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Tunisie | Mandat d’arrêt contre le journaliste Zied El Hani

Un juge d’instruction du tribunal de première instance de Tunis a émis ce dimanche 26 avril 2026 un mandat d’arrêt contre le journaliste Zied El Hani, qui devrait être jugé conformément à l’article 86 du Code des télécommunications, a indiqué son avocat, Samir Dilou.

Le parquet de ce même tribunal avait ordonné la détention d’El Hani vendredi dernier pour outrage sur les réseaux sociaux suite à des propos qui lui sont attribués.

Il avait été auditionné par la 5e unité centrale de lutte contre la cybercriminalité de la Garde nationale d’El Aouina.

Un journaliste a commenté cette décision en ces termes : «Le journalisme n’est pas du harcèlement, et l’analyse objective d’une affaire classée n’est pas de la diffamation ; c’est au contraire le rôle même de l’information comme moyen de contrôle démocratique , protégé par la Constitution tunisienne et les conventions internationales.»

I. B.

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La Tunisie a de bases pour l’utilisation de l’IA dans la santé

Le Dr Moez Benali, chercheur en oncologie moléculaire et spécialiste du développement de médicaments contre le cancer, a déclaré que l’Intelligence artificielle (IA) est actuellement utilisée comme outil médical pour le diagnostic précis du cancer et le suivi des patients, en soulignant l’utilisation de nombreuses applications d’IA dans le développement de médicaments.

De la détection précoce des cancers à la conception de nouveaux médicaments, l’IA redessine en profondeur la pratique médicale et la recherche thérapeutique. Quelles promesses tient-elle réellement ? Quelles limites éthiques et scientifiques impose-t-elle ? Et comment la Tunisie peut-elle s’inscrire pleinement dans cette transformation mondiale ?

C’est pour répondre à ces questions qu’un séminaire sur le thème «La santé à l’ère de l’IA : où en sommes-nous ?» a été organisé , samedi 25 avril 2026 par le Forum tunisien du savoir et du développement humain (FTSDH) et l’Université internationale de Tunis (UIT).

Selon le Dr Benali, qui y a pris part, la Tunisie possède d’excellentes bases pour l’utilisation de l’IA dans divers domaines médicaux, mais manque d’une vision appropriée et d’une stratégie efficace pour s’y engager avec confiance et compétence. Le pays doit, selon lui, avoir une vision claire de ce qu’il veut : devenir développeur ou simplement consommateur d’IA.

Dans une déclaration à Mosaïque FM en marge d’ Ben Ali a annoncé qu’avec son équipe à l’étranger, il avait développé avec succès 11 médicaments biologiques contre le cancer, désormais homologués à l’international, ajoutant que trois autres médicaments seraient approuvés par les autorités sanitaires du monde entier d’ici septembre 2027.

Benali s’est dit prêt à collaborer avec les entreprises pharmaceutiques tunisiennes pour développer et fabriquer des médicaments localement, et a appelé à une législation autorisant la production biologique de médicaments en Tunisie.

I. B.

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Troubles au Mali | La Tunisie doit sécuriser ses frontières terrestres !

Ce qui se passe aujourd’hui au Mali ce ne sont pas des troubles dans un pays lointain, mais une menace directe et urgente pour la sécurité nationale tunisienne. La Tunisie doit donc prendre les plus grandes précautions pour sécuriser ses frontières désertiques les plus reculées ainsi que ses frontières terrestres avec l’Algérie et la Libye…

Sami Jallouli *

Ce que vit aujourd’hui le Mali n’est pas un simple trouble passager, mais un profond bouleversement géopolitique. Le problème dépasse le cadre des attaques internes ou des conflits locaux ; nous sommes désormais confrontés à un contexte régional complexe où les agendas de puissances étrangères rivales se croisent, rendant la stabilité du Maghreb, y compris celle de la Tunisie, extrêmement fragile.

La Mauritanie a récemment protesté contre l’incursion des forces régulières maliennes sur son territoire national…

Au niveau régional, le régime malien a déclaré son soutien explicite au Maroc sur la question du Sahara occidental et à l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine…

Relation tendue entre l’Alger et Bamako

Alors que le Maroc et l’Algérie connaissent une crise diplomatique et sécuritaire prolongée depuis les années 1990, exacerbée par l’embargo énergétique depuis 2021, l’Algérie a connu une rupture similaire avec Bamako en 2025. Cette rupture a fait suite à l’annonce par l’Algérie de la destruction d’un drone à sa frontière avec le Mali, à la dénonciation par Bamako de l’Accord de paix d’Alger de 2015 et à son accusation selon laquelle l’Algérie soutient des mouvements séparatistes…

Dans ce climat tendu, la coordination et la coopération algéro-mauritaniennes se renforcent…

Même les grandes alliances ne sont pas épargnées par cette complexité. La Russie, garante de la sécurité du régime malien actuel et liée historiquement à l’Algérie, semble désormais en désaccord avec cette dernière quant à la gestion de la crise malienne. Tandis que le Mali accuse l’Algérie de soutenir les rebelles de l’Azawad, l’Algérie réplique en accusant Bamako de collaborer avec des acteurs régionaux pour la déstabiliser…

Cette situation explosive laisse présager une explosion imminente qui pourrait déborder les frontières et embraser tous les pays voisins. Il ne s’agit plus simplement d’une rébellion touareg ou d’attaques de groupes armés ; le Mali est devenu un champ de bataille par procuration où convergent des intérêts internationaux conflictuels, contraignant la Tunisie à l’état d’alerte maximale…

La principale préoccupation aujourd’hui est l’extension du conflit et les vagues de déplacements massifs de population qui en résultent, du Mali vers l’Algérie, puis vers la Tunisie ou la Libye. Le danger réside non seulement dans le nombre de personnes déplacées, mais aussi dans leur identité, leurs origines et leurs nationalités.

Les groupes armés peuvent s’infiltrer facilement

Parmi des milliers de civils, des éléments radicaux liés à des groupes armés peuvent facilement s’infiltrer par les routes désertiques accidentées. Le danger s’intensifie si l’Algérie, sous le poids de ses pressions sécuritaires et économiques, décide de ne pas absorber ces afflux massifs de personnes, faisant de la Tunisie une destination inévitable. Ceux qui arrivent du Sahel sont souvent porteurs d’une idéologie radicale et possèdent une vaste expérience du combat acquise dans les rudes environnements désertiques…

Du point de vue de la sécurité, le vaste désert ne peut être patrouillé par les seuls moyens humains traditionnels. La Tunisie doit activer de toute urgence des systèmes de reconnaissance aérienne par drones de pointe et les relier à des centres d’opérations s’appuyant sur l’intelligence artificielle, afin de distinguer avec précision les mouvements de civils déplacés de ceux des groupes armés organisés, quelles que soient les conditions naturelles…

Ce qui se passe au Mali n’est pas un trouble dans un pays lointain, mais une menace directe et immédiate pour la sécurité nationale tunisienne. La Tunisie doit donc faire preuve de la plus grande prudence et vigilance.

