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Allemagne – Automobile : Volkswagen confronté à une crise majeure

Le patron de Volkswagen, Oliver Blume, juge la situation du premier constructeur automobile européen « plus que critique ». Le groupe fait face à une surcapacité de production d’environ 500 000 véhicules par an en Europe, à des coûts élevés en Allemagne et à une concurrence chinoise croissante.

Volkswagen traverse une période particulièrement difficile. Son directeur général, Oliver Blume, estime dimanche 23 août que le constructeur doit accélérer profondément sa transformation pour retrouver sa compétitivité.

Le groupe souffre notamment d’une surcapacité industrielle d’environ 500 000 véhicules par an en Europe, qui pèse directement sur la rentabilité de ses usines. Il envisage également de réduire fortement le nombre de modèles et de simplifier jusqu’à 75 % certaines options et configurations proposées aux clients.

La concurrence chinoise au cœur de la crise

Volkswagen est confronté à une pression croissante des constructeurs chinois, désormais de plus en plus présents sur le marché européen, notamment dans les véhicules électriques. Cette concurrence s’ajoute à la faiblesse des bénéfices réalisés en Chine, à l’augmentation des coûts de main-d’œuvre et de l’énergie en Allemagne ainsi qu’aux droits de douane américains. Le constructeur doit donc réduire ses coûts tout en accélérant le renouvellement de sa gamme et sa transition vers les véhicules électriques…

La restructuration envisagée pourrait entraîner jusqu’à 50 000 suppressions d’emplois… Volkswagen a déjà conclu des accords avec environ 37 000 salariés dans le cadre de son programme de réduction des coûts. Plusieurs sites industriels allemands restent sous pression. Aucun projet définitif de fermeture n’a toutefois été annoncé à ce stade, malgré les inquiétudes croissantes des salariés et des représentants du personnel.

Des coûts supérieurs à ceux des concurrents

Oliver Blume estime que les coûts indirects de Volkswagen sont plus de 30 % supérieurs à ceux de ses concurrents. Cette différence réduit la capacité du groupe à affronter la guerre des prix qui se développe sur le marché automobile mondial. Le groupe doit donc agir simultanément sur ses capacités industrielles, ses coûts, sa gamme de véhicules et son organisation.

Pour Volkswagen, le défi est désormais existentiel : conserver son rang de géant européen de l’automobile tout en rattrapant son retard dans un marché transformé par l’électrification, l’intelligence artificielle et surtout l’offensive des constructeurs chinois.

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L’Allemagne peine à remplir ses stocks de gaz avant l’hiver

Les opérateurs gaziers allemands jugent presque impossible d’atteindre les objectifs de stockage avant l’hiver. Les réservoirs ne sont remplis qu’à environ 50 %, tandis que la hausse des prix du gaz et les tensions sur les approvisionnements compliquent encore leur remplissage.

Les entreprises allemandes gestionnaires des réseaux de gaz tirent la sonnette d’alarme, estimant qu’il est désormais « presque impossible » d’atteindre les objectifs de remplissage des stocks de gaz avant l’hiver…, rapporte Bloomberg News. Le temps joue désormais contre Berlin. À l’approche de la saison de chauffage, les opérateurs doivent accélérer les injections dans les installations de stockage, mais les conditions du marché rendent cette opération particulièrement difficile.

Le niveau actuel des réserves est préoccupant par rapport aux années précédentes. Fin juillet, les stocks allemands n’étaient déjà remplis qu’à environ 45,5 %, leur niveau le plus faible à cette période depuis le début des relevés en 2011. Pourtant, ses installations figurent parmi les plus importantes d’Europe.

La réglementation allemande prévoit normalement des objectifs élevés avant la saison froide : 85 % au 1er octobre et 95 % au 1er novembre. Or, les opérateurs estiment désormais que ces objectifs sont extrêmement difficiles à atteindre dans les délais.

