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Creative Tunisia : comment 6 ans ont suffi à rebâtir l’artisanat tunisien de fond en comble

Dix nouveaux marchés étrangers conquis, 2 000 artisans encadrés, 350 collections inédites — le programme Creative Tunisia s’est achevé le 5 mai 2026 avec un bilan qui, sur 6 ans, aura profondément réorganisé un secteur longtemps resté atomisé. Financé conjointement par l’Union européenne et la Coopération italienne, mis en œuvre par l’ONUDI entre 2019 et 2026 en partenariat avec l’Office national de l’artisanat, le dispositif a suivi une logique de chaîne de valeur complète, des matières premières brutes jusqu’à la mise sur le marché du produit transformé.  

Sur le volet commercial, la directrice générale de l’artisanat, Leïla Meslati, a souligné que 200 entreprises avaient franchi les portes des marchés internationaux en participant à des foires et salons spécialisés. Pour prolonger cette dynamique, une exposition itinérante a été conçue afin de promouvoir le savoir-faire tunisien à l’étranger sur une base durable.

Le représentant de l’ONUDI en Tunisie, Lassaad Ben Hassine, a estimé que le programme avait rempli ses engagements sur 3 axes sociaux : l’autonomisation économique des femmes, l’intégration des jeunes dans l’économie créative et le rééquilibrage entre régions. Il a par ailleurs mis en avant la mutation structurelle accomplie, le secteur étant passé d’une multitude de producteurs isolés à un écosystème cohérent et connecté aux circuits de distribution.

40 structures nouvelles, 6 pôles territoriaux

Le ministre du Tourisme, Sofiane Tekaya, a rappelé que 40 entreprises avaient vu le jour dans le sillage du projet, tandis que 200 autres avaient amélioré leurs performances techniques. 6 pôles d’innovation ont été implantés dans des zones aux réalités économiques contrastées : Tunis-Douar Hicher, Mahdia, Gabès, Gafsa, Kasserine et Sidi Bou Saïd. Ces centres proposent des services de formation, de design, d’accompagnement entrepreneurial et d’incubation de projets.

Le programme a par ailleurs ciblé des filières enracinées dans leurs territoires : le kilim du Kef, le textile traditionnel du Sahel, les poteries de jardin de Moknine, l’alfa de Kasserine et les fibres végétales de Gabès. 11 réalités économiques locales, dont la céramique, la broderie et les fibres naturelles, ont été structurées en modèles reproductibles, conçus pour être transposés dans d’autres contextes régionaux. Au total, 17 groupements économiques ont bénéficié du soutien du dispositif, qui aura accompagné 200 entreprises artisanales et soutenu le développement de 350 collections nouvelles en l’espace de 6 exercices.

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Giuseppe Perrone : « Creative Tunisia est l’un des projets les plus réussis de l’UE en Tunisie »

Salué comme l’un des projets de coopération « les plus réussis » de l’Union européenne en Tunisie, le programme Creative Tunisia entre dans une nouvelle phase. Son financement se poursuit et s’élargit désormais à la diaspora tunisienne. L’annonce a été faite le 5 mai 2026 à Tunis par l’Ambassadeur de l’UE, Giuseppe Perrone, en marge de la clôture de la première phase du programme.

La première phase du programme Creative Tunisia s’est officiellement achevée ce mardi au Palais des Congrès de Tunis. Mais le projet ne s’arrête pas là. Dans une déclaration aux médias, l’Ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Giuseppe Perrone, a annoncé que la mise en œuvre d’une deuxième phase est déjà engagée, avec une ambition renforcée : associer pleinement la diaspora tunisienne au développement du programme.

Cette deuxième phase prévoit l’implication de la diaspora à trois niveaux distincts : le financement, le réseautage et le renforcement des capacités. L’objectif affiché est de réaliser une « montée en gamme » des capacités tunisiennes dans les domaines de l’artisanat, du tourisme et de l’offre culturelle. Et ce, afin de déclencher, selon les termes du diplomate, « une dynamique de croissance véritable et durable ».

Dressant le bilan de la première phase, Giuseppe Perrone a qualifié les résultats d’« effectivement marquants » et le programme de l’un des projets « les plus réussis » dans l’approche de coopération de l’Union européenne envers la Tunisie.

Financé par l’UE, Creative Tunisia repose sur une approche qu’il a décrite comme « intégrée et holistique », articulée autour du soutien à l’artisanat, de la diversification de l’offre touristique et de la valorisation du patrimoine culturel.

Ainsi, le programme a pour vocation de déclencher un processus de croissance durable à l’échelle locale, notamment par la création d’emplois au bénéfice des jeunes et des femmes impliqués dans le projet.

Par ailleurs le principal défi identifié par l’Ambassadeur est désormais la pérennisation de ces acquis : permettre aux bénéficiaires de consolider leurs projets et leurs entreprises pour produire des résultats « encore plus positifs dans les années à venir ».

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Tunisair affiche une hausse de 9 % de son trafic passagers au premier trimestre 2026

Tunisair, a publié ses indicateurs d’activité relatifs au premier trimestre 2026, faisant ressortir une progression du trafic passagers et une amélioration des principaux indicateurs opérationnels par rapport à la même période de 2025.

Le nombre de passagers transportés, toutes activités confondues, s’élève à 540 651 au terme du premier trimestre 2026, en hausse de 9 % par rapport à la même période de l’année précédente. Le taux de remplissage atteint 75,8 %, contre 74,3 % au premier trimestre 2025, enregistrant un gain de 1,5 point.

Les heures de vol progressent de 4 % sur la période, avec 12 103 heures enregistrées; contre 11 681 au premier trimestre 2025. Le coefficient de chargement s’établit à 66,4 %, en amélioration de 0,2 point par rapport à la même période de l’année précédente.

Sur le plan financier, les dépenses de carburant affichent une légère baisse, résultant d’une diminution des quantités consommées et d’une évolution favorable de la parité dollar-dinar. L’endettement de la compagnie est en revanche en hausse, en raison de la mise en place de nouveaux crédits contractés en 2025 et au début de l’année 2026.

