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Marchés agricoles en Tunisie : plaidoyer pour une réforme structurelle des circuits de distribution

Lors de la 10ème édition du Tunisia Economic Forum, tenue le 12 mai 2026, Ahmed Ben Kheder, consultant, a présenté les conclusions de l’étude « Remise en état des circuits de distribution des produits agricoles ». Sa vision est claire : refonder en profondeur les marchés de gros tunisiens pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande, limiter les distorsions de prix et restaurer la compétitivité du secteur agricole. Pour y parvenir, il a développé une feuille de route articulée autour de trois piliers stratégiques, assortie d’un mécanisme de financement dédié.

Le consultant a dressé un état des lieux sans concession. La multiplication des intermédiaires constitue, estime-t-il, la source principale de distorsion des prix, aggravée par l’évasion fiscale et des difficultés juridiques persistantes. Les contrats de concession, trop courts, découragent l’investissement privé : on ne peut raisonnablement attendre un engagement à long terme lorsque les conditions contractuelles ne permettent pas le retour sur investissement. S’y ajoutent l’absence d’expertise technique municipale spécialisée dans la distribution des produits agricoles et la dégradation avancée des abattoirs.

La législation en vigueur est apparue à l’expert à la fois dispersée et obsolète. Elle repose sur des mécanismes d’attribution des concessions fondés exclusivement sur l’offre financière, une logique du « mieux-disant » financier qui ignore la qualité de service et les capacités de gestion des candidats.

Par ailleurs, des travaux de réhabilitation avaient déjà été engagés entre 2002 et 2008 sans produire les effets escomptés, faute d’une vision d’ensemble et de mécanismes de gouvernance adaptés. Cette expérience illustre, souligne-t-il, la nécessité d’inscrire toute réforme dans un cadre stratégique cohérent plutôt que d’agir par interventions ponctuelles.

Trois piliers pour une réforme en profondeur

Face à ce diagnostic, le consultant a structuré ses propositions autour de trois axes complémentaires. Le premier pilier porte sur la professionnalisation de la gestion physique des marchés, avec la création d’agences spécialisées et le recours à des gestionnaires qualifiés, que ce soit par délégation au secteur privé ou par une gestion directe et professionnalisée des municipalités.

Le deuxième pilier vise à attirer des investissements de qualité et à créer de la valeur autour du produit. Il s’agit de passer à une logique de sélection fondée sur la qualité de service, et non plus sur la seule capacité financière des soumissionnaires. Mais aussi d’adopter des contrats suffisamment longs pour permettre le retour sur investissement. Ainsi que d’élaborer un document de référence servant de cadre normatif pour les appels d’offres.

Le troisième pilier, transversal, concerne la coordination entre les niveaux central et local, avec une meilleure articulation institutionnelle, une définition claire des attributions de chaque acteur et la mise en place d’un cadre juridique cohérent.

Spécialisation et modernisation des marchés de gros

L’intervenant a défendu la création de marchés de gros spécialisés par filière, avec des infrastructures dédiées respectivement aux viandes rouges, aux viandes blanches et aux produits de la mer. Cette spécialisation permettrait d’améliorer les conditions sanitaires, de renforcer la traçabilité et de professionnaliser l’ensemble de la chaîne logistique.

Pour financer ce programme de réhabilitation, le consultant a proposé la création d’un fonds national dédié, alimenté par les contributions des opérateurs du secteur. Ce mécanisme serait calculé sur la base des volumes traités et non sur la valeur des produits, afin d’éviter tout effet inflationniste sur les prix à la consommation. Le fonds serait adossé à une unité de gestion permanente chargée du suivi de la qualité et de la durabilité des infrastructures tout au long de l’année. Il a également préconisé la relance de petites entreprises aux côtés des opérateurs existants, pour stimuler la concurrence et améliorer la qualité de service.

Des bénéfices économiques et sociaux attendus 

Les réformes proposées produiraient des effets à deux niveaux. Sur le plan économique, elles réduiraient les distorsions de prix, limiteraient le commerce parallèle et amélioreraient la compétitivité des filières agricoles. Sur le plan social, elles contribueraient à stabiliser les prix pour les consommateurs et à améliorer les conditions de travail des acteurs de la chaîne de distribution. L’ensemble de ces propositions fera l’objet d’un document de référence dont les conclusions seront partagées à l’issue des travaux du forum.

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Réformer ou perdre : l’IACE pose la distribution au cœur de la compétitivité

Le producteur ne vit pas correctement de son travail. Le consommateur subit une pression continue sur les prix. Entre les deux, les intermédiaires se multiplient, l’informel prospère et la valeur se perd. Le président de l’IACE, Amine Ayed, déplore ce constat amer et en a posé les enjeux lors du discours d’ouverture de la 10e édition du Tunisia Economic Forum, tenu le 12 mai 2026 au siège de l’IACE. Il s’agit, estime-t-il, d’une question désormais stratégique pour la compétitivité, le pouvoir d’achat et la cohésion économique de la Tunisie.

Amine Ayed a d’abord souligné la portée symbolique de cet anniversaire. Dix années durant lesquelles ce rendez-vous s’est affirmé comme un espace de dialogue économique et de confrontation constructive des idées au service de la Tunisie. Si ce forum continue d’exister et de rassembler, a-t-il rappelé, c’est parce qu’il repose sur une conviction fondatrice : les grandes transformations commencent toujours par la capacité collective à regarder lucidement ses propres dysfonctionnements. Le président de l’IACE a tenu à requalifier d’emblée le thème retenu pour cette édition. La réforme des circuits de distribution peut sembler technique en apparence, a-t-il observé. Mais elle touche en réalité à un enjeu central : la manière dont l’économie tunisienne crée, organise ou perd de la valeur.

Entre le producteur et le consommateur, a-t-il affirmé, il ne devrait pas exister une chaîne d’inefficience, d’opacité et de perte, mais un système capable de fluidifier les échanges, de préserver le pouvoir d’achat et d’assurer une concurrence saine. Or, le constat est sans ambiguïté : le producteur peine à vivre correctement de son travail; tandis que le consommateur subit une pression continue sur les prix. Entre les deux, les déséquilibres s’accumulent : multiplication des intermédiaires, fragmentation des marchés, poids de l’informel, insuffisance logistique et, parfois, risques spéculatifs.

