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Mohamed Ali Nafti: « La Tunisie pourrait devenir un hub régional des phosphates »

En direct de la réunion ministérielle MED9++, le ministre des Affaires étrangères de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti a appelé à une refonte de la coopération méditerranéenne autour de la sécurité alimentaire et de l’approvisionnement stratégique.

Face à une quarantaine d’États et d’organisations internationales, la Tunisie a affirmé sa volonté de ne plus subir les fluctuations géopolitiques, mais de devenir un acteur central de la résilience régionale.

La fin de « la faim comme arme »

Selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères, le ministre a exhorté ses homologues à condamner l’usage de l’insécurité alimentaire comme levier de pression politique.

Pour garantir cet accès vital, Mohamed Nafti propose une diversification des sources d’approvisionnement en produits de base, particulièrement pour les engrais transitant par le détroit d’Ormuz. Cette vision rejoint le besoin de “ visibilité stratégique” souligné par les experts économiques qui déplorent actuellement un manque de lisibilité nationale face aux crises internationales.

L’innovation et la production locale : un choix souverain

Le ministre a formulé cinq propositions majeures, plaçant la production locale au cœur d’un « choix souverain ». Il appelle à :
Investir massivement dans les chaînes de valeur agricoles.
Renforcer le transfert technologique et l’innovation pour bâtir un secteur agricole moderne.
Mettre en place des financements « innovants » adaptés aux spécificités des pays du Sud.

La Tunisie, futur hub régional des phosphates

Mohamed Ali Nafti a conclu son intervention en mettant en avant l’atout stratégique de la Tunisie : sa capacité à devenir un hub régional pour la production et la distribution d’engrais phosphatés. En misant sur cette ressource, le pays espère non seulement renforcer sa propre économie mais aussi stabiliser les marchés dépendants de cette ressource essentielle.

Rappelons que la réunion ministérielle des pays MED9++ sur le « Soutien à la sécurité alimentaire et à l’accès aux engrais » a réuni des ministres et hauts représentants de plus de 40 pays méditerranéens et partenaires afin d’examiner les conséquences des perturbations touchant les chaînes mondiales d’approvisionnement en énergie, engrais et produits alimentaires, ainsi que de renforcer la coopération régionale en matière de sécurité alimentaire et de résilience des systèmes agroalimentaires.

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Investir dans l’humain pour bâtir une croissance durable

Sous le patronage de Organisation arabe pour le dialogue, la 77e session virtuelle du salon culturel de Dr. Hanane Youssef a donné le coup d’envoi à une ambitieuse initiative intitulée : « L’investissement dans l’humain ».

Devant une élite issue des milieux de la culture, des médias et de l’éducation, la professeure en communication a souligné que la transformation des individus en capital productif, à travers l’éducation, la formation et la santé, constitue la clé d’une croissance économique durable.  » C’est un projet infaillible et un investissement rentable », a-t-elle affirmé.

Les échanges, riches et multidimensionnels, ont porté sur plusieurs thématiques majeures : une éducation adaptée aux besoins du marché du travail, la santé comme moteur de productivité, la durabilité centrée sur l’humain, l’auto-investissement, le rôle libérateur des technologies ainsi que la responsabilité culturelle des médias.

Parmi les intervenants figuraient Dr. Mani Al-Hadidi, qui a évoqué la famille comme premier espace de construction de la conscience, ainsi que Dr. Adel Mahmoud, qui a plaidé en faveur d’un enseignement innovant et obligatoire.

De son côté, Dr. Iman Soueilm a mis en avant l’importance de l’intelligence artificielle, de l’entrepreneuriat et du développement de l’esprit critique, tandis que la poétesse syrienne Rimah Al-Kazli a appelé à la construction d’un modèle culturel enraciné dans l’authenticité et ouvert sur le monde.

Dr. Alaa Regab a, pour sa part, critiqué les médias « prisonniers des tendances éphémères », plaidant pour des contenus capables de former et d’éveiller les consciences. Les universitaires Ali Awad et Mohammed Karim Al-Sa’idi ont, quant à eux, insisté sur la nécessité de concilier tradition et modernité afin de construire un individu équilibré et résilient.

À l’issue de cette rencontre, Dr. Hanane Youssef a dévoilé une feuille de route accompagnée de recommandations axées sur l’éveil des consciences, une priorité qui guidera les actions des prochains mois en partenariat avec les secteurs public et privé.

Cette session s’est finalement imposée comme un vibrant appel en faveur d’un modèle arabe centré sur l’humain, capable de relever les crises contemporaines et de stimuler un développement durable et inclusif.

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L’ONU observe des menaces sur les effets de l’IA et de la liberté de la presse

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk alerte sur les menaces croissantes pesant sur les médias indépendants, indispensables pour contrer la désinformation, les conflits, le chaos climatique et les divisions sociétales.

Pourtant, la liberté de la presse recule partout dans le monde : harcèlements, emprisonnements, tortures, meurtres – au moins 20 professionnels tués depuis janvier, avec plus de 80% des cas impunis. Dans les conflits, l’accès est bloqué ; les femmes journalistes sont particulièrement visées.

L’intelligence artificielle aggrave les risques : algorithmes orientant les opinions, outils de surveillance des sources, désinformation politique, et concentration du pouvoir entre quelques géants technologiques. Des États exploitent l’IA pour traquer les médias, violant la vie privée.

L’ONU exhorte les gouvernements à protéger les journalistes contre attaques, haine et harcèlement, à réguler l’IA en tenant compte des droits humains (transparence des données et algorithmes), et à actualiser les lois sur les médias pour favoriser la diversité face aux plateformes. Un guide commun avec l’UNESCO cible les entreprises tech pour évaluer les risques sur les voix critiques. Des médias libres et diversifiés sont essentiels pour réconcilier les sociétés.

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Baromètre EY : la confiance revient chez les entreprises tunisiennes, l’IA reste en attente

Le Baromètre des entreprises 2026 d’EY, présenté ce jeudi 7 mai au siège d’Ernst & Young devant un parterre de dirigeants, dresse le portrait d’un tissu économique toujours prudent, mais moins anxieux qu’auparavant. Lors des deux panels consacrés à l’analyse des résultats, les intervenants ont livré une lecture nuancée du contexte national, de l’environnement international et des enjeux financiers.

Sur le plan national, plusieurs indicateurs alimentent cette lecture. Le taux de croissance du PIB porté à 2.5%, ainsi que l’amélioration de la note souveraine de la Tunisie par Fitch en septembre 2025, avec perspective stable, contribuent à un climat moins anxiogène. Du reste, 80% des entreprises tunisiennes du secteur automobile déclarent vouloir augmenter leurs investissements, un signal jugé significatif. Ce chiffre traduit une confiance relative dans l’avenir, même si les entreprises avancent avec prudence et sélectivité.

Ceci dit, un des intervenants a insisté sur le fait que la pression fiscale figure désormais au premier rang des préoccupations du secteur privé. Pour lui, la question ne se limite pas au niveau de l’impôt, mais touche aussi à l’efficience des mesures fiscales et à leur impact réel sur l’activité économique. L’enjeu est de savoir si ces dispositifs soutiennent véritablement la création de valeur ou s’ils pèsent sur la compétitivité des entreprises. Cette interrogation renvoie, selon lui, à une demande plus large de lisibilité, de cohérence et de redevabilité dans l’action publique.

