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Prix du Meilleur Jeune Économiste tunisien 2026 : l’excellence à l’honneur

Le 13 juin 2026 aura lieu l’annonce du nom du lauréat et des nommés du Prix du Meilleur Jeune Économiste tunisien. Ils seront célébrés dans le but de mettre au-devant de la scène de jeunes économistes brillants, de valoriser leurs travaux et de leur offrir une visibilité accrue dans le monde de l’économie.

Cette initiative, dans sa deuxième édition, est orchestrée par l’Association des Économistes Tunisiens (ASECTU) et le Global Institute for Transitions (GI4T). Elle s’inscrit dans une démarche proactive visant à promouvoir la recherche scientifique, encourager l’excellence académique et soutenir activement les jeunes économistes tunisiens à participer au débat public.

Le prix est conçu pour honorer un jeune chercheur dont le parcours et les travaux sont des plus innovants et pertinents, contribuant ainsi au débat public et potentiellement à l’élaboration de politiques économiques éclairées et au dynamisme de la pensée économique en Tunisie.

Un jury présidé par le Pr Elyès Jouini

La crédibilité et la rigueur scientifique de ce prix sont garanties par un jury d’éminentes personnalités du monde académique. Le jury est présidé par le Pr Elyès Jouini, une figure reconnue et respectée du monde économique et universitaire au niveau international. Il est accompagné dans cette mission de personnalités académiques de premier plan : les professeures Fatma Marrakchi Charfi, Hélla Guerchi Mehri et Rim Lahmandi Ayed, ainsi que les professeurs Maher Gassab et Habib Zitouna. Leur expertise collective a assuré un processus de sélection rigoureux et impartial, garantissant que le prix récompense l’excellence.

La cérémonie aura lieu en marge du Forum de l’ASECTU, à Hammamet, soulignant l’importance de cette distinction au sein de la communauté des économistes tunisiens. Cet événement est une occasion exceptionnelle de célébrer l’excellence en économie et de découvrir les esprits brillants qui influenceront l’avenir économique de la Tunisie.

D’après communiqué

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Tunisie : Le recul silencieux de la classe moyenne

Longtemps considérée comme le pilier de la stabilité sociale et économique du pays, la classe moyenne tunisienne traverse aujourd’hui une phase de fragilisation progressive. Inflation persistante, hausse du coût des services, pression fiscale et crises économiques répétées ont progressivement érodé le pouvoir d’achat et la sécurité financière de nombreux ménages.

C’est l’alerte lancée par une note d’analyse publiée par l’Association des économistes tunisiens (ASECTU) et rédigée par l’économiste Dr Fatma Mabrouk, intitulée « Quand les crises redessinent la classe moyenne en Tunisie : vulnérabilités révélées et résilience en action ».

Un pilier historique fragilisé

La classe moyenne tunisienne s’est progressivement constituée à partir du milieu du XXᵉ siècle, notamment grâce aux politiques économiques et sociales des années 1970. L’extension de l’éducation, le développement de l’emploi public et l’industrialisation ont favorisé l’émergence d’une large catégorie de ménages disposant d’un revenu relativement stable.

Selon certaines estimations, la classe moyenne représentait près de 67,7 % de la population en 1980, faisant de la Tunisie l’un des pays du monde arabe où cette catégorie sociale était la plus importante.

Mais cette dynamique s’est progressivement affaiblie.

Une érosion progressive depuis 2011

Depuis la révolution de 2011, la classe moyenne tunisienne est confrontée à des pressions croissantes : croissance économique faible, chômage élevé des diplômés et inflation persistante.

Les estimations de l’Institut tunisien des études stratégiques indiquent que le poids des classes moyennes serait passé de 84 % de la population en 1984 à environ 50 % en 2018, traduisant un phénomène de déclassement progressif.

La crise liée à la pandémie de Covid-19 a accentué cette tendance en aggravant les inégalités et la vulnérabilité des ménages.

Une classe moyenne désormais fragmentée

L’analyse souligne que la classe moyenne tunisienne ne constitue plus un bloc homogène. Elle se compose aujourd’hui de plusieurs groupes aux vulnérabilités différentes.

On distingue notamment :

  • la classe moyenne inférieure salariée (22,6 %), composée d’ouvriers souvent peu qualifiés ;
  • la classe moyenne supérieure salariée (23 %), regroupant cadres et employés qualifiés ;
  • les entrepreneurs et indépendants (17,3 %), particulièrement touchés par les crises économiques ;
  • une classe moyenne populaire vulnérable (37,1 %), comprenant chômeurs, retraités et inactifs.

Selon l’étude, plus de la moitié des entrepreneurs et indépendants ont perdu plus de 25 % de leurs revenus durant la pandémie, tandis que 86 % des salariés de la classe moyenne inférieure déclarent avoir renoncé à certains biens essentiels.

Des stratégies d’adaptation face à la crise

Face à la dégradation de leurs conditions économiques, de nombreux ménages ont développé différentes stratégies d’adaptation.

La diversification des revenus, le recours accru aux solidarités familiales et la migration figurent parmi les réponses les plus fréquentes. Ces mécanismes permettent d’amortir les chocs économiques, mais ils entraînent aussi des conséquences importantes, notamment la précarisation de certains emplois et la fuite des compétences vers l’étranger.

Un enjeu central pour la cohésion sociale

Pour les économistes, préserver la classe moyenne constitue un enjeu stratégique pour la Tunisie. Historiquement moteur de consommation et de stabilité sociale, elle reste un élément central du contrat social.

Face aux crises successives, la mise en place de politiques publiques combinant protection sociale, accès au financement, sécurisation de l’emploi et valorisation des compétences de la diaspora apparaît désormais comme un impératif.

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