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Prolongation de la trêve avec l’Iran : ni guerre ni paix

Disant vouloir donner davantage de temps au temps, Donald Trump a annoncé, mardi 21 avril, une prolongation sine die du cessez-le-feu avec l’Iran, à quelques heures de son expiration. Quant à la reprise des négociations entre Washington et Téhéran, l’incertitude est totale.

Une nouvelle fenêtre pour la diplomatie, susceptible de faire taire les canons au Moyen-Orient ? Dans un revirement spectaculaire dont il a le secret, Donald Trump a annoncé, mardi 21 avril au soir, la prolongation sine die de la trêve en vigueur depuis quinze jours avec l’Iran ; alors même que son échéance était imminente. Une décision justifiée, selon lui, par la nécessité de laisser se poursuivre les négociations avec Téhéran.

Cette décision de prolonger le cessez-le-feu marque toutefois une nouvelle reculade pour Donald Trump. Celui-ci avait déclaré plus tôt dans la semaine que si aucun accord n’était conclu d’ici mercredi, il s’attendait à « bombarder, car c’est une meilleure approche ». Tout en ajoutant que l’armée était « prête à intervenir ».

Réaction désabusée de la part d’un chroniqueur politique sur la chaîne CNN, pourtant pro Trump : « Le président veut à tout prix  trouver une solution diplomatique à la guerre, par peur de raviver un conflit impopulaire. Or, cette dernière annonce aura pour effet de dévaluer un peu plus sa parole et sans doute sa crédibilité, à la fois face à l’Iran, mais également face aux Américains et son propre camp. »

Une folle journée

Pourtant, au terme d’une journée chaotique et pleine de rebondissements, où il n’a cessé d’alterner menaces et reculades, l’imprévisible milliardaire républicain avait, quelques heures plus tôt, agité le spectre d’une reprise des bombardements.

« Je m’attends à bombarder à nouveau, car c’est la meilleure idée pour avancer. On est prêt à le faire. Les militaires ont hâte » déclarait-il, dans la matinée du mardi 21 avril.

Entre temps, le président américain demande aussi à Téhéran de libérer huit femmes condamnées à la pendaison. Ce que dément le régime. « Ne leur faites pas de mal, écrit-il sur son réseau social, ce serait un très bon début pour les négociations. »

Revirement dans la soirée. Après avoir réuni ses plus proches conseillers à la Maison-Blanche, il a finalement annoncé que les États-Unis s’abstiendraient d’attaquer l’Iran, dans l’attente d’une proposition de Téhéran et de l’issue des discussions. Ouf !

« J’ai ordonné à nos forces armées de poursuivre le blocus. Par conséquent, je prolongerai le cessez-le-feu jusqu’à ce que l’Iran présente une proposition visant à mettre fin au conflit » a annoncé Donald Trump.

Humiliation

Or, il s’avère que la décision de prolonger le cessez-le-feu a été prise de manière unilatérale par les Etats-Unis, sans aucune coordination ou consultation préalable avec Téhéran. Résultat : le vice-président, J. D. Vance est contraint de reporter le déplacement à Islamabad pour une deuxième séance de négociations… faute d’interlocuteurs !

Et comble d’humiliation, des responsables américains auraient, rapporte le Washington Post, exhorté le principal médiateur pakistanais, le maréchal Asim Munir, à obtenir « au moins » une réaction iranienne avant que J.D. Vance n’embarque à bord de l’Air Force Two vers Islamabad. En vain.

Pour rappel, le vice-président américain était à la tête de la délégation qui a rencontré il y a dix jours au Pakistan des représentants iraniens de haut rang. Et ce, avant de regagner dare-dare Washington au bout d’une seule journée de négociations, en évoquant l’absence de promesse ferme de Téhéran concernant l’abandon de son programme nucléaire.

Mais comment expliquer, devant son opinion publique, l’affront infligé à la première puissance mondiale par les dirigeants iraniens, qui ont délibérément ignoré « la main tendue » et refusé jusqu’à se rendre à Islamabad ?

