Les relations économiques tuniso-roumaines connaissent une progression notable. C’est ce qu’il ressort du forum B2B organisé dans la matinée du lundi 27 avril à Gammarth, entre la Tunisie et la Roumanie.
En marge de cet événement, Mourad Ben Hassine, PDG du Cepex, a mis l’accent sur l’importance de renforcer ce partenariat entre les deux pays. Il s’exprimait ainsi dans une déclaration aux médias partenariats. Il rappelle que la Roumanie se classe 11ème parmi les 27 pays de l’Union européenne en termes d’échanges. Ce qui laisse entendre un vaste espace pour approfondir et renforcer la coopération. « Cela inclut la création de sociétés communes pour accéder à d’autres marchés mondiaux. Comme le marché africain que la Tunisie intègre aujourd’hui, via son adhésion à la ZLECAf et d’autres accords ».
Et de poursuivre : « De nombreux indicateurs montrent un potentiel de coopération accru avec plusieurs pays, couronné de succès pour les institutions tunisiennes. Ces dernières disposent d’expertises qui leur permettent d’avancer dans des investissements conjoints vers ces marchés. Actuellement, le volume des échanges commerciaux entre la Tunisie et la Roumanie avoisine les 250 millions d’euros. Avec des exportations tunisiennes d’environ 100 millions d’euros. A savoir principalement des produits industriels des secteurs électrique et mécanique. » Sachant qu’il existe de nombreuses opportunités qui ne sont pas inexploitées dans les industries agroalimentaires, pharmaceutiques et autres dispositifs médicaux.
« À l’avenir, nous pourrons les développer grâce à des partenariats soutenus par des organisations professionnelles. Comme la CONECT, qui peut impulser davantage la mise en réseau des hommes d’affaires via les organisations professionnelles et le secteur privé en général », conclut-il.
La France et la Grèce ont scellé, le 25 avril, un accord stratégique majeur visant à renforcer leur autonomie face aux grandes puissances, tout en consolidant leur coopération militaire. Les déclarations d’Emmanuel Macron sur la souveraineté grecque en mer Égée ont toutefois provoqué l’irritation d’Ankara, qui dénonce une volonté d’isolement et un repositionnement accru de Paris en Méditerranée orientale, dans un contexte de rivalités croissantes au sein de l’OTAN.
Le président français a agréablement surpris son auditoire, samedi 25 avril, en déclarant que si la souveraineté de la Grèce en mer Égée était menacée, « nous serions là ». Une allusion indirecte à la Turquie, ce qui du reste a irrité Ankara. Les médias turcs voient dans cette déclaration une volonté du président français de vendre davantage d’armes à la Grèce, l’un des principaux clients de la France en matière d’équipements militaires. Ils estiment par ailleurs que la France soutiendra la Grèce, les Chypriotes grecs et Israël face à la Turquie. Ils dénoncent un « héroïsme à bon marché » de Macron à Athènes…
Fidan à Londres
Des chroniqueurs turcs affirment que, depuis 1999, la Grèce poursuit une politique consistant à transformer tous ses problèmes bilatéraux avec la Turquie en problèmes UE-Turquie. Elle souhaiterait désormais rallier l’ensemble de l’Union européenne à sa cause face à une possible « attaque turque ».
Selon eux, la France et la Grèce seraient, pour l’instant, enclines à isoler la Turquie de l’Europe au nom de leurs propres intérêts nationaux. Le renforcement de l’accord avec la Grèce, soutiennent-ils, s’inscrit dans la stratégie parisienne visant à consolider sa présence militaire dans la région, avec des retombées économiques à la clé.
Il est toutefois diplomatiquement intéressant de noter que, durant les deux jours de visite du président Macron à Athènes pour signer d’importants accords stratégiques, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, était à Londres pour signer lui aussi un important accord-cadre bilatéral stratégique avec le Royaume-Uni. La concomitance de ces deux visites pourrait annoncer une divergence notable au sein de l’OTAN dans les prochains mois, soulignent les analystes turcs.