 

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Un autre intervenant a souligné une révision de la stratégie des entreprises dans un environnement devenu plus volatil. Il a mis en avant la notion d’agilité stratégique, qui suppose de pouvoir intégrer rapidement les mutations du contexte national et international sans perdre la cohérence interne. En référence aux travaux de Harvard Business Review après la crise du Covid-19, il est important pour les entreprises de développer des systèmes souples capables d’absorber les chocs. Tout en évoquant l’agilité de portefeuille, c’est-à-dire la capacité à réallouer rapidement les ressources et à revoir les priorités en fonction du marché.

Pour survivre, il faut investir

Deux attentes majeures ressortent du Baromètre d’EY. La première est économique et sociale : il faut créer davantage de richesse. C’est ce qu’a souligné Sarra Masmoudi du groupe Kilani : pour survivre, il faut investir. Or, la croissance, proche de 2,6%, a surtout été tirée par la consommation locale, tandis que le déficit commercial a freiné la progression globale. Sans cette contrainte, la croissance aurait pu être plus élevée. La seconde attente concerne le climat d’investissement, encore jugé insuffisant. Celui-ci dépend non seulement des textes réglementaires et des incitations fiscales, mais aussi de la confiance, de la visibilité et de la stabilité des règles du jeu.

L’ambition reste modeste dans le domaine de l’intelligence artificielle. Un tiers des entreprises n’a pas encore prévu de budget, même limité, pour des expérimentations ou un déploiement de l’IA. Ce retard est d’autant plus visible que l’IA s’impose désormais comme un enjeu stratégique mondial.

Sur le plan international, l’orateur a évoqué un environnement marqué par le ralentissement de la croissance, les tensions géopolitiques et les transformations technologiques. Les investissements de demain devraient se concentrer davantage sur les infrastructures, l’énergie, la cybersécurité et la souveraineté technologique. Le volet financier reste sans doute le plus important. Le taux d’investissement national, situé à 8%, est jugé trop faible au regard des besoins de l’économie.

L’IA ne doit pas être une simple variable d’ajustement

Lors du deuxième panel, consacré à l’IA, Nozha Boujemaa a livré une lecture lucide des résultats du focus dédié à l’intelligence artificielle. L’experte internationale, présentée comme une pionnière de l’IA responsable et membre de plusieurs instances européennes et internationales, a salué la qualité du rapport et de la méthodologie adoptée. Pour elle, l’enquête éclaire utilement l’état du tissu économique et la manière dont les entreprises appréhendent désormais l’IA.

Son premier constat est celui d’une évolution progressive des perceptions. Le débat ne se situe plus dans une zone de méfiance absolue, mais dans un espace où émergent des anticipations plus positives. Cette dynamique reste modeste, mais elle traduit une meilleure conscience des réalités nationales et des contraintes du moment. Elle a aussi rappelé que l’adoption de l’IA n’est pas un phénomène marginal : dans de nombreux pays, le taux de pénétration demeure encore limité, et la Tunisie n’échappe pas à cette tendance.

Nozha Boujemaa a surtout insisté sur la place accordée à l’IA dans les budgets des entreprises. À ses yeux, elle ne doit plus être considérée comme une simple variable d’ajustement ou une “cerise sur le gâteau”. L’enjeu est bien plus large : l’IA doit s’inscrire dans une logique de transformation stratégique, avec l’implication pleine et entière de la direction générale et des équipes métiers. Sans engagement du business, a-t-elle souligné, il n’y a ni adoption durable ni impact réel. Elle a ensuite résumé les conditions de réussite en deux mots : compétence et données. La compétence renvoie ici à la vision stratégique, à la capacité de pilotage et à l’aptitude à faire évoluer l’organisation. Quant aux données, elles restent le socle fondamental de toute démarche sérieuse. Sans matière première de qualité, l’IA ne peut produire qu’un effet de vitrine.

Incompréhension de l’IA par les entreprises

Amine Ben Ayed, président de l’IACE, a confirmé que le principal frein reste la compréhension même de l’IA par les entreprises. Il a plaidé pour un travail de pédagogie, estimant que beaucoup d’acteurs économiques ne perçoivent pas encore l’ampleur des usages possibles. Son témoignage s’est appuyé sur sa propre expérience : depuis des années, son groupe investit dans la collecte et la structuration de données, notamment via des capteurs, des bases documentaires et des systèmes d’information alimentés en continu. Ce socle a permis d’engager des projets d’IA concrets, rapides à déployer et rentables.

Il a expliqué qu’après avoir identifié le potentiel de ces technologies, les équipes avaient listé plusieurs projets avant d’en retenir un nombre plus limité, plus facilement réalisable. Certains cas d’usage ont été mis en œuvre en quelques semaines ou quelques mois, avec un retour sur investissement visible sur deux ans maximum. Son propos a aussi pris une dimension générationnelle : les décisions stratégiques, a-t-il lancé, ne peuvent plus être confiées uniquement aux conseils d’administration vieillissants. Ce sont les cadres plus jeunes, mieux connectés aux usages numériques, qu’il faut placer au cœur des projets.

L’IA s’impose comme une urgence

Seifeddine Ben Jemia, directeur général de Monoprix Tunisie, a donné un aperçu plus opérationnel de l’évolution de l’IA dans l’entreprise tunisienne. Il a rappelé qu’avant la démocratisation actuelle des outils, l’IA existait déjà sous d’autres formes, à travers le machine learning, le data mining ou l’analytique avancée. En Tunisie, la priorité était la digitalisation des processus et la production de tableaux de bord. Aujourd’hui, le contexte a changé : l’IA s’est imposée comme une urgence, et les entreprises se répartissent selon lui en trois catégories. Certaines sont déjà préparées grâce à leurs investissements dans la gouvernance des données ; d’autres ont acheté des outils sans résultats probants ; d’autres enfin hésitent encore, persuadées à tort que l’IA est coûteuse ou réservée à une élite.

À ses yeux, la transformation doit d’abord être managériale avant d’être technologique. Les outils ne valent rien sans organisation, méthode et accompagnement. Il a aussi insisté sur l’idée de « quick wins »,  ces gains rapides et visibles qui peuvent convaincre les entreprises les plus prudentes de franchir le pas.

Enfin, un retour d’expérience concret a illustré la maturité croissante de certains acteurs du commerce. L’IA est déjà utilisée pour personnaliser les promotions selon le comportement d’achat des clients, automatiser une partie des demandes récurrentes via un chatbot, optimiser les tournées de camions, mieux gérer les produits à date courte, limiter le gaspillage, détecter les vols par computer vision et renforcer la cybersécurité. Dernier chantier en date : la mise en place d’agents internes capables d’interroger la base de connaissances de l’entreprise ou d’aider les cadres commerciaux à piloter leurs indicateurs. Le message final est clair : l’IA devient un outil de performance à condition d’être adossée à une stratégie data solide et à une gouvernance rigoureuse.

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Baromètre EY 2026: pourquoi l’IA peine encore à décoller dans les entreprises tunisiennes

Présenté ce jeudi 7 mai 2026 au siège d’Ernst & Young, le baromètre EY 2026 met en lumière les freins structurels à l’adoption de l’IA par les entreprises tunisiennes, bien plus que des obstacles temporaires. Ces barrières incluent un manque de compréhension de l’IA, l’absence de budgets dédiés, une gouvernance des données faible et des difficultés à concrétiser les projets en résultats tangibles.

Deux attentes majeures ressortent du baromètre. La première est économique et sociale: il faut créer davantage de richesse. C’est ce qu’a souligné Sarra Masmoudi du groupe Kilani, en déclarant: “Pour survivre, il faut investir”. Or, la croissance, proche de 2,6%, a surtout été tirée par la consommation locale, tandis que le déficit commercial a freiné la progression globale. Sans cette contrainte, la croissance aurait pu être plus élevée. La seconde attente concerne le climat d’investissement, encore jugé insuffisant. Celui-ci dépend non seulement des textes réglementaires et des incitations fiscales, mais aussi de la confiance, de la visibilité et de la stabilité des règles du jeu.

