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Recherches avec Cambridge : Que sait-on des premières sociétés agricoles en Tunisie ?

L’Institut national du patrimoine (INP) mène des recherches archéologiques dans les bassins de l’oued Zeroud, à Kairouan, et de l’oued Tessa, au Kef, en collaboration avec l’Université britannique de Cambridge. L’objectif est de mieux comprendre l’histoire des communautés humaines en Tunisie entre le troisième millénaire et le début du premier millénaire avant J.-C., une période encore peu documentée.

Ces recherches visent à déterminer comment les premières communautés agricoles se sont installées, ont exploité les ressources naturelles et se sont adaptées à leur environnement. Les scientifiques cherchent également à établir une chronologie plus précise des vestiges archéologiques, alors que cette période reste marquée par la rareté des sites présentant des couches archéologiques bien conservées et par le nombre limité de datations au carbone 14.

Comprendre comment vivaient les premières sociétés agricoles

L’étude repose sur une comparaison entre deux environnements différents. Le bassin de l’oued Zeroud se situe dans une zone steppique semi-aride, tandis que le bassin moyen de la Medjerda appartient à une région tellienne semi-humide. Cette approche doit permettre d’identifier les similitudes et les différences dans les modes d’habitat, l’exploitation du territoire et l’utilisation des ressources naturelles.

La première phase des travaux concerne notamment le cours inférieur de l’oued Zeroud ainsi que l’oued Kheneg El Afras, entre les régions de Zouarine et du Sers. Les chercheurs s’intéressent particulièrement à plusieurs vestiges archéologiques, dont des monuments funéraires précédemment attribués à la période numide, sans qu’une datation absolue ait permis de confirmer cette classification.

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L’enjeu est donc de vérifier si ces vestiges appartiennent effectivement à la période qui leur a été attribuée ou s’ils doivent être replacés dans une autre séquence chronologique. Une datation plus fiable permettrait de mieux comprendre l’évolution des pratiques funéraires et des modes d’occupation du territoire dans la Tunisie ancienne.

Pourquoi ces fouilles peuvent-elles revoir la chronologie historique ?

Pour mener ces investigations, les équipes combinent plusieurs techniques : prospections archéologiques systématiques, relevés topographiques par GPS différentiel (DGPS), documentation photographique en trois dimensions à l’aide de drones, études géomorphologiques, analyses de restes végétaux anciens et datations au carbone 14.

Au-delà de l’identification des vestiges, ces travaux pourraient ainsi contribuer à préciser les étapes de peuplement et les transformations des sociétés anciennes en Tunisie, notamment avant la période numide. Ils doivent également enrichir les connaissances sur les relations entre les communautés humaines, les conditions environnementales et les ressources disponibles.

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Stress hydrique : l’expert Hussein Rhili plaide pour une refonte du modèle de production agricole

Face à une pression de plus en plus importante sur les ressources en eau, la Tunisie se trouve confrontée à la nécessité de revoir ses orientations agricoles. Entre raréfaction des précipitations, diminution des réserves hydriques et besoins croissants en irrigation, le modèle de production actuel soulève des interrogations quant à sa viabilité à long terme. Pour Hussein Rhili, chercheur spécialisé dans le développement et la gestion des ressources en eau, une réorganisation de la carte agricole nationale devient indispensable afin de préserver les ressources disponibles et de mieux anticiper les conséquences du changement climatique. Dans une déclaration accordée à un journal en ligne, l’expert a notamment attiré l’attention sur le poids considérable de l’agriculture dans la consommation nationale d’eau. Selon les chiffres qu’il a avancés, ce secteur absorbe à lui seul 77% des volumes d’eau mobilisés annuellement dans le pays. Une proportion particulièrement importante, d’autant que les superficies agricoles bénéficiant de l’irrigation ne représentent que 8% de l’ensemble des terres consacrées à l’activité agricole.

Cette situation illustre l’importance des besoins hydriques liés aux cultures irriguées et pose, plus largement, la question de l’adéquation entre les ressources naturelles disponibles et les orientations de la production agricole. Toutefois, Hussein Rhili précise que cette prédominance de l’agriculture dans l’utilisation de l’eau ne constitue pas une particularité tunisienne. À l’échelle internationale, les activités agricoles représentent généralement entre 70 et 80% des prélèvements hydriques. La véritable difficulté réside donc moins dans cette proportion que dans la capacité de chaque pays à adapter ses pratiques agricoles à ses propres contraintes climatiques et géographiques.