La 15e réunion annuelle du Comité de pilotage du programme de coopération suisse en Tunisie s’est tenue le 22 avril 2026, en présence du ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, et de l’ambassadeur de Suisse pour la Tunisie et la Libye, Josef Renggli.
Cette rencontre a permis de faire le point sur les réalisations de l’année 2025 et de discuter des priorités pour 2026, dans le cadre du programme de coopération 2025-2028 déjà en cours de déploiement, d’après communiqué de l’Ambassade de Suisse.
Selon les données présentées, ce programme a permis dès sa première année la création ou le maintien d’environ 9 600 emplois, confirmant son impact concret sur le terrain. Plus d’une cinquantaine de projets sont actuellement en cours, avec une forte présence dans les régions tunisiennes.
Au total, “les actions de la coopération suisse couvrent les 24 gouvernorats du pays à travers près de 103 interventions”, indique la même source, combinant projets locaux et initiatives nationales afin de soutenir les priorités de développement de la Tunisie.
Cette réunion intervient également dans un contexte symbolique, marqué par la célébration des 70 ans de relations diplomatiques entre la Tunisie et la Suisse, illustrant la continuité et la solidité d’un partenariat fondé sur la confiance et la coopération de long terme.
Bonne nouvelle pour la Tunisie: le Conseil du Marché Financier (CMF) vient d’accéder à la présidence de l’Union des autorités arabes des marchés financiers, confiée à Hatem Smiri, président du collège du CMF, prendant la période 2026-2027. Et ce, lors de la 20ᵉ réunion annuelle de l’Union des autorités arabes des marchés financiers tenue à distance. Cette rencontre a réuni les représentants de seize autorités de régulation issues notamment du Maghreb et du Moyen-Orient.
Concrètement, cela signifie que la Tunisie va désormais jouer un rôle central dans la coordination entre plusieurs pays arabes sur les questions de régulation financière: transparence, gouvernance et bon fonctionnement des marchés.
Cette nomination montre surtout que la place financière tunisienne gagne en crédibilité et en influence dans la région. C’est un signal positif pour les investisseurs, qui recherchent des marchés mieux encadrés et plus fiables.
En parallèle, une coopération renforcée avec l’Algérie a été actée, notamment pour mieux lutter contre le blanchiment d’argent, en ligne avec les standards du Groupe d’action financière (GAFI).
Les échanges économiques entre le Tchad et l’Algérie restent encore modestes, mais ils commencent clairement à reprendre de l’élan. Longtemps centrée sur les hydrocarbures, notamment à travers le partage d’expertise et la formation technique, la coopération entre les deux pays est aujourd’hui en train de s’ouvrir à d’autres secteurs.
Les deux partenaires cherchent désormais à élargir le champ de leurs relations. L’agriculture apparaît comme un levier important, avec des perspectives autour de l’exportation de bétail et de produits agricoles. L’industrie suit la même tendance, en particulier dans les matériaux de construction et la transformation locale. Les services, eux aussi, offrent de nouvelles opportunités. En parallèle, des discussions sont en cours pour améliorer les infrastructures logistiques et faciliter les échanges entre l’Afrique centrale et le Maghreb.
Cette relance s’appuie sur des mécanismes concrets. La première session du Conseil d’affaires tchadien-algérien, tenue le 20 avril 2026 à Alger, s’inscrit dans cette logique: créer un cadre structuré pour encourager les investissements et donner plus de consistance aux échanges.
C’est dans ce contexte que le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, s’est rendu à Alger pour une visite d’État, à l’invitation de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune. Cette rencontre a débouché sur la finalisation de 27 accords couvrant plusieurs domaines, de l’énergie aux infrastructures, en passant par la santé, la formation et la coopération économique.
