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Des États-Unis à Israël, musulmans et Arabes bousculent les équilibres politiques

L’élection d’Abdul El-Sayed au Sénat américain, un an après celle de Zohran Mamdani à la mairie de New York, et la percée historique des partis arabes aux législatives israéliennes dessinent une évolution politique remarquable. Dans un contexte marqué par Donald Trump, Benjamin Netanyahu et la guerre à Gaza, des populations longtemps sous-représentées gagnent en influence, sans pour autant constituer un mouvement politique homogène.

À un an d’intervalle, deux personnalités musulmanes ont réalisé des percées historiques aux États-Unis. Le 4 novembre 2025, Zohran Mamdani devenait le premier musulman élu maire de New York. Exactement un an plus tard, Abdul El-Sayed remportait l’élection sénatoriale du Michigan, devenant le premier musulman à accéder au Sénat américain.

Ces deux victoires interviennent dans une Amérique profondément polarisée, sous la présidence de Donald Trump, dont les discours sur l’immigration, l’islam et les minorités ont contribué à durcir les clivages politiques.

Mais le phénomène ne se limite pas aux États-Unis. En Israël, les élections législatives du 27 octobre 2026 ont consacré une progression spectaculaire des partis arabes, désormais susceptibles de jouer un rôle décisif dans la formation du prochain gouvernement.

Deux victoires historiques aux États-Unis

À New York, Zohran Mamdani, élu à 34 ans, avait déjoué les pronostics en battant notamment l’ancien gouverneur Andrew Cuomo. Se revendiquant du socialisme démocratique, il avait construit sa campagne autour du coût de la vie, du logement et des transports publics.

Son identité musulmane, régulièrement utilisée contre lui par ses adversaires, n’avait pas empêché sa victoire dans la plus grande ville américaine.

Dans le Michigan, Abdul El-Sayed a suivi une trajectoire différente. Médecin de formation et ancien responsable de la santé publique de Detroit, il a remporté le scrutin du 3 novembre 2026 face au républicain Mike Rogers.

Sa victoire, confirmée par l’Associated Press, marque une première dans l’histoire du Sénat américain.

Les deux hommes partagent néanmoins plusieurs orientations : Une sensibilité progressiste, une attention particulière aux inégalités sociales et une position critique à l’égard de la politique israélienne dans les territoires palestiniens.

Leurs succès montrent également que des candidats musulmans peuvent mobiliser des coalitions électorales dépassant largement leur communauté religieuse.

En Israël, les partis arabes doublent presque leur représentation

L’évolution est tout aussi significative en Israël, mais elle prend une forme différente.

Lors des législatives du 27 octobre, les deux principales formations politiques arabes ont remporté ensemble 19 sièges sur les 120 que compte la Knesset, contre 10 dans le Parlement sortant.

La Liste commune, dirigée par Yousef Jabareen, obtient 11 sièges, tandis que Ra’am, formation conduite par Mansour Abbas, en remporte huit.

Cette progression intervient dans un contexte de forte mobilisation des électeurs arabes, sur fond de guerre à Gaza, de tensions communautaires et de préoccupations liées à la criminalité dans les localités arabes.

Elle ne concerne pas uniquement les musulmans : Les partis arabes représentent des citoyens israéliens de différentes confessions, notamment musulmans et chrétiens.

Netanyahu face à une nouvelle équation

Le résultat des législatives place Benjamin Netanyahu dans une situation délicate.

Son bloc dispose de 53 sièges, contre 48 pour les autres partis d’opposition non arabes. Aucun des deux camps n’atteint les 61 sièges nécessaires pour disposer d’une majorité parlementaire.

Avec leurs 19 élus, les partis arabes pourraient donc devenir déterminants.

Une alliance ou un soutien parlementaire entre les formations d’opposition et les partis arabes permettrait théoriquement de réunir 67 sièges.

Mais cette hypothèse se heurte à des divergences politiques importantes. Plusieurs partis israéliens demeurent opposés à une coalition reposant sur le soutien des formations arabes.