L’intervenant a conclu ce diagnostic par un avertissement clair : lorsque les mécanismes de distribution cessent d’être des outils d’organisation économique pour devenir des espaces de désordre, ce n’est pas seulement un secteur qui dysfonctionne. C’est une partie de l’économie entière qui perd en efficacité, en transparence et en confiance.

Une étude systémique pour rompre avec la fragmentation

Amine Ayed a également livré une critique de méthode. Pendant longtemps, ces problématiques ont été traitées de manière fragmentée : marchés de gros d’un côté, logistique de l’autre, prix, commerce parallèle et infrastructures rarement pensés comme les éléments d’un même système.

C’est précisément pour combler ce vide que l’IACE a engagé un travail de fond, dont les résultats sont présentés dans le cadre de ce forum. L’étude propose une lecture globale de la question, avec une approche systémique ouverte sur plusieurs trajectoires possibles de transformation. Elle pose surtout une question essentielle : comment moderniser ces circuits sans fragiliser les équilibres économiques et sociaux existants ?

Le président de l’IACE a insisté sur la nature politique autant que technique de ces réformes. Elles touchent à des intérêts économiques établis, à des habitudes de marché et à des équilibres territoriaux, mais aussi à la relation de confiance entre l’État, les opérateurs et les citoyens. C’est pourquoi ces réformes sont souvent difficiles à conduire, non par manque d’idées, mais parce qu’elles exigent de la cohérence, de la visibilité, du courage et une réelle capacité d’exécution.

La distribution : une question stratégique pour l’avenir du pays

La question des circuits de distribution dépasse largement l’organisation des marchés : elle touche au pouvoir d’achat, à la compétitivité, à la sécurité alimentaire et à la cohésion économique du pays. Le défi collectif, a-t-il affirmé, est de réussir une modernisation capable d’apporter davantage d’efficacité, de transparence et de confiance, sans créer de nouvelles fragilités.

Amine Ayed a conclu sur une conviction qu’il qualifie lui-même de simple : une économie perd rarement sa richesse au moment où elle la crée. Elle la perd souvent dans la manière dont elle organise la circulation de sa production. Dans le contexte actuel, cette question n’est plus secondaire : elle est devenue stratégique pour la vie économique et sociale de la Tunisie.

Nous y reviendrons.

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Amen Bank autorisée à lever jusqu’à 300 millions de dinars

L’Assemblée générale ordinaire de Amen Bank, réunie le 30 avril 2026, a approuvé l’affectation du bénéfice de l’exercice 2025, la distribution d’un dividende de 3,6 dinars par action et l’autorisation d’émissions obligataires pouvant atteindre 300 millions de dinars.

Les actionnaires ont décidé d’affecter au montant à répartir une réserve spéciale de réinvestissement devenue disponible de 84,6 millions de dinars. Le montant total à répartir a ainsi atteint 333,2 millions de dinars, contre un bénéfice net de l’exercice de 248,7 millions de dinars.

Dans le cadre de cette affectation, 202,1 millions de dinars seront alloués aux réserves spéciales de réinvestissement, 4,6 millions de dinars au fonds social et 0,8 million de dinars au fonds de retraite.

L’Assemblée Générale Ordinaire a également fixé le montant global des dividendes à 125,7 millions de dinars, soit un dividende de 3,6 dinars par action. Le paiement des dividendes est prévu à partir du 2 juin 2026.

Par ailleurs, les actionnaires ont autorisé la banque à émettre des emprunts obligataires ordinaires, subordonnés ou autres, pour un montant maximal de 300 millions de dinars. Le Directoire a reçu délégation pour fixer les modalités et les conditions de ces émissions. Cette autorisation restera valable jusqu’à la tenue de l’Assemblée Générale Ordinaire statuant sur l’exercice 2026.

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New Body Line tourne la page des pertes…

New Body Line a clôturé l’exercice 2025 avec un bénéfice net individuel de 0,75 million de dinars, contre une perte de 4,5 millions de dinars un an plus tôt. Le Conseil d’administration a également décidé de proposer un dividende de 0,050 dinar par action aux actionnaires.

Réuni le 7 mai 2026, le Conseil d’administration de la société a arrêté les états financiers relatifs à l’exercice clos au 31 décembre 2025. Il en ressort que le résultat individuel avant impôt s’est établi à 1,07 million de dinars en 2025, contre une perte de 4,2 millions de dinars en 2024.

Le résultat net part du groupe a affiché une perte limitée à 0,06 million de dinars en 2025, contre une perte de 6,1 millions de dinars en 2024.

De ce fait, le Conseil d’administration a convoqué les actionnaires à l’Assemblée générale ordinaire pour lundi 29 juin 2026.

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Tunisie : Le pari réussi de l’attractivité industrielle en 2026

Malgré une conjoncture internationale mouvante, la Tunisie confirme son retour en grâce sur l’échiquier financier mondial. Avec plus de 838 millions de dinars captés en seulement trois mois, le pays ne se contente plus de résister : il accélère. Portée par un secteur manufacturier en pleine effervescence et un regain de confiance des investisseurs institutionnels, l’économie tunisienne amorce le virage de 2026 avec une vigueur retrouvée, affichant des ambitions qui dépassent désormais les sommets pré-pandémiques.

L’attractivité du site Tunisie franchit un nouveau palier technique. Selon les récentes données de l’Agence de Promotion de l’Investissement Extérieur (FIPA) relayées par l’agence TAP, les investissements étrangers ont atteint 838,6 millions de dinars au terme du premier trimestre 2026. Cette performance représente une progression solide de 18,6 % par rapport à la même période de l’exercice 2025. Ce flux massif s’inscrit dans une dynamique de croissance à long terme, avec un bond spectaculaire de 74,1 % par rapport aux indicateurs de 2024.

Le secteur manufacturier comme locomotive de croissance

Le moteur de cette accélération reste sans conteste l’industrie manufacturière. Véritable pilier de la stratégie nationale, ce secteur a drainé à lui seul 564,4 millions de dinars, soit près de 68,5 % de la totalité des Investissements Directs Étrangers (IDE). Cette hégémonie industrielle est talonnée par le secteur de l’énergie, qui enregistre une hausse de 40 % pour s’établir à 182 millions de dinars. À l’opposé, les services et l’agriculture peinent à suivre la cadence, affichant des replis respectifs avec 70,3 millions de dinars pour le premier et seulement 7,7 millions de dinars pour le second.