Le premier blocage est culturel: l’IA est souvent vue comme un outil technique ou un luxe, sans transformation profonde du pilotage managérial. Sans engagement des directions et implication des métiers, les initiatives restent superficielles.

Le deuxième concerne le socle essentiel de l’IA, selon l’experte internationale Dr Nozha Boujemaa, en affirmant: “Une IA responsable est une question maîtrisée”. Les entreprises manquent d’investissements dans leur collecte, structuration et qualité, courant vers l’IA sans préparer le terrain.

Le troisième est budgétaire: un tiers des organisations n’allouent aucun fonds à l’IA, ni pour tester ni pour déployer, traduisant une prudence qui relègue cet outil au rang de non-priorité stratégique.

Le quatrième frein est le retour sur investissement: des outils achetés sans stratégie claire ou cas d’usage précis génèrent peu de valeur, l’IA ne devenant rentable qu’intégrée à des besoins métiers concrets.

Le cinquième est la pénurie de compétences, non seulement techniques mais aussi en vision stratégique, conduite du changement et lien avec les priorités business.

Enfin, le contexte économique – pression fiscale, instabilité, créances bancaires élevées – accentue ces freins, reléguant l’IA derrière des urgences immédiates.

Malgré une perception plus positive des dirigeants dans un climat géopolitique incertain, l’IA reste émergente en Tunisie. Une enquête récente confirme que l’adoption dépend de prérequis internes: manque de compétences (20%), contraintes budgétaires (18%), qualité/disponibilité des données (13%) et cybersécurité/protection des données (11%). La cybersécurité inquiète moins que les défis humains.

Seulement 4% des entreprises disposent d’une gouvernance IA pleinement intégrée, formant un noyau pionnier. En somme, l’IA exige une gouvernance des données solide, des normes de sécurité et une vision à long terme pour transformer les discours en impacts durables.

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Tunisie : vers une plateforme numérique pour la souveraineté sanitaire africaine

Le ministre  de la Santé, Mustapha Ferjani, a rencontré dans la journée du mercredi 6 mai 2026, le directeur régional Afrique du Nord de l’Africa CDC pour renforcer la coopération en santé numérique, télémédecine, vaccination et « One Health ».

Il convient de noter que la Tunisie se positionne comme plateforme africaine pour partager ses expertises numériques et améliorer la souveraineté sanitaire continentale face aux épidémies. L’Africa CDC soutient cette vision et est invité à participer activement au congrès TeleHealth Tunisia 2026 (29 sept.-1er oct.).

La réunion a examiné les voies de renforcement de la collaboration dans des secteurs clés tels que la santé numérique, l’hôpital virtuel, la télémédecine, la téléradiologie, les soins primaires, la vaccination, la chaîne du froid et l’approche « One Health ».

Il a réaffirmé que la Tunisie, forte de ses expertises, expériences et initiatives digitales, peut se positionner comme une plateforme panafricaine pour échanger des savoirs et consolider la souveraineté sanitaire du continent. Cela passe par un meilleur accès aux services pour les citoyens et une plus grande résilience des systèmes de santé contre les épidémies et crises.

Le représentant de l’Africa CDC a salué cette vision, confirmant l’appui du Centre et l’intérêt stratégique de l’expérience tunisienne pour la sécurité sanitaire africaine.

Enfin, le ministre a invité les nations africaines à s’impliquer pleinement dans le congrès TeleHealth Tunisia 2026, organisé à Tunis du 29 septembre au 1er octobre, afin d’y présenter des solutions concrètes en santé numérique, télémédecine, IA et souveraineté sanitaire.

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Intégrer les experts IT dans les décisions: un levier de réussite

Quels sont les principaux freins à l’adoption de l’IA en entreprise aujourd’hui ? C’est ce qui ressort du baromètre d’EY 2026 des entreprises en Tunisie, présenté ce jeudi 7 mai 2026 au siège de Ernst Young devant un parterre de dirigeants d’entreprise.

L’édition 2026 du baromètre EY met en lumière une dynamique globalement plus positive dans la perception des dirigeants d’entreprise, malgré un contexte géopolitique incertain.

Cependant, l’IA reste encore en phase d’émergence. Ce qui conduit à une ouverture à de nouveaux leviers de transformation, particulièrement l’intelligence artificielle qui est devenue une marge de manœuvre qui s’impose. Mais au-delà de cette omniprésence dans les discours, l’IA peine à se déployer au cœur de l’activité des entreprises tunisiennes.

Selon une enquête récente, l’adoption de l’IA dépend davantage de prérequis internes que d’un manque d’offres externes. Les principaux freins sont l’insuffisance de compétences internes et les coûts ou contraintes budgétaires, avec des contributions respectives de 20 % et 18 %.

Quant aux coûts et contraintes budgétaires, ils s’élèvent à 18 %.

Parallèlement, le manque de compétences internes : 20 %

Qualité/disponibilité des données : 13 %

Enjeux de cybersécurité et protection des données : 11 %.

Bien que l’IA soit perçue comme porteuse de valeur, son déploiement reste, on l’aura constaté, limité. Les entreprises ne sont pas encore suffisamment outillées, et l’investissement est difficile à prioriser face à d’autres priorités.

Le manque de vision stratégique claire, ainsi que la qualité et la disponibilité des données, constituent des freins secondaires. Les questions de cybersécurité et de protection des données, bien que structurantes, sont moins préoccupantes à ce stade, selon le baromètre EY 2026.

La cybersécurité et la protection des données préoccupent relativement moins les entreprises, comparativement aux défis humains liés à l’adoption de l’IA.

Le peu d’attention accordée à la qualité et à la protection des données souligne un déficit de culture IA dans certaines entreprises. Celles-ci considèrent ces éléments comme secondaires, préférant investir dans les compétences et les budgets pour démarrer des projets plutôt que d’assurer leur pérennité, détaille le rapport. Cette priorisation indique que l’IA est encore majoritairement abordée sous un angle expérimental et opérationnel, plutôt que comme un levier de transformation.

Seulement 4% des entreprises disposent d’une gouvernance IA complètement intégrée, avec une structure consolidée  et des processus bien établis.

Bien que ce chiffre soit faible, il témoigne de l’existence d’un noyau pionnier pouvant servir de modèle pour le reste du marché.

En somme, elle requiert une gouvernance des données, des normes de sécurité et une perspective à plus long terme.

Nous y reviendrons plus en détail.

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Zied Dabbar élu vice-président de la FIJ lors du congrès du centenaire à Paris

Le 6 mai, Zied Dabbar, vient d’être élu  vice-président de la Fédération internationale des journalistes (FIJ),lors du Congrès mondial du centenaire de la Fédération, qui s’est tenu à Paris.  Cette élection marque une étape importante pour le président du SNJT.

En outre, Nasser Abu Bakr, président du syndicat des journalistes palestiniens, lui aussi vient d’être élu est premier vice-président de la FIJ.

Pour sa part,  Zuliana Lainez Otero, journaliste péruvienne et présidente de l’Asociación Nacional de Periodistas del Perú (ANP), a été élue présidente de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Elle est la première femme d’Amérique latine et des Caraïbes à prendre la tête de la plus grande organisation mondiale de journalistes.