Le prix du gaz freine les achats

La principale difficulté réside dans le coût du remplissage. La hausse des prix du gaz rend l’achat de volumes supplémentaires particulièrement onéreux pour les fournisseurs. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont accentué cette pression. Les perturbations autour du détroit d’Ormuz affectent le marché mondial du gaz naturel liquéfié et contribuent à maintenir les prix européens à des niveaux élevés.

Ceci étant, la faiblesse des stocks ne signifie pas automatiquement que l’Allemagne connaîtra une pénurie. Le pays dispose de plusieurs sources d’approvisionnement, notamment les importations par gazoduc depuis la Norvège ainsi que les arrivées de GNL via les infrastructures européennes. Mais une saison hivernale particulièrement froide pourrait rapidement accroître la pression sur le système.

Les autorités allemandes appellent déjà les opérateurs à intensifier leurs efforts de stockage. Le gouvernement et l’Agence fédérale des réseaux surveillent étroitement l’évolution des réserves…

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L’Allemagne face à une vague de faillites sans précédent

L’économie allemande traverse «sa crise la plus profonde de l’après-guerre», a averti mardi 18 août 2026 la première fédération industrielle du pays, reprochant au gouvernement son inaction malgré une quatrième année consécutive de production industrielle en chute.

Habib Glenza, à Lodz.  

Longtemps considérée comme le modèle économique à suivre, l’Allemagne traverse aujourd’hui une crise d’une ampleur rarement observée depuis la Seconde Guerre mondiale. En 2025, plus de 17 600 entreprises ont déposé le bilan, un niveau inédit depuis plus de deux décennies, avec une accélération marquée ces derniers mois. Derrière ces chiffres, une réalité brutale : près de 48 entreprises ferment chaque jour. Ce phénomène ne concerne pas uniquement les petites structures, mais touche également des géants industriels, révélant un affaiblissement global du tissu économique. 

Le moteur économique de l’Europe en train de lâcher

Contrairement à un krach boursier brutal, la crise actuelle en Allemagne s’installe progressivement, rendant son impact encore plus dangereux. Les faillites augmentent mois après mois, affectant tous les secteurs clés, de l’industrie lourde à la construction. Ce caractère diffus empêche une réaction rapide des marchés et des gouvernements, laissant le temps aux déséquilibres de s’ancrer durablement.

Cette lente érosion du tissu économique est particulièrement préoccupante car elle pourrait contaminer l’ensemble de la zone euro. Dans ce climat d’incertitude prolongée, diversifier ses investissements devient vital, et l’achat d’or représente une valeur refuge fiable face aux crises systémiques qui s’installent dans la durée.

Le modèle allemand repose en grande partie sur le fameux «Mittelstand», un réseau dense de PME familiales, souvent très spécialisées et leaders mondiaux. Ces entreprises représentent plus de 99 % du tissu économique et emploient des millions de personnes. Pourtant, ce pilier historique montre aujourd’hui des signes de faiblesse inquiétants. La hausse des coûts, la baisse de la demande et les contraintes réglementaires pèsent lourdement sur leur rentabilité. Lorsque ce cœur industriel ralentit, c’est toute l’économie qui vacille. 

L’une des causes profondes : la rupture avec le gaz russe

Les sanctions de l’Union européenne (UE) contre la Russie, notamment la rupture avec le gaz russe bon marché. En boycottant l’achat du gaz russe, les politiciens de l’UE, en particulier les Allemands, les Anglais, et les Français, ont cru mettre à plat l’économie russe. Aujourd’hui, les sanctions imposées à la Russie se sont retournées contre toutes les économies des pays de l’UE, en particulier contre celle de l’Allemagne qui entraînera dans sa chute les autres économies de l’Europe          