Une agriculture confrontée aux limites des ressources disponibles

En Tunisie, cette problématique prend une dimension particulière en raison de la vulnérabilité du pays face aux épisodes de sécheresse et à l’irrégularité des précipitations. La diminution des apports pluviométriques, conjuguée aux fluctuations des réserves des barrages, réduit les marges de manœuvre dans la gestion de l’eau et accentue la concurrence entre les différents usages. L’approvisionnement en eau potable, les besoins industriels et les activités agricoles reposent sur des ressources limitées, dont la disponibilité varie considérablement selon les régions et les saisons. Dans ces conditions, maintenir certaines orientations agricoles sans tenir compte de leur consommation hydrique pourrait accentuer les déséquilibres existants.

C’est précisément sur ce point que le chercheur insiste, en appelant à une transformation profonde de l’organisation de la production agricole. Il ne s’agit plus uniquement d’améliorer les techniques d’irrigation ou de rationaliser ponctuellement les quantités utilisées, mais de s’interroger sur la pertinence des cultures pratiquées, leur répartition géographique et leur compatibilité avec les ressources hydriques disponibles. Une telle réflexion suppose notamment de mieux prendre en considération les caractéristiques climatiques de chaque région, les besoins en eau des différentes productions ainsi que leur contribution à l’économie nationale et à la sécurité alimentaire. L’enjeu consiste à parvenir à un équilibre entre les impératifs de production, les revenus des agriculteurs et la préservation d’une ressource naturelle devenue particulièrement précieuse.

Les exportations agricoles au cœur du débat sur l’eau

Parmi les questions soulevées par Hussein Rhili figure également celle des productions agricoles destinées aux marchés étrangers. Si les exportations constituent une source de revenus et contribuent à l’activité économique, elles impliquent aussi une consommation de ressources naturelles qui mérite d’être intégrée dans l’évaluation de leur rentabilité. Le chercheur rappelle ainsi que la commercialisation de produits agricoles à l’étranger représente indirectement un transfert des quantités d’eau nécessaires à leur production. Cette notion, connue sous le nom d’«eau virtuelle», permet de mesurer l’empreinte hydrique des produits alimentaires, depuis leur culture jusqu’à leur commercialisation. Pour illustrer ce phénomène, Hussein Rhili prend l’exemple des agrumes, en estimant qu’une orange exportée correspond à une mobilisation de huit litres d’eau. Cette estimation, avancée par l’expert, met en évidence une dimension souvent peu visible des échanges agricoles : derrière chaque produit commercialisé se trouvent des ressources hydriques utilisées au cours de sa production.

Dans un pays caractérisé par un stress hydrique structurel, cette réalité invite à examiner plus attentivement les choix de spécialisation agricole, notamment lorsque certaines cultures nécessitent des apports en eau importants. Il ne s’agit pas nécessairement de remettre en cause l’ensemble des exportations agricoles, mais plutôt d’évaluer leur intérêt économique au regard de leur coût environnemental et hydrique. La valeur ajoutée des productions, leur capacité à générer des emplois et des recettes, ainsi que leur consommation d’eau constituent autant de paramètres susceptibles d’orienter les décisions futures. Cette approche pourrait également conduire à privilégier, dans certaines régions, des cultures mieux adaptées aux conditions climatiques locales, tout en accompagnant les exploitants dans une éventuelle transition vers des systèmes de production moins exigeants en eau.

Moderniser les réseaux d’irrigation et préparer les cinq prochaines années

Au-delà de la nature des cultures, la question des infrastructures hydrauliques représente un autre défi majeur. Hussein Rhili souligne notamment les pertes enregistrées dans les réseaux destinés à l’irrigation, dont une partie souffre du vieillissement des installations. Les défaillances des conduites, les fuites et les insuffisances d’entretien peuvent entraîner un gaspillage de volumes d’eau pourtant indispensables à la production agricole. Dans un contexte de pénurie, ces pertes constituent une difficulté supplémentaire pour les exploitants comme pour les gestionnaires des ressources hydriques. La réhabilitation des infrastructures apparaît dès lors comme un levier essentiel pour améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau. Elle pourrait s’accompagner d’une modernisation des équipements, d’un meilleur suivi des volumes distribués et d’une généralisation progressive des techniques d’irrigation économes lorsque les conditions techniques et financières le permettent.

