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L’ancien chef du Mossad Tamir Pardo a «honte d’être juif»

Tamir Pardo, qui a consacré sa carrière de directeur du Mossad à contrer les capacités nucléaires de l’Iran, met aujourd’hui en garde contre ce qui menace réellement l’existence d’Israël : les colons juifs violents qui sèment la terreur en Cisjordanie et les autorités israéliennes qui les laissent faire.

Allison Kaplan Sommer

L’ancien chef du Mossad, Tamir Pardo, ne correspond guère au profil d’un gauchiste radical qui comparerait le comportement d’Israël à celui des nazis allemands et déclarerait avoir «honte d’être juif».

Vétéran de l’unité d’élite Sayeret Matkal de l’armée israélienne, il a participé à l’opération d’Entebbe aux côtés du frère défunt du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Yoni, avant de rejoindre l’agence nationale de renseignement, où il a gravi les échelons pour finalement devenir son chef de 2011 à 2016. Durant cette période, il s’est concentré sur la mission de Netanyahu visant à contrer les capacités nucléaires de l’Iran. Sous la direction de Pardo, plusieurs scientifiques de haut rang à Téhéran ont été ciblés et tués – vraisemblablement par l’agence qu’il dirigeait.

Depuis son départ du Mossad, il est effectivement devenu un critique virulent du premier ministre qu’il a servi, particulièrement en ce qui concerne la question palestinienne, avertissant à maintes reprises dans des entretiens publics que la plus grande menace existentielle pour Israël ne réside pas à Téhéran, mais dans son incapacité à résoudre la question palestinienne.

Israël, un État d’apartheid

Il y a trois ans, le mois précédant le 7 octobre, il a déclaré sans ambages qu’Israël est un État d’apartheid. Il a également signé une pétition pendant la guerre de Gaza appelant à un cessez-le-feu et a été cité qualifiant le conflit d’«inutile» et de «perte de temps et de vies humaines».

Pardo a poussé sa rhétorique un cran plus loin cette semaine.

L’ancien chef du Mossad a été filmé en Cisjordanie pour une émission d’information télévisée sur la chaîne 13 [israélienne], visitant des villages ciblés par des colons violents d’extrême droite, au sein d’un groupe d’anciennes hautes figures militaires – parmi lesquelles les anciens généraux et hommes politiques Amram Mitzna et Matan Vilnai. Le groupe s’est entretenu avec des victimes des provocations, invasions et violences quotidiennes des «jeunes [colons ] des collines» (Noar HaGva’ot/hilltop youth), basés dans des avant-postes illégaux voisins, alors qu’ils harcèlent systématiquement les villageois palestiniens – les terrorisant au point qu’ils n’osent pas envoyer leurs enfants à l’école – dans le but déclaré de rendre la vie si intolérable qu’ils se déplacent volontairement.

Des dizaines de communautés palestiniennes ont été chassées à la suite de ces campagnes, au cours desquelles des Palestiniens ont été tués à plusieurs reprises dans des attaques violentes, avec une intervention minimale des forces de l’ordre et de l’armée.

Les graines du prochain 7 octobre

Pardo est resté impassible en écoutant un berger palestinien raconter comment il avait été pris en embuscade et battu par des colons la nuit, son pantalon retiré et ses jambes – et ses parties génitales – attachées avec des serre-câbles. Toutes les personnalités militaires du groupe ont condamné ce comportement hors-la-loi devant les caméras, mais les paroles de Pardo ont été de loin les plus cinglantes.

«Ma mère est une survivante de l’Holocauste», a déclaré Pardo. Et d’ajouter : «Ce que j’ai vu ici aujourd’hui m’a rappelé des événements survenus au cours du siècle dernier dans un pays très développé – les mêmes phénomènes dirigés là-bas contre les Juifs. Et j’ai honte d’être juif aujourd’hui ici.»

Les autorités, a-t-il souligné, «savent ce qui se passe ici et choisissent de l’ignorer». En agissant ainsi – et en soutenant les colons violents à la fois politiquement et financièrement – il a déclaré que le gouvernement israélien «plante les graines du prochain 7 octobre».

L’homme qui a consacré sa carrière à combattre ce qu’il croyait à l’époque être le plus grand danger pour son pays met aujourd’hui en garde contre ce qui menace réellement son existence.

Peut-être que si davantage d’Israéliens faisaient la tournée édifiante accessible à Pardo et à d’autres généraux de haut rang, eux aussi seraient convaincus que la plus grande «menace existentielle» d’Israël ne se trouve pas à Téhéran, mais dans les gangs violents de leur propre arrière-cour – et, lors des prochaines élections, voteraient pour retirer le pouvoir à ceux qui les soutiennent aux plus hauts échelons du gouvernement actuel.

Source Haaretz. Traduit par Tlaxcala

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Assassinat de Mohamed Zouari : La justice condamne tous les accusés à la perpétuité

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme a tranché dans l’un des dossiers les plus sensibles de la dernière décennie. Tous les accusés impliqués dans l’assassinat de l’ingénieur tunisien Mohamed Zouari ont été condamnés à la réclusion à perpétuité. Le verdict, rendu par défaut, confirme la qualification terroriste de l’opération.

La justice tunisienne a rendu son verdict dans l’affaire de l’assassinat de Mohamed Zouari. La chambre criminelle antiterroriste du tribunal de première instance de Tunis a prononcé la réclusion à perpétuité contre l’ensemble des accusés. Les faits remontent à décembre 2016, lorsque l’ingénieur tunisien a été abattu à Sfax dans une opération minutieusement préparée.

Peines cumulées record

La juridiction spécialisée a retenu la qualification d’homicide volontaire avec préméditation à l’encontre de tous les accusés. En plus de la peine de perpétuité, chacun des onze mis en cause a écopé de condamnations cumulées dépassant les cent ans de prison pour d’autres chefs d’accusation, notamment liés à des actes terroristes et à la constitution de réseaux criminels organisés.

Tous les accusés ont été jugés par contumace, étant actuellement en fuite et hors du territoire tunisien.

Une opération qualifiée de terroriste

L’instruction a mis en lumière le caractère structuré et transnational de l’opération ayant conduit à l’assassinat de Mohamed Zouari. Les éléments du dossier ont évoqué l’existence de soutiens logistiques et de complicités étrangères, renforçant la thèse d’un assassinat ciblé à dimension terroriste.

Au fil de l’enquête, plusieurs indices ont également pointé une implication présumée du Mossad israélien dans l’exécution de l’opération, une piste régulièrement évoquée depuis les premières heures du crime.

Mohamed Zouari, ingénieur tunisien spécialisé en aéronautique, avait été abattu par balles devant son domicile à Sfax le 15 décembre 2016. Son assassinat avait provoqué une onde de choc nationale et suscité de vives réactions politiques et populaires, tant en Tunisie qu’à l’étranger.

Ce verdict vient clore, sur le plan judiciaire, un dossier emblématique des menaces sécuritaires transfrontalières et des assassinats ciblés liés aux conflits régionaux.

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