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Pénuries d’eau et coupures de courant : La Tunisie face au risque d’une crise d’image ?

Ce qui, il y a quelques semaines encore, pouvait être perçu comme une succession de difficultés locales est désormais devenu un sujet suivi par la presse internationale. Coupures d’électricité, interruptions de l’approvisionnement en eau, pénurie d’eau en bouteille et températures extrêmes : la crise vécue par les Tunisiens durant l’été 2026 a franchi les frontières et commence à poser une question beaucoup plus sensible pour le pays : quel impact sur l’image de la Tunisie et, surtout, sur son attractivité touristique ?

La multiplication des articles consacrés à la situation tunisienne est révélatrice. Le phénomène n’est plus seulement rapporté par les médias tunisiens. Des médias internationaux comme Le Monde, Associated Press, Reuters, Al Jazeera, le Financial Times ou encore Euronews ont consacré des reportages ou des articles aux conséquences des coupures d’électricité et d’eau.

Le sujet change ainsi de dimension. Il ne s’agit plus uniquement de savoir comment les Tunisiens vivent une période de fortes chaleurs, mais de savoir comment cette situation est perçue depuis l’étranger.

Le Monde : de la crise quotidienne à la crise de l’image

Le Monde a particulièrement documenté la situation. Le 3 août, le quotidien français publiait un reportage consacré à l’impact des coupures d’électricité et d’eau sur le secteur touristique tunisien. Son titre est à lui seul révélateur : « Les touristes viennent ici pour se détendre, mais il devient très difficile de leur offrir cette tranquillité ».

Le choix de cet angle est important. La question n’est plus seulement celle de l’accès aux services publics pour les citoyens. Elle concerne directement l’expérience des visiteurs étrangers.

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Or, dans une destination touristique, l’eau et l’électricité ne sont pas des services secondaires. Ils constituent une partie invisible mais fondamentale du produit touristique : climatisation, douches, piscines, restaurants, hôtels, réfrigération des aliments, fonctionnement des équipements et confort général.

Quelques semaines plus tard, Le Monde est revenu sur la crise avec un article publié le 1er septembre consacré à la pénurie d’eau en bouteille. Le quotidien français décrit des rayons vides, des files d’attente et des consommateurs cherchant désespérément à s’approvisionner. Il souligne également que la situation a été aggravée par les coupures d’électricité qui ont perturbé la production dans les usines d’embouteillage.

Le détail est loin d’être anodin : le reportage évoque notamment une vidéo tournée à Hammamet, l’une des principales stations balnéaires du pays, montrant une altercation autour de la vente d’eau.

Autrement dit, même les lieux associés à l’image touristique de la Tunisie se retrouvent désormais présents dans les récits internationaux consacrés aux pénuries.

Quand la crise devient une histoire internationale

Le Monde n’est pas le seul média à avoir porté cette situation à l’attention d’un public international. Associated Press a également décrit un été marqué par des températures pouvant atteindre 50 °C, des pénuries d’eau et d’électricité et une montée de la colère sociale. L’agence américaine explique notamment que les coupures d’électricité ont affecté les stations de pompage de l’eau et le fonctionnement des usines.

Al Jazeera a, de son côté, consacré un reportage à la situation en reliant directement les températures extrêmes aux difficultés d’approvisionnement en eau et aux tensions sur le système électrique tunisien.

Le Financial Times a également analysé les coupures comme un problème dépassant la simple conséquence de la canicule. Le quotidien britannique a mis en avant l’état du réseau électrique, les difficultés d’investissement et les conséquences économiques et sociales des délestages.

Le phénomène est donc particulièrement significatif : plusieurs médias internationaux, avec des lignes éditoriales et des publics très différents, convergent désormais sur le même récit.

Une nouvelle image de la Tunisie ?

C’est là que se trouve l’enjeu pour la destination. La Tunisie vend à l’étranger une promesse touristique fondée notamment sur le soleil, la mer, les plages, les hôtels et le dépaysement. Mais la même chaleur qui constitue un argument touristique devient désormais une source de vulnérabilité lorsqu’elle s’accompagne de coupures d’électricité et de problèmes d’approvisionnement en eau.

Le paradoxe est brutal : le soleil est l’un des principaux atouts de la destination, mais les températures extrêmes peuvent simultanément mettre sous pression les infrastructures nécessaires à l’accueil des touristes.

Lire aussi : Tunisie : Août est fini, les délestages maintenus et le calvaire se prolonge après l’été

Une panne d’électricité de quelques heures n’a évidemment pas le même impact pour un habitant que pour un hôtel accueillant plusieurs centaines de touristes. Dans un établissement touristique, une coupure peut affecter la climatisation, les ascenseurs, les systèmes de pompage, les chambres froides, les cuisines, les piscines ou encore les équipements sanitaires.

Pour un touriste étranger, notamment dans un hôtel quatre ou cinq étoiles, l’accès permanent à l’eau constitue une attente élémentaire. La répétition des coupures peut donc transformer un incident technique en mauvaise expérience touristique.

Le risque n’est pas forcément une chute immédiate des arrivées

Il faut toutefois éviter une conclusion trop rapide : la médiatisation internationale de la crise ne signifie pas automatiquement que la Tunisie va connaître une baisse de ses arrivées touristiques.

Le tourisme dépend de nombreux facteurs : prix, proximité géographique, climat, qualité des plages, infrastructures hôtelières, sécurité, connectivité aérienne et perception générale de la destination.

La Tunisie conserve des avantages considérables, notamment pour les marchés européens. Une partie importante des touristes réserve également ses vacances plusieurs mois à l’avance, et une crise estivale ponctuelle ne suffit pas nécessairement à modifier immédiatement les flux.

Mais le véritable danger pourrait être ailleurs : dans l’évolution progressive de la perception de la destination.

Si les articles sur les coupures d’eau, les pénuries et les problèmes d’électricité continuent à se multiplier, la question pourrait finir par s’installer dans l’esprit des voyageurs et des professionnels du tourisme.

Le problème de la réputation

Dans le tourisme contemporain, l’image d’une destination se construit autant sur les réseaux sociaux que dans les brochures des agences de voyages.

Une photographie d’une plage tunisienne peut promouvoir la destination auprès de millions de personnes. Mais une vidéo montrant des touristes confrontés à une coupure d’eau ou des files d’attente pour acheter des bouteilles peut circuler tout aussi rapidement.

C’est précisément ce qui rend la situation actuelle différente des crises précédentes. Les touristes ne sont plus seulement des consommateurs de l’information produite par les médias traditionnels. Ils produisent eux-mêmes des images, publient leurs expériences et peuvent transformer un incident local en contenu viral.

La pénurie d’eau en bouteille fournit un exemple particulièrement parlant. Le Monde rapporte que des images de tensions entre consommateurs et commerçants ont circulé sur les réseaux sociaux.

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Le FTDES avertit contre une crise globale en Tunisie

Les interruptions répétées de la distribution d’eau et d’électricité, la hausse du coût de la vie et la détérioration des services publics risquent d’alimenter une crise sociale de plus en plus profonde en Tunisie, au point de menacer «la sécurité et la paix sociale».

C’est l’alerte lancée par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), qui demande aux autorités de prendre des mesures urgentes pour répondre au malaise croissant de la population.

Dans un communiqué publié le 30 août 2026, l’ONG évoque une «crise sociale structurelle» qui ne peut plus être réduite à des urgences ponctuelles. Elle pointe du doigt les difficultés d’approvisionnement en eau potable et minérale, les coupures d’électricité, la perte de pouvoir d’achat, le chômage et la précarité économique, la dégradation des services publics ainsi que l’aggravation des problèmes environnementaux.

Le FTDES critique ce qu’il considère comme une réponse insuffisante des autorités et dénonce un fossé grandissant entre le discours officiel et les difficultés vécues au quotidien par les citoyens.

Parmi les revendications figurent la garantie de la continuité de la fourniture d’eau et d’électricité, des interventions pour contenir la hausse du coût de la vie et des mesures assurant la disponibilité des produits de base, notamment à la veille de la rentrée scolaire, période synonyme de nouvelles dépenses pour les familles.

Le FTDES réclame par ailleurs le respect des libertés publiques ainsi que la reprise du dialogue entre les institutions, les organisations sociales, la société civile et les citoyens.

