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La hausse des prix de l’énergie affectera fortement le budget de la Tunisie

Malgré la hausse des prix de l’énergie, en raison du blocage du trafic maritime au détroit d’Ormuz, la Tunisie n’a pas mis en place de tarification automatique des carburants suivant les fluctuations de leur cours sur le marché international. Or les subventions aux carburants en place dans notre pays seront affectées par les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, et les pertes pour le budget de l’Etat pourraient atteindre 5 milliards de dinars cette année.

C’est ce qu’a déclaré Mahmoud El May, ingénieur et négociant international en hydrocarbures, qui intervenait, lundi 20 avril 2026, dans l’émission «Houna Tounes», sur Diwan FM.

L’expert a ajouté que la question la plus importante à l’heure actuelle n’est pas seulement la fermeture du détroit d’Ormuz, mais aussi l’état des installations pétrolières des pays du Golfe, qui ont subi des dégâts, suite aux récentes attaques iraniennes, sur lesquelles nous n’avons pas beaucoup d’informations.

«Tout ce que nous savons, c’est que la plus grande raffinerie de pétrole du Koweït a été entièrement détruite et a cessé ses activités sachant qu’elle raffinait jusqu’à 1 000 barils de pétrole par jour», a indiqué El May. Et d’ajouter : «Il est impossible d’établir un tableau précis et réaliste de l’évolution des prix mondiaux des carburants sans connaître l’étendue des dégâts infligés aux installations pétrolières des pays du Golfe.»

I. B.

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Justice | Khayam Turki condamné à 14 ans de prison  

La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, spécialisée dans les affaires de corruption financière, a condamné l’activiste politique Khayam Turki à 14 ans de prison et à une amende pour fraude, blanchiment d’argent et abus de confiance aggravé.

Selon une source judiciaire citée par Diwan FM, l’affaire faisait suite à une plainte déposée par une société des Émirats arabes unis contre Turki, l’accusant de fraude dans le cadre d’un projet commercial en Afrique du Nord, après qu’il eut été chargé de l’acquisition du terrain nécessaire à ce projet.

La chambre d’accusation spécialisée dans les affaires de corruption financière de la Cour d’appel de Tunis avait précédemment décidé de renvoyer Khayam Turki, alors en liberté, devant le tribunal correctionnel pour qu’il soit jugé pour abus de confiance, blanchiment d’argent et autres délits financiers.

Flash-back. Fin 2011, Khayam Turki, qui était à l’époque membre dirigeant de parti Ettakatol, avait été pressenti au poste de ministre des Finances, à l’issue des élections législatives du 23 octobre. Mais, il avait renoncé à se porter candidat après qu’un cabinet d’avocats tunisois eut ébruité une mystérieuse affaire l’opposant à son ex-employeur émirati. L’Emirates International Investment Compagny (Eiic) l’avait, en effet, accusé de gestion déloyale du temps où il siégeait à sa direction. La société a également déposé une plainte contre M. Khayam pour détournent de fonds. C’est cette plainte qui a abouti, en 2012, au gel des millions de dollars que l’intéressé détendrait dans des comptes en Suisse.

Il convient de noter que Khayam Turki, qui est détenu depuis février 2023 dans le cadre de l’affaire dite de «complot contre la sûreté de l’État», a été condamné dans cette affaire à une peine de plus de quarante ans de prison.

I. B.

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Fawzia Zouari présente à Tunis son ‘‘Dictionnaire amoureux de la Tunisie’’

Fawzia Zouari est actuellement à Tunis pour une tournée de présentation de son dernier livre ‘‘Dictionnaire amoureux de la Tunisie’’ (éd. Plon, Paris, éd. Cérès, Tunis, mars 2026, 347 pages). Après une rencontre samedi 18 avril à la librairie Culturelle de Gammarth, elle sera le 26 avril à la Foire du livre de Tunis et le 7 mai à l’Institut français de Tunisie, une occasion pour ses lectrices et lecteurs de la rencontrer, de discuter de son livre et de se le faire dédicacer.