Par ailleurs, la crise actuelle résulte d’une accumulation de facteurs structurels. La flambée des prix de l’énergie, notamment après la rupture avec le gaz russe, a multiplié les coûts de production. À cela s’ajoute la hausse rapide des taux d’intérêt, qui freine les investissements et alourdit le coût du crédit. La transition énergétique, bien que nécessaire, impose également des dépenses considérables aux entreprises. Enfin, le ralentissement du commerce mondial et le retour du protectionnisme, à l’instigation des Etats-Unis de Donald Trump, compliquent les exportations, pilier du modèle allemand. Face à ce cocktail toxique, il devient indispensable d’adopter une stratégie patrimoniale défensive, en intégrant par exemple l’or comme actif de protection contre les turbulences économiques

Ce que traverse l’Allemagne dépasse largement une simple récession conjoncturelle. Il s’agit d’une transformation structurelle profonde de son modèle économique. L’industrie, historiquement basée sur une énergie abondante et bon marché, doit désormais se réinventer dans un environnement plus contraignant et compétitif.

Parallèlement, le pays accuse un retard dans la digitalisation et les technologies émergentes comme l’intelligence artificielle. Cette double transition, énergétique et technologique, s’annonce longue, coûteuse et incertaine. Dans ce contexte, sécuriser une partie de son patrimoine avec de l’or tangible constitue une décision prudente et stratégique.

2026 : une année charnière aux perspectives incertaines             

Les prévisions économiques pour 2026 restent prudentes, avec une croissance faible et des faillites qui devraient continuer à augmenter, bien que plus lentement. Le pic de la crise pourrait être proche, mais ses effets s’inscriront dans la durée. De nombreuses entreprises envisagent déjà de délocaliser leur production vers des zones où les coûts sont plus compétitifs, notamment aux États-Unis ou en Europe de l’Est. Cette recomposition industrielle aura des conséquences majeures sur l’emploi et la stabilité économique du continent européen. 

Investir en Allemagne en 2026 nécessite une approche sélective et stratégique. Miser sur l’ensemble du marché peut s’avérer risqué, notamment en raison de l’exposition à des secteurs en difficulté comme l’automobile ou la chimie. En revanche, certaines niches, notamment dans les technologies industrielles avancées ou l’efficacité énergétique, peuvent encore offrir des opportunités intéressantes à long terme.

Toutefois, dans un environnement aussi incertain, il est essentiel de diversifier ses placements et de ne pas dépendre uniquement des marchés financiers traditionnels. 

La situation actuelle en Allemagne agit comme un signal d’alerte pour l’ensemble de l’économie européenne. Ce qui était autrefois un modèle de stabilité devient aujourd’hui un terrain d’incertitudes. Entre transition énergétique, mutation industrielle et tensions géopolitiques, les défis sont nombreux et les solutions encore floues. Pour les investisseurs, l’heure n’est plus à l’improvisation mais à la prudence et à l’anticipation. 

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Berlin : la Volksbühne annule un événement pour enfants noirs

La Volksbühne, célèbre théâtre berlinois, a renoncé à un évènement réservé à des enfants noirs, pour « raisons de sécurité » après une « campagne de haine raciste ».   En bref La Volksbühne de Berlin annule un événement réservé…

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Auto | La Chine passe à l’électrique beaucoup plus vite que l’Europe

Les automobiles chinoises ont submergé les marchés européens jadis dominés par les marques allemandes. Les raisons de cette montée vertigineuse des ventes de voitures chinoises électriques dans le monde sont liées, en plus du prix alléchant défiant toute concurrence et au design adapté au goût du consommateur européens, à l’innovation technologique en général et, en particulier, à la batterie en lithium, sans parler de la richesse des options et au service après-vente, souvent impeccable, en tout cas pour l’Europe. En Pologne, par exemple, la vente des voitures électriques chinoises dépasse de très loin celle des européennes avec en bonus une assurance automobile annuelle pour 1 zloty (environ 0,25 euro) ! (Photo : Le SUV électrique Omoda 9 du constructeur chinois Chery sera bientôt fabriqué dans d’anciennes usines Volkswagen en Allemagne Ce modèle incarne les ambitions européennes de Chery, qui dispose déjà d’une usine en Espagne depuis 2024). 