Cette moisson trimestrielle renforce les espoirs du gouvernement pour le reste de l’année. Les autorités tablent sur un objectif global de 4 000 millions de dinars pour l’ensemble de 2026, contre 3 500 millions de dinars réalisés l’année précédente. La structure des flux montre également un intérêt renouvelé pour le marché financier local : les investissements de portefeuille (Bourse) ont quadruplé pour atteindre 14,2 millions de dinars, signalant un retour de la confiance des porteurs de capitaux envers la place de Tunis.

Une attractivité confirmée par la stabilité des devises

Au-delà des chiffres bruts en dinars, la solidité de ces flux se vérifie dans leur conversion en devises internationales. Les investissements directs se chiffrent à 244,7 millions d’euros et 263,7 millions de dollars. Cette stabilité monétaire des entrées de capitaux témoigne d’une perception positive des risques par les partenaires internationaux, consolidant ainsi la position de la Tunisie comme un hub stratégique pour les investissements directs à haute valeur ajoutée, notamment dans les filières industrielles exportatrices.

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Protection sociale pour les artistes : l’ARP joue sa partition décisive

L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) tiendra une séance plénière mardi 12 mai 2026. Elle débutera à dix heures du matin. L’ordre du jour inclut l’examen d’une proposition de loi relative à l’artiste et aux professions artistiques. Le texte porte le numéro 55/2023. L’ARP a publié cette information, aujourd’hui lundi 11 mai, dans un communiqué.

Cette proposition de loi vise à encadrer le statut juridique de l’artiste. Il prévoit plusieurs avancées majeures. Le texte instaure un système de protection sociale spécifique. Il crée une carte professionnelle de l’artiste. Il définit également le contrat artistique. Le projet aborde les droits d’auteur. Il fixe aussi les conditions d’exercice pour les artistes étrangers et les enfants.

Plus de 130 députés ont déposé ce texte le 9 décembre 2023. Cette proposition s’inscrit dans un processus participatif. Sachant que le ministère des Affaires culturelles avait lancé cette démarche entre 2014 et 2016. Syndicats, associations professionnelles et artistes ont contribué à son élaboration.

Après le 25 juillet, les députés l’ont ensuite relancé sous forme d’initiative législative. La commission parlementaire a adopté la proposition au début du mois d’avril 2026. La ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, a été auditionnée à plusieurs reprises, notamment le 12 juillet 2024 et le 4 février 2025.

Un contenu structuré et un soutien international

Le texte comprend 45 articles répartis en cinq chapitres. L’UNESCO apporte son soutien technique au projet. L’organisation a accompagné la finalisation du texte. Elle a aussi aidé à organiser des consultations avec les professionnels du secteur.

Plusieurs sujets font débat malgré un large consensus. Ainsi, les critères d’obtention de la carte professionnelle inquiètent certains professionnels. Des critères trop larges pourraient inclure des amateurs. Des critères trop restrictifs pourraient exclure des artistes non diplômés.

Le secteur du cinéma ne bénéficie pas d’un traitement spécifique. Pourtant, il repose sur une œuvre collective. Il implique des métiers aux caractéristiques particulières.

Le texte n’aborde pas non plus les enjeux contemporains. L’utilisation de l’intelligence artificielle dans la création reste absente. La numérisation du patrimoine musical n’est pas évoquée. Plusieurs voix ont plaidé pour la création d’un Ordre des artistes. Cette instance serait chargée des démarches administratives.

Selon des sources parlementaires, le texte devrait être soumis au vote en séance plénière prochainement. Une adoption mettrait fin à plusieurs décennies de vide juridique pour les artistes tunisiens. Elle sécuriserait leur situation professionnelle. Elle encouragerait l’investissement dans les industries créatives. Elle renforcerait également l’économie de la culture.

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Médina, plastique et dignité : le projet qui veut réinventer le recyclage

Ils sont plus de 8 000 à sillonner chaque jour les rues du pays, sacs et charrettes chargés de plastique récupéré dans les poubelles ou à même le sol. Ces collecteurs informels de déchets, les « barbachas », restent invisibles aux yeux du système. Pourtant, ils constituent le premier maillon vivant de toute économie circulaire. Un projet porté par l’association Tunis Clean Up entend changer la donne : les intégrer dans une filière formalisée de tri, de valorisation et de recyclage. Premier grand chantier visé : la Médina de Tunis.  

Aucun système de recyclage performant ne peut fonctionner sans eux. Chaque jour, les barbachas récupèrent plastiques, métaux et cartons. Ils alimentent ainsi les filières industrielles de transformation des matières premières et réduisent les volumes de déchets enfouis. Leur apport est massif. Leur reconnaissance, inexistante. Ils ne bénéficient d’aucune protection sociale, d’aucun statut juridique, d’aucune sécurité professionnelle. Tunis Clean Up part de ce constat pour bâtir un cadre organisé. L’association entend former ces acteurs de terrain aux techniques de tri sélectif, aux normes de sécurité et aux circuits de valorisation. Elle prévoit également de les connecter directement aux restaurateurs, hôteliers et artisans de leur zone d’intervention. Une première phase de formation a d’ailleurs déjà démarré.

La Médina de Tunis, prochain laboratoire du recyclage intégré

Le choix de la médina comme territoire pilote est stratégique. Cet espace à forte densité artisanale et touristique génère des flux considérables de déchets valorisables. Le projet y prévoit un circuit complet : un centre de tri sélectif, des filières de transformation des matériaux récupérés et un espace d’exposition dédié aux produits issus du recyclage. Cette logique a déjà fait ses preuves dans la périphérie nord de la capitale. Des dispositifs similaires y ont permis de réduire la part des déchets non organiques, orientés ensuite vers le recyclage industriel ou la valorisation artistique. La médina représente donc l’étape suivante, plus visible, plus symbolique et plus complexe.

Trier différemment pour consommer autrement

Derrière l’enjeu opérationnel se dessine une ambition plus profonde. On ne peut pas traiter la gestion des déchets indépendamment des modes de production et de consommation. Généraliser le tri sélectif exige en effet une refonte des circuits de collecte, une montée en compétences de tous les acteurs et un changement de comportement à la source. En formalisant le rôle des barbachas, Tunis Clean Up ne règle pas seulement un problème social. L’association pose ainsi les fondations d’un écosystème économique et culturel où l’artisanat, le tourisme et l’environnement convergent autour d’une même matière première : le déchet.