La progression électorale de ces dernières ne garantit donc ni leur entrée au gouvernement ni le départ de Netanyahu.

Une recomposition politique au-delà des identités

Ces trois évolutions ne relèvent pas d’une dynamique unique. Les musulmans américains constituent une minorité religieuse diverse, tandis que les citoyens arabes d’Israël forment une minorité nationale aux orientations politiques multiples.

Leurs revendications et leurs situations institutionnelles sont profondément différentes.

Un point commun se dégage néanmoins : La capacité croissante de groupes longtemps marginalisés à peser sur les rapports de force électoraux.

Aux États-Unis, Mamdani et El-Sayed démontrent qu’une identité musulmane n’empêche plus nécessairement l’accès à des responsabilités politiques majeures, même dans un climat de fortes tensions.

En Israël, les 19 sièges des partis arabes rappellent qu’une minorité longtemps tenue à l’écart des principales décisions gouvernementales peut devenir incontournable dans les négociations parlementaires.

Dans une période dominée par les politiques de Trump et de Netanyahu, ces résultats illustrent une réalité politique plus complexe que les seuls discours identitaires : Les électeurs peuvent aussi faire émerger de nouveaux équilibres à partir de préoccupations économiques, sociales et démocratiques.

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Israël | Pourquoi l’alliance de l’opposition avec les partis arabes est-elle si compliquée ?

Au lendemain des élections législatives israéliennes, l’opposition fait face au dilemme d’une alliance avec les partis arabes ayant remporté 19 sièges à la Knesset pour renverser Benjamin Netanyahu. Cependant, la composition hétéroclite de cette opposition qui contient des membres très à droite s’opposant à cette alliance comme Naftali Bennett et Avigdor Liberman et la dérive droitière de la société israélienne après le 7 octobre 2023 compliquent la tâche.

Imed Bahri 

Il y a cinq ans, l’opposition israélienne a franchi une barrière politique inédite en intégrant un parti arabe au gouvernement pour la première fois dans le but de mettre fin aux 12 années de pouvoir de Netanyahu. Aujourd’hui, l’opposition se retrouve confrontée à un choix similaire, les résultats des dernières élections ayant révélé l’incapacité des deux camps à obtenir, seuls, une majorité parlementaire, fait remarquer le Financial Times. 

La coalition de Netanyahu a remporté 53 sièges, contre 48 pour l’opposition menée par le général Gadi Eisenkot, tandis que les deux formations arabes —Ra’am et la Liste unifiée— ont obtenu 19 sièges. La formation d’une coalition avec ces dernières constitue donc une voie envisageable, du moins arithmétiquement, pour former un gouvernement alternatif.

Toutefois, cette option suscite des hésitations au sein de l’opposition surtout après l’effondrement du «gouvernement du changement» formé en 2021 avec la participation de partis arabes, qui n’a tenu que 18 mois avant que Netanyahu ne revienne au pouvoir.

Profond virage à droite de la société israélienne

Ces réticences ne tiennent pas seulement à cette expérience passée, elles reflètent une évolution plus profonde de la société israélienne vers la droite accentuée par les événements du 7 octobre et la montée concomitante de la méfiance et de l’hostilité envers les Arabes israéliens.

Selon les données de l’Institut israélien pour la démocratie, la proportion de Juifs israéliens se définissant comme étant de droite est passée de 54,9% à la veille du 7 octobre à 61,3% aujourd’hui, tandis que la part des personnes se situant à gauche a reculé, passant de 14,1% à 13,5%.

Ce basculement résulte d’une accumulation de facteurs, au premier rang desquels figurent l’effondrement du processus de paix avec les Palestiniens, la seconde Intifada et le retrait israélien de Gaza en 2005, auxquels s’ajoutent des évolutions démographiques marquées par la progression des ultra-orthodoxes et des courants nationalistes religieux.

