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Coupe du monde 2026 : un cadeau empoisonné pour Giorgia Meloni ?

A quelques mois de la Coupe du monde 2026 qui sera organisée sur le sol nord-américain (Etats-Unis, Mexique et Canada), un conseiller proche de Donald Trump propose d’exclure l’Iran du Mondial … pour repêcher l’Italie. Eclairage sur une mascarade politique qui dépasse largement le cadre du ballon rond.

 

Qui l’eût imaginé un instant ? Pour apaiser les tensions entre Donald Trump et la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, mises à mal par les attaques du président américain contre le pape Léon XIV au sujet de la guerre en Iran, un conseiller aurait glissé à l’oreille du président américain une idée pour le moins farfelue : offrir à l’Italie un billet pour le Mondial en évinçant la sélection iranienne de la compétition.

Tour de passe-passe

Rembobinage des faits. Pour la troisième fois consécutive après une défaite aux tirs au but face à la Bosnie-Herzégovine (1-1, 4 tab à 1) en finale des barrages de qualification de la zone Europe, l’Italie ne sera pas au rendez-vous du plus important événement footballistique planétaire. Un traumatisme pour une cette grande nation de football avec une telle histoire et un tel palmarès (quatre fois championne du monde : 1934, 1938, 1982 et 2006).

Entre temps, l’Iran s’était qualifié pour une quatrième Coupe du Monde consécutive l’année dernière. Sauf que, après le début de la guerre, la République islamique a demandé à la FIFA de délocaliser ses trois matchs de poule prévus aux États-Unis au Mexique pour éviter au maximum les tensions et assurer la sécurité des joueurs iraniens. Une proposition déjà rejetée par l’instance mondiale du football.

D’après le calendrier officiel, l’Iran doit disputer ses trois matches du groupe G aux États-Unis, coorganisateurs du tournoi avec le Mexique et le Canada : à Los Angeles contre la Nouvelle-Zélande (16 juin) et la Belgique (21 juin) puis à Seattle contre l’Égypte (27 juin). De plus, son camp de base durant le tournoi est censé être situé à Tucson, en Arizona.

Une proposition saugrenue

Et si, à quelques mois de l’entame de la Coupe du monde 2026, l’Italie était, par miracle, repêchée pour participer au tournoi ? L’Italie prendrait tout simplement la place de l’Iran, dont la participation est encore assez floue. Quoi de plus simple, il fallait juste y penser…

Justement, selon le Financial Time dans son édition du mercredi 22 avril, un proche conseiller du président américain, Paolo Zampolli, avoue avoir suggéré à Trump et à Gianni Infantino (le patron de la FIFA, ndlr) que l’Italie remplace l’Iran à la Coupe du Monde. « Je suis d’origine italienne et ce serait un rêve de voir l’Italie dans un tournoi disputé aux États-Unis. Avec quatre titres de champions du monde, l’Italie a le pedigree pour justifier son inclusion lors du prochain Mondial ».

« Je me sentirais offensé »

Réponse cinglante et altière de l’Italie qui a rejeté cette drôle proposition : « Premièrement, je ne pense même pas que cela soit possible. Deuxièmement, je me sentirais offensé. Aller à la Coupe du monde, cela se mérite », a réagi Luciano Buonfiglio, le président du CONI (Comité national olympique italien).

Une position reprise en chœur par le ministre des Sports et de la Jeunesse, Andrea Abodi, pour qui « un repêchage pour l’Italie en Coupe du Monde n’est pas approprié. On se qualifie sur le terrain », a-t-il indiqué.

Les liaisons dangereuses

Mais quelle a été la réponse de la FIFA ? Pas question, ont indiqué des sources au sein de la plus haute instance footballistique mondiale qui ont évoqué un scénario « irréalisable », avançant que même si la sélection iranienne venait à se désister, c’est une équipe de la Confédération asiatique de football qui devrait prendre sa place.

« L’Iran doit venir, ils représentent leur peuple, ils se sont qualifiés, les joueurs veulent jouer », a tranché pour sa part le patron de la FIFA,  Gianni Infantino. Pour se racheter de sa proximité douteuse avec Donald Trump à qui il avait remis en décembre dernier le tout premier « Prix de la paix de la FIFA » ?

A noter que depuis sa première visite au Bureau ovale en 2018, pendant le premier mandat de Trump, Infantino a été vu avec le président au Forum économique de Davos, lors de la signature à Washington des accords d’Abraham et même en tant qu’invité lors de la deuxième investiture de Trump en janvier.

