouvelle carte géographique du Maroc, signée de sa propre main. Signe d’authenticité et de validité et qui ne craint aucune équivoque. Le Sahara occidental, fraîchement annexé, figure sur la nouvelle carte du Maroc redessinée par Washington. 

Sans crier gare, les EU rattachent et tranchent, au gré de leurs penchants, d’un côté un territoire abandonné par l’ancienne puissance coloniale, l’Espagne, et disputé entre plusieurs parties, la République arabe sahraouie démocratique, l’Algérie et le Maroc. De l’autre côté, ils jettent leur dévolu sur le Groenland qu’ils veulent annexer pour des raisons de sécurité nationale. On ne sait plus où donner de la tête ou à quel saint se vouer ? A Abraham ! Il a ses accords.

La loi du plus fort est toujours la meilleure 

La menace est-elle la nouvelle forme de la dissuasion ? Ou est-elle une violation flagrante de tous protocoles et usages diplomatiques ? That’s the question!

Donald Trump hausse le ton sur sa plateforme. Il crie haut et fort, sans ambiguïté et sans aucune retenue sur Truth Social «J’ai déclaré qu’après tout le travail effectué par les États-Unis pour tenter de résoudre cette situation très complexe, tous ces pays devraient être obligés, au minimum, de signer simultanément les accords d’Abraham.» Au minimum ? C’est-à-dire qu’il se sent autorisé à demander encore plus. Par exemple lui céder leurs champs de gaz et de pétrole… Là où en sont les choses, cela n’étonnerait personne  

Cette «situation très complexe» que Trump décrit n’est que le résultat d’une attaque combinée, sans précédent, Etats-Unis-Israël sur l’Iran. Le ton est menaçant et ne laisse aucune autre issue aux pays de la région. Pas d’échappatoire, la soumission est leur planche de salut. Trump ratisse large et n’y va pas de main morte. Le président américain exige des pays à majorité musulmane de normaliser leurs relations avec Israël. Le «minimum» pour ces pays est l’obéissance et la signature collective de ces accords.

Au fin fond de lui-même, Trump rêve d’une grande cérémonie pour la signature de ces accords. Il a d’autres «shah» à fouetter.

Libéré du fardeau de la guerre et revigoré par la signature de l’accord cadre Etats-Unis-Iran, Trump peut se vanter d’avoir rétabli l’ordre après le désordre, dans une zone en éternelle effervescence. Maintenant, il peut revenir à la charge et se consacrer à son premier chapitre, les Accords d’Abraham. Personne d’autre ne peut lui voler la vedette. Il est fin prêt pour serrer la vis et forcer la main des récalcitrants.

Trump a déclaré à plus de quarante reprises la fin d’une guerre qu’il a déclenchée contre l’Iran. Il reste toujours sous une menace constante et un équilibre précaire. Il n’est pas le maître à bord. Les belligérants s’accusent déjà mutuellement d’avoir violé un cessez- le-feu déjà précaire. Le nucléaire iranien reste la monnaie des singes dans le traité cadre. La prudence est de mise. Et le pire et peut-être encore à venir avec un président dangereusement impulsif chez qui la sénilité le dispute à la folie.

* Fonctionnaire à la retraite.

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