Au final, trois grandes priorités ressortent. D’abord, le développement des secteurs énergétique et minier, avec un accent sur le transfert de compétences. Ensuite, le renforcement des infrastructures et de la connectivité, qu’il s’agisse de transport ou de numérique. Enfin, la coopération dans les secteurs liés au capital humain, comme l’éducation et la santé.
Au-delà de l’économie, les deux pays affichent aussi des positions proches sur les enjeux régionaux, notamment la sécurité au Sahel. Ils partagent l’idée qu’il est essentiel de privilégier des solutions africaines aux crises du continent.
L’Ambassade de Suisse en Tunisie a officiellement lancé hier à la Résidence les célébrations du 70ᵉ anniversaire des relations diplomatiques entre la Tunisie et la Suisse — Une histoire riche de dialogue, de coopération et de liens profondément humains, depuis 1956.
A cette occasion, l’Ambassadeur de Suisse en Tunisie M. Josef Renggli a eu l’honneur de recevoir à sa résidence le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger M. Mohamed Ali Nafti, aux côtés de personnalités diplomatiques, culturelles, académiques et médiatiques venues célébrer ensemble cette amitié de longue date.
Cela a été l’occasion de présenter le superbe livre nouvellement édité « Présence(s) suisse(s) – Les destinées helvètes en Tunisie », sous la forme d’une discussion entre son auteur Adnen el Ghali et le journaliste Hatem Bourial.
L’historien, architecte et urbaniste tunisien Adnen el Ghali y retrace les grandes étapes de la relation bilatérale, l’histoire de la Résidence de suisse, et met à l’honneur des figures suisses (artistes, médecins, ingénieurs agronomes et hôteliers) qui ont marqué l’histoire tunisienne et s’en sont imprégnées en retour— parmi elles : Le Corbusier, Paul Klee, Louis Moilliet, Frédéric Boissonnas, Alberto Giacometti, Isabelle Eberhardt, Henri Dunant et Auguste Cuénod. Une version digitale du livre sera disponible dans les prochains mois.
Tout au long de l’année, des expositions, conférences, projections et rencontres artistiques seront organisées à travers la Tunisie pour illustrer la vitalité de ce partenariat unique. 70 ans, c’est parti !
Ancienne mais évolutive, la coopération économique entre la Tunisie et l’Arabie saoudite se développe par phases successives. Les annonces récentes faites à Riyad s’inscrivent dans une dynamique de relance plutôt que de rupture.
Les déclarations du ministre tunisien de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, lors du Forum d’affaires tuniso-saoudien tenu à Riyad, ont remis en lumière une relation bilatérale souvent évoquée mais rarement replacée dans sa profondeur historique. Avec un stock d’investissements dépassant 375 millions de dollars à fin 2024, Arabie saoudite figure parmi les dix premiers investisseurs étrangers en Tunisie. Un positionnement significatif, qui traduit une présence réelle mais sans rupture nette dans la trajectoire de la coopération.
Une coopération ancienne, structurée par cycles
La coopération tuniso-saoudienne ne relève pas d’une dynamique récente. Le repère le plus ancien et le plus documenté remonte à 1975, date à partir de laquelle le Fonds saoudien pour le développement finance des projets en Tunisie. Depuis cette date, 35 projets et programmes ont été appuyés, pour un montant cumulé dépassant 1,3 milliard de dollars, principalement dans les infrastructures, l’eau, le logement et le développement régional.
Sur le plan institutionnel, la relation s’est formalisée par des commissions mixtes organisées à intervalles réguliers. La 10ᵉ session s’est tenue à Riyad du 27 au 29 avril 2019, la 11ᵉ à Tunis les 26 et 27 décembre 2023, et la 12ᵉ à Riyad les 28 et 29 décembre 2025. Ce rythme illustre une coopération relancée par séquences, plutôt qu’un processus continu et linéaire.