Pour l’administration américaine, la réponse coule de source. Si la République islamique est restée silencieuse sur les propositions d’accords de paix américaines, c’est surtout en raison de divisions internes au sein de l’actuelle direction iranienne. « Sur la base du fait que le gouvernement iranien est sérieusement fracturé […] on nous a demandé de tenir notre attaque contre le pays de l’Iran jusqu’à ce que leurs dirigeants et représentants puissent proposer une proposition unifiée », a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social. « Le cessez-le-feu durera jusqu’à ce que leur proposition soit soumise et que les discussions soient conclues, d’une manière ou d’une autre », a-t-il poursuivi.

Côté iranien, et en attendant l’arbitrage décisif de la part de Mojtaba Khamenei- nouveau Guide suprême, dont l’état de santé demeure très incertain- Téhéran a publiquement exigé que Donald Trump lève le blocus imposé aux navires entrant ou sortant des ports iraniens du détroit d’Ormuz avant d’entamer de nouvelles négociations.

Méfiance

La prolongation du cessez-le-feu « n’a aucun sens », a déclaré Mahdi Mohammadi, conseiller à la sécurité nationale du président parlementaire iranien Mohammad Bagher Ghalibaf. Tout en ajoutant que « le côté perdant ne peut pas fixer de conditions. La poursuite du blocus n’est pas différente des bombardements et doit être traitée militairement. De plus, la prolongation du cessez-le-feu par Trump signifie certainement gagner du temps pour livrer une frappe surprise. C’est le moment pour l’Iran de prendre l’initiative ».

Au final, y aurait-il de nouveaux pourparlers entre l’Iran et les États-Unis ? Pour l’instant, c’est le flou le plus total qui règne autour des négociations qui étaient prévues pour se tenir cette semaine au Pakistan.

Au final, en dépit de la suspension provisoire des hostilités entre Washington et Téhéran, les deux parties continuent de se parler sans réellement s’écouter. Un véritable dialogue de sourds nourri par des décennies de défiance et d’animosité.

« La paix est la vertu de la civilisation. La guerre en est le crime », dixit Victor Hugo.

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Cette « flotte moustique » iranienne qui nargue la puissante marine américaine…

Face à l’impressionnante armada américaine, Téhéran mise sur une stratégie navale atypique : la guérilla en mer par sa « flotte moustique ». Eclairage.

 

C’est la fable du moustique contre l’éléphant. Ce récit intemporel qui met en lumière l’écrasante disproportion des forces et l’arrogance des puissants. Tout en rappelant qu’un être minuscule peut tenir tête à un géant aux pieds d’argile.

C’est aussi l’essence même de la guerre asymétrique : lorsque le plus faible, loin de céder, oppose une résistance acharnée à une puissance militaire supérieure, en mobilisant des moyens limités, parfois artisanaux. Le cas de l’Iran, confronté à deux puissances nucléaires, en offre une illustration saisissante.

Capacité de nuisance

Ainsi, face à l’armada américaine composée d’une dizaine de navires de guerre dont le porte-avions USS Abraham Lincoln et des destroyers de classe Arleigh Burke visant à contrôler le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, Téhéran conserve une considérable capacité de nuisance en mer grâce à sa « flotte moustique » dotée d’armes légères, comme des mitrailleuses, des drones ou de petits lance-roquettes. Ces vedettes rapides, difficile à neutraliser, sont capables de menacer ou de frapper des bateaux commerciaux ou des pétroliers. Elles peuvent aussi perturber le trafic pétrolier mondial et faire monter la pression sur Washington. D’où la comparaison avec les insectes suceurs de sang.

« On les appelle les « flottes de moustiques » parce qu’elles sont petites et agaçantes et elles frappent fort », a déclaré au New York Post Alex Plitsas, ancien responsable du Pentagone et chercheur à l’Atlantic Council. « Mais elles suffisent à piquer et à être insupportables, ajoute-t-il. Ces navires sont d’autant plus redoutables lorsqu’ils attaquent à plusieurs, en nuées ».