La part de marché de Tunisair s’établit à 24,5 % au premier trimestre 2026, contre 24,2 % durant la même période de l’année précédente. Soit une progression de 0,3 point.

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Magasin Général redresse la barre avec 5,3 MD de bénéfice

Le conseil d’administration de la Société Magasin Général, réuni le 30 avril 2026, a arrêté les états financiers individuels et consolidés de l’exercice 2025, faisant ressortir un retour à l’équilibre au niveau de l’entité mère avec un bénéfice net de 5,3 millions de dinars, et a décidé de convoquer l’assemblée générale ordinaire pour le vendredi 5 juin 2026.

Sur le plan individuel, la société affiche un chiffre d’affaires hors taxes de 1,16 milliard de dinars au 31 décembre 2025, contre 1,04 milliard de dinars à la même date en 2024. Soit une progression de 11,48 %. Le résultat net d’exploitation s’établit en territoire bénéficiaire à 5,3 millions de dinars, inversant ainsi la tendance observée l’exercice précédent, qui avait enregistré un déficit de 3,7 millions de dinars.

Au niveau consolidé, le groupe affiche un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de dinars au 31 décembre 2025, contre 1,1 milliard de dinars au 31 décembre 2024, en hausse de 9,36 %. Le résultat consolidé demeure déficitaire à hauteur de 6,4 millions de dinars, en nette amélioration par rapport au déficit de 10,1 millions de dinars enregistré en 2024.

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FCP OPTIMA : BNA-Capitaux met en paiement un dividende de 7,872 dinars par part 

BNA-Capitaux, société gestionnaire du Fonds Commun de Placement OPTIMA, annonce la distribution des dividendes afférents à l’exercice 2025.

Lesdits dividendes sont arrêtés à 7,872 dinars par part. Le versement est effectif à compter du 22 mai 2026 auprès de ses guichets.

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L’UIB fixe son dividende à 1 dinar par action, paiement prévu le 4 juin 2026

L’Union Internationale de Banques (UIB) a arrêté, lors de son Assemblée Générale Ordinaire tenue le 30 avril 2026, le montant du dividende à distribuer à ses actionnaires à hauteur d’un (1) dinar par action ou certificat d’investissement.

Le détachement du dividende interviendra le 2 juin 2026, pour un paiement effectif fixé au 4 juin 2026. Le règlement sera assuré auprès des intermédiaires en Bourse et des teneurs de comptes dépositaires des titres, via TUNISIE CLEARING pour les titres qui y sont déposés.

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SOTRAPIL : résultat net en hausse à 9,520 millions de dinars en 2025

La Société de Transport des Hydrocarbures par Pipelines, SOTRAPIL S.A., a enregistré pour l’exercice 2025 un résultat net de 9,520 millions de dinars ; contre 8,934 millions de dinars un an auparavant. Soit une progression de 6,56 %. Son Conseil d’administration, réuni le mardi 28 avril 2026, a arrêté les états financiers de la société et proposé la distribution d’un dividende de 1,650 dinar par action.

Le total des produits d’exploitation a atteint 20,229 millions de dinars au titre de l’exercice 2025 ; contre 18,775 millions de dinars au 31 décembre 2024. Enregistrant ainsi une augmentation de 7,74 %. Cette progression est imputée à la hausse des volumes transportés via les pipelines Bizerte-Radès et JET A1, de même qu’à l’augmentation des autres produits d’exploitation.

Le Conseil d’Administration a par ailleurs décidé de convoquer l’Assemblée générale ordinaire pour le mercredi 10 juin 2026. Date à laquelle les actionnaires seront appelés à se prononcer, notamment sur la proposition de distribution de dividendes.

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Union des chambres arabes : Majoul plaide pour lever les freins au commerce interarabe

En marge de la 137ᵉ session extraordinaire du Conseil de l’Union des chambres arabes, Samir Majoul, président de l’Union des chambres arabes et de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), a appelé à activer pleinement la Grande Zone de libre-échange arabe et à supprimer les obstacles tarifaires et non tarifaires qui freinent les échanges entre pays membres. Il a plaidé pour une implication directe du secteur privé dans l’élaboration des législations économiques et fiscales, réclamé le lancement de projets communs dans l’agriculture durable et les technologies de l’eau et mis en garde contre les effets des conflits régionaux sur l’économie arabe. La confiance mutuelle entre les États, a-t-il estimé, demeure la condition première de toute intégration économique régionale.

La Grande Zone de libre-échange arabe fonctionne en deçà de ses ambitions, a estimé M. Majoul, qui a appelé à son activation pleine et entière. La suppression des barrières tarifaires et non tarifaires entre pays membres constitue, selon lui, un préalable incontournable au renforcement des échanges intra-arabes et à la consolidation de la résilience économique régionale. Le président de l’UTICA a plaidé pour le lancement de projets arabes communs dans l’agriculture durable et les technologies de l’eau, des secteurs qu’il a présentés comme prioritaires pour faire face aux défis climatiques et garantir la sécurité alimentaire et hydrique de la région.

Le secteur privé, moteur de croissance et acteur des décisions

Principal moteur de la croissance économique, le secteur privé doit être associé de manière systématique à l’élaboration des législations économiques et fiscales, a soutenu le responsable. Il a également appelé à la mise en place de chaînes d’approvisionnement arabes solides et flexibles, afin de réduire l’exposition de la région aux fluctuations économiques mondiales.

L’intervenant a interpellé les chambres arabes sur la nécessité d’adopter des stratégies de soutien aux entreprises émergentes et à l’innovation technologique, jugeant que la compétitivité du secteur privé arabe sur le marché mondial en dépend directement.

Crises, énergie et confiance : les trois défis du monde arabe

La région arabe traverse une crise réelle, provoquée par les guerres et leurs répercussions, a déclaré M. Majoul. Il a relevé que les pays arabes disposent pourtant de réserves énergétiques importantes qu’ils doivent se donner les moyens de valoriser. Ce qui fait défaut, a-t-il conclu, ce sont l’harmonisation des visions, la sincérité des intentions et la confiance mutuelle entre les États. Conditions qu’il a présentées comme indispensables à la construction d’un avenir économique arabe commun.

