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Tunisie-France: 70 ans de relations, vers un partenariat stratégique renouvelé

Le 14 juillet 2026 avait une double portée à La Marsa. À l’occasion de la fête nationale française, la Résidence de France a également accueilli la célébration des 70 ans des relations diplomatiques entre la Tunisie et la France (1956-2026). Au-delà de la commémoration, cette échéance a été l’occasion de rappeler les nouveaux axes d’une relation appelée à évoluer dans un contexte régional et international en pleine recomposition.

Devant les représentants institutionnels et économiques présents, l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, a insisté sur la nécessité de construire une relation fondée sur “un partenariat d’égal à égal”, dépassant les héritages historiques pour se concentrer sur les intérêts communs.

Sur le terrain économique, la France reste l’un des principaux partenaires de la Tunisie. “Les échanges commerciaux illustrent cette interdépendance. L’excédent commercial tunisien vis-à-vis de la France a dépassé les 3 milliards d’euros l’année dernière, un niveau supérieur aux recettes touristiques annuelles, qui ont atteint environ 2,4 milliards d’euros”, affirme Anne Guéguen dans son discours.

Cette évolution traduit une transformation progressive du lien économique entre les deux pays. La Tunisie n’est plus uniquement perçue comme une destination touristique ou un marché de proximité, mais comme une plateforme industrielle intégrée aux chaînes de valeur européennes.

Les entreprises à participation française implantées en Tunisie représentent aujourd’hui plus de 170 000 emplois directs. Elles opèrent notamment dans les secteurs des industries mécaniques et électriques, de l’aéronautique, des services numériques et de l’industrie manufacturière. Dans un contexte marqué par la recherche de nouveaux modèles de production plus proches des marchés européens, le pays entend renforcer son positionnement dans le “nearshoring”.

Le capital humain au cœur du partenariat

Au-delà des échanges commerciaux, la coopération franco-tunisienne repose également sur un facteur clé: le capital humain. En effet, la France accueille près de 16 000 étudiants tunisiens, tandis que le réseau d’enseignement français en Tunisie scolarise environ 20 000 élèves. Cette circulation des compétences constitue l’un des piliers de la relation bilatérale. La mobilité reste toutefois un sujet sensible. En 2025, la France a délivré 116 000 visas aux ressortissants tunisiens, avec un taux de refus inférieur à 16%. Pour Paris, cette mobilité participe à la construction d’un espace de coopération fondé sur les liens humains et la double appartenance culturelle.

Dans le domaine de l’innovation, plusieurs initiatives cherchent également à renforcer les passerelles entre les deux pays. Le développement des centres ELIFE à Sidi Bouzid et Tozeur ainsi que les initiatives autour de l’intelligence artificielle témoignent d’une volonté d’accompagner la montée en compétences technologiques de la Tunisie.

Eau, énergie, santé… les nouveaux axes de coopération

La coopération bilatérale s’oriente également vers des secteurs considérés comme stratégiques pour la souveraineté tunisienne. À travers l’Agence française de développement (AFD), l’Institut français et Expertise France, plusieurs projets portent sur la gestion de l’eau, les énergies renouvelables, les infrastructures sanitaires et le développement régional. La transition énergétique figure parmi les priorités. Alors que la Tunisie cherche à réduire sa dépendance énergétique et à accélérer le déploiement des énergies renouvelables, les projets liés au solaire et à l’éolien deviennent un axe majeur de coopération. Dans le domaine de la santé, le soutien aux infrastructures hospitalières, notamment les projets de Gafsa et Sidi Bouzid, s’inscrit dans une logique de réduction des disparités régionales.

Une relation appelée à se redéfinir

Au-delà des symboles, les deux pays cherchent aujourd’hui à adapter leur relation aux nouveaux équilibres internationaux. L’objectif affiché est celui d’un partenariat davantage basé sur la souveraineté, la confiance et les intérêts réciproques. Cette nouvelle approche intervient dans un contexte où la Méditerranée devient un espace stratégique, entre enjeux énergétiques, mobilité, sécurité alimentaire et recomposition des chaînes industrielles. Pour la France, la Tunisie représente un partenaire stable dans la région. Pour la Tunisie, l’enjeu est de transformer cette proximité historique en davantage d’investissements, de transferts technologiques et d’opportunités économiques. Après 70 ans de relations diplomatiques, le défi n’est donc plus seulement de préserver un lien historique, mais de lui donner une nouvelle dimension, adaptée aux défis économiques et géopolitiques des prochaines années.

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Vers un nouvel accord de libre-échange entre le Canada et la Turquie

À l’occasion du sommet de l’OTAN à Ankara, le Canada et la Turquie ont officiellement lancé les négociations en vue d’un accord de libre-échange.

Le Canada et la Turquie franchissent une nouvelle étape dans leur coopération économique, avec l’annonce, mercredi 8 juillet, de l’ouverture officielle des négociations en vue d’un accord de libre-échange, et ce quelques semaines après les premiers échanges exploratoires entre leurs ministres du Commerce.

Les équipes techniques des deux pays doivent désormais définir le périmètre des discussions, qui porteront notamment sur les échanges de biens industriels, l’agriculture, les services, les investissements et les marchés publics.

Pour Ottawa, cet accord s’inscrit dans une stratégie de diversification commerciale destinée à réduire la dépendance vis-à-vis du marché américain. Pour Ankara, il représente une opportunité d’élargir ses débouchés vers l’Amérique du Nord tout en renforçant son rôle de plateforme industrielle entre l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient.

Au-delà des échanges commerciaux, les deux pays souhaitent également renforcer leur coopération dans des secteurs stratégiques tels que l’aéronautique, les technologies de pointe, les minerais critiques, les infrastructures et la transition énergétique.

Pour les entreprises des deux rives, l’ouverture de ces négociations intervient dans un contexte de multiplication des accords commerciaux régionaux, devenus un levier essentiel de sécurisation des chaînes de valeur face aux tensions géopolitiques et aux nouvelles politiques protectionnistes.

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