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Tunisie : Face au déficit énergétique, le gouvernement mise sur les renouvelables et la maîtrise de la demande

La transition énergétique s’impose désormais comme une priorité stratégique pour la Tunisie, confrontée à un déficit énergétique structurel et à une forte dépendance aux importations. Le gouvernement entend agir sur deux fronts : accélérer le développement des énergies renouvelables et réduire la consommation grâce à l’efficacité énergétique.

Le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchene, a exposé cette orientation mercredi 23 septembre à Tunis, à l’ouverture de la deuxième édition de l’Ifriqiya Energy Hub, organisée les 23 et 24 septembre.

Deux leviers pour réduire la dépendance

Selon Wael Chouchene, la transformation du système énergétique tunisien repose sur deux piliers complémentaires : le développement des énergies renouvelables et la maîtrise de la demande.

L’objectif dépasse ainsi la seule augmentation des capacités de production. Le gouvernement veut également agir sur l’efficacité énergétique afin de limiter la consommation et, à terme, de réduire la pression exercée par les importations d’énergie.

Cette transformation est présentée comme un enjeu économique autant qu’énergétique. Le secrétaire d’État estime qu’elle doit permettre de renforcer l’attractivité de la Tunisie, d’améliorer la compétitivité de l’industrie et de favoriser la création de compétences, de valeur ajoutée et d’emplois dans les régions.

Des investissements lourds à mobiliser

Le passage à un système énergétique davantage fondé sur les renouvelables nécessite toutefois des investissements importants. Ils concernent non seulement les capacités de production, mais aussi les réseaux, les infrastructures, le stockage et les nouvelles technologies.

Wael Chouchene a insisté sur la nécessité de mobiliser les pouvoirs publics, les entreprises, les institutions financières et les partenaires techniques. Il a également appelé à des cadres réglementaires clairs, à des mécanismes de financement adaptés et à une visibilité suffisante pour permettre des investissements de long terme.

L’enjeu est donc désormais de transformer les orientations annoncées en projets capables de modifier progressivement la structure du système énergétique tunisien.

Produire davantage et diversifier les sources

La sécurité énergétique ne peut, selon Rania Marzougui, administratrice déléguée de l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (ETAP) et chargée de la Direction générale des hydrocarbures au ministère de l’Industrie, reposer sur une seule source.

Elle passe également par la diversification du bouquet énergétique, le développement de la production nationale, l’efficacité énergétique et le renforcement des infrastructures.

Cette approche maintient un rôle important pour les hydrocarbures et la production nationale, tout en accompagnant le développement des énergies renouvelables. L’ETAP doit notamment continuer à jouer un rôle dans le développement des ressources nationales, tandis que la Direction générale des hydrocarbures entend améliorer le cadre destiné aux investisseurs.

La Tunisie veut aussi jouer régional

L’Ifriqiya Energy Hub entend enfin inscrire cette transformation dans une dimension régionale. La position de la Tunisie, à proximité de l’Algérie, de la Libye et du marché européen, est présentée comme un atout pour développer les coopérations énergétiques.

Les discussions de cette deuxième édition portent notamment sur les interconnexions électriques, les projets d’énergies renouvelables, la recherche et l’exploration ainsi que la coopération avec les pays africains et arabes.

L’ambition affichée est désormais de rapprocher sécurité énergétique, transition énergétique et coopération régionale, avec un objectif central : transformer les investissements et les partenariats en projets concrets.

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Électricité : Le solaire progresse, mais la dépendance au gaz reste forte

La Tunisie a produit davantage d’électricité au cours des sept premiers mois de 2026, mais cette progression masque une équation énergétique toujours fragile. La production nationale a augmenté de 6%, à 12.333 GWh, tandis que les énergies renouvelables ont progressé beaucoup plus rapidement, avec une hausse de 61%. Malgré cette accélération, le gaz naturel reste largement dominant dans le mix électrique.

Le solaire accélère

La part des énergies renouvelables dans la production nationale d’électricité a atteint 9% à fin juillet, contre une part nettement plus élevée pour le gaz naturel, qui représente encore 90,8% de la production.

Cette progression des renouvelables est notamment portée par le développement des projets solaires, en particulier ceux destinés à l’autoconsommation et à la production indépendante.

Les installations photovoltaïques atteignent désormais environ 515 MW dans le secteur résidentiel raccordé au réseau basse tension, auxquels s’ajoutent 130 MW dans les secteurs industriel, tertiaire et agricole, raccordés aux réseaux moyenne et haute tension.

La production des projets solaires indépendants illustre cette accélération : elle est passée de 39 GWh durant les sept premiers mois de 2025 à 359 GWh sur la même période de 2026. Cette progression s’explique notamment par l’entrée en exploitation de nouvelles centrales, dont celle de Kairouan, d’une capacité de 100 MW, en décembre 2025, puis celles de Sidi Bouzid et de Tozeur, de 50 MW chacune, en avril 2026.

Une demande toujours soutenue

La consommation d’électricité continue toutefois de peser sur le système. La pointe de demande enregistrée en juillet a atteint 4924 MW, soit une hausse de 2% par rapport aux 4837 MW enregistrés un an auparavant.

Dans le même temps, la consommation spécifique des centrales électriques s’est améliorée de 3%, atteignant 206 tonnes équivalent pétrole par GWh. La STEG a assuré 91% de la production nationale, tandis que les importations d’électricité ont reculé de 2% et ont couvert environ 10% des besoins du marché local.

Les ventes d’électricité ont, pour leur part, progressé de 1%, à 9455 GWh. Le secteur industriel représente 58% des ventes d’électricité à moyenne et haute tension.

Le déficit énergétique se creuse

L’accélération des renouvelables ne suffit toutefois pas à réduire la dépendance énergétique du pays. La production nationale d’hydrocarbures a continué de reculer sur les sept premiers mois de l’année.

La production de pétrole brut a diminué de 11%, à environ 0,78 million de tonnes équivalent pétrole, tandis que la production de gaz naturel a baissé de 14%, à environ 0,84 million de tonnes équivalent pétrole.

Dans ce contexte, le déficit commercial énergétique s’est aggravé de 8%, alors que le taux d’indépendance énergétique est passé de 46% à 42% en un an.

Le secteur électrique tunisien avance donc sur deux trajectoires simultanées : le solaire gagne rapidement du terrain, mais le système reste très fortement dépendant du gaz naturel et des ressources énergétiques importées.

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