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Santé, télécoms, pétrole : zéro administrateur étranger – souveraineté ou fermeture ?

En 2025, 63 administrateurs de nationalité étrangère siègent dans les conseils d’administration des sociétés cotées à la Bourse de Tunis. Soit 8,8 % de l’ensemble des 714 membres. C’est ce que révèle le rapport « Gouvernance des sociétés cotées à la Bourse de Tunis, Année 2025 »; tel que publié par le département Développement de la Bourse de Tunis.

Cette part est en recul par rapport à 2024, où les administrateurs étrangers représentaient 9,9 % des conseils. Avec 69 membres étrangers sur un total de 694 administrateurs.

Une présence variable selon les secteurs

La répartition par secteur en 2025 montre des disparités marquées. Le segment des matériaux de base affiche la proportion la plus élevée. Avec sept administrateurs étrangers sur 49, soit 14,3 %. Les sociétés financières comptent 42 administrateurs étrangers sur 297 membres.

Dans les autres secteurs, les biens de consommation enregistrent huit administrateurs étrangers sur 94. Tandis que les services aux consommateurs en comptent quatre sur 103. Aucun administrateur étranger n’est recensé dans les secteurs de la santé, des télécommunications, ainsi que du pétrole et gaz en 2025.

Évolution par rapport à 2024

En 2024, les matériaux de base affichaient déjà la plus forte présence d’administrateurs étrangers, avec neuf membres sur 48, soit 18,7 %. Sur l’ensemble des sociétés cotées, la part des administrateurs étrangers est passée de 9,9 % en 2024 à 8,8 % en 2025.

Au final, le rapport indique que les administrateurs tunisiens représentent ainsi 91 % des membres des conseils d’administration en 2025; contre 9 % de nationalité étrangère.

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Le Collier Kolovrat : Quand le roman redonne une voix aux « invisibles » de Tunisie

À l’occasion de la parution de son dernier ouvrage, Le Collier Kolovrat / القلادة الروسية  (Éditions Miskiliani), et de sa première séance de dédicace le 1er mai 2026 à la Foire internationale du livre, le romancier Mohamed Aïssa Meddeb revient sur son ambitieux projet littéraire. À travers ce nouveau récit, l’écrivain explore l’exil des Russes blancs en Tunisie au début du XXe siècle, poursuivant ainsi un travail de mémoire essentiel sur les minorités et les réfugiés qui ont façonné l’identité plurielle du pays.

Interrogé par L’Économiste Maghrébin sur la genèse de cette œuvre, Mohamed Aïssa Meddeb explique que Le Collier Kolovrat s’inscrit dans un cycle romanesque global. Ce projet, amorcé avec ses précédents titres, est dédié aux communautés et aux exilés ayant trouvé refuge en Tunisie au gré des grands conflits mondiaux. L’écrivain rappelle que l’histoire tunisienne est tissée de ces flux migratoires : des 120 000 Italiens établis à Hammam-Lif, La Goulette ou dans le Cap Bon, aux 4 000 Espagnols fuyant la guerre civile — un épisode qu’il avait déjà documenté dans son roman Bottes espagnoles.

L’exode méconnu des Russes blancs

Avec ce nouvel opus, l’auteur met en lumière l’arrivée de près de 6 000 Russes en Tunisie vers 1920. Selon lui, l’historiographie officielle a souvent occulté les détails de ces tragédies humaines. À travers le personnage d’Ouliana Nevski, une fillette de huit ans, le romancier dépeint une quête qui dépasse le simple objet matériel. La recherche de ce collier est, en réalité, une quête d’identité et de mémoire, reflétant les épreuves endurées par les partisans du tsar Nicolas II après la défaite de l’Armée blanche face aux Bolcheviks.

Mohamed Aïssa Meddeb précise que cette vague migratoire ne s’est pas cantonnée à la Tunisie, mais a également essaimé en Algérie et à travers l’Europe. Ce contingent hétéroclite rassemblait des officiers de haut rang, des citoyens ordinaires, des femmes, des enfants et des vieillards, tous unis par leur déracinement.

L’auteur du Collier Kolovrat se fait le chantre d’une Tunisie « mosaïque ». Il soutient avec conviction que son œuvre rend hommage à une terre qui, même sous le Protectorat français, a su devenir un havre pour les opprimés. Pour lui, ces populations ont vu leurs destins s’entrelacer avec l’identité nationale. Il souligne que les Russes ont apporté avec eux leurs coutumes, leurs traditions et leur sensibilité culturelle, autant d’éléments que le lecteur est invité à découvrir au fil des pages.

Le roman comme outil de réparation historique

Enfin, Mohamed Aïssa Meddeb invite les lecteurs tunisiens et arabes à se réapproprier ce pan méconnu de leur passé. Il considère que le roman moderne a pour mission de combler les vides laissés par une Histoire qui a tendance à invisibiliser certaines minorités. Qu’il s’agisse des Russes, des Espagnols, des Serbes ou des Palestiniens arrivés en 1982, l’écrivain estime que la fiction permet de restaurer une mémoire défaillante.

Il conclut en affirmant que ces récits font l’honneur de la Tunisie. Pour Mohamed Aïssa Meddeb, l’identité tunisienne n’est pas monolithique : elle est une construction plurielle, enrichie par des décennies de partage entre cultures et communautés diverses.

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BTS BANK affiche un bénéfice net de 10,5 millions de dinars au terme de l’exercice 2025

La Banque tunisienne de solidarité (BTS Bank) a dégagé un bénéfice net de 10,5 millions de dinars au terme de l’exercice 2025. Soit une progression de 10 % par rapport à l’année précédente. Réunie en Assemblée Générale Ordinaire le jeudi 30 avril 2026 à Tunis, l’institution a validé la distribution de dividendes pour la deuxième année consécutive. Cette opération porte sur un montant global de 6 millions de dinars. Ce qui correspond à une rémunération d’un (1) dinar par action pour les actionnaires de la banque.