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Détroit d’Ormuz : zéro tanker, cinq économies à genoux

Selon le rapport du FMI publié en avril 2026, cinq des huit économies exportatrices de pétrole directement touchées par la guerre au Moyen-Orient devraient connaître une contraction de leur PIB en 2026. Le Qatar enregistre la révision à la baisse la plus sévère, avec une chute de près de 15 points de pourcentage par rapport aux projections d’octobre 2025.

La quasi-paralysie du détroit d’Ormuz constitue le facteur déterminant de cette plongée économique. Depuis le début des hostilités le 28 février 2026, les traversées de tankers sont passées d’environ 70 navires par jour à un niveau proche de zéro, selon les données compilées par le FMI au 6 avril 2026. Le trafic aérien a subi un sort similaire : les départs ont chuté d’environ deux tiers à Dubaï, de près de trois quarts à Doha. Tandis qu’ils ont été totalement suspendus à Koweït City et à Manama.

Les frappes et les arrêts préventifs ont réduit les capacités de production et d’exportation pétrolière et gazière de plusieurs producteurs du Golfe, notamment en Irak, au Koweït et aux Émirats arabes unis. Et ce, tout en perturbant les opérations du complexe gazier de Ras Laffan au Qatar. La perte de capacité estimée dépasse 10 millions de barils par jour de pétrole et environ 500 millions de mètres cubes par jour de gaz naturel, indique le rapport.

Bahreïn, l’Iran, l’Irak, le Koweït et le Qatar sont les cinq économies projetées en contraction du PIB. Oman, dont l’accès à la mer se situe entièrement en dehors du détroit d’Ormuz, résiste mieux avec une révision à la baisse limitée à environ 0,5 point de pourcentage. Il bénéficie même d’un effet prix positif sur ses recettes pétrolières. À l’inverse, l’Iran et l’Irak voient leurs balances courante et budgétaire se dégrader sous l’effet conjugué des destructions d’infrastructures et de la fermeture du détroit, qui l’emporte sur le bénéfice de la hausse des cours.

Par ailleurs, les répercussions devraient être durables. En effet, les projections du FMI montrent que les niveaux de PIB des économies directement affectées resteraient en 2030 environ 2 % en dessous de leur trajectoire d’avant-guerre pour l’économie médiane du groupe. Le rapport rappelle en outre que les conflits longs ou graves laissent en moyenne des cicatrices économiques profondes. Avec un revenu par habitant inférieur d’environ 15 % à sa tendance d’avant-conflit, cinq ans après le début des hostilités.

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Tunisie : l’entrepreneuriat vert au secours des exclus du marché du travail

Un chiffre comme point de départ. Selon les projections de l’Organisation internationale du travail, la Tunisie dispose d’un gisement potentiel de 272 000 emplois verts à horizon 2030. C’est précisément ce levier qu’un nouveau projet international, baptisé « Meraviglia », ambitionne d’activer, en commençant par le gouvernorat de Nabeul.

L’initiative a été officiellement lancée le 9 mai 2026 au Centre culturel international de Hammamet. Elle est conduite par l’Association d’éducation relative à l’environnement de Hammamet (AERE), avec le soutien financier du programme européen Interreg NEXT MED, et court sur trois ans, de 2025 à 2028.

Un consortium méditerranéen à huit voix

Le dispositif repose sur une architecture partenariale inédite : huit organisations issues de six pays riverains de la Méditerranée (Tunisie, France, Italie, Liban, Jordanie et Turquie) se sont engagées autour d’une feuille de route commune. L’enjeu : faire émerger un entrepreneuriat à coloration écologique, capable à la fois de répondre aux défis climatiques et de générer des débouchés professionnels stables.

Terrain d’expérimentation désigné, le gouvernorat de Nabeul concentrera l’essentiel des interventions. Le programme prévoit d’y recenser six défis environnementaux de premier plan, avant de les convertir en projets économiques à fort potentiel d’emploi.

L’approche de « Meraviglia » se distingue par la précision de ses publics cibles. Jeunes et femmes faiblement qualifiés constituent le cœur de la démarche, des catégories que les promoteurs du projet décrivent comme confrontées à de réels obstacles d’accès à l’emploi, en dépit de la vitalité entrepreneuriale observée localement.

Car le diagnostic est posé sans ambages : de nombreuses initiatives vertes existent déjà, mais restent confinées à une faible visibilité et butent sur un triple verrou : un manque d’accompagnement; un déficit de formation; l’accès restreint aux financements. Les contraintes réglementaires et administratives viennent alourdir ce tableau, freinant l’essor d’un secteur pourtant porteur.

Un écosystème à construire, brique par brique

Pour y répondre, le projet articule plusieurs dispositifs complémentaires. Des tiers-lieux consacrés aux compétences environnementales verront le jour dans la région. Une académie virtuelle dédiée à l’entrepreneuriat vert constituera le pilier numérique du programme. Des parcours de formation hybrides, alliant e-learning, mentorat et phases d’immersion sur le terrain, compléteront l’offre pédagogique. Enfin, des résidences d’éco-entrepreneurs favoriseront les croisements interculturels entre participants des six pays membres du consortium.

À travers « Meraviglia », ses porteurs affichent une ambition qui dépasse le cadre projet : contribuer à structurer durablement un écosystème de l’économie verte en Tunisie, plus inclusif et mieux armé face aux exigences conjuguées de la transition écologique et de l’emploi durable.

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Le détroit d’Ormuz fermé, le monde retient son souffle et son portefeuille

Dans son rapport sur les perspectives économiques régionales publié en avril 2026, le Fonds monétaire international (FMI) décrit une situation inquiétante. La guerre déclenchée le 28 février 2026 au Moyen-Orient menace directement la croissance mondiale. Dans le scénario le plus défavorable, celle-ci pourrait tomber à 2 %.

La fermeture du détroit d’Ormuz et la destruction d’infrastructures énergétiques ont provoqué une forte hausse des prix. Cette flambée dépasse désormais les frontières de la région. Depuis le début du conflit, le baril de Brent dépasse les 100 dollars. Les prix du gaz naturel en Europe ont aussi bondi de près de 60 %. Selon le FMI, cette hausse dépasse le niveau observé juste après l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.