Habib Glenza

Pendant des années, le marché chinois a été le moteur de croissance de BMW, Mercedes-Benz et Volkswagen. Tout se vendait presque tout seul, au point que les trois groupes écoulaient encore 5,6 millions de voitures en Chine en 2019, soit plus de 23 % du marché local. Mais la donne a changé brutalement avec l’explosion de la voiture électrique. Les chiffres récents montrent une chute d’au moins 30 % des ventes au deuxième trimestre pour plusieurs marques allemandes.

En Chine, plus de 85 % des ventes des New Energy Vehicle (NEV) sont signées BYD, SAIC, Geely, XPeng et Xiaomi. On recense environ 150 marques chinoises et quelque 500 modèles nouveaux ou restylés ont été lancés.  

En moins d’une décennie, la Chine a fait basculer son marché automobile vers l’électrique à une vitesse inédite. En 2024, les NEV (100 % électriques ou hybrides rechargeables) représentent déjà environ 45 % des ventes, puis dépassent la barre des 50 % au premier semestre 2025, avec 5,46 millions de NEV vendus contre 5,43 millions de thermiques. Le pays comptait fin 2024 près de 23 millions de voitures entièrement électriques en circulation, soit une bonne moitié des immatriculations mondiales de véhicules électriques (VE) de l’année. Pour l’automobiliste chinois urbain, la voiture électrique n’est plus une niche, mais le choix par défaut.

Les Allemandes rattrapées par leur retard sur l’électrique

À l’inverse, le modèle économique des constructeurs allemands reste bâti sur le thermique premium. En 2019, les groupes BMW, Mercedes-Benz etVolkswagen réalisaient 23,1 % de part de marché en Chine ; en 2025, ils tournent autour de 11,3 %, avec 3,8 millions de voitures seulement.

La Chine pèse pourtant encore entre un quart et près d’un tiers de leurs ventes mondiales suivant les groupes, ce qui rend le choc encore plus visible dans leurs comptes. En 2024, ils ont vendu environ 325 000 voitures électriques en Chine, soit à peine 7,5 % de leurs propres ventes locales, alors que près de 28 % des voitures achetées dans le pays sont déjà électriques. Leur présence cumulée sur le segment NEV tourne autour de 3 % : une part minime sur un segment devenu central.

La pression se voit aussi sur les marges. Sous l’effet de la baisse de régime en Chine, BMW a abaissé sa prévision de marge automobile jusqu’à 1 %, ce qui en fait l’un des constructeurs européens les moins rentables cette année.

Volkswagen a reconnu que son modèle économique était quasiment cassé et prépare un plan de réduction d’environ 100 000 emplois avec des fermetures d’usines en Allemagne.

Face à une offre locale très électrique et très technologique, avec des prix agressifs, les Allemands se retrouvent piégés avec un mix encore très thermique et plus cher. Sur le segment d’entrée de gamme où se place la CLA électrique, la berline «est dans une position délicate, ce n’est ni la plus abordable ni la plus luxueuse», analyse Li Yanwei, conseiller auprès de l’association des distributeurs automobiles de Chine.

Les marques chinoises ont pris l’avantage

Pour tenter de rattraper leur retard, les groupes allemands multiplient les baisses de prix et les modèles dédiés à la Chine, parfois au détriment de la rentabilité. Mercedes a conçu une CLA à empattement long, truffée de logiciels et de commandes vocale dopée à l’IA, vendue beaucoup moins cher qu’en Europe. Mais pour vraiment rivaliser avec Xiaomi ou BYD, il faudrait encore baisser les tarifs, au risque de vendre à perte. Le constructeur explique qu’il mise avant tout «sur une croissance durable plutôt que sur l’achat de parts de marché à court terme», dans un contexte de guerre des prix où le bénéfice trimestriel de BYD a, par exemple, chuté de 55 % pour tomber à son plus bas niveau depuis plus de trois ans.