Selon le Forum, le fait de continuer à différer des réponses concrètes pourrait entraîner une «dangereuse dérive sociale».

L’initiative incombe aux institutions de l’État, souligne l’organisation, et «en premier lieu à la présidence de la République».

Cette mise en garde intervient au terme d’un été particulièrement éprouvant pour le pays, marqué par des températures exceptionnellement élevées et des perturbations fréquentes des réseaux d’eau et d’électricité.

D’après l’Observatoire social tunisien du FTDES, 1 101 mouvements de protestation ont été recensés en juillet, contre 867 en juin. Pas moins de 678 mobilisations — soit 61,6 % du total — étaient liées aux problèmes d’accès à l’eau et aux coupures d’électricité.

Le mécontentement a également gagné le Parlement : 56 députés de l’Assemblée des représentants du peuple ont demandé la convocation d’une séance plénière extraordinaire durant la pause estivale, afin de discuter avec le gouvernement des interruptions de services essentiels, de la hausse des prix, de la perte de pouvoir d’achat et des difficultés d’approvisionnement en certains produits. Sur le plan politique, le président Kaïs Saïed a affirmé ces derniers jours que des enquêtes avaient établi que certaines coupures d’eau et d’électricité enregistrées dans le pays ne résultaient pas de pannes ordinaires, mais d’«actes prémédités» visant, selon lui, à attiser les tensions dans le pays.

Plus que les souffrances quotidiennes qu’ils endurent, c’est ce déni de la réalité de a part du pouvoir exécutif qui révolte désormais les Tunisiens, dont la parole critique s’est totalement relâchée sur les réseaux sociaux.

I. B.  

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Tunisie | Pour le CRLDHT, l’Etat est garant de la vie des détenus

Dans le communiqué reproduit ci-dessous, publié le 30 août 2026 à Paris, le Centre pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a évoqué les effets désastreux de la canicule, de la surpopulation, des coupures d’eau et d’électricité, qui ont provoqué des décès dans les prison. «L’État doit garantir la vie des personnes qu’il détient», affirme l’organisation de défense des droits humains.

Le CRLDHT tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à la situation extrêmement grave qui prévaut dans les prisons tunisiennes.

Depuis plusieurs mois, les décès de personnes détenues dans des circonstances suspectes ou insuffisamment élucidées se multiplient. À cette crise ancienne s’est ajoutée, durant l’été 2026, une succession de vagues de chaleur exceptionnelles, accompagnées dans plusieurs régions de coupures d’eau et d’électricité, alors que le système pénitentiaire connaît déjà une surpopulation massive, des infrastructures dégradées et des difficultés persistantes d’accès aux soins.

Dans son alerte du 24 juillet 2026, le CRLDHT avait averti que la combinaison de la canicule, du manque d’eau, des coupures d’électricité, du défaut d’aération et de la surpopulation faisait peser une menace directe sur la vie et l’intégrité physique des personnes détenues. Des familles ont depuis fait état de malaises, d’évanouissements, de retards dans l’accès aux soins et de cellules transformées en véritables étuves.

La canicule n’a pas créé la crise carcérale. Elle en a révélé la dangerosité.

Selon les données publiées par l’association Intersection, les prisons tunisiennes accueilleraient aujourd’hui plus de 33 000 détenus pour une capacité officielle d’environ 17 000 places, soit un taux d’occupation proche de 194 %. La population carcérale serait passée de 23 000 personnes en 2022 à plus de 33 000 en 2025. Dans certains établissements, la situation est encore plus critique : 251 % d’occupation à Kairouan, 210 % à Mornaguia, 209 % à Gabès et 200 % à Sfax.

Dans huit prisons, l’espace disponible ne dépasserait pas deux mètres carrés par détenu, tandis que les sanitaires, les douches, l’accès aux produits d’hygiène et aux soins sont largement insuffisants.

Dans de telles conditions, lorsque les températures approchent ou dépassent 45 à 50 °C, la chaleur devient un risque vital.

Des morts qui exigent des réponses

Le décès de Hamza Dridi, 33 ans, détenu à Borj El Amri, est particulièrement alarmant. Selon le témoignage de sa mère recueilli par Nawaat, il lui avait confié lors de sa dernière visite que l’eau avait été coupée pendant quatre jours consécutifs, l’empêchant, comme les autres détenus, de se laver ou de se rafraîchir malgré la chaleur extrême. Peu après cette conversation, il aurait été placé en cellule disciplinaire. Cinq jours plus tard, le 22 juillet, il décédait. Il n’avait pas encore été jugé et, selon sa famille, ne souffrait d’aucune pathologie connue. Le rapport d’autopsie n’avait pas encore été rendu public.

À la prison civile de Gabès, deux détenus sont également morts : Ali Bejaoui et Ali Ben El Tijani Ben Mohamed El Mansi. La LTDH a qualifié ces décès de «suspects». La famille de ce dernier affirme avoir constaté des contusions et une fracture au niveau du cou après la restitution du corps.

Surtout, la section de Gabès de la LTDH dit avoir recueilli des témoignages concordants faisant état de coupures récurrentes d’eau et d’électricité, de surpopulation extrême et d’épisodes d’étouffement parmi les détenus.

À Messadine, Salem Karmous, Franco-Tunisien, est décédé le 19 juillet. Son père affirme avoir constaté des traces de violence et d’agression sur son corps. Ici encore, seule une enquête indépendante peut déterminer les causes du décès et établir les responsabilités.

Ces morts s’inscrivent dans une série plus large. L’OMCT avait déjà documenté treize morts suspectes entre mai 2025 et avril 2026, sans compter celles survenues pendant la canicule.

Fin août, un détenu est également décédé à la prison civile de Gafsa, tandis que deux détenus de Mahdia ont dû être transférés en réanimation dans un contexte de chaleur extrême et de conditions de détention dégradées.

Le 29 août, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins a lancé une nouvelle alerte : elle fait état d’une augmentation sans précédent des décès et des hospitalisations liés aux coups de chaleur, ainsi que de décès de détenus dans plusieurs services d’urgence. Elle souligne en outre que le ministère de la Santé recueille des données sur les décès, les coups de chaleur et les capacités des services de réanimation, mais qu’aucun bilan officiel détaillé n’a encore été rendu public.

Une autre information grave a circulé le 28 août concernant cinq décès dans les prisons du Grand Tunis. Bassem Trifi, président de la LTDH, a indiqué, en citant des sources judiciaires saisies des dossiers, que cinq décès avaient été enregistrés la veille, sans compter d’autres régions.

Le périmètre exact de ces décès et leurs causes doivent encore être établis. Mais c’est précisément pour cette raison que le silence des autorités n’est plus acceptable.

L’État ne peut détenir quelqu’un sans garantir sa vie

Une personne détenue dépend entièrement de l’administration pour l’eau, l’électricité, l’aération, l’alimentation, les médicaments, les soins et le transfert vers un hôpital. Elle ne peut pas quitter sa cellule parce qu’il fait trop chaud ni chercher elle-même de quoi se protéger.

L’État qui prive une personne de liberté assume donc envers elle une obligation particulière de protection.

La peine prononcée par un tribunal est la privation de liberté. Elle ne comprend ni la privation d’eau, ni la chaleur insupportable, ni les violences, ni la négligence médicale, ni l’exposition à un risque mortel évitable.

Le détenu conserve pleinement son droit à la vie, à l’intégrité physique, à l’eau, aux soins, à la dignité et à la protection contre les traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Ouvrir les prisons au contrôle indépendant

    L’administration pénitentiaire affirme disposer de groupes électrogènes, de citernes de secours et de dispositifs permettant d’assurer la continuité de l’approvisionnement en eau et en électricité. Elle affirme également que les détenus sont pris en charge médicalement et transférés vers les hôpitaux lorsque leur état l’exige. Ces affirmations doivent pouvoir être vérifiées.

    Or, au moment même où les décès et les alertes se multiplient, la LTDH rencontre des obstacles pour visiter les établissements pénitentiaires. Une délégation a notamment été empêchée d’accéder à la prison de Messadine le 21 juillet, alors qu’un mémorandum d’entente signé en 2015 avec le ministère de la Justice avait précisément institué un mécanisme de visites indépendantes.