Dans son scénario de référence, le FMI suppose que les perturbations liées au conflit diminueront d’ici la mi 2026. L’institution prévoit aussi un prix moyen du baril autour de 82 dollars sur l’année. Dans ce contexte, la croissance mondiale atteindrait 3,1 % en 2026 puis 3,3 % en 2027. Ces résultats restent inférieurs au rythme récent de 3,4 % enregistré entre 2024 et 2025. Ils restent aussi loin de la moyenne historique de 3,7 % observée entre 2000 et 2019.

Le FMI envisage également un scénario plus difficile. Si les perturbations énergétiques persistent et que le pétrole atteint en moyenne 110 dollars le baril sur l’année, la croissance mondiale tomberait à 2,6 %. Dans le même temps, l’inflation mondiale grimperait à 5,4 %.

Le scénario le plus pessimiste prévoit des dégâts plus importants sur les infrastructures énergétiques. Il inclut aussi de fortes perturbations commerciales. Dans ce cas, la croissance mondiale pourrait chuter autour de 2 % en 2026. L’inflation dépasserait alors 6 % en 2027. Le FMI précise que les économies émergentes et en développement subiraient un impact presque deux fois plus fort que les économies avancées.

Le FMI rappelle enfin qu’il reste très difficile d’établir des prévisions fiables. L’incertitude autour de la durée et de l’intensité du conflit reste très élevée. L’accord de cessez-le-feu annoncé le 7 avril 2026 représente un signal positif. Toutefois, le maintien de cet accord et le retour de la stabilité régionale et mondiale resteront déterminants.

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Tuninvest SICAR : un bénéfice net qui triple en 2025 et un dividende de 1,250 dinar par action en vue

Le bénéfice net de Tuninvest SICAR a quasiment triplé en 2025, bondissant de 193 % pour atteindre 2,3 millions de dinars, selon les états financiers arrêtés au 31 décembre 2025 par le Conseil d’administration réuni le 29 avril 2026. Cette performance est portée essentiellement par les dividendes versés par les sociétés du portefeuille, notamment Nouvelair.

Fort de ces résultats, le Conseil d’administration a convoqué une assemblée générale ordinaire pour le 11 juin 2026, à l’occasion de laquelle il proposera aux actionnaires la distribution d’un dividende de 1,250 dinar par action.

Sur le plan de la gouvernance, Brahim Anane a démissionné de ses fonctions d’administrateur et de président du Conseil d’administration, remplacé par Mokhtar Zannad.

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Placements de Tunisie SICAF verse 3,200 dinars de dividende par action

La société Placements de Tunisie SICAF a fixé le montant de son dividende à 3,200 dinars par action, à l’issue de son assemblée générale ordinaire tenue le 5 mai 2026. Sachant que son chiffre d’affaire de l’exercice 2025 s’est élevé à 3,988 millions de dinars, soit une progression de 15,3 % par rapport à celui de 2024.

Le détachement du dividende est programmé pour le 12 mai 2026, tandis que le règlement débutera le 14 mai 2026. Les versements seront effectués auprès des intermédiaires en Bourse et des teneurs de comptes dépositaires de titres, par l’intermédiaire de Tunisie Clearing pour les titres qui y sont déposés.

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Diplômés chômeurs et enseignants suppléants : le concours externe du ministère de l’Éducation ravive les tensions

Face aux critiques d’un député, le ministère de l’Éducation rejette toute contradiction. Il maintient que son concours externe de recrutement d’enseignants, au titre de 2026, respecte la loi n°18 de 2025. Cette loi réserve des mesures exceptionnelles aux diplômés de l’enseignement supérieur en situation de chômage prolongé dans le secteur et la fonction publics.

En effet, le député Abdessalam Dahmani avait adressé une question écrite au ministère. Il lui demandait de justifier l’ouverture de ce concours au regard des dispositions exceptionnelles de ladite loi. Le député estime que ce concours porte atteinte aux droits des diplômés chômeurs de longue durée. Il juge également qu’il ignore les attentes des enseignants suppléants. Ces derniers ont travaillé des années sous contrat pour pourvoir des postes vacants. Leurs noms ne figurent pas dans la base de données.

Le 11 février 2026, le ministère de l’Éducation a ouvert ce concours externe par épreuves. Il cible les professeurs de l’enseignement secondaire, technique et technologique. Le ministère s’appuie sur l’arrêté du 21 mars 2014 pour justifier cette démarche.

Le ministère a également supprimé l’article 20 de l’arrêté conjoint du 13 novembre 2007. Cet article portait sur le régime du CAPES. Un arrêté du 7 août 2009 l’avait antérieurement modifié et complété.

La loi n°18 de 2025 est entrée en vigueur le 23 décembre 2025. Le Journal officiel de la République tunisienne l’a publiée à cette date. Elle prévoit une plateforme numérique pour enregistrer les données des candidats. Le classement accorde la priorité aux personnes de plus de 40 ans. Il favorise également ceux dont le diplôme remonte à plus de dix ans.

Les candidats doivent remplir plusieurs conditions : s’inscrire auprès des bureaux de l’emploi, ne pas cotiser de manière continue à un régime de retraite ou de protection sociale et ne pas détenir d’identifiant fiscal dans l’année précédant leur inscription. Enfin, ils ne doivent pas avoir contracté un crédit bancaire supérieur à 40 000 dinars au moment de leur inscription.

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Tunisie–UE: mobilité circulaire, visas et financement au cœur des échanges

Lors d’une conférence de presse organisée à la veille de la Fête de l’Europe, l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Giuseppe Perrone, a évoqué le principe de “mobilité circulaire”. Ce dispositif vise à permettre à des travailleurs tunisiens de se former en Tunisie, d’acquérir une expérience professionnelle en Europe, puis de revenir au pays avec de nouvelles compétences.

Sur la question des visas, il a rappelé que leur délivrance relève exclusivement des États membres de l’Union européenne. Il a toutefois précisé que l’UE travaille actuellement à la digitalisation et à l’accélération des procédures consulaires.

De son côté, le chef de la section commerce de la délégation européenne, Thierry Béranger, a détaillé le fonctionnement du “partenariat pour les talents”. Ce dispositif européen vise à répondre aux pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs, notamment le tourisme et l’hôtellerie.

