Dans un discours prononcé le 1er mai 2026, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Slaheddine Selmi, a affirmé que cette date coïncidait avec le début d’un nouveau mandat, qui a débuté à la suite du 26e Congrès de la centrale syndicale, tenu fin mars à Monastir.Il a également souligné l’importance de renforcer l’indépendance financière du syndicat afin d’assurer la continuité de ses activités et le versement des salaires de ses employés, en toute indépendance administrative et financière.
Latif Belhedi
M. Selmi a remercié les délégués du Congrès pour la confiance qu’ils lui ont témoignée, estimant que l’élection d’une nouvelle direction renforce la tradition de rotation au sein de l’UGTT et redonne espoir en l’avenir de l’action syndicale dans le pays.
Tout en exprimant l’espoir que la Fête des travailleurs de cette année marque le début d’une nouvelle ère, caractérisée par la solidarité et la réconciliation entre les différentes composantes de l’UGTT, ainsi qu’entre les différentes générations de membres, les structures organisationnelles et les militants de base, M. Selmi a appelé à dépasser les différends passés et à tourner la page des rivalités étriquées et des exclusions.
Cette réconciliation, recommandée par le dernier congrès, devait être globale et inclusive, englobant tous ceux qui adhèrent aux principes et aux valeurs fondamentales du syndicat, a indiqué le SG de l’UGTT, tout en soulignant son engagement à mettre en œuvre au plus vite cette réconciliation.
Le syndicat n’a jamais cherché à conquérir le pouvoir, qui demeure du ressort des partis et des acteurs politiques, a assuré M. Selmi, en réponse à aux critiques souvent lancées par les adversaires de l’organisation, lui reprochant de trop s’immiscer dans les affaires politiques du pays. Il a cependant souligné le rôle de l’UGTT en tant que partenaire social, tel que garanti par la Constitution et la loi, et rejeté les tentatives visant à restreindre ce rôle ou à empêcher l’organisation de défendre les intérêts des travailleurs.
M. Selmi a également insisté sur le fait que le syndicat continuera d’exprimer son point de vue sur les différentes politiques ayant un impact économique et social, d’une manière qui serve les intérêts de ses membres en particulier et réponde aux aspirations du grand public en général.
Concernant la volonté de renouer le dialogue rompu avec les autorités, M. Selmi a nié que les appels en ce sens soient liés à une tentative de rétablir le système de retenue sur les salaires des travailleurs pour payer les cotisations syndicales, en vigueur depuis des décennies et auquel l’Etat a récemment mis en fin, tout en exhortant les instances de l’organisation à compter davantage sur leurs propres ressources pour gérer leurs affaires, grâce notamment à la collecte des cotisations et au développement des ressources.
Le SG de l’UGTT a également souligné l’importance de renforcer l’indépendance financière du syndicat afin d’assurer la continuité de ses activités et le versement des salaires de ses employés, en toute indépendance administrative et financière.
Alors que le marché mondial des hydrocarbures bascule dans une ère d’incertitudes majeures et que l’approvisionnement extérieur de la Tunisie, qui doit importer plus de la moitié de ses besoins énergétiques, commence à prendre l’allure d’une hypothèque sur sa souveraineté nationale, il est temps pour les Tunisiens de briser les chaînes de leur asservissement en faisant preuve de patriotisme financier. (Photo : Centrale solaire photovoltaïque de Metbasta, Kairouan).
Elyes Kasri *
La Tunisie traverse une heure de vérité. Son indépendance, acquise au prix de sacrifices historiques, fait face aujourd’hui à une menace silencieuse mais implacable : la dépendance énergétique avec ses facettes économique, politique et diplomatique.
Les récents accords avec des investisseurs étrangers soulignent douloureusement l’incapacité de la Tunisie de mobiliser les ressources nécessaires pour assurer sa souveraineté énergétique et la pleine exploitation de son soleil sans avoir à dépendre d’investisseurs étrangers selon des modalités sujettes à polémique, à tort ou à raison.
Alors que le marché mondial des hydrocarbures bascule dans une ère d’incertitudes majeures et que notre approvisionnement extérieur commence à prendre à prendre l’allure d’une hypothèque sur la souveraineté nationale, la Tunisie ne peut plus se permettre d’être la spectatrice passive de son asservissement.
Il est temps de briser les chaînes en mobilisant la ressource la plus précieuse de notre pays : le patriotisme financier des Tunisiens.
L’hypothèque de la dépendance
Aujourd’hui, l’électricité qui éclaire nos foyers et fait tourner nos usines dépend en grande partie d’un gaz que nous ne maîtrisons pas.
Cette vulnérabilité n’est pas seulement un fardeau budgétaire ou un gouffre pour nos réserves de devises ; elle est une érosion de notre dignité, notre souveraineté et notre droit de choisir notre gouvernance et nos partenaires.
Il faut avoir le courage de nommer la réalité : notre dépendance massive nous place dans un tête-à-tête asymétrique et inconfortable avec nos fournisseurs.
L’énergie tend à devenir un levier de «domestication» politique. Dépendre du gaz d’autrui, c’est accepter que notre souveraineté s’arrête là où commence le robinet du voisin.
Un acte de libération nationale
Face à l’essoufflement du financement public et du coût prohibitif des crédits bancaires, il serait judicieux d’envisager la création du Plan d’épargne pour la souveraineté énergétique (Pese).
Contrairement aux outils classiques de placement, le Pese n’est pas une spéculation, c’est une construction. Il propose de transformer l’épargne des citoyens résidents, des entreprises et de notre diaspora (TRE) en un bouclier contre la dépendance.
L’idée est simple : substituer le gaz importé par le soleil tunisien. Chaque dinar investi dans le Pese est un millimètre de liberté regagné. Chaque panneau solaire installé sur notre sol est un maillon brisé de la chaîne de notre subordination.
Le Pese répond à l’épuisement des capacités de financement de l’État et des entreprises :
– Défense du Dinar : en produisant notre énergie, nous cessons de brûler nos réserves de devises. Le Pese est une machine à stabiliser notre monnaie.
– Énergie contre inflation : contrairement au Pea (Plan d’épargne actions), tourné vers la spéculation boursière, le Pese investit dans le réel. Il offre un rendement indexé sur l’efficacité énergétique, protégeant l’épargnant contre la hausse inéluctable du coût de la vie.
– Survie industrielle : face aux futures taxes carbones européennes, le Pese garantit à nos entreprises une énergie propre, condition de leur survie à l’export.
Mécanismes et incitations
Pour mobiliser l’épargne des résidents, des entreprises et de la diaspora (TRE), le Pese pourrait proposer des avantages inédits :
– Le bouclier fiscal total : déduction d’impôt (IRPP/IS) allant jusqu’à 100% des sommes investies. L’État préfère voir l’impôt financer nos centrales solaires plutôt que le gouffre de la dette.
– La garantie diaspora ou bonus TRE : souscription en devises avec garantie de rapatriement au cours initial pour protéger nos concitoyens contre le risque de change.
– Le dividende énergétique : possibilité de lier l’investissement à des tarifs préférentiels sur la facture Steg personnelle.
Gouvernance et transparence
Pour garantir que chaque dinar sert exclusivement à l’autonomie énergétique :
– Conseil de gouvernance citoyen : composé d’experts indépendants, à l’abri de toute instrumentalisation bureaucratique ou politicienne, pour superviser l’allocation des fonds.
– Traçabilité numérique : une plateforme Open Data permettant de suivre en temps réel les projets financés et le «Compteur de Souveraineté» (gaz économisé).
– Sanctuarisation légale : une loi de programmation érigeant les actifs du Pese en Patrimoine national intouchable, juridiquement séparé du budget de l’État.
Le contrat de fierté
Le Pese est la réponse tunisienne aux crises du siècle. Il propose de passer d’une économie de soumission à une économie de production.
La souveraineté de la Tunisie commence là où finit sa dépendance au gaz et au bon vouloir d’autrui.
Le Pese est la réponse d’un peuple qui refuse la fatalité et le chantage énergétique.
En unissant leurs forces financières, les Tunisiens ne feront pas qu’installer des mégawatts : ils rachètent, pièce par pièce, panneau par panneau, leur droit de choisir leur destin.