Protégez vos frontières, non seulement par la force militaire, mais aussi par une vigilance technologique de pointe et une coordination régionale intelligente, car la stabilité de la Tunisie et du sud de la Méditerranée repose avant tout sur la sécurisation de ce point crucial au cœur de notre désert et de nos frontières terrestres…

* Expert juridique.

Page facebook de l’auteur.

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Non à la surconsommation quotidienne de pain blanc !

Le pain blanc occupe une place centrale dans nos habitudes alimentaires en Tunisie. Dans beaucoup de foyers, il est le premier aliment posé sur la table, symbole de partage et de générosité. Pourtant, consommé en excès, il participe souvent à un modèle alimentaire défavorable à la santé cardiovasculaire.

Dr Faouzi Addad *

Notre pays figure parmi les plus gros consommateurs de pain, avec une consommation estimée à près de 74 kg par personne et par an.

Sur le plan nutritionnel, le pain blanc est préparé à partir de farine raffinée, appauvrie en fibres et moins rassasiante que les versions complètes. Il apporte principalement des glucides rapidement digestibles, pouvant favoriser des élévations rapides de la glycémie, surtout lorsqu’il est consommé seul ou accompagné de produits sucrés.

Dans un contexte de sédentarité et d’excès calorique global, une consommation élevée et répétée de pain blanc peut contribuer :

• au surpoids ;

• à la résistance à l’insuline ;

• au diabète de type 2 ;

• à l’hypertension artérielle, notamment lorsque l’alimentation est également riche en sel.

Le matin, l’association pain blanc + confiture + pâte à tartiner + boisson sucrée constitue un petit-déjeuner à fort impact glycémique, peu rassasiant à long terme.

La meilleure alternative reste de privilégier le «pain complet ou intégral», plus riche en fibres, vitamines et minéraux. Les études montrent qu’une consommation plus importante de céréales complètes est associée à un risque plus faible de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires.

Mais le point essentiel reste la «quantité consommée». Même un pain de bonne qualité, pris en excès, reste un apport calorique important.

Conseils simples :

• réduire la taille des portions ;

• éviter de manger du pain à chaque repas par automatisme ;

• limiter les associations avec sucre ajouté ;

• accompagner le pain de protéines et de bons lipides (œufs, fromage frais, huile d’olive, thon, avocat, légumineuses) ;

• varier avec d’autres sources de glucides de meilleure qualité.

Le pain n’est pas un ennemi. Le vrai problème est la «surconsommation quotidienne de pain blanc», devenue trop souvent normale.

* Professeur en cardiologie.

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L’Italie relance le port de Zarzis en Tunisie

Le port de Zarzis, au sud-est de la Tunisie, a accueilli ce matin, dimanche 26 avril 2026, son premier porte-conteneurs, marquant ainsi le lancement de sa première ligne maritime internationale régulière reliant les ports commerciaux de Zarzis et de Radès à ceux de Gioia Tauro (Italie) et de Tripoli (Libye). Selon un communiqué du ministère des Transports, le port a reçu environ 407 conteneurs vides, qui seront livrés aux clients et rechargés dans ce port avant la mi-mai 2026.

L’approbation de cette activité commerciale pour le port de Zarzis s’inscrit dans le cadre de la contribution au développement de l’activité économique et de la stimulation du commerce dans la région sud-est de la Tunisie, et répond aux demandes de nombreuses entreprises implantées dans la région et concernées par l’activité d’exportation via le port commercial de Zarzis, et vise à stimuler l’investissement dans la région en réduisant le coût du transport et les délais de transit des marchandises en général et en tirant parti des capacités disponibles dans ce port.

Il convient de noter que l’ensemble des équipements et installations nécessaires ont été mis en place pour assurer le bon déroulement des opérations de chargement, de déchargement et de manutention des conteneurs par les différentes autorités, agences et entreprises impliquées dans le port.

Par ailleurs, le port commercial de Zarzis se prépare actuellement à entamer des travaux de dragage d’ici la fin de l’année. Ce projet vise à permettre au port d’accueillir des navires plus grands, d’un tirant d’eau allant jusqu’à 11 mètres, pour le trafic commercial et de croisière, tout en garantissant la sécurité de la navigation maritime.

Dans un post Facebook en date du 20 avril, le consultant tunisien basé en Suisse, Sami Jallouli, avait souligné l’importance que les Italiens accordent désormais au port de Zarzis comme un point focal pour leur commerce avec l’Afrique.  «Les Italiens perçoivent le port de Zarzis comme une plateforme maritime stratégique, alliant les avantages douaniers des zones franches, la rapidité logistique due à la proximité géographique et la sécurité commerciale nécessaire pour accéder au prometteur marché libyen», a-t-il notamment écrit. Et d’ajouter : «Selon les informations disponibles, le projet prévoit une liaison ferroviaire avec l’aéroport international de Tozeur, offrant ainsi un accès aérien à plusieurs continents. Par ailleurs, plusieurs sociétés portuaires internationales seraient intéressées par le projet, et une forte concurrence pourrait s’engager entre DP World et QTerminals (Qatar), toutes deux cherchant à étendre leurs investissements à l’étranger au-delà du Moyen-Orient.»

Sami Jallouli s’interroger ensuite, à juste titre, comme pour indiquer aux autorités tunisiennes l’orientation à suivre pour la promotion du port de Zarzis dont la position stratégique se confirme de jour en jour : «Le port de Zarzis bénéficierait-il d’investissements importants pour moderniser ses quais, améliorer ses technologies de gestion et construire des entrepôts intelligents de nouvelle génération ?»

I. B.

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Sécurité cybernétique | Entraînement conjoint tuniso-américain

L’Agence tunisienne des renseignements et de la sécurité pour la défense (ARSD) et la Brigade de protection cybernétique de la réserve de l’armée américaine (ARCBP) ont mené un entraînement conjoint en matière de sécurité pour la première fois lors d’African Lion 26 à Tunis, en Tunisie, le 21 avril 2026. (Photo : Sergent de première classe Andrew Mallett.)

C’est ce que rapporte le site de défense américain Dvids, ajoutant qu’African Lion 2026 (AL26) est le plus grand exercice conjoint annuel du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (Africom), conçu pour renforcer les capacités de sécurité collectives des États-Unis, des nations africaines et de leurs alliés internationaux.

