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Fita 2026 | La Tunisie, pont économique vers l’Afrique

La Tunisie entend renforcer son rôle de plaque tournante économique pour l’Afrique lors de la neuvième édition du Forum international sur le financement, l’investissement et le commerce en Afrique (Fita 2026), qui se tient à l’hôtel Radisson Blu & Centre de congrès de Tunis, les 28 et 29 avril 2026.

Organisé par le Tunisia Africa Business Council (TABC), cet événement met cette année l’accent sur les chaînes de valeur africaines, levier de la transformation industrielle et de l’intégration économique du continent.

Selon Anis Jaziri, président du TABC, le forum confirme son rôle de plateforme stratégique pour les entreprises, les investisseurs, les institutions financières et les gouvernements intéressés par les marchés africains.

La participation annoncée comprend des délégations de dizaines de pays, avec des rencontres B2B et B2G et des sessions consacrées aux infrastructures, à l’industrialisation, à l’énergie, à la finance, au commerce intra-africain, aux technologies vertes et à l’innovation.

Le Canada est l’invité d’honneur de cette édition 2026, avec une délégation de 45 entreprises désireuses d’explorer des partenariats avec des opérateurs tunisiens pour accéder aux marchés africains.

La Guinée figure également parmi les participants africains, avec la présentation du plan Simandou 2040, considéré par Conakry comme un programme structurel visant à transformer les ressources minières en développement industriel, infrastructurel et social.

La République démocratique du Congo est également au centre des discussions. Parmi les projets phares figurent le projet Kiamona, l’extension urbaine de Kinshasa et des initiatives industrielles impliquant des entreprises tunisiennes, notamment Novation City et un complexe textile.

Anis Jaziri ouvre le forum.

Plus de 15 accords de partenariat devraient être signés aujourd’hui entre chambres de commerce, organisations patronales et groupes de réflexion, en plus de l’annonce de trois grands projets confiés à des entreprises tunisiennes en Afrique.

Pour Tunis, la Fita s’inscrit dans une stratégie de diplomatie économique visant à compenser la taille limitée du marché intérieur par un rayonnement accru en Afrique subsaharienne. Le TABC présente cette initiative comme une opportunité de consolider la position de la Tunisie comme porte d’entrée sur le continent, en tirant parti de son expertise dans les domaines de l’ingénierie, des infrastructures, de l’énergie, de l’eau, des télécommunications et des services. Le défi reste de transformer le capital relationnel du forum en contrats efficaces, en financements et en une présence stable pour les entreprises tunisiennes sur les marchés africains.

Plusieurs conventions structurantes ont été conclues, couvrant plusieurs secteurs clés tels que l’infrastructure, l’énergie, l’eau, l’assainissement, l’industrie textile, l’innovation et l’entrepreneuriat :

· Novation City Kinshasa (en partenariat avec Tucad)

· Kia Mona Tex – projet d’un complexe industriel dans le secteur du textile (TUCAD)

· Technopark RDC (Tucad)

· TABC – African Progressive Women (Afrique du Sud)

· TABC – Chambre de Commerce Tunisie-Madagascar

· TABC – China Cameroun Business Association

· TABC – Fédération tunisienne du textile et de l’habillement

· Tucad – Carrousel Finances

· TABC – Technopole Sfax

· TABC – RTCA (Réseau Tuniso Canadien des Affaires)

· TABC – Accelerate Africa.

Ces accords traduisent une dynamique de coopération Sud–Sud renforcée, ainsi qu’une volonté commune d’accélérer la structuration de chaînes de valeur africaines intégrées, conformément au thème de cette édition.

I. B.

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Vespa Raid Di Tunisi | Cent motards entre le Sahara et les oasis

Le Vespa Raid Di Tunisi, organisé par le Vespa Club Reggio Calabria, inscrit au calendrier touristique 2026 du Vespa Club d’Italia, a débuté il y a quelques jours et se poursuivra jusqu’au 3 mai 2026. Plus de 1 500 kilomètres en terre africaine.

Cet événement rassemble des passionnés italiens et internationaux de la vespa autour d’un itinéraire conçu pour traverser certains des plus beaux paysages historiques et naturels de Tunisie.

Selon les organisateurs, une centaine de motards en Vespa, originaires de cinq pays, participent à ce raid, parcourant plus de 1 500 kilomètres.

Les motards calabrais sont partis de Cosenza le 24 avril pour Palerme. Le programme comprend la traversée du Sahara, le passage par les oasis de montagne de Tamerza et de Chebika, ainsi que les gorges de la Midès, jusqu’à Tozeur. Aujourd’hui et demain, la caravane traversera le lac salé de Chott El-Djerid pour atteindre Douz, surnommée la «Porte du Désert», et l’oasis de Ksar Ghilane, où une nuit dans les dunes est prévue. Les étapes suivantes comprendront Matmata, des villages berbères, la côte est tunisienne, Sousse, El Djem et Mahdia.

Le retour à Tunis est prévu après la visite de la médina de Sousse, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, avec une arrivée officielle le 3 mai au port de Palerme.

Cette initiative s’inscrit dans une année symbolique pour le monde Vespa : 2026 marque le 80e anniversaire du dépôt du brevet du célèbre scooter Piaggio, le 23 avril 1946.

Ce périple tunisien revêt ainsi une dimension festive, alliant tourisme, passion pour les sports motorisés et renforcement des liens entre l’Italie et la Tunisie.

Au-delà de sa dimension sportive et touristique, le tour met l’accent sur la collaboration internationale entre clubs et passionnés, confirmant la Tunisie comme une destination de choix pour les itinéraires à deux roues à travers la Méditerranée, le désert, le patrimoine archéologique et les villes historiques.

I.B. (avec Ansamed).

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Washington approuve la vente de matériel militaire à Tunis

Le département d’État américain a approuvé une vente potentielle d’équipements militaires à la Tunisie pour l’acquisition de matériel destiné à soutenir la troisième phase du projet de sécurité des frontières, pour un montant total estimé à 95 millions de dollars.

Selon un communiqué officiel de Washington, le gouvernement tunisien a demandé l’achat de matériel classé comme équipement de défense non majeur, c’est-à-dire non classé comme système d’armes majeur.

Le lot comprend des véhicules commerciaux pour les unités d’intervention frontalière, des radios embarquées, des stations de base, des caméras thermiques pour la surveillance et les tours de relais, des radars, des systèmes micro-ondes, des caméras de périmètre, des systèmes LTE, des abris, des capteurs environnementaux, des générateurs et des systèmes solaires.

La fourniture comprend également des dispositifs de détection des radiations, des explosifs et des agents chimiques, notamment des détecteurs de radiations individuels (Fido X3, Progeny ResQ et Identifier R400-NGH), ainsi que des télémètres, des jumelles, des projecteurs, des trousses de premiers secours, des caméras thermiques tactiques, du matériel et des logiciels de commandement et de contrôle, des pièces détachées, l’installation, la configuration, l’intégration, les tests, l’intégration aux véhicules, les garanties, la maintenance et la formation en Tunisie.

Le Département d’État explique que cette vente vise à soutenir la politique étrangère et la sécurité nationale des États-Unis en contribuant à améliorer les capacités de défense d’un «allié majeur non membre de l’Otan», considéré par Washington comme un acteur important pour la stabilité politique et le développement économique de l’Afrique du Nord.

Pour Tunis, ce projet devrait renforcer sa capacité à long terme à défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale et à répondre à ses propres besoins en matière de défense nationale.

Ce dossier s’inscrit dans un programme plus vaste visant à renforcer les contrôles aux frontières, une question clé pour les autorités tunisiennes, notamment le long des routes sensibles avec la Libye et l’Algérie, dans un contexte régional marqué par le trafic transfrontalier, les menaces terroristes résiduelles, l’instabilité libyenne et la pression des réseaux criminels au Maghreb et au Sahel.

I. B. (avec ANSAmed).

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Détroit d’Hormuz fermé, catastrophe à venir pour la Tunisie ?

La Tunisie est un pays structurellement très vulnérable aux chocs énergétiques et agricoles, lesquels, on le sait, sont très liés. Dans quel état serait l’économie de la Tunisie si l’énergie coûte de 50 à 83 % plus cher que les prévisions de son budget pour l’année en cours, ou pire encore, si elle n’en a plus, suite à la fermeture du détroit d’Hormuz et de la crise énergétique mondiale ?

Youssef Bouanani *

Durant mes cours de sciences politiques, un professeur sud-africain, quelque peu excentrique et militant anti-apartheid de la première heure au sein de l’ANC, nous avait parlé d’un livre hors cursus mais à lire absolument selon lui. Ce livre était ‘‘Le Cygne noir : La puissance de l’imprévisible’’, du statisticien de génie Nassim Nicholas Taleb. Six ans plus tard, je remercie ce professeur pour cette référence ô combien utile pour tenter de comprendre ce qui se joue actuellement au Moyen-Orient et essayer de prédire, autant que l’impossibilité de parfaitement prévoir l’avenir le permet, les potentiels impacts de cette crise sur la Tunisie.

Sans rentrer dans les méandres d’un livre dont je conseille à tous la lecture, la théorie du Cygne noir s’inspire de «l’événement rare» en théorie des probabilités et stipule que, dans le cours du temps, certains événements imprévisibles, considérés comme des «données aberrantes» en statistique, extrêmes et/ou à faible probabilité de survenir, peuvent, lorsqu’ils se réalisent, avoir des conséquences d’une portée exceptionnelle.

À quoi donc pourrait ressembler un Cygne noir en 2026 ? Eh bien, si je vous disais qu’il pourrait ressembler à un choc pétrolier d’un niveau jamais vu.

Selon Taleb, par définition, personne ne sait vraiment ce qu’est un Cygne noir, parce que personne n’est devin et que nous ne savons pas ce que nous ne savons pas. Et dans ce cas-là, selon lui, les meilleurs experts seront surtout les meilleurs lorsqu’il s’agira d’expliquer demain pourquoi ils n’avaient pas vu venir aujourd’hui ce qu’ils n’avaient pas anticipé.

Loin de moi la prétention de tenter de lui prouver le contraire dans cet article, pour la simple raison que, mathématiquement, le Cygne noir, c’est la catégorie des événements dont on ne peut prédire ni la probabilité d’arrivée ni l’ampleur des conséquences, et ce, quelle que soit la quantité de données passées qu’on peut observer.

À la fin, dans cette configuration, les données économiques des suites du choc pétrolier de 1973, celui des années 1979-1982, la flambée de 2003 à 2008 ou celle de 2022, ne vous seront que d’une aide limitée. Autrement dit, peu importe ce que vous connaissez des catastrophes passées en termes de fréquence, d’ampleur et de conséquences, cela ne vous permet pas de prédire les suivantes, car la distribution de ces événements extrêmes est «fat-tailed».

Je m’abstiendrai de traduire cette notion en français, mais ce que Taleb explique, c’est que ces événements extrêmes, bien que rares, ont une probabilité non négligeable de se produire, en contradiction avec la courbe en cloche enseignée dans nos cours de statistiques en sciences politiques, qui sous-estime systématiquement les valeurs extrêmes.

Une économie mondiale en zone inconnue

Ce qui est perturbant avec 2026, c’est qu’on n’a jamais vu dans l’histoire une économie mondiale interdépendante et interconnectée, optimisant ses stocks en flux tendu avec la théorie du «just-in-time» et qui vient de perdre, du jour au lendemain, 20 à 25 % de son approvisionnement pétrolier. Et la conséquence la plus inattendue, que personne ne pouvait prévoir face à un choc d’une telle ampleur, c’est qu’au niveau social et financier, pour le moment, il ne se passe rien !

Jetez un coup d’œil au S&P 500, au Dow Jones, au CAC 40 et même au Tunindex : tout va bien madame la marquise, et «all time high» comme disait l’ancienne Procureur général des États-Unis, Pam Bondi, pour ceux qui ont la référence.

Au-delà des marchés financiers au plus haut, et à moins que l’actualité m’échappe, je ne vois pas de Gilets jaunes dans les rues de Paris, l’avenue Habib Bourguiba est calme et aucun signe avant-coureur de protestations sociales massives n’est visible partout où je suis l’actualité.

Pourtant, comme l’explique si bien l’économiste Charles Gave l’«indice Gilets jaunes» (calcul de l’inflation des principaux postes de dépenses des classes moyennes et populaires, à savoir le logement, la nourriture et l’énergie) est au plus haut et nous devrions donc s’attendre à des mouvements sociaux massifs. Que nenni !

Le paradoxe du détroit d’Hormuz et la vitesse de la lumière

Alors pour comprendre pourquoi rien ne se passe, il faut s’intéresser à la physique et à ses paradoxes. Le premier paradoxe, c’est celui du détroit d’Hormuz. Tous les matins en faisant ma revue de presse, je tombe sur des informations contradictoires sur ce coin du monde où tous les yeux sont rivés en ce moment. D’ailleurs, je ne suis pas le seul dans mon incompréhension. Dans un élan d’audace, la firme de recherche en investissement Citrini a dépêché sur place un analyste (dont je salue le courage au passage) afin d’observer et de rendre réellement compte de l’état du passage maritime. Ses conclusions sont claires : le détroit d’Hormuz est à la fois ouvert et fermé, et son état dépend surtout du bon vouloir des Iraniens et des Américains ainsi que de la prime de risque que sont prêts à prendre les armateurs qui y naviguent.