    Si les autorités affirment que les conditions sont conformes au droit, elles doivent ouvrir les prisons au contrôle indépendant.

    Le CRLDHT demande :

    1- la publication immédiate d’un bilan national exhaustif des décès en détention depuis le 1er juillet 2026, établissement par établissement ;

    2- la clarification immédiate des cinq décès signalés fin août dans les prisons du Grand Tunis, avec identification des personnes concernées et des circonstances exactes ;

    3- l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur tous les décès suspects, notamment ceux de Hamza Dridi, Ali Bejaoui, Ali Ben El Tijani Ben Mohamed El Mansi et Salem Karmous.

    4- la communication aux familles des conclusions médico-légales et des rapports d’autopsie, ainsi que l’accès aux dossiers médicaux.

    5- la publication par le ministère de la Santé des données relatives à la canicule : décès, hospitalisations, admissions en réanimation et transferts de détenus.

    6- des mesures d’urgence dans toutes les prisons : accès permanent à l’eau potable, électricité, ventilation, soins médicaux et protection particulière des personnes âgées, malades ou vulnérables ;

    – des inspections indépendantes et inopinées des établissements pénitentiaires ;

    7- la levée immédiate des entraves aux visites de la LTDH et le respect du mémorandum de 2015 ;

    8- l’identification des responsabilités administratives, politiques ou pénales chaque fois qu’une faute, une négligence ou une violence ayant contribué à un décès est établie ;

    9- des mesures urgentes contre la surpopulation carcérale, notamment par un réexamen de la détention provisoire et le développement des alternatives à l’incarcération.

    Les familles ont droit à la vérité.

    Les détenus ont droit à la dignité.

    Et, avant toute chose, ils ont droit à la vie.

    Paris, le 30 août 2026

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    Coupures électriques | Grosses pertes chez les industriels de la volaille  

    Les coupures intempestives d’électricité se poursuivent de manière intermittente dans toute la Tunisie. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) y est acculée parce que la production nationale d’électricité est aujourd’hui en-deçà de la demande. Et rien n’indique que cette situation va s’améliorer dans un avenir proche. En attendant, les citoyens, et notamment les opérateurs économiques, évaluent leurs pertes cumulées et reprochent aux autorités leur manque de planification et d’anticipation.

     Dans ce contexte de crise tous azimuts que vivent les Tunisiens, les éleveurs de volaille annoncent d’énormes pertes subies par leurs élevages en raison des coupures fréquentes d’électricité et des températures record enregistrées depuis la mi-juillet.  Mohamed Ben Hazzaz, un éleveur de volaille de Boukrim, délégation d’El Haouaria, gouvernorat de Nabeul, a fait état, dans une déclaration à Mosaique FM, de la mort de milliers de volailles dans les élevages de cette région réputée pour cette activité qui constitue leur unique source de revenus, selon ses dires.

    M. Ben Hazzaz a expliqué que la situation des agriculteurs s’est aggravée en raison de la flambée des prix des groupes électrogènes à essence, passés de 3 000 à 7 000 dinars. Il a appelé l’État à intervenir pour trouver une solution et «mettre fin aux agissements des commerçants qui monopolisent la vente de ces équipements».

    Il a également déploré l’absence de réaction de la part des responsables du ministère de tutelle ou de la Steg face aux difficultés rencontrées par les éleveurs de volaille. Ces derniers font face à un été caniculaire ayant entraîné la mort d’un grand nombre de volailles dans leurs élevages, ainsi que la panne — par surchauffe due à une utilisation prolongée — de plusieurs groupes électrogènes à essence. Il a qualifié les pertes subies par les industriels de «catastrophiques».

    I. B.

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    Délestage : De nouvelles coupures d’électricité dans plusieurs régions ce lundi

    La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a annoncé de possibles coupures périodiques d’électricité ce lundi 31 août, entre 13h00 et 18h30, dans de nombreuses régions du pays. Le dispositif concerne le Grand Tunis, le Nord, le Nord-Ouest, le Centre, Sfax, le Sud et le Sud-Ouest, avec des interruptions qui seront opérées de manière intermittente selon l’état du réseau et l’équilibre entre production et consommation. La STEG précise que la liste des zones concernées reste susceptible d’évoluer au cours de la journée.

    Un délestage à l’échelle nationale

    La liste communiquée par la STEG couvre une partie très importante du territoire tunisien.

    Dans le Grand Tunis, sont notamment concernés La Goulette, Ben Arous, Mégrine, Sidi Fraj, Ezzahra, Hammam-Lif, El Mourouj, Le Kram, Borj Cédria, les Berges du Lac, les Jardins d’El Menzah, Borj Touil, La Manouba, Aïn Zaghouan, Ennasr et La Soukra.

    Dans le Nord, les zones citées comprennent plusieurs localités du Cap Bon, de Zaghouan et de Bizerte, notamment Hammamet, Nabeul, Korba, Kélibia, El Fahs, Bir Mcherga, Mateur, Menzel Bourguiba et Sejnane.

    Le Nord-Ouest est également concerné, avec notamment Ghardimaou, Nefza, Gaâfour, Oued Meliz, Bou Salem, Testour, Makthar et plusieurs autres localités.

    Du Centre à Sfax

    Plusieurs gouvernorats du Centre figurent également dans la liste, notamment Sousse, Monastir, Mahdia et Kairouan.

    Les zones susceptibles d’être touchées comprennent notamment Ksar Helal, Jemmal, Sahline, Moknine, Chebba, Rejiche, Enfidha, Sidi Bou Ali, Hammam Sousse, M’saken et plusieurs autres secteurs.

    À Sfax, les coupures pourraient notamment concerner Mahres, Agareb, El Amra, Thyna, Sfax Ville, Sfax Ouest, Sfax Sud, Jebeniana, El Hencha, Menzel Chaker, Sakiet Ezzit et Sakiet Eddaïer.

    Le Sud également concerné

    Le dispositif s’étend jusqu’au Sud du pays.

    À Gabès, plusieurs secteurs sont cités, dont Gabès Ville, El Hamma, Ouedhref, El Metouia et Mareth.

    À Djerba, les zones concernées comprennent notamment Midoun, Houmt Souk, Guellala, Aghir et Sedouikech.

    Des localités de Kébili, Tataouine, Médenine, Zarzis et Ben Guerdane figurent également dans la liste.

    Le Sud-Ouest n’est pas épargné, avec plusieurs zones des gouvernorats de Tozeur, Gafsa, Kasserine et Sidi Bouzid.

    Des coupures intermittentes

    La STEG précise qu’il ne s’agit pas d’une coupure générale et continue entre 13h00 et 18h30. Les interruptions seront effectuées à intervalles intermittents, en fonction de l’évolution de la situation du réseau et des impératifs d’équilibrage entre la production et la consommation.

    Le courant pourra également être rétabli sans préavis, ce qui invite les particuliers et les professionnels des zones concernées à prendre leurs précautions.

    La STEG insiste sur le caractère évolutif de la liste publiée. D’autres zones pourraient être ajoutées au cours de la journée si la situation du réseau ou les besoins d’équilibrage l’exigent.

    Ces nouveaux délestages interviennent après plusieurs épisodes similaires enregistrés depuis le début de l’été, alors que les fortes températures continuent de soutenir la demande d’électricité, notamment en raison de l’utilisation intensive de la climatisation.

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    Coupures d’eau, d’électricité : le FTDES tire la sonnette d’alarme

    Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) appelle, dans un communiqué publié dimanche 30 août, les autorités à prendre des mesures urgentes afin de garantir un approvisionnement régulier en eau et en électricité et de mettre fin aux coupures et perturbations récurrentes.

    Dans sont communiqué, l’ONG estime que l’accès à ces deux services publics constitue l’un des besoins les plus fondamentaux de la population et un droit essentiel des citoyens. Il appelle ainsi à une intervention pour mettre un terme aux perturbations qui affectent la population.

    Préserver le pouvoir d’achat à l’approche de la rentrée

    Le Forum a également exhorté les autorités à agir en urgence pour préserver le pouvoir d’achat des Tunisiens, contenir la hausse du coût de la vie et garantir la disponibilité des produits de première nécessité.