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Louis Logodin : « Célébrons une Méditerranée qui tisse des liens »

Et si l’art réconciliait une Méditerranée fracturée ? La Saison Méditerranée 2026 (15 mai-31 octobre) s’ouvre en beauté  à Marseille avec les ministres français de la Culture et des Affaires étrangères. Cinq pays phares, Tunisie, Égypte, Liban, Maroc, Algérie, irriguent la France de centaines de projets artistiques pluridisciplinaires, avant un clap de fin tunisien à la Biennale El Jaou. Pari audacieux : forger de nouveaux imaginaires, booster les liens franco-maghrébins et honorer les diasporas, au cœur des tensions régionales. Louis Logodin, attaché culturel à l’IFT, passe en revue ce programme riche en art. Interview.

Quels sont les enjeux de la Saison Méditerranée de cette édition qui s’étale du 15 mai au 31 octobre 2026?

L’ouverture aura lieu le 15 mai à Marseille, avec un week-end en présence de la ministre de la Culture et du ministre des Affaires étrangères français. On mobilise aussi les représentations des pays prioritaires : la Tunisie, l’Égypte, le Liban, le Maroc et l’Algérie.
Très concrètement, deux appels à projets lancés l’année dernière ont recensé des centaines de projets artistiques pluridisciplinaires : livres, spectacles vivants, arts visuels, coopérations universitaires, arts-sciences, art numérique, etc. Dès le 15 mai, ces projets se dérouleront dans toute la France, avec un temps fort à Marseille. Ensuite, on remontera vers le nord : Olfa Feki, commissaire tunisienne, pour une grande expo à Lille ; focus danse tunisienne dans un festival contemporain près de Paris avec les Ateliers de Paris ; temps forts musicaux avec des artistes tunisiens à Nantes…

L’enjeu est de créer de nouveaux imaginaires méditerranéens via les arts et la culture, en lien avec ces cinq pays. Cela rend hommage aux coopérations bilatérales existantes, les dynamise, les valorise et s’adresse aux diasporas en France. Initialement prévue en simultané en France et dans ces pays, des complications financières ont conduit à un démarrage en France, avec une clôture dans les cinq pays. En Tunisie, fin octobre, lors de la Biennale El Jaou : expositions, grand concert (nom tenu secret avant annonce). Parallèlement, on labellise des projets pour incarner la saison via la coopération franco-tunisienne quotidienne.

À travers ce programme, on note une forte mobilisation tunisienne. Quel travail peut-on mener aujourd’hui sur la coopération artistique franco-tunisienne, qui ne cesse d’évoluer ? À l’heure actuelle,  on parle d’immersion virtuelle et d’autres innovations. Comme le disait Héraclite, « rien ne dure sauf le changement ».

Oui, les artistes s’adaptent aux contextes, enjeux sociétaux et médiums. Au début des années 2000, on parlait du « nouvel art » multimédia, mais les artistes innovent toujours avec leurs outils. Pour la coopération franco-tunisienne, l’enjeu est de la faire vivre : soutien aux partenaires tunisiens via l’envoi de pros pour repérage en France ; artistes tunisiens pour formation ou créations françaises ; accueil d’artistes français en Tunisie, comme au programme de la villa Salammbô pour résidences. La Tunisie inspire et booste le soft power tunisien chez les créateurs français.

L’art évolue, on modernise l’image de la France via des artistes contemporains aux pratiques novatrices : une France inclusive, diverse, actuelle. Une attention particulière aux diasporas tunisiennes en France : on les invite en Tunisie pour des concerts, spectacles, résidences. Ce sont les premiers ambassadeurs de notre coopération culturelle.

Le mot de la fin.

J’espère que la Saison Méditerranée touchera les publics français et tunisiens. Malgré la complexité politique et les actualités méditerranéennes qui nous dépassent, l’art et la culture célèbrent les liens entre pays. Célébrons-les en conscience de ce qui se passe dans nos mers.

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Protéger l’ « or jaune » : les enjeux de la campagne nationale de récolte céréalière

Faire face au stress hydrique et à la sécheresse, c’est tout l’enjeu de notre bataille d’aujourd’hui et de demain. Car qui dit eau, dit agriculture. Le secteur agricole est essentiel pour notre pays et pour son économie. Mais aujourd’hui, il se retrouve menacé. Alors quels sont les défis à relever?

Une campagne nationale vient d’émerger lors d’une session ministérielle. Son objectif est de protéger la récolte céréalière pendant la période de moisson. Avec pour importance principale de réduire les pertes de grains. Sachant que celles-ci peuvent dépasser les 15 % en cas de mauvais réglage des moissonneuses-batteuses. Autre intérêt : l’amélioration de la qualité du produit final.

Elle prévoit l’entretien et le réglage d’au moins 1 300 machines avant et pendant la récolte. A cet égard, un accent sera particulièrement mis sur la prévention des incendies et la formation des conducteurs. Et dans ce cadre, l’action est menée en coordination entre plusieurs structures publiques et professionnelles. Et ce, pour assurer une moisson plus efficace et moins risquée.

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Sommet Africa Forward: l’heure des choix stratégiques

Du 11 au 12 mai 2026, Nairobi vibrera au rythme du sommet Africa Forward, co-organisé par le Kenya et la France. L’événement signe la refondation des relations franco-africaines. L’objectif étant de mettre en place  des partenariats équilibrés, dopés à l’innovation et à la croissance. Ainsi plusieurs représentants d’États, entreprises, jeunes talents, artistes, société civile et diasporas se mobilisent pour catalyser les investissements et contrer les urgences partagées de la santé à la souveraineté alimentaire, en passant par le numérique, l’énergie et la connectivité.

Le 11 mai, l’Université de Nairobi mettra la jeunesse et les secteurs stars (sport, industries culturelles et créatives) sous les feux des projecteurs. Côté business, un forum majeur piloté par BPI France, Business France et Proparco ( filiale de l’AFD)  réunira 4 500 dirigeants, dont 50 PDG prêts à lancer une coalition choc pour l’industrialisation durable et la transition énergétique.

Le 12, les poids lourds entrent en scène : présidents français et kényan, homologues africains, ONU,  Banque africaine de développement seront également présents. Au menu : financement du développement, paix et sécurité, industrialisation durable et transition énergétique.

La présence tunisienne  au rendez-vous

Quant à la présence tunisienne, elle est fortement représentée par une délégation tunisienne du haut niveau qui sera accompagnée par une vingtaine d’entreprises ainsi que six start ups qui prendront par à cet événement.  Membre de la ZLECAf et du COMESA, ancrée dans l’UE par son accord d’association,  aujourd’hui, la Tunisie vise les marchés continentaux et les 1 500 décideurs attendus à Nairobi.

Pour la Tunisie, l’enjeu est important : ce rendez vous incontournable a pour  objectif de nouer des partenariats concrets et de mieux s’insérer dans les dynamiques économiques africaines

Lire aussi: Cynthia Gnassingbé-Essonam : « La ZLECAf, unique chance pour bâtir le marché africain du futur »

Il convient de noter que la Tunisie bénéficie du programme Qawafel, un levier pour propulser startups et PME tunisiennes à l’échelle du continent africain, financé par la France et mis en oeuvre par Expertise France. 

Lire aussi: Hafedh Ben Afia : « Nous sommes tous engagés pour une Afrique forte, indépendante et prospère »

Côté humain, la diaspora fait le lien : près d’un million de Français ont des racines tunisiennes, sur 7 millions liés au continent. Mobilités, projets et affinités boostent les échanges.

Les chiffres qui comptent

La France, 4e investisseur africain, pèse 52 milliards d’euros d’IDE (dont 3 milliards d’euros en Tunisie), 65 milliards d’échanges (9 milliards d’euros avec la  Tunis) et 500 000 emplois créés (70 000 en Tunisie).