Troublant !

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Prolongation de la trêve avec l’Iran : ni guerre ni paix

Disant vouloir donner davantage de temps au temps, Donald Trump a annoncé, mardi 21 avril, une prolongation sine die du cessez-le-feu avec l’Iran, à quelques heures de son expiration. Quant à la reprise des négociations entre Washington et Téhéran, l’incertitude est totale.

Une nouvelle fenêtre pour la diplomatie, susceptible de faire taire les canons au Moyen-Orient ? Dans un revirement spectaculaire dont il a le secret, Donald Trump a annoncé, mardi 21 avril au soir, la prolongation sine die de la trêve en vigueur depuis quinze jours avec l’Iran ; alors même que son échéance était imminente. Une décision justifiée, selon lui, par la nécessité de laisser se poursuivre les négociations avec Téhéran.

Cette décision de prolonger le cessez-le-feu marque toutefois une nouvelle reculade pour Donald Trump. Celui-ci avait déclaré plus tôt dans la semaine que si aucun accord n’était conclu d’ici mercredi, il s’attendait à « bombarder, car c’est une meilleure approche ». Tout en ajoutant que l’armée était « prête à intervenir ».

Réaction désabusée de la part d’un chroniqueur politique sur la chaîne CNN, pourtant pro Trump : « Le président veut à tout prix  trouver une solution diplomatique à la guerre, par peur de raviver un conflit impopulaire. Or, cette dernière annonce aura pour effet de dévaluer un peu plus sa parole et sans doute sa crédibilité, à la fois face à l’Iran, mais également face aux Américains et son propre camp. »

Une folle journée

Pourtant, au terme d’une journée chaotique et pleine de rebondissements, où il n’a cessé d’alterner menaces et reculades, l’imprévisible milliardaire républicain avait, quelques heures plus tôt, agité le spectre d’une reprise des bombardements.

« Je m’attends à bombarder à nouveau, car c’est la meilleure idée pour avancer. On est prêt à le faire. Les militaires ont hâte » déclarait-il, dans la matinée du mardi 21 avril.

Entre temps, le président américain demande aussi à Téhéran de libérer huit femmes condamnées à la pendaison. Ce que dément le régime. « Ne leur faites pas de mal, écrit-il sur son réseau social, ce serait un très bon début pour les négociations. »

Revirement dans la soirée. Après avoir réuni ses plus proches conseillers à la Maison-Blanche, il a finalement annoncé que les États-Unis s’abstiendraient d’attaquer l’Iran, dans l’attente d’une proposition de Téhéran et de l’issue des discussions. Ouf !

« J’ai ordonné à nos forces armées de poursuivre le blocus. Par conséquent, je prolongerai le cessez-le-feu jusqu’à ce que l’Iran présente une proposition visant à mettre fin au conflit » a annoncé Donald Trump.

Humiliation

Or, il s’avère que la décision de prolonger le cessez-le-feu a été prise de manière unilatérale par les Etats-Unis, sans aucune coordination ou consultation préalable avec Téhéran. Résultat : le vice-président, J. D. Vance est contraint de reporter le déplacement à Islamabad pour une deuxième séance de négociations… faute d’interlocuteurs !

Et comble d’humiliation, des responsables américains auraient, rapporte le Washington Post, exhorté le principal médiateur pakistanais, le maréchal Asim Munir, à obtenir « au moins » une réaction iranienne avant que J.D. Vance n’embarque à bord de l’Air Force Two vers Islamabad. En vain.

Pour rappel, le vice-président américain était à la tête de la délégation qui a rencontré il y a dix jours au Pakistan des représentants iraniens de haut rang. Et ce, avant de regagner dare-dare Washington au bout d’une seule journée de négociations, en évoquant l’absence de promesse ferme de Téhéran concernant l’abandon de son programme nucléaire.

Mais comment expliquer, devant son opinion publique, l’affront infligé à la première puissance mondiale par les dirigeants iraniens, qui ont délibérément ignoré « la main tendue » et refusé jusqu’à se rendre à Islamabad ?

Pour l’administration américaine, la réponse coule de source. Si la République islamique est restée silencieuse sur les propositions d’accords de paix américaines, c’est surtout en raison de divisions internes au sein de l’actuelle direction iranienne. « Sur la base du fait que le gouvernement iranien est sérieusement fracturé […] on nous a demandé de tenir notre attaque contre le pays de l’Iran jusqu’à ce que leurs dirigeants et représentants puissent proposer une proposition unifiée », a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social. « Le cessez-le-feu durera jusqu’à ce que leur proposition soit soumise et que les discussions soient conclues, d’une manière ou d’une autre », a-t-il poursuivi.