Dans le haut de gamme, certains modèles Xiaomi, concurrents d’une Porsche Taycan, atteignent 300 000 ventes en Chine, quand la berline électrique de Stuttgart reste sur quelques dizaines de milliers d’unités.

Ce ressenti illustre un basculement plus large de la perception des marques allemandes en Chine. Même sur des modèles électriques capables d’afficher des autonomies comparables à celles des rivales locales, Mercedes, BMW ou Audi sont vues comme moins avancées sur le logiciel embarqué, la conduite assistée ou le divertissement.

Les constructeurs chinois déploient des fonctions très adaptées aux usages locaux, comme le karaoké intégré, les écrans arrière géants ou des sièges qui se rabattent complètement pour transformer l’habitacle en espace de camping.

Pendant ce temps, les Allemands lancent la nouvelle plateforme Neue Klasse de BMW, les Audi développées avec SAIC ou encore les SUV électriques issus du partenariat Volkswagen-Xpeng, avec plus de 10 milliards d’euros déjà investis rien que pour BMW. Mais pour retrouver de l’air en Chine, il leur faudra fonctionner au rythme de la «China speed», tout en gardant assez de marge pour financer cette transition sur leur propre terrain européen.

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L’Allemagne réforme ses services de renseignement

La réforme approuvée par le gouvernement fédéral allemand mercredi 12 août 2026 élargit les prérogatives des renseignements et leur attribue des pouvoirs opérationnels car jusque-là les services allemands ont adopté une posture défensive. Considérée comme le ventre mou des pays européens, l’Allemagne est souvent sujette à des opérations de déstabilisation russes comme des actes de sabotage, d’espionnage et de piratage informatique ciblant des infrastructures sensibles et des fabricants d’équipements militaires. À l’ère des guerres hybrides, cette réforme est considérée comme indispensable par les autorités allemandes pour protéger leur pays. (Le siège du BND à Berlin se verra conférer de nouveaux pouvoirs pour faire face aux menaces émanant d’acteurs étatiques tels que la Russie et la Chine, en s’appuyant sur l’intelligence artificielle. Photographie : Michael Sohn/Reuters).

Imed Bahri

Selon la correspondante du Guardian à Berlin, Deborah Cole, le gouvernement allemand a approuvé un projet de loi visant à lever de nombreuses restrictions imposées à ses services de renseignement depuis l’après-guerre, alors que le pays est sous le choc de deux attentats survenus en un mois et qui ont mis en lumière de graves failles de sécurité. 

Ces modifications controversées, qui doivent encore être approuvées par le Parlement, répondent en grande partie à une liste de souhaits établie par les services de renseignement extérieurs et intérieurs, qui déplorent depuis longtemps le retard de l’Allemagne par rapport à ses alliés et à ses ennemis.

«Nous transformons nos services de renseignement en véritables services secrets», a déclaré le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt au journal Bild qui a qualifié cette réforme de «révolution» et d’«historique» en matière de sécurité. Il a ajouté : «Il est grand temps que nous nous positionnions pour être compétitifs et sur un pied d’égalité avec nos partenaires internationaux. Cela exige des capacités opérationnelles et des pouvoirs actifs pour lutter plus efficacement contre le terrorisme d’État moderne et les groupes extrémistes.»

Un attentat à la voiture bélier perpétré fin juillet lors de la Gay Pride de Berlin par un individu qualifié comme islamiste connu des services de police a été suivi, la semaine dernière, de la découverte d’un drone chargé d’explosifs près d’un avion-cargo ukrainien à l’aéroport de Leipzig, plaque tournante majeure du transport de matériel de défense.

Le gouvernement de coalition impopulaire de Friedrich Merz, composé de centres-droit et de centre-gauche, est sous pression pour démontrer sa capacité à moderniser le pays afin d’assurer la sécurité de ses citoyens, tout en préservant les droits et principes inscrits dans la Loi fondamentale allemande.

