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Selmi réaffirme le rôle de l’UGTT dans la défense des travailleurs

Dans un discours prononcé le 1er mai 2026, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Slaheddine Selmi, a affirmé que cette date coïncidait avec le début d’un nouveau mandat, qui a débuté à la suite du 26e Congrès de la centrale syndicale, tenu fin mars à Monastir. Il a également souligné l’importance de renforcer l’indépendance financière du syndicat afin d’assurer la continuité de ses activités et le versement des salaires de ses employés, en toute indépendance administrative et financière.

Latif Belhedi

M. Selmi a remercié les délégués du Congrès pour la confiance qu’ils lui ont témoignée, estimant que l’élection d’une nouvelle direction renforce la tradition de rotation au sein de l’UGTT et redonne espoir en l’avenir de l’action syndicale dans le pays.

Tout en exprimant l’espoir que la Fête des travailleurs de cette année marque le début d’une nouvelle ère, caractérisée par la solidarité et la réconciliation entre les différentes composantes de l’UGTT, ainsi qu’entre les différentes générations de membres, les structures organisationnelles et les militants de base, M. Selmi a appelé à dépasser les différends passés et à tourner la page des rivalités étriquées et des exclusions.

Cette réconciliation, recommandée par le dernier congrès, devait être globale et inclusive, englobant tous ceux qui adhèrent aux principes et aux valeurs fondamentales du syndicat, a indiqué le SG de l’UGTT, tout en soulignant son engagement à mettre en œuvre au plus vite cette réconciliation.

Le syndicat n’a jamais cherché à conquérir le pouvoir, qui demeure du ressort des partis et des acteurs politiques, a assuré M. Selmi, en réponse à aux critiques souvent lancées par les adversaires de l’organisation, lui reprochant de trop s’immiscer dans les affaires politiques du pays. Il a cependant souligné le rôle de l’UGTT en tant que partenaire social, tel que garanti par la Constitution et la loi, et rejeté les tentatives visant à restreindre ce rôle ou à empêcher l’organisation de défendre les intérêts des travailleurs.

M. Selmi a également insisté sur le fait que le syndicat continuera d’exprimer son point de vue sur les différentes politiques ayant un impact économique et social, d’une manière qui serve les intérêts de ses membres en particulier et réponde aux aspirations du grand public en général.

Concernant la volonté de renouer le dialogue rompu avec les autorités, M. Selmi a nié que les appels en ce sens soient liés à une tentative de rétablir le système de retenue sur les salaires des travailleurs pour payer les cotisations syndicales, en vigueur depuis des décennies et auquel l’Etat a récemment mis en fin, tout en exhortant les instances de l’organisation à compter davantage sur leurs propres ressources pour gérer leurs affaires, grâce notamment à la collecte des cotisations et au développement des ressources.

Le SG de l’UGTT a également souligné l’importance de renforcer l’indépendance financière du syndicat afin d’assurer la continuité de ses activités et le versement des salaires de ses employés, en toute indépendance administrative et financière.

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1er Mai 2026 : l’UGTT à l’aube d’un nouveau cycle

Il y a ce qu’on appelle la continuité du mouvement syndical. En ce 1er mai 2026, il s’agit du premier exercice où le nouveau secrétaire général de l’UGTT devrait s’exprimer devant une foule d’adhérents et d’adhérentes. Sera-t-il à la hauteur de l’héritage du mouvent syndical fondé par Farhat Hached ?