Cependant, l’amélioration des réseaux ne saurait, à elle seule, répondre à l’ensemble des défis auxquels l’agriculture tunisienne est confrontée. Une réflexion plus globale sur les orientations productives, les disponibilités régionales en eau et les conséquences du réchauffement climatique demeure nécessaire. Pour Hussein Rhili, les cinq prochaines années devraient ainsi constituer une période déterminante pour engager cette réorganisation. L’objectif serait de construire un modèle agricole davantage adapté aux contraintes hydriques du pays, capable de préserver les ressources tout en maintenant une activité économique essentielle pour de nombreuses régions.

Une telle évolution nécessiterait une coordination entre les politiques agricoles, hydrauliques et environnementales, mais également un accompagnement des agriculteurs, qui demeurent les premiers concernés par les changements envisagés. A terme, la question dépasse largement celle de la seule gestion de l’irrigation. Elle touche directement à la sécurité alimentaire, à la pérennité des exploitations, à l’équilibre économique des territoires ruraux et à la capacité de la Tunisie à faire face aux transformations climatiques. Dans un environnement où chaque ressource hydrique disponible revêt une importance croissante, l’avenir de l’agriculture tunisienne pourrait ainsi dépendre autant des quantités produites que de la manière dont l’eau est utilisée pour les obtenir.

Leila SELMI

 

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Bayt Mal Al-Qods soutient les oléiculteurs palestiniens

L’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, relevant du Comité Al-Qods, présidé par le Roi Mohammed VI, a lancé, mardi 6 octobre dans la localité d’Al-Ram, au nord d’Al-Qods, la campagne « Aouna 2026 », destinée à soutenir les agriculteurs palestiniens durant…

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Agriculture et pêche : 17 MDT d’investissements sur les rails dans trois gouvernorats

17 millions de dinars (MDT) : tel est le volume des projets agricoles et de pêche qui viendront prendre forme à Béja, Bizerte et Médenine. Et ce, après le feu vert donné lundi par le Comité national d’octroi des avantages de l’APIA.

C’est lundi 5 octobre que le Comité national d’octroi des avantages, rattaché à l’Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA), a donné son aval à un ensemble de projets d’investissement dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. Leur coût global atteint 17 MDT.

L’APIA précise, dans un communiqué, que ces approbations sont intervenues au terme de la sixième réunion tenue par l’instance en 2026. Les projets concernés seront menés dans les gouvernorats de Béja, de Bizerte et de Médenine.

Dans le même temps, le comité s’est penché sur les prêts fonciers. Des crédits ont été accordés à de jeunes agriculteurs de Kasserine pour leur permettre d’acheter des terres agricoles s’étendant sur 49,9 hectares. Le financement prévu pour cette acquisition représente 715,9 mille dinars.

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Agriculture : 650 candidatures en une semaine, l’APIA relance le financement dans trois gouvernorats

Le financement des projets agricoles suscite un afflux de demandes dans le Centre-Ouest. Après avoir enregistré 650 nouvelles candidatures en seulement une semaine, le projet de valorisation des périmètres irrigués et de développement des chaînes de valeur du Centre-Ouest (PVPI-DCV) relance son appel dans les gouvernorats de Kasserine, Sidi Bouzid et Kairouan. L’APIA annonce une nouvelle période de dépôt du 6 au 11 octobre, avec 90 candidats qui seront retenus à l’issue d’une première sélection.

Les dossiers du 21 septembre doivent être redéposés

Dans un communiqué publié le 5 octobre, l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA) précise que l’appel est rouvert afin de faciliter le traitement et le classement des dossiers, mais aussi de clarifier les pièces demandées.

Une précision importante accompagne cette nouvelle ouverture : les candidats ayant déjà déposé leur dossier lors de l’appel lancé le 21 septembre doivent le soumettre de nouveau. Ceux qui ne l’avaient pas encore fait peuvent également déposer leur candidature durant cette nouvelle période.

