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Tunisie | Le stockage d’électricité à domicile pour parer aux pannes de réseau  

Le Groupement professionnel des énergies renouvelables (GPER) relevant de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) a appelé à accélérer la finalisation des cadres, technique et réglementaire, nécessaires à l’adoption des systèmes de stockage d’électricité à domicile ou générateurs.

Cette mesure permettrait aux citoyens et aux entreprises de disposer de l’énergie produite par les panneaux solaires, considérant cette orientation comme une étape stratégique pour soutenir l’autoproduction et renforcer la sécurité énergétique en Tunisie.

Dans un communiqué publié le 15 juillet 2026, dans un contexte de multiplication des coupures d’électricité dans beaucoup de régions tunisiennes, le groupement a salué les déclarations du directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), Nafaâ Baccari, concernant l’orientation vers l’adoption de solutions de stockage d’électricité dans les habitations. Il a, dans ce sens, appelé l’ANME et la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) à accélérer la mise en œuvre de ce système.

Le groupement a précisé que les installations d’autoproduction, équipées de batteries de stockage, contribueraient à réduire l’impact des coupures électriques, à alléger la pression sur le réseau national, notamment lors des périodes de forte demande et à améliorer la qualité de l’approvisionnement en électricité.

Il a, également, préconisé la mise en place des mesures incitatives pour encourager les citoyens à investir dans ces systèmes, particulièrement à travers la réduction ou l’exonération des droits de douane sur les batteries de stockage et la révision des taxes appliquées aux panneaux solaires.

I. B.

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Stockage domestique de l’énergie : la CONECT plaide pour une accélération de la transition

Le Groupement professionnel des énergies renouvelables relevant de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT) a apporté, jeudi 16 juillet, son soutien au développement du stockage domestique de l’énergie électrique. Et ce, en considérant cette orientation comme une avancée stratégique majeure pour renforcer l’autoproduction énergétique en Tunisie.

Cette position intervient en réaction aux récentes déclarations du Directeur général de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), Nafaa Baccari, sur l’adoption prochaine de solutions de stockage domestique de l’électricité. Le Groupement relevant de la CONECT souligne que cette démarche est de nature à ouvrir de nouvelles perspectives au système énergétique national et à favoriser une meilleure intégration des énergies renouvelables.

L’intégration des dispositifs de stockage dans les installations d’autoproduction constitue, d’après le Groupement, un levier essentiel pour accroître la flexibilité du réseau électrique national. Elle permettrait notamment de limiter les effets des coupures de courant grâce à l’utilisation de l’énergie stockée en période de besoin. Tout en réduisant la pression exercée sur le réseau lors des pics de consommation et en améliorant la qualité de l’approvisionnement électrique.

Afin de concrétiser cette orientation, le Groupement appelle l’ANME et la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) à accélérer la mise en place des cadres techniques et réglementaires nécessaires pour permettre aux citoyens et aux entreprises de tirer pleinement profit des solutions de stockage liées à l’énergie solaire.

En outre, il recommande l’exonération ou la réduction des droits de douane appliqués aux batteries destinées aux énergies renouvelables, ainsi qu’une révision de la fiscalité applicable aux panneaux solaires. Et  ce, dans l’objectif de réduire les coûts d’investissement initiaux et de favoriser la généralisation de l’autoproduction.

Le Groupement estime enfin que le développement du stockage énergétique représente un investissement stratégique pour répondre à la hausse continue de la demande en électricité et accélérer la transition énergétique de la Tunisie. Il réaffirme ainsi sa volonté de mettre son expertise à la disposition des autorités afin de contribuer à la réussite de cette initiative nationale.

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L’italien Rina vérifiera les projets verts financés par la Berd en Tunisie

L’Union européenne (UE) accorde 60 millions d’euros à la Tunisie pour soutenir un projet d’économie d’énergie et de réduction d’émission de gaz à effet de serre. Et c’est l’entreprise italienne Rina Consulting qui a été chargée par la Berd de vérifier l’éligibilité technique des projets, l’état d’avancement des interventions et leur performance environnementale.