Les performances financières de la BTS Bank témoignent d’une croissance soutenue de son activité. Son produit net bancaire s’établit à 76,8 millions de dinars. Il marque ainsi une hausse de 7,6 %. Le total bilan de l »établissement franchit désormais le seuil des 2 101 millions de dinar. Tandis que les fonds propres atteignent 133,4 millions de dinars à la clôture de l’année 2025. Ces indicateurs financiers s’accompagnent d’un strict respect des exigences réglementaires liées aux ratios de solvabilité de liquidité et au ratio crédits sur dépôts.

Sur le plan opérationnel, la banque a mobilisé plus de 381 millions de dinars pour le financement de 19 000 projets et microentreprises. L’activité de microcrédit a permis l’octroi de 38 000 prêts pour un encours global de 109,6 millions de dinars géré par les associations partenaires. Le soutien aux entreprises communautaires figure également parmi les priorités de l’exercice avec 56 nouvelles sociétés financées en 2025 pour un montant de 14,6 millions de dinars. Ce qui porte le cumul à 80 entreprises pour un coût total d’investissement de 22,1 millions de dinars.

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Les administrateurs étrangers représentent 8,8 % des membres des conseils d’administration en 2025

Le rapport « Gouvernance des sociétés cotées à la Bourse de Tunis, Année 2025 » a été publié par le département Développement de la BVMT. Il en ressort que 63 administrateurs de nationalité étrangère siègent dans les conseils des sociétés cotées en 2025, sur un total de 714 membres; contre 69 sur 694 en 2024.

En 2024, les administrateurs étrangers représentaient 9,9 % de l’ensemble des membres des conseils d’administration. Et ce, avec 69 ressortissants étrangers sur un total de 694 administrateurs. En 2025, ce nombre s’établit à 63 sur 714, soit 8,8 % du total.

Par secteur en 2025, les matériaux de base enregistrent la proportion la plus élevée d’administrateurs étrangers avec sept membres étrangers sur 49 au total, soit 14,3 %. Les sociétés financières comptent 42 administrateurs étrangers sur 297. Les biens de consommation en dénombrent huit sur 94. Et les services aux consommateurs en comptent quatre sur 103. En revanche, les secteurs de la santé, des télécommunications et du pétrole et gaz ne comptent aucun administrateur étranger en 2025.

En 2024, le secteur des matériaux de base affichait déjà la part la plus élevée d’administrateurs étrangers avec 9 membres sur 48. Soit 18,7 %. À titre de comparaison, le rapport indique que la part des administrateurs étrangers dans les sociétés cotées françaises atteignait 33 % en 2024.

En 2025, les administrateurs tunisiens représentent 91 % des membres des conseils d’administration des sociétés cotées à la Bourse de Tunis; contre 9 % d’administrateurs de nationalité étrangère, note le rapport.

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55 sociétés sur 75 ont désigné un représentant des actionnaires minoritaires en 2025

60 des 75 sociétés cotées à la Bourse de Tunis disposent d’au moins un administrateur indépendant en 2025; contre 59 sur 74 en 2024. Et ce, pour un total de 121 administrateurs indépendants sur 714 membres de conseils d’administration. C’est ce que relève le rapport « Gouvernance des sociétés cotées à la Bourse de Tunis, Année 2025 ».

Publié par le Département Développement de la Bourse de Tunis, le rapport fait état d’une progression modérée des pratiques de gouvernance. En 2025, les conseils d’administration totalisent 714 membres, contre 694 en 2024. Ils comptent 121 administrateurs indépendants; contre 115 un an plus tôt. Et 57 représentants des actionnaires minoritaires; contre 51 en 2024. Tandis que 536 administrateurs sont non indépendants.

15 sociétés ne disposent toujours pas d’administrateur indépendant à la fin de l’exercice 2025. Parmi elles, sept ont lancé un appel à candidature, notamment Placements de TSIE SICAF, Officeplast, Somocer, Sotemail, Sanimed, Sotuver et Aetech. Huit autres n’ont engagé aucune démarche, dont Sotumag, UADH, Tunisair, Siphat, Ciments de Bizerte, SITS, Alkimia et Sotrapil.

La représentation des actionnaires minoritaires progresse également. Ainsi, 55 sociétés sur 75 ont désigné un administrateur à ce titre en 2025; contre 51 sur 74 en 2024. 20 sociétés restent concernées par cette absence. Parmi elles, 14 ont lancé un appel à candidature; tandis que six n’ont pris aucune initiative (BTE, BNA Assurance, Siphat, UADH, SITS et Alkimia).

Enfin, des disparités sectorielles persistent. En 2025, la part des administrateurs indépendants varie de 0 % dans le secteur du pétrole et du gaz à 24 % dans les télécommunications. Les sociétés financières affichent un taux de 20 %, stable par rapport à 2024.

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Bourse de Tunis : la féminisation des conseils progresse à 19,5 % en 2025

Selon le rapport « Gouvernance des sociétés cotées à la Bourse de Tunis, Année 2025 » publié par le Département Développement de la Bourse de Tunis, le nombre de femmes administratrices est passé de 123 en 2024 à 139 en 2025, sur un total de 714 membres.

En 2024, les 74 sociétés cotées à la Bourse de Tunis totalisaient 694 administrateurs, dont 123 femmes, soit un taux de 17,7 %. Parmi ces sociétés, 56 comptaient au moins une femme au sein de leur conseil d’administration, tandis que 18 n’en avaient aucune.

En 2025, le nombre total d’administrateurs a atteint 714 au sein de 75 sociétés cotées, dont 139 femmes, portant le taux de féminisation à 19,5 %. Le nombre de sociétés disposant d’au moins une femme administratrice est passé à 63, contre 12 sociétés sans aucune représentation féminine.

Par secteur, la représentation féminine varie en 2025 entre 6 % et 28 %. Le secteur de la santé enregistre le taux le plus élevé avec 28 %, suivi du secteur pétrole et gaz à 25 %. Le secteur des télécommunications affiche le taux le plus faible avec 6 %. En 2024, le secteur des télécommunications ne comptait aucune femme administratrice.

Sur la période 2020 à 2025, le rapport indique que le taux de féminisation est passé de 13,5 % en 2020 à 17,7 % en 2024 puis à 19,5 % en 2025. À titre de comparaison, ce taux atteint 46,7 % dans les entreprises du CAC 40 et 46,4 % dans celles du SBF 120 en France en 2024.

