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Fathi Msalmi : « La STEG avait alerté dès 2024, les autorités n’ont pas réagi… Pourquoi accuser les agents ?! »

Les agents de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) ne doivent pas être tenus responsables des coupures électriques qui se multiplient à travers le pays. C’est le message porté par Fathi Msalmi, secrétaire général de la Fédération générale de l’électricité et du gaz. Il estime que la crise actuelle résulte avant tout d’un déficit de production anticipé depuis plusieurs années.

Dans une déclaration exclusive accordée à L’Économiste Maghrébin, le responsable syndical affirme que la STEG avait officiellement alerté les autorités de tutelle dès 2024 sur les tensions qui menaçaient l’équilibre du réseau électrique.

« La STEG avait prévenu qu’un déficit d’environ 800 MW était à prévoir. Ces alertes existaient bien avant les coupures que connaît aujourd’hui le pays », assure-t-il.

Il poursuit en soulignant que la vague de chaleur n’a fait qu’accélérer une crise déjà prévisible. Lors des pics de consommation enregistrés cet été, la demande nationale aurait atteint près de 5 800 MW. Tandis que les capacités de production disponibles ne dépassaient pas environ 4 200 MW.

Dans ces conditions, la STEG n’avait, estime-t-il, d’autre choix que de procéder à des délestages pour préserver la stabilité du réseau. « Sans ces coupures tournantes, le pays aurait pu connaître un black-out généralisé », explique-t-il.

Des alertes restées sans suite

Pour Fathi Msalmi, l’origine de la crise réside dans le retard accumulé dans le renforcement des capacités de production. Malgré les avertissements adressés aux autorités, les investissements nécessaires n’auraient pas été engagés à temps pour accompagner la progression de la consommation nationale.

Il rappelle que la dernière grande centrale intégrée au réseau est Radès C, mise en service progressivement entre 2020 et 2021. Depuis, plusieurs projets destinés à accroître les capacités de production ont été annoncés, sans permettre de combler le déficit devenu aujourd’hui critique.

Le responsable syndical évoque notamment un programme prévoyant l’ajout d’environ 1 200 MW de nouvelles capacités, dont la mise en œuvre reste, dixit l’intéressé, insuffisante face à l’évolution des besoins.

En outre, la Fédération générale de l’électricité et du gaz avait également attiré l’attention des pouvoirs publics lors des négociations sociales de juillet 2025. Appelant ainsi à accélérer les investissements et à renforcer le rôle de la STEG, notamment dans le développement des énergies renouvelables.

« Les agents ne doivent pas servir de boucs émissaires »

Face aux critiques suscitées par les coupures, Fathi Msalmi défend les agents de la STEG. Ils assurent, relève-t-il, la continuité du service public dans un contexte particulièrement difficile.

« Les agents ne doivent pas payer le prix de l’absence de réaction des autorités », insiste-t-il. Tout en estimant qu’ils mettent en œuvre les moyens techniques disponibles pour éviter un effondrement complet du système électrique.

Au final, le secrétaire général de la Fédération générale de l’électricité et du gaz conclut que la crise actuelle rappelle l’urgence d’une stratégie énergétique fondée sur l’anticipation, le renforcement des capacités de production et une implication accrue de la STEG dans les projets de transition énergétique. Et ce, afin d’éviter que les tensions observées cet été ne deviennent récurrentes.

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Canicule : La Tunisie peut-elle vraiment connaître un black-out électrique ?

Les coupures d’électricité qui touchent plusieurs régions de la Tunisie depuis plusieurs jours alimentent les inquiétudes des citoyens. Face à une consommation record provoquée par la canicule, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a recours à des délestages pour préserver la stabilité du réseau. Mais ces coupures signifient-elles que le pays est au bord d’un black-out ? Et pourquoi les habitants rapportent-ils parfois des interruptions bien plus longues que celles annoncées officiellement ?

Les délestages sont-ils le signe d’un black-out imminent ?

Depuis le début de la vague de chaleur, les températures dépassent régulièrement les 45°C dans plusieurs régions, entraînant une utilisation massive des climatiseurs.

Selon le président-directeur général de la STEG, Fayçal Trifa, la puissance appelée a atteint environ 5000 MW aux heures de pointe, soit près de 30% de plus que le niveau habituel. Pour éviter une surcharge du réseau, la STEG a mis en place des délestages tournants dans plusieurs gouvernorats.