Ce virage à droite a également gagné les rangs de l’opposition elle-même, qui compte en son sein des personnalités telles que Bennett et Liberman, lesquelles adoptent des positions intransigeantes concernant la création d’un État palestinien et la gestion du dossier iranien.

À l’inverse, Yaïr Golan, chef du parti Les Démocrates, préconise la formation d’un gouvernement en partenariat avec les partis arabes, estimant qu’il est désormais inacceptable d’exclure les citoyens arabes de l’équation politique.

Toutefois, d’autres composantes de l’opposition privilégient la recherche d’alliances auprès de l’électorat du Likoud et des forces de droite plutôt que de s’appuyer sur les partis arabes.

Dans ce contexte, Netanyahu cherche à accentuer les divisions au sein de l’opposition, en remettant en cause la légitimité des partis arabes et en mettant en garde contre la formation d’un gouvernement qui dépendrait de leur soutien.

L’opposition divisée, Netanyahu en embuscade

Les regards se tournent désormais vers Bennett et Liberman. Bien qu’ils aient participé, en 2021 à un gouvernement incluant le parti Ra’am, ils excluent aujourd’hui toute alliance avec les formations arabes.

Ce dilemme met en lumière un défi structurel de longue haleine pour le centre et la gauche israéliens, sur fond de mutations démographiques marquées par le déclin relatif du courant laïc, face à l’essor des ultra-orthodoxes et des nationalistes religieux. 25 % des enfants entrant en première année de scolarité en Israël rejoignent les écoles ultra-orthodoxes et 16% les écoles nationalistes religieuses contre 35% dans les écoles laïques.

Ces évolutions placent l’opposition face à une équation politique récurrente à savoir la difficulté d’accéder au pouvoir sans élargir le cercle des alliances alors même que les contraintes politiques pesant sur une éventuelle alliance avec les partis arabes ne cessent de croître.

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Israël : Des milliers de manifestants pour une alliance judéo-arabe contre Netanyahu

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi 31 octobre à Tel Aviv pour demander à l’opposition israélienne de s’entendre avec les partis arabes afin de remplacer Benjamin Netanyahu. Les législatives du 27 octobre ont laissé les deux principaux blocs sans majorité, donnant aux élus arabes un rôle décisif dans la formation d’un gouvernement.

Selon Al Jazeera, qui rapporte notamment des témoignages recueillis par l’AFP, les manifestants appellent Gadi Eisenkot, principal rival du Premier ministre, à accepter une coopération qu’il avait auparavant exclue. Des partisans de Netanyahu ont organisé une contre-manifestation, dénonçant la perspective d’un gouvernement associé à ceux qu’ils qualifient de « terroristes ».

Les partis arabes en position décisive

Le scrutin a donné 53 sièges au bloc de Netanyahu et 48 aux formations d’opposition conduites par Eisenkot. Avec 19 députés, les listes arabes détiennent les voix qui permettraient à l’opposition de dépasser la majorité absolue de 61 sièges à la Knesset, le Parlement israélien qui en compte 120. Le décompte achevé confirme cette répartition.

Une entente réunirait ainsi théoriquement 67 élus. Mais cette majorité arithmétique se heurte aux refus de plusieurs responsables de l’opposition de dépendre des formations représentant les citoyens arabes d’Israël.

La progression électorale de ces dernières renforce la pression sur Eisenkot. Selon les chiffres de la Commission électorale centrale cités par Al Jazeera, près de 840 000 électeurs ont voté pour Raam et la Liste unifiée, soit une hausse de 64 % par rapport aux élections de 2022.

Ces suffrages correspondent à deux listes électorales : Raam, dirigée par Mansour Abbas, et la Liste unifiée, qui rassemble plusieurs partis.

Participer au gouvernement ou le soutenir de l’extérieur

Les modalités d’une éventuelle coopération restent elles-mêmes à négocier. Mansour Abbas s’est déclaré disposé à participer à un gouvernement, comme Raam l’avait déjà fait au sein de la coalition au pouvoir en 2021-2022.