Côté iranien, et en attendant l’arbitrage décisif de la part de Mojtaba Khamenei- nouveau Guide suprême, dont l’état de santé demeure très incertain- Téhéran a publiquement exigé que Donald Trump lève le blocus imposé aux navires entrant ou sortant des ports iraniens du détroit d’Ormuz avant d’entamer de nouvelles négociations.

Méfiance

La prolongation du cessez-le-feu « n’a aucun sens », a déclaré Mahdi Mohammadi, conseiller à la sécurité nationale du président parlementaire iranien Mohammad Bagher Ghalibaf. Tout en ajoutant que « le côté perdant ne peut pas fixer de conditions. La poursuite du blocus n’est pas différente des bombardements et doit être traitée militairement. De plus, la prolongation du cessez-le-feu par Trump signifie certainement gagner du temps pour livrer une frappe surprise. C’est le moment pour l’Iran de prendre l’initiative ».

Au final, y aurait-il de nouveaux pourparlers entre l’Iran et les États-Unis ? Pour l’instant, c’est le flou le plus total qui règne autour des négociations qui étaient prévues pour se tenir cette semaine au Pakistan.

Au final, en dépit de la suspension provisoire des hostilités entre Washington et Téhéran, les deux parties continuent de se parler sans réellement s’écouter. Un véritable dialogue de sourds nourri par des décennies de défiance et d’animosité.

« La paix est la vertu de la civilisation. La guerre en est le crime », dixit Victor Hugo.

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Cette « flotte moustique » iranienne qui nargue la puissante marine américaine…

Face à l’impressionnante armada américaine, Téhéran mise sur une stratégie navale atypique : la guérilla en mer par sa « flotte moustique ». Eclairage.

 

C’est la fable du moustique contre l’éléphant. Ce récit intemporel qui met en lumière l’écrasante disproportion des forces et l’arrogance des puissants. Tout en rappelant qu’un être minuscule peut tenir tête à un géant aux pieds d’argile.

C’est aussi l’essence même de la guerre asymétrique : lorsque le plus faible, loin de céder, oppose une résistance acharnée à une puissance militaire supérieure, en mobilisant des moyens limités, parfois artisanaux. Le cas de l’Iran, confronté à deux puissances nucléaires, en offre une illustration saisissante.

Capacité de nuisance

Ainsi, face à l’armada américaine composée d’une dizaine de navires de guerre dont le porte-avions USS Abraham Lincoln et des destroyers de classe Arleigh Burke visant à contrôler le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, Téhéran conserve une considérable capacité de nuisance en mer grâce à sa « flotte moustique » dotée d’armes légères, comme des mitrailleuses, des drones ou de petits lance-roquettes. Ces vedettes rapides, difficile à neutraliser, sont capables de menacer ou de frapper des bateaux commerciaux ou des pétroliers. Elles peuvent aussi perturber le trafic pétrolier mondial et faire monter la pression sur Washington. D’où la comparaison avec les insectes suceurs de sang.

« On les appelle les « flottes de moustiques » parce qu’elles sont petites et agaçantes et elles frappent fort », a déclaré au New York Post Alex Plitsas, ancien responsable du Pentagone et chercheur à l’Atlantic Council. « Mais elles suffisent à piquer et à être insupportables, ajoute-t-il. Ces navires sont d’autant plus redoutables lorsqu’ils attaquent à plusieurs, en nuées ».

Guérilla en mer

Et pour mener des attaques furtives et harceler le trafic maritime, les Gardiens de la révolution iraniens utilisent une flottille de bateaux rapides. Certains peuvent atteindre jusqu’à 180 km/h et sont équipés de mitrailleuses, de lance-roquettes ou bien de drones. Ces embarcations sont dissimulées dans des bases côtières ou des grottes creusées sur le littoral.

Plus petits que ceux de la flotte iranienne régulière et dissimulés tout au long des centaines de kilomètres de côtes iraniennes, les bateaux de la « flotte moustique » peuvent se cacher dans des grottes ou des abris construits sous les roches. En faisant des pics de vitesse parfois au-delà des 150 km/h, ils échappent au radar et peuvent s’approcher de navires beaucoup plus gros, qu’ils attaquent avec des armes légères, du drone au lance-roquettes, en passant par les mitrailleuses.

