Guerre en Iran : l’onde de choc énergétique secoue toute l’Asie
L’Asie fait face à un choc énergétique d’ampleur croissante, aux effets profondément inégaux selon les pays. Et c’est la conséquence directe de la guerre américano-israélienne contre l’Iran.
En avril 2026, les importations de pétrole vers la région ont chuté d’environ 30 %, atteignant leur plus bas niveau depuis 2015. C’est ce que révèle un rapport de Capital publié mardi 5 mai 2026. Et ce, en raison des disruptions dans le détroit d’Ormuz, artère clé du commerce énergétique mondial.
Cette contraction brutale de l’offre frappe particulièrement les économies asiatiques les plus dépendantes des importations d’énergie, notamment en Asie du Sud. Des pays comme le Pakistan, le Bangladesh ou le Sri Lanka, déjà fragilisés, subissent une forte poussée inflationniste et une pression accrue sur leurs finances publiques.
Face à cette crise, les gouvernements déploient des stratégies d’urgence : subventions aux carburants; mobilisation des réserves de change; voire restrictions sur les exportations énergétiques. Mais ces mesures ont un coût élevé et ne peuvent être maintenues indéfiniment.
Les grandes économies régionales tentent, quant à elles, d’amortir le choc par des moyens plus diversifiés. Ainsi, l’Inde absorbe une partie de la hausse des prix via ses raffineries publiques, souvent au prix de pertes importantes. Tandis que la Chine s’appuie sur ses importantes réserves stratégiques et sur la diversification de ses approvisionnements.
Dans le même temps, plusieurs pays – dont le Japon et l’Indonésie – cherchent à réduire leur dépendance au Moyen-Orient en se tournant vers d’autres fournisseurs, notamment les États-Unis, la Russie ou l’Afrique.
Cette crise énergétique s’accompagne également de tensions monétaires : de nombreuses devises asiatiques se sont dépréciées face au dollar, traduisant l’ampleur du choc économique. Toutefois, certaines économies majeures comme la Chine et le Japon font preuve d’une relative stabilité.
Malgré ces mécanismes d’adaptation, les analystes mettent en garde : la résilience actuelle de l’Asie pourrait s’éroder rapidement si la crise perdure, notamment avec l’épuisement progressif des réserves et des marges budgétaires.
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