La session de décembre 2025 s’est conclue par la signature de cinq accords et mémorandums d’entente couvrant plusieurs domaines, dont l’eau, l’irrigation, le développement rural, l’environnement, l’industrie, l’agriculture, la santé, l’éducation et certains services. Cette relance apparaît avant tout comme un renforcement du cadre institutionnel, destiné à consolider les bases de la relation plus qu’à annoncer une vague immédiate de nouveaux projets.
Des investissements et projets clés, mais une dynamique graduelle
Côté investissements privés, les chiffres communiqués par les autorités tunisiennes convergent sur un point central : le stock d’investissement saoudien en Tunisie dépasse 375 millions de dollars à fin 2024. En revanche, les estimations sur le nombre d’entreprises à participation saoudienne varient selon les sources et les méthodes de comptabilisation, oscillant entre une cinquantaine d’entreprises directes et plusieurs centaines si l’on inclut les participations indirectes et les holdings.
Un indicateur revient toutefois de manière constante : sept entreprises à participation saoudienne ont procédé à des extensions d’activité au cours des neuf premiers mois de 2025, suggérant une dynamique progressive, fondée sur la consolidation plutôt que sur des investissements massifs et rapides.
Des projets chiffrés qui donnent de la visibilité
La coopération apparaît plus lisible lorsqu’elle est observée à travers des projets datés et chiffrés. Le 23 février 2024, le Fonds saoudien pour le développement a annoncé un prêt de 55 millions de dollars destiné au renouvellement et au développement du réseau ferroviaire de transport du phosphate, portant sur environ 190 kilomètres de voies. Dans le secteur du logement, un financement dépassant 150 millions de dollars a été accordé pour un programme de 4 715 unités, dont une première phase de 270 logements a été inaugurée à Zaghouan.
Le 28 juin 2025, un accord de prêt de 143,3 millions de riyals saoudiens, soit environ 38 millions de dollars, a été signé à Tunis pour la réalisation d’un projet de pôle oasien dans le sud du pays. Dans le secteur de la santé, l’hôpital universitaire Roi Salman à Kairouan constitue l’un des projets les plus emblématiques, avec une donation initiale annoncée de 85 millions de dollars. Longtemps suspendu, ce projet a été relancé en décembre 2025, avec un délai de réalisation annoncé de 36 mois.
Sur le plan commercial, les échanges entre les deux pays ont également progressé de manière graduelle. Ils sont estimés à environ 1,12 milliard de riyals saoudiens en 2024, contre près de 820 millions de riyals en 2020, confirmant une hausse régulière mais sans changement d’échelle.
Au fil des décennies, la coopération tuniso-saoudienne s’est ainsi construite par vagues successives, alternant projets structurants, phases de ralentissement et relances institutionnelles. La question soulevée par le titre ne renvoie pas à une absence de coopération, mais à sa visibilité et à sa régularité. L’enjeu, désormais, réside dans la capacité des deux pays à transformer ces cycles de relance en une dynamique plus continue, adossée à des projets durables et mieux intégrés au tissu économique tunisien.
Le Centre Technique des Industries Mécaniques et Électriques (CETIME) et la Chambre tuniso-allemande de l’Industrie et du Commerce (AHK) ont signé un accord stratégique pour accompagner les entreprises tunisiennes et allemandes vers une industrie plus innovante, plus durable et plus compétitive.
L’entente, conclue mardi, couvre la transition écologique, l’Industrie 4.0, les énergies renouvelables et la formation professionnelle, avec l’objectif affiché d’accélérer la modernisation du tissu industriel tunisien.
Un accord pour accélérer la transition écologique et numérique
Le partenariat CETIME–AHK s’articule autour de plusieurs axes : appui aux entreprises dans la réduction de leur empreinte énergétique, développement de projets dans l’Industrie 4.0, la mécatronique, la maintenance industrielle et la mobilité électrique, ainsi que renforcement de la formation aux normes et technologies industrielles avancées.