Lire aussi : Alors que les coupures se multiplient, le PDG de la STEG appelle les citoyens à la rationalisation de la consommation

Le responsable de la STEG a expliqué que ces coupures, destinées à éviter un black-out, ne dépassaient généralement pas une heure.

Sur le plan technique, cette stratégie est couramment utilisée par les gestionnaires de réseaux électriques : en réduisant temporairement la consommation dans certaines zones, ils cherchent à préserver l’équilibre entre la production et la demande et à éviter une panne généralisée beaucoup plus difficile à résorber.

À ce stade, aucune communication officielle n’indique que la Tunisie se soit trouvée au bord d’un black-out national.

Des coupures d’une heure annoncées… mais une réalité parfois bien différente

C’est toutefois sur ce point que les témoignages de nombreux citoyens divergent de la communication officielle.

Dans plusieurs régions, notamment à Gabès, La Manouba, Bizerte ou encore Sfax, des habitants ont rapporté des coupures ayant duré plusieurs heures, parfois entre quatre et six heures, voire davantage dans certains quartiers.

Dans d’autres cas, plusieurs interruptions successives se sont produites au cours de la même journée, portant la durée cumulée sans électricité à plusieurs heures.

La STEG n’a pas publié de bilan détaillé indiquant, région par région, la durée réelle des interruptions ni les raisons techniques expliquant ces écarts.

Lire aussi : L’été 2026, début d’une nouvelle ère énergétique pour les Tunisiens

Une distinction importante doit cependant être faite. La durée d’une heure évoquée par le PDG peut concerner le délestage programmé lui-même. En pratique, une panne locale, un incident sur le réseau ou des difficultés lors de la remise sous tension peuvent prolonger l’absence d’électricité bien au-delà de cette durée.

Faute de données détaillées, il est aujourd’hui impossible de déterminer, pour chaque localité, quelle part des longues coupures relève du délestage programmé et quelle part résulte d’autres incidents techniques.

Pourquoi la consommation atteint-elle des niveaux records ?

La principale explication réside dans la généralisation de la climatisation. Selon les données de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), la Tunisie compte aujourd’hui près de 2,7 millions de climatiseurs, soit près d’un million de plus qu’il y a cinq ans. Plus d’un ménage sur deux possède désormais au moins un appareil.

Toujours selon l’ANME, ces équipements représentent environ 18 % de la consommation électrique des ménages mais près de 50 % de la demande enregistrée lors des pics estivaux. Cette évolution explique en grande partie les records de consommation observés chaque été.

Lire aussi : Canicule : Le boom des climatiseurs met en lumière les limites du réseau électrique

Une forte dépendance au gaz naturel

Le système électrique tunisien reste également très dépendant du gaz naturel. Selon le dernier bilan énergétique officiel, environ 94 % de l’électricité produite dans le pays provient encore du gaz, tandis que les énergies renouvelables représentent près de 6 % du mix électrique.

Cette dépendance réduit les marges de manœuvre lors des pics de consommation, d’autant que les possibilités d’importation d’électricité restent limitées lorsque les pays voisins connaissent eux aussi une forte demande liée à la chaleur.

Les investissements permettront-ils d’éviter une nouvelle crise ?

Pour renforcer son réseau, la Tunisie a engagé plusieurs projets de modernisation, notamment à travers le programme TEREG, soutenu par la Banque mondiale.

Ce programme doit permettre d’améliorer la fiabilité du réseau et de faciliter l’intégration de nouvelles capacités solaires et éoliennes au cours des prochaines années.

Ces investissements devraient progressivement renforcer la résilience du système électrique tunisien. Ils ne permettront toutefois pas de répondre immédiatement aux tensions provoquées par les vagues de chaleur exceptionnelles.

Ce que l’on sait… et ce que l’on ignore encore

Les informations disponibles confirment que la Tunisie connaît une consommation électrique historique sous l’effet de la canicule et que les délestages visent à éviter une panne généralisée du réseau. En revanche, plusieurs questions demeurent sans réponse.

La STEG n’a notamment pas publié la puissance réellement disponible au moment des pics de consommation, ni un bilan détaillé des coupures effectivement subies par chaque région.

Cette transparence permettrait de mieux comprendre si les longues interruptions signalées dans certaines localités résultent uniquement du délestage programmé ou d’autres difficultés techniques rencontrées sur le réseau.

