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Le nouveau désordre mondial

Ancrées dans notre imaginaire, omniprésentes dans l’actualité, les relations internationales sont sources d’angoisse. Comme si on était face à l’inconnu. Alors que le monde demeure dans l’attente de la reprise des négociations irano-américaines, la guerre, après le génocide à Gaza, confirme un basculement.

 

Un désordre géopolitique

L’ordre international, né après la Seconde Guerre mondiale, est en phase de délitement : qu’il s’agisse des modes de régulation de l’économie (libre-échange), des modes d’organisation politique (démocratie, Etat de droit), ou des modes de résolution des conflits (diplomatie, multilatéralisme)… Les signaux se multiplient et vont dans le même sens. C’est bel et bien à la fin d’un ordre mondial que nous assistons. A défaut de puissance hégémonique capable, seule, d’imposer un nouvel ordre, nous sommes entrés dans une nouvelle ère marquée par le désordre suscité par l’affirmation de logiques impérialistes, de prédation (des territoires, des ressources, etc.).

Un tel environnement global nourrit un niveau élevé de conflictualité, d’imprévisibilité, d’instabilité et d’incertitude. La volatilité règne dans un monde chaotique, où l’invasion (de l’Ukraine au Liban) et la force semblent se normaliser. En dépit du droit international et de l’interdiction de principe de la guerre, celle-ci s’impose à nouveau comme un moyen naturel de résolution des différends, sur fond de décomposition des mécanismes du multilatéralisme onusien.

La multiplication et l’imbrication des crises donnent le sentiment d’une instabilité structurelle et permanente. Les crises contemporaines sont en effet à la fois globales, interdépendantes et systémiques. La profondeur de la crise est liée à son caractère pluridimensionnel : financier, social, écologique, démocratique et géopolitique. La résolution de tels défis dépend de la coopération. Or le paradoxe de notre temps réside dans la tendance à l’unilatéralisme et au recul du multilatéralisme dans un monde multipolaire et interdépendant. La multipolarité et le caractère transnational des enjeux mondiaux appellent une approche plus inclusive et concertée, où différents Etats et régions travaillent ensemble pour trouver des solutions communes.

 

Un désordre géoéconomique

En outre, la fin des illusions d’une « mondialisation heureuse », où tout le monde serait gagnant, fait des ravages dans les ordres socio-politiques et nourrit la montée de forces politiques extrémistes au sein même des démocraties occidentales. Les Etats-Unis assument leur rupture avec des décennies de croyance dans le libre-échange et dans l’encadrement du marché mondial par le droit international. Un mouvement protectionniste aux causes multiples, qui vont de la crise financière de 2008-2009 à la prise de conscience post-Covid des vulnérabilités de certaines chaînes de valeur dans des secteurs stratégiques.

De la crise financière de 2008 à la guerre en Ukraine en passant par le « Brexit », la réélection de Donald Trump et les crises sociales dans le « Sud global » (creusant les inégalités entre pays riches et pays pauvres), le discours sur la « mondialisation heureuse » est battu en brèche. La mondialisation, jusque-là considérée comme une force d’harmonisation et de pacification planétaire est porteuse de fragmentation et de conflictualité. Incapable de soutenir une accélération du taux de croissance et des gains de productivité, elle a généré des inégalités internes croissantes, ainsi que des réactions identitaires. Les contradictions sociales internes ont nourri les tentations d’une fuite en avant nationaliste et autoritaire. Partant, la perspective d’une prospérité généralisée, d’un marché mondial régi par une « concurrence libre et non faussée » n’est plus à l’ordre du jour. Désormais, une logique de la prédation s’affirme.

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