Selon le directeur général du CETIME, Noureddine Guizani, l’objectif est clair : mettre l’expertise technique tunisienne au service des entreprises allemandes implantées dans le pays, tout en consolidant les capacités des entreprises locales, rapporte l’Agence TAP. Il a souligné que cette coopération constitue un levier déterminant pour soutenir la montée en gamme des industries mécaniques et électriques.
Pour le directeur général de l’AHK, Jörn Bousselmi, l’accord permettra aux entreprises tunisiennes d’accéder plus facilement aux certifications européennes, aux standards technologiques allemands et aux solutions industrielles innovantes. Il a insisté sur l’importance de ce partenariat pour renforcer la compétitivité des filières et consolider les relations économiques bilatérales.
Nouveaux projets, partage d’expertise et montée en compétences
L’accord prévoit l’échange d’informations techniques, l’organisation de formations spécialisées, la conception de programmes communs et le lancement de projets pilotes dans les énergies renouvelables. Il met également l’accent sur la compréhension du cadre législatif tunisien, un volet souvent décisif pour les investisseurs étrangers.
Les deux institutions ambitionnent ainsi de faciliter l’intégration des technologies émergentes dans les entreprises tunisiennes, notamment l’automatisation, la digitalisation des processus et le développement de chaînes de valeur basées sur l’efficacité énergétique.
Une coopération qui vise l’attractivité et la compétitivité
Au-delà des aspects techniques, le partenariat entend renforcer l’attractivité de la Tunisie auprès des investisseurs allemands, déjà fortement présents dans les industries mécaniques et électriques.
L’amélioration du climat d’affaires et la mise en avant de projets innovants doivent permettre, selon les deux parties, d’ouvrir de nouvelles perspectives de collaboration dans le cadre de la transition énergétique et numérique du pays.
L’ambassadeur de Chine en Tunisie, Wan Li, a affirmé que la Tunisie occupe une position stratégique unique pour investir dans le continent africain. Il a salué le potentiel industriel et le capital humain du pays, considérés comme des atouts majeurs pour renforcer la coopération sino-africaine.
Dans une interview accordée à l’agence TAP, Wan Li est revenu sur la visite du président Kaïs Saïed à Pékin en mai 2024, un moment qu’il a décrit comme un tournant dans les relations bilatérales. Cette visite s’était conclue par la signature d’un partenariat stratégique entre les deux pays, marquant une volonté d’approfondir la coopération politique, économique et technologique, précisant que :
« Les deux parties ont haussé la confiance politique mutuelle à un niveau élevé et se sont engagées à accélérer la mise en œuvre des accords conclus ».
Vers une coopération trilatérale Tunisie–Chine–Afrique
L’ambassadeur a souligné que Pékin souhaite désormais aller plus loin en associant la Tunisie à ses initiatives africaines. « La Chine est prête à travailler avec la Tunisie pour développer des coopérations avec d’autres pays africains et explorer les perspectives d’une coopération trilatérale », a-t-il déclaré.
Cette approche s’inscrit dans la continuité du Forum Tunisie–Chine–Afrique sur le développement médical, prévu pour novembre prochain à Tunis. Cet événement se veut un modèle de collaboration entre la Chine et l’Afrique, s’appuyant sur l’expertise tunisienne dans le domaine de la santé et la volonté commune de promouvoir des partenariats durables dans les secteurs sociaux et technologiques.
Un avenir commun à construire
Pour Wan Li, la modernisation est un objectif partagé par la Chine et l’Afrique, représentant plus de 2,8 milliards de personnes aspirant à un avenir meilleur. Il a insisté sur le fait que « le développement de la Chine contribue à celui de l’Afrique », et qu’il s’agit d’un moteur de prospérité mutuelle fondé sur la solidarité et les bénéfices partagés.
« Le développement de la Chine a toujours été bien accueilli par les peuples africains, car il favorise une croissance commune et un partenariat équilibré », a-t-il ajouté.