La Tunisie est un pays riche de la diversité de ses sites naturelles, où la mer, le désert, la montagne et la forêt de côtoient dans un territoire relativement réduit. Elle est riche aussi de la profondeur de son histoire trois fois millénaire, de sa position au cœur d’une Méditerranée berceau de la civilisation, de la bonté légendaire de sa population ouverte, accueillante et hospitalière.

Qui mieux que Fawzia Zouari, dont l’œuvre littéraire et les activités journalistiques ont été, quarante ans durant, marquées par l’amour des milles et une facettes de son pays, pour parler de cette richesse qui n’est pas d’argent mais de cœur et d’esprit ?

Son dernier livre est d’ailleurs une «déclaration d’amour» assumée à un pays auquel elle doit tout et qu’elle connaît sur les bouts des doigts.  

Ce livre, qui lui a demandé deux ans de travail, s’ouvre sur le A d’Azzedine Alaïa, le grand couturier né à Tunis en 1935, et se referme sur le Z de la Zitouna, la grande mosquée au cœur de la médina de Tunis. Et au fil des pages, on redécouvre, sous sa belle plume, des lieux emblématiques (Carthage, Kairouan, La Goulette, Tozeur, Sidi Bou Saïd, Sfax, le musée du Bardo ou le Théâtre municipal de Tunis…), des figures historiques (Hannibal, Massinissa, Saint-Augustin, Tahar Haddad Bourguiba…), mais aussi des éléments constitutifs de la culture tunisienne dans le sens large du terme.

I. B.  

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La dépendance à l’IA US menace notre souveraineté

Imaginez : demain, un conflit éclate. Ou simplement, des tensions diplomatiques s’exacerbent. Les agents IA qui pilotent votre logistique, analysent vos renseignements ou optimisent votre réseau électrique se mettent soudain à dysfonctionner, à refuser des commandes critiques, ou pire, à divulguer des données sensibles. Ce n’est pas de la science-fiction. C’est la conséquence logique de la dépendance aux infrastructures et aux droits extraterritoriaux des États-Unis. Cet article décrypte le danger réel du droit américain, illustre les alternatives souveraines déjà déployées dans le monde, et présente les solutions concrètes comme Zetta-Spark.com en Tunisie pour reprendre le contrôle.

Héni Bouhamed *

1. Le mythe de la localisation des données

De nombreuses entreprises privés et institutions publiques (ministères & toutes autres administrations) pensent être protégées car leurs données sont hébergées sur des serveurs en Europe ou en Tunisie. C’est une illusion dangereuse. Le droit américain ne suit pas les données, il suit le prestataire.

Le paysage juridique américain en 2026 est plus menaçant que jamais pour les entités non-américaines. Deux piliers législatifs forment une tenaille mortelle :

Le Cloud Act (2018) : ce texte donne aux autorités américaines le pouvoir d’exiger d’une entreprise technologique US (Google, Microsoft, Anthropic, OpenAI) la communication de données, peu importe où elles se trouvent. Que vos serveurs soient à Francfort, à Singapour ou à Tunis, si votre fournisseur est américain, le gouvernement US peut y accéder via un mandat.

La Section 702 du Fisa : initialement conçue pour le contre-terrorisme, cette loi permet une surveillance sans mandat préalable des communications. Pire, des rapports récents montrent que ces outils de surveillance massive sont désormais utilisés pour la lutte contre l’immigration et pourraient être déployés contre des entreprises américaines elles-mêmes.

Le piège pour vos agents IA : si vous utilisez des modèles d’Anthropic, OpenAI ou Gemini, même via une interface locale, les prompts et les fragments de données sensibles voyagent vers les serveurs US. Le Cloud Act s’applique. En cas de crise, un «bouton off/on» ou une injection de biais dans les modèles n’est pas une théorie du complot, mais une possibilité technique et juridique offerte à Washington.

