Choc énergétique : l’Europe sort le chéquier
D’après une analyse du think tank Bruegel publiée le 28 avril, les 27 États membres de l’Union européenne ont alloué plus de 10 milliards d’euros pour soutenir les ménages et les entreprises face au choc énergétique provoqué par la guerre en Iran.
L’allocation des ressources est jugée inefficace. Car près de 80 % des mesures – telles que les allégements fiscaux horizontaux – ne sont pas suffisamment ciblées. L’étude relève que certaines aides ne sont pas conformes aux recommandations de la Commission européenne, qui privilégient les mesures temporaires sans effet stimulant sur la demande.
L’Espagne représente près de la moitié des dépenses totales. Tandis que l’Allemagne se classe deuxième en termes de soutien. Dans ce cadre, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a plaidé pour un renforcement des moyens alloués à l’électrification de l’économie, une plus grande souplesse des règles fiscales et une taxe exceptionnelle sur les entreprises énergétiques. L’Espagne a déjà mis en place des baisses de TVA sur les carburants, l’électricité et le gaz, ainsi que des aides directes à l’agriculture, aux transports et à l’industrie.
Le choc énergétique pèse davantage sur les perspectives économiques de l’UE, les pressions sur les budgets des États s’intensifiant à mesure que le conflit se poursuit. Cette situation affecte la croissance et l’inflation en Allemagne, première économie européenne.
De son côté, la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a averti que tous les pays ne disposent pas des marges de manœuvre budgétaires nécessaires pour absorber la hausse des coûts énergétiques.
A cet égard, l’UE continue de faire face aux conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, qui avait entraîné une flambée des prix du gaz. À l’époque, les gouvernements européens avaient alloué plus de 500 milliards d’euros au soutien des consommateurs.
Comme le souligne Simone Tagliapietra, analyste chez Bruegel, les gouvernements ne semblent pas avoir tiré suffisamment de leçons de la crise précédente, privilégiant des mesures immédiates mais non ciblées, susceptibles de stimuler la demande en période d’offre limitée et d’aggraver le problème.
A noter que, dernièrement, les dirigeants de l’UE ont appelé à de nouvelles mesures pour lutter contre la hausse des prix de l’énergie. Tout en affirmant que le plan actuel de la Commission européenne – qui prévoit une meilleure coordination, des interventions sur le carburant d’aviation et des allégements fiscaux – était insuffisant.
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