À l’heure actuelle, une chose apparaît néanmoins clairement : si le black-out national ne s’est pas produit, les événements de ces derniers jours montrent que le système électrique tunisien est soumis à une pression inédite lors des épisodes de chaleur extrême.

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Crise électrique: après 6 jours d’incertitude, la FTTH dénonce l’opacité et l’improvisation communicationnelle de la Steg

La Fédération Tunisienne du Textile et de l’Habillement (FTTH) exprime, au nom de ses adhérents et de l’ensemble du tissu manufacturier exportateur, sa vive préoccupation face à la gestion de la crise électrique qui frappe le pays depuis maintenant six jours consécutifs. Ce qui devait rester un dispositif exceptionnel et temporaire s’installe dans la durée, sans qu’aucune visibilité fiable ne soit offerte aux opérateurs économiques.

Sur le terrain, les entreprises industrielles ne savent plus comment organiser leur activité. Les coupures se succèdent de façon anarchique, sans calendrier stable ni fenêtres horaires respectées, touchant indifféremment le jour et la nuit. Cette imprévisibilité rend impossible toute planification de la production, expose les équipements sensibles à des dommages matériels, et désorganise des chaînes de valeur entières, en particulier dans les industries à process continu comme le textile, l’agroalimentaire ou la mécanique.

Les conséquences dépassent largement le cadre national. Nos partenaires et clients internationaux, en particulier les grandes marques et donneurs d’ordre qui font de la Tunisie une base de production stratégique, observent cette situation avec une inquiétude croissante. La fiabilité de la Tunisie comme destination industrielle, patiemment construite depuis des décennies, est directement mise à l’épreuve par cette instabilité énergétique et par le déficit d’information qui l’entoure.

L’impact socioéconomique de cette crise est d’ores et déjà catastrophique : arrêts de production, surcoûts financiers, pertes de commandes, dégradation de la compétitivité et, in fine, risque pour l’emploi dans des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre. Ce constat est partagé par l’ensemble des filières industrielles du pays.

Face à cette situation, la FTTH constate que la STEG persiste à communiquer de manière approximative et arbitraire. Les avis publiés sont tardifs, non définitifs, régulièrement révisés dans la journée, et ne permettent à aucune entreprise de s’organiser en amont. L’absence d’un calendrier fiable, d’une cartographie précise et stabilisée des zones concernées, et d’un canal d’information dédié aux opérateurs économiques, transforme une crise technique en crise de confiance.


La FTTH demande, avec insistance :

  • La mise en place immédiate d’un dispositif d’information dédié aux entreprises industrielles, avec un calendrier prévisionnel fiable et des délais de préavis suffisants.

  • Un traitement prioritaire et différencié des zones et parcs industriels, afin de préserver la continuité des lignes de production les plus sensibles ;

    Une communication institutionnelle transparente, régulière et cohérente, à la hauteur de la gravité de la situation et du rôle stratégique de l’industrie exportatrice.

  • L’ouverture sans délai d’un dialogue structuré entre la STEG, les ministères concernés et les fédérations sectorielles, pour bâtir des solutions de court et moyen terme.

  • La FTTH réaffirme sa disponibilité totale pour contribuer, de manière constructive, à la recherche de solutions durables face à cette crise énergétique. Mais elle ne peut se satisfaire d’une gestion qui fait porter aux entreprises, à leurs salariés et à la réputation internationale de la Tunisie, le poids d’une improvisation qui aurait pu, et dû, être évitée.

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Photovoltaïque en Tunisie : Le paradoxe des panneaux solaires face aux coupures STEG

Alors que les coupures d’électricité relancent le débat sur la sécurité énergétique en Tunisie, une question revient chez de nombreux ménages équipés de panneaux photovoltaïques : pourquoi ces installations cessent-elles de fonctionner lorsque le courant du réseau disparaît ? La réponse tient au modèle actuel d’intégration du solaire résidentiel, basé principalement sur l’injection de l’électricité produite dans le réseau de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), sans système de stockage associé.

Contrairement à une idée largement répandue, disposer de panneaux solaires ne signifie donc pas disposer automatiquement d’une source d’électricité autonome en cas de délestage.