Le deuxième paradoxe est temporel. Peu importe si le détroit est ouvert ou fermé, parce que jusqu’à environ fin avril-début mai, le monde devrait encore recevoir les tankers partis avant le début du conflit, comme, en raison de la vitesse de la lumière, nos yeux reçoivent encore actuellement la lumière d’étoiles lointaines qui, pourtant, sont déjà mortes.

Autrement dit, pour le moment, nous flottons. Rien ne se passe encore car le présent est encore le passé du choc et le futur n’a pas encore produit ses effets. Entre-temps, hormis le prix à la pompe dans la majorité des pays occidentaux, nous vivons encore une situation pré-Cygne noir, mais beaucoup le sentent venir.

Une crise déjà enclenchée mais invisible

Ce que les gens savent moins, c’est que le plus gros problème est peut-être qu’il se peut que nous nous ne puissions pas faire grand-chose pour résoudre le problème. Pourquoi ? Parce que quel est l’intérêt de savoir si des tankers peuvent circuler comme avant et combien de temps ils vont mettre pour arriver dans le futur ou dans le passé si, finalement, nous n’avons plus rien à mettre dedans ?

Observez les raffineries des pays du CCG, qui disposaient avant le 28 février 2026 d’une capacité de traitement de 6 à 6,5 Mb/j. Aujourd’hui, environ 1,9 Mb/j de capacité ont été directement arrêtés, et au total plus de 3 Mb/j sont affectés si l’on inclut la sous-utilisation liée aux contraintes logistiques. En pratique, le Koweït n’est qu’à 50 % de ses capacités de raffinage, 60 à 70 % pour les Émirats arabes unis, tandis que Riyad s’en sort un peu mieux avec une capacité partiellement maintenue.

Au-delà même du raffinage, les pays du CCG sont pour la plupart proches de la saturation de stockage, avec des réservoirs terrestres au maximum et un recours accru au stockage flottant, le pire exemple étant au Koweït.

En conséquence, ces États ont déjà commencé à réduire leur production pétrolière, non pas pour des raisons stratégiques comme dans les accords de l’Opep (dont les émiratis annoncent leur retrait), mais par nécessité technique, supprimant de fait des dizaines de millions de barils par jour du marché, alors même que la demande demeure inchangée.

Conséquence sur les marchés

Que se passe-t-il dans ce genre de situation ? Un enfant de 10 ans l’aurait deviné, le cours du pétrole monte en flèche. Certains diraient que l’économie mondiale peut supporter un baril autour des 100 $, au prix, néanmoins, d’une inflation plus élevée et d’une rentabilité réduite des entreprises, mais supportera-t-elle la disparition de l’offre alors que la demande ne fléchit pas ? Je n’en suis pas certain.

À terme, les données les plus crédibles issues d’analyses de marché et d’institutions énergétiques convergent vers des estimations de l’ordre d’un retrait de 3 à 4 Mb/j de diesel (environ 5 à 12 % de la demande mondiale).

Pour le gaz naturel, en particulier le GNL, les perturbations sont généralement évaluées autour de 10 à 20 % des volumes disponibles. Du côté pétrochimique, le naphta subit des tensions d’offre significatives liées au raffinage, avec un retrait d’environ 10 %.

Enfin, pour les gaz industriels, l’hélium connaît un recul de 25 à 30 % de son offre, tandis que le néon reste vulnérable avec des perturbations potentiellement à deux chiffres mais sans estimation globale stabilisée.

Au niveau des prix, ces retraits se traduisent par des augmentations jamais vus auparavant. Ainsi, depuis le début de 2026, le pétrole brut a augmenté d’environ +50 à +55 %, le diesel et les distillats lourds ont bondi de +50 à +100 % selon les régions, tandis que le kérosène est l’un des plus touchés avec une hausse proche de +80 à +95 % (les vacances d’été risquent de vous coûter plus cher que prévu).

Le gaz naturel et le GNL affichent une forte volatilité avec des hausses de l’ordre de +30 à +100 % selon les marchés. Les produits pétrochimiques dérivés comme les plastiques suivent une trajectoire similaire, avec des hausses estimées entre +20 % et +60 %, tandis que les gaz industriels très concentrés comme l’hélium, essentiel à la production des puces et semi-conducteurs, enregistrent les augmentations les plus extrêmes, de l’ordre de +100 % à +200 %, soit un prix parfois multiplié par deux ou trois. Les engrais ont progressé d’environ +40 % en moyenne, avec des pics plus élevés sur certains contrats d’importation, et c’est justement ce dernier point qui, personnellement, m’inquiète le plus (spécialement pour la Tunisie).

Les risques alimentaires

Au-delà de l’inflation, les scénarios étudiés par les institutions internationales pointent vers des perturbations alimentaires régionales. Je serais incapable de prédire si le monde se dirige vers des disettes comme celles du Moyen Âge en Europe ou de la fin du XIXe siècle en Tunisie, mais le principal canal de risque passerait par la hausse des prix et la pénurie d’engrais, l’augmentation du coût de l’énergie agricole (diesel, gaz) et les frictions logistiques, qui peuvent ensemble réduire les rendements agricoles mondiaux de l’ordre de 5 à 15 % dans les cas modérés, et jusqu’à 10 à 20 % sur certaines productions céréalières dans les scénarios les plus défavorables.

Cela se traduit par une inflation alimentaire mondiale pouvant aller de +10 à +50 %, selon l’intensité du choc, avec des effets négatifs particulièrement forts dans les pays importateurs nets comme la Tunisie. Pour le moment, les modèles de la FAO et de la Banque mondiale indiquent que la production mondiale reste globalement suffisante.

Le problème central n’est donc pas un manque absolu de nourriture, mais un déséquilibre d’accès, de prix et de distribution.

Cependant, si la théorie du Cygne noir nous apprend quelque chose, c’est que l’on peut très vite basculer dans un scénario extrême de rupture prolongée des flux commerciaux et énergétiques, où des crises alimentaires locales ou régionales graves peuvent apparaître. Au fond, il ne tient qu’au duo américano-israélien de reprendre les hostilités pour pouvoir assister à cela.

Et la Tunisie dans tout ça ?

Je ne vais pas tourner autour du pot : nous sommes dans le pétrin. La Tunisie est un pays structurellement très vulnérable aux chocs énergétiques et agricoles, car elle importe environ 65 % de son énergie, avec un déficit énergétique d’environ 6,3 millions de tonnes d’équivalent pétrole (1 Mtep équivaut environ à 7,3 à 7,4 millions de barils) en 2025, tandis que ses finances publiques sont très sensibles au prix du pétrole, chaque hausse de 1 $/baril coûtant environ 160 millions de dinars.

Malheureusement, les planificateurs du ministère des Finances (probablement sous pression du politique), et ce malgré les tensions géopolitiques claires depuis juin 2025, ont construit notre dernier budget autour d’hypothèses proches des 63$/baril, ce qui rend un baril à 90-110 $ extrêmement couteux pour le déficit et les subventions publiques déjà à bout de souffle. Or, comme le dit souvent l’économiste Charles Gave cité plus haut : «l’économie n’est que de l’énergie transformée». Dans quel état serait l’économie tunisienne si cette énergie coûte de 50 à 83 % plus cher, ou pire encore, si nous n’en avons plus ?

Sur le plan agricole, le pays est également fortement dépendant des importations d’engrais azotés et potassiques, ce qui le rend exposé aux hausses mondiales liées à l’énergie et aux perturbations logistiques.

Au niveau de nos fournisseurs, les principaux partenaires sont concentrés autour de quelques pôles dominants, avec donc une forte dépendance structurelle, surtout pour l’énergie.

En effet, la Tunisie est un importateur net de pétrole et de gaz naturel, et ses principaux fournisseurs sont d’abord les pays de l’UE, notamment l’Italie et la France via les produits raffinés et carburants, mais surtout l’Algérie, qui fournit l’essentiel du gaz naturel via gazoduc et représente un partenaire stratégique quasi incontournable pour le pays. Ces importations d’énergie représentent déjà une part majeure du déficit commercial tunisien et expliquent la forte sensibilité du budget aux prix du baril et du gaz.

Pour les engrais et produits agricoles stratégiques, la dépendance est plus mondiale et diversifiée, ce qui peut être à la fois une malédiction et une bénédiction. Dans les faits, nous importons l’essentiel des engrais azotés et complexes depuis des fournisseurs internationaux comme la Russie, l’UE (notamment l’Allemagne et les Pays-Bas), et, vous le voyez venir, les pays du Golfe (Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis). Cette structure signifie que la Tunisie n’a pas de fournisseur unique mais dépend d’un marché global et volatil, où les volumes sont souvent redirigés vers les acheteurs les plus solvables en période de tension, nous y reviendrons.

Quels sont les potentiels scénarios pour le pays ?

Dans une autre vie, mon quotidien se résumait à produire des scénarios de probabilité et des plans d’actions politiques, juridiques et logistiques pour chaque scénario. Sans réutiliser la méthodologie apprise dans ce contexte, je vais m’amuser ici à élaborer trois scénarios que je considère plausibles.

De fait, puisque ceci demeure un article d’opinion, la répartition des probabilités que vous verrez est une appréciation qualitative issue d’une lecture combinée des modèles de risque macroéconomique, des analyses d’organisations internationales (FAO, Banque mondiale, IEA) et de la logique de propagation des chocs sur les marchés énergétiques et agricoles, plutôt qu’un calcul statistique strict. Dit autrement, elle repose sur la fréquence observée des chocs comparables, leur intensité historique et la capacité des chaînes d’approvisionnement à absorber les perturbations.

En intégrant les dynamiques énergie–engrais–commerce, les scénarios pour la Tunisie peuvent être structurés de manière graduelle jusqu’à un scénario «noir» de rupture, relevant de la logique du Cygne noir au sens de Taleb.

* Dans le scénario central, et si cette «drôle de guerre», entendue comme un cessez-le-feu sur le fil du rasoir et un trafic maritime dans le détroit d’Hormuz à la merci d’un tweet ou d’un malentendu, j’estime ce dernier avec une probabilité d’occurrence de l’ordre de 60 %. Dans ce cas, la Tunisie vivrait des flux d’importation fonctionnels mais coûteux, avec des hausses du prix de l’énergie et des engrais de l’ordre de +30 à +50 %, une inflation alimentaire de +10 à +20 %, une pression budgétaire accrue mais encore gérable via subventions et arbitrages, ainsi qu’une probable intervention (d’une manière ou d’une autre) du FMI, le pays ne pouvant plus compter sur la solidarité arabe des pays du CCG, occupés à fouetter d’autres chats.

* Dans le scénario de stress accru, estimé à 20 %, les tensions sur les marchés internationaux augmentent sans pour autant déboucher sur une confrontation de haute intensité. Celles-ci entraîneraient des retards et des réductions de volumes disponibles pour les pays à faible pouvoir d’achat, ce qui peut provoquer des hausses de +50 à +80 % sur certains intrants (engrais, diesel agricole), une baisse des rendements agricoles de 10 à 15 %, et une inflation alimentaire de 20 à 35 %, avec des épisodes de pénuries locales de courte durée et une dépendance accrue aux importations céréalières.

* Enfin, le scénario noir, estimé également à 20 %, verrait les attaques de Washington et Tel-Aviv reprendre, visant tout ce qui permet de faire fonctionner un État en Iran. En représailles, les Iraniens pourraient détruire l’ensemble des raffineries, usines de désalinisation d’eau de mer et autres infrastructures essentielles à la production d’énergie et d’engrais des pays du CCG.

Dans un tel scénario, le marché serait caractérisé par des perturbations majeures des chaînes logistiques internationales, avec un blocage durable des routes maritimes, une crise énergétique prolongée sans précédent, une rationalisation des exportations (chacun pour soi et Dieu pour tous, j’en veux pour preuve l’épisode des masques pendant la pandémie de Covid-19) et une priorisation des grands importateurs (l’Asie en tête de proue).

La Tunisie pourrait alors faire face à des interruptions de ses importations d’énergie et d’engrais, une chute des rendements agricoles pouvant atteindre –15 à –20 %, et une inflation alimentaire supérieure à +40 %, créant des risques de crises alimentaires, notamment pour les ménages les plus vulnérables, des épisodes de rationnement implicite prolongée et une forte instabilité des prix, sans pour autant, je l’espère, signifier une pénurie alimentaire généralisée.

Que faire tant qu’on peut encore agir ?

Dans tous les cas de figure, Cygne noir ou non, la Tunisie doit trouver de nouvelles sources d’approvisionnement en énergie et en engrais. Déformation professionnelle oblige, cette partie sera rédigée comme un mini «Policy Paper» sommaire qui détaille quoi faire pour éviter le pire.

Dans un cadre de stress systémique prolongé des marchés énergétiques et agricoles, et donc de l’économie, la Tunisie doit raisonner en scénarios et non en partenaires fixes, car les équilibres commerciaux deviennent beaucoup plus volatils.