Peu coûteux et difficilement détectables par satellite, ces vedettes constituent un véritable danger, notamment pour les navires commerciaux qui ne sont pas équipés pour ce type de menace. Ainsi, l’Organisation maritime internationale estime qu’au moins 20 navires ont déjà été attaqués.

Cette flotte « fonctionne davantage comme une force de guérilla en mer » et « se spécialise dans la guerre asymétrique ». C’est ce qu’analyse Saeid Golkar, professeur de sciences politiques à l’université du Tennessee, interrogé par le New York Times. En misant sur des embarcations rapides et légères plutôt que sur de « grands navires de guerre », les Iraniens peuvent mener des « attaques éclair », loin des « batailles navales classiques », développe la même source.

« On ne sait jamais vraiment ce qu’ils préparent, ni quelles sont leurs intentions», indique pour sa part l’amiral Gary Roughead, ancien chef des opérations navales américaines, toujours  sur les colonnes du média newyorkais.

Un redoutable levier de négociations

Reste à savoir si cette guerre à coups de « piqûres » pouvait suffire à déstabiliser le commerce mondial ? Affirmatif, explique Farzin Nadimi, spécialiste de la marine du Corps des Gardiens de la révolution et auteur en avril 2020 d’un rapport sur l’« évolution de l’approche de l’Iran en matière de guerre navale asymétrique » pour le Washington Institute, un think tank basé dans la capitale fédérale américaine.

« Compte tenu de la dépendance des pays industrialisés vis-à-vis des importations de pétrole, même des perturbations mineures dans l’approvisionnement de pétrole ou de GNL mettraient le marché à rude épreuve, avec des conséquences économiques potentiellement importantes » affirme l’expert. Tout en ajoutant que « cette vulnérabilité confère à l’Iran quelques leviers de négociation face aux grandes économies mondiales ».

Alex Plitsas, ancien responsable du Pentagone et chercheur à l’Atlantic Council, souligne pour sa part que dans un passage stratégique comme le détroit d’Ormuz, il n’est pas nécessaire de contrôler totalement la mer : il suffit de la rendre trop risquée pour la navigation. Or ce détroit, par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial, constitue un levier majeur pour Téhéran. Sans chercher à le bloquer complètement, l’Iran miserait donc sur une stratégie moins coûteuse, mais très perturbatrice pour le trafic maritime et l’économie mondiale.

Reste l’issue diplomatique à la guerre, mais elle semble plus qu’incertaine : l’Iran n’ayant pas pris « à ce stade » de décision quant à sa participation aux nouveaux pourparlers avec les États-Unis, annoncés pour hier lundi à Islamabad. Le principal point de crispation pour Téhéran est le blocus naval étasunien qui constitue « non seulement une violation du cessez-le-feu », mais également « un acte illégal et criminel ». C’est mal barré, déplorent les plus optimistes.

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Spéculations sur la santé mentale de Trump : pathologie ou stratégie ?

Le comportement erratique du président américain, Donald Trump, relance le débat sur sa santé mentale. Au point que des élus du Congrès  évoquent désormais le 25 amendement de la Constitution, qui permet de déclarer un chef d’Etat inapte et de confier ses pouvoirs au vice-président.

 

Entre comportements erratiques, instabilité émotionnelle, impulsivité, manque de cohérence dans les propos et dans les actes, langage ordurier et génocidaire… La question de la santé mentale du président américain Donald Trump – l’homme le plus puissant du monde, qui, de surcroît détient entre ses mains la puissance nucléaire – se pose avec insistance aux Etats-Unis et ailleurs.

N’a-t-il pas kidnappé un dirigeant étranger pour prendre le contrôle de son pays et de ses ressources pétrolières, le Venezuela ? Juste après, n’a-t-il pas menacé d’envahir le territoire de ses alliés, le Groenland ? Avant de créer un Conseil de la paix, parodie des Nations unies, en écrivant que c’est « le meilleur et le plus prestigieux conseil jamais formé ». Le tout en lettres capitales ?

Une stratégie délibérée ?

Si le pays a déjà eu des présidents dont les capacités ont été mises en doute, tout récemment encore avec Joe Biden, jamais dans l’histoire moderne, la santé mentale du chef de l’État n’avait été discutée aussi largement ni avec tant de détails médicaux et juridiques.