Selon les responsables européens, plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de Tunisiens auraient déjà bénéficié de ces programmes de mobilité professionnelle. Ils reconnaissent toutefois la persistance de plusieurs obstacles, notamment la reconnaissance des diplômes, les lourdeurs administratives et l’insuffisance du dialogue avec le secteur privé.

Concernant l’assistance macrofinancière de 900 millions d’euros prévue dans le mémorandum d’entente signé en 2023 entre la Tunisie et l’Union européenne, Giuseppe Perrone a confirmé que cette enveloppe reste suspendue en l’absence d’accord entre Tunis et le Fonds monétaire international.

L’ambassadeur n’a toutefois pas exclu d’autres formes de soutien financier via des mécanismes alternatifs. Il a rappelé que ces financements prennent la forme de prêts à conditions avantageuses et restent liés à des garanties de stabilité économique et de mise en œuvre de réformes.

 

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SAH affiche un résultat net en hausse de 6% à 52,8 millions de dinars en 2025

La Société d’Articles Hygiéniques (SAH) a publié ses résultats annuels arrêtés au 31 décembre 2025, approuvés par son conseil d’administration le 29 avril 2026. Le résultat net individuel de la société s’établit à 52,8 millions de dinars, en progression de 6% par rapport aux 49,8 millions de dinars enregistrés en 2024.

Le résultat individuel avant impôt ressort à 57,5 millions de dinars, contre 53,7 millions l’année précédente, soit une hausse de 7%. Le résultat net part du groupe s’élève pour sa part à 63,3 millions de dinars, en progression de 2,7% par rapport aux 61,6 millions de l’exercice 2024. Le conseil d’administration a proposé à l’Assemblée générale ordinaire la distribution d’un dividende de 0,4 dinar par action au titre de l’exercice 2025. L’Assemblée générale ordinaire des actionnaires est convoquée pour le mardi 9 juin 2026.

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Migration, justice, commerce: l’Union européenne fait le bilan de son engagement en Tunisie

À la veille des célébrations de la Fête de l’Europe, l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Giuseppe Perrone, a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a présenté la nouvelle version de la cartographie en ligne des projets de coopération européens en Tunisie. L’occasion lui a également permis de dresser un bilan chiffré de l’engagement européen dans le pays, d’évoquer l’état de mise en œuvre du mémorandum d’entente de 2023 et de répondre aux questions sur des dossiers sensibles: migration, transparence des financements, visa, appui aux médias et à la justice, et politique étrangère européenne.

L’ambassadeur Perrone a annoncé le lancement de la version entièrement repensée de la cartographie en ligne de la coopération européenne en Tunisie, accessible sur le site de la délégation de l’Union européenne. Cet outil, qui existe depuis 2022, a été intégralement refondu dans sa forme et dans son contenu afin d’offrir une navigation plus intuitive et une meilleure accessibilité à l’information. La plateforme recense l’ensemble des projets de coopération bilatérale en cours, organisés par thématique; agriculture, environnement, santé, éducation, recherche, infrastructures, entre autres, et localisés sur une carte interactive du territoire tunisien. Chaque fiche projet détaille le montant engagé, les objectifs, les partenaires de mise en œuvre, les cofinancements éventuels, l’actualité des activités et les contenus visuels produits. Le site est mis à jour régulièrement et conserve les projets jusqu’à un an après leur clôture. Au moment de la conférence de presse, la plateforme recensait environ 87 projets en cours, un chiffre appelé à évoluer au fil des nouvelles signatures annuelles. L’ambassadeur a présenté cet outil comme un instrument de transparence destiné aux journalistes, aux chercheurs, au monde académique et à l’ensemble du public.

1,35 milliard d’euros de projets en cours…

Le volume total des projets de coopération actuellement en cours en Tunisie s’élève à environ 1 milliard 350 millions d’euros, sans inclure les prêts des institutions financières européennes. Par ailleurs, selon des données récemment reçues par la délégation, quelque 350 000 entreprises européennes sont établies en Tunisie, générant 480 000 emplois directs et indirects. L’ambassadeur a également rappelé que 70 % du commerce extérieur tunisien s’effectue avec l’Union européenne, et que la balance commerciale bilatérale de la Tunisie avec l’UE est excédentaire, à l’inverse de celle avec la Chine, qualifiée de “lourdement déficitaire”. Il a précisé que l’accord d’association de 1995 est à l’origine de 1,3 % du PIB tunisien et d’environ 3 % de la progression des niveaux de salaires, soulignant le rôle déterminant que ce cadre a joué dans la modernisation et l’intégration de l’industrie tunisienne dans les chaînes de valeur européennes. Enfin, près de 90 % des grands projets d’investissement en Tunisie proviendraient de l’Union européenne.

Un mémorandum d’entente aux résultats contrastés selon les axes

Interrogé sur l’état d’avancement du mémorandum d’entente signé en 2023 avec la Tunisie, premier accord de ce type conclu par l’Union européenne avec un pays de la région méditerranéenne, l’ambassadeur Perrone a indiqué qu’une mission d’évaluation venue de Bruxelles avait conduit, le mois précédant la conférence, un exercice périodique d’évaluation de sa mise en œuvre. Il a décrit une situation “non uniforme” selon les cinq axes du mémorandum : l’assistance financière, le commerce, la mobilité, les relations entre les peuples et l’énergie.

Les avancées les plus nettes ont été enregistrées sur les volets migratoire et énergétique. En matière de commerce, l’ambassadeur a reconnu un certain retard. Il a présenté le mémorandum comme un cadre donnant une nouvelle structuration à une relation bilatérale déjà établie, et non comme un instrument créant des obligations ex nihilo. Les projets encadrés par ce mémorandum sont consultables sur la cartographie en ligne. Il a renvoyé vers le site de la direction générale pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord de la Commission européenne.

Transparence des fonds: décisions publiques, audits et droit d’accès

En réponse à des questions sur la destination et le contrôle des financements européens, Thierry Béranger, chef de la section commerce de la délégation, a apporté des précisions détaillées sur les mécanismes en vigueur. Il a rappelé que toute décision de financement est arrêtée par la Commission européenne et rendue publique, après examen par un comité réunissant les représentants des États membres à Bruxelles, qui donnent leur aval. Les enveloppes allouées à la Tunisie sont ensuite définies en concertation avec les autorités tunisiennes, au premier rang desquelles le ministère de l’Économie et du Plan. Le choix du partenaire de mise en œuvre, celui qui gère le budget et conduit les activités, s’effectue dans le cadre de ce processus de formulation. Tous les projets sont systématiquement audités et évalués, et une partie de ces évaluations est rendue publique. Les journalistes disposent par ailleurs du droit de demander l’accès aux rapports, en vertu de la législation européenne sur l’accès aux documents.