Codirigé par la Force opérationnelle de l’armée américaine pour l’Europe du Sud et l’Afrique (Setaf-AF) du 20 avril au 8 mai 2026 et mené au Ghana, au Maroc, au Sénégal et en Tunisie, l’exercice AL26 mobilise plus de 5 600 personnes issues de plus de 40 pays, en s’appuyant sur l’innovation pour renforcer la sécurité régionale sous l’égide des partenaires.

I. B. (avec Dvids).

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La redistribution des puissances

Dans un monde où les règles ne sont plus crues, les peuples cherchent dans le leader ce que le réel ne garantit plus. Il est des moments dans l’histoire où les nations ne se contentent plus d’agir. Elles révèlent.  

Manel Albouchi

Nous avons longtemps cru, peut-être trop longtemps, vivre dans un monde structuré, organisé autour d’un centre, d’une gravité politique, d’une loi implicite. Ce centre n’a pas disparu. Mais il ne fait plus autorité.

Ce basculement ne produit pas immédiatement le chaos. Il engendre quelque chose de plus subtil : une transformation du lien entre les acteurs, une fragilisation des repères, une mutation de la croyance.

Le monde n’est plus organisé par une évidence partagée, mais traversé par des incertitudes concurrentes. Dans cet espace liminal, où l’ordre persiste sans convaincre, trois puissances avancent, non pas comme une alliance, mais comme une fissure : Iran, Russie et Chine.

L’illusion d’un bloc

La tentation est grande de les désigner comme un bloc. De simplifier. De nommer une coalition. Mais cette lecture, si elle rassure, ne résiste pas à l’analyse. Ce que nous observons n’est pas une alliance structurée, mais une convergence de refus : refus d’un monde unipolaire, refus d’une norme imposée, refus d’un centre unique incarné par les États-Unis.

Ils coopèrent, échangent, coordonnent. Mais ils ne fusionnent pas. Car chacun porte une temporalité propre et, plus profondément, une angoisse collective spécifique.

Un phénomène, plus discret mais décisif, traverse cette reconfiguration : l’érosion de la norme. Le droit international, longtemps perçu comme cadre régulateur, apparaît désormais comme sélectivement appliqué. Les interventions se justifient différemment selon les acteurs. Les violations ne produisent pas les mêmes conséquences. Les sanctions ne sont pas universelles.

Ce décalage ne génère pas seulement des tensions politiques. Il produit une désorganisation symbolique. Car une règle n’existe pas uniquement parce qu’elle est écrite. Elle existe parce qu’elle est crue comme applicable à tous. Lorsque cette croyance se fissure, ce n’est pas seulement la règle qui s’affaiblit. C’est la confiance dans l’ensemble du système.

Dans la perspective de Paul Ricoeur, toute norme repose sur une forme de confiance partagée, une narration implicite du juste et de l’injuste. Lorsque cette narration se fragmente, le monde commun lui-même se désagrège.

Idéal du moi et Nom-du-Père

Face à cette fragilisation, le sujet, individuel ou collectif, ne disparaît pas. Il se réorganise. Et lorsque la loi ne structure plus suffisamment le réel, l’identification prend le relais. Ce déplacement peut être éclairé par deux concepts fondamentaux.

Chez Sigmund Freud, le leader peut venir incarner l’Idéal du moi : cette instance à laquelle le sujet aspire, celle qui donne une direction, une cohérence, une image valorisée de soi. Dans les moments d’incertitude, cet idéal se projette sur une figure extérieure qui semble concentrer force, clarté et décision.

Chez Jacques Lacan, le Nom-du-Père désigne la fonction symbolique qui organise le monde par la loi, qui introduit la limite et structure le réel. Lorsque cette fonction s’affaiblit non pas en disparaissant, mais en perdant son caractère universel, elle laisse place à des incarnations partielles.

Ainsi, le leader contemporain n’est plus seulement un représentant politique. Il devient à la fois : un support de l’Idéal du moi, un substitut local du Nom-du-Père et un point d’identification dans un monde désorganisé.

C’est dans ce déplacement que s’inscrit le phénomène de l’identification au leader : non plus simplement adhérer, mais se reconnaître dans celui qui semble restaurer une cohérence perdue.

Trois formes d’identification

L’Iran agit à partir d’une mémoire historique dense, marquée par les ruptures et les ingérences. Sa stratégie repose sur la continuité, la résistance et le contournement. Le détroit d’Ormuz devient levier, les réseaux deviennent prolongement, la pression devient langage.

Mais au-delà de la stratégie, le pouvoir prend une forme particulière : il circule, se transmet, s’inscrit dans une continuité souvent invisible. À travers des figures comme Mojtaba Khamenei, il se déploie dans la filiation et le symbolique. L’identification ne se fait pas seulement à un individu, mais à une fonction : celle de la permanence.

La Russie agit à partir d’une blessure : la perte de son statut de centre après l’effondrement de l’Union soviétique. Dans cette faille, le pouvoir prend la forme d’une restauration. Vladimir Poutine incarne cette dynamique : non pas simplement comme dirigeant, mais comme opérateur de réparation symbolique. Son style marqué par la méfiance, l’anticipation et la gestion du rapport de force, répond à une angoisse collective : celle de l’humiliation et de la disparition. L’identification s’organise ici autour d’une fonction de protection.

La Chine, à l’inverse, répond à la crise par l’organisation. Son horizon n’est pas l’urgence, mais la continuité. Avec Xi Jinping, le pouvoir s’inscrit dans le temps long : discipline, planification, centralisation.

L’héritage de la Révolution culturelle chinoise a laissé une empreinte durable : la nécessité de prévenir toute désorganisation du réel. L’identification y est moins émotionnelle, mais plus structurelle : elle se fait à un principe d’ordre.

Le monde sans garant

Ce qui vacille aujourd’hui dépasse la seule géopolitique. C’est une fonction symbolique qui se fragilise.

Pendant des décennies, le monde reposait implicitement sur un garant, une instance capable d’organiser les règles du jeu. Aujourd’hui, cette fonction se fissure.

Dans la lecture de Jacques Lacan, ce moment pourrait être interprété comme une crise du Nom-du-Père : non pas sa disparition, mais sa fragmentation. Chaque puissance propose désormais sa propre cohérence. Chaque espace produit ses propres normes. Le monde devient un champ de subjectivités politiques plutôt qu’un système ordonné.

Dans cette configuration, comme l’a suggéré René Girard, la violence ne disparaît pas avec la loi. Elle se transforme. Elle devient diffuse, mimétique, difficile à contenir.

Iran. Russie. Chine. Trois trajectoires. Trois blessures. Trois stratégies. Mais aussi trois figures. Ce qu’elles révèlent, ce n’est pas seulement une redistribution des puissances. C’est une transformation du lien politique lui-même. Le monde cesse d’être organisé par une loi commune. Il devient un espace d’identifications concurrentes, où la stabilité ne repose plus sur la norme, mais sur les figures qui prétendent l’incarner.