    Cette demande intervient alors que la rentrée scolaire approche, une période qui s’accompagne traditionnellement d’une hausse importante des dépenses supportées par les familles.

    Le FTDES appelle, dans ce contexte, les autorités à assumer pleinement leurs responsabilités et à apporter des réponses rapides à la crise, tout en s’attaquant à ses causes profondes plutôt qu’à ses seules manifestations.

    « Des décisions urgentes » pour préserver la paix sociale

    Le Forum met par ailleurs en garde contre les conséquences d’un nouveau retard dans la prise en charge des préoccupations sociales et économiques qui se multiplient. Selon lui, l’absence de réponses concrètes pourrait conduire à une situation susceptible de menacer la sécurité et la paix sociales.

    Pour le FTDES, la conjoncture actuelle exige des décisions urgentes, mais également l’ouverture d’un dialogue sérieux et responsable permettant d’aboutir à des solutions concrètes et applicables.

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    Session extraordinaire : 61 députés signent, la pétition bientôt déposée à l’ARP

    Le nombre de députés réclamant une session parlementaire extraordinaire continue d’augmenter. Ils sont désormais 61 à avoir signé la pétition, contre 56 samedi, tandis que son dépôt officiel à l’Assemblée des représentants du peuple est annoncé pour ce lundi 31 août ou mardi 1er septembre.

    Le député Mohamed Ali, l’un des initiateurs de la démarche, a annoncé dimanche sur Diwan FM que cinq nouveaux élus avaient rejoint l’initiative et que la liste des signataires restait ouverte.

    La pétition devrait être déposée au bureau d’ordre de l’ARP lundi ou mardi, a-t-il précisé. Cette étape sera déterminante : à ce stade, les signatures sont réunies, mais la demande n’a pas encore été officiellement enregistrée et aucune session extraordinaire n’a été convoquée.

    Les signataires veulent consacrer cette session à la situation sociale, économique et aux services publics, dans un contexte marqué notamment par les coupures d’eau et d’électricité, la hausse des prix et les difficultés d’approvisionnement en certains produits.

    Ils évoquent plus largement une dégradation des services essentiels et souhaitent interpeller le gouvernement sur la gestion de ces crises.

    De 56 à 61 députés

    Samedi, la TAP avait fait état de 56 députés signataires. Selon les données du site officiel de l’ARP citées par l’agence, 152 députés sont actuellement en exercice.

    L’article 71 de la Constitution prévoit que, durant les vacances parlementaires, l’Assemblée peut se réunir en session extraordinaire à la demande du président de la République ou du tiers de ses membres, pour examiner un ordre du jour déterminé.

    Avec désormais 61 signataires, l’initiative dépasse plus largement ce seuil numérique.

    Mohamed Ali estime qu’il n’y a « aucun motif » pour ne pas donner suite à la demande une fois celle-ci déposée. Il justifie l’initiative par ce qu’il décrit comme des crises aiguës et multiples traversées par le pays.

    Reste toutefois à distinguer le seuil permettant de demander une session extraordinaire de sa convocation effective.

    Une session, mais avec quelle portée ?

    La démarche ne vise pas seulement à réunir l’Assemblée. Les députés souhaitent également interpeller l’exécutif sur les causes de la dégradation des services essentiels et la répétition des crises.

    Ils proposent d’entendre les responsables concernés, de présenter les données disponibles à l’opinion publique, mais aussi d’examiner les responsabilités politiques et administratives ainsi que les mesures urgentes susceptibles d’être prises.

    Obtenir la réunion de l’Assemblée et peser sur l’action gouvernementale constituent toutefois deux questions différentes.

    La Constitution de 2022 organise les rapports entre les institutions autour d’un exécutif dans lequel le président de la République occupe une place centrale. Son article 100 dispose que le chef du gouvernement et les ministres mettent en œuvre la politique générale de l’État conformément aux orientations et aux choix définis par le président de la République.

    Dans ce cadre, une éventuelle session extraordinaire permettrait surtout aux députés d’interroger publiquement les membres du gouvernement sur les coupures d’eau et d’électricité, les prix, la situation sanitaire ou encore les difficultés d’approvisionnement.

    La prochaine étape sera donc moins le nombre de signatures que le dépôt effectif de la pétition à l’ARP et la suite institutionnelle qui lui sera réservée.

    Pour l’heure, 61 députés ont signé. La session extraordinaire, elle, n’est pas encore convoquée.

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    Pénurie d’électricité en Tunisie | Une centrale flottante n’est pas la solution

    Pendant que la Steg publie, chaque jour, ses calendriers de délestage tournant, une idée – en espérant que ce ne soit déjà une décision – se prépare loin du débat public : la location d’une centrale électrique flottante, un navire-usine amarré au large et raccordé au réseau national. Présentée comme une bouée de sauvetage pour passer l’été, cette option est en réalité l’une des plus coûteuses du marché mondial de l’électricité. Et, dans le cas tunisien, elle cumule trois défauts qui devraient suffire à l’écarter : elle n’est pas justifiée techniquement ; elle arrivera trop tard ; et elle est négociée dans des conditions qui n’offrent aucune garantie de transparence. (Photo : Centrale électrique flottante de l’entreprise turque Karadeniz Powership Gökhan Bey).

    Latif Belhedi

    Le déficit tunisien n’est pas d’abord un déficit de mégawatts installés. Il est le produit de trois facteurs cumulés : le vieillissement du parc thermique et la dégradation de sa disponibilité, la fragilité du réseau de transport aux heures de pointe estivale, et surtout le blocage quasi total, depuis 2019, des projets de production nouvelle. Les appels d’offres renouvelables ont été retardés, renégociés, parfois abandonnés. Les projets de cycles combinés attendent leurs financements et leurs autorisations. Le résultat était prévisible : chaque été, la pointe se rapproche un peu plus de la limite du système.

    Louer un bateau ne corrige aucun de ces trois facteurs. Un navire-usine n’améliore pas la disponibilité du parc existant. Il ne renforce pas une seule ligne de transport. Il ne remplace pas un mégawatt de production nouvelle : il le loue, à un tarif de location, pour une durée déterminée, après quoi il repart. Autrement dit, on transforme une dépense d’investissement, qui aurait laissé un actif au pays, en dépense d’exploitation qui ne laisse rien. La réponse ne traite donc pas le problème ; elle le reporte momentanément.

    Un mauvais timing et une location au prix exorbitant

    L’argument avancé pour justifier le gré à gré est celui de l’urgence : il faudrait sécuriser la pointe. Encore faudrait-il que le calendrier tienne.

    Entre la signature d’un contrat, la mobilisation du navire, son transit, l’aménagement du poste d’amarrage, le raccordement au réseau haute tension, l’approvisionnement en combustible et les essais de mise en service, les délais réels se comptent en mois, et non en semaines. L’expérience gabonaise récente l’illustre : les seuls travaux de raccordement de l’unité de 150 MW ont connu des reports successifs pour des contraintes techniques. Appliqué au cas tunisien, cela signifie une mise en service utile après le passage de la pointe estivale, c’est-à-dire au moment précis où le besoin invoqué pour justifier la dépense aura disparu.

    On paierait donc au prix fort une capacité qui arriverait à contretemps, et qu’il faudrait ensuite continuer à rémunérer pendant toute la durée du contrat, y compris en hiver, y compris quand elle ne sert à rien.

    Le modèle économique de la centrale flottante repose sur une redevance de capacité, due que le navire produise ou non, à laquelle s’ajoute le combustible, facturé séparément. Les estimations qui circulent pour la Tunisie situent la seule redevance de location autour d’un milliard de dinars par an, hors combustible.

    Rapportée au mégawatt installé, cette dépense annuelle est du même ordre de grandeur que le coût d’investissement d’une capacité neuve, avec une différence essentielle : au terme du contrat, l’État n’est propriétaire de rien. Le même montant orienté vers un cycle combiné, vers un programme solaire assorti de stockage, ou simplement vers la remise à niveau du réseau de transport, produirait un actif durable, une baisse structurelle du coût moyen de production, et une moindre exposition à la facture d’hydrocarbures importés.