Ainsi, dans un scénario de tension durable, l’Europe, principal débouché historique des exportations tunisiennes (textile, composants, agroalimentaire) et fournisseur clé d’énergie raffinée et d’intrants, serait fortement fragilisée par ses propres coûts énergétiques élevés, ce qui réduirait sa demande importatrice, augmenterait ses prix domestiques et, par mécanisme de rationnement possible, réduirait sa capacité d’exportation. Ceci rendrait simultanément plus difficile pour la Tunisie d’y exporter et d’en importer à des conditions soutenables. Il faudra alors se tourner, comme le faisait Bourguiba à son époque, à la fois vers l’Est et vers l’Ouest. Je m’explique.

Sur le plan opérationnel, une stratégie de résilience doit être séquencée :

La phase 1 (court terme) consiste en la sécurisation des flux critiques par des accords bilatéraux hors marché spot avec l’Algérie (gazoduc et électricité, qui couvre déjà l’essentiel du gaz tunisien) et la Libye pour le pétrole brut, avec un travail sur la stabilisation logistique.

Ensuite, l’État devrait constituer des stocks stratégiques couvrant au minimum 90 à 180 jours de consommation énergétique, et imaginer des mécanismes de swap énergie contre services et biens de consommation. L’objectif étant de ne pas vivre un blackout énergétique, un effondrement économique et une crise alimentaire, en réduisant la dépendance aux marchés européens de produits raffinés, qui seront de plus en plus volatils, chers et rationnés en période de stress global.

La phase 2 (moyen terme) consiste en une restructuration industrielle interne. La Tunisie dispose d’un avantage critique sous-exploité : le phosphate, avec les 8e à 10e réserves mondiales selon les estimations géologiques. L’objectif stratégique est de transformer ce stock en souveraineté agricole via une montée en gamme de la production d’engrais (urée, DAP, ammonitrates).

Je ne réinvente pas la roue en disant cela, mais aujourd’hui, il n’est plus seulement question d’une capacité insuffisante pour couvrir la demande interne. Le risque est de ne même plus pouvoir s’en procurer sur les marchés internationaux. Un programme d’investissement ciblé visant une augmentation de production de l’ordre de +30 à +50 % permettrait de réduire fortement l’exposition aux marchés internationaux et surtout dans la valorisation industrielle du phosphate tunisien pour accroître fortement la production nationale d’engrais, afin de transformer un avantage géologique en levier de souveraineté alimentaire.

En parallèle, modernisation du raffinage pour augmenter le taux de conversion locale, visant réduction des importations de diesel et kérosène raffinés, qui sont les segments les plus volatils avec des hausses de prix observées pouvant dépasser +80 % en situation de stress.

La phase 3 (moyen/long terme) verrait une reconfiguration des partenariats stratégiques vers des pôles exportateurs de ressources primaires. Dans ce cadre, trois zones sont structurellement pertinentes :

– Russie : acteur majeur mondial avec une volonté de vendre son énergie boudée, pour l’instant, par les Européens. Opportunité intéressante de renforcer les liens avec Moscou à prix discount. Risque géopolitique important, notamment en raison des frappes ukrainiennes sur les infrastructures d’exportation russes en mer Noire, phénomène susceptible de se reproduire si le conflit persiste et de s’intensifier si les dynamiques militaires évoluent défavorablement pour les ukrainiens qui peuvent la jouer à l’iranienne en recourant davantage à la guerre asymétrique. La limite des sanctions internationales est également à prendre en compte. Tunis jouit d’une bonne relation avec Moscou, profitons-en.

– Amérique du Nord (États-Unis + Canada) : premier ensemble énergétique mondial, avec les États-Unis comme premier producteur de pétrole et de gaz, actuellement en bonne capacité d’exportation. Washington est notre allié de longue date et nous avons la chance d’y avoir beaucoup d’amis. Le Canada, avec ses 170 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole et son leadership mondial en potasse, représentant plus de 30 % des réserves connues, est le partenaire idéal pour la Tunisie.

– Canada spécifiquement : Dans ce contexte, le Canada apparaît comme un partenaire structurel particulièrement intéressant pour la Tunisie en raison de sa stratégie active de diversification des débouchés hors du voisin américain, de sa richesse en matières premières et de la complémentarité potentielle avec les besoins tunisiens en énergie et en intrants agricoles, ce qui justifierait une intensification des liens économiques et logistiques entre Tunis et Ottawa dans une logique de sécurisation à long terme des chaînes d’approvisionnement.

Au-delà des intérêts convergents, nous avons la chance d’avoir un ambassadeur de Tunisie au Canada, S.E. Lassaad Boutara, éminemment compétent et qui comprend très bien cette dynamique et le potentiel extraordinaire d’un renforcement des relations commerciales en matière d’énergie et d’engrais entre les deux pays. Ceci est également valable dans l’autre sens. L’ambassadeur du Canada en Tunisie, S.E. Alexandre Bilodeau, est un fin connaisseur de la région et des domaines de coopération et d’intérêts mutuels entre les deux pays. Tunis doit donc donner les moyens de réussir à ses missions et les autoriser à faire pleinement leur boulot.

En somme, la stratégie optimale pour la Tunisie n’est pas la diversification générale, mais une hiérarchisation stricte des dépendances. Court terme (Algérie/Libye pour la sécurité énergétique), moyen terme (industrialisation du phosphate pour sécuriser les engrais et raffinage), long terme (ancrage dans des pôles exportateurs de ressources stables comme le Canada), avec pour objectif macro final de réduire la sensibilité du budget au pétrole et de sécuriser l’offre agricole nationale face aux chocs de prix internationaux

Conclusion

Comprenez-moi bien, ce que décrit cet article n’est pas seulement une succession de chocs énergétiques, de tensions sur les engrais ou de scénarios géopolitiques plus ou moins probables, c’est la mise en évidence d’un système mondial devenu structurellement instable, où des économies fortement interconnectées fonctionnent en flux tendu et absorbent de moins en moins bien les ruptures. Dans ce cadre, les prix de l’énergie, la disponibilité des intrants agricoles et la fluidité logistique cessent d’être des variables techniques pour devenir des variables systémiques, capables de reconfigurer en quelques semaines des équilibres économiques nationaux entiers.

Le raisonnement mobilisé ici s’inscrit explicitement dans la logique du Cygne noir de Taleb, c’est-à-dire des événements rares, hautement improbables en apparence, mais aux conséquences disproportionnées lorsqu’ils surviennent. Cette approche rompt avec les modèles classiques de distribution en cloche et s’appuie au contraire sur des distributions à «fat tails », où les événements extrêmes ne sont pas des anomalies négligeables mais des composantes structurelles du risque.

Autrement dit, l’erreur fondamentale des modèles traditionnels n’est pas seulement de mal prédire, mais de sous-estimer systématiquement l’ampleur des extrêmes. C’est précisément cette correction de perspective qui permet de passer d’une lecture linéaire du monde à une lecture non-linéaire, où les ruptures deviennent statistiquement rares mais systématiquement possibles.

Pour la Tunisie, l’enjeu est encore plus aigu car elle se situe à l’intersection directe de ces vulnérabilités. Avec une énergie importée, des engrais importés, et une forte exposition aux marchés alimentaires mondiaux, le pays navigue en eaux troubles, tant les chocs externes ne sont pas amortis, mais transmis quasi intégralement au budget, aux ménages et à la production économiques et agricoles.

Les scénarios évoqués plus haut ne diffèrent pas tant par leur nature que par leur intensité, mais tous convergent vers la même réalité qui veut que la contrainte principale ne soit pas l’absence globale de ressources, mais la compétition pour y accéder dans un monde où les chaînes d’approvisionnement deviennent plus fragiles et hiérarchisées.

Dans ce contexte, penser en termes de Cygne noir n’est pas un exercice théorique, mais une méthode de prévention. Il ne s’agit pas de prédire l’imprévisible, ce qui est contradictoire par définition, mais d’intégrer explicitement l’existence de scénarios extrêmes dans la planification économique et stratégique. C’est précisément cette bascule intellectuelle qui accepte que les extrêmes dominent parfois la moyenne, couplé à la capacité des décideurs de «penser l’impensable» comme le disait l’expert Guillaume Callonico, dans son livre ‘‘Don’t look East; le réveil géopolitique de la finance’’, qui permet de passer d’une logique de prévision fragile à une logique de résilience robuste.

Autrement dit, la question n’est plus seulement de savoir si un choc viendra, mais dans quelle mesure il sera absorbable lorsqu’il surviendra. Et dans un monde où l’exception tend à devenir structurelle, la véritable variable stratégique n’est plus la croissance seule, mais la robustesse des systèmes qui la rendent possible.

* Doctorant en sciences politiques et affaires publiques et internationales.

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Bizerte accueille des hommes d’affaires roumains

En marge du Forum tuniso-roumain tenu le 17 avril 2026 à Tunis, une délégation multisectorielle roumaine conduite par Iuliu Stocklosa, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Bucarest, a effectué, le 28 avril, une visite de travail au gouvernorat de Bizerte. Cette visite a concerné deux sites industriels majeurs : Menzel Bourguiba ainsi que le Technopole de Bizerte.

Lotfi Sahli

Proposé par Conect International et organisé par Conect Bizerte, cet événement a réuni plusieurs acteurs institutionnels et économiques de la région. Y ont notamment pris part la Chambre de commerce et d’industrie du Nord-Est, l’APII Bizerte, le Bureau régional des ingénieurs de Bizerte, le Parc des activités économiques de Bizerte ainsi que le Pôle de compétitivité de Bizerte.

La tournée a débuté par une réunion de présentation au sein de l’usine de Sacem à laquelle ont participé les membres de la délégation roumaine et ceux du bureau régional de Conect Bizerte. La rencontre a été suivie d’une visite guidée des différents départements techniques de cette unité spécialisée dans la fabrication de transformateurs de diverses puissances. À cette occasion, les responsables techniques ont apporté des éclaircissements et répondu aux questions des membres de la délégation.

Le potentiel économique de la région

Les membres de la délégation se sont particulièrement intéressés à l’organisation interne ainsi qu’aux processus de certification de l’entreprise. Ils ont également exprimé leur satisfaction face à l’ampleur de sa présence à l’export, la société commercialisant ses produits dans de nombreux pays arabes et africains, y compris pour des équipements de forte puissance.

La deuxième visite s’est déroulée au sein de l’entreprise Topeka implantée au Parc des activités économiques de Menzel Bourguiba, spécialisée dans le tissage et la teinture du coton destiné à l’exportation, avec, en phase finale ultérieure, la confection de sous-vêtements.

Le deuxième volet de la journée s’est tenu au siège du Pôle de compétitivité de Bizerte, à Menzel Abderrahmane, où un accueil chaleureux a été réservé à l’ensemble des invités. Cette réception a contribué à instaurer une atmosphère sereine, malgré l’indisponibilité du directeur général du pôle de compétitivité retenu à Tunis pour des obligations professionnelles.

Une vidéo mettant en avant le potentiel économique de la région de Bizerte, réalisée par les représentants de l’Ordre des ingénieurs de Bizerte, a été projetée à l’attention des participants. Elle a été suivie d’une intervention présentant la réalité et les perspectives du Pôle de compétitivité de Bizerte, exposées par l’une de ses responsables.

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Nord-Est a, pour sa part, passé en revue les relations avec la Chambre de commerce et d’industrie de Bucarest, soulignant la volonté de concrétiser et de consolider les acquis précédemment établis.

Enfin, la parole a été donnée à deux start-up actives au technopole, Kitilix et Metam, qui ont présenté leurs activités et leurs projets.

Pont entre l’Europe et l’Afrique

En marge du déjeuner-buffet offert en l’honneur des participants, des rencontres B2B ont été organisées entre les opérateurs tunisiens présents et les membres de la délégation roumaine. Les échanges se sont déroulés sur la base d’un répertoire de spécialités préétabli, permettant à chaque participant d’identifier et de rencontrer les interlocuteurs correspondant à ses domaines d’intérêt.

La dernière étape de la journée s’est achevée par une visite du technopôle d’El Azib, où la délégation s’est rendue auprès de Selt Marine Group, une multinationale à la pointe de la technologie, spécialisée dans la transformation d’algues locales et importées en nutriments en poudre, utilisés notamment dans l’industrie agroalimentaire (yaourts, fromages, etc.).

La visite s’est poursuivie au sein de Bizerta Agri Industry, spécialisée dans la production de l’huile d’olive haut de gamme Oilyssa, où une dégustation a été offerte à l’ensemble des invités.

Interrogé sur son appréciation de la visite, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Bucarest a déclaré être fortement impressionné par les échanges et les découvertes effectués. Il a également estimé que les relations tuniso-roumaines pourraient constituer un véritable pont entre l’Europe et l’Afrique.

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AG de la Biat | Engagements renforcés et résultats solides

La Biat a tenu son assemblée générale ordinaire, le 24 avril 2026, au siège de la banque, à Tunis, en présence des membres du bureau, des administrateurs, de la direction générale et des actionnaires. Cette séance a permis de présenter les résultats de l’exercice 2025 et de revenir sur les principales réalisations de la banque, dans un contexte marqué par la poursuite des transformations économiques, énergétiques et digitales.

