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Détroit d’Ormuz : le plan de l’OMI pour dégager les centaines de navires bloqués dans le Golfe

L’Organisation maritime internationale (OMI) travaille sur un plan visant à retirer les centaines de navires bloqués dans le Golfe depuis le début de l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, le 28 février dernier. C’est ce qu’a déclaré le secrétaire général de l’agence onusienne, Arsenio Dominguez Velasco.

Le plan de l’OIM pour les navires du Golfe pourrait être mis en œuvre dès qu’il y aura des signes clairs de désescalade. Ainsi a-t-il ajouté, en marge du forum de la Semaine maritime de Singapour.

Les détails en discussion concernent notamment l’ordre de départ des navires, en fonction de la durée pendant laquelle les équipages ont été bloqués.

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Ormuz sous tension après la saisie d’un navire iranien

Le commerce dans le détroit d’Ormuz a été paralysé lundi 20 avril. Et ce, après une brève ouverture du passage au cours du week-end, qui a entraîné la première saisie d’un navire iranien par les États-Unis depuis que Téhéran a refermé le détroit. Ce qui souligne combien il sera difficile de rétablir l’activité dans la région.

Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz est à son plus bas niveau depuis sept semaines. Vendredi, l’Iran et les États-Unis ont annoncé sa réouverture. Cela a provoqué une chute brutale des prix du pétrole. Tout en incitant les navires à emprunter le passage en urgence; avant qu’il ne soit de nouveau fermé peu après.

Dimanche 19 avril, la marine américaine a arraisonné un cargo iranien dans le golfe d’Oman; alors qu’il faisait route vers Ormuz. C’est la première intervention de ce type depuis le début du blocus américain. Ce qui accroît les risques pour les armateurs opérant dans la région et élargit la zone considérée comme dangereuse pour le transit. « La volatilité persistante dissuadera la plupart, voire la totalité, des armateurs. Les incitant à adopter une attitude prudente et attentiste ». C’est ce qu’a déclaré Ivan Matthews de Vortexa.

Selon Bloomberg, le pétrolier Nova Crest se trouve actuellement au sud de l’île de Larak (île iranienne située sur la côte de la province de Hormozgan dans le golfe Persique) et fait route vers le golfe d’Oman. Il faut noter que ce navire est sous sanctions du Royaume-Uni, de l’Union européenne et de la Suisse pour son implication dans le commerce du pétrole russe.

Naviguant en sens inverse, l’Axon I, un transporteur de GPL sous sanctions américaines, fait route vers le détroit depuis Fujairah, avec Sharjah (Émirats arabes unis) comme destination. À ses côtés, un pétrolier, le Starway, affiche le port émirien de Hamriyah comme prochaine escale.

Des méthaniers s’étaient également approchés du détroit suite à sa brève ouverture. Mais ils ont finalement fait demi-tour ou sont restés dans la zone en attendant que la situation se clarifie.

Le fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran doit expirer mercredi soir (heures des Etats-Unis). On ignore encore si la trêve sera prolongée ou non.

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Le dollar s’affaiblit, le monde suspendu aux pourparlers américano-iraniens

Le dollar et le yen ont subi des pressions ce mardi, les investisseurs se préparant à acheter des devises plus risquées et espérant un accord entre les États-Unis et l’Iran qui permettrait la reprise du trafic maritime dans le Golfe.

Alors que le cessez-le-feu entre les deux pays arrive à échéance cette semaine, le sort des pourparlers de paix avec l’Iran reste incertain, Téhéran n’ayant pas encore décidé de la marche à suivre dans le processus diplomatique. Cependant, les investisseurs estiment que les deux parties ont intérêt à parvenir à un accord, Donald Trump déclarant même que les négociations progressaient « relativement rapidement » et aboutiraient à de meilleures conditions que les accords précédents, selon Reuters.

L’euro est resté stable à 1,1782 dollar et la livre sterling s’échangeait à 1,35225 dollar, les deux en baisse d’environ 0,1 % sur la journée, tandis que le dollar australien, sensible au risque, a reculé de 0,1 % à 0,7171 dollar américain en début de séance.

Carol Kong, analyste de change à la Commonwealth Bank of Australia, a déclaré : « Je pense que les discussions entre les deux parties seront le principal facteur déterminant au cours des prochaines 24 heures… Les marchés sont dans l’expectative ».

Toujours la même source ajoute que Trump semble désireux de parvenir à un accord avec l’Iran et de mettre fin rapidement à la guerre, mais que cela dépend beaucoup de l’issue des négociations.

Le yen s’est établi à 158,955 contre un (1) dollar, oscillant près du niveau de 160 que les opérateurs considèrent comme un seuil d’intervention.

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Cette « flotte moustique » iranienne qui nargue la puissante marine américaine…

Face à l’impressionnante armada américaine, Téhéran mise sur une stratégie navale atypique : la guérilla en mer par sa « flotte moustique ». Eclairage.

 

C’est la fable du moustique contre l’éléphant. Ce récit intemporel qui met en lumière l’écrasante disproportion des forces et l’arrogance des puissants. Tout en rappelant qu’un être minuscule peut tenir tête à un géant aux pieds d’argile.

