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Code des changes : Maher Belhadj pointe le frein structurel qui gangrène l’économie

L’archaïsme du code des changes constitue le facteur central qui alimente la dépréciation du dinar, entretient le marché parallèle des devises et accélère l’exode des compétences, estime l’expert en économie et finance Maher Belhadj, expert en finance et économie. Dans une déclaration à l’Economiste maghrébin, il appelle à une réforme en profondeur de ce cadre comme condition préalable à tout rééquilibrage de l’économie nationale.

L’expert identifie le code des changes comme le nœud central des déséquilibres économiques tunisiens. Il indique qu’un code des changes efficace est celui qui autorise librement l’entrée et la sortie des flux de devises, établissant ainsi les conditions d’un marché des changes fonctionnel. Lorsque cette liberté de circulation est garantie, l’écart entre le cours officiel et le cours parallèle se réduit jusqu’à devenir marginal, supprimant la base économique du marché noir.

Le spécialiste détaille les effets pratiques d’une telle réforme pour les professionnels résidant en Tunisie. Un cadre réglementaire modernisé leur permettrait de facturer des services à des clients étrangers en devises, de recevoir ces paiements sur un compte domicilié en Tunisie, de constituer une épargne en monnaie étrangère et d’obtenir des visas pour se déplacer librement. Il cite le cas d’un professeur visiteur qui anime des conférences à l’étranger, facture en devises et rapatrie ses honoraires en Tunisie. Ainsi, ces flux de devises, rendus possibles par un code des changes adapté, alimentent directement le circuit économique national.

Notre interlocuteur établit un lien de causalité entre la rigidité du code des changes et l’exode des compétences. Tant que les résidents ne peuvent pas détenir et utiliser librement des devises et se heurtent à des restrictions lors de transactions internationales, les conditions de rétention des profils qualifiés restent insuffisantes.

 

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Le marché parallèle des devises, conséquence directe des défaillances réglementaires

Maher Belhadj analyse le marché parallèle des devises comme un indicateur direct de l’inadaptation du cadre réglementaire. Une réglementation des changes adaptée ramènerait cet écart entre le marché officiel et le marché parallèles. Ce qui rendrait le recours au marché informel économiquement non pertinent.

Le spécialiste souligne que la persistance de ce marché parallèle reflète un déficit de confiance dans le système officiel et une inadaptation de la réglementation en vigueur. Il indique que la fermeture du système prive les professionnels de toute perspective de rémunération en monnaie étrangère. Ce qui constitue un facteur structurel d’incitation au départ.

La dépréciation du dinar, illustrée par l’évolution des prix de la location touristique

Maher Belhadj illustre la dépréciation du dinar par l’évolution des tarifs de la location touristique, passés de deux cents dinars à un million, puis à trois millions, pour atteindre six millions de dinars aujourd’hui. Il attribue cette progression non à une création de valeur mais à l’effondrement du pouvoir d’achat de la monnaie nationale depuis la dévaluation de 2016 et 2017.

Le spécialiste appuie ce constat sur des données de change comparatives. Le taux de conversion, autrefois fixé à trois dinars pour un euro ou un dollar, atteint aujourd’hui huit à neuf dinars pour un euro et trois dinars quatre cents pour le dollar. Il en conclut que la valeur réelle du dinar, corrigée de l’inflation internationale, a été substantiellement réduite, affectant l’ensemble des équilibres économiques du pays.

 

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Des profils qualifiés poussés vers l’expatriation par des niveaux de rémunération insuffisants

Maher Belhadj relève que des ingénieurs, des médecins, des titulaires de masters en finance et des pilotes, formés en Tunisie, ne peuvent pas maintenir un niveau de vie correspondant à leurs qualifications avec les rémunérations proposées sur le marché local. Il indique que ces professionnels choisissent en conséquence de s’expatrier pour percevoir des rémunérations en euros ou en dollars. Il décrit ce mouvement comme un cycle où des compétences quittent le pays avant d’y réinjecter des ressources sous forme de transferts de fonds ou de missions facturées en devises. Et ce, à condition que le code des changes autorise ces flux.

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