À titre d’illustration des résultats concrets, il a cité le programme Creative Tunisie, récemment clôturé, dédié à la structuration de la filière artisanale. Grâce à l’intervention de l’ONUDI, financée par l’Union européenne, les potiers de Moknine ont doublé leur chiffre d’exportation en 5 ans; les producteurs de fibres végétales du sud du pays ont quant à eux entre doublé et triplé leurs chiffres d’affaires et d’exportation.

Projets judiciaires…

Interpellé sur le bilan d’un programme d’appui à la réforme du système judiciaire doté d’une enveloppe avoisinant les 100 millions d’euros, Thierry Béranger a retracé l’historique de ce soutien, conduit sur plus de 10 ans à travers 3 générations de programmes.

Les deux premières générations ont principalement porté sur l’appui aux infrastructures judiciaires, notamment la rénovation de tribunaux en régions et la digitalisation du système, dont certains résultats ont été repris et intégrés par le ministère de la Justice tunisien. La troisième génération a pris la forme d’un appui budgétaire, mécanisme par lequel des décaissements directs au Trésor public tunisien étaient conditionnés à l’atteinte d’indicateurs convenus d’un commun accord. Les grands indicateurs politiques, notamment l’indépendance de la justice, le Conseil supérieur de la magistrature et la mise en place des instances constitutionnelles, n’ont pas été atteints en raison d’une évolution de la trajectoire politique nationale. En revanche, des indicateurs plus techniques relatifs aux conditions d’incarcération des femmes et à la séparation des mineurs des adultes en détention ont été réalisés. Thierry Béranger a conclu que le succès de tels programmes dépend inévitablement de la volonté politique du moment, susceptible d’évoluer entre le lancement et la clôture d’un projet.

 

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ENNAKL Automobiles : les actionnaires percevront leur dividende dès le 15 juillet 2026

La société ENNAKL Automobiles a annoncé la distribution d’un dividende de 1 dinar par action au titre de l’exercice 2025. Cette décision a été actée lors de l’Assemblée Générale Ordinaire réunie le 29 avril 2026.

Le détachement du dividende interviendra le 13 juillet 2026. La mise en paiement effective au profit des actionnaires s’effectuera le 15 juillet 2026.

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ITCEQ – Savoirs Éco : trois ans de partenariat qui ont redessiné la recherche économique en Tunisie

Financé à hauteur de 4,5 millions d’euros par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, le projet « Savoirs Éco » a marqué la clôture de son partenariat avec l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), le 7 mai 2026, lors d’une cérémonie organisée à Tunis.

En trois ans de collaboration, l’ITCEQ a développé deux modèles économétriques inédits, lancé une plateforme intégrée de données, organisé treize rencontres-débats converties en notes de politique économique et tenu son premier congrès international. Institutions publiques, chercheurs, représentants universitaires, société civile et partenaires internationaux se sont retrouvés pour dresser le bilan d’une expérience qu’ils ont unanimement qualifiée de « transformatrice ».

La cérémonie de clôture du partenariat entre Savoirs Éco et l’ITCEQ a ainsi réuni, dans la soirée de jeudi 7 mai, l’ensemble des acteurs qui ont contribué à faire vivre l’une des collaborations les plus importantes inscrites au portefeuille d’Expertise France en Tunisie.

Une coopération ancrée dans une ambition partagée

A cette occasion, Anne Guéguen, ambassadrice de France en Tunisie, a rappelé dans son allocution l’ampleur de la coopération scientifique et technique franco-tunisienne. Il s’agit de près de 10 millions d’euros investis entre 2011 et 2026, 1 200 projets financés, 2 000 doctorants formés en cotutelle et 800 000 euros engagés chaque année dans des partenariats mixtes de recherche portant sur des thématiques aussi transversales que le climat ou l’intelligence artificielle. Elle a également évoqué le volet archéologique de cette coopération, décliné à travers trois missions actives à Haïdra, Béja et Thapsus, à la hauteur de l’héritage exceptionnel de la Tunisie dans ce domaine.

Insistant sur le rôle fondateur de la recherche appliquée dans l’élaboration des politiques publiques, la diplomate a appelé au développement de projets similaires à Savoirs Éco, seuls à même de créer les conditions d’une analyse robuste dans un monde traversé par des ruptures systémiques. « La production de savoirs économiques est capitale, mais elle constitue la base de l’édifice », a-t-elle déclaré.

De son coté, Marco Stella, chef de section de développement économique à la Délégation de l’Union européenne en Tunisie, a replacé Savoirs Éco dans le cadre plus large de l’appui européen à la gouvernance économique en Tunisie, initié dès 2021. Il a souligné l’originalité d’un projet qui a délibérément travaillé avec des acteurs institutionnels nationaux dont la collaboration habituelle avec les partenaires européens n’allait pas de soi. Illustrant ainsi la volonté d’élargir le périmètre des partenariats. Il a salué l’ITCEQ comme un organisme aujourd’hui renforcé, capable d’éclairer les décisions de politique publique et d’alimenter le débat sur les questions économiques et de développement durable.

Par ailleurs, Alaya Becheikh, directeur général de l’ITCEQ, a articulé son bilan autour de trois facteurs clés : la singularité d’une approche multidimensionnelle touchant simultanément au capital institutionnel, humain et organisationnel de l’Institut; la parfaite adéquation du projet avec la stratégie de transformation 2023-2025 de l’ITCEQ, préalablement définie avant même le démarrage de la collaboration; et la qualité exemplaire de la gestion partenariale entre les deux équipes. « Plus qu’un simple appui, Savoirs Éco a apporté une rigueur et une exigence professionnelle qui ont stimulé nos équipes à donner le meilleur d’elles-mêmes », a-t-il affirmé. Il a rendu un hommage appuyé à Stéphane Rivet, directeur d’Expertise France Tunisie, pour son engagement constant tout au long du projet. Alors que ce dernier s’apprête à rejoindre de nouveaux horizons professionnels.

