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Afrique : quelle place pour la France ?

L’ouverture du sommet Africa Forward, nouvelle dénomination des traditionnels sommets France-Afrique, intervient au moment où la France a largement perdu de son influence sur le continent, en particulier au Sahel. L’occasion aussi de tirer le bilan de cette relation entre l’ancienne puissance coloniale et le continent, ce au terme des près de dix ans de pouvoir d’E. Macron. Si ce dernier avait d’emblée manifesté sa volonté de refonder la relation entre la France et ses anciennes colonies du continent, force est de constater que le président Macron n’a pas véritablement réussi dans son entreprise de reconstruction de la « politique africaine » de la France.

 

Le poids du passif de la « Françafrique »

Ancienne puissance coloniale, le cas de la France est significatif. Puissance moyenne et régionale, la France n’a pas renoncé à exercer son influence sur le continent africain. Au terme des divers processus de décolonisation, la France a malgré tout déployé des rapports de domination plus indirects. Une forme de néocolonialisme connu sous le nom de « Françafrique », qui visent les puissants réseaux politiques, économiques, miliaires (bases militaires au Gabon, en Côte d’Ivoire, en Centrafrique ou à Djibouti…) et autres systèmes d’alliances qui ont permis à l’ancienne puissance coloniale de peser et d’influencer l’ordre interne des pays francophones d’Afrique. La Françafrique a ainsi perduré au-delà de la présidence du général de Gaulle, y compris par l’ingérence, la corruption et le paternalisme (à la base du modèle postcolonial).

D’emblée, l’influence française a néanmoins été concurrencée (dans les domaines stratégiques du militaire, de l’énergie, des matières premières et du commerce) durant la guerre froide par l’URSS, mais aussi par les Etats-Unis.

 

Une séquence historique de rejet de la France

Désormais, l’influence de la France est confrontée à une double contestation. D’un côté, de nouveaux partenaires comme la Chine, la Russie ou la Turquie déploient des stratégies offensives en Afrique. De l’autre, suivant un mouvement de fond, les pays du continent prennent leurs distances avec la France, et l’Europe en général. De jeunes leaders politiques, militaires et religieux soutenus par des franges substantielles des populations civiles (mues par un ressentiment du passé colonial, mais aussi par le rejet des « valeurs occidentales » et double jeu de dirigeants français qui, tout en prônant la démocratie, ont régulièrement soutenu des dictateurs autocrates au nom d’intérêts propres) sont porteurs d’un discours nationaliste qui rejette une présence militaire française perçue comme l’héritage de l’époque coloniale.

Véritable tournant historique, la fin de l’« opération Barkhane » est l’aboutissement de cette dégradation des relations avec les pays de l’Afrique subsaharienne : fin novembre 2024, le Sénégal et le Tchad ont annoncé leur volonté de rompre leurs accords de coopération militaire avec la France, des décisions qui font suite au départ forcé des troupes françaises de trois pays sahéliens voisins : le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Une éviction qui se conjugue à un inexorable déclin du poids commercial de la France sur l’ensemble du continent. Si la France demeure le deuxième investisseur sur l’ensemble du continent africain et tente de diversifier ses partenariats commerciaux (avec les pays de l’Afrique anglophone), ses positions commerciales sont de plus en plus concurrencées par des intérêts chinois, turques ou indiens lestés du poids d’un passé colonial.

Pour tenter de relancer ces relations, la France investit désormais dans la dimension mémorielle des relations avec les pays africains, comme l’atteste l’adoption définitive du texte de loi tendant à faciliter les restitutions des œuvres d’art pillées durant la colonisation. Il s’agit là d’un geste politique et symbolique fort en vue de construire des relations sur des bases apaisées.