Au 31 décembre 2025, la Biat a affiché des résultats en progression, confirmant la solidité de son modèle et la pertinence de ses choix stratégiques, dans un contexte économique exigeant. Grâce à une gouvernance rigoureuse, une gestion prudente des risques et l’engagement de ses équipes, la banque a maintenu une dynamique commerciale soutenue.

La première banque privée tunisienne a ainsi consolidé sa position de banque de référence dans le secteur bancaire avec des dépôts de 22 291 millions de dinars (MD) et un produit net bancaire de 1 594,8 MD, illustrant la confiance de sa clientèle et la qualité de la relation de proximité.

Par ailleurs, elle a poursuivi son engagement dans le financement de l’économie avec des créances sur la clientèle s’élevant à 13 045,4 MD.

Au cours de l’année 2025, la Biat a accordé près de 42 500 crédits aux particuliers afin de contribuer au soutien des projets de vie et du pouvoir d’achat des ménages.

En parallèle, plus de 1 040 crédits d’investissement ont été mobilisés confirmant l’engagement de la Banque dans le financement des entreprises et de l’investissement productif.

Le portefeuille de crédits de la Biat reste diversifié, couvrant l’ensemble des secteurs économiques, avec une part significative du secteur industriel représentant 22% des engagements de la banque, confirmant sa volonté d’accompagner le développement de l’appareil industriel.

Ces performances ont permis d’atteindre un résultat net de 385 MD, reflétant la solidité financière de la banque, la maîtrise de ses équilibres financiers ainsi que sa capacité à proposer des solutions adaptées aux besoins de sa clientèle.

Des distinctions internationales majeures

La Biat a obtenu plusieurs distinctions internationales majeures récompensant la solidité de ses fondamentaux et son engagement en faveur de l’excellence.

Euromoney l’a récompensée pour son innovation financière, la qualité de son service, sa performance opérationnelle et l’engagement de ses équipes.

Global Finance a distingué, pour la cinquième année consécutive, son excellence sur le marché des changes, portée par une expertise reconnue, des solutions innovantes et un service client performant.

Le magazine CFI a attribué à la Biat trois distinctions : «Meilleure Gouvernance Bancaire en Tunisie», «Meilleure stratégie de digitalisation en Afrique du Nord» et «Contribution exceptionnelle au développement de la jeunesse en Tunisie».

La Biat a également obtenu le prix «Élu Service Client de l’Année 2026» dans la catégorie Banques, une distinction qui souligne la qualité de la relation client et les efforts continus engagés pour améliorer l’expérience proposée.

Engagement dans la transformation digitale

En 2025, la Biat a poursuivi l’enrichissement de ses solutions digitales afin d’améliorer l’expérience client et de répondre à l’évolution de leurs usages. La plateforme MyBiat a atteint un taux d’équipement de plus de 50 % avec 445 000 clients actifs utilisant les services digitaux de la banque.

Plusieurs évolutions ont été apportées aux plateformes digitales. La solution dédiée aux particuliers et professionnels a bénéficié d’une interface modernisée et de parcours simplifiés, intégrant notamment de nouvelles fonctionnalités de gestion des opérations et des moyens de paiement. La plateforme dédiée aux entreprises s’est enrichie de services complémentaires liés aux opérations de commerce extérieur et à la monétique, à la consultation de produits financiers ainsi qu’à la pré-réservation des chèques.

Cette dynamique a été récompensée par l’obtention du prix «Produit de l’Année 2026» décerné à l’application MyBiat.

Engagement dans la modernisation des agences

La Biat a poursuivi la transformation de son réseau avec le déploiement du nouveau concept d’agences. À fin 2025, plus de 70 agences ont été rénovées dans plusieurs régions du pays, dont Tunis, Nabeul, Sousse, Sfax, Monastir, Djerba, Zarzis et Tozeur. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de modernisation progressive du réseau visant à offrir des espaces modernes, transparents et conviviaux et favorisant une expérience client fluide et de qualité.

Engagement dans l’accompagnement des entreprises

La Biat a intensifié son soutien aux entreprises à travers des solutions adaptées et des opérations structurantes. Dans ce cadre, un partenariat stratégique a été conclu avec la Banque Africaine de Développement, portant sur une garantie de transaction de 50 millions de dollars pour accompagner les entreprises tunisiennes dans leurs opérations à l’international.

Par ailleurs, la Biat a participé, en qualité d’agent et d’arrangeur, à la structuration d’un prêt syndiqué de 140 MD destiné à la réalisation d’une centrale photovoltaïque à Chebika (Kairouan), mobilisant l’expertise de ses équipes et contribuant au développement des énergies renouvelables et à la réduction de l’empreinte carbone. La BIAT est ainsi intervenue à un triple titre comme syndicateur, financeur et investisseur en capital via sa filiale Biat Capital Risque.

Par ailleurs, la Biat a renforcé l’accompagnement des sociétés communautaires à travers la signature d’une convention avec le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Elle a également lancé une plateforme dédiée à la soumission en ligne des demandes de financement des sociétés communautaires, permettant de simplifier et de digitaliser les démarches d’accès au financement.

La Biat poursuit également son engagement en faveur des petites et moyennes entreprises. Les crédits à court, moyen et long terme accordés aux PME ont représenté 20% de l’encours total des crédits, témoignant de la place centrale qu’elles occupent dans la stratégie de la banque.

Engagement durable au service de la société

La Biat consolide son engagement en faveur d’un développement économique durable à travers la gestion et la mise en œuvre de projets à fort impact dans les domaines social, sportif et culturel.

La Biat promeut un sport inclusif à travers son soutien au handisport, en partenariat avec la Fédération tunisienne des sports pour handicapés, et parraine des athlètes en situation de handicap en leur offrant des moyens pour porter haut et fort les couleurs de la Tunisie.

La Biat s’engage aussi dans la préservation du patrimoine architectural et culturel, notamment à travers la restauration de l’immeuble Disegni, l’un des plus remarquables de la ville de Tunis, dont les façades ont été classées au patrimoine tunisien par l’Institut national du patrimoine, ainsi que par la réalisation de projets nationaux d’envergure, tels que la rénovation de la Maison de la Culture Ibn Khaldoun et la réhabilitation des places Mongi Bali et Barcelone.

Par ailleurs, la Biat a lancé l’initiative «Oumouri El Maliya», visant à démocratiser la culture financière à travers des contenus pédagogiques, ludiques et accessibles à tous.

À travers la Fondation Biat, la banque renforce son engagement en faveur de la jeunesse tunisienne et du patrimoine immatériel. En 2025, la Fondation Biat a poursuivi ses actions dans les domaines de l’éducation, de la culture et du patrimoine. Elle a accompagné des bacheliers brillants à travers le programme «Génération Leaders», dont la septième promotion a été sélectionnée en 2025, en leur proposant des formations et ateliers de développement des compétences afin de renforcer leur employabilité. La Fondation a également poursuivi son engagement pour la valorisation du patrimoine immatériel tunisien à travers le projet «La Tunisie à Table», avec la publication du troisième ouvrage d’une série consacrée aux traditions culinaires des régions.

À l’issue de 2025, la Biat confirme la solidité de ses résultats et la cohérence de sa stratégie. Forte de la confiance de ses clients, de l’engagement de ses équipes et de la solidité de ses fondamentaux, la banque entend poursuivre sa transformation et renforcer son rôle d’acteur de référence au service d’une économie inclusive et durable.

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Avez-vous lu Ahmed Zitouni ?

«[…] Et dans quelle langue, encore une fois ! Non pas belle au sens classique et sage du mot, mais inventive, inattendue, subversive, dans la meilleure acception de ces trois termes. Parce que, quelle justesse de ton ! Un chef-d’œuvre d’humour noir, macabre même, et paradoxalement jubilatoire, réjouissant en même temps. Parce que, quelle mine en fait de bonheurs d’écriture à tout va ! […]», écrivait Mohammed Dib dans une lettre à Ahmed Zitouni, l’auteur de ‘‘La Veuve et le Pendu’’, le 10 novembre 1994.

Ghislain Ripault

Ahmed Zitouni est né en 1949 à Saïda, dans le nord-ouest de l’Algérie. Son enfance s’écoule sur fond de guerre d’Algérie. Après des études à l’École normale et deux ans de service national, il quitte l’Algérie et débarque à Marseille à 24 ans. Il enchaîne les petits boulots et découvre l’exclusion ordinaire, en même temps que l’écriture. Puis il enseigne à l’université.

Auteur d’une dizaine d’ouvrages publiés, il n’a jamais cessé d’écrire bien que la maladie l’ait éloigné du monde éditorial et de la vie littéraire. Il est décédé le 5 juin 2024 à Aix-en-Provence.

En 2008, Ahmed Zitouni publie son huitième roman, ‘‘Au début était le mort’’ (éd. La Différence), sans imaginer savoir qu’il bouclerait un quart de siècle de prise et déprise éditoriale, alors qu’il apprend, par brusque tangente, qu’un cancer déjà pugnace, ce «coquelicot noir» qu’il évoquera souvent par la suite, a noué tige funeste dans son œsophage, et n’aspire qu’à s’y épanouir.

Un «humaniste intranquille» 

Dès le premier roman paru en 1983, au titre autant signalétique, ‘‘Avec du sang déshonoré d’encre à leurs mains’’ (Laffont), un vers de Paul Verlaine, Ahmed Zitouni ouvre l’obstiné chemin d’écriture qu’il va s’efforcer de tracer, en humaniste intranquille : je ne suis probablement pas le seul qui le qualifierait ainsi, sans le cantonner, car il pratique le hors-piste avec une ardente et ferme générosité de réfractaire aux étiquetages de tous les bords de quelle route, serait-elle des mieux aménageable.

J’en parle en connaissance d’amitié, ancrée dans les années soixante-dix du siècle dernier, quand je commence à recevoir, pour la revue Barbare, des textes aussitôt appréciés.

Je prendrai un fragment de son liminaire tapuscrit d’emblée clairperçant (1979, n° 31-32), ‘‘Journal d’un bicot désabusé’’, dont plus tard il dotera le héros malgré lui d’une épopée tragi-burlesque, auteur d’une ‘‘Balade du bicot’’ lui valant invitation inouïe au fameux Vendredi soir sur plateau de télévision publique : Attilah Fakir, ou les trois derniers jours d’un «apostrophé», résolument dévastateurs, surtout pour le personnage en perdition, et cette ‘‘Voix qui le houspille’’, telle une cornaque en diableries, égarés tous deux sous les projecteurs, et voués à l’onction commerciale de l’Officiant magique. Une sorte de frileur mental et hallucinogène, accepté pourtant par les (jeunes) éditions Souffles, et auquel L’Événement du jeudi accorde son prix de saison (automne 1987), sans vraiment afficher les filigraneuses raisons du jury de critiques : après tout, voire avant, l’émission de Bernard Pivot tenait le très-haut des tribunes littéraires à valeur ajoutée ?

Pour ne citer que ces œuvres – mais les quatre cousines de narration sont de même verve polémique documentée –, je dirai que de bout en bout Ahmed Zitouni aura tiré ses mailles ultrasensibles d’une pelote d’histoires où priment sans cadeau les destins de trop nombreux «cabossés de la vie» (je le cite), en lecteur assidu des faits divers où sont impliqués des immigrés de tous statuts, en particulier maghrébins, ce qu’il a été en débarquant d’Alger à Marseille (1973), vivant de petits boulots d’exclu ordinaire, expérience immédiate, puissants lests à l’instar des épreuves d’une enfance parfois astreinte à se déjuger, tatouée au vif d’une guerre dite d’Algérie. Puis il a repris des études, s’est installé à Aix-en-Provence, où il a enseigné à l’Institut d’études politiques. Entre ces temps, il a rencontré Françoise, et sont nés une fille, Ada, un fils, Marwan.

Un patient à durée déterminée

Pendant les seize années qui se vicieront à l’amenuiser patient à durée déterminée, donc à l’absenter des zones culturelles créditées, Ahmed a lutté contre un adversaire directement prédateur, puisque «le coquelicot noir», s’il a feint parfois de remiser ses armes délétères, a fait des émules par procuration, et d’identique acharnement, dans un corps malmené jusqu’au scellement, un jour de juin 2024. Et s’il a pu différer l’issue d’un combat éperdu, avec rémissions, réassauts, médications et protocoles divers, tous éprouvants, il le doit à cette formidable «volonté écrivante», qu’il aura muée antidote majuscule, transfusion précieuse, inconnue des laboratoires, et, quoique provisoire, effectivement vitale.

C’est à ce coût terrible qu’Ahmed est parvenu 1) à reprendre deux romans jadis publiés, qu’il a fort développés, ainsi qu’une nouvelle devenue odyssée d’une rive à l’autre de la Méditerranée,  ‘‘Livre de la mémoire et de l’oubli’’ titré ‘‘Houria’’, 2) à rédiger dans les premières années de la maladie sa ‘‘Lettre à Ada’’, récit qui entrelace une chronique à cru en Carcinoland, le journal mélancolique d’un vieil écrivain ombiliqué à son quartier d’enfance, et cette lettre à sa fille longtemps promise et qu’il ne peut plus tarder à lui écrire, confession incluant toutes les autres.