Le basculement du monde ne commence pas lorsque les puissances s’opposent, mais lorsque les règles cessent d’être crues et que les peuples, privés de norme, cherchent dans le leader ce que la loi ne garantit plus.

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Tunisie | Le CRLDHT dénonce une «dérive inquiétante»

Dans un communiqué publié samedi 25 avril 2026, le Centre pour e respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) parle d’une «dérive inquiétante et assumée» qui «se confirme jour après jour, marquée par la multiplication des poursuites judiciaires, la répression des voix critiques et la dégradation alarmante des conditions de détention de figures politiques, médiatiques et de la société civile.»

L’Ong tunisienne basée à Paris parle d’un «climat de répression croissante contre journalistes, opposants et société civile» et passeen revue les derniers faits enregistrés la semaine écoulée en lien avec les droits humains en Tunisie, notamment la suspension de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH) pour un mois, les «pressions accrues sur les associations», notamment le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) et Al-Khat, éditrice du webzine Inkyfada; le journaliste Zied Heni placé en détention «pour une opinion critique sur les réseaux sociaux»; Jawhar Ben Mbarek au 28e jour de grève de la faim en prison; l’état de santé préoccupant de Chaïma Issa, également en prison; l’ex-bâtonnier Chawki Tabib incarcéré et Sihem Ben Sedrine, l’ex-président de l’Instance Vérité et dignité (IVD) menacée de détention.  

Ces cas ne sont pas isolés et s’inscrivent dans «une offensive plus large contre la liberté de la presse et les médias indépendants», souligne encore le CRLDHT, qui évoque, également, «la situation des détenus politiques atteint un niveau alarmant», notamment ceux condamnés dans l’affaire dite de «complot contre la sûreté de l’État», dont certains à des peines allant jusqu’à 66 ans de prison.

L’Ong appelle les autorités tunisiennes à«libérer immédiatement et sans condition tous les prisonniers politiques et d’opinion en Tunisie, ainsi que toutes les personnes détenues pour l’exercice pacifique de leurs droits et libertés fondamentales.»

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Washington | Trump échappe à une nouvelle tentative d’assassinat

Pour la première fois, samedi 25 avril 2026, Donald Trump assistait en tant que président au dîner de gala annuel organisé par l’association des journalistes accrédités à la Maison Blanche (WHCA), lorsque des tirs ont été entendus dans les couloirs de l’hôtel Hilton de Washington, où se déroulait l’événement, et des agents en uniforme ont investi la tribune pour évacuer le président.

Les personnes assises à la tribune ont également été évacuées, dont son épouse, Melania, le vice-président, J. D. Vance et la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.

L’assaillant, aux motivations encore inconnues, a été neutralisé avant de parvenir à la salle de réception. Il s’appelle Cole Allen, un homme de 31 ans qui aurait suivi des études d’ingénieur, habitant à Torrance, dans la banlieue de Los Angeles, dans une maison à deux étages, décrite comme «modeste» par le New York Times.

Trump décrit un «loup solitaire», ajoutant : «Personne ne m’avait dit que c’était une profession si dangereuse».

Trump évacué en catastrophe.

L’homme a ouvert le feu à l’extérieur de la salle de réception, au niveau des portiques de sécurité près du hall, tentant de forcer le passage. Les agents du Secret Service l’ont maîtrisé et interpellé. Trump lui-même a diffusé la photo de l’assaillant sur Truth Social, torse nu et menotté dans le dos, allongé sur la moquette de l’hôtel.

Selon Trump, les services de sécurité ont fait «un bien meilleur travail qu’à Butler», où il avait été la cible d’une tentative d’assassinat en 2024 lors d’un meeting de campagne dans l’État de Pennsylvanie.

I. B.

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Salah El Gharbi publie ‘‘L’Etau’’, son 6e roman

Salah El Gharbi, romancier et essayiste, vient de publier chez Contraste éditions, à Tunis (mars 2026, 184 pages), ‘‘L’Étau’’, son septième roman, où il plonge le lecteur dans l’univers inquiétant de Bassam, un vieil écrivain pourchassé et persécuté par une force occulte cherchant, fébrilement, à le museler.

Dans cette atmosphère tendue, minée par une menace permanente, l’impitoyable «Machine», au pouvoir tentaculaire, est donnée à voir, elle-aussi, en désarroi, prise au piège de son propre dessein.

‘‘L’Étau’’, c’est aussi, l’histoire de Najla, cette jeune femme qui se débat, ardemment et désespérément, à la recherche d’une existence, à la fois paisible et exaltée.

Ainsi, à travers un jeu subtil, le récit met en scène les deux personnages principaux du roman, et nous retrace le parcours de ces deux destinées frustrées, éprouvées par la vie, en quête de sérénité et d’équilibre dans un monde brutal et incertain.

Les deux premiers romans de l’auteur, ‘‘Perditions’’ a reçu le Prix Comar du Premier roman en 2004 et ‘‘Et quand mes nuits se souviennent’’ le Prix spécial du jury Comar 2007.

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Le poème du dimanche | ‘‘A Douz… Souvenir d’un temps lointain’’ de Noureddine Bettaïeb

Né en 1967 à Douz, dans le sud tunisien, Noureddine Bettaïeb est poète, essayiste, documentariste, animateur culturel. Après des études en sociologie, il rejoint le journalisme.

A publié en arabe, divers recueils de poésie,  dont : Poèmes mélancoliques, 1993 ; Pluies d’été, 1997.(trad. en français par Hédi Khelil) ; Toi solitude …comme une herbe dans les sables, (trad. en français par Amel Safta); Prières pour le sable, 2014.

Tahar Bekri

A tes yeux

L’innocence de mon enfance

Son ciel blanc

L’odeur de ma mère

La craie de mon école

Et ma gomme

Mes chevaux verts.

A tes yeux

Les pluies d’un automne lointain

Les chansons d’amour dans les mariages au désert

Comment t’appellerais-je ?

Mon poème

Ma chanson

Etoile du matin

Hivers de souvenirs

Ou étés de soif

Et de sables

Le cœur te chantait

Le long des années

Mais la voix s’est perdue

Dans l’affliction de ce monde

Ton chanteur est maintenant seul

Ni les amis ne sont des amis

Ni les proches ne sont es proches

Ni le sable

N’est Sable

Rends à ton prince

La joie de son enfance et de sa jeunesse

Les chansons qu’il fredonnait dans les nuits de distance

Les versets du Coran

Rends-lui

La tristesse des fêtes

Les hirondelles de pluie

Portant le salut des enfants isolés

Vers la Maison de Dieu

Comment s’est-il perdu ton prince ?