Reste à savoir quelle place occupera la Tunisie lors du sommet « Africa Forward », dans les partenariats entre les pays africains et la France pour l’innovation et la croissance. Une chose est sûre : c’est une aubaine pour la Tunisie, qui peut capitaliser sur ses atouts en énergies renouvelables et en numérique pour rayonner sur le continent africain. Tout le monde le sait : selon les projections de l’ONU, l’Afrique pourrait compter environ 2,5 milliards d’habitants en 2050, et jusqu’à 4,4 milliards en 2100. L’avenir, serait probablement l’Afrique.

L’événement est pensé comme un sommet très opérationnel, centré sur les affaires, avec un forum privé le premier jour, puis une séquence politique le second jour, afin de favoriser la signature de contrats, l’annonce d’investissements et la structuration de partenariats.

Le message central est un changement de paradigme : il ne s’agit plus seulement de commercer avec l’Afrique, mais surtout d’investir sur place, de développer des chaînes de valeur locales, de soutenir l’emploi et de renforcer la co-industrialisation.

Le sommet met aussi l’accent sur le financement, de-risking des investissements, et plusieurs secteurs stratégiques comme l’énergie, le numérique, l’agriculture, la santé, l’économie bleue, le spatial et les industries créatives.

Enfin, ce sommet s’inscrit dans une séquence plus large avant le G7 accueilli par la France, avec l’idée de porter les priorités africaines dans les grandes discussions économiques mondiales.

 

Nous y reviendrons…

 

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Céréales et betteraves au défi : Jendouba et Zaghouan au cœur d’une session ministérielle

Dans les gouvernorats de Jendouba et Zaghouan, Ezzeddine Ben Cheikh ministre de l’Agriculture, des Ressources en eau et de la Pêche, et Hamadi Habib, secrétaire d’État à l’eau, ont rencontré des chargés ministériels centraux et régionaux pour une réunion décisive.

Cette session, ancrée dans les évaluations périodiques des programmes nationaux de développement agricole, a mis le cap sur un enjeu vital. A savoir : transformer les défis en opportunités pour une souveraineté alimentaire durable.

Au cœur des débats, le ministre a sonné l’alarme sur le secteur céréalier, pilier stratégique de l’économie rurale. « Préparons la moisson avec rigueur », a-t-il lancé. Tout en appelant à des formations intensives pour adapter les machines de récolte, à sécuriser les centres de collecte et à mobiliser une logistique infaillible pour préserver chaque grain.

À Jendouba, l’histoire prend un tournant prometteur avec la betterave sucrière, arme secrète contre l’insécurité alimentaire. Le ministre a exhorté les agriculteurs à plonger dans cette filière. Et ce, en mobilisant les intrants hydriques du ministère et en s’appuyant sur les terres collectives, riches en surfaces et en savoir-faire inexploités.

Mais l’eau, ce trésor rare, a volé la vedette. Exigeant l’accélération des méga-projets hydrauliques, une gestion fine des ressources pour l’eau potable estivale, une irrigation optimisée dans les périmètres équipés, une efficacité accrue des groupements hydriques et un recouvrement implacable des créances, le ministre trace la voie d’une gouvernance hydraulique irréprochable.

Face à la rareté hydrique et aux changements climatiques, une solution innovante émerge : la valorisation des eaux usées traitées. Traitement tertiaire et usage agricole en première ligne, le ministre met l’accent sur l’importance d’une mobilisation scientifique, des programmes d’appui-conseil pour sensibiliser les fellahs et une coordination inter-institutionnelle sans faille.

Des partenariats concrets, comme celui entre la délégation de Zaghouan et l’École supérieure d’agriculture de Mornag, incarnent cette dynamique. Formations renforcées sur l’adaptation des machines, en tandem avec l’Agence de l’appui-conseil, pavent la voie d’une recherche appliquée au service du terrain.

En somme, il s’agit d’un appel à une coordination renforcée avec les instances centrales : surmonter les obstacles pour propulser un développement agricole durable et inclusif dans les gouvernorats de Jendouba et Zaghouan.

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Taxe carbone : une contrainte et une opportunité pour les entreprises tunisiennes

La décarbonation est aujourd’hui une contrainte qui s’impose, mais aussi une opportunité pour les entreprises tunisiennes. Avec la future taxe carbone et le projet du code de l’environnement, les entreprises tunisiennes, qu’elles soient importatrices, exportatrices ou industrielles, ont intérêt à réduire leur empreinte carbone afin de gagner en compétitivité sur le marché européen et d’éviter de payer plus cher à l’exportation face aux nouvelles exigences réglementaires des marchés d’exportation, comme le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne.

Une chose est sûre : le code de l’environnement, ou plus largement le projet PCE peut devenir un levier de compétitivité pour les entreprises tunisiennes, à condition qu’il transforme la décarbonation en avantage économique et non en simple contrainte.

Ezzedine KhalfallahJoint par téléphone, Ezzedine Khalfallah, consultant en énergie, a fait savoir que le principal enjeu est de permettre aux entreprises de réduire leur empreinte carbone. Et ce, afin de préserver leur accès au marché européen, où le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières impose déjà une logique de coût carbone sur certains produits industriels.

La perspective de la taxe carbone change justement la donne. Il précise à cet effet : « Si elle est mise en place dans un cadre cohérent, elle peut inciter les industriels à mesurer leurs émissions, à investir dans l’efficacité énergétique, dans les énergies renouvelables et dans l’autoproduction électrique, et à réduire ainsi la facture carbone supportée à l’exportation. Dans cette logique, la taxe n’est pas seulement un prélèvement : elle devient un instrument d’orientation économique et de modernisation industrielle. »

Il part du constat que l’idée centrale est simple. Ce qui signifie qu’une entreprise tunisienne qui décarbone son activité peut rendre ses produits plus compétitifs sur les marchés extérieurs, en particulier en Europe, parce qu’elle limite le surcoût lié au MACF/CBAM. À l’inverse, une entreprise qui ne réduit pas ses émissions risque de voir ses produits pénalisés à la frontière européenne. Surtout dans les secteurs les plus exposés comme le ciment, l’acier, l’engrais ou la chimie.

Lire aussi —  COP30-UE: la taxe carbone qui met le feu aux poudres et refroidit les négociations

En outre, il ajoute que le projet de code de l’environnement est important parce qu’il peut intégrer et clarifier la fiscalité environnementale dans un cadre plus lisible, ce qui est recommandé par plusieurs acteurs institutionnels tunisiens. 

Autrement dit, s’il est bien conçu, il peut donner aux entreprises un signal prix interne, les pousser à anticiper les exigences européennes et réduire la charge fiscale future à l’export. A titre d’exemple, pour l’acier, dont l’empreinte carbone est d’environ 2 tonnes d’équivalent CO2 par tonne produite, cela représente un surcoût significatif.

Ces mécanismes ont d’abord été appliqués en Europe aux produits des grandes émettrices comme l’acier et le ciment. Mais ils s’étendront bientôt à d’autres secteurs, tels que le textile ou l’agroalimentaire. Soit beaucoup de produits tunisiens phares qui ne sont pas encore concernés officiellement.

Evoquant l’exemple de la Chine, où la taxe carbone s’élève à 10 € par tonne d’équivalent CO2, Ezzedine Khalfallah note qu’un exportateur chinois ne paierait que la différence, soit 40 € (entre 50 € et 10 €). Alors qu’en Tunisie, il soulève que sans taxe carbone, les exportateurs tunisiens devraient assumer la totalité des 50 € par tonne à la frontière européenne. Cela intègre le coût carbone dans le prix final du produit, le rendant moins compétitif. Résultat : les entreprises tunisiennes perdent leur capacité d’exporter vers l’Union européenne, face à des concurrents dont les produits ont une empreinte carbone moindre ou qui ne paient pas (ou peu) de taxe à la frontière.