Guérilla en mer

Et pour mener des attaques furtives et harceler le trafic maritime, les Gardiens de la révolution iraniens utilisent une flottille de bateaux rapides. Certains peuvent atteindre jusqu’à 180 km/h et sont équipés de mitrailleuses, de lance-roquettes ou bien de drones. Ces embarcations sont dissimulées dans des bases côtières ou des grottes creusées sur le littoral.

Plus petits que ceux de la flotte iranienne régulière et dissimulés tout au long des centaines de kilomètres de côtes iraniennes, les bateaux de la « flotte moustique » peuvent se cacher dans des grottes ou des abris construits sous les roches. En faisant des pics de vitesse parfois au-delà des 150 km/h, ils échappent au radar et peuvent s’approcher de navires beaucoup plus gros, qu’ils attaquent avec des armes légères, du drone au lance-roquettes, en passant par les mitrailleuses.

Peu coûteux et difficilement détectables par satellite, ces vedettes constituent un véritable danger, notamment pour les navires commerciaux qui ne sont pas équipés pour ce type de menace. Ainsi, l’Organisation maritime internationale estime qu’au moins 20 navires ont déjà été attaqués.

Cette flotte « fonctionne davantage comme une force de guérilla en mer » et « se spécialise dans la guerre asymétrique ». C’est ce qu’analyse Saeid Golkar, professeur de sciences politiques à l’université du Tennessee, interrogé par le New York Times. En misant sur des embarcations rapides et légères plutôt que sur de « grands navires de guerre », les Iraniens peuvent mener des « attaques éclair », loin des « batailles navales classiques », développe la même source.

« On ne sait jamais vraiment ce qu’ils préparent, ni quelles sont leurs intentions», indique pour sa part l’amiral Gary Roughead, ancien chef des opérations navales américaines, toujours  sur les colonnes du média newyorkais.

Un redoutable levier de négociations

Reste à savoir si cette guerre à coups de « piqûres » pouvait suffire à déstabiliser le commerce mondial ? Affirmatif, explique Farzin Nadimi, spécialiste de la marine du Corps des Gardiens de la révolution et auteur en avril 2020 d’un rapport sur l’« évolution de l’approche de l’Iran en matière de guerre navale asymétrique » pour le Washington Institute, un think tank basé dans la capitale fédérale américaine.

« Compte tenu de la dépendance des pays industrialisés vis-à-vis des importations de pétrole, même des perturbations mineures dans l’approvisionnement de pétrole ou de GNL mettraient le marché à rude épreuve, avec des conséquences économiques potentiellement importantes » affirme l’expert. Tout en ajoutant que « cette vulnérabilité confère à l’Iran quelques leviers de négociation face aux grandes économies mondiales ».

Alex Plitsas, ancien responsable du Pentagone et chercheur à l’Atlantic Council, souligne pour sa part que dans un passage stratégique comme le détroit d’Ormuz, il n’est pas nécessaire de contrôler totalement la mer : il suffit de la rendre trop risquée pour la navigation. Or ce détroit, par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial, constitue un levier majeur pour Téhéran. Sans chercher à le bloquer complètement, l’Iran miserait donc sur une stratégie moins coûteuse, mais très perturbatrice pour le trafic maritime et l’économie mondiale.

Reste l’issue diplomatique à la guerre, mais elle semble plus qu’incertaine : l’Iran n’ayant pas pris « à ce stade » de décision quant à sa participation aux nouveaux pourparlers avec les États-Unis, annoncés pour hier lundi à Islamabad. Le principal point de crispation pour Téhéran est le blocus naval étasunien qui constitue « non seulement une violation du cessez-le-feu », mais également « un acte illégal et criminel ». C’est mal barré, déplorent les plus optimistes.

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Spéculations sur la santé mentale de Trump : pathologie ou stratégie ?

Le comportement erratique du président américain, Donald Trump, relance le débat sur sa santé mentale. Au point que des élus du Congrès  évoquent désormais le 25 amendement de la Constitution, qui permet de déclarer un chef d’Etat inapte et de confier ses pouvoirs au vice-président.