Le soleil tunisien est une mine d’or à ciel ouvert. Il est temps de lui donner les moyens d’éclairer la voie de la souveraineté du progrès et de l’invulnérabilité de la Tunisie et de tous les tunisiens sans exception.
Le ministre de la Défense, Khaled Sehili, a rencontré, mercredi 29 avril 2026, au siège de son ministère à Tunis, le chef d’état-major de la Marine italienne, l’amiral Giuseppe Berutti Bergotto, chargé des missions spéciales, lors d’une réunion consacrée au renforcement de la coopération navale italo-tunisienne et à la sécurité en Méditerranée centrale, en présence de l’ambassadeur d’Italie à Tunis et du chef d’état-major de la Marine tunisienne.
Selon un communiqué du ministère de la Défense, M. Sehili a souligné la solidité des relations historiques entre les deux pays et le niveau de coordination entre leurs marines respectives, insistant notamment sur l’échange d’expertise, la formation de plongeurs, les activités sous-marines et l’hydrographie, éléments essentiels à la sécurité de la navigation.
Parmi les domaines évoqués figurent les échanges d’officiers observateurs lors des exercices navals organisés conjointement.
M. Sehili s’est félicité du bon déroulement des travaux de la Commission militaire mixte italo-tunisienne et des résultats de sa 27e session, organisée par la Tunisie en mars dernier. Il a exprimé l’espoir que la coopération puisse évoluer vers un «partenariat stratégique» fondé sur la confiance, le respect mutuel et une vision partagée de la sécurité régionale.
La réunion a également mis en lumière la contribution de l’Italie à plusieurs projets intégrés dans les zones désertiques et le sud de la Tunisie, notamment les expériences de Rjim Maatoug et d’El Mahdeth, dans le gouvernorat de Kebili, ainsi que le soutien logistique apporté à l’Institut de formation professionnelle de plongée de Zarzis.
M. Sehili a décrit la Tunisie comme un acteur clé de la sécurité et de la stabilité dans la région, citant la criminalité organisée transfrontalière, la sécurité énergétique, les opérations de recherche et de sauvetage, les migrations irrégulières et la traite des êtres humains parmi les défis communs. M. Berutti Bergotto a réaffirmé, de son côté, la volonté de Rome de poursuivre le développement de la coopération bilatérale, afin de renforcer les capacités opérationnelles des deux marines et de contribuer à la stabilité en Méditerranée.
Cette visite coïncide avec la présence, au port de La Goulette à Tunis, de la frégate Federico Martinengo, une unité FREMM de la Marine italienne. La Martinengo est le septième navire FREMM italien et le troisième en configuration polyvalente.
Selon la fiche technique officielle de la Marine italienne, elle a été lancée en 2017 et possède des capacités antiaériennes, antinavires et multirôles, avec la possibilité d’embarquer des hélicoptères Sh90, NH90 ou EH101.
L’Italie est l’invitée d’honneur de la sixième édition du Festival international de théâtre du Sahara, qui se tient du 29 avril au 3 mai 2026 à El Golaa, dans la région de Douz Nord, dans le gouvernorat tunisien de Kebili, avec une prolongation le 5 mai à l’Opéra de Tunis.
Cet événement, organisé en partenariat avec l’Institut culturel italien de Tunis, est consacrée cette année à l’anthropologie théâtrale et vise à créer un espace de dialogue artistique au cœur du Sahara.
Parmi les protagonistes figurent Eugenio Barba, fondateur de l’Odin Teatret et figure majeure du théâtre contemporain, et Julia Varley, comédienne, metteuse en scène et écrivaine associée à cette compagnie historique. Un hommage leur sera rendu et ils animeront un atelier intensif les 2 et 3 mai à l’Espace culturel du Sahara. Le 5 mai, Barba, Varley et le professeur Jean-Marie Pradier animeront une masterclass à l’Opéra de Tunis.
Le festival, qui a été créé dans le but de réduire l’isolement culturel des régions de Nefzaoua en proposant des spectacles nationaux et internationaux, des camps de jeunes, des ateliers de formation et une exposition de produits artisanaux et transformés du Maghreb, confirme ainsi sa vocation d’atelier itinérant, capable de porter le théâtre au-delà de ses lieux de représentation traditionnels.
La présence italienne se caractérisera également par une forte dimension performative. La compagnie Oplas, Centre régional de danse d’Ombrie, participe au projet Co-CreART Boarding Pass Plus, qui comprend des ateliers de danse contemporaine, une résidence artistique et une performance liée au ‘‘Sacre du Printemps’’. Ce projet aboutira à une production finale prévue en Italie en 2027.
Les activités tunisiennes sont notamment menées par Luca Bruni, Mario Ferrari et Luana Rossetti. Outre la dimension performative, l’édition 2026 renforce le festival en tant que plateforme éducative et scientifique.
Daniela Giordano assurera la programmation des activités performatives destinées aux professionnels et aux acteurs des secteurs de l’éducation, de la culture et du social, tandis que Pradier se chargera du travail théorique et de la formation.
La documentation photographique confiée à Annalisa Gonnella permettra de transformer l’expérience théâtrale dans le désert en un souvenir visuel de l’événement.
Pour les organisateurs, le choix d’El Golaa comme lieu d’accueil renforce l’identité de l’événement : dunes, oasis et grands espaces forment un décor naturel, tandis que la communauté locale s’intègre pleinement à la programmation culturelle du festival.
L’événement est décrit comme une plateforme d’échange entre les peuples et les pratiques artistiques, avec l’Italie au cœur d’une programmation mettant en vedette des artistes de renommée internationale.
Le Festival international de théâtre du Sahara se présente ainsi non seulement comme un événement artistique, mais aussi comme une initiative de diplomatie culturelle entre l’Italie et la Tunisie.
Les Émirats arabes unis ont annoncé mardi 27 avril 2026 qu’ils vont se retirer de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) menée par l’Arabie saoudite ainsi que l’alliance Opep+ comptant aussi la Russie et ce, à partir du 1er mai 2026. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que ce retrait des Émirats, membre depuis 1967 de l’organisation siégeant à Vienne et fondée en 1960, vise à affaiblir cette institution et par ricochet l’Arabie saoudite qui la domine. Un énième épisode dans la grande rivalité qui oppose Riyad et Abou Dhabi.
Imed Bahri
Selon une enquête de Bloomberg, la détérioration croissante des relations entre les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite est au cœur de la décision surprise d’Abou Dhabi de se retirer de l’Opep.
La rivalité entre les deux pays s’est intensifiée au fil des années mais les répercussions de la guerre américano-israélienne contre l’Iran ont offert l’opportunité de l’annonce de mardi 28 avril 2026, selon plusieurs sources proches du dossier. L’une d’elles a comparé la situation à celle d’un «petit frère» qui ne souhaite plus être sous la coupe du «grand frère».
Outre son retrait de l’Opep, les Émirats reconsidèrent leur adhésion à deux organisations régionales où l’Arabie saoudite exerce une influence considérable.
Bien qu’aucune décision définitive n’ait été prise, Abou Dhabi pourrait geler son siège au sein de la Ligue arabe, basée au Caire, et prendre une mesure similaire vis-à-vis de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), basée à Djeddah.
Les Émirats réexaminent également l’avenir de leur participation de longue date au Conseil de coopération du Golfe (CCG), composé de six membres. Abou Dhabi a réaffirmé, mercredi 29 avril, son engagement envers le CCG malgré les propos tenus en début de semaine par Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats, le cheikh Mohammed Ben Zayed dit MBZ, selon lesquels l’organisation traverse «la période la plus fragile de son histoire».
Un responsable émirati a déclaré mercredi que les Émirats réévaluent leur rôle et leurs contributions aux organisations multilatérales mais n’envisagent pas actuellement de s’en retirer.
Aucune de ces trois organisations ne dispose d’une influence réelle significative mais un retrait soulignerait la frustration des Émirats à l’égard des autres États arabes, en particulier l’Arabie saoudite, face à ce qu’ils perçoivent comme un manque de solidarité face aux défis militaires et économiques régionaux depuis le début de la guerre d’Israël contre Gaza en 2023.