C’est aussi l’essence même de la guerre asymétrique : lorsque le plus faible, loin de céder, oppose une résistance acharnée à une puissance militaire supérieure, en mobilisant des moyens limités, parfois artisanaux. Le cas de l’Iran, confronté à deux puissances nucléaires, en offre une illustration saisissante.

Capacité de nuisance

Ainsi, face à l’armada américaine composée d’une dizaine de navires de guerre dont le porte-avions USS Abraham Lincoln et des destroyers de classe Arleigh Burke visant à contrôler le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, Téhéran conserve une considérable capacité de nuisance en mer grâce à sa « flotte moustique » dotée d’armes légères, comme des mitrailleuses, des drones ou de petits lance-roquettes. Ces vedettes rapides, difficile à neutraliser, sont capables de menacer ou de frapper des bateaux commerciaux ou des pétroliers. Elles peuvent aussi perturber le trafic pétrolier mondial et faire monter la pression sur Washington. D’où la comparaison avec les insectes suceurs de sang.

« On les appelle les « flottes de moustiques » parce qu’elles sont petites et agaçantes et elles frappent fort », a déclaré au New York Post Alex Plitsas, ancien responsable du Pentagone et chercheur à l’Atlantic Council. « Mais elles suffisent à piquer et à être insupportables, ajoute-t-il. Ces navires sont d’autant plus redoutables lorsqu’ils attaquent à plusieurs, en nuées ».

Guérilla en mer

Et pour mener des attaques furtives et harceler le trafic maritime, les Gardiens de la révolution iraniens utilisent une flottille de bateaux rapides. Certains peuvent atteindre jusqu’à 180 km/h et sont équipés de mitrailleuses, de lance-roquettes ou bien de drones. Ces embarcations sont dissimulées dans des bases côtières ou des grottes creusées sur le littoral.

Plus petits que ceux de la flotte iranienne régulière et dissimulés tout au long des centaines de kilomètres de côtes iraniennes, les bateaux de la « flotte moustique » peuvent se cacher dans des grottes ou des abris construits sous les roches. En faisant des pics de vitesse parfois au-delà des 150 km/h, ils échappent au radar et peuvent s’approcher de navires beaucoup plus gros, qu’ils attaquent avec des armes légères, du drone au lance-roquettes, en passant par les mitrailleuses.

Peu coûteux et difficilement détectables par satellite, ces vedettes constituent un véritable danger, notamment pour les navires commerciaux qui ne sont pas équipés pour ce type de menace. Ainsi, l’Organisation maritime internationale estime qu’au moins 20 navires ont déjà été attaqués.

Cette flotte « fonctionne davantage comme une force de guérilla en mer » et « se spécialise dans la guerre asymétrique ». C’est ce qu’analyse Saeid Golkar, professeur de sciences politiques à l’université du Tennessee, interrogé par le New York Times. En misant sur des embarcations rapides et légères plutôt que sur de « grands navires de guerre », les Iraniens peuvent mener des « attaques éclair », loin des « batailles navales classiques », développe la même source.

« On ne sait jamais vraiment ce qu’ils préparent, ni quelles sont leurs intentions», indique pour sa part l’amiral Gary Roughead, ancien chef des opérations navales américaines, toujours  sur les colonnes du média newyorkais.

Un redoutable levier de négociations

Reste à savoir si cette guerre à coups de « piqûres » pouvait suffire à déstabiliser le commerce mondial ? Affirmatif, explique Farzin Nadimi, spécialiste de la marine du Corps des Gardiens de la révolution et auteur en avril 2020 d’un rapport sur l’« évolution de l’approche de l’Iran en matière de guerre navale asymétrique » pour le Washington Institute, un think tank basé dans la capitale fédérale américaine.

« Compte tenu de la dépendance des pays industrialisés vis-à-vis des importations de pétrole, même des perturbations mineures dans l’approvisionnement de pétrole ou de GNL mettraient le marché à rude épreuve, avec des conséquences économiques potentiellement importantes » affirme l’expert. Tout en ajoutant que « cette vulnérabilité confère à l’Iran quelques leviers de négociation face aux grandes économies mondiales ».

Alex Plitsas, ancien responsable du Pentagone et chercheur à l’Atlantic Council, souligne pour sa part que dans un passage stratégique comme le détroit d’Ormuz, il n’est pas nécessaire de contrôler totalement la mer : il suffit de la rendre trop risquée pour la navigation. Or ce détroit, par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial, constitue un levier majeur pour Téhéran. Sans chercher à le bloquer complètement, l’Iran miserait donc sur une stratégie moins coûteuse, mais très perturbatrice pour le trafic maritime et l’économie mondiale.

Reste l’issue diplomatique à la guerre, mais elle semble plus qu’incertaine : l’Iran n’ayant pas pris « à ce stade » de décision quant à sa participation aux nouveaux pourparlers avec les États-Unis, annoncés pour hier lundi à Islamabad. Le principal point de crispation pour Téhéran est le blocus naval étasunien qui constitue « non seulement une violation du cessez-le-feu », mais également « un acte illégal et criminel ». C’est mal barré, déplorent les plus optimistes.

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