Un système rentable mais totalement dépendant du réseau

Le développement du photovoltaïque résidentiel en Tunisie repose essentiellement sur un mécanisme d’injection réseau. L’électricité produite par les panneaux est directement transférée vers le réseau public, tandis que le foyer continue d’être alimenté par la STEG selon un principe de compensation entre l’énergie injectée et celle consommée.

Ce modèle a permis à de nombreux ménages d’adopter l’énergie solaire et de réduire leur facture énergétique. Mais il présente une limite majeure : l’installation reste techniquement liée au fonctionnement du réseau national.

Lire aussi : Canicule : Le boom des climatiseurs met en lumière les limites du réseau électrique

En cas de coupure, même si les panneaux continuent de produire de l’électricité grâce au soleil, cette énergie ne peut pas être utilisée directement par l’habitation.

Pourquoi les panneaux se coupent-ils pendant un délestage ?

La raison est avant tout liée à la sécurité. Les onduleurs équipant les installations photovoltaïques raccordées au réseau sont conçus pour détecter immédiatement la disparition du signal électrique provenant de la STEG et se déconnecter automatiquement.

Ce mécanisme, appelé protection anti-îlotage, est obligatoire pour éviter qu’une installation solaire continue d’alimenter une ligne supposée hors tension. Il protège notamment les techniciens intervenant sur le réseau lors des opérations de maintenance.

Lire aussi : Tunisie : Pourquoi la STEG multiplie les coupures d’électricité

Conséquence : lorsqu’une coupure survient, le foyer équipé de panneaux photovoltaïques se retrouve généralement privé d’électricité comme n’importe quel autre abonné.

Le stockage, prochaine étape du solaire résidentiel

Face à la multiplication des tensions sur le réseau électrique et à la hausse de la demande durant les périodes de forte chaleur, le stockage résidentiel apparaît comme une évolution majeure du modèle actuel.

L’association de batteries et d’onduleurs hybrides permettrait aux ménages de conserver une partie de l’électricité produite durant la journée et de continuer à alimenter certains équipements essentiels en cas de coupure.

Au-delà du confort des particuliers, cette évolution pourrait également contribuer à réduire la pression sur le réseau national en permettant un meilleur lissage de la consommation lors des pics de demande.

Pour la Tunisie, qui cherche à accélérer son développement dans les énergies renouvelables, le défi n’est donc plus seulement d’installer davantage de panneaux solaires, mais de construire un modèle capable d’offrir davantage de résilience énergétique aux consommateurs.

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Canicule : Le boom des climatiseurs met en lumière les limites du réseau électrique

Alors que les délestages alimentent une vive colère dans plusieurs régions du pays en pleine vague de chaleur, l’Agence TAP a relayé, vendredi 17 juillet, les déclarations du directeur de l’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment à l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME). Le responsable y met en lumière la progression spectaculaire du nombre de climatiseurs en Tunisie et leur poids grandissant dans la consommation électrique des ménages, au moment où la gestion du réseau électrique national fait l’objet de nombreuses critiques.

Selon les dernières données de l’ANME, les climatiseurs sont désormais le deuxième équipement électroménager le plus énergivore dans les foyers tunisiens, derrière le réfrigérateur. Une évolution qui reflète la forte augmentation du nombre d’appareils installés ces dernières années et qui accentue la pression sur le réseau électrique, notamment lors des épisodes de canicule.

Lire aussi : Canicule : 26°C, le réglage qui fait baisser la consommation d’électricité

Près d’un million de climatiseurs supplémentaires en cinq ans

La dernière étude réalisée en 2024 par l’ANME et la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) montre un changement important des habitudes de consommation. Alors qu’ils occupaient la troisième place en 2019, les climatiseurs représentent désormais près de 18% de la consommation électrique des ménages.

Cette hausse s’explique principalement par l’installation d’environ un million de climatiseurs supplémentaires en l’espace de cinq ans. Le parc national atteint aujourd’hui 2,7 millions d’appareils, tandis que plus d’un foyer tunisien sur deux est désormais équipé d’au moins un climatiseur.

Lire aussi : Tunisie : Pourquoi la STEG multiplie les coupures d’électricité

La climatisation représente la moitié du pic estival

Pour Abdelkader Baccouche, directeur de l’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment à l’ANME, cette généralisation de la climatisation a un impact direct sur les besoins en électricité pendant l’été.