Le niveau de menace a considérablement augmenté

Les plans de réforme des services de renseignement étaient en préparation depuis des mois et ont fait l’objet de nombreux ajustements avant d’être présentés au gouvernement mercredi dernier.

Le Service fédéral de renseignement extérieur (BND), qui a fêté ses 70 ans cette année et est dirigé par l’ancien ambassadeur en Ukraine, Martin Jäger, se verra octroyer de nouveaux pouvoirs pour faire face aux menaces émergentes émanant d’acteurs étatiques tels que la Russie et la Chine, avec moins d’obstacles et grâce à l’intelligence artificielle (IA).

Les autorités allemandes affirment que le niveau de menace a considérablement augmenté depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, des agents liés à Moscou ayant prétendument mené à plusieurs reprises des actes de sabotage, d’espionnage et de piratage informatique ciblant des infrastructures sensibles et des fabricants d’équipements militaires.

M. Jäger a déclaré que «l’Allemagne devait être en mesure de montrer à ses adversaires qu’elle est capable de faire de même, afin que l’autre camp en subisse également les conséquences».

Jusqu’à présent, le BND a principalement adopté une posture défensive, se limitant essentiellement à la collecte d’informations et disposant de peu de pouvoirs opérationnels.

Selon le projet de loi, qui compte plus de 700 pages, les services de renseignement allemands seront autorisés à manipuler ou à supprimer des données, une pratique connue sous le nom de hack back (contre-piratage), méthode de riposte aux cyberattaques.

Parmi les autres possibilités figurent la modification des instructions de fabrication des armes ou leur neutralisation lors de leur production.

Assouplissement des règles de protection des données

Les paiements en ligne versés à des agents subalternes employés ponctuellement par des gouvernements étrangers pourraient être bloqués afin de prévenir les attaques.

Le recours à la force par les services de renseignement à l’étranger restera interdit. Cependant, les agents pourront plus fréquemment porter des armes pour leur légitime défense sans autorisation explicite.

La loi, que le gouvernement espère voir entrer en vigueur le 1er janvier 2027, assouplirait les règles de protection des données, largement critiquées pour leur caractère excessif et contre-productif.

Le BND et l’Office de protection de la Constitution (BfV), organe de surveillance de la sécurité intérieure, seront autorisés à collecter, stocker et analyser davantage d’informations et ce, plus longtemps grâce à l’IA. Il sera également plus facile d’obtenir l’autorisation d’effectuer des recherches en ligne et de surveiller le domicile de personnes suspectées d’infractions.

L’Allemagne renforcera également le contrôle du BND et du BfV par un conseil indépendant, en plus des pouvoirs déjà conférés à la commission parlementaire de contrôle du renseignement.

Bien que les réformes soient largement perçues comme nécessaires et attendues depuis longtemps, certains responsables politiques ont mis en garde contre des excès.

Accès élargi aux images de vidéosurveillance publique

La commissaire fédérale à la protection des données, Louisa Specht-Riemenschneider, a déclaré que son ministère serait privé de tout pouvoir de contrôle sur le BND et a critiqué l’accès élargi aux images de vidéosurveillance dans les espaces publics, en Allemagne comme à l’étranger.

Konstantin von Notz, porte-parole du parti écologiste d’opposition s’est dit favorable à un renforcement des pouvoirs du BND mais a toutefois estimé que le projet de loi était «excessif». Il a notamment critiqué les pouvoirs accordés au BfV, qu’il a jugés difficiles à concilier avec le principe de séparation des pouvoirs entre les services de renseignement et la police, une leçon tirée des pages les plus sombres de l’histoire allemande.

Ce texte législatif pourrait faire l’objet de recours en justice de la part de ses détracteurs.

Face à une incertitude géopolitique croissante et aux doutes concernant le rôle des États-Unis comme garant de sa sécurité, l’Allemagne s’est également lancée dans un vaste programme de réarmement. Merz a pris ses fonctions l’année dernière en promettant de faire des forces armées allemandes, la Bundeswehr, l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe.

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