Les Émirats ont présenté leur retrait de l’Opep comme une décision économique liée à leurs besoins futurs en matière de production. La compagnie pétrolière émiratie est capable de produire bien plus que son quota actuel ne le permet et ne souhaite plus solliciter l’autorisation de l’Arabie saoudite pour approcher sa capacité maximale, selon une source proche d’Abou Dhabi.
De plus, les perturbations de l’approvisionnement mondial résultant de la fermeture du détroit d’Ormuz laissent penser que les prix ne devraient pas baisser dans l’immédiat.
Les Émiratis estiment également que la demande de pétrole commencera à décliner plus rapidement que prévu par les Saoudiens en raison de la transition énergétique et souhaitent donc liquider rapidement leurs réserves.
Cette décision constitue néanmoins la preuve la plus claire à ce jour que les Émirats n’hésitent plus à afficher leurs ambitions ni à nouer leurs propres alliances politiques et sécuritaires, même si celles-ci entrent en conflit avec les intérêts de l’Arabie saoudite, première économie arabe, qui se considère comme le leader du monde musulman.
«Nous construisons un modèle économique différent, ce qui exige un nouvel alignement politique et une restructuration», a déclaré le Libanais Nadim Koteich, conseiller politique et médiatique auprès de plusieurs entités gouvernementales émiraties et ancien directeur général de la chaîne basée à Abou Dhabi Sky News Arabiya. Il était précédemment proche des Saoudiens et avait travaillé pour leur chaîne Al Arabiya.
La décision de MBZ intervient après des années de tensions entre lui et le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane dit MBS.
Ces deux pays, alliés clés des États-Unis et disposant de fonds souverains dépassant 1000 milliards de dollars se sont opposés politiquement sur de nombreux dossiers, de la Libye au Yémen en passant par le Soudan où ils soutiennent des camps opposés.
Riyad accuse généralement Abou Dhabi de soutenir des groupes séparatistes, tandis que les Émirats s’inquiètent du soutien apporté par l’Arabie saoudite à certains mouvements qu’ils considèrent comme islamistes.
La concurrence économique entre les deux pays s’intensifie également, l’Arabie saoudite cherchant à faire de Riyad une place financière capable de rivaliser avec Dubaï.
Des alliances opposées
Malgré ces tensions, les Émirats et l’Arabie devraient maintenir leurs relations commerciales avec des dizaines de milliards de dollars de marchandises transitant chaque année par leur frontière commune.
Un responsable émirati a déclaré qu’une réunion d’urgence non programmée du CCG à Djeddah, tenue presque simultanément à l’annonce de l’Opep et en présence du ministre des Affaires étrangères des Émirats, constituait un pas dans la bonne direction, sans fournir davantage de précisions.
La décision d’Abou Dhabi de quitter l’Opep devrait contribuer à consolider deux alliances régionales émergentes. La première est menée par l’Arabie saoudite et comprend l’Égypte, le Pakistan et la Turquie. La seconde regroupe les Émirats, Israël et l’Inde.
Du point de vue indien, le départ des Émirats de l’Opep s’apparente davantage à une rébellion politique qu’à une décision économique et pourrait fragiliser l’unité arabe, selon des responsables à New Delhi.
«Les Émirats ne souhaitent pas suivre un système dirigé par l’Arabie saoudite ou la Turquie», a déclaré Dania Zafer, directrice exécutive du Gulf International Forum à Washington qui ajoute : «Les Émirats se perçoivent comme une puissance moyenne et un contrepoids aux autres».
D’après des sources bien informées, les Émirats ont commencé à planifier sérieusement leur retrait de l’Opep vers novembre dernier mais ce sont des désaccords sur la meilleure façon de répondre aux attaques de missiles iraniens en cas de guerre contre les États-Unis et Israël qui ont finalement déclenché cette décision.
Les Émirats ont envisagé de participer à des attaques contre l’Iran et ont fait pression sur l’Onu pour obtenir son approbation afin de rouvrir de force le détroit d’Ormuz, une initiative à laquelle l’Arabie saoudite n’a pas adhéré.
À l’inverse, Riyad a soutenu activement les négociations diplomatiques et les efforts de médiation en coulisses pour résoudre le conflit.
Selon certaines sources, le renforcement de la coopération militaire et de renseignement entre les Émirats et Israël a exacerbé les tensions.
De nombreux États arabes perçoivent Israël comme une force expansionniste et déstabilisatrice au Moyen-Orient et le tiennent pour responsable d’avoir poussé les États-Unis à la guerre contre l’Iran.
«Il existe des divisions au sein du Golfe. Les Émirats ne bénéficient pas du soutien unanime des autres pays pour faire face à l’Iran», a déclaré Hasan Alhasan, chercheur spécialiste du Moyen-Orient à l’Institut international d’études stratégiques.
Les Émirats n’ont pas rejoint le conflit, actuellement soumis à un cessez-le-feu fragile, malgré les dégâts causés par les attaques iraniennes aux infrastructures énergétiques d’Abou Dhabi et à son statut de destination touristique et d’investissement privilégiée.
L’Iran a lancé davantage de missiles et de drones sur les Émirats que sur tout autre État du Golfe, alimentant ainsi la colère d’Abou Dhabi.
Lors d’une discussion ce mois-ci avec des responsables européens, MBZ a exprimé son mécontentement face à la réponse collective des pays voisins aux attaques iraniennes, selon des sources bien informées. Il a pointé du doigt les divisions au sein du CCG, le qualifiant de dysfonctionnel, selon certaines sources, ajoutant qu’il renforcerait la coopération avec les États-Unis et Israël.
Le moment opportun
Gargash, conseiller de MBZ, a déclaré que l’échec de la stratégie d’endiguement de l’Iran par le Golfe avant le début de l’offensive américano-israélienne démontrait que des organisations comme le CCG n’étaient plus adaptées à leur mission.
Il a ajouté que le Conseil, qui regroupe les Émirats, l’Arabie, Oman, le Qatar, Bahreïn et le Koweït, «se trouve au plus bas de son histoire, compte tenu de la nature de l’attaque et de la menace qu’elle représente pour tous».
La décision de quitter l’Opep témoigne de la réussite des Émirats dans la diversification de leur économie, désormais moins dépendante du pétrole. Le pays dégage des excédents budgétaires, ce qui lui permet de résister à la baisse des prix.
Le gouvernement saoudien, quant à lui, a enregistré un déficit en 2023 et devrait le rester pendant plusieurs années, à moins que la fermeture prolongée du détroit d’Ormuz ne fasse encore grimper les prix.
Koteich a déclaré que les motifs économiques d’une sortie de l’Opep étaient réunis et que les Émirats attendaient simplement «le bon moment politique».
La guerre en Iran et la grave perturbation des approvisionnements énergétiques mondiaux causée par la fermeture du détroit d’Ormuz, qui a fait grimper les prix du pétrole au-dessus de 100 dollars le baril, ont servi de catalyseur.
«Cela n’aura pas d’impact majeur sur le marché car le marché souffre déjà d’une pénurie d’approvisionnement», a déclaré le ministre de l’Énergie des Émirats Suhail Al-Mazroui lors d’une interview concernant la décision de quitter l’Opep.
La Palestine : une question de droit, mais aussi un test moral pour la conscience internationale. Tel était le thème central de la rencontre, le 29 avril 2026, avec Francesca Albanese au 40e Salon international du livre de Tunis, au parc des expositions de Kram.
La juriste italienne, Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, y a présenté son nouvel ouvrage, ‘‘Quand le monde dort Récits, voix et blessures de la Palestine’’, publié en Tunisie aux éditions Cérès.
Depuis Tunis, Mme Albanese a déclaré qu’«être aux côtés de la Palestine» signifie défendre «l’humanité commune» et, dans un passage encore plus clair de son discours, qu’«il n’y a pas de neutralité face au génocide».
Dans ce livre, écrit en partie en Tunisie, où Albanese a déclaré avoir vécu à plusieurs reprises, l’auteure recueille les voix et les témoignages de femmes, d’hommes et d’enfants palestiniens marqués par la guerre, l’exil et la perte. C’est un récit choral où les mots deviennent des «actes de résistance».