    Il faut aussi rappeler qui paie. Une charge de cette nature ne disparaît pas dans les comptes de la Steg : elle se traduit tôt ou tard par une subvention budgétaire supplémentaire, une dette fournisseur, ou une hausse tarifaire. Dans le contexte actuel des finances publiques, aucun de ces trois canaux n’est indolore.

    Une procédure qui interroge et un précédent international à examiner

    C’est sur le volet procédural que le dossier devient le plus difficile à défendre.

    Il s’agirait d’un marché probablement de gré à gré, sans appel à la concurrence, soumis ensuite au conseil d’administration pour approbation. Ce séquencement n’est pas neutre : il fait porter la responsabilité juridique de la décision aux administrateurs, alors que l’impulsion initiale est venue d’ailleurs.

    Or, selon les informations disponibles, le premier contact autour de ce dossier n’est pas passé par un canal technique, ni par une consultation de marché, les experts consultés par la Steg auraient exprimé un avis défavorable, pour les deux raisons exposées plus haut, le coût et le calendrier. Si cet avis a bien été rendu et qu’il a été écarté, la question centrale n’est plus technique. Elle devient une question de gouvernance : qui a décidé de passer outre, sur quelle base, et avec quelle traçabilité écrite ?

    La Tunisie ne serait pas le premier pays à emprunter cette voie. Le Liban, l’Irak, le Ghana, la Gambie, la Sierra Leone, le Mozambique, la Guinée-Bissau, le Soudan, le Gabon et Cuba y ont eu recours. Le point commun de ces expériences n’est pas rassurant : la solution flottante y a été adoptée en situation de crise, elle a soulagé temporairement, et elle n’a réglé aucune des causes structurelles du déficit.

    Plusieurs de ces contrats ont par ailleurs donné lieu à des controverses publiques, à des recours ou à des procédures d’enquête sur les conditions d’attribution, notamment en Afrique du Sud, au Gabon et au Liban. En Gambie, le contrat n’a pas été renouvelé en 2025, faute d’accord sur les conditions financières et techniques. Ces précédents ne préjugent en rien du dossier tunisien, mais ils commandent, au minimum, un niveau d’exigence procédurale supérieur à la moyenne.

    Ce que la transparence exige

    Le débat ne porte pas sur le fait de savoir s’il faut de l’électricité cet été. Il porte sur le fait de savoir si l’on veut continuer à financer des rustines coûteuses, ou reconstruire enfin un système de production.

    Trois exigences minimales devraient conditionner toute suite donnée à ce dossier :

    – la publication du dossier technique : étude d’adéquation offre-demande, calendrier réaliste de mise en service, coût complet du kilowattheure livré, combustible inclus, et comparaison chiffrée avec les alternatives disponibles ;

    la publication des avis des experts consultés, ainsi que des motifs pour lesquels ils auraient été écartés ;

    – la justification juridique du recours au gré à gré, au regard de la réglementation des marchés publics, et l’identification claire de l’autorité qui assume la décision.

    À défaut, les administrateurs appelés à approuver ce contrat prendraient un risque personnel considérable pour une opération dont ni l’utilité technique ni la rationalité économique n’ont été démontrées.

    La Tunisie a des ressources solaires et éoliennes parmi les meilleures du bassin méditerranéen, un projet d’interconnexion avec l’Italie en cours, et un besoin urgent de capacité pilotable. Le milliard de dinars annuel envisagé pour louer un bateau financerait une part significative de cette transition. Le choix n’est pas entre l’électricité et l’obscurité. Il est entre une dépense qui s’évapore et un investissement qui reste. Entre la raison économique et l’absurdité politique.

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    Eau, électricité, prix : 56 députés réclament des comptes au gouvernement

    Ils sont 56 députés à réclamer la tenue d’une session parlementaire extraordinaire pendant les vacances de l’Assemblée, en présence des membres du gouvernement. Le seuil constitutionnel est numériquement franchi. Reste une question autrement plus importante : quelle suite peut réellement avoir cette initiative ?

    Les signataires veulent consacrer cette session à la situation sociale, économique et aux services publics, dans un contexte marqué notamment par les coupures d’eau et d’électricité, la hausse des prix et les difficultés d’approvisionnement en certains produits.

    Les députés évoquent plus largement une dégradation des services essentiels et estiment que la situation dépasse de simples dysfonctionnements conjoncturels pour poser la question de la capacité de l’État à gérer les crises et à répondre aux besoins des citoyens.

    Le seuil du tiers dépassé

    L’article 71 de la Constitution prévoit que, durant les vacances parlementaires, l’Assemblée des représentants du peuple peut se réunir en session extraordinaire à la demande du président de la République ou du tiers de ses membres, pour examiner un ordre du jour déterminé.

    Selon les données du site officiel de l’ARP citées par la TAP, 152 députés sont actuellement en exercice. Avec 56 signataires, l’initiative représente près de 37% des députés et dépasse donc numériquement le tiers requis.

    Interrogé par l’agence TAP, le député Mohamed Ali, l’un des initiateurs de la démarche, a indiqué que le nombre de signataires était encore susceptible d’augmenter, d’autres députés ayant manifesté leur soutien à la tenue de cette session.

    Il estime également que le nombre de députés ayant rejoint l’initiative dépasse le seuil du tiers prévu par la Constitution.

    Une session, mais avec quelle portée ?

    La demande des 56 députés ne se limite pas à obtenir une réunion de l’Assemblée. Les signataires souhaitent également interpeller l’exécutif sur les causes de la dégradation des services essentiels et la répétition des crises.

    Ils proposent d’entendre les responsables concernés, de présenter les données disponibles à l’opinion publique, mais aussi d’examiner les responsabilités politiques et administratives ainsi que les mesures urgentes susceptibles d’être prises.

    Obtenir la réunion de l’Assemblée et peser sur l’action gouvernementale constituent toutefois deux questions différentes.

    La Constitution de 2022 organise les rapports entre les institutions autour d’un exécutif dans lequel le président de la République occupe une place centrale. Son article 100 dispose que le chef du gouvernement et les ministres mettent en œuvre la politique générale de l’État conformément aux orientations et aux choix définis par le président de la République.

    Dans ce cadre, une éventuelle session extraordinaire permettrait surtout aux députés d’interroger publiquement les membres du gouvernement sur les coupures d’eau et d’électricité, les prix, la situation sanitaire ou encore les difficultés d’approvisionnement.

    La portée concrète de cette initiative dépendrait ensuite des réponses apportées par l’exécutif et des suites susceptibles d’être données aux demandes formulées par les élus.

    Pour l’heure, les 56 signatures permettent de franchir le seuil numérique prévu par la Constitution. Reste désormais à savoir si cette initiative débouchera effectivement sur la convocation d’une session extraordinaire de l’Assemblée.

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    Tunisie : Des coupures d’électricité prévues par la STEG ce vendredi dans plusieurs régions

    La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a annoncé vendredi 28 août 2026 que des coupures tournantes d’électricité pourraient être mises en œuvre dans plusieurs régions du pays entre 9h00 et 18h00. Ces interruptions, annoncées comme intermittentes et dépendantes de la situation du réseau, visent selon la STEG à préserver la sécurité et la continuité du système électrique et à maintenir l’équilibre entre production et consommation.

    Un dispositif dépendant de l’état du réseau

    La STEG précise que les coupures ne seront pas nécessairement appliquées de manière continue dans toutes les zones concernées. Leur mise en œuvre dépendra de l’évolution de la situation du réseau électrique au cours de la journée.

    L’objectif affiché est de prévenir une dégradation de l’équilibre entre l’électricité produite et la demande et de préserver la stabilité du système.

    Le Grand Tunis largement concerné

    Dans le Grand Tunis, les zones citées comprennent notamment Mornag, Borj Cedria, Radès, La Goulette, Ben Arous, Mégrine, El Ghazala, Mhamdia, Le Kram, La Manouba, Aïn Zaghouan, Ennasr, La Soukra et Jardins d’El Menzah.

    Plusieurs zones de Sfax sont également concernées, notamment Sfax Ville, Sfax Ouest, Sfax Sud, El Mahres, Agareb, El Amra, Tina, Jebeniana, El Hencha, Sakiet Ezzit et Sakiet Eddaïer.

    De nombreuses zones du Centre et du Nord

    Le dispositif concerne également un grand nombre de localités du Centre, notamment dans les gouvernorats de Monastir, Sousse, Mahdia, Kairouan et Zaghouan.

