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Le corridor énergétique tunisien: les startups qui construisent le pont entre l’Europe et l’Afrique

Alberto Onetti (Mind the Bridge), Anis Fekih (Pixii Motors), Karem Chatti (DeepVolt), Tarek Chebbah (Orbit) e Mohamed Ali Hmida (Amperon).

Ces dernières années, la Tunisie a discrètement construit l’un des écosystèmes de startups les plus intéressants de la Méditerranée dans le domaine de la transition énergétique. Le pays combine un vivier d’ingénieurs de haut niveau, une proximité stratégique avec l’Europe et un besoin structurel urgent en matière d’efficacité énergétique, de modernisation des réseaux et de mobilité durable.

Les cinq startups, Amperon Technologies, Orbit Engineering Solutions, DeepVolt, ProVerdy et Pixii Motors, sélectionnées pour l’édition 2026 du Terna Innovation Zone Tunisia Global Startup Program, piloté par Mind the Bridge et ELIS Innovation Hub, offrent une photographie très parlante de cette dynamique.

Si les premières générations ont révélé un potentiel, cette nouvelle cohorte, dévoilée lors de l’Innovation Summit du 21 avril au Startup Village, montre autre chose : de la spécialisation, du focus et une maturité croissante. Chacune adresse une brique précise de la chaîne de valeur de la transition énergétique, de l’intelligence énergétique industrielle à la mobilité propre, en passant par la gestion des réseaux et la donnée ESG.

Ensemble, elles racontent une histoire plus large: la Tunisie ne cherche pas à reproduire la Silicon Valley. Elle construit des solutions adaptées aux défis réels d’infrastructures partagés entre l’Europe, l’Afrique et la Méditerranée.

Transformer l’efficacité énergétique en intelligence industrielle

Le chemin le plus rapide vers la décarbonation est souvent le plus pragmatique : réduire le gaspillage. C’est précisément la mission dAmperon Technologies, portée par son CEO Mohamed Ali Hmida.

La startup a développé une plateforme d’Industrial AI qui transforme la consommation électrique des machines en intelligence opérationnelle et environnementale en temps réel. Grâce à un seul capteur non intrusif, les industriels peuvent suivre productivité, arrêts machines, santé des équipements, intensité énergétique et empreinte carbone, sans retrofit complexe.

Déjà déployée auprès d’une dizaine de clients dans les secteurs du plastique, de l’aéronautique ou de l’automobile, la solution génère des gains énergétiques de 5 à 10 % et un retour sur investissement en moins de trois mois. Avec une technologie validée (TRL 8) et une levée seed de 1 million d’euros prévue en 2026, Amperon prépare son expansion en Europe, notamment en Allemagne, Italie et France.

La donnée comme colonne vertébrale des systèmes énergétiques industriels

Si Amperon optimise la machine, Orbit Engineering Solutionss’attaque à l’échelle du site industriel. Fondée par Tarek Chebbah, la startup a développé Orbit Smart Monitoring, une plateforme SaaS cloud qui centralise en temps réel les données des compteurs, installations solaires, systèmes de stockage et microgrids.

Avec plus de 4 200 équipements connectés et des milliards de données traitées, Orbit est déjà une scaleup en activité, avec des clients comme Coca-Cola, Délice, SFBT ou Warda.

La prochaine étape vise l’intégration de modules d’IA prédictive, l’analyse carbone et une expansion vers l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe. Une preuve supplémentaire que la Tunisie produit désormais des acteurs deeptech capables de passer à l’échelle.

Préparer le réseau électrique à la production décentralisée

Avec l’essor des renouvelables, le défi n’est plus seulement de produire de l’énergie, mais de l’orchestrer. DeepVolt, fondée par Karem Chatti, développe une plateforme de Virtual Power Plant sans hardware, capable d’agréger et de prévoir la production d’installations solaires distribuées.

En s’appuyant uniquement sur l’intégration de données, la solution réduit fortement les coûts de déploiement et facilite la coordination des actifs photovoltaïques connectés au réseau.

Encore en phase early stage mais déjà en discussion avec des opérateurs nationaux, DeepVolt prépare un MVP SaaS et des modèles de prévision avancés, avec une ambition claire : s’étendre vers l’Europe et les États-Unis.

Transformer la donnée ESG en décisions opérationnelles

La transition énergétique est aussi réglementaire et financière. ProVerdy, fondée par Souha Bejaoui, répond à cet enjeu avec une plateforme ESG basée sur l’IA, adaptée aux réalités de la région MEA.

La solution automatise la mesure des émissions (Scope 1, 2 et 3) et transforme le reporting en leviers d’action concrets, en croisant impact carbone et retour économique.

Déjà utilisée par des acteurs comme Banque de Tunisie ou Novo Nordisk, ProVerdy fait partie des startups les plus matures de la cohorte. Sa prochaine phase vise l’expansion régionale et l’enrichissement de ses capacités d’automatisation IA.