Comment a-t-il été trahi par les amis

Les soldats

Et les amantes

Même les papillons de jeunesse

Ont trahi

Les poèmes

Fatima

Mohamed qui n’a pas pris de ses nouvelles

Depuis des années

La musique de la nuit

Dans les palmeraies

Sans voix

Ton prince est fatigué des souvenirs

Et des voyages

Rends à ton prince son burnous*

Et les clefs de l’univers

Prends-le entre tes mains comme un orphelin

Donne-lui à boire de l’affection de tes yeux pluvieux

Ton prince est fatigué des pérégrinations     

Et dus souvenirs

Tunis, décembre 2009

Traduit de l’arabe par Tahar Bekri, « Comme une pluie qui tombe dans mon cœur » (inédit),

(Remerciements à l’auteur)

* Habit traditionnel

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Tunisie | Le télétravail pour lutter contre l’absentéisme

En Tunisie, les taux d’absentéisme sont plus élevés chez les jeunes que chez les travailleurs plus âgés, pour des raisons objectives, dont les conditions de travail et les bas salaires, qui contraignent les individus à cumuler plusieurs emplois, entraînant ainsi de l’absentéisme dû à la fatigue quotidienne et à la baisse de productivité dans leur activité principale.

C’est ce qu’a indiqué le professeur Lotfi Benour, spécialiste en économie du travail, dans une déclaration à Mosaique FM en marge de sa participation à un forum organisé par l’Association tunisienne des inspecteurs du travail (Atit), le jeudi 23 avril 2026 à Hammamet, sur le thème «Lutter contre l’absentéisme : stratégies juridiques, sociologiques et de gestion des ressources humaines».

L’absentéisme est un phénomène mondial, et non propre à la Tunisie, mais que ses causes et ses indicateurs varient d’un pays à l’autre, a encore souligné M. Bennour, ajoutant que l’on peur remédier à ce phénomène par trois solutions principales : le télétravail, les plateformes technologiques ou l’expérimentation de la semaine de quatre jours, une approche qui a fait ses preuves dans plusieurs pays, et dont on pourrait s’inspirer.

M. Bennour a confirmé que le taux d’absentéisme en Tunisie se situe dans la moyenne mondiale, autour de 4 à 5 % dans le secteur privé, hommes et femmes confondus, contre 6 % dans le secteur privé français. Ce taux ne reflète pas une aversion des Tunisiens pour le travail ; il témoigne au contraire d’une forte éthique professionnelle et d’une culture du travail positive.

M. Bennour a appuyé ses propos en citant des indicateurs d’investissements directs en Tunisie, qui ont augmenté de 30 % en 2025, créant environ 14 000 emplois. Selon lui, cela démontre que les Tunisiens sont travailleurs, c’est pourquoi ils continuent d’attirer des investissements directs étrangers au pays.

Revoir le cadre juridique du travail

De son côté, le professeur d’université Nouri Mzid, également cité par Mosaïque, a indiqué que l’absentéisme en Tunisie est élevé dans le secteur public, atteignant près de 15 %, contre une moyenne mondiale de 5 %. Ce taux est globalement plus faible dans le secteur privé, oscillant entre 6 % et 7 %.

D’après le professeur Mzid, l’absentéisme est fréquent dans les secteurs du textile et de l’industrie manufacturière, et s’accentue pendant l’été, le Ramadan et la saison des récoltes d’olives, les travailleuses préférant profiter de ces périodes pour augmenter leurs revenus.

Concernant les raisons de l’absentéisme, M. Mzid a indiqué qu’elles vont des mauvaises conditions de travail aux difficultés de transport.

M. Mzid, qui a présidé ledit forum, estime que les facteurs contribuant à ce phénomène sont multiples et interdépendants, nécessitant ainsi des solutions diverses. Et dans ce cadre, la prévention reste primordiale, plutôt que les mesures disciplinaires qui, à elles seules, ne suffisent pas.

Si le taux d’absentéisme est plus élevé dans une entreprise que dans d’autres opérant dans le même secteur, cette entreprise devrait examiner les facteurs internes tels que l’environnement de travail, l’équipe et le style de management.

En conclusion, M. Mzid a affirmé que les approches juridiques actuelles, telles que les conventions collectives, dont certaines remontent à 1973, bien qu’elles abordent et légitiment certaines problématiques liées au travail, sont insuffisantes et obsolètes, et doivent être actualisées pour refléter les exigences de nos vies modernes.

I. B.

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Al-Joumhouri dénonce «un climat de peur» en Tunisie

Le Parti républicain (Al-Joumhouri) a exprimé sa pleine solidarité avec le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), qui, selon lui, paie le prix de ses prises de position courageuses en faveur de la défense des droits économiques et sociaux.

Ce parti dont le chef, Issam Chebbi, est incarcéré depuis février 2023, condamné dans l’affaire dite de «complot contre l’Etat», avec des dizaines d’autres activistes de l’opposition, a également condamné, dans un communiqué sur sa page Facebook, la décision de suspendre la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) pour un mois, une mesure qu’il considère comme un dangereux précédent visant une organisation historique, véritable rempart des droits et libertés en Tunisie.

Al-Joumhouri, dont le co-fondateur, Ahmed Néjib Chebbi, est lui aussi incarcéré et condamné dans la même affaire, a affirmé que la situation actuelle n’est pas une simple application sélective de la loi, mais bien «un élément d’un projet politique visant à démanteler la société civile et à instaurer un climat de peur et de silence pour masquer les défaillances politiques, économiques et sociales qui accablent le pays», selon le termes du communiqué.

Le Parti républicain a réaffirmé son engagement envers un État civil démocratique, appelant à la libération du journaliste Zied El-Hani, mis en garde à vue il y a deux jours, à l’annulation immédiate de la décision de geler les activités de la Ligue, à la fin du «ciblage» du FTDES et d’autres organisations indépendantes, à l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires, administratives et financières contre les associations et les médias indépendants, et au respect des obligations internationales de la Tunisie en matière de droits et libertés.

 I. B.

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OIM | Bureau à Tunis axé sur le retour volontaire des migrants

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations Unies a organisé, le 23 avril 2026, une journée portes ouvertes d’information à son siège de Tunis, pour faciliter l’accès des migrants aux services disponibles, à l’assistance médicale et aux documents de voyage, ainsi que le programme d’assistance au retour volontaire et à la réintégration (AVRR).

Lors de cette journée, les participants ont pu rencontrer les équipes de l’organisation, s’informer sur les programmes de soutien en cours et bénéficier d’entretiens individuels.

L’OIM a également fourni une assistance ciblée aux personnes ayant des besoins spécifiques, notamment par le biais de consultations médicales et d’un soutien à l’obtention de documents de voyage.

