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Une base militaire israélienne secrète dans le désert irakien !

On sait depuis longtemps que le Kurdistan irakien était toujours un terrain de prédilection pour le Mossad où ses agents avaient la liberté d’action pour comploter contre le régime de Saddam Hussein durant la dernière décennie du siècle dernier jusqu’à sa chute en 2003.

On sait aussi que ce même Kurdistan, surtout avec l’établissement de la gigantesque base militaire américaine à Erbil, est utilisé systématiquement pour la déstabilisation de l’Iran.

Mais alors que la guerre d’agression israélo-américaine fait rage depuis le 28 février, le Wall Street Journal nous apprend dans son édition du samedi 9 mai qu’« Israël a établi une base militaire secrète dans le désert de l’Ouest irakien pour appuyer la campagne de bombardements contre l’Iran. »

Selon des sources citées par le journal, « ce poste militaire a été établi juste avant le début de la guerre le 28 février et servait de base logistique à l’armée de l’air israélienne. Des forces spéciales israéliennes et des équipes de recherche et de sauvetage y ont été déployées au cas où des avions de chasse israéliens seraient abattus. »

On apprend également que « début mars, des bergers locaux ont signalé une activité militaire inhabituelle dans l’Ouest de l’Irak, (c’est-à-dire du côté des frontières avec la Jordanie et la Syrie). Mais quand des soldats irakiens se sont rendus sur place pour enquêter, ils ont été pris pour cible par des frappes aériennes israéliennes. »

À l’époque, le gouvernement irakien était à mille lieux de penser que ces frappes étaient d’origine israélienne. Il a imputé ces frappes aux États-Unis. L’armée irakienne n’a rien pu faire d’autre que rendre publique cette banale réaction : « Cette opération inconsidérée a été menée sans coordination ni autorisation. »

L’article du Wall Street Journal a suscité une vive controverse en Irak. Pour les Irakiens, il est bien évident que les Etats-Unis ne peuvent pas ne pas être au courant de la base mise en place par Israël.

Des recoupements et des connections sont établis par la presse irakienne entre « les affrontements avec une force non identifiés le 4 mars et, presque au même moment, les bombardements américains contre le ‘Hachd Achaabi’. »

D’un autre côté, une source sécuritaire irakienne a déclaré aux médias saoudiens qu’une activité militaire d’« origine inconnue » avait été observée dans l’ouest de l’Irak, mais que « les Américains avaient alors informé les forces irakiennes qu’il était impératif de ne pas s’approcher de la zone pour des raisons de sécurité ».

La fureur des Irakiens est d’autant plus grande que depuis l’invasion de 2003, les États-Unis contrôlent jusqu’à ce jour les revenus pétroliers irakiens. Une incongruité qui confère à Washington un important levier d’influence sur Bagdad. L’administration Trump, à l’instar de ses précédentes, ne manquera certainement pas de s’en servir pour tenter d’influencer la politique du futur gouvernement, principalement vis-à-vis de l’Iran, que dirigera le nouveau Premier ministre Ali al-Zaid.

Beaucoup en Irak et dans le monde arabe se demandent pour quelle mystérieuse raison, aucun des gouvernements irakiens successifs n’a eu le courage et la fermeté de reprendre de la main des Américains le contrôle de la principale richesse du pays ?!

Sur un autre plan, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a eu hier l’outrecuidance de critiquer la Chine pour son aide apportée à l’Iran. En effet, dans une interview diffusée sur la chaîne américaine CBS News dans l’émission 60 Minutes, il a accusé la Chine de fournir « des composants spécifiques pour la fabrication de missiles. »

L’arrogance de ce psychopathe n’a pas de limites. Celui qui depuis des décennies reçoit de l’Amérique des millions de tonnes d’armements et des dizaines de milliards de dollars en cash pour mener massacres massifs, nettoyage ethnique et génocide, se permet de s’en prendre à la Chine pour avoir aidé l’Iran à se défendre contre des agresseurs enragés !

En d’autres termes, Netanyahu s’en prend à la Chine parce qu’elle s’est posée en rempart, empêchant deux puissances nucléaires sans foi ni loi de détruire un pays de 90 millions d’âmes parce que son gouvernement ne plait pas aux forcenés de Tel-Aviv et de Washington ! Car, comme tout le monde sait, sans les missiles avec lesquels la République islamique s’est vaillamment défendue, le fils du Chah, cet hurluberlu, serait aujourd’hui au pouvoir à Téhéran en fidèle serviteur de ses maitres qui tirent les ficelles depuis Washington et Tel-Aviv.

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Abou Dhabi à l’index dans le monde arabe

Bien loin le temps où l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis étaient alliés et partenaires, coordonnant leur politique dans le Golfe. Ils étaient les deux pays les plus influents du Conseil de Coopération du Golfe. Ryadh par la superficie, la population et les immenses réserves pétrolières; Abou Dhabi par son dynamisme diplomatique et sa puissance financière inversement proportionnels à sa ta taille et sa population minuscules.