Youssef Jabareen, dirigeant de la Liste unifiée, envisage plutôt un soutien parlementaire sans participation ministérielle, notamment en raison de la guerre à Gaza. Eisenkot a, pour sa part, réaffirmé samedi ses exigences concernant la reconnaissance d’Israël comme État juif, démocratique et libéral, et celle du Hamas comme organisation terroriste.

La mobilisation intervient aussi dans un climat de contestation du vote arabe par Netanyahu. Selon Al Jazeera, le Premier ministre a accusé les formations palestiniennes d’Israël d’avoir « volé » les élections et bénéficié de financements qataris. Doha a rejeté ces accusations, dénonçant une campagne de désinformation.

Les manifestants demandent à l’opposition de transformer les résultats électoraux en accord politique. Pour y parvenir, Eisenkot devra obtenir l’adhésion de ses propres alliés et définir les conditions d’un soutien des élus arabes.

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Stade El Menzah : le contrat de reconstruction signé avec un groupement chinois

Le projet de reconstruction du stade olympique El Menzah franchit une nouvelle étape. Le contrat commercial relatif à sa réalisation a été signé jeudi 29 octobre 2026, au siège du ministère de l’Équipement et de l’Habitat, entre l’État tunisien et un groupement composé de deux entreprises chinoises.

L’État tunisien était représenté par le ministère de l’Équipement et de l’Habitat, tandis que le groupement chinois était représenté par ses responsables.

La cérémonie de signature s’est déroulée en présence du ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Salah Zouari, du ministre de la Jeunesse et des Sports, Sadok Mourali, ainsi que de l’ambassadeur de la République populaire de Chine en Tunisie, Wan Li.

L’information a été annoncée vendredi 30 octobre 2026 dans un communiqué du ministère de l’Équipement et de l’Habitat.

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Les Palestiniens d’Israël | Dix-neuf sièges contre l’effacement

Certains chiffres ne traduisent pas seulement un rapport de forces, mais révèlent une relation au monde. En décrochant dix-neuf sièges sur cent vingt à la Knesset, les formations arabes atteignent un niveau historique inédit. Avec une participation avoisinant les 80 % dans les localités arabes, alors qu’elle dépassait à peine la moitié quatre ans plus tôt, cette arithmétique dépasse la simple comptabilité. Il s’agit d’un acte politique majeur : loin de se réduire à un vote communautaire, c’est une affirmation magistrale d’existence. Leçons d’une élection à la Knesset, pas comme les autres…

Abdelhamid Larguèche *

L’historien ne peut s’empêcher d’y voir une résonance particulière. En 1950, la loi israélienne sur la propriété des absents forgeait une catégorie juridique édifiante : celle des «présents-absents». Des Palestiniens demeurés sur leur terre, devenus citoyens, mais frappés d’inexistence juridique quant à leurs biens, leurs villages et leur mémoire. Toute l’histoire des Palestiniens d’Israël réside dans cet oxymore : être physiquement là, mais n’être jamais comptés. Le scrutin d’octobre 2026 constitue la première infirmation d’envergure de ce dogme : les «présents-absents» ont décidé de compter. 

La réaction du pouvoir sortant est à ce titre révélatrice. À peine les urnes rendues, le Likoud a crié à la fraude, à la corruption et à l’ingérence étrangère. Pourtant, la police n’a réuni aucune preuve étayant la thèse d’une élection volée, et de simples arrestations pour achat de voix dans une municipalité ont été érigées en complot généralisé. Cette rhétorique ne dit rien de la régularité du scrutin ; elle dévoile en revanche un impensé politique : le citoyen arabe reste toléré tant qu’il se résigne à l’abstention, mais devient immédiatement suspect lorsqu’il s’exprime. 

Il convient de rappeler que ces formations ont failli être tenues à l’écart du scrutin. Fin septembre, la Commission électorale centrale avait voté leur exclusion, avant que la Cour suprême ne les rétablisse à l’unanimité. Une démocratie qui tente d’écarter un cinquième de son corps électoral avant le vote, pour ensuite l’accuser de fraude après le dépouillement, expose en pleine lumière la fragilité de sa promesse égalitaire. 