Quatre grands et gros textes inédits qui nous ont conduits, Françoise et moi, à essayer de tenter l’impossible : les faire paraître, et aussi réintéresser aux livres imprimés, tous manquants en France, et libres de droit.

Il s’est assez vite avéré que nous devions prendre nos responsabilités : créer une association dédiée, et publier par ce biais le recueil de textes que nous avions peu à peu composé, une sorte d’‘‘Ahmed Zitouni par lui-même’’, tel que décrit dans notre préface : «Sept fragments de “La Lettre à Ada” et de “Houria” constituent la première partie, intitulée “Approches”, où principalement l’auteur explore sa conception et sa pratique de l’écriture. “Archives”, la seconde partie, réunit des lettres, présentations, entretiens, les synopsis des œuvres publiées, assortis d’extraits d’articles de presse, et ceux des tapuscrits.»

Un Arabe de France qui écrit

Ainsi pensons-nous avoir réussi à dessiner le portrait d’un homme (un mari et compagnon, un vieux frère), d’un écrivain qui se sera toujours refusé à entrer dans le prêt-à-classer. Il le rappelait en 2019, répondant aux questions de Nadir Allam pour le journal Reporters (Algérie) : «Un Arabe de France qui écrit, c’est l’incarnation d’une somme de stéréotypes, d’idées reçues, de fantasmes et d’images préconçues à exploiter, le contenu de son livre étant relégué au second plan, en produit d’accompagnement. Affectueusement sommé d’incarner l’Arabe de service faisant allégeance républicaine… le porte-plume de l’immigration souffrante… l’intellectuel engagé… le militant d’une cause… l’assimilé exemplaire… le produit de la méritocratie scolaire… à chaque fois réduit à un rôle de représentation écrit par d’autres […], j’ai refusé les sollicitations de cet humiliant paternalisme et les juteux bénéfices qu’il me faisait miroiter. Un principe d’éthique de droiture, auquel je n’ai jamais dérogé. J’étais… et je reste un homme, un écrivain. Un homme qui écrit, guidé par une conscience aiguë de sa condition. Point.» Rien à ajouter.

Peut-être ceci, et qui n’est pas rien : lisez, s’il vous plaît, Ahmed Zitouni.

Association Ahmed Zitouni, : BP 23, 13101, Aix-en-Provence, Cedex01.

Site à consulter : ahmedzitouni.fr

Également : contact.asso@ahmedzitouni.fr 3.

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Fifa Talent Academy et IFM-Sport | Une ère nouvelle du sport à Djibouti

Il y a des moments dans l’histoire d’un pays qui ne font pas grand bruit sur le moment, mais qui, avec le recul, apparaissent clairement comme des points de bascule. L’inauguration de la FIFA Talent Academy à Djibouti et l’ouverture du nouveau centre IFM-Sport sont de ceux-là. Ce ne sont pas simplement des bâtiments ou des terrains. Ce sont des signaux envoyés à une génération entière de jeunes Djiboutiens qui ont grandi sans disposer des structures que leurs talents méritaient depuis longtemps.

Le sport djiboutien est en train de changer de dimension – et cette évolution accompagne une dynamique plus large où plateformes digitales, médias sportifs et acteurs du divertissement comme 1xBet Djibouti participent activement à l’engouement grandissant pour le football local, en connectant les supporters à leur sport favori d’une façon jamais vue auparavant.

Un contexte qui rend ces investissements encore plus significatifs

Pour comprendre pourquoi ces nouvelles infrastructures représentent un tournant majeur, il faut d’abord saisir le contexte dans lequel elles s’inscrivent. Djibouti est un petit pays en termes de superficie et de population, mais il occupe une position stratégique exceptionnelle à l’entrée de la mer Rouge, carrefour entre l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie. Économiquement, le pays a connu une transformation notable au cours des deux dernières décennies, notamment grâce au développement de son port et à son rôle logistique régional.

Sportivement, en revanche, les infrastructures sont restées longtemps en deçà des ambitions. Les jeunes footballeurs djiboutiens s’entraînaient souvent sur des terrains en terre battue, sans encadrement technique structuré, sans matériel adéquat, et sans perspective claire de progression vers un niveau professionnel. Le talent ne manquait pas. Ce qui manquait, c’était l’environnement pour le faire éclore.

C’est précisément ce vide que les deux nouveaux centres viennent combler, chacun à sa manière.

La Fifa Talent Academy de Djibouti : ce que cela signifie concrètement

L’implantation d’une Fifa Talent Academy sur le territoire djiboutien n’est pas un événement anodin. Le programme Fifa Talent Academy s’inscrit dans la stratégie globale de la Fifa pour développer le football dans les nations dites « émergentes » — celles qui disposent d’un potentiel humain réel mais qui ont besoin d’un coup de pouce structurel pour transformer ce potentiel en résultats concrets sur le terrain.

Voici ce que cette académie apporte en termes opérationnels :

  • Identification des talents dès 13–15 ans, avec un processus de sélection ouvert à des joueurs de toutes les régions du pays
  • Encadrement technique assuré par des formateurs certifiés Fifa, garantissant un niveau méthodologique aligné sur les standards internationaux
  • Programmes de formation doubles, intégrant l’éducation scolaire aux exigences sportives pour éviter que les jeunes ne sacrifient leur avenir académique
  • Suivi individualisé des progressions, avec des évaluations régulières et des plans de développement personnalisés
  • Connexion directe aux réseaux de recrutement régionaux et continentaux, ouvrant des portes vers des clubs africains et potentiellement européens
  • Infrastructure de qualité : terrains homologués, vestiaires, salle de récupération, et matériel médical de base

Pour un jeune de quinze ans à Djibouti-ville ou dans une ville de l’intérieur, l’existence de ce centre change radicalement le champ des possibles. La question n’est plus « est-ce que j’ai assez de talent ? » mais « est-ce que je suis prêt à travailler pour aller au bout de ce talent ? »

Une vision plus large du sport de haut niveau

Si la FIFA Talent Academy est centrée sur le football, le nouveau centre IFM-Sport Djibouti s’inscrit dans une vision plus transversale du sport de haut niveau. L’IFM – Institut de Formation aux Métiers du Sport – propose une approche qui dépasse la seule performance athlétique pour former également des encadreurs, des gestionnaires sportifs et des techniciens capables de faire fonctionner un écosystème sportif professionnel.

C’est une distinction importante. L’un des problèmes récurrents dans le développement sportif des pays émergents est le manque de ressources humaines compétentes en dehors du terrain : des entraîneurs qualifiés, certes, mais aussi des préparateurs physiques, des kinésithérapeutes, des directeurs techniques, des administrateurs de fédérations. Sans ces profils, les infrastructures restent sous-exploitées.

Le centre IFM-Sport s’attaque à ce défi en proposant :

  • Des formations courtes et longues pour entraîneurs, de tous niveaux et de toutes disciplines
  • Un pôle médical et de récupération accessible aux athlètes nationaux et aux académies partenaires
  • Des modules de gestion sportive pour former les futurs dirigeants des clubs et fédérations djiboutiens
  • Un espace de recherche appliquée permettant d’analyser les performances et d’adapter les méthodes d’entraînement au profil climatique et physique des athlètes locaux
  • Des partenariats avec des institutions internationales pour garantir la reconnaissance des certifications délivrées

Comparaison des Deux Centres : Rôles, Publics et Objectifs

Pour bien saisir la complémentarité de ces deux structures, voici un tableau comparatif :

Cette lecture côte à côte révèle quelque chose d’essentiel : ces deux centres ne font pas doublon. Ils s’adressent à des segments différents d’un même écosystème, et leur coexistence est ce qui leur donne une chance réelle de produire un impact durable.

Ce que les acteurs du terrain observent

Quand on parle aux entraîneurs qui travaillent avec des jeunes à Djibouti depuis plusieurs années, un sentiment revient souvent : celui d’avoir attendu longtemps quelque chose qui semblait évident mais ne venait pas. Les plateaux d’entraînement de fortune, les tournois organisés à la va-vite, les joueurs prometteurs qui partent à l’étranger parce qu’il n’existe rien de structuré ici – tout cela relevait d’une réalité frustrante mais acceptée.

L’ouverture de ces centres a changé le ton des conversations. Il ne s’agit plus seulement d’espérer que les choses s’améliorent un jour. Il s’agit de savoir comment on s’intègre dans ce qui est en train de se construire maintenant.

Un responsable technique de la fédération djiboutienne le formule simplement : «Ce qui arrive, c’est qu’on passe de l’improvisation à l’intention. On ne fait plus les choses parce qu’on n’a pas d’autre choix. On commence à les faire parce qu’on sait où on veut aller.»

Les défis qui restent à relever

Il serait malhonnête de présenter cette évolution comme une transformation accomplie. Plusieurs défis réels subsistent, et les ignorer ne rendrait service à personne.

La question du financement à long terme : les inaugurations attirent l’attention et les soutiens. Ce qui est plus difficile, c’est de maintenir les financements quand les caméras sont parties et que le travail quotidien, invisible, commence.

L’équité géographique : Djibouti-ville concentre l’essentiel des nouvelles infrastructures. Les régions comme Tadjourah, Obock ou Dikhil risquent de rester en dehors du mouvement si des dispositifs de décentralisation ne sont pas mis en place.

La rétention des talents formés : former des joueurs pour les voir partir dans des clubs étrangers n’est pas forcément un échec – c’est même une forme de rayonnement — mais il faut aussi construire un championnat local assez attractif pour que certains restent.

La culture du suivi et de l’évaluation : dans de nombreux contextes similaires, les centres ouvrent avec enthousiasme mais sans systèmes solides pour mesurer ce qui fonctionne et ajuster ce qui ne fonctionne pas.

Ces difficultés ne diminuent pas l’importance de ce qui est en train de se construire. Elles rappellent simplement que construire un bâtiment est la partie facile – c’est ce qu’on en fait ensuite qui compte.

Le rôle du numérique dans cet élan sportif

Le développement des infrastructures physiques se déroule en parallèle d’une transformation numérique qui touche également le sport djiboutien. Les supporters suivent désormais les matchs sur leurs téléphones, les jeunes joueurs partagent leurs performances sur les réseaux sociaux, et les plateformes de divertissement sportif occupent une place croissante dans le quotidien des fans.

Dans cet environnement, la plateforme 1xBet à Djibouti a su trouver sa place en proposant une expérience digitale adaptée aux usages locaux, tandis que 1xBet pour les joueurs djiboutiens représente un point de rencontre entre passion sportive et engagement numérique. Cette dimension digitale ne remplace pas les infrastructures physiques – elle les complète, en créant autour du sport djiboutien une communauté connectée, engagée et fière de suivre l’évolution de son football.

Des médias comme La Nation de Djibouti, le principal quotidien francophone du pays, ont largement couvert l’ouverture de ces centres et continuent de suivre leur développement avec attention. De même, RFI Afrique – référence incontournable de l’information francophone sur le continent – a relaté l’importance de ces initiatives dans le contexte du développement sportif africain, offrant à Djibouti une visibilité qui dépasse ses frontières.

Une génération qui n’attend plus

En définitive, ce qui rend ces inaugurations importantes n’est pas tant ce qu’elles sont aujourd’hui que ce qu’elles rendent possible demain. Un enfant de treize ans qui intègre la Fifa Talent Academy cette année aura dix-neuf ans dans six ans – l’âge exact où un joueur commence à frapper à la porte de l’équipe nationale. Un entraîneur certifié par le centre IFM-Sport dans deux ans pourra, dans cinq ans, former à son tour une centaine de jeunes joueurs avec une méthode solide.

Le sport djiboutien ne se construit pas en un jour. Mais avec les bonnes fondations, il se construit vraiment. Et pour une génération qui a attendu, ce n’est pas rien.

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Félicitations, Professeur Mehdi Ben Khemiss !

Notre ami Dr Moez Ben Khemiss, contributeur de longue date à Kapitalis, rend hommage dans ce billet à son frère, Dr Mehdi Ben Khemiss, qui vient d’être officiellement nommé, à 40 ans, professeur universitaire en médecine dentaire (Jort du 24 avril 2026).

Aujourd’hui, les mots hésitent, comme s’ils savaient d’avance qu’aucune phrase ne pourrait contenir pleinement la fierté et l’émotion qui m’habitent.

Je tiens à adresser à mon frère, le Professeur Mehdi Khemiss, mes plus profondes félicitations pour son accession au grade de Professeur universitaire en médecine dentaire. Cette réussite n’est pas seulement une étape académique : elle est l’aboutissement d’un chemin exigeant, patiemment construit dans la rigueur, l’abnégation et une passion intacte pour la science, la recherche et la transmission du savoir. 

Mais au-delà du titre, il y a un choix. Un choix rare, presque silencieux, mais d’une noblesse éclatante. Celui de rester en Tunisie, envers et contre les facilités d’ailleurs, malgré les promesses séduisantes et les routes toutes tracées vers d’autres horizons. Celui de rester fidèle à l’université publique, non par défaut, mais par conviction. Refuser l’éclat du secteur libéral pour demeurer là où le savoir s’enracine lentement, là où il se partage, là où il forme, là où il construit l’avenir. Continuer d’enseigner, inlassablement, non seulement la science, mais aussi des valeurs.

