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Éducation et famille, éléments clés pour restaurer la liberté d’expression !

Le recul de la liberté d’expression et la persistance des violences, notamment à l’encontre des femmes journalistes, s’installent comme des tendances préoccupantes du paysage médiatique

Rencontrée en marge de la conférence de presse au siège du SNJT, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse,  Ayda Ben Chhabane a alerté sur ces phénomènes dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com que « le recul de la liberté d’expression et les violences subies par les femmes journalistes sont aujourd’hui des constats préoccupants.  On observe une ambiance de peur et d’effroi qui pousse beaucoup de personnes au silence, y compris par crainte pour leur avenir professionnel. Cette situation ne date pas d’hier, mais elle semble s’être aggravée et s’installer presque comme une normalité », précise-t-elle.

Elle  note toutefois des progrès ont été accomplis dans la prise en charge des violences faites aux femmes. “Des structures spécialisées ont été mises en place, des policiers ont été formés, et des centres dédiés existent désormais pour accueillir et accompagner les victimes. « Ces dispositifs montrent qu’un travail est en cours et qu’il produit déjà certains effets. Cette réalité contribue à entretenir un climat de vulnérabilité, notamment pour les femmes dans l’espace public et politique”, ajoute-t-elle. 

Cependant, le harcèlement en ligne demeure un problème majeur. Qu’il vise des journalistes ou des citoyennes, il continue d’alimenter une forme d’intimidation permanente, avec un sentiment d’impunité pour ceux qui en sont auteurs. 

Au-delà de la répression, il faut s’attaquer aux causes profondes, insistent les expertes. La dramaturge Jalila Baccar met l’accent sur l’éducation. « Il faut aussi agir sur les causes profondes, en particulier les mentalités et les représentations culturelles. L’éducation est présentée comme un levier central, », nous rappelle Jalila Baccar. Elle souligne comme suit: “dès le plus jeune âge, car les normes transmises aux enfants jouent un rôle décisif dans la reproduction ou le dépassement de ces violences.”

Et de continuer: “tant que ces problèmes structurels ne sont pas traités en profondeur, le silence, la peur et l’impunité continueront de freiner la liberté d’expression et l’égalité entre les femmes et les hommes.Il est vrai qu’il faudrait une révolution culturelle. La question est de savoir comment la mettre en place. À mon sens, le plus grand problème, c’est l’éducation. Il faut commencer par là, car l’éducation ne débute pas seulement en première année primaire : elle commence bien avant, au sein de la famille.”

Au-delà de ce diagnostic, la question essentielle porte sur le rôle des parents. Ne sont-ils pas les premiers vecteurs pour transmettre des valeurs solides, comme le respect d’autrui, la tolérance et le civisme dans l’espace public,  par exemple, ne pas jeter de papiers par terre ? Ils doivent faire preuve d’exemplarité. Mais il faut aussi s’interroger : qu’inculque-t-on vraiment aux enfants ? Qui les éduque au quotidien ?

A cette interrogation, Jalila Baccar répond: “Il suffit d’observer certaines fêtes de fin d’année dans les jardins d’enfants pour voir ce qu’on transmet aux petits à travers les rôles attribués au père et à la mère. On apprend parfois aux filles à se voiler dès l’âge de trois ou quatre ans, et cela participe aussi à une forme de conditionnement. Tout cela révèle une forme d’éducation confuse et mal construite. On forme les enfants de manière incohérente, et cela crée un cercle vicieux. Le problème commence par de petites habitudes ou de petits gestes, puis il s’installe progressivement et devient un véritable phénomène social.”

Selon elle, « une révolution culturelle s’impose, mais avant toute chose,  elle doit d’abord passer par l’éducation » . Et de conclure: “Or, l’éducation ne commence pas à l’école primaire ; elle commence dès la petite enfance, dans la famille. Les parents ont un rôle central, mais il faut aussi s’interroger sur ce que l’on transmet réellement aux enfants. À travers certains modèles inculqués dès le plus jeune âge, notamment dans les jardins d’enfants, on reproduit parfois des schémas sociaux et des représentations figées des rôles du père, de la mère, des filles et des garçons. Cela entretient un cercle vicieux : on éduque mal, on reproduit les mêmes mentalités, puis on se retrouve face aux mêmes blocages sociaux.”

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