 

Les entreprises tunisiennes risquent de perdre des marchés face à des produits à empreinte carbone plus faible qui paient moins (ou pas du tout) de taxes à la frontière européenne. Cela nécessite une décarbonation urgente : viser une empreinte carbone proche de zéro pour exporter sans pénalité.

 

Et de poursuivre : « Ainsi, les entreprises tunisiennes risquent de perdre des marchés face à des produits à empreinte carbone plus faible qui paient moins (ou pas du tout) de taxes à la frontière européenne. Cela nécessite une décarbonation urgente : viser une empreinte carbone proche de zéro pour exporter sans pénalité. Les entreprises doivent voir cela comme une opportunité : un produit décarboné est plus vendable, compétitif et évite les taxes. La Tunisie doit mobiliser des investissements importants pour cette décarbonation, via l’efficacité énergétique, l’introduction d’énergies renouvelables par autoproduction et la modernisation industrielle. »

Pour les secteurs difficiles à décarboner (comme ceux utilisant beaucoup de chaleur, où les renouvelables produisent surtout de l’électricité), des solutions existent : hydrogène vert, captage et stockage de CO2. Le nouveau code de l’environnement pourrait inciter à une taxe carbone nationale. Celle-ci obligerait les industriels à réduire leur empreinte pour payer moins de taxes localement. De plus, elle serait déduite des taxes frontalières européennes lors des exportations, aidant ainsi les entreprises tunisiennes à avancer : bilans carbone, décarbonation, etc.

 

La Tunisie doit appréhender sa transition énergétique et sa décarbonation pour réussir le défi de la compétitivité industrielle, locale et à l’export.

 

Et de conclure : « Les instruments de décarbonation sont là. Il y a des défis pour réduire l’empreinte carbone, mais aussi des opportunités pour la Tunisie : produits verts, exports compétitifs. La Tunisie doit appréhender sa transition énergétique et sa décarbonation pour réussir le défi de la compétitivité industrielle, locale et à l’export. »

Il convient de rappeler que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), associé aux exigences renforcées sur la réduction des émissions de méthane, transforme les conditions d’accès aux marchés. Désormais, la compétitivité repose moins sur les coûts de transport que sur la capacité à prouver une traçabilité totale et vérifiable des flux.

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Quand la démographie ralentit, l’économie s’interroge

La dynamique démographique est en net ralentissement en 2024. De 0,7 % en 2023, elle s’établit à 0,63 % en 2024.

Ce recul tranche avec l’évolution observée dans les années 1960 et 1970, période durant laquelle le pays connaissait une forte expansion démographique, portée par une natalité élevée et une amélioration progressive des conditions sanitaires. Cette phase d’accélération atteindra son point culminant au milieu des années 1970, avec un pic proche de 2,8 %.

À partir des années 1980, un tournant structurel s’amorce. La généralisation de la planification familiale, la progression de l’éducation, notamment chez les femmes, ainsi que l’urbanisation ont progressivement freiné le croît démographique. Malgré quelques fluctuations ponctuelles, la tendance de fond est restée orientée vers la baisse.

Depuis les années 2000, ce ralentissement s’est accentué. La Tunisie est entrée dans une phase avancée de transition démographique, marquée par la baisse de la fécondité et le vieillissement progressif de la population. À partir des années 2010, la croissance est passée sous le seuil de 1%, révélant une transformation profonde du modèle démographique national.

Aujourd’hui, cette évolution soulève de nouveaux défis économiques et sociaux. Le ralentissement de la croissance de la population active risque de peser sur le potentiel de croissance, tandis que le vieillissement exerce une pression croissante sur les systèmes de retraite et de santé.

Dès lors, la vraie question n’est plus seulement de constater ce changement, mais de savoir comment y répondre. Comment relancer la dynamique sans nostalgie du passé ? Quels leviers activer pour s’adapter à cette nouvelle réalité ? La réponse passe sans doute par une montée en gamme de la productivité, l’innovation, l’investissement dans le capital humain et une meilleure valorisation des compétences disponibles.

 

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Mohamed Ali Nafti met à l’honneur 70 ans de diplomatie tunisienne au service de la nation

Aux grands serviteurs de l’Etat, la Tunisie, par la voie du ministère des Affaires étrangères,  est reconnaissante. Mohamed Ali Nafti, ministre des Affaires étrangères, de la migration et des Tunisiens à l’étranger, en a fait la démonstration, à l’occasion du 70ème anniversaire de la diplomatie tunisienne. 

Moment fort de la diplomatie tunisienne qui en a fait la grandeur de ce pays, le ministre en exercice a, au cours d’une cérémonie, réuni ses pairs, les diplomates ayant contribué tout au long de sept décennies au rayonnement de la diplomatie tunisienne.  Le ministère a rendu un hommage posthume à travers une vidéo de très haute teneur aux ambassadeurs qui nous ont quittés tout au long de l’année (2025-2026). L’émotion se mêlait à la fierté parmi les diplomates à la retraite, en exercice ou en devenir chez les jeunes talents en formation académique.

A l’occasion, le ministre a fait ressentir les fondamentaux, les valeurs, les principes d’éthique et l’engagement de la diplomatie tunisienne, pour la prospérité et la paix dans le monde. 

Au cours de la cérémonie, un nouvel emblème conçu pour commémorer le 70ème anniversaire a été décliné et largement commenté, mettant tout en évidence l’ancrage tout à la fois maghrébin, arabe, méditerranéen et africain. Tout un symbole. 

À l’occasion de cet anniversaire symbolique, Mohamed Ali Nafti a rappelé que cette commémoration ne relève pas seulement de la célébration institutionnelle, mais qu’elle constitue aussi un moment de mémoire nationale. Elle invite à se remémorer des étapes historiques fondatrices, à honorer les efforts des pionniers de la diplomatie tunisienne et à transmettre cet héritage aux générations futures. Il souligne que ces moments doivent être préservés dans la mémoire collective des Tunisiennes et des Tunisiens, car ils incarnent à la fois le combat pour l’indépendance et la consolidation de l’État moderne.

La diplomatie tunisienne s’est élargie à de nouvelles formes d’action

Le ministre a souligné que la diplomatie tunisienne ne s’est pas limitée à une fonction politique classique. Dès les premières années de l’indépendance, elle s’est élargie à de nouvelles formes d’action englobant les dimensions économique, commerciale, financière et culturelle. Cette évolution a permis de développer des programmes de coopération importants dans un environnement international et régional complexe, marqué par la guerre froide, les rivalités idéologiques et les déséquilibres économiques mondiaux. La Tunisie, comme d’autres jeunes États indépendants, a dû défendre ses intérêts dans un contexte où les rapports de force pesaient lourdement sur les pays du Sud.

Mohamed Ali Nafti a également insisté sur l’ancrage profond de l’identité diplomatique tunisienne dans la Charte des Nations unies, ses objectifs et ses finalités. Pour lui, l’ONU demeure le lieu de la légitimité internationale, un espace que la diplomatie tunisienne a fréquenté avant même l’indépendance, puis s’est investie pleinement dans sa lutte de libération. C’est dans ce cadre qu’elle a mené plusieurs batailles diplomatiques majeures, depuis les événements de Sakiet Sidi Youssef jusqu’à la bataille de Bizerte, en passant par les événements de Hammamet, et jusqu’au mandat non permanent de la Tunisie au Conseil de sécurité en 2020-2021.

