Main-d’œuvre : la France puise dans le marché du travail tunisien
La Tunisie et la France lancent le programme de coopération THAMM+ pour la période 2026-2029 afin de renforcer la mobilité professionnelle entre les deux pays. Doté d’un financement de 4 millions d’euros de l’Union européenne dans le cadre de l’instrument NDICI/Global Europe, ce dispositif prévoit plus de 2 500 recrutements de travailleurs tunisiens en France et la formation complémentaire d’environ 2 000 personnes dans plusieurs secteurs en tension.
C’est ce qu’on lit dans un document que nous a fait parvenir le service de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), par l’intermédiaire de l’ambassade de France en Tunisie.
Mis en œuvre par l’Office français de l’immigration et de l’intégration en partenariat avec plusieurs institutions tunisiennes, le programme s’inscrit dans le prolongement du projet THAMM déployé entre 2022 et 2025. Il repose sur le développement de cinq schémas de mobilité professionnelle dans des domaines identifiés comme prioritaires par les deux pays, notamment l’agriculture, les métiers du soin et de l’aide à la personne, le transport et la logistique, l’industrie ainsi que le tourisme, l’hôtellerie et la restauration, explique le document.
L’analyse montre que le dispositif vise à structurer des parcours professionnels intégrant formation et placement. Le document indique que les candidats sélectionnés bénéficient d’une préparation en Tunisie afin de répondre aux exigences des employeurs français et de faciliter leur insertion professionnelle à l’arrivée.
Parmi les institutions tunisiennes impliquées dans le processus, on cite entre autres le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (ANETI), l’Agence tunisienne de formation professionnelle, l’Agence de formation aux métiers du tourisme, ainsi que plusieurs structures relevant des ministères de la Santé et du Transport et d’organisations professionnelles telles que l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat et la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement.
Migration circulaire et renforcement des outils institutionnels
Le programme s’appuie sur le principe de « migration circulaire », qui prévoit des mobilités professionnelles temporaires. Les travailleurs concernés acquièrent une expérience en France avant de pouvoir valoriser les compétences acquises à leur retour en Tunisie. Ce modèle est présenté comme une modalité de mobilité encadrée permettant d’alterner des périodes d’activité en Europe et dans le pays d’origine.
THAMM+ prévoit également un renforcement des outils institutionnels liés au marché du travail. Plusieurs projets de digitalisation doivent être déployés, notamment l’extension du système d’information pour la gestion de la formation professionnelle privée, la mise en place d’une plateforme de veille sur les dynamiques du marché de l’emploi et la numérisation du traitement des offres d’emploi internationales et du suivi des recrutements.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Partenariat des talents entre la Tunisie et l’Union européenne, dont la feuille de route a été adoptée en juin 2025. Ce cadre de coopération prévoit le développement de formations qualifiantes, la mise en place de voies légales de migration et la création d’emplois dans des secteurs identifiés comme stratégiques.
Les données récentes illustrent l’importance des mobilités professionnelles entre les deux pays. Ainsi, en 2025, environ 5 000 travailleurs saisonniers tunisiens ont été recrutés en France et près de 35 % des visas délivrés aux ressortissants tunisiens l’ont été pour des motifs professionnels.
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