Le dispositif concerne les trois gouvernorats de Kasserine, Sidi Bouzid et Kairouan. Trente candidats seront sélectionnés dans chaque gouvernorat, soit 90 bénéficiaires dans cette première phase. La sélection reposera notamment sur l’âge, l’existence d’un crédit foncier, une déclaration d’investissement, une décision d’octroi d’avantages ou encore l’adhésion à un réseau d’incubateurs agricoles.

650 demandes en une semaine

C’est précisément cette forte demande qui donne une autre dimension à la réouverture.

Dans un bilan publié sur LinkedIn, Samia Aloui, responsable de la composante consacrée à la facilitation du financement des investissements agricoles au sein du PVPI-DCV, indique que 650 nouvelles candidatures ont été enregistrées en une semaine après le lancement de la nouvelle vague.

2,35 millions de dinars encore disponibles

Le même bilan apporte un éclairage sur les moyens financiers restant à mobiliser.

Selon Samia Aloui, 1,623 million de dinars ont déjà été engagés au titre de la dotation remboursable financée par la Banque africaine de développement, sur une enveloppe globale de 4 millions de dinars. Il resterait ainsi 2,35 millions de dinars à déployer d’ici la fin de 2026, selon les chiffres communiqués par la responsable.

Elle fait également état de 39 dossiers déjà financés par la BTS, pour 1,512 million de dinars de crédits accordés et 1,072 million de dinars de primes, ainsi que de 89 emplois créés directement dans les régions d’intervention.

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L’UTAP organise à Tozeur une conférence nationale consacrée aux dattes

« Les dattes tunisiennes : Entre les défis de coûts, réussite de la saison et enjeux de marché », tel est le thème de la première conférence nationale qui sera organisée, le 8 octobre, à l’initiative de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) au Village artisanal de Tozeur.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du suivi des préoccupations des producteurs de dattes, du soutien aux efforts visant à promouvoir le secteur agricole et de la préparation de la nouvelle campagne agricole.

Elle constituera un espace de dialogue entre les différents acteurs de la filière qui permettra d’examiner les principaux défis auxquels est confrontée la filière, notamment la hausse des coûts de production.

Les participants devront discuter également des moyens permettant d’assurer le bon déroulement de la nouvelle campagne ainsi que sur les mécanismes favorisant le développement des opérations de la commercialisation, de stockage et de valorisation des dattes tunisiennes sur les marchés national et international.

Cette initiative intervient alors que le secteur des dattes tunisiennes a enregistré des indicateurs positifs au cours de la campagne 2025-2026. La production nationale a atteint un niveau record d’environ 404 mille tonnes, dont 347 mille tonnes de la variété « Deglet Nour ». Pour ce qui des exportations, les recettes ont dépassé le seuil de 1000 millions de dinars.

Cependant, le secteur fait face à plusieurs défis structurels et logistiques, parmi lesquels figurent la hausse du coût des intrants et de l’entretien, les difficultés de transport et de stockage, outre les impacts du changement climatique.

La superficie totale des palmiers dattiers en Tunisie est estimée à environ 60,8 mille hectares, répartie principalement entre les gouvernorats de Kébili, Tozeur, Gafsa et Gabès.

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Produits féminins : une plateforme nationale pour booster les ventes en ligne

Le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées annonce l’ouverture des inscriptions à la plateforme nationale de commercialisation des produits féminins. Les candidates souhaitant y référencer leurs produits pourront s’inscrire en ligne du jeudi 1er au lundi 5 octobre 2026.

Dans un communiqué publié mercredi, le ministère précise que les inscriptions s’effectuent exclusivement en ligne via la plateforme dédiée. Les porteuses de projets relatifs aux produits féminins devront, dans un premier temps, créer un compte personnel, puis renseigner avec précision les informations demandées et vérifier leur exactitude. Elles devront également enregistrer leurs produits conformément aux données requises dans la fiche descriptive de chaque produit.

À l’issue de cette phase d’inscription, les dossiers soumis feront l’objet d’un examen par les services concernés. Les candidates seront ensuite informées de la décision via la plateforme nationale de commercialisation des produits féminins, au cours de la dernière semaine d’octobre 2026.

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