Dans ce choix, il y a une fidélité profonde à une lignée, à une mémoire, à une éthique.

Ce parcours s’élève comme un hommage vivant à notre défunt père, le Professeur Abdelkader Ben Khemiss, éminent enseignant-chercheur en chimie organique, ancien opposant et ancien membre de l’Assemblée nationale constituante, dont la rigueur, l’exigence et la droiture continuent de tracer, en silence, les lignes invisibles de nos vies. Son enseignement ne s’est jamais éteint : il a simplement changé de voix. Et aujourd’hui, il résonne à travers toi.

Il porte aussi l’empreinte lumineuse de notre mère, le Professeur Fathia Khemiss, dont la force discrète, la patience et la confiance inébranlable ont été, et demeurent, un socle et une respiration dans ce long chemin.

Ainsi, ce moment n’est pas seulement une consécration individuelle. Il est une continuité. Celle d’une histoire familiale tissée de savoir, de transmission et de dévouement, où l’enseignement n’est pas un métier, mais une forme de fidélité à la vie.

Félicitations, Professeur Mehdi.

Que ta route continue d’avancer avec cette même lumière calme et déterminée, et qu’elle continue, surtout, d’éclairer ceux qui viendront après nous.

Dr Moez Ben Khemiss

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Au Maghreb, le sport devient un moteur de revenus numériques

Le basculement ne vient plus seulement des rédactions. Il vient du téléphone, du score live, du push, du réflexe d’ouvrir trois onglets avant même le coup d’envoi. Dans ce cycle court, où l’audience passe d’une preview à une composition probable puis à une grille de cotes en quelques secondes, l’affiliation sportive s’installe comme une extension logique de l’économie numérique régionale.

L’enjeu n’est pas d’ajouter un lien de plus; l’enjeu est de transformer une attention déjà chaude en revenu mesurable, sans casser la confiance éditoriale. Le contexte joue en faveur de ce modèle: l’usage d’Internet continue de progresser, tandis que l’économie mobile pèse de plus en plus lourd dans la croissance africaine.

Une lecture simple du marché

L’analyse du sujet repose sur quatre filtres concrets : mobile first, régularité du calendrier sportif, qualité de la conversion et signaux de confiance. C’est ce qui sépare un simple trafic de passion d’un actif monétisable. Un site peut avoir de l’audience et perdre de l’argent. Un autre, plus modeste, peut mieux convertir parce qu’il comprend le moment exact où le lecteur passe de l’information à l’intention.

Au Maghreb, cette logique est encore plus visible parce que l’usage du sport est fragmenté. On lit une alerte sur WhatsApp, on regarde un résumé sur TikTok, on revient sur un média pour vérifier une absence de dernière minute, puis on consulte les lignes juste avant le match. L’affiliation performe quand elle suit ce rythme au lieu d’essayer de le forcer.

Le mobile a changé la grammaire du trafic

Le téléphone n’est plus un support secondaire. C’est la porte d’entrée principale pour le contenu sportif, la comparaison des marchés et la prise de décision rapide. Pour un éditeur, cela change tout : vitesse de chargement, lisibilité des cotes, hiérarchie des ligues, tunnel d’inscription, clarté des règles de paiement et de vérification deviennent des variables commerciales, pas seulement techniques.

Le signal macro va dans le même sens. La GSMA estime que le secteur mobile a contribué à hauteur de 220 milliards de dollars, soit 7,7% du PIB africain en 2024, tandis que le Maroc a officiellement accéléré sa stratégie numérique 2024-2026 autour de la fibre, du cloud, des centres de données et de l’IA. Même la Banque mondiale résume le défi tunisien par une formule nette: mieux connecter pour mieux croître. L’affiliation sportive prospère précisément dans cet espace où connectivité, paiement et usage mobile cessent d’être des sujets séparés.

Pourquoi le football garde l’avantage

Le football reste la matière première la plus rentable parce qu’il combine fréquence, tension et habitude. Ligue des champions, Serie A, Premier League, Ligue 1, compétitions CAF, sélections nationales : le calendrier ne s’arrête presque jamais. Pour les médias et les éditeurs SEO, cela crée une mécanique de retour permanent. Chaque match apporte une nouvelle fenêtre de monétisation.

Cette dynamique favorise les formats utiles. Les articles qui convertissent ne sont pas les plus emphatiques. Ce sont ceux qui répondent vite: absents, forme récente, historique face-à-face, lecture tactique, évolution des prix, scénarios live. Le lecteur qui consulte ces éléments n’est plus dans la découverte. Il est déjà dans l’intention.

Ce qui transforme l’audience en revenu

L’affiliation sportive fonctionne quand l’éditeur traite son contenu comme un produit de décision. En pratique, quatre éléments font la différence:

  • Pages de service: previews, calendriers, résultats live, blessés, compositions probables.
  • Segmentation claire: football, tennis, basketball, esport; prématch et live séparés.
  • Discipline UX: peu de friction mobile, marchés bien rangés, informations lisibles.
  • Pilotage analytique: source de trafic, appareil, heure, article d’entrée, FTD, rétention.

Le vieux modèle du volume brut s’essouffle. Envoyer beaucoup de clics vers une offre moyenne ne suffit plus. Les meilleurs résultats viennent d’un contenu qui arrive au bon moment et d’une promesse simple: moins de bruit, plus d’information exploitable.

Quand la newsroom croise le pari sportif

Un média qui publie déjà des previews, des analyses tactiques et des suivis de matchs possède l’actif le plus rare du secteur: une audience qui revient avant le coup d’envoi. Cette audience ne cherche pas un slogan; elle cherche des marchés lisibles, des cotes compétitives, un accès rapide au live et un cadre assez clair pour gérer son bankroll sans perdre du temps. À cet endroit précis, MelBet affiliation s’intègre comme une extension crédible d’un contenu sport, pas comme une bannière qui tombe du ciel. La logique reste éditoriale: relier l’analyse, la donnée de match et le moment de décision sans casser le parcours mobile. Quand ce lien est bien placé, ce sont surtout les formats de service qui poussent la conversion: compos probables, variations de ligne, discipline de mise et lecture des marchés live.

La confiance se vérifie avant de s’acheter

Dans l’affiliation, le vrai filtre n’est pas la promesse de commission. C’est l’origine du domaine, la cohérence des points de contact et la capacité à vérifier qu’on parle bien d’un écosystème officiel. Le guidebook officiel MelBet indique que MelBetPartners.com et MelBetAffiliates.com sont les sites officiels du programme partenaire. MelBetPartners.com publie un blog actif; MelBetAffiliates.com affiche une rubrique d’actualités; et les pages de contact de l’écosystème MelBet renvoient vers des adresses partenaires rattachées à ces domaines. La documentation fournie pour ce brief rattache aussi ces accès au footer de melbet.com, ce qui compte pour un éditeur qui fait sa due diligence avant d’ouvrir un canal d’acquisition.

Les erreurs qui coûtent cher aux éditeurs

La première erreur consiste à croire que tout le Maghreb répond au même message. Ce n’est pas vrai. Langue, habitudes de paiement, poids du mobile, timing de consommation, rapport au live: chaque variable déplace la conversion. Un contenu efficace en français peut sous-performer s’il oublie le comportement bilingue d’une partie de l’audience ou s’il néglige la logique mobile.

La deuxième erreur est plus classique: pousser une offre avant d’avoir produit un contexte. Quand un lien arrive avant l’analyse, il ressemble à une interruption. Quand il apparaît après une info utile, il ressemble à une suite logique. Toute la différence est là.

La troisième erreur touche à la mesure. Trop d’éditeurs regardent le clic et s’arrêtent là. Or la vraie lecture commence après: inscription, premier dépôt, activité, retour, valeur par article. Sans cette couche, l’affiliation reste une intuition. Avec elle, elle devient une branche réelle de l’économie média.

Ce que le Maghreb peut monétiser maintenant

Les opportunités les plus nettes se trouvent dans les formats déjà présents dans l’écosystème éditorial régional: previews de match, pages clubs, hubs compétitions, newsletters sport, vidéo courte, live blogs, comparatifs de marchés et contenus data avant les grands rendez-vous. Ce sont des produits éditoriaux familiers. Ils n’ont pas besoin d’être réinventés; ils ont besoin d’être mieux reliés au moment de conversion.

Le gagnant de ce cycle ne sera pas le plus bruyant. Ce sera l’éditeur capable de relier son trafic football à une architecture claire: contenu utile, mobile propre, signaux de confiance vérifiables, segmentation par compétition et lecture froide des cohortes. Dans l’économie numérique maghrébine, la monétisation sportive ne se joue plus dans le volume. Elle se joue dans la précision.

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Palestine | Les responsabilités du silence

À Gaza, la catastrophe humanitaire a cessé d’être un événement : elle est devenue une condition. Mais à mesure que les faits s’accumulent, une autre réalité s’impose — celle des choix politiques, des fidélités obstinées et des silences organisés. Nommer la tragédie ne suffit plus : il faut désormais en désigner les auteurs et les complices.

Dr Moez Ben Khemis *

À Gaza, la réalité ne se discute plus : elle accable. Plus de 72 000 morts, 170 000 blessés — et, dans cette masse indistincte de chiffres, des vies fauchées, des enfances anéanties, des lignées effacées. Ce ne sont pas seulement des individus qui disparaissent, mais les contours mêmes d’une société que l’on voit, jour après jour, se défaire.

Le territoire, lui, est livré à une entreprise de démolition systématique. Hôpitaux rendus muets, écoles ouvertes comme des plaies, réseaux vitaux pulvérisés : rien de ce qui permettait encore de tenir ne semble devoir subsister. L’eau manque, les soins s’éteignent, la famine s’installe. Et la population, presque tout entière déplacée, erre dans l’étroitesse d’un espace clos, condamnée à fuir l’ombre de la mort sans jamais pouvoir s’échapper.

Le droit à l’épreuve de sa propre faiblesse

Face à cela, les mises en garde abondent — et s’épuisent. Organisations internationales, juristes, observateurs : tous documentent, tous alertent, tous concluent à des violations répétées du droit international humanitaire.

Les mots se durcissent : génocide, nettoyage ethnique. Ils ne sont plus seulement brandis, mais examinés, pesés, discutés devant les juridictions internationales. Les Nations unies avertissent, elles aussi. Mais à mesure que le langage se fait plus grave, son effet semble s’émousser : le droit est invoqué, rarement appliqué.

La constance des soutiens, l’inertie des puissances

Car ce qui se joue ici ne tient pas seulement aux faits, mais aux volontés qui les encadrent — ou les tolèrent. Aux États-Unis, Joe Biden puis Donald Trump maintiennent un appui constant, scellé par les livraisons d’armes et protégé par le veto diplomatique.

Au Royaume-Uni, Rishi Sunak ainsi que son successeur prolongent cette ligne. En France, Emmanuel Macron nuance, ajuste, appelle — mais ne rompt pas. Le langage varie, la politique demeure.

Et sur le terrain, le gouvernement de Benjamin Netanyahu poursuit son offensive, comme affranchi de toute contrainte autre que la sienne propre.

L’ombre portée d’une conflagration

Déjà, le conflit déborde. Au sud du Liban, les affrontements étendent la zone de fracture. Les victimes s’ajoutent aux victimes, les exils aux exils.

Ce qui se dessinait comme une guerre circonscrite menace désormais de devenir un foyer d’embrasement régional. L’histoire, ici, ne progresse pas : elle s’étend.

Le silence fragmenté du monde arabe

Face à cela, une autre réalité s’impose : celle d’un monde arabe politiquement en retrait. Les condamnations existent, mais elles restent sans prise.

Les divisions internes, les calculs stratégiques, les équilibres fragiles — tout concourt à contenir la parole dans les limites du déclaratif. L’indignation circule ; l’action, elle, se dérobe.

L’euphémisme comme dernier refuge

Reste le langage. Et avec lui, une forme plus insidieuse de déni. Parler de «conflit», de «riposte», d’«affrontements», c’est parfois déjà atténuer. C’est substituer à la dissymétrie des faits une symétrie de façade.

Or nommer, c’est trancher. C’est reconnaître la nature d’une réalité. À l’inverse, euphémiser revient à l’envelopper, à l’adoucir — et, ce faisant, à la rendre plus acceptable qu’elle ne devrait jamais l’être.

L’ordre international au révélateur

Ce qui se joue dépasse désormais Gaza. C’est l’ordre international lui-même qui se trouve exposé — dans ses principes comme dans ses contradictions.

Pourquoi certaines violations appellent-elles des sanctions immédiates, quand d’autres s’accommodent de protestations sans effet ? Pourquoi l’urgence est-elle, selon les cas, si variable ?

À ces écarts répond un sentiment grandissant : celui d’un droit inégal, d’une justice sélective, d’un univers normatif à géométrie variable.