 

Entre comportements erratiques, instabilité émotionnelle, impulsivité, manque de cohérence dans les propos et dans les actes, langage ordurier et génocidaire… La question de la santé mentale du président américain Donald Trump – l’homme le plus puissant du monde, qui, de surcroît détient entre ses mains la puissance nucléaire – se pose avec insistance aux Etats-Unis et ailleurs.

N’a-t-il pas kidnappé un dirigeant étranger pour prendre le contrôle de son pays et de ses ressources pétrolières, le Venezuela ? Juste après, n’a-t-il pas menacé d’envahir le territoire de ses alliés, le Groenland ? Avant de créer un Conseil de la paix, parodie des Nations unies, en écrivant que c’est « le meilleur et le plus prestigieux conseil jamais formé ». Le tout en lettres capitales ?

Une stratégie délibérée ?

Si le pays a déjà eu des présidents dont les capacités ont été mises en doute, tout récemment encore avec Joe Biden, jamais dans l’histoire moderne, la santé mentale du chef de l’État n’avait été discutée aussi largement ni avec tant de détails médicaux et juridiques.

Ainsi, si les uns le traitent de fou ou de psychopathe, d’autres analysent son comportement comme une stratégie délibérée d’imprévisibilité, soit une arme destinée à frapper les esprits, imposer un rapport de force brutal, à contraindre ses adversaires à plier et, au final, à créer un déséquilibre tel que toute résistance apparaisse vaine.

En d’autres termes, la folie supposée du milliardaire républicain n’est qu’une stratégie politique visant à désarçonner ses adversaires, pour les tétaniser, les faire reculer. Pour leur faire peur. Il place ainsi ses adversaires devant une alternative implacable : se soumettre ou s’exposer à une escalade dont personne ne maîtrise ni le rythme ni l’issue.

Machiavel n’avait-il pas fait, il y a des siècles, l’éloge de la folie bien calculée : « Comme il est sage de feindre au bon moment la folie » ? L’exemple de la civilisation perse qu’il a menacée de « rayer de la carte » est édifiant.

Les démocrates brandissent l’arme de la destitution

Mais, calcul stratégique ou pathologie, pour de nombreux démocrates, l’affaire est entendue : si le président des Etats-Unis n’est pas totalement un fou, il est du moins hors de contrôle.

D’où le recours au 25e amendement revendiqué par quatre-vingt-cinq démocrates de la Chambre des représentants qui évoquent la possibilité d’une destitution du président américain. Ils ont même demandé, mardi 14 avril, au vice-président JD Vance de destituer le président américain.

« Il semble avoir perdu le contrôle », a ainsi accusé le sénateur démocrate Jack Reed, quand l’élue progressiste Alexandria Ocasio Cortez alertait sur « les facultés mentales du président [qui] sont en train de s’effondrer ». Le sénateur démocrate du Connecticut Chris Murphy n’a pas de mots assez forts pour qualifier l’état psychologique de l’occupant de la Maison Blanche. « Si j’étais un membre du cabinet Trump, je passerais Pâques à appeler des juristes constitutionnels au sujet du 25e amendement. C’est complètement, totalement délirant. Il a déjà tué des milliers de personnes. Il va en tuer des milliers d’autres ».

Quid du 25e amendement ?

Rappelons enfin que le fameux 25e amendement prévoit qu’un président puisse être déclaré “inapte“ à exercer ses fonctions. « Si le vice-président et une majorité des principaux fonctionnaires des départements exécutifs font parvenir au président du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite les avisant que le président est dans l’incapacité d’exercer ses pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge, le vice-président assumera immédiatement ces fonctions en qualité de président par intérim ». Sachant que la section 4 dudit amendement mentionné a été ajoutée à la Constitution après l’assassinat de John F. Kennedy. Concrètement, cette mesure est censée organiser la continuité du pouvoir si le président est en incapacité intellectuelle d’exercer ses fonctions.

Dans ce cas, une majorité du cabinet peut user de cet amendement en signant une déclaration attestant que le président est inapte. La déclaration est ensuite transmise aux présidents de la Chambre des représentants et du Sénat. Mais le locataire de la Maison Blanche peut cependant contester la décision dans la foulée. En cas de désaccord persistant, le Congrès tranche : une majorité des deux tiers à la Chambre des représentants et au Sénat est nécessaire pour maintenir le vice-président comme président par intérim.