2- La réponse mondiale : la souveraineté numérique en action

Face à cette menace, des blocs entiers ne restent pas passifs. Un mouvement planétaire vers l’IA souveraine est en marche, où les États exigent que leurs données restent sous leur contrôle juridique et infrastructurel.

Voici des exemples concrets déjà en fonctionnement, classés par région :

Ces initiatives prouvent un basculement historique : on ne se contente plus d’acheter des services cloud américains «durcis». On construit des écosystèmes nationaux complets, de la couche physique (hardware) jusqu’aux modèles d’IA.

3. ZettaSpark Tunisie : une alternative souveraine

Dans ce mouvement, ZettaSpark Tunisie apporte une réponse adaptée aux entreprises et aux États qui possèdent déjà des infrastructures de données massives.

ZettaSpark est une plateforme logicielle complète conçue pour déployer et gérer des environnements Big Data directement au sein de l’infrastructure sur site d’une entreprise, afin de stocker des données hautement sensibles.

Historiquement expert en traitement distribué (Hadoop, Spark, Kafka), ZettaSpark Tunisie franchit un cap en intégrant l’IA générative et agentique directement dans vos clusters. Sa philosophie :«Vos données ne quittent jamais votre infrastructure».

Contrairement aux solutions cloud propriétaires, ZettaSpark Tunisie se déploie sur vos serveurs, dans votre datacenter, en Tunisie ou ailleurs. Vous bénéficiez ainsi :

  • de l’indépendance juridique : fin du Cloud Act. Pas de prestataire américain, pas de mandat extraterritorial ;
  • de la confidentialité totale : les modèles tournent en local. Vos secrets industriels, données de santé ou stratégies sensibles ne sont pas aspirés par une API étrangère ;
  • de la maîtrise des coûts : fini les surprises de facturation des tokens ;
  • d’un écosystème technique «vitaminé» par vos Big Data : ZettaSpark Tunisie ne se limite pas à un simple chatbot local. La plateforme permet à des agents intelligents d’interagir directement avec vos silos de données massives ;
  • de connecteurs MCP version locale : contrairement à l’utilisation standard de Claude Desktop qui envoie vos données aux US, ZettaSpark Tunisie force le MCP (Model Context Protocol) à fonctionner en local. Vos agents peuvent lire vos bases de données, vos lacs de données/Lake house (HDFS/Iceberg) et exécuter des tâches sans jamais exposer un octet à l’extérieur ;
  • de modèles agnostiques : utilisez Llama 4, Gemma 4, DeepSeek ou Qwen sur vos propres GPU, orchestrés par Spark ;
  • de sécurité renforcée : authentification Kerberos, contrôle d’accès, et chiffrement de bout en bout.

3- Une vision pour le tissu industriel

«Ne vous contentez plus d’analyser le passé. Donnez à votre entreprise les agents capables de construire le futur.»

ZettaSpark Tunisie permet à une banque de traiter ses données clients sensibles, à un ministère de la défense d’analyser du renseignement, ou à une usine d’optimiser sa maintenance prédictive, sans dépendre de la bonne volonté de Washington.

4. Le moment d’agir est maintenant

Le droit américain ne vous protégera pas. Les extensions du Fisa 702 sont votées dans l’urgence, souvent sans débat public approfondi, créant une insécurité juridique permanente pour les utilisateurs non-US.

La solution n’est pas dans la résistance isolée, mais dans l’architecture technique.

Comme l’ont compris l’Afrique de l’Est, le monde arabe ou l’Inde, la souveraineté numérique se gagne code par code, serveur par serveur.

ZettaSpark Tunisie vous donne les outils pour faire de votre infrastructure Big Data un bastion d’IA agentique indépendant.

Pour aller plus loin : découvrez comment déployer votre première flotte Big Data/Agents souverains sur ZettaSpark

* Senior Lecturer at Sfax University, Tunisia.

Sources : National Law Review (2026), East African Community (2026), Just Security (2026), Wiley Connect (2026), Digit India (2026), AICTO (2026), Oracle Blogs (2026).