Au cœur de cette initiative se trouve le programme AVRR, qui permet aux migrants intéressés de retourner dans leur pays d’origine dans des conditions définies par l’organisation comme étant sûres, dignes et éclairées.

Le programme comprend une évaluation des besoins individuels, un soutien administratif, l’organisation des voyages et un accompagnement à la réintégration, visant à favoriser une réinsertion durable dans leurs communautés d’origine.

Les personnes intéressées ont également pu s’inscrire directement au programme lors de la journée portes ouvertes.

Selon les données publiées par l’OIM et relayées par la presse, en 2025, l’organisation a facilité le retour volontaire de 8 853 migrants vers leur pays d’origine, tandis que 1 760 bénéficiaires ont reçu un plan de réintégration personnalisé.

Depuis début 2026, plusieurs vols de retour volontaire ont été organisés. L’OIM présente le retour volontaire accompagné comme un outil de protection pour les personnes bloquées ou vulnérables, mais il reste un sujet de débat parmi les organisations humanitaires et les acteurs de la société civile, qui s’interrogent souvent sur les conditions matérielles dans lesquelles la décision de retour est prise.

 I. B.

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Formation et recrutement de 60 restaurateurs tunisiens en Italie

Le «Projet Tunisie», porté par Fipe-Confcommercio et Aigrim-Fipe, est officiellement lancé. Il vise à former et recruter 60 travailleurs du secteur de la restauration en Italie.

Selon un communiqué de presse de Fipe, le tournant a été une réunion institutionnelle à huis clos, organisée à Tunis le 20 avril 2026, afin de définir les modalités opérationnelles et de formation. La réunion a rassemblé la délégation italienne, le ministre tunisien de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, et des représentants d’Elis, partenaire du projet.

Lors de cette réunion, les engagements mutuels pour le lancement de l’initiative ont été renouvelés et les modalités du programme de formation ont été définies.

Ce projet pilote permettra à 60 travailleurs, possédant différents niveaux d’expérience dans le secteur, de venir en Italie pour suivre une formation de 200 heures. La formation débutera fin mai par une partie linguistique, suivie d’une formation spécialisée début juin. L’arrivée des travailleurs en Italie est prévue en juin.

Cette initiative, fruit d’un investissement important des deux associations et des entreprises directement impliquées, constitue un modèle de coopération vertueux et reproductible, susceptible d’étendre l’attractivité du secteur aux pays hors Union européenne (UE).

Partenariats public-privé pour l’emploi

La rencontre avec le ministre Chaoued a eu lieu lors de la visite de la délégation italienne à Tunis pour le «Forum tunisien-européen : Formation, emploi et mobilité dans le secteur de l’hôtellerie-restauration» (20-22 avril), un événement parrainé par l’OIT et la Commission européenne.

La délégation, composée d’Aldo Cursano, vice-président adjoint de Fipe-Confcommercio, de Riccardo Orlandi, vice-président adjoint de Fipe-Confcommercio et président d’Aigrim-Fipe, et d’Andrea Chiriatti, directeur régional de Fipe-Confcommercio, a participé au forum avec un stand dédié et des présentations lors des panels officiels, notamment une présentation d’Aldo Cursano sur les partenariats public-privé pour soutenir l’emploi dans le secteur du tourisme.

«Ce projet démontre qu’il est possible de s’attaquer sérieusement et systématiquement au problème de la pénurie de personnel dans le secteur de la restauration en développant des processus réglementés, transparents et de haute qualité. La collaboration avec les institutions tunisiennes et des partenaires qualifiés nous permet d’investir dans les compétences avant même l’arrivée en Italie, garantissant ainsi des avantages tant pour les entreprises que pour les travailleurs. Si nous parvenons à consolider et à reproduire ce modèle, nous serons en mesure de nous doter d’un outil de coopération internationale stable, capable de soutenir la compétitivité de notre secteur», a commenté Aldo Cursano.

«Ce projet représente une réponse concrète et structurée à l’un des plus grands défis auxquels est confrontée notre industrie de la restauration», a déclaré Riccardo Orlandi, président d’Aigrim-Fipe. Et d’ajouter : «Il ne s’agit pas seulement de pallier la pénurie de personnel, mais aussi de construire des parcours professionnels durables et de qualité, en investissant dans la formation avant même l’arrivée des travailleurs en Italie. C’est un modèle qui met en relation l’offre et la demande de manière transparente et efficace, garantissant la protection des travailleurs et des compétences spécifiques aux entreprises.»

I. B. (avec Ansamed.)

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Banques tunisiennes | Mirage du tout-virtuel ou abandon de souveraineté ?

Alors que le Plan de développement 2026-2030 érige la transformation digitale en pilier du redressement national, une mutation silencieuse s’opère dans les architectures de nos banques : le passage au logiciel par abonnement, hébergé à distance. Si l’agilité promise par cette informatique «prête à l’emploi» est une arme de séduction massive, elle cache un impensé stratégique : la dépossession progressive de notre patrimoine informationnel financier.

Abdelwaheb Ben Moussa *

L’informatique en tant que service est souvent présentée comme l’antidote unique à l’inertie technologique. En externalisant les cœurs de métier ou l’intelligence artificielle du back-office vers des plateformes globales, la banque semble s’affranchir des lourdeurs matérielles.

Certes, l’argument de la réduction des coûts immédiats (OpEx) est séduisant face aux investissements massifs (CapEx) qu’exigerait une mise à niveau locale. Mais cette efficacité apparente ne doit pas devenir une perfusion étrangère permanente.

Pour l’auditeur, le risque n’est pas seulement financier, il est structurel. Adopter ces solutions, ce n’est pas simplement louer un outil ; c’est accepter une dépendance dont les frais de sortie et la facturation en devises pourraient, à terme, peser plus lourd que l’effort de souveraineté initiale.

Sécurité informatique vs sûreté nationale

On objectera souvent que les géants mondiaux du secteur offrent une protection cybernétique supérieure à nos infrastructures locales. C’est un fait technique, mais c’est un leurre stratégique. Il ne faut pas confondre la sécurité du contenant — la résistance aux attaques — et la sûreté du contenu — la propriété juridique des accès.

Un coffre-fort impénétrable reste une vulnérabilité si les clés sont détenues par une autorité soumise à des lois extraterritoriales.

Comment le régulateur tunisien peut-il garantir l’étanchéité absolue du secret bancaire si nos données critiques reposent sur des infrastructures dont nous n’avons pas la maîtrise ultime ? La modernité ne peut se bâtir sur l’aliénation de nos données les plus sensibles.

Pour une troisième voie tunisienne

L’alternative n’est pas le repli sur un archaïsme sécuritaire, mais l’émergence d’une souveraineté partagée. Le parlement et les autorités de régulation doivent aujourd’hui dépasser le stade de la simple surveillance pour devenir des architectes du marché.