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La Cave d’Al Hafsia : quand la littérature devient le tribunal des oubliés

 Avec son premier roman, La Cave d’Al Hafsia (قبو الحفصية), paru aux éditions Cérès, l’écrivain et journaliste Mohamed Amine Ben Hlel signe une œuvre à la croisée du réalisme, du fantastique et du romantisme. Un texte dense mais accessible, dont la première présentation s’est tenue le 3 mai à la Foire internationale du livre de Tunis. L’écrivain revient pour L’Économiste Maghrébin sur la genèse de ce roman.

La Cave d’Al Hafsia est un roman sur les marginalisés qui n’ont pas trouvé justice de leur vivant et qui reviennent la réclamer depuis l’au-delà. Ce n’est pas un roman d’horreur : c’est un roman sur la violence qu’engendre l’injustice. La vengeance peut-elle devenir justice ? La société pousse-t-elle l’être humain à se muer en bourreau ? L’auteur donne une voix à ceux que l’Histoire a écrasés : fonctionnaires lésés, élèves détruits par la jalousie, travailleurs honnêtes sacrifiés, autant de figures ancrées dans une réalité douloureuse qui parle directement aux lecteurs. Les fantômes sont des victimes dont la voix n’a jamais été entendue, métaphore de tout individu qui se sent opprimé sans que personne ne l’ait écouté ni cru. La cave n’est pas un simple lieu : elle est la mémoire enfouie, les crimes passés sous silence, tout ce que nous refusons de regarder en face. Un roman qui trompe le lecteur jusqu’à la dernière page et l’invite à relire la première après avoir lu la dernière. D’ordinaire, l’Histoire est écrite par les vainqueurs. Celui-ci est écrit avec la voix des vaincus, une phrase qui fixe la Tunisie droit dans les yeux.

Le roman tourne autour d’un personnage central, Saïd Radhi, un homme qui menait une existence désordonnée et qui décide un jour d’en changer radicalement. C’est précisément cette décision qui l’amène, de façon fortuite, à faire la connaissance de trois fantômes, lesquels lui confient leurs histoires. Chacun d’eux est mort de manière tragique : le premier est lié à une affaire d’injustice impliquant un enseignant et ses élèves, dans un contexte de pénurie en eau potable, réalité bien connue où des entreprises privées contrôlent l’accès à cette ressource vitale. La deuxième est une jeune fille qui avait excellé dans son parcours scolaire et ses recherches scientifiques, avant d’être détruite par la jalousie et l’envie de son entourage. Le troisième est un homme intègre et loyal, dont la droiture même lui vaut d’être la cible de l’hostilité de ses pairs, au point de finir comme une dépouille abandonnée. Face à ces destins brisés, Saïd Radhi décide d’agir.

L’auteur a situé les événements du roman à Al Hafsia, et notamment dans une salle de boxe qui existait autrefois sous le nom d’An-Nasriya, un lieu ancré dans la réalité et qui joue un rôle symbolique central dans le récit.

Mohamed Amine Ben Hlel indique que le roman aborde plusieurs thèmes fondamentaux : l’amour, la justice, l’excellence et le mérite, notamment dans le domaine scolaire, mais aussi dans le monde du travail, où la compétence peut paradoxalement devenir un obstacle plutôt qu’un atout. L’œuvre conjugue ainsi une dimension réaliste, une dimension romantique et une dimension surréaliste relevant du réalisme magique.

 

 

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L’Amas ardent en arabe : Sonya Ben Béhi ouvre la Tunisie à ceux qui la lisent autrement

Le 1er mai 2026, au stand de Pop Libris, l’écrivain Yamen Manaï dédicaçait la traduction arabe de L’Amas ardent, son roman paru en 2017 aux éditions Elyzad, désormais publié en arabe par Pop Libris. Derrière ce passage d’une langue à l’autre, une traductrice : Sonya Ben Béhi, membre du comité de lecture de la maison d’édition et créatrice de contenu culturel, qui a porté ce projet avec une conviction rare. Présente à la Foire internationale du livre de Tunis, elle revient sur un choix délibéré et sans concession : celui de rendre ce roman profondément tunisien au public arabophone qui, trop longtemps, n’a pas pu le lire. Dans une déclaration accordée à L’Économiste Maghrébin, elle interpelle, au passage, les déséquilibres qui structurent encore le monde de l’édition mondiale.

Ce choix était tout sauf fortuit, affirme Sonya Ben Béhi. Découvert en 2018 avec un coup de cœur immédiat, L’Amas ardent lui avait semblé, dès cette première lecture, injustement inaccessible au public arabophone tunisien. Le beau succès de l’œuvre dans l’espace francophone, notamment le Prix des cinq continents en 2017, n’avait fait que renforcer cette conviction. Dès sa première traduction achevée, ce roman s’est donc imposé comme le choix suivant. Œuvre ancrée dans l’identité tunisienne, roman de la mémoire et contre l’oubli, hommage à une nature locale, satire sociale chargée de « tunisialité » jusque dans ses mots, ses proverbes et son lexique, il se devait, selon la traductrice, d’être lu en arabe, et ce par le plus grand nombre possible.

L’auteur, partenaire inédit de sa propre traduction

La traductrice espère que cette version arabe saura plaire et que le public en saisira toutes les nuances d’une œuvre qu’elle juge particulièrement nuancée. Pour ce quatrième travail, Sonya Ben Béhi a bénéficié d’un privilège rare : échanger directement avec Yamen Manaï, auteur accessible dont la maîtrise de l’arabe littéraire, autant que du français, l’a d’ailleurs quelque peu surprise. Cette collaboration a fait de l’auteur un participant actif au processus traductif. Un dialogue de co-construction dont Sonya Ben Béhi espère qu’il se ressentira à la lecture, offrant au public une œuvre aussi riche que le texte original.

