Coupe du monde 2026 : un cadeau empoisonné pour Giorgia Meloni ?
A quelques mois de la Coupe du monde 2026 qui sera organisée sur le sol nord-américain (Etats-Unis, Mexique et Canada), un conseiller proche de Donald Trump propose d’exclure l’Iran du Mondial … pour repêcher l’Italie. Eclairage sur une mascarade politique qui dépasse largement le cadre du ballon rond.
Qui l’eût imaginé un instant ? Pour apaiser les tensions entre Donald Trump et la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, mises à mal par les attaques du président américain contre le pape Léon XIV au sujet de la guerre en Iran, un conseiller aurait glissé à l’oreille du président américain une idée pour le moins farfelue : offrir à l’Italie un billet pour le Mondial en évinçant la sélection iranienne de la compétition.
Tour de passe-passe
Rembobinage des faits. Pour la troisième fois consécutive après une défaite aux tirs au but face à la Bosnie-Herzégovine (1-1, 4 tab à 1) en finale des barrages de qualification de la zone Europe, l’Italie ne sera pas au rendez-vous du plus important événement footballistique planétaire. Un traumatisme pour une cette grande nation de football avec une telle histoire et un tel palmarès (quatre fois championne du monde : 1934, 1938, 1982 et 2006).
Entre temps, l’Iran s’était qualifié pour une quatrième Coupe du Monde consécutive l’année dernière. Sauf que, après le début de la guerre, la République islamique a demandé à la FIFA de délocaliser ses trois matchs de poule prévus aux États-Unis au Mexique pour éviter au maximum les tensions et assurer la sécurité des joueurs iraniens. Une proposition déjà rejetée par l’instance mondiale du football.
D’après le calendrier officiel, l’Iran doit disputer ses trois matches du groupe G aux États-Unis, coorganisateurs du tournoi avec le Mexique et le Canada : à Los Angeles contre la Nouvelle-Zélande (16 juin) et la Belgique (21 juin) puis à Seattle contre l’Égypte (27 juin). De plus, son camp de base durant le tournoi est censé être situé à Tucson, en Arizona.
Une proposition saugrenue
Et si, à quelques mois de l’entame de la Coupe du monde 2026, l’Italie était, par miracle, repêchée pour participer au tournoi ? L’Italie prendrait tout simplement la place de l’Iran, dont la participation est encore assez floue. Quoi de plus simple, il fallait juste y penser…
Justement, selon le Financial Time dans son édition du mercredi 22 avril, un proche conseiller du président américain, Paolo Zampolli, avoue avoir suggéré à Trump et à Gianni Infantino (le patron de la FIFA, ndlr) que l’Italie remplace l’Iran à la Coupe du Monde. « Je suis d’origine italienne et ce serait un rêve de voir l’Italie dans un tournoi disputé aux États-Unis. Avec quatre titres de champions du monde, l’Italie a le pedigree pour justifier son inclusion lors du prochain Mondial ».
« Je me sentirais offensé »
Réponse cinglante et altière de l’Italie qui a rejeté cette drôle proposition : « Premièrement, je ne pense même pas que cela soit possible. Deuxièmement, je me sentirais offensé. Aller à la Coupe du monde, cela se mérite », a réagi Luciano Buonfiglio, le président du CONI (Comité national olympique italien).
Une position reprise en chœur par le ministre des Sports et de la Jeunesse, Andrea Abodi, pour qui « un repêchage pour l’Italie en Coupe du Monde n’est pas approprié. On se qualifie sur le terrain », a-t-il indiqué.
Les liaisons dangereuses
Mais quelle a été la réponse de la FIFA ? Pas question, ont indiqué des sources au sein de la plus haute instance footballistique mondiale qui ont évoqué un scénario « irréalisable », avançant que même si la sélection iranienne venait à se désister, c’est une équipe de la Confédération asiatique de football qui devrait prendre sa place.
« L’Iran doit venir, ils représentent leur peuple, ils se sont qualifiés, les joueurs veulent jouer », a tranché pour sa part le patron de la FIFA, Gianni Infantino. Pour se racheter de sa proximité douteuse avec Donald Trump à qui il avait remis en décembre dernier le tout premier « Prix de la paix de la FIFA » ?
A noter que depuis sa première visite au Bureau ovale en 2018, pendant le premier mandat de Trump, Infantino a été vu avec le président au Forum économique de Davos, lors de la signature à Washington des accords d’Abraham et même en tant qu’invité lors de la deuxième investiture de Trump en janvier.
Troublant !
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