Sous les slogans déjà connus comme  » Nefdik ya UGTT », « Liberté, dignité et emploi » ces fameux cris d’un certain 14 janvier 2011  on remarque aujourd’hui la présence de Houssine Abassi et parallèlement l’absence  de Noureddine Taboubi. Il y a ce qu’on appelle la continuité du mouvement syndical. Une nouvelle phase s’ouvre.
Une nouvelle phase de dialogue et de réconciliation
Slaheddine Selmi, secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a célébré cette année la Journée internationale des travailleurs comme annonciatrice d’une nouvelle période pour le syndicalisme tunisien. Devant les travailleurs et les organisations syndicales, il a rappelé, lors de son allocution que cette journée revient alors que l’organisation entame les premières semaines de la mandature élue au 26ᵉ Congrès national tenu  les 25, 26 et 27 mars 2026.
Une « page de réconciliation » dans le syndicalisme
Il a mis l’accent sur la nécessité d’une « page de réconciliation » au sein de l’UGTT, comme l’ont recommandé les résolutions internes du dernier Congrès. Il a affirmé que cette réconciliation doit être inclusive, sans exclusions ni marginaux, et doit s’appuyer sur la fidélité aux principes et aux valeurs historiques de l’organisation. Il a insisté sur le fait que cette étape vise à tourner la page des divisions internes et des calculs corporatistes, afin de redonner de la cohésion entre les générations syndicales et entre les structures et les bases de l’Union.
Revenant sur l’histoire de la lutte ouvrière, il a rappelé que la Journée des travailleurs trouve son origine dans l’insurrection des ouvriers de Chicago en 1886, qui ont défendu leur droit à une vie digne et ont tracé une voie de liberté et de solidarité internationale.
S’inscrivant dans cette lignée, l’UGTT a revendiqué son héritage national, en hommage aux martyrs de la lutte syndicale et sociale en Tunisie, de 1978 à la Révolution de 2010‑2011, ainsi qu’aux victimes du terrorisme et de la criminalité organisée, dont Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, ainsi que les forces de sécurité et les citoyens tombés pendant les crises sécuritaires.
Slaheddine Selmi a souligné le rôle de l’UGTT dans la médiation du « Quatuor » pour le dialogue national, qui a contribué à éviter l’escalade des conflits et à préserver la stabilité après 2011. Cette réussite, a‑t‑il rappelé, a été reconnue par la remise du prix Nobel de la paix en 2015 ainsi que par plusieurs distinctions internationales. Toutefois, il a reconnu que la période a connu des dérives et des affrontements internes qui ont fragilisé l’image de crédibilité de l’organisation et affaibli sa capacité d’action.
Pressions sur le syndicalisme et violations des droits
Le nouveau secrétaire général a dénoncé un ensemble de pressions qui ont pesé sur le syndicalisme au cours des dernières années. Il a cité notamment le non‑respect des conventions signées, l’atteinte au droit syndical, la mise en sommeil des comités centraux et régionaux de réconciliation, la suppression des décharges et le retrait des jours de congé liés aux activités syndicales, y compris ceux relatifs aux congrès, ainsi que le refus de négocier avec les autorités de tutelle et dans les institutions, ce qui a conduit à des licenciements et à des sanctions contre de nombreux militants syndicaux.
 Il a, enfin, pointé la perte de « résilience interne » de l’UGTT, due à un manque de vision stratégique claire et à une gouvernance imparfaite de ses ressources et de ses relations internes et avec le pouvoir exécutif.
Une revendication de partenariat social, pas de pouvoir politique
Slaheddine Selmi a insisté sur le fait que l’UGTT n’a jamais cherché à exercer le pouvoir politique ni à s’imposer comme acteur de gouvernance. Il a affirmé que le rôle du syndicat est de défendre les intérêts des travailleurs et de jouer un rôle de partenaire social dans le cadre de la Constitution et des lois. Il a martelé que l’organisation rejette toute tentative de l’exclure de la gestion des dossiers sociaux et économiques, et affirme son droit de s’exprimer sur toutes les politiques qui ont un impact sur le pouvoir d’achat, l’emploi et la protection sociale.
Une analyse des difficultés sociales et économiques
Le secrétaire général de l’UGTT a dressé un tableau sombre de la situation des travailleurs et des retraités, marquée par une hausse galopante du coût de la vie, une détérioration de leur pouvoir d’achat et une expansion de la précarité jusqu’au sein de la classe moyenne. Il a souligné l’aggravation du chômage, en particulier chez les jeunes diplômés, ainsi que la fuite des cadres vers l’étranger.