Ainsi, si les uns le traitent de fou ou de psychopathe, d’autres analysent son comportement comme une stratégie délibérée d’imprévisibilité, soit une arme destinée à frapper les esprits, imposer un rapport de force brutal, à contraindre ses adversaires à plier et, au final, à créer un déséquilibre tel que toute résistance apparaisse vaine.

En d’autres termes, la folie supposée du milliardaire républicain n’est qu’une stratégie politique visant à désarçonner ses adversaires, pour les tétaniser, les faire reculer. Pour leur faire peur. Il place ainsi ses adversaires devant une alternative implacable : se soumettre ou s’exposer à une escalade dont personne ne maîtrise ni le rythme ni l’issue.

Machiavel n’avait-il pas fait, il y a des siècles, l’éloge de la folie bien calculée : « Comme il est sage de feindre au bon moment la folie » ? L’exemple de la civilisation perse qu’il a menacée de « rayer de la carte » est édifiant.

Les démocrates brandissent l’arme de la destitution

Mais, calcul stratégique ou pathologie, pour de nombreux démocrates, l’affaire est entendue : si le président des Etats-Unis n’est pas totalement un fou, il est du moins hors de contrôle.

D’où le recours au 25e amendement revendiqué par quatre-vingt-cinq démocrates de la Chambre des représentants qui évoquent la possibilité d’une destitution du président américain. Ils ont même demandé, mardi 14 avril, au vice-président JD Vance de destituer le président américain.

« Il semble avoir perdu le contrôle », a ainsi accusé le sénateur démocrate Jack Reed, quand l’élue progressiste Alexandria Ocasio Cortez alertait sur « les facultés mentales du président [qui] sont en train de s’effondrer ». Le sénateur démocrate du Connecticut Chris Murphy n’a pas de mots assez forts pour qualifier l’état psychologique de l’occupant de la Maison Blanche. « Si j’étais un membre du cabinet Trump, je passerais Pâques à appeler des juristes constitutionnels au sujet du 25e amendement. C’est complètement, totalement délirant. Il a déjà tué des milliers de personnes. Il va en tuer des milliers d’autres ».

Quid du 25e amendement ?

Rappelons enfin que le fameux 25e amendement prévoit qu’un président puisse être déclaré “inapte“ à exercer ses fonctions. « Si le vice-président et une majorité des principaux fonctionnaires des départements exécutifs font parvenir au président du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite les avisant que le président est dans l’incapacité d’exercer ses pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge, le vice-président assumera immédiatement ces fonctions en qualité de président par intérim ». Sachant que la section 4 dudit amendement mentionné a été ajoutée à la Constitution après l’assassinat de John F. Kennedy. Concrètement, cette mesure est censée organiser la continuité du pouvoir si le président est en incapacité intellectuelle d’exercer ses fonctions.

Dans ce cas, une majorité du cabinet peut user de cet amendement en signant une déclaration attestant que le président est inapte. La déclaration est ensuite transmise aux présidents de la Chambre des représentants et du Sénat. Mais le locataire de la Maison Blanche peut cependant contester la décision dans la foulée. En cas de désaccord persistant, le Congrès tranche : une majorité des deux tiers à la Chambre des représentants et au Sénat est nécessaire pour maintenir le vice-président comme président par intérim.

Par conséquent, une éventuelle destitution au terme de laquelle Donald Trump perdrait alors ses pouvoirs, tout en conservant son titre, serait aujourd’hui a priori inenvisageable, au vu de la composition du cabinet,  largement acquise à sa cause, comme celle du Congrès, à majorité républicaine.

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Rome se démarque d’Israël et s’attire les foudres de Trump

Donald Trump s’est dit « choqué » par l’attitude de celle qu’il considérait comme son alliée européenne la plus proche. Et ce, suite à la décision de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, de suspendre le renouvellement automatique de l’accord de défense entre l’Italie et Israël. Eclairage.

 

En prenant ses distances avec Israël et les États-Unis, le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni semble s’aligner de plus en plus sur le gouvernement socialiste espagnol de Pedro Sánchez. Lequel vient d’appeler l’Union européenne à suspendre son accord d’association avec Tel-Aviv, dénonçant des violations « flagrantes » du droit international, à Gaza et au Liban. Une prise de position qui ravive les tensions diplomatiques entre Madrid et Tel-Aviv et place l’Espagne à l’avant-garde d’une ligne européenne plus ferme sur les droits humains.