Par conséquent, une éventuelle destitution au terme de laquelle Donald Trump perdrait alors ses pouvoirs, tout en conservant son titre, serait aujourd’hui a priori inenvisageable, au vu de la composition du cabinet,  largement acquise à sa cause, comme celle du Congrès, à majorité républicaine.

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Rome se démarque d’Israël et s’attire les foudres de Trump

Donald Trump s’est dit « choqué » par l’attitude de celle qu’il considérait comme son alliée européenne la plus proche. Et ce, suite à la décision de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, de suspendre le renouvellement automatique de l’accord de défense entre l’Italie et Israël. Eclairage.

 

En prenant ses distances avec Israël et les États-Unis, le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni semble s’aligner de plus en plus sur le gouvernement socialiste espagnol de Pedro Sánchez. Lequel vient d’appeler l’Union européenne à suspendre son accord d’association avec Tel-Aviv, dénonçant des violations « flagrantes » du droit international, à Gaza et au Liban. Une prise de position qui ravive les tensions diplomatiques entre Madrid et Tel-Aviv et place l’Espagne à l’avant-garde d’une ligne européenne plus ferme sur les droits humains.

Coup de froid

La présidente du Conseil italien a opéré, mardi 14 avril 2026, un tournant majeur dans sa politique étrangère en annonçant la suspension du renouvellement automatique de l’accord de défense entre l’Italie et Israël, portant sur l’échange de matériel militaire et la recherche technologique.

Ratifié en 2006 et renouvelé tacitement tous les cinq ans, l’accord de défense arrivait à son terme ces jours-ci. Il encadre la coopération entre les deux pays dans l’industrie de défense, la formation des militaires, la recherche et les technologies d’information, entre autres. L’opposition italienne demandait depuis plusieurs mois au gouvernement de suspendre ce renouvellement.

Rappelons que les tensions entre l’Italie et l’Etat hébreu s’étaient déjà intensifiées dernièrement après que Rome a accusé les forces israéliennes d’avoir tiré des coups de semonce sur un convoi de casques bleus italiens au Liban. Israël a de son côté convoqué l’ambassadeur d’Italie après les déclarations d’Antonio Tajani, ministre des Affaires étrangères, condamnant les « attaques inacceptables » menées par les forces israéliennes contre des civils libanais.

Une  proximité toxique

Une décision qui lui a valu la colère du président américain Donald Trump. Ce dernier s’est dit « choqué » par l’attitude de celle qu’il considérait comme son alliée européenne la plus proche. N’était-elle pas la seule dirigeante européenne à avoir eu « l’honneur » et « le privilège » d’assister à l’investiture du milliardaire républicain en 2025 ?

Mais comment expliquer un tel déchirement du couple italo-américain ? Des rumeurs qui bruissent à Rome affirment que la présidente du parti d’extrême droite, Fratelli d’Italia, serait en train de se repositionner. Alors qu’elle se trouve dans une position peu enviable sur la scène nationale, après avoir perdu le référendum sur la réforme de la justice le mois dernier. Une première défaite politique que les analystes attribuent en partie à sa proximité trop voyante avec Donald Trump.

« Alors que ses liens étroits avec les États-Unis et Israël lui causaient des problèmes politiques, elle pourrait adopter une position plus critique, tout en restant dans le cadre des alliances existantes ». C’est ce qu’explique Lorenzo Castellani, professeur de sciences politiques à l’université LUISS de Rome.

Fin de la lune de miel ?

En effet, la lune de miel n’a pas duré indéfiniment entre Giorgia Meloni et Donald Trump qui se sont déchirés par déclarations interposées sur la guerre en Iran ainsi que sur les attaques incessantes du président américain sur le pape. Faisant ainsi voler en éclat le couple italo-américain bien en place depuis le retour du milliardaire républicain à la Maison Blanche.

A cet égard, Donald Trump a vivement critiqué la cheffe du gouvernement italien pour avoir refusé d’impliquer son pays dans la guerre en Iran, se disant « sous le choc » et déçu de son manque de « courage ».