Le ministre a rendu hommage à la clairvoyance de la première génération de diplomates, qui a compris très tôt l’importance du rôle de la Tunisie dans les opérations de maintien de la paix. Cette vision a permis à l’armée nationale de s’inscrire dans des missions africaines et internationales, contribuant ainsi à renforcer l’image d’une Tunisie engagée en faveur de la paix et de la stabilité. Il a considéré cet acquis comme un mérite durable de la diplomatie tunisienne, valable pour hier, aujourd’hui et demain, tant que le pays demeure attaché à ses principes fondamentaux.

Ces principes, a-t-il ajouté, sont ceux de la paix, de la sécurité, du développement partagé, de la tolérance et de la coexistence pacifique. La diplomatie tunisienne, a-t-il expliqué, s’efforce de porter ces valeurs dans son environnement immédiat comme sur la scène internationale. Elle reste fidèle aux orientations du chef de l’État et veille à transmettre ces constantes aux nouvelles générations, notamment à travers la formation dispensée à l’Académie diplomatique internationale, appelée à jouer un rôle essentiel dans l’enseignement des bases de l’action diplomatique et de ses nouvelles exigences.

Quel bilan pour l’année diplomatique 2025?

Le ministre a aussi dressé un bilan de l’année diplomatique 2025, qu’il a qualifiée d’année de travail résolument multilatéral. Il précise que cette orientation correspond à un choix clair du président de la République Kaïs Saïed : soutenir activement l’Organisation des Nations unies et ses agences spécialisées à New York, Genève, Vienne et Nairobi, tout en poursuivant l’effort tunisien en faveur d’un ordre international plus juste et plus équitable. Cette orientation confirme la volonté de la Tunisie de rester présente dans les grands espaces du dialogue mondial.

Par ailleurs, Mohamed Ali Nafti a rappelé que la diplomatie tunisienne doit continuer à développer ses relations dans l’ensemble de ses espaces d’appartenance : arabe, islamique, maghrébin, africain et méditerranéen. Cette action repose, relève-t-il, sur des bases claires : le respect des souverainetés nationales, l’égalité entre États, le refus de toute ingérence dans les affaires intérieures, la diversification des partenariats et la recherche de bénéfices mutuels. Il a également réaffirmé le soutien constant de la Tunisie aux causes justes, en particulier à la cause palestinienne.

Le ministre a également évoqué la communauté tunisienne à l’étranger, qu’il a décrite comme un pont solide entre la Tunisie et ses partenaires, ainsi qu’avec les organisations internationales et régionales. Il a insisté sur l’importance de renforcer l’action consulaire et d’écouter les préoccupations des Tunisiens de l’étranger, en améliorant les services administratifs, les facilités de transport, les mécanismes douaniers et les dispositifs permettant le transfert des économies vers le pays et leur investissement en Tunisie.

Dans ce cadre, il a salué le travail du personnel diplomatique, consulaire, administratif et technique, dont les efforts ont permis d’accompagner les citoyens tunisiens dans des circonstances difficiles, notamment durant la pandémie de la COVID-19 et pendant les guerres et crises internationales. Il a également rendu hommage aux diplomates disparus, en rappelant leur patriotisme, leur courage, leur sang-froid et leur sens diplomatique. Autant de qualités qui ont marqué l’histoire de l’institution et inspiré plusieurs générations.

Enfin, le ministre a rappelé que la force de la diplomatie tunisienne repose aussi sur la continuité entre les générations. Des diplomates des années 1960 jusqu’aux jeunes cadres formés aujourd’hui, tous participent à la même mission : défendre les intérêts du pays, préserver son prestige, protéger sa sécurité et garantir les droits des Tunisiens à l’étranger.

Il a conclu en appelant à une meilleure coordination entre toutes les institutions de l’État, dans un contexte régional et international de plus en plus rapide et complexe. Et de citer Hannibal : “Si nous ne trouvons pas de chemin, nous en tracerons un”. Il a ainsi résumé l’esprit d’optimisme, de détermination et de fidélité qui doit continuer d’animer la diplomatie tunisienne.

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Bryan Adams, de Dougga à Sidi Bou Saïd, conquis par la Tunisie

La star canadienne Bryan Adams, l’artiste le plus emblématique des années 90 grâce à son tube Everything I Do (I Do It for You), avait déjà créé la sensation lors de sa première visite en Tunisie. Après deux soirées sold-out, au Théâtre antique de Dougga, les 2 et 3 mai 2026, ayant attiré un large public, il a enchaîné quelques visites avant ses deux concerts

À l’invitation de la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, Brian Adams a exploré plusieurs sites emblématiques. Première étape de cette immersion : le Centre des musiques arabes et méditerranéennes Ennejma Ezzahra, admirant son architecture singulière et son cachet artistique, avant de visiter le musée des instruments de musique, qui retrace la richesse et la diversité du patrimoine musical tunisien.

Bryan Adams a également sillonné les ruelles emblématiques de Sidi Bou Saïd, découvrant de plus près le charme architectural et l’identité culturelle de ce village iconique. Car visiter la Tunisie, c’est impérativement passer par Sidi Bou Saïd !

Il a par ailleurs visité le Musée national du Bardo, où il a admiré l’une des plus importantes collections de mosaïques au monde, une autre facette du riche héritage tunisien.

D’ailleurs, lors d’une vidéo postée par lui, il était conquis par la beauté et le paysage de Dougga affirmant son souhait de revenir prochainement pour poursuivre cette découverte…et, pourquoi pas, donner un autre concert à Carthage ..

En un seul spot, le chanteur Bryan Adams a promu la destination Tunisie plus efficacement que l’Office National du Tourisme Tunisien (ONTT) avec ses budgets annuels, ses antennes internationales et tout son personnel ! Une simple vidéo et des mots sincères valent bien plus que toutes ces structures bureaucratiques insipides et contre-productives. C’est ce qu’a fait savoir l’économiste Moez Joudi via son post Fb
Par ailleurs, le site de Dougga est magnifique. On se demande pourquoi de tels endroits majestueux et historiques restent sous-exploités en Tunisie !

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Éducation et famille, éléments clés pour restaurer la liberté d’expression !

Le recul de la liberté d’expression et la persistance des violences, notamment à l’encontre des femmes journalistes, s’installent comme des tendances préoccupantes du paysage médiatique

Rencontrée en marge de la conférence de presse au siège du SNJT, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse,  Ayda Ben Chhabane a alerté sur ces phénomènes dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com que « le recul de la liberté d’expression et les violences subies par les femmes journalistes sont aujourd’hui des constats préoccupants.  On observe une ambiance de peur et d’effroi qui pousse beaucoup de personnes au silence, y compris par crainte pour leur avenir professionnel. Cette situation ne date pas d’hier, mais elle semble s’être aggravée et s’installer presque comme une normalité », précise-t-elle.

Elle  note toutefois des progrès ont été accomplis dans la prise en charge des violences faites aux femmes. “Des structures spécialisées ont été mises en place, des policiers ont été formés, et des centres dédiés existent désormais pour accueillir et accompagner les victimes. « Ces dispositifs montrent qu’un travail est en cours et qu’il produit déjà certains effets. Cette réalité contribue à entretenir un climat de vulnérabilité, notamment pour les femmes dans l’espace public et politique”, ajoute-t-elle. 

Cependant, le harcèlement en ligne demeure un problème majeur. Qu’il vise des journalistes ou des citoyennes, il continue d’alimenter une forme d’intimidation permanente, avec un sentiment d’impunité pour ceux qui en sont auteurs. 