La formule « traduire, c’est trahir » est devenue si galvaudée que Sonya Ben Béhi y a renoncé. Pour la traductrice, traduire, c’est avant tout aimer. Traduire une œuvre qu’on n’aurait pas aimée lui semble inconcevable, même si certains pourraient peut-être le faire. Sa propre pratique est profondément émotionnelle : imprégnée du roman tout au long du travail, vivant l’œuvre de l’intérieur, Sonya Ben Béhi sent qu’elle laisse une part d’elle-même dans chaque texte. Le résultat est, à ses yeux, une œuvre composite, portant à la fois la substance du texte original et une empreinte personnelle. L’Amas ardent occupe une place particulière dans son cœur, précisément parce qu’il est un roman tunisien.

La littérature arabe traduite : une volonté qui doit venir de l’autre

Sur ce point, Sonya Ben Béhi est directe. Un principe fondamental s’impose : la volonté de traduire vers une langue doit venir des locuteurs de cette langue. Rendre un roman arabe accessible au public français relève ainsi de la responsabilité des éditeurs français, et non de celle des maisons d’édition arabes. Or, le monde éditorial européen et américain commence à peine à traduire des romans arabes, en ne retenant que les noms les plus établis. Les initiatives restent marginales, à l’exception de quelques acteurs engagés comme Actes Sud en France, dont c’est précisément la vocation. Par ailleurs, une traduction de l’arabe vers l’anglais portée du côté arabe ne toucherait, en réalité, que quelques lecteurs anglophones locaux, tandis qu’une traduction initiée par les éditeurs anglophones ouvrirait de véritables horizons à l’œuvre. La créatrice de contenu culturel exprime l’espoir que le monde éditorial occidental porte un regard croissant et plus attentif sur la littérature arabe et africaine dans son ensemble.

 

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Le groupe Délice Holding porte son bénéfice consolidé à 120,8 millions de dinars

Délice Holding affiche une progression de près de 20 % de son bénéfice consolidé en 2025 et propose un dividende de 0,550 dinar par action

Le Conseil d’administration de Délice Holding, réuni le 28 avril 2026, a arrêté les états financiers individuels et consolidés de l’exercice 2025, faisant ressortir une hausse significative des résultats à l’échelle du groupe. La société cotée à la Bourse de Tunis a enregistré un résultat net part du groupe de 120,8 millions de dinars au 31 décembre 2025, contre 101 millions de dinars à la même date en 2024, soit une progression de 19,59 %.

Sur le plan individuel, le résultat net de la société mère s’est établi à 64,8 millions de dinars au 31 décembre 2025, contre 58,9 millions de dinars un an auparavant, en hausse de 9,98 %.

À l’issue de cette réunion, le Conseil d’administration a décidé de soumettre à l’approbation des actionnaires la distribution d’un dividende de 0,550 dinar par action au titre de l’exercice 2025. Cette proposition sera mise au vote lors de l’Assemblée Générale Ordinaire convoquée pour le 11 juin 2026.

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De la résistance au streaming : Dhia Bousselmi décrypte l’empire du rap tunisien

Des trottoirs poussiéreux du Bronx aux enceintes saturées des quartiers populaires tunisiens, le rap a transcendé son statut de curiosité marginale pour s’ériger en un véritable empire culturel et économique. À l’occasion de la parution de son essai en langue arabe aux éditions Pop Libris, intitulé Musique des profondeurs et du fracas : Les pérégrinations du rap, des rues américaines aux quartiers tunisiens, Dhia Bousselmi analyse trente ans d’une métamorphose fulgurante. Présenté lors d’une première séance de dédicace le 26 avril 2026 à la Foire internationale du livre de Tunis, cet ouvrage explore les tensions permanentes entre contre-culture séditieuse et hégémonie commerciale. Dans un entretien accordé à L’Économiste Maghrébin, l’auteur décrypte les paradoxes d’un genre musical qui, au-delà du rythme, a profondément redéfini l’identité de la rue et les codes de la jeunesse contemporaine.

L’auteur de l’ouvrage confie que sa démarche scripturale repose sur une triple motivation fondamentale. Tout d’abord, ce projet s’inscrit dans la continuité d’un engagement intellectuel au long cours, l’auteur consacrant ses écrits au rap depuis 2015, période durant laquelle la genèse de ce livre a commencé à mûrir au sein de ses réflexions. À cette inclinaison personnelle s’ajoute une nécessité historique puisque ce genre musical n’avait, jusqu’alors, fait l’objet d’aucun ouvrage de référence dans le monde arabe, une lacune que l’écrivain a souhaité combler en documentant et en analysant rigoureusement le phénomène. Enfin, la portée de son travail réside dans une approche journalistique et analytique inédite, offrant une lecture profonde d’un genre dont l’évolution demeure intrinsèquement liée aux soubresauts politiques et aux mutations sociales de la Tunisie.

Notre invité bouscule d’emblée les idées reçues en précisant que le rap tunisien n’a pas émergé au sein des quartiers populaires mais plutôt dans des milieux privilégiés à l’aube des années quatre-vingt-dix. Il  invoque le parcours pionnier de Slim Larnaout, fils de l’illustre acteur Mahmoud Larnaout, qui importait cette culture depuis sa chambre d’el Menzah par l’intermédiaire de MTV et du satellite. L’auteur souligne qu’à cette époque, le rap était perçu comme une hérésie artistique, à tel point que l’administration tunisienne ignorait la signification même du terme lors du traitement des demandes de cartes professionnelles. Slim Larnaout a néanmoins marqué l’histoire en signant la bande originale du film Miel et Cendres, œuvre dans laquelle il figurait également, tout en assurant les premières parties de figures internationales telles que Coolio ou MC Solaar sur les scènes de Carthage et de Paris.

La structuration des collectifs face à la répression

L’émergence d’une dynamique collective a ensuite succédé aux trajectoires individuelles sous l’impulsion de collectifs emblématiques comme Filozof, emmené par Ferid El Extranjero, Arab Clan ou encore Wled Bled, dont Balti fut l’un des membres fondateurs. L’essayiste relate une anecdote édifiante concernant le groupe T-Man et son cofondateur DJ Danger, expliquant qu’en l’absence de cadres contractuels formels, les rappeurs se voyaient parfois contraints de racheter leurs propres disques dans le commerce après les avoir enregistrés sans aucune garantie. L’année 2005 est identifiée comme un pivot politique fondamental avec la parution du titre Abad fi Tarkina de Ferid El Extranjero, morceau qui a provoqué le basculement du rap d’une chronique sociale vers une contestation frontale s’attaquant au système sécuritaire. Notre invité interprète cette période comme le triomphe des mots de la rue sur la langue de bois de Ben Ali, singulièrement lorsque 2010 fut proclamée année de la jeunesse, tandis que le réseau des Publinets et le portail mac125 permettaient la diffusion des œuvres malgré la surveillance du ministère de l’Intérieur qui multipliait les violences envers Balti ou DJ Danger.