À elle seule, la climatisation résidentielle représente près de 50% de la pointe de consommation électrique estivale, laquelle avait atteint 4,8 gigawatts en juillet 2024. Lors des vagues de chaleur, le fonctionnement simultané de millions d’appareils exerce une forte pression sur le réseau électrique national et contribue à l’augmentation des besoins en énergie.

Cet été, la consommation d’électricité a bondi d’environ 30%, atteignant près de 5000 mégawatts (MW) aux heures de pointe et face à une capacité de production maximale de production de la STEG estimée à 4630 MW et donc insuffisante, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) est contrainte de recourir à des coupures tournantes.

Si le réfrigérateur demeure l’équipement le plus énergivore des foyers tunisiens, sa part est passée de plus de 45% à environ 36%, illustrant la montée en puissance de la climatisation dans la consommation domestique.

Ces données sont issues d’un suivi mené depuis plus de vingt ans par la STEG et l’ANME afin d’observer l’évolution des usages énergétiques des ménages. Elles interviennent dans un contexte particulièrement sensible, marqué par une succession de coupures d’électricité et une demande record liée aux températures exceptionnellement élevées enregistrées ces derniers jours en Tunisie.

Ces chiffres relancent surtout le débat sur l’adaptation du système électrique tunisien face à la généralisation de la climatisation et à la multiplication des vagues de chaleur. La capacité du réseau à absorber les pics de consommation estivaux est désormais au cœur des interrogations, dans un contexte marqué par plusieurs délestages.

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Ibrahim Debache : « Le défi n’est plus le véhicule électrique, mais l’infrastructure qui l’accompagne »

1 504 véhicules électriques vendus en six mois : le marché décolle-t-il vraiment, ou l’infrastructure de recharge freine-t-elle encore l’élan ? Ibrahim Debache, président de la Chambre syndicale des concessionnaires et constructeurs automobile, répond à ces questions et bien d’autres. En revanche, nous avons tenté, en vain, d’avoir des témoignages d’autres acteurs du secteur, nomment celui de l’ANME. Entretien.

Avec 1 504 véhicules électriques vendus en seulement six mois, peut-on parler d’un véritable décollage du marché, ou cette croissance reste-t-elle fragile tant que l’infrastructure de recharge n’a pas suivi le rythme de la demande ?

On peut effectivement parler d’un signal fort et d’un début de décollage du marché des véhicules électriques en Tunisie. Il y a quelques années encore, les ventes étaient marginales et les consommateurs manifestaient beaucoup de réserves. Aujourd’hui, nous observons un changement de comportement, porté par la hausse du coût des carburants, la baisse progressive des prix de certains modèles, un nombre croissant de marques et de modèles mis sur le marché et une meilleure connaissance de cette technologie.

Toutefois, il convient de rester prudent. Le développement durable du marché dépend de plusieurs conditions. L’infrastructure de recharge constitue aujourd’hui le principal défi. Le consommateur ne se limite pas à l’acte d’achat ; il veut être rassuré sur sa capacité à recharger son véhicule facilement, aussi bien à domicile que lors de ses déplacements. Même si les statistiques sur d’autres marchés démontrent que la recharge à domicile reste le principal mode de recharge et que chaque véhicule vendu est équipé d’une borne de recharge.

L’infrastructure doit désormais accompagner cette dynamique. Nous devons éviter que l’avance de la demande sur l’offre de services de recharge ne crée une forme d’attentisme chez les futurs acheteurs et notamment auprès des professionnels de la route.

L’enjeu concerne donc simultanément trois éléments, à savoir le développement du réseau de bornes publiques ; l’équipement des entreprises, centres commerciaux et parkings ; et l’encouragement à l’installation de solutions de recharge domestique.

Le véhicule électrique n’est plus une technologie d’avenir ; il est devenu une réalité. La question est désormais celle de la vitesse d’adaptation de l’écosystème.

 

Les avantages fiscaux et douaniers actuels suffisent-ils à démocratiser la voiture électrique auprès du grand public ?

La bonne nouvelle est que le marché a démontré qu’il existait une demande réelle, encouragée par l’amélioration de la compétitivité des VE accentuée par les avantages fiscaux conséquents. En effet, les mesures actuelles ont incontestablement joué un rôle d’accélérateur. Sans les avantages fiscaux et douaniers accordés aux véhicules électriques, le marché n’aurait probablement pas connu la croissance observée aujourd’hui. Ce à quoi il faut rajouter que de nouveaux agréments de concessionnaires sont octroyés uniquement pour l’importation de véhicules électriques ou hybrides et  ainsi que le fait que les VE importés par les concessionnaires sont hors quota et donc non limité à la différence des véhicules à Carburant (ICE) ou véhicules hybrides.