« Est-ce qu’ils [les Italiens] apprécient le fait que votre présidente ne nous aide pas à obtenir ce pétrole ? Est-ce que ça leur plaît ? Je n’arrive pas à l’imaginer. Je suis sous le choc. Je pensais qu’elle avait du courage, mais je me suis trompé », a déclaré le locataire de la Maison Blanche dans une interview accordée au quotidien italien Corriere della Sera.

Autre sujet de friction : les attaques répétées de Donald Trump contre le pape Léon XIV, qu’il a qualifié dimanche 12 avril de « faible » et « catastrophique » dans un message sur son réseau Truth Social. Une  diatribe qui n’est pas au goût de Giorgia Meloni qui l’a fait savoir par un communiqué lundi. « Je trouve inacceptables les paroles du président Trump à l’égard du Saint-Père », a-t-elle fustigé en rappelant qu’en tant que « chef de l’Église catholique », il est « juste et normal qu’il invoque la paix et qu’il condamne toute forme de guerre ».

Pour résumer, sous le poids de l’opinion, le revirement du gouvernement italien tranche avec la ligne jusque-là suivie. Puisque les critiques envers l’administration de Donald Trump étaient restées jusqu’alors mesurées. L’Italie allant même jusqu’à soutenir Washington sur le dossier vénézuélien, tout en évitant soigneusement toute friction sur des sujets sensibles comme le Groenland. Ce nouveau positionnement peut expliquer la décision de Rome de refuser aux avions militaires américains l’accès à la base militaire de Sigonella, en pleine guerre en Iran. Alors, désamour passager ou signes avant-coureurs d’une inévitable rupture ? L’avenir nous le dira.

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Blocus du détroit d’Ormuz : le pari très risqué de Donald Trump

Le blocus du détroit d’Ormuz, décidé par Donald Trump, vise à priver l’Iran de sa manne pétrolière. Une stratégie hasardeuse qui pourrait avoir des conséquences plus globales. Analyse.

Donald Trump a-t-il réellement mesuré la portée de sa décision de bloquer le détroit d’Ormuz ? Une initiative aux répercussions aussi lourdes qu’imprévisibles. Lui qui misait sur une guerre éclair pour pouvoir claironner, tambour battant, une « victoire totale et écrasante » contre l’Iran, à défaut d’effacer une civilisation perse millénaire. Mais en fermant cette voie d’eau stratégique, c’est tout l’équilibre énergétique mondial qu’il ébranle. Avec, à la clé, une flambée des prix du pétrole qui se répercute directement à la pompe pour les consommateurs américains. Effet boomerang garanti.

Brutalité

En effet, la décision prise par l’administration américaine marque une escalade majeure. Elle intervient après l’échec de négociations entre Washington et Téhéran visant à mettre fin au conflit. Mais sur quelle base ? Impatients, les négociateurs américains s’attendaient non sans candeur à une reddition iranienne. Cependant, après moins d’une journée de discussion, JD Vance et son équipe ont estimé qu’ils n’obtiendraient rien de significatif de la partie adverse.

Aussitôt, le président des Etats-Unis, Donald Trump, a choisi de brandir le gros bâton en décrétant le blocage du détroit d’Ormuz par l’armée américaine. Déjà, les États-Unis ont commencé des opérations de déminage et déployé des destroyers pour contrôler le trafic maritime dans et autour du détroit. L’armée américaine a toutefois précisé qu’elle autoriserait la circulation des navires ne partant pas ou ne se dirigeant pas vers l’Iran. Mais on peut facilement imaginer que ces bateaux-là seront, quant à eux, menacés par Téhéran. Ce qui rendra ainsi toute circulation impossible.

L’objectif est double : empêcher Téhéran d’utiliser le détroit comme levier de pression; et reprendre le contrôle d’un passage stratégique déjà largement perturbé par les menaces et attaques iraniennes contre les navires. Autrement dit, Washington ne se contente pas de sécuriser le passage. En effet, il cherche à asphyxier économiquement l’Iran en contrôlant les flux maritimes liés à ses exportations.

