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Concessions énergétiques: voici les réserves de l’OTE

À la veille de la séance plénière prévue le 28 avril 2026 au parlement, consacrée à l’examen de 5 projets de concessions de centrales photovoltaïques, l’Observatoire tunisien de l’économie (OTE) tire la sonnette d’alarme. Celui-ci porte sur plusieurs conventions de concession concernant des centrales situées à El Khobna, Mezzouna (Sidi Bouzid), El Ksar, Segdoud et Menzel El Habib. Ces projets sont prévus pour une durée “de concession”, de 20 ans, prorogeable 5 ans. Et ce, selon l’accord des parties. Dans une note intitulée “Projets de loi sur les concessions d’énergie renouvelable: transition annoncée, souveraineté menacée”, l’OTE remet en question les objectifs avancés par les autorités. L’organisme exprime des réserves sur ces projets, estimant qu’ils pourraient affecter la souveraineté nationale ainsi que l’équilibre financier du pays.

Dans un contexte marqué par une forte pression énergétique, “le déficit du secteur s’est établi à environ 11 milliards de dinars en 2025. Il se répartit entre 7,1 milliards liés aux importations de produits pétroliers et 4,2 milliards pour le gaz naturel”, communique l’OTE. Dans ce cadre, les énergies renouvelables apparaissent comme un levier essentiel pour réduire la dépendance énergétique et sécuriser l’approvisionnement national. Alors que l’exécutif met en avant l’indépendance énergétique, la réduction des coûts et l’amélioration de la situation financière de la Steg, l’Observatoire estime que ces contrats profiteraient davantage aux investisseurs étrangers qu’à l’intérêt national. 

L’OTE souligne également un point sensible du dispositif contractuel! Bien que les projets soient réalisés sur le territoire tunisien et soumis au droit national, les litiges seraient arbitrés à Genève selon les règles de la Chambre de commerce internationale. Selon l’Observatoire, cela implique l’intervention d’arbitres étrangers interprétant le droit tunisien, avec des procédures coûteuses et potentiellement déséquilibrées pour l’État.

L’organisme estime, par ailleurs, que ces contrats ne sont pas suffisamment orientés vers la défense des intérêts nationaux. Ils seraient, selon lui, davantage structurés en faveur des financeurs et des opérateurs des projets. L’État, à travers la Steg, se retrouverait ainsi exposé à l’ensemble des risques et des coûts supplémentaires, sans bénéfices réels en matière de souveraineté énergétique. Ce qui pourrait accroître son endettement. Sur le plan contractuel, les accords garantiraient les profits des opérateurs étrangers sans transfert de technologie ni obligation de contenu local, limitant ainsi les retombées sur l’emploi et l’industrie nationale.

L’Observatoire pointe également le transfert du risque de change vers la Steg, ainsi que les effets du rapatriement des devises sur une période de plus de 20 ans, susceptibles de fragiliser les équilibres macroéconomiques du pays. Il évoque enfin des impacts environnementaux possibles sur les écosystèmes naturels et pastoraux.

Face à ces constats, l’OTE appelle les députés à rejeter les projets de concessions dans leur forme actuelle. Il recommande l’organisation d’auditions publiques afin de repenser la stratégie nationale de transition énergétique, avec une implication plus forte des acteurs locaux et du tissu industriel. De surcroit, l’Observatoire propose une révision du cadre légal de 2015, afin que la politique énergétique soit soumise aux mêmes mécanismes d’approbation que les plans de développement. L’objectif serait, selon lui, de “faire de la transition énergétique une occasion pour renforcer les capacités technologiques et industrielles
internes sur ce domaine, en engageant les acteurs économiques locaux ainsi que les chercheurs. “

 

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