La présence d’Albanese s’inscrit dans le cadre d’une foire qui, cette année, a accordé une large place à la Palestine, non seulement à travers le débat politique et culturel sur Gaza, mais aussi grâce au catalogue éditorial, aux traductions et à la participation d’auteurs arabes et internationaux.
Parmi les autres invités de la 40e édition figuraient également le poète et romancier palestinien Ibrahim Nasrallah, le romancier algérien Saïd Khatibi et l’écrivaine égyptienne Reem Bassiouney.
Le débat sur le financement de l’économie tunisienne — trop longtemps réduit à une simple question de liquidité — occulte une vérité dérangeante : la contrainte n’est pas tant la rareté des ressources que leur éviction systématique du secteur productif.
Abdelwaheb Ben Moussa *
Alors que la Tunisie amorce son Plan de développement 2026-2030, une question brutale doit être posée : notre système financier est-il encore au service de la croissance, ou est-il devenu le simple poumon artificiel d’un budget public en déficit chronique ?
L’analyse classique déplore souvent le manque de moyens. C’est un faux-semblant. Le véritable enjeu réside dans la capture des ressources disponibles. Ces dernières années, une part massive de la liquidité bancaire a été aspirée par le financement de l’État.
Le constat est sans appel : chaque dinar mobilisé pour éponger le déficit du Trésor est un dinar «enlevé» à l’innovation, à l’expansion des PME et aux projets industriels.
Cette réallocation passive de l’épargne nationale vers des usages non productifs constitue le premier verrou à faire sauter. On ne construit pas l’économie de demain avec des circuits financiers conçus pour financer les urgences d’hier.
Un système bancaire prisonnier de l’immédiat
Le système bancaire tunisien reste aujourd’hui enfermé dans une logique de court terme. L’essentiel des financements est orienté vers la gestion de trésorerie, les opérations commerciales courantes ou l’immobilier patrimonial.
En revanche, le financement de long terme — celui qui prend des risques, qui accompagne la transition énergétique et la montée en gamme technologique — reste le parent pauvre. Or, sans horizon étendu, il n’y a pas de transformation structurelle possible.
Les banques publiques, en particulier, se retrouvent dans une position hybride intenable : soumises aux exigences de rentabilité du marché tout en étant mobilisées comme le bras armé, souvent passif, des politiques publiques, sans spécialisation claire.
L’urgence d’une rupture institutionnelle
L’heure n’est plus aux ajustements à la marge. Pour briser ce cycle, la Tunisie doit s’inspirer des réussites internationales. En Allemagne, la KfW joue un rôle moteur depuis 1948 dans le financement de long terme. En France, Bpifrance a su créer un guichet unique mêlant financement, garantie et accompagnement.
La création d’une Institution de financement du développement (IFD) en Tunisie n’est plus une option, c’est un impératif stratégique. Son rôle ne serait pas de se substituer aux banques commerciales, mais d’agir comme un catalyseur capable d’orienter les flux vers les priorités du Plan 2026-2030. Trois piliers doivent porter cette institution :
– une gouvernance indépendante et rigoureuse pour garantir l’efficacité des choix ;
– une capacité de mobilisation de l’épargne nationale via des produits dédiés et souverains ;
– un mécanisme de co-financement avec le secteur privé pour diluer le risque et amplifier l’impact.
Le choix de la souveraineté
Réformer le financement du développement est, au fond, un acte de souveraineté économique. Le Plan 2026-2030 ne sera qu’une liste de vœux pieux si nous ne parvenons pas à aligner nos circuits d’allocation financière sur nos ambitions nationales.
Sortir de la dictature de l’immédiat pour transformer l’épargne des Tunisiens en un véritable moteur de croissance durable n’est plus une simple théorie d’expert : c’est désormais une question de survie pour notre tissu productif. Le temps des compromis budgétaires aux dépens de l’investissement est révolu ; il est temps de choisir entre financer les passifs du passé ou investir dans les actifs de l’avenir.
* Ingénieur informatique, cadre d’une banque publique.
Romain Pizzato, un entraîneur de ski de 42 ans, dans son département des Alpes-de-Haute-Provence, France, avait été retrouvé mort dans la piscine d’une maison de Djerba, le 17 septembre 2022. L’autopsie avait conclu à une mort par étranglement. Ses trois meurtriers tunisiens ont été définitivement condamnés à la perpétuité en appel.
«Nous nous réjouissons de cette décision. La mère de Romain a même pleuré», a déclaré Me Besma Maghrebi, l’avocate de la mère de la victime, jeudi 30 avril 2026, à l’AFP.
«Aujourd’hui, j’ai le sentiment que mon fils n’a pas été oublié. La justice a reconnu ce qui s’est passé, et c’est essentiel pour moi», a dit Odile Pizzato, citée dans un communiqué de l’avocate, qui a dit à l’AFP avoir pris connaissance mercredi soir du verdict.
L’audience s’est tenue lundi devant la cour d’appel de Médenine, juridiction dont dépend Djerba. «La culpabilité des trois accusés a été retenue. Je suis soulagée et satisfaite que la justice ait été rigoureuse et qu’elle ait été rendue à Romain», a ajouté Me Maghrebi.
Les accusés, trois Tunisiens, deux frères de 23 et 26 ans et une jeune femme de 28 ans, Samar, présentée comme «la fiancée» de la victime, avaient été interpellés trois jours plus tard. Ils avaient livré des versions différentes et contradictoires au cours de leurs auditions, a indiqué Me Magherbi.
L’autopsie avait conclu à une mort par étranglement. Des traces de coups et des griffures avaient aussi été relevées sur le corps de Romain Pizzato.
La Fondation Abdul Hameed Shoman, branche exécutive de la responsabilité culturelle et sociale de l’Arab Bank, organise ‘‘Les nuits du cinéma tunisien’’ dans la capitale jordanienne, Amman, du 5 au 7 mai 2026.
Cette manifestation, qui vise à mettre en lumière la vitalité et la singularité du cinéma tunisien contemporain, a porté son choix sur le cinéaste Habib Mestiri dont les œuvres cinématographiques seront présentées comme un modèle vivant reflétant l’évolution et la richesse du cinéma tunisien. Ce sera une occasion pour le public jordanien et arabe de découvrir des expériences cinématographiques uniques, porteuses d’une empreinte de réalisation distincte et abordant des questions profondes avec un style artistique raffiné.
Le département cinéma de la Fondation Abdul Hameed Shoman, dirigé par le critique de cinéma Adnan Madanat, consacre ses activités à la conviction profonde que le cinéma est l’un des outils d’expression culturelle les plus influents. Aussi s’efforce-t-il de présenter des projections de qualité sélectionnées, accompagnées de séances de discussion et d’analyse visant à approfondir la compréhension et à stimuler un débat cinématographique constructif.
Les œuvres du réalisateur Habib Mestiri qui seront projetés à cette occasion sont ‘‘Wed’’ et ‘‘Weld El Akri’’. Au programme aussi une rencontre avec le réalisateur qui parlera de son expérience du cinéma documentaire et du film de fiction.
La Chambre criminelle de la Cour d’appel de Tunis, spécialisée dans les affaires de corruption financière, a confirmé le jugement initial condamnant l’homme d’affaires Mehdi Ben Gharbia à cinq ans de prison et à une amende de plus de 48 millions de dinars, dans une affaire de nature financière et bancaire, selon le dossier et les enquêtes, rapporte Mosaïque.
Placé en garde à vue le 17 octobre 2021, l’homme politique, ancien constituant et ancien député, également ancien président du Club athlétique bizertin (CAB), est accusé de fraude fiscale et blanchiment d’argent au sein de deux de ses entreprises de fret (World Freight Service et Chronofret). Ses avocats dénoncent des poursuites à caractère politique et des dépassements en matière de droits de l’homme et de délai de détention de leur client.
En janvier 2025, il est condamné à quatre ans de prison et à une amende de 50 000 dinars pour corruption financière et administrative.
En mai 2025, il est visé par un mandat de dépôt dans le cadre de l’affaire du meurtre en 2020 de Rahma Lahmar qui travaillait dans l’une de ses entreprises.