La coopération suisse en Tunisie continue de porter ses fruits. Selon Fabrizio Poretti, directeur de la coopération suisse à Tunis, près de 7 000 personnes ont bénéficié de programmes de formation financés par la Suisse, visant principalement à renforcer l’employabilité et à favoriser la création d’emplois.
Invité vendredi 26 septembre 2025 sur les ondes de la Radio nationale, Buratti a rappelé que la Suisse compte 103 entreprises installées en Tunisie, opérant dans divers secteurs, notamment l’industrie manufacturière. Ces sociétés offrent à elles seules plus de 14 000 postes de travail.
Il a également souligné que le programme de développement et de coopération tuniso-suisse, lancé en 2014 pour une durée de dix ans, s’achève cette année. Un nouveau cycle couvrant la période 2025-2028 a été mis en place, axé sur le développement économique, tout en veillant à un équilibre entre dimensions économique et sociale.
Des investissements qui comptent
De son côté, Ahlem Haj Ammar, présidente de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-suisse, a précisé que les entreprises helvétiques se classent au dixième rang en Tunisie en matière d’investissements directs étrangers, mais occupent la cinquième place en termes de création d’emplois.
Elle a cité l’exemple d’une société suisse installée de longue date en Tunisie dans le secteur des matériaux de construction, qui emploie à elle seule 3 000 travailleurs.
Avec de tels chiffres, la coopération économique tuniso-suisse confirme son rôle moteur, contribuant à la fois à l’attractivité du site tunisien et au renforcement du marché de l’emploi local.
Rencontre avec Damien Cazé, DGAC française, en marge de la visite de travail qu’il a effectuée en Tunisie le 8 juillet 2025.
Vous avez rencontré le ministre du Transport et le directeur général de l’aviation civile tunisienne. A la lumière de cette dernière rencontre, comment se porte aujourd’hui la coopération entre la Tunisie et la France en matière d’aviation civile ?
La relation entre la France et la Tunisie est à l’image de la coopération bilatérale entre les deux pays. Elle est à la fois historiquement riche, très fournie, très cordiale, empreinte de confiance et surtout avec de beaux projets pour l’avenir. Nous avons effectivement des relations très denses, assez saisonnières pendant la période estivale mais également très régulières pendant la période hivernale.
Cela montre la densité et l’intensité des relations qui existent entre les deux pays sachant qu’il y a, à la fois, un flux de Français qui vont en Tunisie comme un flux de Tunisiens qui se rendent en France.
A mon avis, notre relation est très équilibrée. Il y a de même un équilibre en termes de relations au niveau des compagnies aériennes parce que nous avons, d’une part, les compagnies tunisiennes qui sont performantes et de l’autre côté les compagnies françaises qui sont présentes sur un créneau de la relation franco-tunisienne et elles sont autant développées en matière de flux aérien.
Quant aux deux administrations, elles ont beaucoup en commun historiquement et partagent une même vision de l’aviation dans un monde décarboné et fait de relations économiques sur un plan d’équilibre.
Les deux administrations veulent aussi renforcer leurs relations en matière de sécurité, de sûreté, de formation des pilotes et de management. Nous avons donc plein de projets en commun. C’est pour cela que nous entendons signer dans les mois qui viennent un accord de coopération entre les deux pays qui va permettre, de front, d’ancrer davantage ces avancées et d’ouvrir de nouvelles perspectives.
La Tunisie ambitionne d’atteindre la barre des 2 millions de touristes français à l’horizon 2030, ce qui augmentera les besoins en capacités aériennes, en slots au départ notamment des deux principaux aéroports parisiens et probablement aussi à une révision des accords aériens actuels. Quel est votre point de vue sur le sujet ?
Nous sommes tout à fait d’accord pour développer le tourisme et le flux aérien avec la Tunisie. Nous ferons tout pour accompagner ce projet des Tunisiens avec une relation équilibrée dans notre accord aérien.