Le rôle du rap dans le tumulte révolutionnaire

Revenant sur les bouleversements de 2011, l’écrivain apporte une nuance historique essentielle afin d’éviter tout raccourci simpliste. Si la chanson Rayes Le Bled d’El Général a bénéficié d’un écho planétaire au point de figurer dans le classement des personnalités les plus influentes du magazine Time, l’auteur récuse l’idée d’une révolution exclusivement impulsée par le rap. Il explique que ce genre musical a agi en synergie avec d’autres forces sociales, à l’instar de la révolte du bassin minier en 2008 durant laquelle des blogueurs comme Lina Ben Mhenni utilisaient des pistes de rap pour illustrer des séquences de répression policière. L’auteur insiste sur le fait que le rap constituait un affluent parmi d’autres ayant irrigué le mouvement menant à la chute du système, avant de subir une tentative de récupération massive lors des scrutins de 2014. Il mentionne alors le ralliement d’El Général à Moncef Marzouki, l’engagement de Psycho-M auprès d’Ennahdha ou encore l’usage opportuniste du succès Houmani de Hamzaoui et Kafon par Nidaa Tounes, illustrant une classe politique prête à tout pour briser la fracture avec la jeunesse.

Entre l’écran de cinéma et les nouveaux circuits de diffusion

Le septième art constitue également un terrain d’expression que Dhia Bousselmi analyse avec minutie, rappelant que les cinéastes furent les premiers à accorder de la crédibilité à ce mouvement. Il cite les collaborations entre Balti et Dali Nahdi pour Le Projet, le travail de Marwen Meddeb sur Croque-monsieur, ainsi que les films Making Of de Nouri Bouzid, Cinecittà d’Ibrahim Letaïef ou Le Prince avec Abdelmonem Chouayet. Il regrette néanmoins que la cinématographie nationale n’ait pas davantage suivi la méthodologie de Spike Lee, malgré la présence de comédiens talentueux comme Hamzaoui dans Vent du Nord ou Issam Abssi. Aujourd’hui, le paysage semble scindé entre un rap mainstream assujetti aux impératifs du streaming et une scène underground qui persiste comme un sanctuaire de résistance artistique. Pour l’auteur, après trois décennies d’existence, le rap tunisien demeure une entité plurielle dont la force réside dans sa capacité à osciller entre l’industrie du divertissement et la préservation de son essence séditieuse originelle.

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Nesrine Boukadi Jallouli : « Ceci n’est pas un roman, c’est un plaidoyer »

Maître-assistante en littérature française et romancière publiée aux éditions Arabesques, Nesrine Boukadi Jallouli signe en mars 2026 Née coupable, une suite indépendante à Comme si de rien n’était (2024). Dans cet entretien accordé à L’Économiste Maghrébin, elle explore les racines de son univers littéraire, dévoile la genèse d’une œuvre centrée sur la condition féminine et analyse l’essor de la littérature tunisienne d’expression française au sein des programmes universitaires et scolaires.

Les paupières alourdies et cernées par une fatigue que rien ne peut épuiser, celle des nuits passées à traquer les idées fugaces, à écrire et réécrire inlassablement, notre invitée habite les mots depuis l’enfance, ou ce sont les mots qui l’habitent, peu importe : Nesrine est une femme traversée par le truchement du verbe. À peine l’entretien amorcé, autour d’un café à la Cité de la culture, que ses mots ont jailli de source.

Cette plume francophone situe d’emblée son rapport à l’écriture dans une perspective sartienne : écrire, c’est agir. Si elle revendique le plaisir de l’écriture, l’auteure n’écrit pas uniquement pour ce plaisir. Chaque texte est, selon sa propre vision, animé par la volonté de véhiculer un message, de mettre en lumière ce qui la travaille, l’entoure, la touche ou la hante, avec, avoue-t-elle humblement, une ambition d’éclairer.

Entre deux silences et une gorgée de café noir, l’auteure soulève par ailleurs la question de la relation entre l’œuvre et la vie de l’écrivain, qu’elle juge hautement problématique. En connaisseuse avertie de cette problématique, notre invitée estime que, même lorsqu’elle cède la parole à ses personnages, sa propre voix ne disparaît jamais totalement. Le lecteur pourrait en voir la preuve entre les lignes de Née coupable, où deux voix s’entremêlent délibérément : celle de l’héroïne Ghanja et la sienne propre, une voix qui cohabite avec celle du personnage. Notre invitée voit en l’écriture un miroir, le reflet inévitable de la pensée de qui tient la plume.

La naissance d’une autofiction sfaxienne

Plongeant dans ses souvenirs, Nesrine retrace la genèse de son premier roman, Comme si de rien n’était. Tout est parti d’une scène vécue à Sfax, dans le quartier de son enfance situé près de la plage. Revenue dans ses souvenirs, la romancière s’est heurtée à un paysage profondément transformé par le projet Taparoura, un vaste chantier d’installation de salles de fêtes et de cinémas sur des milliers de mètres carrés de sable gagnés sur la mer, dont elle entend parler depuis son enfance sans qu’il ait jamais abouti. Face à ce paysage qu’elle juge austère et désolant, incapable de retrouver les repères de son passé, l’écriture a commencé à s’imposer pour consigner ce qu’elle ressentait.