Rina devra également vérifier les résultats à long terme en mesurant des paramètres tels que les économies d’énergie, la production d’énergie renouvelable, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation de l’eau, des matières premières et des ressources.

Geff Tunisie — le premier programme de ce type lancé par la Berd en Tunisie — met une ligne de crédit de 60 millions d’euros à la disposition des institutions financières locales. Bien que le document officiel du projet de la Berd fixe le cadre financier à 58,5 millions d’euros (soit environ 200 millions de dinars tunisiens), le conseil d’administration de la banque a autorisé un montant maximal de 60 millions d’euros. Les fonds seront acheminés par l’intermédiaire de banques tunisiennes et d’autres intermédiaires financiers, qui les utiliseront pour accorder des prêts aux entreprises souhaitant acquérir des machines et des technologies performantes dans les domaines de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables, de la préservation de l’eau et de l’utilisation durable des ressources. Le programme vise spécifiquement à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) au sein des chaînes de valeur et à renforcer leur productivité ainsi que leur compétitivité. Le dispositif associe financement, assistance technique et incitations à l’investissement.

Selon le portail opérationnel du programme, les entreprises peuvent bénéficier d’une contribution équivalant à 10 % du montant du prêt éligible une fois le projet achevé et vérifié avec succès. Cette incitation peut atteindre 15 % pour certaines opérations d’adaptation au changement climatique, notamment les mesures d’efficacité hydrique et les systèmes de cogénération performants. Le soutien technique et les incitations sont principalement financés par l’UE, tandis que des ressources supplémentaires provenant du Fonds spécial des actionnaires de la Berd sont allouées pour faciliter l’accès à la finance verte pour les femmes et les entreprises dirigées par des femmes.

Le programme vise ainsi à lever un obstacle majeur à la modernisation écologique du secteur productif tunisien : la difficulté pour les PME d’obtenir des financements abordables pour des investissements environnementaux et énergétiques.

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Vers une Tunisie 100% énergie renouvelable : réalité ou utopie ?

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

La question de la transition énergétique en Tunisie dépasse aujourd’hui le cadre d’un simple débat technique. Elle touche directement à la souveraineté du pays, à sa stabilité économique et à sa capacité à s’adapter aux bouleversements climatiques mondiaux. Dans un contexte où la planète entière accélère sa mutation vers des systèmes énergétiques décarbonés, la Tunisie se trouve face à une équation complexe : comment réduire une dépendance encore forte aux énergies fossiles tout en exploitant un potentiel naturel exceptionnel en solaire et en éolien?

L’idée d’une Tunisie alimentée à 100% par des énergies renouvelables suscite autant d’enthousiasme que de scepticisme. Enthousiasme, car le pays bénéficie d’un ensoleillement parmi les plus élevés du bassin méditerranéen, estimé entre 2.800 et 3.200 heures par an selon les régions. Scepticisme, car la réalité énergétique actuelle reste dominée par le gaz naturel, qui représente plus de 90% de la production électrique nationale, dont une part importante est importée. Entre ces deux extrêmes, la transition s’impose comme un chemin long, exigeant et progressif.

Une dépendance énergétique structurelle lourde à transformer

La Tunisie consomme chaque année environ 8 à 10 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP), dont une part importante est couverte par des importations énergétiques. Cette dépendance dépasse parfois 50% de la consommation nationale, selon les années et la production locale de gaz. Cette situation fragilise directement l’économie nationale, notamment à travers la pression sur les réserves en devises.

La production d’électricité repose majoritairement sur le gaz naturel, avec une contribution marginale des énergies renouvelables qui reste encore inférieure à 10-12% du mix électrique, malgré les objectifs officiels plus ambitieux fixés pour la prochaine décennie. Cette lente progression montre l’écart entre les stratégies annoncées et leur mise en œuvre réelle.

Le coût énergétique constitue également un fardeau important. Les subventions publiques à l’énergie représentent plusieurs centaines de millions de dinars par an, ce qui limite la capacité de l’État à investir massivement dans les infrastructures vertes. Ainsi, la transition énergétique ne peut être dissociée de la question plus large de la réforme économique.