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‘‘Beyrouth Paradise’’ | Enquête sur les ombres d’une ville 

Beyrouth. Une ville où le bruit des klaxons se mêle aux souvenirs des bombardements, où chaque ruelle semble porter les cicatrices d’une histoire que l’on peine à oublier. Dans ‘‘Beyrouth Paradise’’ de David Hury, parue le 5 février 2026 aux éditions Liana Lévi, le lecteur plonge au cœur d’une capitale vibrante, fragile et impitoyable. Marwan, ancien policier devenu détective privé, est notre guide dans ce labyrinthe de béton, de mémoire et de secrets.

Djamal Guettala

L’intrigue démarre avec l’arrivée de Zoya Kostuyk, une jeune Ukrainienne déterminée à retrouver sa sœur Valentyna, disparue dans le quartier de Maameltein, au nord de Beyrouth. Le détective, méthodique et prudent, devient son unique point d’ancrage dans une ville étrangère et complexe. Entre l’exploration des night-clubs et la quête de vérité, Marwan navigue entre le passé et le présent, la mémoire des guerres et la brutalité du quotidien.

Le style de David Hury est incisif, immersif et parfois poétique. Ses phrases frappent par leur précision et leur rythme : «Ça mûrit et ça gonfle comme les nèfles orangées en été, ça tombe comme les figues gorgées de sucre et ça éclate au sol avant de se faire piétiner par des godillots. »

Résiliente, impitoyable mais toujours vivante

Le lecteur ne se contente pas de suivre une enquête : il ressent la ville, ses sons, ses odeurs, ses tensions. Chaque personnage est un reflet de Beyrouth : résilient, marqué, parfois impitoyable, mais toujours vivant.

Marwan, profondément humain, porte le poids de son passé : la perte de sa sœur Reem, les blessures d’une carrière dans la police, la violence qui l’entoure. Sa fille Maha, vivante mais exilée à Paris, reste une présence à distance, à la fois intime et fragile. Zoya, courageuse et déterminée, incarne la résilience face à la peur et à l’injustice. À travers leurs interactions, le roman explore des thèmes universels : la famille, la loyauté, le courage, mais aussi l’exil et l’incompréhension culturelle.

Le roman plonge également le lecteur dans les coulisses de la nuit beyrouthine. Le Paradise, club emblématique du récit, symbolise un monde de paraître et de danger. David Hury décrit avec minutie ce microcosme : les danseuses, les patrons, les clients, mais aussi la mécanique invisible qui protège certains et menace d’autres. Il ne s’agit pas seulement d’une enquête policière : c’est un portrait sociologique d’une ville en tension, où l’argent, le pouvoir et la survie se croisent.

Les valeurs humaines traversent le récit sans être didactiques. Le courage, l’empathie, la persévérance, la solidarité : autant de forces qui émergent dans les moments de crise. Même dans les situations les plus dangereuses, l’auteur insiste sur la dignité et la volonté de protéger ceux que l’on aime. Ce mélange d’humanité et de réalisme confère au roman une profondeur rare : le suspense ne masque jamais l’émotion ni la réflexion.

Une ville blessée mais vivante

Le livre frappe par sa capacité à rendre palpable l’urgence et la complexité de Beyrouth. L’écriture, rythmée, sensorielle et nerveuse, immerge le lecteur dans l’action tout en lui donnant le temps de ressentir l’histoire des lieux et des personnages. Les dialogues vifs, les descriptions détaillées et la tension constante créent une lecture à la fois captivante et émotive.

En conclusion, ‘‘Beyrouth Paradise’’ est un roman policier qui dépasse le simple suspense. David Hury signe un texte qui mêle enquête, humanité et regard sociopolitique. Une ville blessée mais vivante, des personnages fragiles mais obstinés, un récit qui questionne la mémoire et la justice : voilà ce que ce roman offre au lecteur. Une œuvre à lire pour sentir la tension et la beauté de Beyrouth, pour comprendre la complexité de ses vies et la force des individus qui choisissent de ne pas se laisser écraser par l’Histoire.