Le 2 mars 2026, il est condamné à six ans de prison pour corruption.
Le mouvement Ennahdha a annoncé ce jeudi 30 avril, dans un communiqué, que l’état de santé de son chef, Rached Ghannouchi, s’était fortement dégradé, contraignant l’administration pénitentiaire à le transférer d’urgence à l’hôpital pour y être soigné et placé sous observation médicale pendant plusieurs jours.
L’ancien président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), gelée le 25 juillet 2021 avant d’être dissoute, âgé de 82, est condamné à de lourdes peines de prison dans plusieurs affaires à caractère politique.
Incarcéré en avril 2023, il est condamné, le 5 février 2025, à 22 ans de prison pour «conspiration contre la sûreté de l’État». La peine est alourdie en appel en février 2026, ce qui porte la condamnation totale à plus de 40 ans de prison.
Ennahdha a réitéré sa demande de libération immédiate de M. Ghannouchi, qu’il considère comme «détenu arbitrairement», selon les termes du communiqué.
Amira Romani, Senior Vice President Innovation & Technology Strategy chez Siemens Healthineers, figure parmi les lauréates des «Top 50 Femmes pour l’avenir de l’Allemagne» 2026, une distinction attribuée par Dup Unternehmerin dans la catégorie ‘Technologie et Intelligence Artificielle’.
Cette reconnaissance met en lumière son rôle majeur dans le développement et la promotion de l’innovation technologique appliquée à la santé à l’échelle internationale.
Originaire de Tunisie, Amira Romani incarne une réussite remarquable dans le domaine des technologies de pointe. Son parcours a été salué dès 2024 par Reconnectt, qui lui a décerné le prix Tunisian Woman in Tech of The Year 2023, soulignant son engagement et son impact dans l’écosystème technologique.
Une voix influente pour une innovation responsable
Au sein de Siemens Healthineers, Amira Romani pilote la stratégie globale d’innovation et supervise le développement de partenariats technologiques structurants. Elle dirige notamment le programme Shift, une initiative d’open innovation favorisant la collaboration entre entreprises, start-ups, institutions académiques et acteurs publics.
Elle contribue également à des projets d’envergure européenne, dont le consortium Access-AD, dédié à l’amélioration de l’accès aux diagnostics et aux thérapies précoces de la maladie d’Alzheimer, ainsi qu’à des initiatives visant à optimiser la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC).
À travers ses actions, elle œuvre à accélérer la transformation numérique du secteur de la santé, en intégrant des solutions basées sur l’intelligence artificielle, tout en promouvant des modèles de soins plus durables et inclusifs.
«L’innovation en santé ne se limite pas aux technologies les plus récentes : elle consiste à aligner les personnes, les processus et les outils pour créer une valeur durable», déclare-t-elle.
Intervenante reconnue sur la scène internationale, Amira Romani partage régulièrement son expertise lors d’événements majeurs tels que le LSI Europe Summit. Elle y défend une vision d’une innovation centrée sur le patient, capable de répondre aux défis contemporains tels que le vieillissement des populations, la pénurie de personnel soignant et l’accès équitable aux soins.
Dirigeante internationale spécialisée en nanotechnologies et technologies médicales, à travers ses fonctions chez Siemens Healthineers, elle contribue activement à façonner l’avenir de la santé en s’appuyant sur l’innovation collaborative et les technologies de pointe.
Reconnectt et Tunisian AI Society saluent cette distinction, qui vient consacrer l’excellence des femmes tunisiennes dans les domaines des STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques), et tout particulièrement dans le champ de l’intelligence artificielle.
Elle souligne également leur contribution déterminante aux transformations technologiques et sociétales à l’échelle internationale, ainsi que leur rôle croissant dans la construction d’une innovation inclusive et durable.
La BYD-isation est un nouveau concept pour redéfinir ce que signifie être compétitif dans un secteur donné : le produit chinois ne se contente pas de prendre des parts de marché, il devient la nouvelle référence.
Un article de Nikkei Asiapublié le 24 avril, avec comme titre “De Volkswagen à Nissan, les fabricants automobile misent sur la fabrication à bas coût et les technologies embarquées chinoises pour exporter” nous en offre la preuve par l’exemple, grandeur nature. Les constructeurs étrangers ne se contentent plus de perdre des parts de marché en Chine : ils adoptent les méthodes chinoises pour survivre, et commencent à les exporter.
Voici comment les huit mécanismes identifiés pour caractériser la BYD-isation s’incarnent, désormais, dans les usines et les stratégies de Volkswagen, Nissan, Honda ou Hyundai.
A noter que cela ne se limite certainement pas à ces marques, Renault par exemple, menant déjà une expérimentation similaire.
1. Intégration verticale par procuration
Volkswagen ne produit pas ses puces, mais il a pris 5 % de l’entreprise chinoise Xpeng et fondé une coentreprise avec Horizon Robotics. Même chose pour Nissan avec Dongfeng pour l’architecture électrique et Momenta pour la conduite autonome. L’intégration verticale est devenue une condition d’accès à la technologie chinoise. Les étrangers ne la maîtrisent pas de l’intérieur, mais ils l’achètent et la verrouillent contractuellement. C’est une intégration verticale externalisée, un oxymore qui résume leur dépendance nouvelle.
2. Effet de ciseau subi, puis retourné
Les marques historiques sont prises entre la pression sur les prix et la montée en gamme technologique chinoise. Volkswagen le dit crûment : ses marges en Chine passeront de deux chiffres à 4-6 %, et son objectif de vente à 3,2 millions d’unités est en baisse de 20 % par rapport au précédent. La réponse consiste à utiliser les coûts chinois pour fabriquer des voitures que l’on vendra ailleurs. Le ciseau qui les écrasait devient, espèrent-ils, l’outil de leur reconquête mondiale.
3. Accélération des cycles de développement
Volkswagen annonce avoir réduit de 30 % le cycle de développement de ses véhicules électriques en Chine. Le standard implicite est désormais de douze à dix-huit mois, contre cinq à sept ans auparavant. Nissan développe en parallèle dix modèles électriques et hybrides sur le sol chinois. Ce rythme n’est plus une prouesse chinoise : il est devenu la cadence minimale pour rester dans la course.
4. Diffusion et standardisation de l’écosystème chinois
Les modèles produits en Chine ne restent pas en Chine. Volkswagen veut exporter vers l’Asie-Pacifique, le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud. Nissan expédie déjà son pick-up hybride Frontier Pro vers l’Amérique latine et l’Asie du Sud-Est. Honda introduit au Japon une voiture électrique fabriquée en Chine. Résultat : les standards chinois (batteries, puces, logiciels) voyagent sous pavillon allemand ou japonais, contournant les barrières politiques.
5. Substitution technologique discrète
Le recours aux puces d’Horizon Robotics, aux systèmes de conduite autonome de Momenta, à l’assistant vocal de Huawei (sur la Nissan Teana) signe une substitution des fournisseurs occidentaux traditionnels. Les semi-conducteurs et les logiciels critiques deviennent chinois, sans que le client final ne le voie nécessairement.
6. Le marché chinois comme laboratoire et tremplin
La formule «in China, for global» («fabriqué en Chine, pensé pour le monde») est la traduction explicite de ce mécanisme. Le marché intérieur chinois sert de banc d’essai géant pour des technologies qui, une fois éprouvées, sont exportées. Volkswagen reconnaît que «l’expérience de la vitesse d’innovation en Chine» peut être transposée à d’autres régions. C’est le marché tremplin par excellence.
7. Coordination implicite avec les priorités publiques chinoises
L’article de Nikkei ne le dit pas, mais il est évident que ces coopérations s’inscrivent dans la stratégie nationale chinoise d’autonomie technologique. Les coentreprises avec Dongfeng (public) et l’accès au marché chinois restent conditionnés à des transferts de technologie et à l’intégration de l’écosystème local. La coordination se fait sans planification explicite, par alignement d’intérêts.