Au-delà de la répression, il faut s’attaquer aux causes profondes, insistent les expertes. La dramaturge Jalila Baccar met l’accent sur l’éducation. « Il faut aussi agir sur les causes profondes, en particulier les mentalités et les représentations culturelles. L’éducation est présentée comme un levier central, », nous rappelle Jalila Baccar. Elle souligne comme suit: “dès le plus jeune âge, car les normes transmises aux enfants jouent un rôle décisif dans la reproduction ou le dépassement de ces violences.”

Et de continuer: “tant que ces problèmes structurels ne sont pas traités en profondeur, le silence, la peur et l’impunité continueront de freiner la liberté d’expression et l’égalité entre les femmes et les hommes.Il est vrai qu’il faudrait une révolution culturelle. La question est de savoir comment la mettre en place. À mon sens, le plus grand problème, c’est l’éducation. Il faut commencer par là, car l’éducation ne débute pas seulement en première année primaire : elle commence bien avant, au sein de la famille.”

Au-delà de ce diagnostic, la question essentielle porte sur le rôle des parents. Ne sont-ils pas les premiers vecteurs pour transmettre des valeurs solides, comme le respect d’autrui, la tolérance et le civisme dans l’espace public,  par exemple, ne pas jeter de papiers par terre ? Ils doivent faire preuve d’exemplarité. Mais il faut aussi s’interroger : qu’inculque-t-on vraiment aux enfants ? Qui les éduque au quotidien ?

A cette interrogation, Jalila Baccar répond: “Il suffit d’observer certaines fêtes de fin d’année dans les jardins d’enfants pour voir ce qu’on transmet aux petits à travers les rôles attribués au père et à la mère. On apprend parfois aux filles à se voiler dès l’âge de trois ou quatre ans, et cela participe aussi à une forme de conditionnement. Tout cela révèle une forme d’éducation confuse et mal construite. On forme les enfants de manière incohérente, et cela crée un cercle vicieux. Le problème commence par de petites habitudes ou de petits gestes, puis il s’installe progressivement et devient un véritable phénomène social.”

Selon elle, « une révolution culturelle s’impose, mais avant toute chose,  elle doit d’abord passer par l’éducation » . Et de conclure: “Or, l’éducation ne commence pas à l’école primaire ; elle commence dès la petite enfance, dans la famille. Les parents ont un rôle central, mais il faut aussi s’interroger sur ce que l’on transmet réellement aux enfants. À travers certains modèles inculqués dès le plus jeune âge, notamment dans les jardins d’enfants, on reproduit parfois des schémas sociaux et des représentations figées des rôles du père, de la mère, des filles et des garçons. Cela entretient un cercle vicieux : on éduque mal, on reproduit les mêmes mentalités, puis on se retrouve face aux mêmes blocages sociaux.”

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Rapport 2025-2026 du SNJT : état des atteintes contre les journalistes

Cela fait 33 ans que la Journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée chaque 3 mai. Cette année, elle est consacrée sous le thème: « Façonner un avenir de paix ». Comme l’écrivait George Orwell : « La liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Si cela est accordé, tout le reste suit ».

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) dresse un état des lieux  face aux menaces qui pèsent sur la sécurité et la vie des journalistes. Lors de la conférence de presse tenue la veille du 3 mail,  son président a affirmé que les journalistes restent exposés à des pressions et à des menaces persistantes. « Le journalisme n’est pas un crime », est l’intitulé du rapport 2025-2026 du SNJT.

Le rapport recense 154 atteintes contre des journalistes, 55 violences directes, 21 cas de harcèlement ou de menaces en ligne, 14 poursuites judiciaires et 5 condamnations à des peines privatives de liberté.

Au cours de cette période, l’exercice du journalisme a été confronté à des difficultés croissantes, touchant à la fois le cadre législatif et institutionnel. Les principales complications ont concerné la définition du statut de journaliste ainsi que des entraves illégitimes à l’exercice de la profession, révélant un environnement de travail instable sur les plans juridique et professionnel.

Le président du SNJT, Zied Dabbar, a dressé un état des lieux difficile de la situation des journalistes, marqué par la précarité professionnelle, la baisse du pouvoir d’achat et les tensions liées aux négociations sociales, notamment en l’absence de publication de l’accord-cadre. Il a également souligné la fragilité économique du secteur médiatique, avec le risque de fermetures d’entreprises et de recul du journalisme d’information sérieux.

Il a aussi évoqué un climat de pression sur la profession, « à travers des poursuites, des détentions, des empêchements de travail, des agressions, ainsi que des campagnes de dénigrement et de harcèlement en ligne, particulièrement contre les femmes journalistes. Selon lui, la baisse du nombre d’agressions ne traduit pas nécessairement une amélioration réelle, mais peut aussi découler d’obstacles croissants à l’exercice du métier. »

Enfin, Zied Dabbar a insisté sur le fait « qu’un journalisme libre et crédible ne peut exister durablement sans conditions de travail stables, sans protection effective des journalistes et sans un environnement marqué par moins de peur et de pression. »

Graphique avec IA

Le droit d’expression est un droit pour tous, “Tout individu a le droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit”, selon l’article 19 de la déclaration universelle des droits des l’Homme.

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Amen Bank: une année 2025 solide, portée par la performance et la transformation

Réunie ce jeudi 30 avril 2026 à son siège, l’Assemblée générale ordinaire d’Amen Bank a passé en revue les performances de l’exercice 2025 avec une forte présence des actionnaires. Au total, 158 participants étaient présents ou représentés, détenant 25,7 millions d’actions, soit 71,98 % du capital,  un niveau de quorum largement au-dessus des exigences réglementaires.

Sans surprise, les commissaires aux comptes ont validé les états financiers arrêtés au 31 décembre 2025, confirmant leur conformité aux normes en vigueur. Aucun manquement notable n’a été relevé, ni sur le plan du contrôle interne ni en matière de règles comptables ou prudentielles.

Sur le plan opérationnel, la banque affiche des indicateurs en progression. Les dépôts de la clientèle ont atteint 8 720,4 MD, en hausse de 8,79 % par rapport à 2024, tirés principalement par la dynamique des dépôts à vue et de l’épargne. De leur côté, les crédits ont enregistré une croissance plus modérée de 3,26 %, pour s’établir à 7 537,8 MD.

Dans ce contexte, le Produit Net Bancaire s’est apprécié de près de 4,2 %, atteignant 590,1 MD, soutenu par une évolution favorable des revenus et une maîtrise relative des charges bancaires. Résultat: le bénéfice net ressort à 248,65 MD, en progression de 8,13 % sur un an. Les capitaux propres poursuivent également leur renforcement pour atteindre 1 707,4 MD, tandis que les ratios prudentiels demeurent confortablement au-dessus des seuils réglementaires, confirmant la solidité financière de l’établissement.

Fort de ces performances, l’Assemblée a approuvé la distribution d’un dividende de 3,600 dinars par action, correspondant à un taux de distribution de 50,56 %.

Au-delà des chiffres, AMEN BANK entend consolider son rôle dans le financement de l’économie, en particulier en direction des PME. Tout comme elle poursuit sa stratégie de diversification, en développant ses activités en banque d’affaires, conseil stratégique, restructuration et ingénierie financière. En parallèle, elle accentue son engagement dans la transition énergétique, en accompagnant les projets liés à la décarbonation et aux énergies renouvelables.

Enfin, l’intelligence artificielle s’impose comme un axe clé de transformation, avec pour objectif d’optimiser les processus internes, affiner la gestion des risques et améliorer l’expérience client. Sur le plan extra-financier, l’établissement continue de renforcer son engagement RSE, récemment salué par de nouvelles distinctions.

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