Un potentiel solaire et éolien parmi les plus élevés de la région

La Tunisie possède pourtant un avantage naturel indéniable. Le potentiel solaire exploitable est estimé à plus de 60.000 MW, alors que la capacité installée actuelle reste largement inférieure, autour de quelques centaines de mégawatts seulement. Cela signifie que moins de 5% du potentiel solaire est aujourd’hui exploité, ce qui révèle un écart considérable entre ressources disponibles et valorisation réelle.

Dans certaines régions du Sud tunisien, l’irradiation solaire dépasse les 2.200 kWh/m²/an, un niveau comparable à certaines zones du désert du Sahara considérées comme idéales pour les mégaprojets solaires. Par ailleurs, le potentiel éolien est également significatif, notamment dans le Nord-Ouest et le Sud du pays, avec des vitesses moyennes de vent dépassant 7 m/s dans certaines zones favorables.

Des projets comme les centrales solaires de Tozeur ou les parcs éoliens de Bizerte et de Sidi Daoud montrent que la transition est techniquement possible. Cependant, leur capacité cumulée reste encore insuffisante pour transformer profondément le mix énergétique national.

Les freins économiques, techniques et institutionnels

Malgré ce potentiel, plusieurs obstacles ralentissent fortement la transition. Le premier est économique. Les investissements nécessaires pour atteindre une transition énergétique significative sont estimés à plusieurs milliards de dollars sur les prochaines décennies. À titre d’exemple, le développement d’un parc solaire de 1 GW peut nécessiter entre 800 millions et 1,2 milliard de dollars, selon la technologie utilisée.

Le deuxième frein est technique. L’intermittence des énergies renouvelables impose la mise en place de systèmes de stockage avancés. Or, les capacités de stockage en Tunisie restent encore limitées, ce qui oblige à maintenir une forte dépendance aux centrales thermiques pour stabiliser le réseau électrique.

Le troisième frein est institutionnel. Les procédures administratives, la complexité des autorisations et le manque de coordination entre les acteurs publics et privés ralentissent l’exécution des projets. Même si des réformes ont été engagées, le rythme de mise en œuvre reste inférieur aux besoins réels de la transition.

Enfin, le réseau électrique national nécessite une modernisation importante. Les pertes techniques et non techniques peuvent atteindre jusqu’à 15% de l’électricité produite, ce qui représente un gaspillage significatif et réduit l’efficacité globale du système énergétique.

Vers une transition progressive plutôt qu’une rupture totale

Face à ces contraintes, l’idée d’une Tunisie 100% énergie renouvelable à court terme apparaît difficilement réalisable. Aucun pays au monde n’a encore atteint une indépendance totale en énergies fossiles à grande échelle, même parmi les nations les plus avancées dans ce domaine.

Cependant, la Tunisie peut viser un objectif plus réaliste et stratégique : atteindre une part de 35 à 40% d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici à 2035, comme le suggèrent certaines stratégies nationales. Une telle évolution permettrait déjà une réduction significative des émissions de CO₂ et de la dépendance énergétique extérieure.

La transition doit également s’accompagner d’une transformation des usages. Le secteur du transport, par exemple, représente près de 30% de la consommation énergétique finale, et constitue donc un levier majeur de décarbonation. Le développement des véhicules électriques, encore marginal aujourd’hui, pourrait jouer un rôle clé dans cette évolution.

Sur le plan économique, la transition énergétique représente aussi une opportunité de création d’emplois. Selon certaines estimations internationales, chaque mégawatt installé dans les énergies renouvelables génère entre 5 et 10 emplois directs et indirects, ce qui pourrait dynamiser le marché du travail tunisien.

Ainsi, la question initiale -réalité ou utopie- trouve une réponse nuancée. Une Tunisie 100% renouvelable dans un avenir proche reste un objectif extrêmement ambitieux. Mais une Tunisie en transition rapide, exploitant progressivement son potentiel solaire et éolien, est non seulement possible, mais nécessaire.

La véritable question n’est donc peut-être pas de savoir si cet objectif est atteignable immédiatement, mais plutôt de déterminer à quelle vitesse la Tunisie est prête à transformer son modèle énergétique. Car dans ce domaine, le retard n’est pas seulement technique, il est aussi stratégique, économique et environnemental.

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