Gaza, la Cisjordanie et la mémoire de la menace

Il serait réducteur de borner l’analyse de ce sursaut aux seules considérations de politique intérieure. Certes, l’urgence quotidienne a pesé : l’explosion de la criminalité dans les localités arabes, les disparités budgétaires et l’abandon des services publics. Mais une telle mobilisation ne saurait s’expliquer par de seuls enjeux de gestion. Depuis la guerre de Gaza et ses destructions inédites, depuis les déplacements forcés et la pression continue sur les villages de Cisjordanie, les Palestiniens partagent un même sentiment de menace existentielle. Les citoyens arabes d’Israël ne vivent pas le sort des habitants de Gaza, de Jénine ou de Masafer Yatta. Ils s’inscrivent pourtant dans un même récit, partagent la mémoire de 1948 et la même hantise de l’effacement. 

Morcelé par la géographie et par le droit, ce peuple a répondu là où il le pouvait : à Gaza par la survie, en Cisjordanie par l’enracinement, et au sein d’Israël par le bulletin de vote. C’est une réinvention du sumud, cette persévérance immobile qui consiste à demeurer debout sur sa terre quand tout incite à la quitter.

On l’oublie trop souvent : la résilience n’est pas qu’une endurance passive. Elle s’exprime aussi par une intelligence politique capable d’investir l’arène où l’adversaire ne peut contester sa légitimité. 

Le dilemme de l’opposition : une majorité rendue inutilisable

C’est ici que réside le véritable nœud politique. Le bloc de Netanyahu régresse à 53 sièges, tandis que l’opposition sioniste en rassemble 48. En y adjoignant les partis arabes, une majorité absolue de 67 députés prend forme. Pourtant, une large frange de cette opposition refuse par avance tout gouvernement dépendant des voix arabes. Si Gadi Eisenkot pose des conditions drastiques, seul Yaïr Golan préconise ouvertement une coalition avec eux. 

Le paradoxe israélien apparaît ainsi au grand jour : le vote arabe est arithmétiquement décisif, mais politiquement frappé d’illégitimité. Une majorité parlementaire existe, mais elle se trouve neutralisée en raison de l’identité des citoyens qui la composent. Aucune démocratie ne saurait tolérer durablement une telle fracture sans se renier. Dès lors, la question n’est plus de savoir si les Arabes votent, mais si Israël est prêt à reconnaître la valeur de leur suffrage. 

Une analyse rigoureuse doit également récuser les représentations caricaturales. Ces dix-neuf sièges ne constituent pas un bloc homogène. Le Ra’am de Mansour Abbas défend un pragmatisme islamo-conservateur qui a déjà intégré une coalition gouvernementale en 2021, allant jusqu’à présenter cette fois-ci un candidat juif. La Liste commune réunit quant à elle des communistes judéo-arabes et des nationalistes arabes. Cette pluralité témoigne d’une culture politique mûre, apte à négocier, à s’allier comme à se diviser. C’est précisément ce pluralisme que redoute la rhétorique sécuritaire : non pas un ennemi irréductible, mais l’émergence d’un partenaire politique possible. 

La portée d’un scrutin

Ce vote adresse une mise en demeure à l’ensemble de la classe politique israélienne : le Palestinien ne saurait être réduit à une variable sécuritaire à gérer, mais constitue une donnée structurelle incontournable. Les politiques d’effacement, qu’elles soient militaires, foncières ou symboliques, se heurtent à ce fait irréductible : il est là, il demeure, il s’exprime et il compte désormais. 

Mais ce message s’adresse tout autant au monde arabe, enclin à percevoir les Palestiniens d’Israël comme des figures marginales ou compromisses de la cause. Ils viennent de prouver qu’une citoyenneté conquise, bien qu’imparfaite, peut devenir un puissant levier de résistance civique. Sans armes et sans peur, par la seule force du nombre et de l’obstination démocratique, ils ont fait de l’urne un lieu de mémoire et d’affirmation de soi. L’histoire retiendra peut-être qu’au moment le plus sombre pour le peuple palestinien, une partie de ses enfants a rappelé cette vérité fondamentale : on n’efface pas un peuple qui vote. 