Nommer, enfin, les responsabilités

Car il faut en venir là. Non plus seulement aux faits, mais à ce qui les rend possibles. Les décisions politiques, les vetos, les soutiens militaires, les prudences calculées, les silences entretenus : tout cela ne constitue pas un décor, mais une mécanique.

L’histoire, toujours, élargit le cercle des responsabilités. Elle ne s’arrête pas à ceux qui agissent ; elle inclut ceux qui permettent.

À Gaza, rien ne manque pour comprendre : les faits sont établis, les alertes lancées, les institutions saisies.

Ce qui manque encore, c’est autre chose — une décision, une rupture, un acte.

Et une question demeure, nue, irréductible :
que feront, concrètement, ceux qui ont le pouvoir d’agir ?

Quelques statistiques officielles :

Hôpitaux (et structures de santé) :

Gaza comptait environ 36 hôpitaux avant la guerre. Fin 2024–2025, la majorité ont été endommagés ou détruits ; seuls 14 à 17 restaient partiellement fonctionnels. 

Plus de 650 attaques contre des structures de santé ont été recensées 

En clair : le système hospitalier est quasi anéanti, plus que simplement «touché».

Écoles et universités :

Environ 778 écoles sur 815 (≈ 95 %) endommagées ou détruites. Plus de 90 % des bâtiments scolaires touchés. Des centaines d’établissements sont totalement hors service Cela correspond à l’effondrement quasi total du système éducatif.

Mosquées (et lieux religieux)

Environ 823 mosquées détruites selon certaines évaluations. De nombreux autres lieux religieux (églises, sites historiques) également endommagés. Une part majeure du patrimoine religieux a été rasée ou gravement touchée.

Infrastructures :

80 à 90 % des bâtiments de Gaza endommagés ou détruits. Plus de 102 000 bâtiments totalement détruits. 85 % des réseaux d’eau et d’assainissement hors service. 62 % des routes détruites. 80 % des infrastructures globales en ruines 

On parle ici d’une destruction systémique.

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Tunisie | Les dessous du limogeage de Fatma Thabet-Chiboub

Le président de la république Kais Saïed a démis la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Energie, Fatma Thabet Chiboub, de ses fonctions, et c’est son collègue Salah Zouari, ministre de l’Equipement et de l’Habitat, qui a été chargé d’assumer son intérim. 

Le communiqué de la présidence de la République annonçant ce limogeage n’a pas cru devoir expliquer les raisons ayant dicté une décision aussi intempestive. On se contentera de savoir qu’elle a été annoncée lors d’une réunion tenue, mardi 28 avril 2026, au palais de Carthage, avec la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzeri, la ministre des Finances Mechket Slama Khaldi, le ministre des Affaires sociales Issam Lahmar et le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle Riadh Chaoued, comme indiqué dans ledit communiqué.

On fera, cependant, remarquer que cette décision a été annoncée au moment où une polémique enfle dans le pays à propos des projets de concessions d’énergie renouvelable qui doivent être accordés à des entreprises étrangères, une politique soutenue par la ministre sortante. Ceci explique-t-il cela ?

On est tenté de le penser, d’autant plus que le président Saïed est connu pour son rejet de tout ce qui s’apparente, de près ou de loin, à une privatisation. Sauf que cette explication ne tient pas la route, et pour cause : cela fait au moins deux ans que l’on parle de ces projets de concessions sans que personne n’y a trouvé rien à redire. Pourquoi ce lever de bouclier aujourd’hui, dont l’Assemblée s’est fait l’écho ?

On sait, par ailleurs, que la Tunisie doit résorber son déficit énergétique approchant les 60% et est déterminée à élever le taux des énergies renouvelables dans son mix énergétique de 4-5% aujourd’hui à 35% en 2030. Or, elle n’a pas les moyens financiers pour mettre en œuvre ses projets d’énergie solaire photovoltaïque et la formule des concessions semblaient s’imposer d’elle-même.

Bref, en l’absence d’explication officielle, on en est réduit à supputer et à nous perdre en conjecture.

I. B.

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Soudan | Les musées pillés et les trésors vendus !

La barbarie des Forces de soutien rapide (FSR) dirigées par l’ancien chamelier Hemedti Dagalo ne connaît aucune limite. Le patrimoine soudanais héritier d’une Histoire millénaire n’a pas été épargné. Les musées soudanais sont pillés et leurs trésors sont vendus à l’étranger. Selon l’Unesco, le trafic de pièces archéologiques est une activité criminelle très lucrative, classée troisième après les armes et la drogue. Au Soudan, 8000 pièces se sont évaporées ! 

Imed Bahri

Selon le Wall Street Journal, des historiens et des conservateurs de musées soudanais affirment que les FSR qui combattent l’armée régulière depuis trois ans ciblent le riche patrimoine culturel du Soudan et le vendent au plus offrant sur le marché noir international de l’art. Partout dans le pays, leurs combattants se sont alliés à des pillards parmi les civils pour dépouiller les musées des pièces inestimables témoins de l’histoire du pays de l’âge de pierre à l’avènement de l’Islam. 

L’Autorité nationale des antiquités et des musées du Soudan estime à 150 millions de dollars le montant des trésors pillés depuis le début du conflit. Ces dernières semaines, des vidéos circulant en ligne ont montré des vitrines vides qui contenaient autrefois de l’or et des bijoux ayant appartenu aux rois de Napata et de Méroé au Musée national du Soudan.

Dans la ville d’El Fasher, ravagée par la guerre, un palais du XIXe siècle qui abritait le Musée du Sultan Ali Dinar a été vidé avant d’être bombardé et réduit en ruines. Le musée de Nyala, situé dans la capitale de facto des rebelles de l’ouest du Soudan, a été pillé et son contenu, y compris du mobilier, a été volé avant d’être transformé en base militaire.

Une base de données des objets volés

Abdelrahman Ali Mohamed, expert culturel de l’Unesco, impliqué dans les efforts de récupération des objets pillés, indique que les combattants avaient systématiquement ciblé les pièces les plus précieuses. Il a déclaré : «Nous pensons que la milice s’est associée à des organisations criminelles internationales pour faciliter la vente de ces objets. Nous constituons actuellement une base de données de tous les objets volés afin de faciliter leur localisation et leur récupération».

Plus de 8 000 objets ont été volés dont de l’or et des bijoux anciens.

Le contenu des musées soudanais représente une cible de choix pour les FSR. Ce groupe composé principalement d’Arabes trouve ses racines dans les tristement célèbres milices Janjawid responsables du massacre d’environ 200 000 personnes au Darfour –majoritairement des Africains noirs– au début des années 2000.

Les FSR font l’objet de nouvelles accusations de génocide dans le conflit actuel. Pendant des années, le groupe a dépendu des revenus tirés de la vente d’or dans la région du Golfe et des paiements pour la surveillance des mines appartenant au groupe russe Wagner dans l’ouest du Soudan.

Toutefois, depuis le début de la guerre il y a trois ans, ces ressources se sont raréfiées car l’armée régulière a bombardé les mines d’or tenues par les rebelles et les Russes ont quasiment disparu après la mort du fondateur de Wagner Evgueni Prigojine.

Trafic sur le marché noir international de l’art

C’est là que les musées et leurs collections sont devenus la cible des FSR car le trafic sur le marché noir international de l’art, selon l’Unesco, est une activité criminelle très lucrative, classée troisième après les armes et la drogue. 

Au début du conflit, les combattants des FSR ont pris pour cible les quatre musées de la capitale Khartoum. Au Musée national, ils se sont positionnés sur le toit comme des tireurs d’élite avant de piller méthodiquement la majeure partie de l’or, notamment une couronne de fleurs découverte dans la pyramide du roi Talakhamani, un souverain méroïtique du Ve siècle avant J.-C.

Les pilleurs s’attaquent généralement aux petites pièces, faciles à transporter et de grande valeur, laissant sur place les objets plus lourds.

Dans des vidéos qui circulent, on voit les combattants poser avec des piles de bijoux et de lingots d’or volés. Ces objets sont transportés par camion jusqu’aux frontières sud et ouest, d’où ils sont exportés clandestinement du pays, selon des responsables soudanais et des images satellites. Les enquêteurs de l’Onu affirment qu’ils sont vendus à des marchands d’art et que les recettes servent à acheter des drones, des véhicules blindés et des obus d’artillerie utilisés par les FSR dans une guerre qui a fait plus de 150 000 morts et plus de 14 millions de déplacés.

Un porte-parole des FSR a évidemment nié que ses combattants aient pillé des musées. Cependant, selon l’Autorité nationale des antiquités et des musées, les objets volés ont déjà été mis en vente sur les réseaux sociaux et les plateformes en ligne. Certaines pièces, notamment des peintures et des poteries provenant vraisemblablement du Musée national, ont été proposées sur eBay avant d’être retirées après l’alerte donnée par des experts. La société a indiqué appliquer une politique de «tolérance zéro» à l’égard de la mise en vente d’antiquités illicites.

L’Unesco a appelé les autres musées, collectionneurs et maisons de vente aux enchères à s’abstenir de tout commerce d’objets pillés au Soudan.

Il est probable qu’un nombre important de ces objets se soient déjà retrouvés sur le marché noir de l’art.

Au début du conflit, l’Unesco et les autorités soudanaises travaillaient sur des projets de restauration de plusieurs millions de dollars dans plus d’une douzaine de musées et de centres culturels. Des collections entières d’objets avaient été emballées dans des caisses, facilitant ainsi leur transport par les rebelles. Parmi ces objets figuraient des vestiges de certaines des plus anciennes civilisations du monde comme le royaume de Koush qui prospérait le long du Nil il y a des milliers d’années.

Certains de ces objets ont été récupérés. Les autorités ont déclaré que certaines pièces avaient été récupérées par les forces gouvernementales après des affrontements avec les Forces de soutien rapide, tandis que d’autres avaient été saisies aux points de passage frontaliers. Mais cela ne représente qu’une fraction du total. Seuls 570 objets environ ont été exposés lors d’une cérémonie à Port-Soudan en janvier, contre plus de 8 000 volés depuis le début du conflit.

«Ce pillage est non seulement une tragédie nationale pour le Soudan mais une perte pour l’humanité entière», a déclaré Ahmed Junaid, représentant de l’Unesco au Soudan qui a ajouté : «Ces pièces ne devraient pas être autorisées à entrer sur le marché international de l’art»

Des objets archéologiques servent de cibles d’entraînement

Lors des pillages, les voleurs se sont concentrés sur les objets de petite taille mais même les plus grands n’ont pas été entièrement épargnés. Des images ont montré que certaines statues de pharaons aux entrées des musées endommagés étaient criblées de balles comme si elles avaient servi de cibles d’entraînement.

Des cercueils contenant des momies vieilles de plusieurs siècles ont également été détruits à l’intérieur du musée. Les combattants ont également pris pour cible le Musée d’histoire naturelle de l’Université Ahlia d’Omdourman où ils ont brûlé des manuscrits et des livres rares dans une tentative manifeste d’effacer l’identité du Soudan.

«Il est clair que les combattants cherchaient à effacer notre histoire», a déclaré Ikhlas Abdel Latif Ahmed, directeur au sein de l’Autorité nationale des antiquités et des musées du Soudan. 

Près de son bureau se dresse une statue colossale du dieu nubien Apédémak au bord du Nil Bleu. La légende raconte que cette divinité à tête de lion protégeait le pays des envahisseurs et était vénérée comme un dieu de la guerre dans l’ancien Royaume de Koush.

Aujourd’hui, sa statue –qui a survécu en partie parce qu’elle était probablement trop lourde pour être déplacée– se dresse seule au milieu des ruines de la guerre.

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Tunisie | A propos de l’octroi de concessions d’énergie renouvelable à des entreprises étrangères

La Tunisie doit réaliser sa transition énergétique mais elle n’a pas les capacités pour financer son plan visant à passer la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique de 4-5% aujourd’hui à 35% en 2030. Mais avant d’attribuer des concessions à des entreprises étrangères pour la mise en place de centrales solaires photovoltaïque ou autres infrastructures de production des énergies renouvelables, les autorités tunisiennes doivent faire attention à un certain nombre de points cruciaux. (Photo : Centrale solaire photovoltaïque à Metbasta, Kairouan).

Sami Jallouli *  

Je n’ai pas encore eu l’occasion d’examiner les projets de loi visant à renforcer le secteur des énergies renouvelables dans le pays, que la Chambre des représentants examinera aujourd’hui, jeudi 28 avril 2026.

Cependant, et par précaution, je recommande six points sur lesquels l’État tunisien devrait s’attacher et ne pas transiger :

1. Les concessions ne devraient être accordées qu’à la condition que les entreprises tunisiennes soient intégrées aux chaînes de valeur, notamment en matière de maintenance, d’installation, de logiciels et de fabrication de certains composants, afin de garantir la création de véritables emplois pour la jeunesse tunisienne.