Cependant, ces incitations ne suffisent pas  pour atteindre une véritable démocratisation. Le véhicule électrique demeure encore inaccessible pour une grande partie des ménages tunisiens, notamment en raison du prix d’acquisition initial qui reste élevé; malgré les avantages accordés, la baisse des prix des constructeurs et un plus grand choix de marques et de modèles distribués.

La prochaine étape consiste donc à élargir l’accès au véhicule électrique plutôt qu’à simplement favoriser son introduction sur le marché.

Plusieurs leviers peuvent être envisagés : des mécanismes de financement dédiés avec des conditions préférentielles ; des incitations supplémentaires pour les particuliers et les flottes d’entreprises ; le développement d’un marché de véhicules électriques d’occasion certifiés ; et des mesures favorisant le renouvellement du parc automobile vieillissant, notamment auprès des grands rouleurs (taxis, voitures de location, etc.).

Par ailleurs, il est important de rappeler qu’une partie significative de la demande automobile est aujourd’hui satisfaite par des circuits parallèles, avec les risques y afférents (sécurité, garantie, vices cachés).

Cette réalité traduit avant tout un problème d’accessibilité économique. Plus l’offre formelle sera compétitive et accessible, plus elle pourra attirer les consommateurs vers les réseaux officiels qui garantissent sécurité, traçabilité, service après-vente et respect des normes. L’objectif n’est donc pas seulement de vendre davantage de véhicules électriques, mais de rendre la mobilité moderne accessible au plus grand nombre.

La Tunisie peut-elle devenir un hub régional de la mobilité électrique ?

La Tunisie dispose déjà d’une industrie de composants automobiles performante et fortement intégrée aux chaînes de valeur européennes. L’essor mondial de l’électromobilité et de la micro-mobilité tout particulièrement, pourrait ouvrir de nouvelles perspectives industrielles pour les équipementiers tunisiens et les start-ups tunisiennes ?

Cette question permettrait de mettre en avant les opportunités industrielles, de création d’emplois, d’accélération de l’exportation de et l’amélioration de l’attractivité du pays.

Quel pourrait être l’impact environnemental réel attendre du véhicule électrique en Tunisie ?

Les bénéfices environnementaux de la voiture électrique dépendent également de l’évolution du mix énergétique national et du développement des énergies renouvelables.

Et comment les concessionnaires automobiles se préparent-ils à accompagner la transition vers l’électromobilité en matière de formation, d’après-vente, de maintenance et de conseil aux consommateurs ? Cette question est particulièrement intéressante car elle permet de valoriser le rôle de la profession et de l’importance de favoriser le marché officiel.

Le parc automobile tunisien est-il prêt pour cette transition ?

Avec un âge moyen relativement élevé du parc roulant, la voiture électrique peut-elle devenir un levier de renouvellement et de modernisation du parc automobile national ?

Pour résumer : la progression des véhicules électriques en Tunisie n’est plus une tendance marginale mais le début d’une transformation profonde de la mobilité. Le défi aujourd’hui n’est plus de convaincre les consommateurs, mais d’accélérer simultanément le développement de l’infrastructure, du financement et de l’écosystème industriel afin que cette transition bénéficie à l’ensemble de l’économie tunisienne.

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Škoda Peaq : le nouveau vaisseau amiral électrique de la marque

Avec le Peaq, Škoda franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d’électrification. Premier grand SUV 100% électrique de la marque, ce nouveau modèle à sept places devient le nouveau porte-étendard de la gamme zéro émission du constructeur tchèque. Il mise sur une autonomie supérieure à 640 kilomètres, un habitacle spacieux, des technologies inédites et un...

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Škoda lève le voile sur le Peaq, son futur grand SUV électrique

À quelques jours de sa présentation officielle, Škoda Auto dévoile les premières esquisses extérieures du Peaq, son futur SUV 100% électrique à sept places. Appelé à devenir le nouveau vaisseau amiral du constructeur tchèque, ce modèle inaugure une nouvelle étape dans la stratégie d’électrification de la marque et adopte les codes du langage stylistique «...

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