8. Proposition de systèmes complets, à la chinoise
Les véhicules présentés au salon de Pékin ne sont pas des produits isolés, mais des systèmes intégrant matériel, logiciel, connectivité smartphone (Huawei), conduite autonome et services cloud. Le package complet, conçu en Chine, sera exporté tel quel. La BYD-isation ne désigne plus seulement BYD : elle décrit le nouveau mode de production automobile mondial.
Conclusion provisoire : la défaite comme stratégie
Les constructeurs étrangers ne se battent plus contre la BYD-isation. Ils l’adoptent faute d’alternative, et deviennent ainsi les vecteurs de son expansion planétaire. C’est une défaite stratégique transformée en plan de survie. Mais à force d’épouser les méthodes de l’adversaire, ne risque-t-on pas de devenir soi-même l’adversaire ?
Pendant ce temps, en France, Le Monde titrait «Les constructeurs automobiles chinois convoitent les usines européennes pour percer sur le Vieux Continent». L’article d’Éric Béziat, bien informé, détaille la valse des visites chinoises chez Stellantis, Volkswagen, Nissan. Mais il s’arrête à la surface industrielle : droits de douane, surcapacités, volumes d’export. Pas un mot sur l’écosystème logiciel, l’IA embarquée, la pile CANN, HarmonyOS… Or ces usines européennes qui tournent à 55 % de leurs capacités ne vont pas seulement assembler des tôles et des batteries. Elles vont devenir des points d’ancrage de l’empire chinois du software. C’est cela, la BYD-isation, et elle avance pendant que les grands médias regardent ailleurs.
Reporters Sans Frontières (RSF) a dévoilé le Classement de la liberté de la presse 2026. «Plus de la moitié des pays du monde sont en situation “difficile” ou “très grave” : c’est un constat sans précédent dans l’histoire» de ce classement. La Tunisie, pour sa part, a reculé de 8 places en un an, passant du 129e rang en 2025 (avec une moyenne de 43,48%) au 137e (40,43%). Quand on sait que la Tunisie était classée 72e en 2020, on mesure le recul enregistré en six ans (65 places). Nous reproduisons ci-dessous la fiche Tunisie de ce rapport.
Depuis la révolution de 2011 qui a poussé le président Ben Ali hors du pays, la Tunisie connaît une transition démocratique à rebondissements. Le coup de force du président Kaïs Saïed, en juillet 2021, fait craindre un recul de la liberté de la presse.
Paysage médiatique
Depuis la révolution de 2011, le paysage médiatique s’est diversifié, mais la crise économique a fragilisé l’indépendance de nombreuses rédactions, soumises aux intérêts politiques et économiques.
Les partisans du président Kaïs Saïed ont pris une place prépondérante dans les médias, imposant un discours en sa faveur.
Les pressions sur la presse critique pour imposer le récit officiel sont de plus en plus fortes, et prennent notamment la forme de la suspension des médias.
Si la couverture des sujets politiques s’est considérablement réduite dans quasiment tous les médias, la radio Diwan FM arrive à maintenir un traitement pluraliste et critique de l’actualité politique. Les podcasts et débats d’Alqatiba, de Rachma et de Nawaat gagnent en audience et le site d’information francophone Business News s’impose aussi comme alternative dans un espace médiatique de plus en plus contraint. La télévision est le média le plus suivi devant la radio, dont la principale est Mosaïque FM. La presse en ligne est très suivie, alors que la presse papier est en perte de vitesse.
Contexte politique
La crise politique qui secoue le pays et l’engagement ambigu de Kaïs Saïed pour la liberté de la presse ont d’importantes répercussions. Depuis son arrivée au pouvoir en octobre 2019, le palais de Carthage ne reçoit plus les journalistes malgré les protestations du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT). Depuis 2021, le paysage médiatique est dominé par un discours uniforme favorable au président, malgré la résistance de certains médias. Le président de la République est allé jusqu’à convoquer, en 2024 et en 2025, les médias publics pour les inciter à participer à ce qu’il a appelé «la guerre de libération nationale», en se concentrant sur les questions citoyennes selon sa propre vision.
Cadre légal
La nouvelle constitution de juillet 2022, dotant le président de larges pouvoirs législatifs au détriment des contre-pouvoirs qui existaient jusque-là, a mis en péril la séparation des pouvoirs et fait peser une lourde menace sur les acquis de la révolution tunisienne en matière de liberté de la presse. L’affaiblissement de l’indépendance du pouvoir judiciaire fait craindre que son interprétation des restrictions en serve des intérêts politiques sous couvert de prétendus impératifs sécuritaires.
En outre, la justice tunisienne continue de se baser sur des textes hérités de l’ère Ben Ali, au lieu de s’appuyer sur les décrets-lois de 2011 plus favorables à la liberté de la presse.
Dans ce contexte de détérioration de l’environnement politique, le décret-loi 54 de septembre 2022, censé lutter contre les «fausses informations», représente également une nouvelle menace pour la liberté de la presse dans le pays.
Contexte économique
Les médias sont tributaires des annonceurs privés, qui détiennent parfois des parts dans leur capital et peuvent être proches du milieu politique. Ce contexte menace l’indépendance éditoriale des rédactions. Leurs revenus publicitaires dépendent également de leur audience, dont le calcul est peu encadré et fortement contesté.
Enfin, le modèle économique des médias écrits, basé sur les abonnements, la publicité et les ventes, est en perte de vitesse en raison de la baisse de ces dernières et du rétrécissement du marché publicitaire. L’absence de solutions économiques durables a également poussé plusieurs chaînes privées à se résigner à diffuser un contenu largement consacré à la vente, au détriment de l’information.
Contexte socioculturel
Les réseaux sociaux sont régulièrement utilisés par les partisans du président de la République pour lancer des campagnes de désinformation, décrédibiliser la presse, et instiller méfiance et confusion chez les électeurs. Les violences verbales à l’endroit des médias se sont multipliées ces dernières années.
Sécurité
Les intimidations envers les journalistes se banalisent. Le harcèlement des journalistes est devenu courant en Tunisie, où les acteurs médiatiques sont arrêtés et poursuivis en justice en raison de leur travail ou même de leur solidarité avec leurs collègues.
En 2024, un nouveau record a été enregistré avec plus de dix journalistes visés par des procédures judiciaires pour avoir exercé leur travail, à l’instar du journaliste Mourad Zeghidi, détenu depuis le 11 mai 2024.
À mesure que le système énergétique mondial se reconfigure, la Tunisie s’inscrit dans une dynamique de transition accélérée. Véhicules électriques, projets d’énergies renouvelables et d’hydrogène vert, ouverture aux investissements internationaux : les signaux d’un basculement sont visibles. Mais derrière cette modernisation, une autre réalité se dessine celle d’une souveraineté prise dans des rapports d’interdépendance croissants, où l’accès aux ressources, aux technologies et aux marchés devient conditionnel.
Manel Albouchi
La transition énergétique tunisienne ne peut être comprise indépendamment de son environnement international. Elle s’inscrit dans une reconfiguration plus large des flux énergétiques mondiaux, marquée par la transition verte européenne, la sécurisation des approvisionnements et la montée en puissance des énergies renouvelables comme instruments géopolitiques.
Dans ce contexte, la Tunisie change de statut : d’espace périphérique, elle devient un territoire d’articulation entre différentes logiques de puissance.
Ses ressources, notamment solaires, et sa proximité avec l’Europe la positionnent au cœur de nouvelles chaînes de valeur énergétiques.
Avancées réelles, mais transition encore embryonnaire
Sur le plan interne, la transition est engagée, mais reste structurellement incomplète.
La production nationale d’électricité atteint environ 20 térawattheures (TWh) par an, en progression régulière. Toutefois, elle demeure largement dominée par les énergies fossiles.
Les énergies renouvelables représentent aujourd’hui entre 5 et 6 % du mix électrique, ce qui traduit une phase encore initiale de transformation, en décalage avec les objectifs affichés.
Dans le même temps, la Tunisie reste dépendante à près de 60 % de ses besoins énergétiques, principalement via les importations de gaz naturel.
Ces données posent un cadre clair : la transition est amorcée, mais elle s’inscrit dans une structure de dépendance persistante.
Modernisation visible et mutations sociales
La transformation se manifeste également dans l’espace social.