Le texte est ainsi une autofiction : le cadre géographique, la ville de Sfax et la cité Bourguiba, est réel, et les personnages sont inspirés de personnes existantes, à l’exception d’une fiction entre deux protagonistes. L’œuvre est à la fois un hommage à la ville de Sfax, un cri de citoyenne face à une industrialisation qui prive les habitants de leur mémoire collective, et un hommage à la femme à travers plusieurs figures féminines. L’accueil du public a largement dépassé les espérances de l’auteure : la première édition de Comme si de rien n’était est aujourd’hui épuisée, et une réflexion sur une deuxième édition est d’ores et déjà engagée.

Parmi ces figures féminines, le personnage de Ghanja a suscité des réactions particulièrement vives. Jugée cupide, arriviste et égoïste par les lecteurs, ce personnage féminin n’a pas recueilli leur sympathie. La fin du roman, délibérément ouverte, n’a pas cessé d’interpeller le public, qui n’a eu de cesse de questionner l’auteure sur les choix de ce personnage. L’auteure confie avoir savouré cette incompréhension, qu’elle lit comme la preuve que Ghanja avait atteint son but : provoquer, déranger, laisser une empreinte durable dans les esprits.

C’est précisément ce questionnement persistant qui l’a conduite à son deuxième roman : la décision fut de confier la parole à Ghanja pour qu’elle puisse expliquer ses choix et justifier ses actes.

Née coupable : un plaidoyer et un réquisitoire

Paru en mars 2026 aux éditions Arabesques, Née coupable peut être lu indépendamment du premier roman. L’auteure précise que les deux textes forment une suite indépendante : le lecteur qui n’a pas lu Comme si de rien n’était peut aborder directement ce second volume. L’engouement pour ce nouveau titre s’est d’ailleurs manifesté avec éclat lors de la Foire internationale du livre de Tunis : une grande quantité d’exemplaires de Née coupable a été épuisée dès la séance de dédicace organisée dans le cadre de cette édition.

Dans ce livre, Ghanja prend la parole pour se défendre. La romancière souligne que Ghanja n’a pas agi par choix libre, mais parce que Ghanja était victime de cet héritage socioculturel qui fait de la femme le maillon faible de la chaîne sociale, d’où le titre : Née coupable. La femme, explique-t-elle, est jugée coupable dès la naissance, non par la religion, mais par le poids des normes sociales et culturelles. L’écrivaine décrit l’œuvre à la fois comme un plaidoyer pour le personnage lui-même, et comme un réquisitoire contre la société, contre la famille qui n’a pas cherché à comprendre.

L’héroïne est issue d’un milieu modeste. Sa seule ressource pour aspirer à une ascension sociale était sa beauté, sur laquelle elle a beaucoup misé, ce qui explique l’incompréhension des lecteurs à son égard. Mais dans le second roman, Ghanja a mûri : elle comprend que le lieu qu’elle avait cherché à fuir est irremplaçable, et que son amour pour elle-même vaut plus que le regard des autres. Consciente que quoi qu’elle fasse, le tort lui sera attribué par la société, Ghanja choisit néanmoins de s’engager sur un chemin difficile, malgré les jugements réprobateurs. À la fin du roman, Ghanja s’adresse directement au lecteur, désormais érigé en tribunal, et lui demande de rendre son verdict : coupable ou victime ?

La couverture, un texte à déchiffrer

L’exemplaire de Née coupable retrouve sa place entre ses mains ; notre interlocutrice s’arrête longuement sur la couverture du livre, conçue en collaboration avec la designer Yasmin Chakroun et sa sœur Sana Boukadi, qui a lu le texte et proposé les idées visuelles. Chaque détail, dit-elle, trouve une correspondance dans le roman.

On y voit la silhouette d’une femme vêtue d’une robe jaune, symbole de la féminité et de la beauté de Ghanja, seul attribut qu’elle n’ait jamais pu mettre en avant. La femme tourne le dos à la société, les cheveux ébouriffés, loin de toute coquetterie : une posture de contestation assumée. À droite de la composition, des barreaux évoquent les entraves sociales. Mais un chemin s’ouvre, baigné de lumière, une lumière qui, précise l’auteure, entoure la silhouette comme une auréole. Le soleil finit toujours par se lever, conclut-elle, et c’est bien la promesse que porte la couverture.

L’écriture a-t-elle un sexe ?

Interrogée sur l’existence d’une écriture féminine, la chercheuse rappelle que des critiques comme Christine Planté ou Michèle Perrot, à la fin du XXe siècle, ont tenté d’identifier des caractéristiques propres aux écrits de femmes : prédilection pour les genres intimes, journal, correspondance, autobiographie, mémoires, subjectivité prononcée, thèmes de l’amour, de la maternité ou du viol. Mais cette question lui semble aujourd’hui dépassée : de nombreux écrivains hommes ont également cultivé ces genres et ces thèmes. La critique littéraire contemporaine, selon elle, a renoncé à cette classification.

« La littérature est asexuée », lance-t-elle. Si elle traite davantage de la condition féminine, c’est parce que la femme continue de souffrir d’injustices profondes, et non parce qu’il existerait une manière spécifiquement féminine d’écrire. Se définissant non comme féministe mais comme humaniste, Nesrine cite une formule qui lui est chère : « Qu’est-ce qu’un homme ? Rien. Qu’est-ce qu’une femme ? Rien. Qu’est-ce que l’être humain ? Tout. » Elle précise que la même conviction s’appliquerait à la défense d’un homme opprimé.

La littérature tunisienne, un chantier en marche

Sur la question de la promotion du roman tunisien d’expression française, Nesrine Boukadi Jallouli se montre optimiste. Son regard se porte sur les milieux universitaires, où des étudiants consacrent désormais leurs mémoires de master et leurs thèses de doctorat à des écrivains et à des œuvres tunisiennes. En tant que professeure de littérature, elle dit découvrir avec admiration la richesse et la qualité de la production littéraire tunisienne contemporaine.

Autre signe encourageant signalé : plusieurs extraits de son premier roman ont été proposés dans des épreuves de baccalauréat, ce qu’elle considère comme une intégration réelle de la littérature tunisienne dans les programmes scolaires. Des enseignants travaillent de plus en plus sur ces textes, ajoute-t-elle, et cette dynamique lui semble être appelée à se renforcer.

L’article Nesrine Boukadi Jallouli : « Ceci n’est pas un roman, c’est un plaidoyer » est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

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