Le salut réside dans un modèle hybride : exploiter la puissance du virtuel pour l’innovation de façade, tout en imposant la localisation des données vitales sur un sol national ou régional. Encourager l’émergence d’une offre technologique «Made in Tunisia» est le seul moyen de concilier la rapidité d’exécution réclamée par le marché et l’exigence de sécurité réclamée par l’État.

Un choix de civilisation économique

La digitalisation ne doit pas être le faux-nez d’une nouvelle forme de colonisation numérique. Si la technologie est un levier d’inclusion financière, elle doit servir l’économie tunisienne sans lui ôter son autonomie de décision. En 2026, la maturité de notre secteur bancaire se mesurera à sa capacité à innover sans se livrer « clés en main » aux puissances technologiques extérieures.

L’agilité est une vertu, mais elle devient un vice dès lors qu’elle nous prive de notre liberté d’agir.

* Ingénieur informatique, cadre d’une banque publique.

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Tunisie | Des agri-entrepreneurs pour un investissement responsable

La mise en œuvre du programme Agri-accélérateur 360° en Tunisie franchit une étape opérationnelle avec le renforcement des capacités des comités chargés de la sélection des bénéficiaires. Cette phase vise à garantir un processus d’évaluation structuré, transparent et aligné avec les standards internationaux en matière d’investissement responsable.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en collaboration avec l’Agence de promotion des investissements agricoles (Apia), a organisé, du 20 au 24 avril 2026, à Tunis, une session de formation au profit des membres des six comités régionaux de sélection du programme Agri-accélérateur 360°.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un projet conjoint avec l’Organisation internationale du Travail (OIT), soutenu par le Fonds fiduciaire multi-donateurs pour la jeunesse et l’emploi en Tunisie. Elle vise à assurer une évaluation rigoureuse et équitable des candidatures des jeunes agri-entrepreneurs.

Le programme est déployé dans six gouvernorats (Siliana, Bizerte, Médenine, Nabeul, Sfax et Zaghouan) et cible quatre filières agricoles à fort potentiel par région.

L’appel à candidatures, lancé du 2 février au 31 mars, a permis de mobiliser un nombre important de jeunes entrepreneurs agricoles. Les dossiers sont actuellement en cours de vérification au regard des critères d’éligibilité.

Dans une première phase, 360 candidats doivent être présélectionnés (60 par gouvernorat) pour bénéficier d’un accompagnement d’orientation structuré, composé de sept sessions. À l’issue de cette étape, une évaluation complémentaire permettra d’identifier 240 jeunes (40 par gouvernorat) qui accéderont à un dispositif d’accompagnement renforcé, incluant un appui entrepreneurial, technique et en équipements.

Dans ce contexte, la formation organisée par la FAO visait à doter les membres des comités de sélection des compétences nécessaires pour conduire une évaluation rigoureuse, harmonisée et fondée sur des critères objectifs.

Les travaux ont porté notamment sur l’utilisation des outils d’évaluation, dont la grille de notation, ainsi que sur l’intégration des Principes du Comité de la sécurité alimentaire mondiale pour un investissement responsable dans l’agriculture et les systèmes alimentaires (Principes CSA-IRA).

Cet atelier a constitué une étape clé pour assurer que les profils retenus correspondent aux objectifs du programme et contribuent au développement d’entreprises agricoles viables, génératrices d’emplois et respectueuses de l’environnement.

La formation a contribué à garantir la transparence et la qualité du processus de sélection, en veillant à ce que les candidatures soient évaluées selon des critères harmonisés et alignés avec les principes de l’investissement responsable.

Ce dispositif de sélection permet d’identifier des projets portés par des jeunes entrepreneurs engagés dans le développement de leurs activités, en cohérence avec les priorités du secteur agricole.

À l’issue de cette phase, les comités de sélection engageront l’évaluation des candidatures présélectionnées. Les résultats permettront d’identifier les bénéficiaires de l’accompagnement renforcé, dont le déploiement est prévu dans les prochains mois, conformément aux modalités du programme Agri-accélérateur 360°.

Communiqué.

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Créer un assistant IA 100% souverain avec une architecture RAG

Pour une souveraineté totale, et afin qu’aucune donnée ne quitte votre infrastructure, imaginez, en une phrase, un assistant IA intelligent, qui ne dépend ni d’OpenAI, ni du cloud américain, et qui respecte totalement la confidentialité de vos données. C’est ce que permet une architecture RAG sur un cluster de calcul local (chez vous ou dans votre entreprise).

Heni Bouhamed *

Les briques techniques expliquées simplement

Comment ça marche (étape par étape) :

Ingestion : Vous chargez vos documents (PDF, bases de données, logs) dans le cluster.

Indexation : Solr les organise pour qu’ils soient cherchables rapidement (texte + sens).

Question utilisateur : Vous posez une question à l’assistant.

Recherche : Le système va chercher les passages pertinents dans Solr.

Génération : Le LLM local rédige une réponse précise en s’appuyant uniquement sur ces passages.

Résultat : une réponse juste, traçable, et sans risque de fuite de données.

Des exemples concrets prouvant que c’est important :

Santé : les dossiers patients ne quittent jamais l’hôpital.

Banque / Finance : les données sensibles restent dans le data center de l’entreprise.

Administration publique : souveraineté nationale garantie.

Start-up / PME : pas de dépendance aux géants du cloud, coût maîtrisé.

Cette architecture permet de :

– traiter descentaines de téraoctets de données brutes ;

– répondre à des millions de requêtes (ex: Black Friday) ;

– résister à des pannes machines (redondance) ;

– fonctionner sans connexion Internet possible.

En résumé,vous installez un “mini Google + ChatGPT” chez vous, totalement privé, capable de comprendre vos propres documents et d’y répondre intelligemment – sans jamais envoyer vos données ailleurs.

Cela s’adresse aux ingénieurs data, DSI d’entreprises sensibles ; toute organisation publique ou privée qui veut reprendre le contrôle de ses données.

* Senior Lecturer at Sfax University, Tunisia.

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Ibn Rochd et Al-Ghazali dans la Tunisie contemporaine

À l’occasion de la commémoration mondiale du 9ème centenaire de la naissance d’Ibn Rochd (Averroès), la projection-débat  du film ‘‘Le Destin’’, de Youssef Chahine à l’École de cinéma de Gammarth, et le colloque consacré au philosophe à la Foire internationale du livre de Tunis ce  dimanche 26 avril 2026 constituent les moments phare de cette commémoration.

