Le détroit d’Ormuz fermé, le monde retient son souffle et son portefeuille
Dans son rapport sur les perspectives économiques régionales publié en avril 2026, le Fonds monétaire international (FMI) décrit une situation inquiétante. La guerre déclenchée le 28 février 2026 au Moyen-Orient menace directement la croissance mondiale. Dans le scénario le plus défavorable, celle-ci pourrait tomber à 2 %.
La fermeture du détroit d’Ormuz et la destruction d’infrastructures énergétiques ont provoqué une forte hausse des prix. Cette flambée dépasse désormais les frontières de la région. Depuis le début du conflit, le baril de Brent dépasse les 100 dollars. Les prix du gaz naturel en Europe ont aussi bondi de près de 60 %. Selon le FMI, cette hausse dépasse le niveau observé juste après l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.
Dans son scénario de référence, le FMI suppose que les perturbations liées au conflit diminueront d’ici la mi 2026. L’institution prévoit aussi un prix moyen du baril autour de 82 dollars sur l’année. Dans ce contexte, la croissance mondiale atteindrait 3,1 % en 2026 puis 3,3 % en 2027. Ces résultats restent inférieurs au rythme récent de 3,4 % enregistré entre 2024 et 2025. Ils restent aussi loin de la moyenne historique de 3,7 % observée entre 2000 et 2019.
Le FMI envisage également un scénario plus difficile. Si les perturbations énergétiques persistent et que le pétrole atteint en moyenne 110 dollars le baril sur l’année, la croissance mondiale tomberait à 2,6 %. Dans le même temps, l’inflation mondiale grimperait à 5,4 %.
Le scénario le plus pessimiste prévoit des dégâts plus importants sur les infrastructures énergétiques. Il inclut aussi de fortes perturbations commerciales. Dans ce cas, la croissance mondiale pourrait chuter autour de 2 % en 2026. L’inflation dépasserait alors 6 % en 2027. Le FMI précise que les économies émergentes et en développement subiraient un impact presque deux fois plus fort que les économies avancées.
Le FMI rappelle enfin qu’il reste très difficile d’établir des prévisions fiables. L’incertitude autour de la durée et de l’intensité du conflit reste très élevée. L’accord de cessez-le-feu annoncé le 7 avril 2026 représente un signal positif. Toutefois, le maintien de cet accord et le retour de la stabilité régionale et mondiale resteront déterminants.
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