* Historien.

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Qui sont les élus arabes des législatives israéliennes ?

Le bloc des partis arabes, qui a remporté 19 sièges aux dernières législatives israéliennes, est composé de deux pôles : la Liste commune (constituée des trois partis Hadash, Ta’al et Balad) et Ra’am (ou Liste arabe unie). Elles sont représentatives des différentes sensibilités politiques présentes au sein de la communauté des «Arabes israéliens», appellation donnée aux descendants des Palestiniens restés en Israël après la création de l’Etat hébreu en 1948.    

Latif Belhedi

La Liste commune a été reconstituée par un accord du 19 août 2026. En 2022, Hadash et Ta’al s’étaient présentés ensemble (5 sièges) et Balad seul, sans siège avec 2,9 % des voix.

Un pôle démocratique progressiste

Yousef Jabareen, président de Hadash et député de 2015 à 2021, la dirige depuis sa désignation en mai 2026. Ahmad Tibi, dirigeant de Ta’al, occupe la deuxième place. Sami Abu Shehadeh, président de Balad, était troisième avant de renoncer à sa candidature le 2 octobre, quand la Cour suprême paraissait prête à valider son exclusion. Le député Ofer Cassif, juif et membre de Hadash, figure aussi sur la liste.

L’alliance est hétérogène. Hadash, issu du Parti communiste, réunit Arabes et Juifs sur un programme de gauche. Ta’al défend avant tout les droits des citoyens palestiniens d’Israël. Balad, nationaliste arabe, réclame un État de tous ses citoyens à égalité de droits.

La liste œuvre pour l’égalité civile et la question nationale palestinienne. Elle refuse d’entrer dans un gouvernement Gadi Eisenkot, mais n’exclut pas de le soutenir de l’extérieur.

Jabareen place en tête la lutte contre la criminalité dans les localités arabes, l’augmentation des budgets et des opportunités pour ces localités, et la reprise des négociations vers un État palestinien. Il présente l’action de la liste comme la défense des droits de la communauté et de l’égalité. Tout en refusant de rejoindre un gouvernement Gadi Eisenkot en raison de la guerre à Gaza et de l’occupation du sud du Liban, la liste s’est dite prête, le 28 octobre, à ouvrir la voie à la chute du gouvernement Netanyahu, qu’elle accuse de conduire une politique d’effusion de sang.

Un pôle islamiste pragmatique

Le second pôle est représenté par Ra’am, parti de sensibilité islamique conservatrice présidé par Mansour Abbas, dentiste de formation. Le parti a quitté la Liste commune en janvier 2021 pour des désaccords idéologiques, puis a couru seul en 2021 (4 sièges) et en 2022 (5 sièges). En 2021, il est devenu le premier parti arabe indépendant à entrer dans une coalition gouvernementale, celle de Naftali Bennett et Yaïr Lapid. Ce gouvernement est tombé au bout de dix-huit mois, en partie sur des désaccords liés à la Cisjordanie.

Pour 2026, Abbas a cherché à élargir l’attractivité du parti et a annoncé, le 5 janvier, l’ouverture de l’adhésion à tous les Israéliens, puis a présenté Yoav Segalovitz, ancien député de Yesh Atid et ancien responsable policier, comme son premier candidat juif.

C’est un parti pragmatique centré sur les besoins des localités arabes. Il se dit prêt à entrer dans une coalition Eisenkot si elle est viable.

Sa ligne est celle des revendications concrètes : budgets, services, sécurité des localités arabes, dans un contexte de forte criminalité. Le plan de financement obtenu pendant la coalition de 2021-2022 est présenté comme une avancée sans précédent pour la société arabe. Abbas défend une participation au pouvoir et se dit prêt à rejoindre un gouvernement Eisenkot. Il affirme aussi que des responsables des deux camps l’ont approché.