En parallèle, il a rappelé les bouleversements géopolitiques mondiaux, les guerres et les conflits qui annoncent une recomposition du système international, ainsi que la révolution numérique qui bouleverse les rapports de travail et appelle à une réponse collective structurée.
Conditions pour une croissance durable et sociale
Le nouveau secrétaire général estime que la sortie de la crise ne passera que par un dialogue social rénové, qui remet au cœur du débat le rôle de l’État social, et qui permet de construire un cadre de réformes justes, urgentes et équitables. Il a insisté sur la nécessité d’un climat propice au développement durable et au travail décent, où n’ont pas leur place l’évasion fiscale ou les formes atypiques de travail illégales, aujourd’hui renforcées par l’économie informelle et par les plateformes numériques.
Selon lui, la justice sociale, la transparence, la responsabilité et la primauté du droit sont des conditions indispensables pour une croissance qui profite à tous.
Dialogue social, sécurité sociale et services publics en crise
Le secrétaire général a rappelé que Tunisie s’est distinguée ces dernières années par son recours régulier au dialogue social, qui a contribué à sa stabilité et à l’équilibre de ses grandes composantes.
Il a réaffirmé l’attachement de l’UGTT au Conseil national du dialogue social et aux autres structures qui encadrent la négociation et la concertation au niveau des entreprises publiques et privées. Il a également souligné les difficultés profondes rencontrées par le système de sécurité sociale, appelant à la mise en place de solutions de sauvetage, et a exprimé la volonté de l’UGTT d’apporter sa contribution à la relance des entreprises publiques.
Dans le même temps, Selmi a déploré la dégradation des services publics, particulièrement dans les secteurs de la santé et de l’enseignement, dégradation qui a été exploitée par le privé pour alimenter une logique d’enrichissement au détriment des finalités sociales. Il a cité des exemples marquants, comme les conditions précaires des écoles et des collèges, les drames vécus par les élèves dans certaines localités, les accidents de transport des travailleuses agricoles, ainsi que les dysfonctionnements dans les hôpitaux et les conséquences des émissions toxiques dans des régions comme Gabès.
Une critique ciblée du capital et un appel à la responsabilité nationale
L’UGTT, a‑t‑il précisé, « ne se positionne pas contre le capital en tant que tel, mais contre un capital parasitaire , spéculatif et évadé des obligations légales. Il a fustigé les circuits de corruption et de fuite, dénonçant ceux qui profitent de situation de « vache à lait » et concurrencent, par des moyens non conformes, les capitaux productifs nationaux, qui ont droit à un soutien et à une reconnaissance pour leur rôle dans la création de richesse et du développement. », poursuit-il.
Slaheddine Selmi a affirmé que revendiquer la responsabilité sociale du capital, exiger la conformité aux lois, appeler à la fin des logiques de rente et de clientélisme et encourager la prise d’initiative ne constitue pas une ingérence, mais un devoir de solidarité nationale. Il a ajouté que cette exigence s’inscrit dans un cadre de partenariat fondé sur la reddition de comptes, la transparence et la primauté du droit.
Le conflit au Moyen‑Orient et la cause palestinienne
Dans sa partie internationale, le SG de l’UGTT dénonce les crises ouvertes dans la région arabe, en particulier la campagne meurtrière menée contre le peuple palestinien, qu’il a qualifiée de « génocide et de nettoyage ethnique systématique ». Selmi estime que la condamnation internationale du régime israélien gagne en intensité, avec une dynamique de solidarité croissante en Europe, au Canada, en Espagne, en Turquie ou en Corée, et même dans certains pays de l’Est de l’Europe.
L’UGTT a réaffirmé « son soutien à la résistance palestinienne, et condamne au passage les attaques contre le Liban et les menaces guerrières des puissances américaine et israélienne à l’encontre de la République islamique d’Iran, qu’elle juge contraires au droit international. »
En conclusion, le secrétaire général appelle à la solidarité internationale des travailleurs et des peuples contre l’oppression et la domination, et a réitéré l’attachement de l’UGTT à son indépendance, à sa liberté syndicale et à son rôle de rempart démocratique.

