Connaissez-vous Otraverse, la startup qui facilite l’adoption de la 3D chez les acteurs du e-commerce?
Les sites e-commerce classiques peinent aujourd’hui à retenir les utilisateurs. Le scroll est rapide, l’attention est limitée et les contenus se ressemblent de plus en plus, ce qui rend l’engagement de plus en plus difficile à maintenir.
C’est à partir de ce constat que Yecin Dridi a progressivement construit sa réflexion. Formé à l’Institut Supérieur des Arts Multimédia de la Manouba, il débute dans le montage vidéo avant d’évoluer vers la réalisation et la direction artistique pour la télévision et des projets de marques. Très vite, une même difficulté revient dans ses expériences. Malgré la multiplication des contenus digitaux, capter et surtout garder l’attention des utilisateurs reste un défi constant.
En travaillant avec différentes marques, notamment à travers sa structure de production, il observe une forme de saturation. Les contenus se ressemblent, les parcours sont courts, et la fidélisation devient fragile. De là naît une intuition! Le problème ne vient pas seulement du contenu, mais de l’expérience elle-même.
C’est dans cette logique qu’émerge Otraverse. La startup, lancée pendant le Covid-19, part d’une idée simple de transformer le e-commerce classique en expérience immersive. Concrètement, elle propose de convertir un catalogue produit en “vShop”, une boutique virtuelle en 3D dans laquelle l’utilisateur peut se déplacer, explorer et interagir avec les produits, dans une logique inspirée des univers du jeu vidéo. L’expérience ne se limite plus à scroller ou cliquer. Elle devient un espace à parcourir, seul ou en interaction, avec des mécaniques proches du gaming. Derrière cette approche, Otraverse développe une technologie pensée pour les marques. Le processus? “Importation d’un catalogue 2D, génération automatique d’un environnement 3D grâce à l’intelligence artificielle, personnalisation de la boutique virtuelle, puis diffusion via un lien web ou les réseaux sociaux”, explique le fondateur. L’idée est de permettre à une marque de créer rapidement un univers immersif sans complexité technique.
Mais au-delà de l’expérience visuelle, l’enjeu est aussi stratégique. En transformant la navigation en interaction, la plateforme permet de mieux comprendre le comportement des utilisateurs, comme les produits consultés, les enchaînements d’intérêt, les points de friction. Des données plus riches que celles d’un site classique, qui peuvent ensuite aider les marques à affiner leurs offres et leurs recommandations. Pour Yecin Dridi, l’enjeu dépasse la technologie. Il s’agit surtout de repenser la relation entre une marque et son client. Là où le e-commerce classique favorise des parcours rapides et souvent interrompus, l’approche d’Otraverse cherche à installer une relation plus longue.
L’équipe, composée d’environ 25 personnes, développe une grande partie de la technologie en interne. Ce choix implique de travailler sur des environnements 3D complexes et sur des outils comme Unreal Engine, qui nécessitent des compétences techniques spécifiques et encore peu répandues localement.
Dans ce contexte, la startup prévoit également des recrutements et accueille déjà des projets de fin d’études afin de renforcer ses capacités de développement.
Encore en phase early stage, Otraverse teste sa solution avec plusieurs acteurs du retail et des télécoms, dont Orange.
À plus long terme, l’ambition affichée est de s’inscrire dans l’évolution des usages numériques, du magasin physique au site web, puis aux applications mobiles, et désormais aux environnements immersifs. D’ici 2030, la startup envisage une ouverture internationale et des collaborations avec de grands acteurs technologiques, dans une logique de développement à long terme.
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