Abdelhamid Larguèche *

L’exil d’Averroès porté à l’écran depuis près de 30 ans par Chahine marque la fin d’un monde, mais aussi le début d’un autre. En quittant Cordoue, la pensée perd son ancrage immédiat mais gagne en extension. Chahine rejoint ici une vérité historique : marginalisé dans le monde musulman, Ibn Rochd devient une référence majeure dans l’Europe médiévale, influençant notamment Thomas d’Aquin.

Le film propose ainsi une réflexion profonde sur la temporalité des idées. La défaite est immédiate, la victoire différée. La raison ne triomphe pas dans l’instant, mais elle survit dans la durée.

‘‘Le Destin’’ n’est pas un simple film historique ni un biopic philosophique. C’est un manifeste cinématographique en faveur de la liberté intellectuelle. En articulant critique du pouvoir, analyse de l’extrémisme et célébration de la transmission, Chahine propose une œuvre d’une actualité persistante.

Sa thèse, d’une simplicité redoutable, traverse le film : toute société est confrontée, tôt ou tard, à un choix décisif :  protéger ses penseurs ou les livrer au feu.

Le reste, comme le suggère la dernière image du film, n’est qu’une question de temps : les idées, elles, ont des ailes.

Ce film nous a inspiré cette réflexion consacrée au débat éternel et insoluble entre Averroès et Al-Ghazali, débat qui continue à hanter nos esprits au présent.

Une tension qui ne passe pas 

Il est des conflits que l’histoire ne résout pas. Celui qui oppose la raison philosophique à la transcendance religieuse est de ceux-là. Depuis des siècles, on tente de le dépasser : en conciliant, en hiérarchisant, en subordonnant. Mais rien n’y fait. La tension demeure.

C’est dans la confrontation entre Averroès et Al-Ghazali que cette tension apparaît dans sa forme la plus nette. Non comme un simple désaccord, mais comme une véritable «aporie» : une contradiction que la pensée ne parvient pas à dépasser sans se contredire elle-même.

Toute la difficulté tient dans une prétention : celle de la raison à être universelle et autonome. La raison démonstrative — héritée d’Aristote — veut établir des vérités valables pour tous, indépendamment des croyances.

Mais cette prétention est fragile. Car la raison ne pense jamais hors sol. Elle dépend des sens, du langage, de l’histoire et des contextes culturels.

Elle veut être fondement, mais elle est elle-même située. Elle veut être juge, mais elle est aussi partie prenante.

C’est cette contradiction qu’Al-Ghazali met en lumière avec une radicalité troublante.

Al-Ghazali : la limite de la causalité

Prenons un exemple concret : la causalité. Pour la philosophie aristotélicienne, reprise par Averroès, le monde est structuré par des causes nécessaires. Le feu brûle le coton, non par hasard, mais parce qu’il existe un lien réel entre les deux.

Al-Ghazali conteste cette évidence. Pour lui, ce que nous appelons «cause» n’est qu’une «habitude de perception». Nous voyons le feu brûler le coton, mais rien ne prouve que le feu est la cause du brûlement. Dieu pourrait très bien produire l’effet sans la cause.

Autrement dit : il n’y a pas de nécessité dans le monde, seulement une régularité voulue par Dieu.

Cette critique est redoutable. Elle introduit un doute radical : si la causalité n’est pas nécessaire, alors toute science devient fragile.

La réponse d’Averroès : sauver l’intelligibilité du monde

Averroès ne peut accepter cette conclusion. Car sans causalité, il n’y a plus de science, plus de connaissance possible.

Sa réponse est nette : nier les causes, c’est nier la rationalité du monde. Et nier la rationalité du monde, c’est rendre impossible toute pensée.

Pour lui, Dieu n’est pas un arbitre capricieux qui suspend les lois à chaque instant. Il est au contraire le garant de l’ordre du monde. Les causes sont réelles, et leur régularité est ce qui rend la connaissance possible.

Derrière ce désaccord, il y a deux visions incompatibles :

– un monde dépendant à chaque instant de la volonté divine (Al-Ghazali) ;

– un monde intelligible par lui-même, structuré par des lois (Averroès).

L’éternité du monde : un second point de rupture

Un autre exemple éclaire cette opposition : la question de l’éternité du monde.

Dans la tradition religieuse, le monde a un commencement : il est créé par Dieu à un moment donné.

Mais pour Aristote, suivi par Averroès, le monde est éternel. Il n’a pas de début dans le temps. Il existe nécessairement.

Al-Ghazali y voit une hérésie majeure. Car si le monde est éternel, alors Dieu n’est plus créateur au sens fort.

Averroès répond en distinguant deux registres :

– la vérité philosophique, qui démontre l’éternité du monde,

– la vérité religieuse, qui parle de création dans un langage accessible.

Mais cette solution crée une tension supplémentaire : peut-on accepter deux vérités sans les faire entrer en conflit ?

Une solution élitiste et fragile

Pour sortir de l’impasse, Averroès propose une hiérarchie des publics :

– les philosophes accèdent à la vérité démonstrative ;

– la majorité reçoit des images adaptées à sa compréhension.

La religion devient alors une pédagogie du vrai.

Mais cette solution est fragile. Elle suppose une séparation durable entre savoir et croyance, entre élite et masse. Elle pose aussi une question politique : qui décide de ce que chacun doit croire ?

Une tension toujours actuelle : le cas tunisien

Ce débat n’appartient pas au passé. Il traverse encore nos, et notamment la Tunisie contemporaine.

Depuis la révolution de 2011, une question revient avec insistance : «Quelle place pour la religion dans l’espace public ?». Faut-il un espace public neutre, fondé sur la raison et le droit ? ou un espace traversé par les références religieuses, comme expression d’une identité collective ?

Derrière ces positions, on retrouve, sous d’autres formes, le conflit entre Averroès et Al-Ghazali : ceux qui défendent l’autonomie du politique et du rationnel, et ceux qui affirment la primauté du référent religieux.

La question de la causalité devient aujourd’hui celle de la science et de son autorité.

La question de l’éternité du monde devient celle du rapport entre savoir scientifique et vérité religieuse.

La question de la hiérarchie des publics devient celle de l’éducation, de la liberté de conscience et du rôle de l’État.

Raison et foi : une aporie vivante

Il est tentant de vouloir trancher. De choisir un camp. D’imposer une synthèse. Mais peut-être faut-il reconnaître que cette tension est irréductible.

La raison est notre seul outil pour penser le monde. Mais elle est limitée, située, exposée au doute.

La foi répond à des attentes que la raison ne peut ni dissoudre ni remplacer.

Vouloir éliminer l’une au profit de l’autre, c’est mutiler notre expérience du réel.

Averroès et Al-Ghazali ne nous offrent pas une solution. Ils nous obligent à penser dans l’inconfort. Et dans une société comme la nôtre, cet inconfort n’est pas un échec. C’est peut-être la condition même de la liberté.

* Historien et écrivain.

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