L’introduction de véhicules électriques, notamment ceux du constructeur chinois BYD, constitue un marqueur tangible de cette mutation. Des modèles accessibles, à partir d’environ 55 000 dinars, et dotés d’autonomies pouvant dépasser 500 km rendent cette technologie progressivement intégrée dans le paysage urbain.
Cette diffusion est soutenue par des dispositifs publics, notamment l’exonération des droits de consommation et la régulation des importations par quotas.
Parallèlement, des initiatives locales émergent, à l’image du réseau de bornes de recharge développé par Helios, encore limité mais structurant les premières bases d’une infrastructure nationale.
Transition et interdépendances structurelles
Derrière ces avancées, la structure du système énergétique tunisien reste marquée par de fortes interdépendances.
Les technologies clés, notamment les panneaux solaires, sont majoritairement importées. Les investissements dans les projets stratégiques impliquent des acteurs étrangers. Les débouchés, en particulier dans le domaine de l’hydrogène vert, s’orientent principalement vers les marchés européens.
Ainsi, la transition énergétique s’opère dans une configuration où la production locale repose sur des chaînes de valeur globalisées.
Ce modèle n’est pas spécifique à la Tunisie. Il caractérise de nombreuses économies en transition. Mais il pose une question centrale : celle de la capacité à maîtriser les conditions de production et de valorisation de l’énergie.
Du marché ouvert à l’accès conditionnel
Le système énergétique mondial évolue vers une forme de régulation plus complexe. Il ne repose plus uniquement sur des mécanismes de marché ouverts, mais sur «des logiques d’accès conditionnel» aux ressources, aux infrastructures et aux circuits de distribution. Les flux énergétiques sont désormais traversés par des considérations géopolitiques, diplomatiques et stratégiques.
Dans ce cadre, l’information elle-même devient un enjeu : sa circulation est partiellement différenciée, et son accès dépend des positions occupées dans les réseaux de décision.
Ce déplacement transforme la nature de la souveraineté énergétique. Celle-ci ne se réduit plus à la possession de ressources, mais implique la capacité à s’insérer dans des systèmes d’accès hiérarchisés.
Dans une perspective systémique, la transition énergétique tunisienne peut être analysée comme un système en réorganisation.
Les transformations en cours produisent des effets en chaîne : l’accélération technologique accroît les besoins en importation ; l’intégration aux marchés internationaux renforce les dépendances ; ces dépendances exigent des formes accrues de coordination politique et économique.
Le système ne progresse pas de manière linéaire. Il fonctionne par ajustements successifs, dans un équilibre instable.
La dépendance comme impensé politique
La dépendance énergétique n’est pas uniquement un fait économique. Elle est aussi un objet politique difficile à stabiliser. Elle oscille entre reconnaissance partielle et discours de dépassement, sans toujours faire l’objet d’une élaboration explicite.
Dans une perspective psychopolitique, cette ambivalence produit des effets : polarisation du débat public ; défiance envers les projets structurants ; difficulté à construire des orientations stratégiques partagées.
La dépendance n’est pas seulement subie : elle est aussi insuffisamment pensée.
Clivage et illusion de maîtrise
Face à la complexité, le débat public tend à se structurer autour d’oppositions simplifiées : souveraineté contre dépendance, ouverture contre menace.
Ce mécanisme renvoie au concept de clivage développé par Melanie Klein, qui permet de réduire l’ambivalence en divisant le réel.
Mais cette simplification a un coût : elle transforme des enjeux structurels en affrontements moraux, rendant plus difficile leur traitement réel.
Dans le même temps, la souveraineté peut fonctionner comme une forme d’illusion de maîtrise. En effet, les sociétés produisent des illusions pour se protéger de l’incertitude. La souveraineté, dans ce sens, agit comme une réponse à l’angoisse d’un monde instable : une manière d’affirmer une maîtrise là où celle-ci est partielle.
Dans ‘‘L’Avenir d’une illusion’’, Sigmund Freud, compare le Moi à un cavalier tentant de diriger un cheval plus puissant que lui. De la même manière, le politique tente d’organiser un système (économique, technologique, géopolitique) dont il ne contrôle pas entièrement les forces.
Le politique dans un système instable
Dans ce contexte, les décisions politiques s’inscrivent dans une dynamique de régulation.
Le secteur énergétique devient un espace de concentration d’enjeux économiques, stratégiques et symboliques.
Les interventions dans ce domaine peuvent être interprétées comme des tentatives d’ajustement dans un système en déséquilibre, où la maîtrise complète n’est pas accessible, mais où la capacité d’action reste déterminante.
Dans ce contexte, certaines décisions (comme le limogeage, annoncé hier, mardi 28 avril, de la ministre de l’Énergie par le président Kaïs Saïed) prennent une portée qui dépasse leur dimension administrative.
La transition énergétique tunisienne ne se réduit ni à un processus d’autonomisation, ni à une simple reproduction de la dépendance. Elle s’inscrit dans un espace intermédiaire. Un entre-deux.
Dans ce cadre, la souveraineté ne peut plus être pensée comme une indépendance absolue. Elle devient une capacité à : organiser les interdépendances, négocier les conditions d’accès, structurer la valeur produite.
Produire de l’énergie ne suffit pas. Ce qui compte, c’est la capacité à en maîtriser les conditions. Et c’est précisément dans cet espace «discret, instable, mais décisif» que se joue aujourd’hui l’avenir énergétique de la Tunisie.
Les règles relatives à l’attribution des cartons rouges aux joueurs lors de la Coupe du monde ont été mises à jour mardi 28 avril 2026 à la suite de deux incidents controversés survenus cette année dans le football international.
Le président de la Fifa, Gianni Infantino, a insisté pour que des changements soient apportés après que Gianluca Prestianni, du Benfica, a tenté de dissimuler des insultes verbales à l’encontre de Vinícius Júnior lors d’un match de Ligue des champions, et que l’équipe du Sénégal a quitté le terrain pour protester contre une décision de l’arbitre lors d’une finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAF) particulièrement houleuse et chaotique.
L’instance chargée d’élaborer les règles du football, l’International Football Association Board (Ifab), a convenu que les joueurs peuvent être sanctionnés d’un carton rouge s’ils se couvrent la bouche lorsqu’ils s’en prennent verbalement à un autre joueur.
Cette règle n’est pas obligatoire dans le cadre des Lois du Jeu, mais elle donne aux organisateurs de compétitions comme la Fifa la possibilité de l’appliquer.
Elle a été approuvée à l’unanimité par les responsables de l’Ifab issus de la Fifa et des quatre fédérations de football britanniques lors d’une réunion extraordinaire mardi à Vancouver, en Colombie-Britannique, en amont du Congrès de la Fifa prévu jeudi.
Propos injurieux
La proposition de la Fifa faisait suite à l’accusation portée par Vinícius, soutenu par son coéquipier du Real Madrid Kylian Mbappé, selon laquelle Prestianni aurait proféré une insulte à caractère raciste tout en levant son maillot pour se couvrir la bouche lors d’un match en février.
La semaine dernière, l’Uefa a infligé à Prestianni une suspension de six matchs, dont trois avec sursis, pour ces propos injurieux, qu’elle a qualifiés d’homophobes. L’Uefa n’a pas pu prouver l’insulte raciste que Prestianni a niée, bien qu’il ait admis avoir tenu des propos homophobes.
Si Prestianni est sélectionné dans l’équipe argentine pour la Coupe du monde, il devra manquer les deux premiers matchs du champion en titre en juin, bien que cette suspension puisse faire l’objet d’un appel.
«Dorénavant, tout joueur se couvrant la bouche lors d’une situation conflictuelle avec un adversaire peut être sanctionné d’un carton rouge», a déclaré l’Ifab.
Abandon du terrain
L’Ifab a également convenu que tout joueur quittant le terrain pour protester contre une décision de l’arbitre peut être sanctionné d’un carton rouge. Cette règle s’applique également aux officiels de l’équipe qui incitent les joueurs à quitter le terrain.
Les joueurs sénégalais ont quitté le terrain pendant le temps additionnel de la finale de la CAN 2025 en janvier pour protester contre l’octroi d’un penalty au pays hôte, le Maroc, alors que le score était de 0-0. Le match a été interrompu pendant près de 15 minutes avant que le penalty du Maroc ne soit arrêté. Le Sénégal a marqué en prolongation pour remporter le titre.