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Sommet Africa Forward: l’heure des choix stratégiques

Du 11 au 12 mai 2026, Nairobi vibrera au rythme du sommet Africa Forward, co-organisé par le Kenya et la France. L’événement signe la refondation des relations franco-africaines. L’objectif étant de mettre en place  des partenariats équilibrés, dopés à l’innovation et à la croissance. Ainsi plusieurs représentants d’États, entreprises, jeunes talents, artistes, société civile et diasporas se mobilisent pour catalyser les investissements et contrer les urgences partagées de la santé à la souveraineté alimentaire, en passant par le numérique, l’énergie et la connectivité.

Le 11 mai, l’Université de Nairobi mettra la jeunesse et les secteurs stars (sport, industries culturelles et créatives) sous les feux des projecteurs. Côté business, un forum majeur piloté par BPI France, Business France et Proparco ( filiale de l’AFD)  réunira 4 500 dirigeants, dont 50 PDG prêts à lancer une coalition choc pour l’industrialisation durable et la transition énergétique.

Le 12, les poids lourds entrent en scène : présidents français et kényan, homologues africains, ONU,  Banque africaine de développement seront également présents. Au menu : financement du développement, paix et sécurité, industrialisation durable et transition énergétique.

La présence tunisienne  au rendez-vous

Quant à la présence tunisienne, elle est fortement représentée par une délégation tunisienne du haut niveau qui sera accompagnée par une vingtaine d’entreprises ainsi que six start ups qui prendront par à cet événement.  Membre de la ZLECAf et du COMESA, ancrée dans l’UE par son accord d’association,  aujourd’hui, la Tunisie vise les marchés continentaux et les 1 500 décideurs attendus à Nairobi.

Pour la Tunisie, l’enjeu est important : ce rendez vous incontournable a pour  objectif de nouer des partenariats concrets et de mieux s’insérer dans les dynamiques économiques africaines

Lire aussi: Cynthia Gnassingbé-Essonam : « La ZLECAf, unique chance pour bâtir le marché africain du futur »

Il convient de noter que la Tunisie bénéficie du programme Qawafel, un levier pour propulser startups et PME tunisiennes à l’échelle du continent africain, financé par la France et mis en oeuvre par Expertise France. 

Lire aussi: Hafedh Ben Afia : « Nous sommes tous engagés pour une Afrique forte, indépendante et prospère »

Côté humain, la diaspora fait le lien : près d’un million de Français ont des racines tunisiennes, sur 7 millions liés au continent. Mobilités, projets et affinités boostent les échanges.

Les chiffres qui comptent

La France, 4e investisseur africain, pèse 52 milliards d’euros d’IDE (dont 3 milliards d’euros en Tunisie), 65 milliards d’échanges (9 milliards d’euros avec la  Tunis) et 500 000 emplois créés (70 000 en Tunisie).

Reste à savoir quelle place occupera la Tunisie lors du sommet « Africa Forward », dans les partenariats entre les pays africains et la France pour l’innovation et la croissance. Une chose est sûre : c’est une aubaine pour la Tunisie, qui peut capitaliser sur ses atouts en énergies renouvelables et en numérique pour rayonner sur le continent africain. Tout le monde le sait : selon les projections de l’ONU, l’Afrique pourrait compter environ 2,5 milliards d’habitants en 2050, et jusqu’à 4,4 milliards en 2100. L’avenir, serait probablement l’Afrique.

L’événement est pensé comme un sommet très opérationnel, centré sur les affaires, avec un forum privé le premier jour, puis une séquence politique le second jour, afin de favoriser la signature de contrats, l’annonce d’investissements et la structuration de partenariats.

Le message central est un changement de paradigme : il ne s’agit plus seulement de commercer avec l’Afrique, mais surtout d’investir sur place, de développer des chaînes de valeur locales, de soutenir l’emploi et de renforcer la co-industrialisation.

Le sommet met aussi l’accent sur le financement, de-risking des investissements, et plusieurs secteurs stratégiques comme l’énergie, le numérique, l’agriculture, la santé, l’économie bleue, le spatial et les industries créatives.

Enfin, ce sommet s’inscrit dans une séquence plus large avant le G7 accueilli par la France, avec l’idée de porter les priorités africaines dans les grandes discussions économiques mondiales.

 

Nous y reviendrons…

 

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