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1er mai 2026 – L’UGTT est-elle à la croisée des chemins ?

Les défis ne manquent pas aujourd’hui pour la nouvelle direction de l’UGTT appelée à faire, peut-être, des choix dans un contexte bien différent que celui du passé.

 

Le 1er mai, Fête du travail, a été de tout temps l’occasion de voir du côté de l’activité syndicale de quoi il retourne. La Tunisie ne peut faire exception. D’autant plus que ce 1er mai 2026 est une occasion de sentir comment pourrait évoluer le plus important syndicat de notre pays qui vient de choisir une nouvelle direction lors de son 26ème congrès, tenue fin mars dernier.

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) tient du reste un rassemblement à la place Mohamed Ali à cette occasion. Et beaucoup attendent cette sortie de la nouvelle direction de Slaheddine Selmi pour savoir ce qu’elle dira sur des dossiers, considérés, ici et là, importants et si elle réussira à mobiliser les travailleurs.

Et les défis pour Slaheddine Selmi et l’équipe qui l’entoure ne manquent évidemment pas. A commencer par les finances qui ont souffert beaucoup de la suspension des prélèvements automatiques sur les salaires.

39 millions de dinars de déficit

On évoque souvent, à ce niveau, les quelque 39 millions de dinars de déficit de l’UGTT. Sans oublier des dettes estimées à 60 millions de dinars. Ce qui a obligé la centrale de Farhat Hached à serrer la ceinture.

Outre les mesures prises dans ce sens, comme la cession de la voiture du secrétaire général et la suspension de la prime spéciale accordée aux membres du bureau exécutif national, on aurait évoqué, un temps, la vente d’un local dans la capitale.

Toujours, à ce niveau, il est question de mobiliser bien des énergies pour réussir à récolter un grand nombre de cotisations. En tout cas, la nouvelle direction va charger une commission d’experts et de syndicalistes « d’élaborer un plan stratégique pour surmonter les difficultés financières de la Centrale syndicale ».

Quid de l’« opposition syndicale »

Autre défi important – et pas des moindres -, au regard des divisions qui ont vu le jour au cours même du récent congrès, il faudra resserrer les rangs et dépasser tout ce qui est de nature à faire trébucher davantage l’organisation.

Sans doute, le défi le plus important, estiment certains observateurs, c’est le fait que l’« opposition syndicale » n’a pas totalement disparu et peut-être n’a pas baissé les bras. On sait que l’UGTT regroupe beaucoup de courants idéologiques qui ne peuvent être d’accord sur tout.

Et en premier lieu sur l’attitude à adopter face à la situation économique du pays et par sa gestion économique. Et évidemment le pouvoir d’achat et l’augmentation du coût de la vie. On se demande jusqu’où pourrait aller l’UGTT qui a toujours défendu bec et ongle les travailleurs sur ce terrain précis.

Evolution

Réuni le 22 avril 2026, le groupement de la fonction publique de la centrale syndicale a appelé à l’ouverture de négociations avec l’exécutif. Un terreau au niveau duquel l’UGTT est la plus présente et la plus forte et capable le plus de mobiliser.

Si du moins on se réfère au vécu de la Centrale qui pourrait évoluer, avec les mutations nationales et internationales, pour s’éloigner un tant soit peu, par ailleurs, du terrain public et s’engager – également – sur le terrain du secteur privé !

Ce qui amène certains à s’interroger sur la place occupée par l’UGTT sur le terrain de la revendication politique et de ressembler davantage à beaucoup de syndicats dans le monde préoccupés avant tout par le social et le politique. Et sur sa place dans le tissu associatif.

Autant dire que le contexte pourrait obliger la Centrale syndicale à faire sa mue.

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