Nous sommes évidemment à la disposition de la partie tunisienne pour permettre cette évolution équilibrée. Après, il y a des règles qui sont propres à la répartition des créneaux et aux aéroports de Charles de Gaulle et d’Orly.
Il faudrait donc que ce développement s’inscrive dans ces règles de droit qui ne peuvent pas aller à l’encontre des droits historiques des autres compagnies. Nous espérons également que les compagnies tunisiennes reprennent une part importante de ce marché mais aussi que les compagnies françaises puissent avoir un accroissement de ce flux entre les deux pays.
C’est non seulement une possibilité mais un vrai enthousiasme pour la partie française.
On évoque souvent la saturation du ciel qui provoque des perturbations dans la gestion du trafic aérien. En tant que régulateur, qu’est-ce qui est entrepris notamment par la DGAC française pour atténuer les conséquences de cette situation, je pense notamment à l’impact sur les vols entre la France et la Tunisie ?
L’encombrement du ciel est mécanique et il est dû au développement du trafic, surtout aux moments de pointe. Ce qui fait que nous avons un encombrement des avions étant donné que nous ne pouvons pas avoir un nombre infini d’avions dans l’espace ; et en même temps, nous devons avoir les moyens au sol permettant de gérer ce trafic.
C’est vrai que nous avons un encombrement notamment dans le ciel européen que l’on peut constater aux moments de pointe, notamment le vendredi soir, les dimanches tard et pendant les jours de grands départs, auxquels on ajoute des conditions météorologiques dégradées que nous voyons de plus en plus souvent en Europe.
Cette situation crée, certes, des difficultés. En outre, il y a d’autres aléas comme les pannes techniques et les conflits sociaux, ce qui rend la vie de plus en plus difficile pour les compagnies aériennes et les passagers.
Pour cette raison, nous devons nous moderniser, renforcer nos effectifs et imaginer des voies nouvelles pour faire passer ce trafic. C’est ce que nous faisons d’ailleurs en Europe avec Eurocontrol et c’est ce que nous voulons faire également avec les DGAC française et tunisienne.
En matière d’aviation civile de manière générale, quels sont selon vous les nouveaux enjeux prioritaires pour les Etats mais aussi pour les compagnies aériennes : la décarbonation ? La sûreté et la sécurité ?
La sécurité est un impératif absolu. Dernièrement, nous avons eu encore cet événement très triste d’Air India qui impose de se poser toujours des questions et de se remettre constamment en cause.
Toutefois, je sais que les avionneurs, les administrations et les compagnies sont très mobilisés car c’est un vrai défi qu’il ne faut jamais oublier.
Le deuxième défi est la décarbonation. On ne doit pas se payer des maux et attendre 2050 pour voir une aviation totalement décarbonée. Il faut déjà montrer des progrès.
Nous le constatons avec les nouveaux avions, les carburants d’aviation durables et les nouvelles façons plus économes de piloter les avions.
Il y a, par ailleurs, d’autres défis, notamment en matière de sûreté. La menace croît et il faut toujours se mobiliser pour ne pas se laisser distancer par cette menace. Il y a de nouvelles technologies qui vont sortir. Nous devons se les approprier et les développer davantage.
Il y a, enfin, la connectivité où il y a de plus en plus de la concurrence qui est plutôt bonne dans un monde libéral auquel nous croyons. La concurrence est toujours un défi et une opportunité pour se remettre en question et pour aller conquérir de nouveaux marchés.
En fait, des concurrents vont venir et d’autres qui sont déjà là. Nous tenons, en revanche, à ce qu’ils respectent un niveau d’égalité de traitement entre les compagnies aériennes européennes et d’autres parties du monde.
Je crois que nous sommes prêts à relever ce défi et que nous sommes assez alignés avec la partie tunisienne là-dessus et notamment avec l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) pour faire en sorte que cette concurrence soit loyale.