Accélérer la mobilité électrique dans les marchés émergents

Dernière pièce du puzzle : la mobilité. Pixii Motors, fondée par l’ancien pilote Airbus Anis Fekih, développe des scooters électriques intelligents conçus pour les marchés africains et européens.

Au-delà du véhicule, la startup construit un écosystème complet : diagnostics en temps réel, mises à jour à distance, anti-vol, batteries amovibles et infrastructures de recharge solaire.

Avec plus de 500 000 dollars levés et une reconnaissance récente aux BOLD Awards 2026, Pixii s’apprête à lancer sa première production industrielle.

Une architecture cohérente de la transition énergétique

Pris individuellement, ces startups adressent des niches précises. Ensemble, elles forment une véritable stack de la transition énergétique : efficacité industrielle, gestion des systèmes énergétiques, orchestration des renouvelables, intelligence ESG et mobilité propre.

Leur présence dans le Terna Innovation Zone Tunisia illustre une tendance de fond : la montée en maturité de l’écosystème tunisien et son positionnement croissant comme pont d’innovation entre l’Europe et l’Afrique.

Un pont qui, cette fois, n’est plus seulement en construction. Il est déjà en train d’être emprunté.

A propos d’Alberto Onetti
​​Alberto Onetti est Chairman de Mind the Bridge et professeur à l’Université de l’Insubrie. Entrepreneur en série, il a fondé trois startups au cours de sa carrière, dont Funambol, l’une des cinq scaleups italiennes ayant levé le plus de capitaux. Il est reconnu comme l’un des principaux experts internationaux en open innovation et possède une solide expérience dans la conception et la gestion de projets d’innovation ouverte, venture client, venture building, intrapreneuriat, corporate venture capital, auprès de grandes entreprises multinationales. Il intervient également en tant que conseiller et formateur sur ces sujets. Onetti publie régulièrement des contributions dans plusieurs médias internationaux spécialisés.

Par Alberto Onetti, Chairman, Mind the Bridge.

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Le CMF renforce les exigences de transparence ESG pour les sociétés cotées

Le Conseil du Marché Financier (CMF) a réaffirmé sa volonté de renforcer de manière effective la transparence des sociétés relevant de sa compétence en matière d’information sur la durabilité. Cette orientation s’inscrit dans son plan stratégique et dans sa mission de protection des investisseurs, avec pour objectif de garantir l’accès à une information pertinente, fiable et utile à la prise de décision.

Le CMF souligne que cette exigence concerne en particulier les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), dès lors qu’ils sont susceptibles d’affecter l’activité, la situation financière, la performance ou les perspectives des sociétés faisant appel public à l’épargne.

Les facteurs ESG reconnus comme informations essentielles

Conformément au décret n°96-2459 du 30 décembre 1996 relatif au cadre conceptuel de la comptabilité, le CMF rappelle que les facteurs ESG doivent être portés à la connaissance des investisseurs lorsqu’ils présentent un impact significatif. Cette approche s’aligne également sur les normes internationales IFRS S1, relatives aux obligations générales d’information financière liée à la durabilité, et IFRS S2, consacrée aux informations climatiques.

Dans ce cadre, le Conseil invite les sociétés concernées à intégrer, dans les notes annexes à leurs états financiers individuels et, le cas échéant, consolidés arrêtés au 31 décembre 2025, une information claire sur les principaux facteurs ESG auxquels elles sont exposées.

Risques, opportunités et continuité d’exploitation

Les informations attendues doivent couvrir les risques et opportunités ESG identifiés, ainsi que leurs effets actuels ou potentiels sur la situation financière, la performance, la continuité d’exploitation et les perspectives d’avenir. Ces impacts peuvent résulter de l’activité propre de la société ou de celle des entités incluses dans son périmètre de consolidation.

Le CMF insiste sur la nécessité d’une présentation structurée permettant à l’investisseur d’apprécier la matérialité de ces facteurs dans l’analyse financière globale de l’entreprise.

Le MACF, un enjeu spécifique pour les exportateurs

Ces exigences prennent une importance particulière avec l’entrée en vigueur, à partir du 1er janvier 2026, du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF). Ce dispositif européen instaure une tarification du carbone sur les produits importés, équivalente à celle supportée par les producteurs établis dans l’Union européenne.

Le CMF estime que ce mécanisme est susceptible d’avoir des incidences sur les sociétés tunisiennes exportatrices vers l’UE, notamment en matière de coûts, de compétitivité et d’accès aux marchés.

Des informations détaillées exigées dès 2025

À ce titre, les sociétés opérant dans les secteurs concernés par le MACF sont appelées à fournir, dans les notes aux états financiers arrêtés au 31 décembre 2025, des informations permettant d’évaluer ses conséquences. Celles-ci doivent porter sur l’identification et l’intégration des risques liés au MACF, les dispositifs internes de conformité, ainsi que l’évaluation des impacts actuels et attendus sur l’activité et les perspectives.

Le CMF invite enfin l’ensemble des sociétés concernées à renforcer leurs dispositifs de gouvernance et de reporting ESG et à se rapprocher de leurs commissaires aux comptes afin d’assurer la qualité et la conformité des informations publiées.

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