L’entente entre les deux pays a connu son apogée en 2011, à la suite du déclenchement des troubles à grande échelle dans le monde arabe quand Riadh et Abou Dhabi s’employaient à en préserver le Golfe.

C’est ainsi que des troupes saoudiennes et émiraties furent envoyées à Bahreïn pour mater le soulèvement qui avait fait vaciller le régime en place. C’est ainsi que les deux pays s’accordèrent sur la nécessité d’offrir une aide financière substantielle au maréchal Abdelfattah Sissi qui venait alors de mettre fin au régime désastreux de Mohammed Morsi. C’est encore ainsi qu’en 2015, les armées des deux pays se lancèrent dans l’opération militaire au Yémen contre les Houthis. Et c’est ainsi, enfin, qu’en 2017, Ryadh et Abou Dhabi imposèrent ensemble un blocus contre le Qatar, leur partenaire au CCG, accusé de soutenir nombre d’organisations terroristes.

La tension qui couvait depuis la normalisation des relations des Emirats avec Israël en 2020 s’est aggravée quand les Emiratis sont intervenus en 2023 dans le conflit soudanais. Et ce, en soutenant financièrement et militairement les « Forces de Soutien Rapide (FSR) » contre l’armée régulière du Soudan.

Puis la tension a éclaté violemment sur la scène publique en décembre 2025, quand l’aviation saoudienne est intervenue contre les combattants sécessionnistes du « Conseil de Transition du Sud », soutenus eux aussi financièrement et militairement par Abou Dhabi.

Même la Somalie et sa partie sécessionniste du Somaliland ont contribué à nourrir la tension entre Riadh et Abou Dhabi. Celui-ci, très actif au Somaliland, est soupçonné d’avoir facilité l’entrée en scène dans la Corne de l’Afrique d’Israël à la suite de la reconnaissance par Tel-Aviv de la province sécessionniste qui s’ouvre directement sur le Golfe d’Aden.

Même la guerre d’agression américano-sioniste contre l’Iran, qui a pourtant endommagé gravement les intérêts des deux pays, a contribué à tendre encore un peu plus les relations entre Ryadh et Abou Dhabi. La décision des Emiratis de quitter brusquement l’OPEP et l’OPEP+, s’ajoute à la longue liste saoudienne des griefs envers leur voisin.

Etonnamment, la décision des Emirats de se désolidariser avec les membres des organisations pétrolières a rendu publique la crise silencieuse qui couvait depuis quelque temps entre Alger et Abou Dhabi.

Dans un discours public, le président algérien Abdelmajid Tebboune a affirmé : « Nous avons de très bonnes relations avec tous les pays du Golfe, sauf un que je ne nommerai pas… ». Répondant à une question sur la décision émiratie de quitter l’OPEP, le président Tebboune à répondu sèchement : « C’est un non-événement. »

Beaucoup sont surpris de cette brusque montée de la tension entre Alger et Abou Dhabi. D’après des sources algériennes, « le gouvernement algérien détient des preuves irréfutables de l’immixtion des Emiratis dans les affaires intérieures de l’Algérie ».

Rappelons que depuis des années, le « Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie », établi en France, œuvre à séparer la Kabylie de l’Algérie. A cet égard, le 20 avril 2024, le dirigeant de ce Mouvement, Farhat Mhenni, proclamait, en France, « la renaissance de l’État kabyle, avec une formalisation de l’indépendance le 14 décembre 2025 ».

D’après des commentateurs algériens, « les Emirats financent ce mouvement séparatiste et cherchent donc à déstabiliser l’Algérie ».

Nombre d’analystes arabes et occidentaux estiment que les Emirats arabes unis, étant devenus un géant financier, se sont engagés dans des rôles et des missions qui dépassent largement leur taille réelle. Rappelant ainsi la fable de la Fontaine : « La grenouille et le bœuf »

Le problème est que ce rôle et ces missions consistent en des interventions souvent néfastes pour les pays en question. Le Yémen, la Syrie, la Libye, le Soudan et la Somalie notamment en sont témoins.

Les Emirats arabes unis sont sans doute libres de choisir de s’allier avec qui ils veulent. Mais que cela ne se fasse pas au détriment de la stabilité et des intérêts des pays arabes dont nombre d’entre eux ont souffert et souffrent encore des grandes ingérences de ce petit pays dans leurs affaires intérieures.

Les relations entre les Etats-Unis et Israël d’une part et les Emirats arabes unis d’autre part n’ont cessé de se développer ces dernières années, en dépit du génocide de Gaza, des crimes quotidiens des colons en Cisjordanie et de la guerre destructrice contre le Liban, sa population et ses infrastructures. A tel point que dans nombre de pays arabes, les réseaux sociaux ont baptisé Abou Dhabi « le cheval de Troie d’Israël dans le Golfe ».

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