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Le pétroyuan peut-il supplanter le pétrodollar ?

Bien que le yuan chinois reste largement distancé par le dollar dans le commerce mondial, sa demande a augmenté depuis que l’Iran a renforcé son contrôle sur le détroit d’Ormuz et a commencé à accepter des paiements en yuans en échange du passage sécurisé des navires. Ainsi, la guerre en Iran a relancé l’idée que le yuan puisse rivaliser plus efficacement avec le dollar américain.

Imed Bahri

Selon une enquête de Bloomberg, la guerre d’Iran a enclenché le débat sur le «pétroyuan», un concept initialement proposé par le président chinois Xi Jinping lors de sa visite au Moyen-Orient en 2022, sans toutefois rencontrer de succès significatif à l’époque. 

Un chercheur chinois proche du gouvernement a déclaré la semaine dernière que les échanges de pétrole brut libellés en yuans avaient explosé suite au conflit, tandis que les médias d’État rapportaient que le système de paiement interbancaire transfrontalier chinois Cips (China International Payments System) avait atteint un niveau record de 1 220 milliards de yuans (179 milliards de dollars) en une seule journée, dépassant ainsi pour la première fois la barre des mille milliards de yuans.

La guerre en Iran relance le débat sur le pétroyuan

Dans une note récente, Mallika Sachdeva, stratégiste chez Deutsche Bank, a affirmé que cette guerre «pourrait jouer un rôle majeur dans l’érosion de la domination du pétrodollar et le début de l’essor du pétroyuan».

Cette analyse n’est pas l’apanage de la banque allemande. D’autres estiment qu’il est de plus en plus logique de fixer le prix du pétrole dans la monnaie du premier importateur mondial de brut.

La Chine a constamment renforcé ses liens économiques avec le Moyen-Orient, et les responsables du Parti communiste ont mis en place à Shanghai une infrastructure de négoce pétrolier incluant les contrats à terme. Ils ont également étendu le système Cips et travaillent, avec des partenaires du Moyen-Orient, au développement d’une plateforme internationale de monnaie numérique. La dynamique du yuan se heurte à la domination du dollar.

Selon les dernières données officielles, les transactions en yuans entre la Chine et le Moyen-Orient ont atteint environ 1 100 milliards de yuans en 2024, enregistrant un taux de croissance annuel moyen de 53% depuis 2020. Les transactions sur titres ont représenté la part la plus importante, contre seulement 18% pour les biens.

«Les conflits au Moyen-Orient vont inévitablement accroître l’incitation à utiliser le yuan dans le négoce pétrolier, notamment dans les pays en développement, mais ils n’entraîneront pas de bouleversement radical, car aucun concurrent n’est en mesure de détrôner le dollar dans un avenir proche», a déclaré Chi Lo, stratégiste en chef pour les marchés Asie-Pacifique chez BNP Paribas Asset Management.

Les enjeux sont considérables. Le pétrole brut représente environ un cinquième du commerce mondial libellé en dollars américains, et toute modification de ses mécanismes de prix et de règlement pourrait entraîner une fragmentation accrue, affaiblissant la domination du dollar dans le système monétaire international. Plusieurs économies émergentes ont déjà commencé à réduire leur dépendance à l’égard d’une monnaie que les États-Unis instrumentalisent de plus en plus.

Néanmoins, évaluer l’impact à long terme du conflit sur les prix du pétrole prendra du temps, et de nombreux analystes doutent de la capacité du yuan à concurrencer le dollar dans un avenir proche.

Le blocus des ports iraniens imposé par le président américain Donald Trump illustre l’ampleur des défis auxquels est confronté le pétroyuan car l’utilisation de la monnaie chinoise dans le commerce mondial du pétrole demeure limitée en dehors des pays soumis à des sanctions américaines et dépourvus d’alternatives viables.