    Dans le Nord-Ouest, la STEG cite notamment Boussalem, Ghardimaou, Nefza, Gaâfour, Makthar, Errouhia, Chemtou, Oued Meliz et Nebeur.

    Le Cap Bon et Bizerte sont également concernés, avec notamment Hammamet, Nabeul, Korba, Menzel Temime, Kélibia, Soliman, Menzel Bouzelfa, Mateur, Menzel Bourguiba, Bizerte et Sejnane.

    Le Sud également touché

    Les avis couvrent aussi de nombreuses zones du Sud et du Sud-Ouest, notamment à Gabès, Djerba, Kébili, Tataouine, Médenine, Zarzis et Ben Guerdane.

    À Djerba, les localités citées comprennent notamment Houmt Souk, Midoun, Aghir, Guellala et El May. À Kébili, la liste comprend notamment Douz, El Faouar, Kébili, Souk El Ahad et Zaafrane.

    Une nouvelle alerte sur la pression exercée sur le réseau

    Cette annonce intervient alors que le système électrique tunisien reste soumis à une forte pression pendant les périodes de chaleur, lorsque la demande augmente notamment avec l’utilisation intensive de la climatisation.

    La STEG présente ces coupures comme une mesure de gestion du réseau et non comme un programme de coupures systématiques dans l’ensemble des zones annoncées. Leur durée et leur localisation effective dépendront donc de l’évolution de la situation électrique au cours de la journée.

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    Coupures d’eau et d’électricité : Paris alerte les voyageurs à destination de la Tunisie

    Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a publié, jeudi 27 août, une nouvelle « Dernière minute » concernant la Tunisie, invitant les voyageurs à prendre des précautions face aux possibles perturbations de l’électricité et de l’eau potable. Cette recommandation intervient dans un contexte de fortes chaleurs et de sollicitation accrue du réseau électrique tunisien. Elle porte sur les conditions pratiques de séjour et ne constitue pas une nouvelle alerte sécuritaire sur la destination.

    Les voyageurs invités à vérifier leurs conditions d’hébergement

    France Diplomatie indique que les fortes températures actuelles entraînent une sollicitation accrue du réseau électrique et que la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) peut procéder à des coupures temporaires afin de préserver le réseau.

    Le ministère français signale également que l’approvisionnement en eau potable, au robinet comme sous forme embouteillée, peut connaître des perturbations temporaires. Il recommande ainsi aux personnes se rendant prochainement en Tunisie de vérifier les conditions de leur hébergement et de prendre les précautions nécessaires.

    La recommandation française intervient alors que les coupures d’électricité sont susceptibles d’avoir des répercussions au-delà de l’alimentation électrique.

    Pas de changement du niveau général de vigilance

    Cette nouvelle publication française ne signifie pas que Paris déconseille de se rendre en Tunisie. La fiche de sécurité de France Diplomatie, dont la dernière actualisation générale remonte au 13 mars 2026, conserve ses zones de vigilance habituelles, notamment certaines régions frontalières et zones montagneuses de l’Ouest.

    Il s’agit donc d’une recommandation préventive et temporaire liée aux conditions climatiques et aux réseaux, et non d’une mise en garde contre la destination tunisienne.

    Cette alerte constitue néanmoins un nouvel indicateur de l’impact extérieur des perturbations énergétiques et hydriques enregistrées en Tunisie cet été.

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    Tunisie : la canicule ravive la crainte des pénuries et des incendies

    La Tunisie subit, en cette fin août, une deuxième vague de chaleur exceptionnelle. Jeudi 27 août, les maximales doivent atteindre 45 à 48 °C, avec des pointes locales à 49 °C. La veille, Kairouan et Béja ont frôlé les 50…

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    TRIBUNE – Pour une STEG augmentée : gouvernance, gestion et planification à l’ère de l’intelligence artificielle

    Je signe ce texte à titre personnel , non comme président de la Fédération Tunisienne du Textile et de l’Habillement, mais comme citoyen tunisien, chef d’entreprise qui dirige des équipes et des ressources depuis plus de vingt ans, et comme père qui souhaite que son pays garde un temps d’avance. Ce que je vis à la tête de Tunicotex, piloter la production, arbitrer les priorités, moderniser un outil industriel avec des ressources rares, m’a convaincu d’une chose : les mêmes leviers qui transforment une entreprise industrielle peuvent transformer un établissement public comme la STEG, à condition d’oser y intégrer la donnée, l’intelligence artificielle et le pilotage numérique au cœur même de la gouvernance, et non comme un vernis technologique ajouté après coup.

    La crise que traverse la STEG aujourd’hui – délestage, endettement, dépendance au gaz importé – est réelle et grave. Mais elle est aussi une opportunité : celle de ne pas simplement rebâtir l’ancien modèle avec plus de moyens, mais d’en inventer un nouveau, plus intelligent, plus transparent et plus résilient.

    La donnée avant la dépense

    Dans mon entreprise, chaque investissement se décide avec de la donnée : rendement machine, coût par pièce, taux de rebut. Je n’imagine pas gérer des centaines de machines de production sans tableau de bord en temps réel. Or la STEG pilote un réseau autrement plus complexe , production, transport, distribution, des millions de clients , avec une visibilité en temps réel encore embryonnaire sur une large partie de ses actifs.

    Ma conviction : on ne réforme durablement que ce que l’on mesure en continu. La priorité n°1 du numérique à la STEG n’est pas un gadget technologique, c’est la construction d’une colonne vertébrale de données fiables, partagées et exploitées par l’intelligence artificielle pour éclairer chaque décision , de la maintenance d’un transformateur à l’arbitrage tarifaire national.

    Cette conviction se décline sur trois terrains. En gouvernance : un tableau de bord national unique associant État, STEG et grands consommateurs ; une politique d’open data énergétique pour restaurer la confiance ; une IA d’aide à la décision pour le conseil d’administration, capable de simuler l’impact d’une trajectoire tarifaire avant de la décider , un jumeau numérique de gouvernance. En gestion opérationnelle : la maintenance prédictive du réseau, un scoring intelligent pour trier les 6 milliards de dinars d’impayés, une gestion algorithmique des pointes de consommation pour ne plus subir la canicule comme en juillet 2026. En planification : un jumeau numérique du réseau électrique national, et une marketplace numérique de la flexibilité énergétique entre industriels autoproducteurs et réseau.

    Une feuille de route à deux vitesses

    En tant que manager habitué à prioriser des feuilles de route technologiques, je crois qu’il faut distinguer nettement ce qui produit un effet démonstratif rapide et ce qui redessine le modèle en profondeur , les deux doivent avancer de front.

    À court terme (0-12 mois), quatre chantiers ne nécessitent ni réforme institutionnelle préalable ni investissement massif : le scoring IA du recouvrement, une plateforme de pilotage de la gouvernance, une IA de prévision des pics de demande, et un portail citoyen unifié pour la facturation et les alertes de coupures. Leur point commun : produire, dès la première année, un effet démonstratif fort sur la crédibilité de la réforme.

    À plus long terme (2-10 ans), quatre transformations structurantes doivent être lancées dès maintenant, même si leurs effets ne seront pleinement visibles que plus tard : la généralisation de la maintenance prédictive, le jumeau numérique complet du réseau national, la marketplace de flexibilité énergétique, et la mutation de la STEG d’un opérateur qui vend des kilowattheures vers un orchestrateur intelligent de production, de stockage et de consommation distribués.

    Un horizon 2035-2040

    Je crois qu’il faut se donner une image claire de ce que peut devenir notre système énergétique dans dix à quinze ans, faute de quoi chaque réforme rapide reste un patch isolé plutôt qu’une étape vers un dessein commun. Voici comment j’imagine, à titre personnel, la Tunisie énergétique de 2035-2040 : une STEG devenue orchestrateur intelligent d’un système décentralisé où des milliers de toits produisent, stockent et échangent de l’énergie ; un mix majoritairement renouvelable, dépassant largement les 35 % visés pour 2030 ; une gouvernance entièrement pilotée par la donnée plutôt que par des arbitrages politiques sous pression ; un pôle régional d’expertise tunisienne en IA énergétique, exportable vers l’Afrique du Nord et subsaharienne ; et une souveraineté énergétique repensée comme souveraineté numérique.