Des «faiseurs de rois» potentiels

La campagne pour les législatives du 27 octobre a été précédée d’une tentative d’exclusion visant les deux listes. La Cour suprême les a réadmises le 2 octobre, à l’unanimité.

Au vu des résultats annoncés, aucun des deux blocs sionistes ne dispose de 61 sièges. Additionnés aux 48 sièges du bloc Eisenkot, les 19 sièges arabes donneraient 66 ou 67 mandats, une majorité confortable. Mais Eisenkot ayant exclu pendant la campagne de s’appuyer sur eux, sans eux, le bloc d’opposition reste loin du compte.

Le bloc Netanyahu, avec environ 53 sièges, doit encore trouver sept à huit mandats. D’où les négociations actuelles pour essayer de former une majorité viable. Et il y a de fortes chances pour que, par un tour de passe-passe, Netanyahu parvienne à trouver les 7 sièges qui lui manquent pour se succéder à lui-même.  Ce qui serait une très mauvaise nouvelle, d’abord pour les Palestiniens, ensuite pour les Israéliens eux-mêmes, qui voient leur pays devenir un Etat voyou dirigé par des criminels de guerre, et même pour l’humanité civilisée entière, qui n’a pas encore «digéré» le génocide de Gaza.    

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Israël | La police dément que les élections ont été «volées» par les partis arabes

«La journée électorale s’est déroulée avec très peu d’irrégularités ayant compromis l’intégrité du processus électoral, même par rapport aux élections précédentes», a déclaré une source de la police israélienne à plusieurs médias locaux, rejetant ainsi les accusations du parti Likoud, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, selon lesquelles les élections législatives auraient été «volées» par les partis arabes. (Les principaux élus des partis arabes israéliens: les sept «faiseurs de roi». Photo Fausto Giudice).

«Il convient de souligner qu’il n’existe aucune preuve venant étayer ces accusations, qu’il s’agisse d’éléments issus d’enquêtes ou de renseignements», a ajouté la même source, selon le quotidien ‘‘Times of Israel’’, citant des journaux hébraïques.

Hier, mercredi 28 octobre 2026, au lendemain des élections législatives qui n’ont dégagé aucune majorité franche, un responsable de la Commission électorale centrale a lui aussi rejeté les allégations de fraude.

Grand perdant des législatives, le bloc du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu tombe à 53 sièges, loin des 61 sièges nécessaires pour avoir la majorité absolue, la coalition d’opposition menée par Gadi Eisenkot en obtient 48, tandis que les partis arabes en conservent 19, la communauté arabe d’Israël ayant enregistré un taux de participation sans précédent.

C’est ce qui ressort des résultats partiels publiés par la Commission électorale centrale israélienne, alors que 85,6 % des bulletins ont été dépouillés. La répartition des sièges, pour l’heure, s’établit comme suit : Likoud (de Netanyahu) 26 ; Yashar (d’Eisenkot) 21 ; Liste arabe unie 12 ; BeYachad 12 ; Les Démocrates (de gauche) 8 ; Yisrael Beitenu 7 ; l’autre parti arabe, Ra’am, 7 ; Judaïsme unifié de la Torah 7 ; Otzma Yehudit 7 ; Shas 7 ; Sionisme religieux 6.

Ces résultats restent partiels et sont susceptibles d’évoluer à mesure que le dépouillement se poursuit. Les bulletins placés dans des «doubles enveloppes» — incluant ceux des membres des Forces de défense d’Israël (FDI) — seront comptabilisés dans un second temps.

I. B.

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À El Jadida, le cheval au galop entre tradition et création

Le prince héritier Moulay El Hassan a présidé, le 12 octobre, la cérémonie d’ouverture de la 17e édition du Salon du Cheval d’El Jadida. Jusqu’au 18 octobre, la manifestation célèbre le patrimoine équestre marocain, entre Tbourida, compétitions internationales et créations…

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