Tunisie – Les pluies redonnent souffle aux barrages
La situation des barrages tunisiens s’améliore nettement. Dans une déclaration exclusive à l’économiste maghrébin, Tarek Makhzoumi, membre du bureau exécutif de l’UTAP, évoque des niveaux de remplissage « très satisfaisants », notamment ceux situés au nord du pays.
Selon lui, les 22 barrages du nord, ainsi que ceux de Zaghouan et du Cap Bon, affichent des réserves qu’il juge « très bonnes ». Le barrage de Beni M’tir a même atteint un taux de remplissage de 100 %, ayant nécessité deux opérations de déversement début avril vers le barrage de Bouhertma, dont les eaux rejoignent ensuite le barrage stratégique de Sidi Salem via l’oued Medjerda.
Ces ressources hydriques sont réparties entre l’irrigation agricole et l’alimentation en eau potable, pour le Grand Tunis, le Cap Bon et la région de Sousse, surtout.
Les indicateurs sont en nette progression : le taux de remplissage du barrage de Sidi Salem est passé de 17 % en octobre 2025 à plus de 60 % actuellement. Dans le même temps, la moyenne des autres barrages a grimpé de 21,8 % à près de 70 %.
Toutefois, tout n’est pas encore réglé. Certains ouvrages, notamment dans les régions du centre comme le barrage de Sidi Saad à Kairouan, restent en deçà des niveaux attendus.
Pour Tarek Makhzoumi, cette amélioration s’explique par les importantes précipitations enregistrées entre janvier et avril 2026, avec des retombées positives sur les nappes phréatiques, les cultures, les pâturages, ainsi que les oliveraies et les arbres fruitiers.
Indemnisations toujours en attente
Malgré l’amélioration de la situation hydrique, les agriculteurs affectés par les pertes des campagnes 2023 et 2024 attendent toujours le versement des indemnisations du Fonds d’indemnisation des calamités agricoles. Le responsable de l’UTAP rassure en soulignant que les procédures progressent, avec la publication d’un arrêté ministériel et la finalisation des listes des bénéficiaires. Il espère désormais un déblocage rapide des fonds pour permettre aux agriculteurs de poursuivre la présente campagne dans de meilleures conditions.
Un enjeu clé pour la production nationale
En conclusion, Tarek Mokhzoumi appelle à un soutien renforcé du secteur agricole pour sécuriser la campagne en cours et préserver la production nationale. Il souligne que chaque gain de rendement permet non seulement de réduire la facture des importations, mais aussi de libérer des ressources pour investir dans les intrants et moderniser les technologies agricoles.
L’article Tunisie – Les pluies redonnent souffle aux barrages est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.