Le Sénégal s’est ensuite vu retirer son titre par une commission d’appel de l’instance dirigeante du football africain, et l’affaire sera désormais jugée par le Tribunal arbitral du sport (Tas) à Lausanne, en Suisse.
L’Ifab a déclaré que ces modifications seraient communiquées aux 48 équipes participant à la Coupe du monde qui débutera le 11 juin, organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique.
La Tunisie entend renforcer son rôle de plaque tournante économique pour l’Afrique lors de la neuvième édition du Forum international sur le financement, l’investissement et le commerce en Afrique (Fita 2026), qui se tient à l’hôtel Radisson Blu & Centre de congrès de Tunis, les 28 et 29 avril 2026.
Organisé par le Tunisia Africa Business Council (TABC), cet événement met cette année l’accent sur les chaînes de valeur africaines, levier de la transformation industrielle et de l’intégration économique du continent.
Selon Anis Jaziri, président du TABC, le forum confirme son rôle de plateforme stratégique pour les entreprises, les investisseurs, les institutions financières et les gouvernements intéressés par les marchés africains.
La participation annoncée comprend des délégations de dizaines de pays, avec des rencontres B2B et B2G et des sessions consacrées aux infrastructures, à l’industrialisation, à l’énergie, à la finance, au commerce intra-africain, aux technologies vertes et à l’innovation.
Le Canada est l’invité d’honneur de cette édition 2026, avec une délégation de 45 entreprises désireuses d’explorer des partenariats avec des opérateurs tunisiens pour accéder aux marchés africains.
La Guinée figure également parmi les participants africains, avec la présentation du plan Simandou 2040, considéré par Conakry comme un programme structurel visant à transformer les ressources minières en développement industriel, infrastructurel et social.
La République démocratique du Congo est également au centre des discussions. Parmi les projets phares figurent le projet Kiamona, l’extension urbaine de Kinshasa et des initiatives industrielles impliquant des entreprises tunisiennes, notamment Novation City et un complexe textile.
Anis Jaziri ouvre le forum.
Plus de 15 accords de partenariat devraient être signés aujourd’hui entre chambres de commerce, organisations patronales et groupes de réflexion, en plus de l’annonce de trois grands projets confiés à des entreprises tunisiennes en Afrique.
Pour Tunis, la Fita s’inscrit dans une stratégie de diplomatie économique visant à compenser la taille limitée du marché intérieur par un rayonnement accru en Afrique subsaharienne. Le TABC présente cette initiative comme une opportunité de consolider la position de la Tunisie comme porte d’entrée sur le continent, en tirant parti de son expertise dans les domaines de l’ingénierie, des infrastructures, de l’énergie, de l’eau, des télécommunications et des services. Le défi reste de transformer le capital relationnel du forum en contrats efficaces, en financements et en une présence stable pour les entreprises tunisiennes sur les marchés africains.
Plusieurs conventions structurantes ont été conclues, couvrant plusieurs secteurs clés tels que l’infrastructure, l’énergie, l’eau, l’assainissement, l’industrie textile, l’innovation et l’entrepreneuriat :
· Novation City Kinshasa (en partenariat avec Tucad)
· Kia Mona Tex – projet d’un complexe industriel dans le secteur du textile (TUCAD)
· Technopark RDC (Tucad)
· TABC – African Progressive Women (Afrique du Sud)
· TABC – Chambre de Commerce Tunisie-Madagascar
· TABC – China Cameroun Business Association
· TABC – Fédération tunisienne du textile et de l’habillement
· Tucad – Carrousel Finances
· TABC – Technopole Sfax
· TABC – RTCA (Réseau Tuniso Canadien des Affaires)
· TABC – Accelerate Africa.
Ces accords traduisent une dynamique de coopération Sud–Sud renforcée, ainsi qu’une volonté commune d’accélérer la structuration de chaînes de valeur africaines intégrées, conformément au thème de cette édition.
Le Vespa Raid Di Tunisi, organisé par le Vespa Club Reggio Calabria, inscrit au calendrier touristique 2026 du Vespa Club d’Italia, a débuté il y a quelques jours et se poursuivra jusqu’au 3 mai 2026. Plus de 1 500 kilomètres en terre africaine.
Cet événement rassemble des passionnés italiens et internationaux de la vespa autour d’un itinéraire conçu pour traverser certains des plus beaux paysages historiques et naturels de Tunisie.
Selon les organisateurs, une centaine de motards en Vespa, originaires de cinq pays, participent à ce raid, parcourant plus de 1 500 kilomètres.
Les motards calabrais sont partis de Cosenza le 24 avril pour Palerme. Le programme comprend la traversée du Sahara, le passage par les oasis de montagne de Tamerza et de Chebika, ainsi que les gorges de la Midès, jusqu’à Tozeur. Aujourd’hui et demain, la caravane traversera le lac salé de Chott El-Djerid pour atteindre Douz, surnommée la «Porte du Désert», et l’oasis de Ksar Ghilane, où une nuit dans les dunes est prévue. Les étapes suivantes comprendront Matmata, des villages berbères, la côte est tunisienne, Sousse, El Djem et Mahdia.
Le retour à Tunis est prévu après la visite de la médina de Sousse, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, avec une arrivée officielle le 3 mai au port de Palerme.
Cette initiative s’inscrit dans une année symbolique pour le monde Vespa : 2026 marque le 80e anniversaire du dépôt du brevet du célèbre scooter Piaggio, le 23 avril 1946.
Ce périple tunisien revêt ainsi une dimension festive, alliant tourisme, passion pour les sports motorisés et renforcement des liens entre l’Italie et la Tunisie.
Au-delà de sa dimension sportive et touristique, le tour met l’accent sur la collaboration internationale entre clubs et passionnés, confirmant la Tunisie comme une destination de choix pour les itinéraires à deux roues à travers la Méditerranée, le désert, le patrimoine archéologique et les villes historiques.
Le département d’État américain a approuvé une vente potentielle d’équipements militaires à la Tunisie pour l’acquisition de matériel destiné à soutenir la troisième phase du projet de sécurité des frontières, pour un montant total estimé à 95 millions de dollars.
Selon un communiqué officiel de Washington, le gouvernement tunisien a demandé l’achat de matériel classé comme équipement de défense non majeur, c’est-à-dire non classé comme système d’armes majeur.
Le lot comprend des véhicules commerciaux pour les unités d’intervention frontalière, des radios embarquées, des stations de base, des caméras thermiques pour la surveillance et les tours de relais, des radars, des systèmes micro-ondes, des caméras de périmètre, des systèmes LTE, des abris, des capteurs environnementaux, des générateurs et des systèmes solaires.
La fourniture comprend également des dispositifs de détection des radiations, des explosifs et des agents chimiques, notamment des détecteurs de radiations individuels (Fido X3, Progeny ResQ et Identifier R400-NGH), ainsi que des télémètres, des jumelles, des projecteurs, des trousses de premiers secours, des caméras thermiques tactiques, du matériel et des logiciels de commandement et de contrôle, des pièces détachées, l’installation, la configuration, l’intégration, les tests, l’intégration aux véhicules, les garanties, la maintenance et la formation en Tunisie.
Le Département d’État explique que cette vente vise à soutenir la politique étrangère et la sécurité nationale des États-Unis en contribuant à améliorer les capacités de défense d’un «allié majeur non membre de l’Otan», considéré par Washington comme un acteur important pour la stabilité politique et le développement économique de l’Afrique du Nord.
Pour Tunis, ce projet devrait renforcer sa capacité à long terme à défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale et à répondre à ses propres besoins en matière de défense nationale.
Ce dossier s’inscrit dans un programme plus vaste visant à renforcer les contrôles aux frontières, une question clé pour les autorités tunisiennes, notamment le long des routes sensibles avec la Libye et l’Algérie, dans un contexte régional marqué par le trafic transfrontalier, les menaces terroristes résiduelles, l’instabilité libyenne et la pression des réseaux criminels au Maghreb et au Sahel.