    Je ne prétends pas que le numérique résoudra, à lui seul, l’équation financière et énergétique de la STEG : la vérité des prix, la gouvernance institutionnelle et la diversification du mix restent les leviers de fond. Mais sans une colonne vertébrale numérique moderne, aucune de ces réformes ne pourra être pilotée, mesurée et ajustée avec l’agilité que la situation exige. La Tunisie a des talents en intelligence artificielle et en ingénierie de données. Faisons de la modernisation de notre outil énergétique national un terrain d’expression de ce talent, plutôt que de le voir s’exprimer ailleurs.

     

    Chef d’entreprise, contribution à titre personnel

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    STEG : De nouvelles coupures d’électricité ce jeudi, voici les zones concernées

    La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) annonce de nouvelles coupures tournantes d’électricité ce jeudi 27 août, dans plusieurs régions du pays. Elles pourraient intervenir entre 9h30 et 18h, de manière intermittente et selon l’état du réseau et l’équilibre entre la production et la consommation. Dans le Grand Tunis, une même période de coupure ne devrait pas dépasser deux heures, tandis que la liste des zones concernées reste susceptible d’évoluer.

    Un nouveau recours aux coupures tournantes

    La STEG explique que ces interruptions éventuelles visent à préserver la sécurité et la continuité du système électrique, en maintenant l’équilibre entre la production disponible et la consommation. Il s’agit donc de coupures susceptibles d’être déclenchées en fonction de la situation du réseau. Elles peuvent également être levées sans préavis.

    Le dispositif intervient après plusieurs épisodes similaires enregistrés ces derniers jours. Mercredi 26 août, la STEG avait déjà annoncé des coupures tournantes entre 11h30 et 18h dans plusieurs régions, puis d’autres interruptions possibles entre 21h et minuit.

    Le Grand Tunis largement concerné

    Dans le Grand Tunis, les zones susceptibles d’être touchées sont notamment : Mornag, Borj Cédria, Radès, La Goulette, Ben Arous, Mégrine, Cité Ghazala, Mhamdia, Le Kram, El Medina El Jadida, Jardins d’El Menzah, Borj Touil, Sanhaja, Jadaida, Manouba, Aïn Zaghouan, Ennasr et La Soukra.

    La STEG précise que les coupures seront intermittentes et qu’une période ne devrait pas dépasser deux heures dans cette région.

    De nombreuses zones également dans les autres régions

    Les avis publiés par la STEG couvrent une partie importante du territoire.

    Dans le Cap Bon, sont notamment concernés Hammam Ghazez, Hammamet, Menzel Bouzelfa, Menzel Temime, Soliman, Takelsa, Béni Khalled, Béni Khiar, Somâa, Nabeul, Korba, Dar Chaâbane, Tazarka, Maâmoura et Kélibia.

    À Zaghouan, la liste comprend notamment Zaghouan Nord, El Fahs, Bouachir, Zriba, Jebel Oust, Bir Mcherga et Ennadhour.

    À Bizerte, les zones citées comprennent notamment Ghar El Melh, Utique, Sejnane, Mateur, Metline, Menzel Jemil, Menzel Bourguiba, Ghazala, Tinja, Jarzouna et Menzel Abderrahmane.

    Le Nord-Ouest, le Centre, Sfax, le Sud et le Sud-Ouest sont également concernés par les avis de la STEG.

    Dans le Sud, les zones citées couvrent notamment Gabès, Djerba, Kébili, Tataouine, Zarzis-Ben Guerdane et Médenine. Dans le Sud-Ouest, la liste comprend notamment Souk Jedid, Majel Bel Abbès, Foussana, Nefta, Degueche, Hazoua, Ouled Haffouz, Mezzouna et plusieurs autres localités.

    Une liste qui peut encore changer

    La STEG insiste sur un point important : la liste des zones n’est pas définitive.

    D’autres secteurs peuvent être concernés au cours de la journée en fonction de l’évolution de la situation du réseau et des impératifs liés à l’équilibre entre production et consommation.

    Le rétablissement du courant peut également intervenir sans préavis. Les habitants et les professionnels des zones concernées sont donc invités à prendre leurs précautions pendant la plage comprise entre 9h30 et 18h.

    Pour signaler une urgence ou obtenir des informations, la STEG met à disposition de ses clients le 71 239 222. Le numéro vert d’urgence indiqué sur son site officiel est le 801 00 444.

    Des coupures qui interviennent après plusieurs jours de tension

    La répétition de ces annonces intervient dans un contexte de forte tension sur le système électrique tunisien, après les pics de consommation enregistrés pendant les épisodes de chaleur.

    La question des coupures d’électricité a d’ailleurs été abordée mercredi par le président de la République, Kaïs Saïed, lors d’une réunion consacrée notamment à la situation de la STEG et de la SONEDE.

    La présidence affirme que les enquêtes menées sur plusieurs coupures récentes d’eau et d’électricité ont conclu, dans certains cas, à des « actes de sabotage délibérément planifiés », et non à de simples pannes ordinaires. Cette accusation concerne des incidents faisant l’objet d’enquêtes et ne constitue pas, à ce stade, une explication officielle des coupures tournantes annoncées par la STEG pour ce jeudi.

    Pour les usagers, le message de la journée reste néanmoins très concret : des coupures sont possibles entre 9h30 et 18h dans de nombreuses zones du pays, sans que chaque secteur soit nécessairement privé d’électricité pendant toute cette plage horaire.

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    Coupures d’eau et d’électricité : sabotage ou vétusté des équipements ?

    Ils étaient cinq autour du président de la République, Kaïs Saïed, mercredi 26 août, pour évoquer « les coupures d’eau et d’électricité qui touchent plusieurs régions du pays depuis plusieurs semaines ». Ils, ce sont la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le ministre chargé de l’Énergie Salah Zouari, le ministre de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques, Ezzeddine Ben Cheikh, ainsi que les dirigeants généraux de la STEG et de la SONEDE.

    À cette occasion, le chef de l’État a, une fois de plus, a estimé que ces coupures sont essentiellement dues à « un complot » et non d’une défaillance structurelle. En effet, un communiqué de la présidence indique que des « enquêtes » ont établi que ces coupures ne relèvent pas de « simples pannes » mais d’« actes de sabotage délibérément planifiés ». Aucun élément concret : ni auteur identifié, ni mode opératoire, ni preuve matérielle, n’a toutefois été rendu public pour étayer cette affirmation. Le schéma rhétorique est désormais familier : un problème concret et documenté (vétusté des réseaux, sous-investissement chronique dans la STEG et la SONEDE, stress hydrique) est requalifié en menace occulte orchestrée par des « ennemis de la patrie et leurs alliés », sans que ces derniers ne soient jamais nommés.

    Ceci étant, et compte tenu des conséquences de ces manquements sur l’économie et les gens, le président de la République a affirmé que « le peuple tunisien n’a plus besoin de simples communiqués » mais « d’actes »…

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    Coupures d’électricité | Tous servis au même pied d’égalité

    La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) a annoncé dans un communiqué qu’en raison de la vague de chaleur prévue à partir du mercredi 26 août 2026, des perturbations et des coupures dans la distribution d’électricité sont à prévoir, notamment durant les périodes de pic de demande, soit de 13h00 à 17h00 ; et de 22h00 à 01h00 du matin.

    Toutes ls régions tunisiennes sont concernées par ces coupures qui interviendraient par séquences intermittentes ne dépassant pas deux heures chacune, en fonction de l’état du réseau, explique la Steg.

    A ce niveau, au moins, nous devons être reconnaissants à l’entreprise publique pour son esprit égalitaire et son sens de l’éthique : tout le monde sera servi par ces coupures d’électricité, sans discrimination (positive) aucune. En sommes, nous sommes tous égaux face aux désagréments causés par la mauvaise gouvernance publique !

    Pour ce qui est des dégâts qui seront provoqués par ces coupures intempestives, vous les assumerez comme des grands. L’Etat ne peut rien pour vous, il s’en lave les mains. Chacun pour soi et Dieu pour tous !