Risque de dérapage

Pour combien de temps ? Aucune durée précise n’a été annoncée. Le blocus est présenté comme une mesure évolutive, liée aux avancées du conflit et à d’éventuelles concessions iraniennes. Il pourrait donc durer tant que les négociations resteront dans l’impasse. Sur le terrain, la situation reste très instable : l’Iran affirme contrôler le détroit et menace de riposter. Ce qui laisse craindre une confrontation directe entre marines.

Etouffer la Chine

D’autre part, en mettant sous pression la République islamique d’Iran pour la priver de sa manne pétrolière, le locataire de la Maison Blanche – qui n’en est pas à une bourde près – ne semble pas voir plus loin que le bout de son nez. Car la fermeture du détroit d’Ormuz aura pour conséquence d’agir comme une onde de choc sur les économies asiatiques, en première ligne desquelles la Chine. Tant il est vrai que dans ce passage étroit se joue une part décisive de l’équilibre énergétique mondial. Puisque près d’un baril de pétrole sur cinq y transite chaque jour.

En effet, l’enjeu pour Pékin est énorme. Premier importateur mondial de brut, le géant asiatique dépend largement de ces approvisionnements en or noir du Golfe. Et notamment de ceux d’Arabie saoudite, d’Irak ou encore des Émirats arabes unis. Or, le blocage d’Ormuz revient de facto à refermer brutalement ce robinet énergétique.

Résultat immédiat : une raréfaction de l’or noir doublée d’une flambée des prix sur les marchés internationaux. Pour les grandes économies industrielles d’Asie, de la Chine au Japon en passant par la Corée du Sud, la facture sera lourde.

Et pas que pour la zone Asie. Les effets sont déjà visibles. L’annonce du blocus a immédiatement fait remonter les prix du baril de pétrole américain qui est repassé au-dessus des 100 dollars. Plus largement, la crise du détroit d’Ormuz perturbe une zone par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial. Ce qui provoque une flambée des prix pouvant dépasser 120 dollars le baril au plus fort de la crise. Cette situation est décrite comme l’une des plus graves menaces pour l’approvisionnement énergétique mondial depuis les années 1970.

Au final, ce blocage pourrait-il forcer la main de l’Iran ? « Il y a peu de raisons de penser qu’un blocus contraindrait l’Iran à capituler » reconnaît Danny Citrinowicz, chercheur israélien à l’Institut d’études sur la sécurité nationale de Tel-Aviv. Tout en ajoutant que « la résilience dont le pays a fait preuve jusqu’à présent suggère l’inverse ».

Idem pour Shibley Telhami, chercheur à la Brookings Institution et professeur à l’université du Maryland, pour qui l’annonce d’un blocus américain est même « déconcertante » et paraît « contre-productive ». Le président américain « n’aurait pas pu porter un coup plus dur à ce qui reste de la crédibilité mondiale des États-Unis », a-t-il conclu.

Que reste-t-il à ajouter face à un constat d’une telle implacabilité ? Rien, sinon reconnaître l’évidence et en mesurer toute la portée.

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Négociations de marchand de tapis ?

Après un cessez-le-feu fragile, des discussions cruciales s’ouvrent, ce samedi 11 avril, à Islamabad, au Pakistan, sous haute sécurité. Et ce, sur fond de désaccords notamment sur la proposition en 10 points présentée par Téhéran ; laquelle est considérée par Donald Trump comme une « base viable » pour les négociations.

 

C’est finalement à Islamabad, une ville d’un million d’habitants avec les contreforts de l’Himalaya en décor, que doivent débuter ce samedi 11 avril les discussions sur un plan de paix pour mettre fin à la guerre en Iran. Pourquoi le Pakistan ?

Grand voisin de l’Iran, doté de l’arme nucléaire, ce géant asiatique de 259 millions d’habitants s’est progressivement imposé comme un médiateur incontournable dans ce dossier. Une position qu’il doit à sa capacité rare à dialoguer avec tous les protagonistes, y compris les Chinois et les Iraniens, dont il défend les intérêts à Washington depuis plusieurs années.