Coup de froid

La présidente du Conseil italien a opéré, mardi 14 avril 2026, un tournant majeur dans sa politique étrangère en annonçant la suspension du renouvellement automatique de l’accord de défense entre l’Italie et Israël, portant sur l’échange de matériel militaire et la recherche technologique.

Ratifié en 2006 et renouvelé tacitement tous les cinq ans, l’accord de défense arrivait à son terme ces jours-ci. Il encadre la coopération entre les deux pays dans l’industrie de défense, la formation des militaires, la recherche et les technologies d’information, entre autres. L’opposition italienne demandait depuis plusieurs mois au gouvernement de suspendre ce renouvellement.

Rappelons que les tensions entre l’Italie et l’Etat hébreu s’étaient déjà intensifiées dernièrement après que Rome a accusé les forces israéliennes d’avoir tiré des coups de semonce sur un convoi de casques bleus italiens au Liban. Israël a de son côté convoqué l’ambassadeur d’Italie après les déclarations d’Antonio Tajani, ministre des Affaires étrangères, condamnant les « attaques inacceptables » menées par les forces israéliennes contre des civils libanais.

Une  proximité toxique

Une décision qui lui a valu la colère du président américain Donald Trump. Ce dernier s’est dit « choqué » par l’attitude de celle qu’il considérait comme son alliée européenne la plus proche. N’était-elle pas la seule dirigeante européenne à avoir eu « l’honneur » et « le privilège » d’assister à l’investiture du milliardaire républicain en 2025 ?

Mais comment expliquer un tel déchirement du couple italo-américain ? Des rumeurs qui bruissent à Rome affirment que la présidente du parti d’extrême droite, Fratelli d’Italia, serait en train de se repositionner. Alors qu’elle se trouve dans une position peu enviable sur la scène nationale, après avoir perdu le référendum sur la réforme de la justice le mois dernier. Une première défaite politique que les analystes attribuent en partie à sa proximité trop voyante avec Donald Trump.

« Alors que ses liens étroits avec les États-Unis et Israël lui causaient des problèmes politiques, elle pourrait adopter une position plus critique, tout en restant dans le cadre des alliances existantes ». C’est ce qu’explique Lorenzo Castellani, professeur de sciences politiques à l’université LUISS de Rome.

Fin de la lune de miel ?

En effet, la lune de miel n’a pas duré indéfiniment entre Giorgia Meloni et Donald Trump qui se sont déchirés par déclarations interposées sur la guerre en Iran ainsi que sur les attaques incessantes du président américain sur le pape. Faisant ainsi voler en éclat le couple italo-américain bien en place depuis le retour du milliardaire républicain à la Maison Blanche.

A cet égard, Donald Trump a vivement critiqué la cheffe du gouvernement italien pour avoir refusé d’impliquer son pays dans la guerre en Iran, se disant « sous le choc » et déçu de son manque de « courage ».

« Est-ce qu’ils [les Italiens] apprécient le fait que votre présidente ne nous aide pas à obtenir ce pétrole ? Est-ce que ça leur plaît ? Je n’arrive pas à l’imaginer. Je suis sous le choc. Je pensais qu’elle avait du courage, mais je me suis trompé », a déclaré le locataire de la Maison Blanche dans une interview accordée au quotidien italien Corriere della Sera.

Autre sujet de friction : les attaques répétées de Donald Trump contre le pape Léon XIV, qu’il a qualifié dimanche 12 avril de « faible » et « catastrophique » dans un message sur son réseau Truth Social. Une  diatribe qui n’est pas au goût de Giorgia Meloni qui l’a fait savoir par un communiqué lundi. « Je trouve inacceptables les paroles du président Trump à l’égard du Saint-Père », a-t-elle fustigé en rappelant qu’en tant que « chef de l’Église catholique », il est « juste et normal qu’il invoque la paix et qu’il condamne toute forme de guerre ».

Pour résumer, sous le poids de l’opinion, le revirement du gouvernement italien tranche avec la ligne jusque-là suivie. Puisque les critiques envers l’administration de Donald Trump étaient restées jusqu’alors mesurées. L’Italie allant même jusqu’à soutenir Washington sur le dossier vénézuélien, tout en évitant soigneusement toute friction sur des sujets sensibles comme le Groenland. Ce nouveau positionnement peut expliquer la décision de Rome de refuser aux avions militaires américains l’accès à la base militaire de Sigonella, en pleine guerre en Iran. Alors, désamour passager ou signes avant-coureurs d’une inévitable rupture ? L’avenir nous le dira.

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