    Rappelons que, dans un communiqué publié hier, mardi, la Steg avait appelé à réduire autant que possible l’utilisation des climatiseurs — considérés comme la cause principale de la hausse de la demande d’électricité aux heures de pointe — et à adopter des pratiques de consommation rationnelle de l’électricité. Ces mesures visent à alléger la pression sur le réseau et à éviter, dans la mesure du possible, les perturbations qui, faute de production suffisante d’électricité, reste inévitable pour le restant de l’été.

    Il faut dire que l’Etat, qui ne cesse d’augmenter le budget de la présidence de la république, comme ceux des ministères de l’Intérieur et de la Défense, et qui trouve assez d’argent aussi pour financer (à perte) les sociétés communautaires si chères à notre cher président de la république, ne trouve plus forcément de quoi financer la construction de nouvelles centrales électriques. Alors, il faut prendre son mal en patience, et ne pas demander l’impossible ! Il y a des urgences nationales, et l’électricité, semble-t-il, n’en fait pas partie.

    I. B.

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    Les coupures d’électricité mettent en danger l’aviculture tunisienne

    Le secteur avicole en Tunisie a subi un coup dur en raison de la vague de chaleur persistante et des coupures d’électricité à répétition enregistrées depuis la mi-juillet dernier, entraînant des pertes considérables pour les éleveurs ainsi qu’une chute brutale de la rentabilité.

    Dans une déclaration à Diwan FM, Salah Toumi, membre de la Fédération nationale de l’aviculture et président de l’Union locale de l’agriculture à Dar Chaâbane El Fehri (gouvernorat de Nabeul), a souligné que la filière de la volaille de chair traverse une situation exceptionnelle et extrêmement difficile à tous égards. Il a expliqué que l’élevage avicole repose essentiellement — et selon un modèle quasi industriel — sur l’énergie électrique pour faire fonctionner les systèmes de ventilation et de refroidissement, précisant que les groupes électrogènes de secours ne parviennent plus à supporter la fréquence des coupures, lesquelles atteignent parfois 15 heures d’affilée.

    M. Toumi a ajouté que la coïncidence entre des températures record et un taux d’humidité atteignant 100 % à l’intérieur des élevages avicoles a provoqué l’asphyxie et la mort d’un grand nombre de volailles.

    Il a également déploré l’absence de mécanismes d’intervention publique — tels que le retrait des excédents lors des pics de production pour constituer un stock stratégique de régulation capable de protéger le secteur contre les crises climatiques — soulignant que les éleveurs avaient été contraints, par le passé, de vendre leur production bien en dessous du prix de revient, sans bénéficier de soutien ni d’une stratégie de protection claire.

    M. Toumi a appelé les autorités compétentes et les ministères concernés à engager sans délai un dialogue avec les acteurs du secteur afin d’élaborer une stratégie d’action claire, tenant compte des changements climatiques et garantissant un approvisionnement régulier des élevages en électricité. Il a averti que les éleveurs ne seraient pas en mesure de supporter ces pertes à répétition lors des prochaines saisons, ce qui risquerait de compromettre l’ensemble de la filière de production.

    I. B.

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    Tunisie : l’économie de la rareté s’installe dans le quotidien

    Eau du robinet incertaine, bouteilles d’eau minérale introuvables, médicaments manquants, coupures d’électricité à répétition : en cette fin août, les pénuries alimentent l’inquiétude en Tunisie. Au-delà de la crise immédiate, économistes et universitaires alertent sur une spirale où la faiblesse…

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    Pénurie d’eau minérale : Après plusieurs reports, le retour à la normale encore repoussé

    Le retour à la normale dans l’approvisionnement en eau minérale ne devrait finalement intervenir que progressivement à partir de septembre, selon une nouvelle déclaration de Lassâad Mezah, président de la Chambre des producteurs de boissons non alcoolisées. Alors qu’un rétablissement était encore annoncé dans les prochains jours, le responsable mise désormais sur une baisse de la consommation pour permettre aux producteurs de retrouver progressivement leur rythme habituel.

    Une amélioration attendue en septembre

    Intervenant lundi 24 août sur les ondes de la Radio nationale, Lassâad Mezah a indiqué que la situation devrait commencer à s’améliorer à partir de septembre, principalement sous l’effet de la diminution attendue de la consommation.

    Il s’agit donc d’un nouveau décalage du calendrier de normalisation, alors que les difficultés d’approvisionnement persistent dans plusieurs régions.

    Cette amélioration reste toutefois présentée comme une perspective et non comme une échéance ferme. La disponibilité des bouteilles dépendra notamment de la capacité des unités de production à reprendre un fonctionnement plus régulier.

    La chaleur et les coupures électriques toujours en cause

    Le président de la Chambre des producteurs de boissons non alcoolisées continue d’attribuer les perturbations aux conditions exceptionnelles enregistrées cet été.

    La forte chaleur ainsi que les coupures d’électricité ont affecté le fonctionnement des usines et certains de leurs équipements, limitant les capacités de production alors même que la demande connaissait une forte progression.

    Cette combinaison entre une consommation élevée et des contraintes pesant sur la production a contribué aux tensions observées sur le marché de l’eau minérale.

    Un calendrier plusieurs fois repoussé

    Cette nouvelle échéance contraste avec les précédentes annonces formulées par le même responsable. Le 20 août, Lassâad Mezah évoquait encore un retour à la normale « dans quelques jours ».

    Plus tôt, une amélioration avait également été annoncée pour la semaine suivante. Le calendrier s’est donc progressivement décalé, illustrant les difficultés rencontrées par le secteur pour absorber les effets de la canicule et des perturbations électriques.

    Pour l’heure, les producteurs tablent sur une détente progressive en septembre, sans pouvoir garantir une date précise de retour à une situation normale.

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    Uniformes militaires néerlandais : La FTTH conteste la version des Pays-Bas

    Le retard dans la livraison des nouveaux uniformes de l’armée néerlandaise, fabriqués en partie en Tunisie, fait désormais l’objet de deux versions contradictoires. Alors que le ministère néerlandais de la Défense affirme que la forte chaleur a provoqué des problèmes électriques ayant temporairement paralysé l’usine tunisienne, Haythem Bouajila, président de la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH), attribue principalement le retard à l’arrivée tardive de matières premières importées.

    La version du ministère néerlandais

    Dans un communiqué publié le 20 août, le ministère néerlandais de la Défense a annoncé que la distribution des nouveaux uniformes aux militaires serait repoussée au début de l’année 2027.

    Selon les autorités néerlandaises, les températures exceptionnellement élevées enregistrées en Tunisie ont provoqué des problèmes électriques dans l’usine chargée d’une partie de la production. Ces difficultés auraient entraîné un arrêt temporaire de l’activité et contribué au retard accumulé.

    Cette version avait été reprise dans l’article initial de Webdo, consacré à l’impact de la canicule tunisienne sur la production des uniformes destinés à l’armée néerlandaise.

    La FTTH conteste le lien avec les coupures

    Une nouvelle déclaration vient toutefois apporter un autre éclairage sur les causes du retard.

    Haythem Bouajila, président de la FTTH, estime que les difficultés rencontrées par l’entreprise tunisienne concernée ne sont pas principalement liées aux perturbations électriques. Selon lui, le facteur déterminant réside dans l’arrivée tardive de matières premières provenant de l’étranger.

    Cette précision remet donc en question le rôle attribué aux coupures d’électricité et aux fortes chaleurs dans le calendrier de production.

    Deux versions, une même conséquence

    À ce stade, les deux versions ne sont pas conciliées.

    D’un côté, le ministère néerlandais de la Défense établit officiellement un lien entre les températures élevées, des problèmes électriques et l’arrêt temporaire de l’usine en Tunisie. De l’autre, la FTTH avance une explication différente, mettant l’accent sur les chaînes d’approvisionnement et les retards dans l’acheminement des matières premières.

    La conséquence, elle, n’est pas contestée : la livraison des nouveaux uniformes aux militaires néerlandais a été repoussée au début de 2027.

    La déclaration de la FTTH constitue donc un droit de réponse à la version présentée initialement par les autorités néerlandaises. Elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer quelle cause a effectivement pesé le plus lourd dans le retard.

    La question reste ainsi ouverte : problèmes électriques liés aux fortes chaleurs ou difficultés d’approvisionnement en matières premières ?

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