Un faucon à la tête de la délégation iranienne

Pourtant, Téhéran a exigé une trêve au Liban et le déblocage des actifs de son pays avant toute négociation de paix avec les États-Unis. Une manière de jeter le doute sur la tenue de ces pourparlers avant l’arrivée jeudi soir de la délégation iranienne dans la capitale pakistanaise. Laquelle est dirigée par Mohammad Bagher Ghalibaf, actuel président du Parlement iranien, et présenté comme le «nouvel homme fort» du régime des mollahs. Ce général des Gardiens de la Révolution a été maire de Téhéran pendant onze ans, et s’était présenté aux élections présidentielles de 2005 et 2024, sans succès.

Il est flanqué du ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, un diplomate de carrière, ancien ambassadeur en Estonie, en Finlande et au Japon. Nommé ministre fin août 2024, il avait participé à l’élaboration, puis la mise en place, de l’“accord de Vienne sur le nucléaire“ signé en 2015 puis dénoncé par Donald Trump.

J.D. Vance, l’homme de la situation ?

En face, la délégation américaine est menée par le vice-président américain, J.D. Vance, qui s’est vu confier par Donald Trump une mission presque impossible : traiter à la fois la question urgente de la réouverture du détroit d’Ormuz, dont la fermeture par l’Iran perturbe l’économie mondiale, mais aussi trouver un compromis sur celle du nucléaire et de ses programmes d’armement.

Or, l’ancien sénateur de l’Ohio va jouer gros, très gros dans les discussions avec les redoutables négociateurs iraniens, tant pour sa crédibilité personnelle que pour les intérêts de Washington.

Connu pour s’être opposé à une intervention militaire en Iran, il apparaît, aux yeux de Téhéran, comme moins aligné sur Israël que certains membres de l’administration. À ses côtés, figurent l’inévitable Jared Kushner, gendre de Donald Trump, et Steve Witkoff, homme d’affaires et proche du président américain. Pour mieux le surveiller, disent les mauvaises langues.

« Comme l’a dit le président des États-Unis, si les Iraniens sont prêts à négocier de bonne foi, nous sommes tout à fait disposés à leur tendre la main, mais s’ils tentent de se jouer de nous, ils verront que notre équipe de négociation ne se montrera pas très réceptive », a-t-il averti vendredi avant d’embarquer à bord d’Air Force Two en direction du Pakistan.

Nœud gordien

Reste à savoir sur quelle base négocier. Là encore, entre la proposition en 15 points que Washington avait soumise à Téhéran, le plan iranien en 10 points et les déclarations contradictoires de Donald Trump, le flou est total.

Car dans son plan de dix points, Téhéran demande la fin des frappes de la coalition israélo-américaine en Iran, l’arrêt des bombardements de Tsahal contre son allié libanais du Hezbollah, et la fin des sanctions imposées par l’ONU, les États-Unis et l’Union européenne qui interdisent notamment le commerce avec Téhéran.

En échange, le blocus de facto du détroit d’Ormuz serait levé. Mais chaque navire y transitant se verrait imposer une taxe, soit jusqu’à 2 millions de dollars par passage. Et ce, afin de reconstruire les infrastructures détruites par la coalition. «Ce n’est pas suffisant. Mais c’est un pas très important», a commenté Donald Trump lundi dont l’administration exige dans son plan de 15 points le démantèlement des capacités nucléaires de l’Iran, ainsi que le renoncement à obtenir l’arme nucléaire.

Son stock d’uranium – estimé à 400 kg – devrait être détruit. Téhéran devrait également renoncer à soutenir ses alliés – souvent qualifiés de proxys -, le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza. Le détroit d’Ormuz serait déclaré «zone maritime libre» et serait rouvert.

En échange, le président américain propose la levée totale des sanctions et, fait notable, la suppression du mécanisme de rétablissement automatique des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU. De plus, l’Iran, s’il acceptait ces conditions, pourrait obtenir un soutien à son programme nucléaire civil. Des divergences qui semblent insurmontables, à moins d’un miracle.

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