2. L’investissement urgent dans la modernisation du réseau de transport d’électricité afin de gérer les fluctuations de la production et d’éviter les coupures techniques… L’investissement dans les réseaux intelligents et les batteries permettra à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) de maîtriser l’équilibre entre l’offre et la demande sans dépendre d’investisseurs privés…

3. Le lancement immédiat de projets de stockage d’énergie, notamment par le biais de batteries de grande capacité ou d’autres technologies, car la véritable souveraineté réside dans la maîtrise du stockage, et non seulement de la production…

4. La négociation vigoureuse pour garantir que les crédits carbone générés par ces projets restent sous le contrôle de l’État tunisien et ne soient jamais cédés, afin qu’ils puissent servir à soutenir la compétitivité de nos entreprises nationales. Il doit être stipulé que tous les certificats de réduction des émissions de carbone générés par le projet sont la propriété exclusive de l’État tunisien ou de la Steg, permettant ainsi à l’État de les vendre ou de les utiliser ultérieurement pour régler une partie de sa dette. Y renoncer constituerait une trahison des droits des générations futures.

5. Simplifier les procédures permettant aux citoyens, aux usines et aux petites entreprises de produire leur propre énergie, afin que la production d’énergie ne soit pas monopolisée par les grands investisseurs.

Je tiens également à souligner un point crucial, souvent négligé lors de la rédaction des contrats de concession :

6. Les contrats de concession internationaux sont généralement de longue durée (20 à 30 ans) et comportent souvent des clauses obligeant l’État à recourir à l’arbitrage international en cas de litige ou même si la législation nationale évolue de manière à affecter les bénéfices de l’investisseur.

Le danger réside dans le fait que toute modification de la législation fiscale ou environnementale pourrait être perçue par l’investisseur étranger comme une expropriation ou une réduction de ses bénéfices. Sur cette base, il pourrait intenter une action en justice contre l’État tunisien et réclamer des sommes supérieures au budget de projets entiers.

La juridiction tunisienne doit être préservée autant que possible, malgré la difficulté d’imposer cette condition au niveau international, ou à tout le moins, des clauses devraient être incluses garantissant le droit de l’État à réglementer sans que cela soit considéré comme une violation du contrat de concession.

Ces investissements étrangers sont généralement soumis à des accords bilatéraux de protection des investissements conclus entre l’État tunisien et les pays des investisseurs, ce qui exige une extrême prudence quant à la clause d’arbitrage international.

La jurisprudence en matière de litiges montre que les États obtiennent rarement gain de cause dans les procédures d’arbitrage contre des entreprises étrangères, car ces litiges se soldent souvent par l’imposition de dommages et intérêts considérables, se chiffrant en dizaines, voire en centaines de millions de dollars. J’insiste donc sur la nécessité d’une extrême prudence à ce niveau.

* Conseiller juridique.

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Des entreprises étrangères réclament plus de 130 milliards de dollars à la Libye !

L’État libyen est aujourd’hui confronté à un véritable défi juridique et financier : plus de 100 affaires internationales sont en cours, allant des jugements définitifs et des injonctions d’exécution aux saisies d’actifs, sans compter des dizaines d’autres dossiers en préparation…

Sami Jallouli *

Les dettes déclarées par des entreprises étrangères s’élèvent à environ 130 milliards de dollars… Le professeur de droit libyen Saleh al-Zahaf a alerté sur cette situation et l’absence de solutions…

L’ampleur de ces chiffres reflète une réalité terrifiante. Derrière ces dossiers, des millions de dollars sont détournés au profit de cabinets d’avocats et de sociétés de conseil étrangères, en toute impunité, tandis que l’État subit des pertes considérables qui dépassent le simple cadre financier et engendrent des risques économiques et de souveraineté, alarmants.

Il est de notoriété publique que les cabinets d’avocats étrangers facturent à l’heure, avec des tarifs dépassant souvent 1 000 dollars de l’heure. Cela signifie que chaque appel téléphonique, chaque courriel, chaque recherche juridique, chaque avis juridique, chaque requête ou réponse rédigée, chaque dossier déposé et chaque audience de procédure représente une facture exorbitante payée par les fonds publics libyens, sans compter les frais d’enquête, de traduction et d’experts.

Chaque mois qui passe sans accord avec les créanciers ajoute des millions de dollars d’intérêts légaux à la dette principale, faisant exploser le montant des indemnités à plusieurs fois leur valeur réelle.

Des avions, des navires, des actifs financiers et des biens immobiliers situés dans les capitales les plus prestigieuses du monde sont saisis ou menacés de saisie, privant ainsi l’État de la possibilité d’utiliser ces actifs ou de bénéficier de leurs retombées en matière de développement.

Les litiges juridiques en cours concernant ces actifs entraînent leur détérioration physique et une baisse progressive de leur valeur marchande, engendrant des pertes cumulatives.

Ces dernières années, de nombreuses banques internationales ont automatiquement gelé les fonds libyens en raison de soupçons de corruption ou des répercussions de procédures judiciaires en cours. Il en résulte le gel et la fermeture de comptes, ainsi qu’un refus quasi systématique d’ouvrir de nouveaux comptes pour les entités libyennes, les citoyens libyens, ou les entreprises et personnes physiques étrangères ayant des liens avec la Libye.

La poursuite de ces conflits place la Libye parmi les pays à haut risque, ce qui augmente les coûts d’assurance et entrave les opérations des institutions financières nationales dans leurs transactions internationales.

Une économie stable ne peut se construire dans un contexte de procédures judiciaires incessantes. Les investisseurs étrangers privilégient la sécurité juridique au profit financier, et un environnement juridique instable constitue le principal frein à l’investissement.

Confier des dossiers à des cabinets d’avocats étrangers pendant des années alimente les intérêts financiers des réseaux transnationaux qui profitent de la prolongation du conflit sans chercher à le résoudre.

Pour sortir de cette impasse, il est nécessaire d’adopter une stratégie de règlement amiable fondée sur les principes suivants :

– établir des canaux de communication directs avec les créanciers ou leurs représentants, en contournant les cabinets d’avocats étrangers qui profitent de la poursuite du litige ;

– privilégier une approche de règlement moins coûteuse au regard du droit international, car elle interrompt immédiatement la course aux intérêts et permet la libération des actifs ;

– mettre fin aux pertes engendrées par les litiges internationaux et aux frais juridiques, aux intérêts courus et aux perturbations des activités économiques ou souveraines causées par les saisies d’actifs ;

– reprendre le contrôle total des investissements libyens à l’étranger et les réintégrer dans le cycle économique…

Poursuivre cette bataille juridique perdue d’avance constitue un gaspillage délibéré de fonds publics. Le véritable courage aujourd’hui réside dans le règlement des différends et la transformation des créanciers d’adversaires en partenaires…

Traduit de l’arabe.

* Conseiller juridique.

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Santé | Introduction des stents résorbables en Tunisie

Des stents coronaires résorbables (ou biorésorbables) de troisième génération sont introduits en Tunisie, et pour la première fois en Afrique. Souvent constitués d’alliage de magnésium (comme le Magmaris) ou de polymères, ils sont conçus pour disparaître progressivement. Ils permettent la réouverture des artères sans laisser de dispositif permanent dans le vaisseau sanguin et se dissolvent progressivement après avoir rempli leur fonction.

Avec le Fantom Encore, la Tunisie franchit ainsi une nouvelle étape en matière d’innovation médicale.

La première intervention du genre a été réalisée à l’hôpital universitaire Rabta de Tunis, au sein du service de cardiologie dirigé par le professeur Sami Mourali, dans le cadre d’une collaboration avec des experts internationaux allemands. Cette nouvelle technologie représente une avancée significative dans le traitement des maladies coronariennes.

Ce stent de dernière génération permet la réouverture des artères sans laisser de dispositif permanent dans le vaisseau sanguin. Il se dissout progressivement après avoir rempli sa fonction.

Cette approche améliore les résultats thérapeutiques à long terme, notamment chez les patients jeunes.

L’introduction de cette technologie témoigne du niveau de préparation des hôpitaux publics tunisiens, de l’expertise de son personnel médical et du positionnement du pays comme pôle régional de médecine de pointe en Afrique.

Cette initiative témoigne également de l’importance de la coopération internationale dans le transfert de compétences et de technologies, contribuant ainsi au renforcement du système national de santé.

I. B.

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Foire du livre de Tunis | Articles interdits et sanctions pour les contrevenants

La direction de la Foire internationale du livre de Tunis, dont la 40e édition se tient du 23 avril au 3 mai 2026, au Palais des Expositions, au Kram,  a appelé les exposants au strict respect du chapitre sept de son règlement intérieur, notamment en ce qui concerne la nature des articles exposés, afin d’assurer le bon déroulement de l’événement.

Dans un communiqué publié le lundi 27 avril 2026, elle a souligné que l’exposition ou la vente de jouets pour enfants de toute nature, de fournitures de bureau et de matériel d’ingénierie, ainsi que de tout matériel ou équipement sans lien avec les livres et l’édition, sont strictement interdites.

Le communiqué précise également que toutes les expositions doivent présenter un contenu éducatif et culturel conforme à l’identité et aux objectifs du salon, et respecter pleinement les listes précédemment publiées.

La direction a souligné que toute infraction à ce règlement entraînerait des sanctions immédiates, pouvant aller jusqu’à la fermeture du stand et l’annulation de la participation, tout en exhortant les exposants à respecter scrupuleusement les procédures susmentionnées afin de préserver l’image de la foire et la qualité de son contenu culturel.

I. B.

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Déclaration de soutien au journaliste Zied El Hani

Dans une déclaration commune datée du 27 avril 2026, que nous traduisons ci-dessous, une centaine de militants associatifs et politiques, vingt journalistes, quinze organisations et neuf partis politiques ont apporté leur soutien au journaliste Zied El Hani, exigeant sa libération et la fin du harcèlement des médias.

Poursuivant une campagne de pressions, de harcèlement et de procès visant les journalistes et les médias indépendants, le journaliste Zied El Hani a été arrêté le vendredi 24 avril, sur la base d’une déclaration et d’une publication sur les réseaux sociaux, en vertu de l’article 86 du Code des télécommunications.

Cette nouvelle arrestation intervient alors que les journalistes Mourad Zeghidi et Borhane Bsaies sont emprisonnés depuis plus de 700 jours, et que la journaliste Sonia Dahmani est jugée pour la deuxième fois pour les mêmes propos, tandis que le site web Inkyfada fait face à de graves menaces qui pourraient entraîner sa dissolution, ce qui constitue une violation flagrante de la liberté d’expression et du droit des citoyens à l’information.

Les soussignés, compte tenu de ce qui précède et de l’escalade du ciblage des journalistes et des médias indépendants :

1- Expriment leur soutien au journaliste Zied El-Hani et exigent sa libération, ainsi que celle de tous les journalistes et de toutes les personnes détenues en raison de leurs opinions, déclarations et écrits. Ils estiment que les mesures prises à son encontre visent à le faire taire, à étouffer la liberté d’expression et à intimider les journalistes et les personnalités influentes.

2- Ils condamnent la poursuite continue des journalistes, des blogueurs et des leaders d’opinion sur la base de décrets et de lois inconstitutionnels et non conformes aux traités et conventions internationaux ratifiés par l’État tunisien, et qui suppriment les libertés, comme le décret 54 et l’article 86 du Code des communications, tout en ignorant le décret 115, qui est le cadre juridique régissant le secteur des médias et de l’édition dans notre pays.

3- Ils expriment leur soutien au site web Inkyfada et à toutes les voix libres et aux médias indépendants qui sont pris pour cible et harcelés, et ils appellent à la fin des ingérences dans les médias et la profession de journaliste.

4- Ils expriment leur solidarité avec les instances indépendantes qui défendent la liberté de la presse, les droits des journalistes et la déontologie, notamment le Syndicat national des journalistes et le Conseil de la presse, ainsi qu’avec les médias indépendants, en particulier les médias alternatifs, et les défenseurs de la liberté d’expression, face aux campagnes d’incitation à la haine et de harcèlement dont ils sont victimes.

5- Ils soulignent que les campagnes systématiques visant le secteur des médias ont pour principal objectif de saper les dernières garanties démocratiques et les fondements de l’État de droit acquis après 2011, et d’instaurer un État où règne une opinion unique et une voix unique. En effet, la liberté d’expression et la liberté de la presse ne sont pas des privilèges accordés par les autorités, mais bien des droits fondamentaux et des piliers indispensables à la construction d’un État de droit et d’institutions solides.

Traduit de l’arabe.

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Le 27 mai sera le jour de l’Aid al-Adha

Le mercredi 27 mai 2026 sera le jour de l’Aïd al-Adha, selon les calculs astronomiques, a déclaré Sarra Snoussi, directrice du département Espace et Univers de la Cité des Sciences de Tunis, a confirmé ce lundi 27 avril 2026, lors de l’émission ‘‘Sabah Ennas’’, sur Mosaique FM.

Le samedi 16 mai sera la date d’observation du croissant de lune du mois de Dhu al-Hijjah, toujours selon ces calculs, a expliqué la docteure en biochimie et biologie moléculaire, ajoutant que le dimanche 17 mai devrait être le dernier jour de Dhu al-Qi’dah et le lundi 18 mai, le premier jour de Dhu al-Hijjah 1447 AH.

Cela signifie que le jour d’Arafat (9 Dhu al-Hijjah) tombera astronomiquement le mardi 26 mai 2026 et que l’Aïd al-Adha aura lieu le mercredi 27 mai.

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