Des réalisations concrètes sur le terrain

Nejla Koubaa, coordinatrice du projet au sein de l’ITCEQ, a livré le bilan opérationnel le plus détaillé de la soirée. En trois ans, Savoirs Éco a permis le développement de deux modèles économétriques majeurs : un modèle intégrateur fondé sur les données d’enquête propres à l’ITCEQ et les bases de données internationales; et un modèle de prospective à long terme adapté au contexte tunisien à partir d’un outil de référence internationale.

Sur le volet système d’information, un diagnostic global a conduit au lancement d’un projet de plateforme intégrée de données, infrastructure moderne appelée à transformer en profondeur le mode de production et de diffusion de la connaissance au sein de l’Institut, ainsi qu’à la refonte du site institutionnel.

En outre, treize rencontres-débats ont été organisées depuis le lancement, toutes converties en notes de politique économique. Et l’ITCEQ a tenu en 2025 son premier congrès international. L’ensemble des chercheurs de l’Institut a par ailleurs bénéficié de formations portant sur l’évaluation des politiques publiques, l’analyse de données et la prise de parole en public. Mme Koubaa a résumé les enseignements du projet en quatre points : la nécessité de faire circuler la connaissance au-delà des institutions productrices, l’agilité comme facteur de résilience face aux imprévus, la déontologie de la collaboration comme condition du partenariat durable, et l’impératif qu’un projet soit porté de l’intérieur pour produire un changement institutionnel réel. Elle a remercié Alexis Ghosn, premier chef de projet Savoirs Éco, pour avoir posé les fondations de la collaboration lors de la phase la plus exigeante, ainsi que son successeur Baptiste Pain, qui a su s’intégrer immédiatement à la dynamique collective.

Des partenariats scientifiques au service de la durabilité

Pour sa part, Patrick Guillaumont, président de la FERDI, s’est exprimé en visioconférence. Il a rappelé que la FERDI avait accompagné l’ITCEQ à travers deux programmes de mentorat ayant permis aux chercheurs de confronter leurs travaux aux standards internationaux les plus exigeants, débouchant sur deux notes de politique économique : l’une sur la fiscalité environnementale en Tunisie, co-rédigée avec l’Université de Clermont-Ferrand, l’autre sur la résilience de l’économie tunisienne.

Christophe Cottet, directeur de l’AFD Tunisie, a témoigné de la coopération technique menée en parallèle à travers le déploiement d’un outil de modélisation des implications économiques et financières du changement climatique, appliqué en particulier au secteur agricole tunisien. Il a insisté sur la durabilité comme critère premier d’une coopération réussie, en précisant que les droits de propriété intellectuelle des modèles développés sont partagés avec l’ITCEQ, garantissant leur existence au-delà de la présence des partenaires. « Ce qui fait qu’une coopération est réussie, c’est que les outils perdurent au-delà de la présence de la coopération », a-t-il résumé.

Des chercheurs transformés par l’expérience

Alexis Ghosn, premier chef de projet Savoirs Éco au sein d’Expertise France, a mis en lumière avec recul la complexité du défi initial : articuler, au sein d’un seul projet de coopération technique, les temporalités longues de la recherche, les besoins urgents du décideur public et la pression médiatique du temps court. L’intervenant a annoncé qu’Expertise France avait depuis lors formalisé une stratégie propre à la coopération dans le domaine de la recherche appliquée au service des politiques publiques dans les pays du Sud, ouvrant la voie à de futures initiatives au Maroc, en Angola et dans d’autres géographies, à l’échelle nationale comme régionale.

Olfa Bouzaiene, directrice de la Division Synthèse et Modélisation de l’ITCEQ, a illustré à travers son propre parcours l’impact concret des formations reçues : une première expérience de vulgarisation médiatique à la suite d’une enquête sur la digitalisation des entreprises tunisiennes, une participation à des émissions radiophoniques et une présence accrue dans les milieux universitaires. Elle a décrit les sessions consacrées aux techniques de communication, à l’analyse de données et à la collaboration avec les journalistes comme des outils essentiels ayant permis de combler le fossé entre rigueur économétrique et exigences de la communication publique.

Vers une institutionnalisation du lien entre recherche et décision publique

Mme Fatma Marrakchi, Présidente du laboratoire d’intégration économique internationale (LIEI), a témoigné des collaborations nouées avec l’ITCEQ, notamment autour de colloques sur le positionnement de l’économie tunisienne face à la fragmentation de l’économie mondiale, et annoncé qu’une étude commune portant sur le commerce international croisé aux exigences environnementales était en cours d’élaboration. Elle a plaidé, rejointe en cela par Saif Ben Sassi, directeur général du Centre de recherches et d’études sociales, pour l’institutionnalisation du lien entre monde académique et décideurs publics. Tous deux ont convergé vers le même constat : le pont entre chercheurs et gouvernement existe, mais il demeure informel et insuffisamment structuré, là où une plateforme formelle de dialogue permettrait de fonder les décisions de politique économique sur des données quantifiées et des analyses rigoureusement validées. M. Ben Sassi a, de son côté, insisté sur la nécessité pour le chercheur de développer une posture de communicateur, seule à même de garantir que les résultats de la recherche appliquée trouvent leur chemin jusqu’aux décideurs et à la société.

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Mémorandum UE-Tunisie : des avancées sur la migration et l’énergie

Une mission d’évaluation venue de Bruxelles a conduit au mois d’avril un exercice périodique d’évaluation de la mise en œuvre du mémorandum d’entente signé en 2023 avec la Tunisie, premier accord de ce type conclu par l’Union européenne avec un pays de la région méditerranéenne.

L’ambassadeur Giuseppe Perrone a indiqué lors d’une conférence de presse tenue le 7 mai 2026 organisée par la délégation de l’Union européenne  que la situation est non uniforme selon les cinq axes du mémorandum que sont l’assistance financière, le commerce, la mobilité, les relations entre les peuples et l’énergie. Les avancées les plus nettes ont été enregistrées sur les volets migratoire et énergétique, alors qu’en matière de commerce l’ambassadeur a reconnu un certain retard.

Il a présenté le mémorandum comme un cadre donnant une nouvelle structuration à une relation bilatérale déjà établie, et non comme un instrument créant des obligations ex nihilo. Les projets encadrés par ce mémorandum sont consultables sur la cartographie en ligne, et pour un état des lieux détaillé de sa mise en œuvre il a renvoyé vers le site de la direction générale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord de la Commission européenne.

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