Les défis à relever pour briser la domination du dollar

«L’administration Trump aborde avec prudence les conséquences d’une utilisation accrue du yuan dans le commerce pétrolier et ne peut se permettre que cela se produise», a déclaré Hui Feng, professeur à l’université Griffith en Australie et co-auteur de ‘‘L’essor de la Banque populaire de Chine’’. Il a ajouté : «L’issue de la guerre commerciale reste incertaine mais il est fort improbable que le yuan en profite».

L’attrait du dollar provient d’un accord conclu en 1974 entre les États-Unis et l’Arabie saoudite pour fixer le prix et le règlement du pétrole en dollars, Riyad s’engageant à investir ses recettes d’exportation dans des bons du Trésor américain. À cette époque, la Chine se remettait encore de la Révolution culturelle de Mao Zedong et n’avait pas encore réalisé son miracle économique.

Un demi-siècle plus tard, les financements en yuans continuent de se développer progressivement au même rythme que l’économie chinoise, les pays et les entreprises étrangères se tournant de plus en plus vers le marché obligataire chinois pour lever des fonds. Cependant, son volume reste limité par rapport à celui des États-Unis, ce qui explique la relative rareté, pour les pays riches en pétrole, d’actifs financiers liquides et investissables pour déployer leurs revenus.

À l’inverse, la volatilité des flux de capitaux spéculatifs inquiète les autorités chinoises, les incitant à la prudence quant au libre fonctionnement des marchés. Elles interviennent donc parfois pour restreindre les échanges, voire limiter la diffusion d’informations sur les prix, des pratiques inhabituelles sur les principaux marchés internationaux. La part des investisseurs étrangers dans les obligations d’État chinoises est tombée sous la barre des 5% en février, son niveau le plus bas depuis 2017.

Le pétroyuan entre dynamique et réalité

Bien que les transactions en yuans sur le réseau Cips atteignent des niveaux records, elles ne représentent encore qu’une faible part par rapport aux paiements quotidiens moyens en dollars transitant par le réseau Chips (Clearing House Interbank Payments System est le plus grand système privé de compensation et de règlement de paiements en dollars américains au monde), qui s’élèvent à environ 2 000 milliards de dollars.

En Arabie saoudite et dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l’essor du yuan dans les paiements pourrait susciter un débat sur ses conséquences pour l’ancrage de cette monnaie au dollar, pilier de la stabilité monétaire depuis des décennies. Donald Trump a également déjà exprimé son opposition aux initiatives visant à s’éloigner du dollar américain.

«Le concept de pétroyuan reste peu probable quant au renforcement de la position du yuan dans les paiements internationaux», a déclaré Eswar Prasad, professeur à l’université Cornell et ancien directeur de la division Chine du Fonds monétaire international qui ajoute : «Même si certaines transactions pétrolières étaient libellées et réglées en yuans pour contourner des sanctions financières ou autres, il est peu probable que cela entraîne un bouleversement fondamental du paysage monétaire mondial».

Concernant les règlements mondiaux des matières premières, Zhu Zhaoyi, directeur exécutif de l’Institut du Moyen-Orient de la HSBC Business School de l’Université de Pékin, a prédit que la part du dollar chuterait à environ 70% au cours des cinq prochaines années, contre environ 80% actuellement, tandis que la part du yuan passerait de 4 à 5% actuellement à un niveau compris entre 8 et 10%.

Les politiques de Trump offrent une opportunité au yuan

La réticence de Pékin à autoriser la pleine circulation des capitaux demeure un frein majeur à cette progression. Les autorités continuent de gérer le yuan, n’autorisant qu’une croissance limitée des échanges offshore. Selon les données de la Banque populaire de Chine, la liquidité du yuan offshore, basée sur les dépôts, s’élevait à environ 1 600 milliards de yuans (234 milliards de dollars) en mars de l’année dernière, un niveau modeste comparé aux plus de 15 000 milliards de dollars d’actifs libellés en dollars détenus hors des États-Unis.

«L’absence d’une monnaie pleinement convertible continuera de peser sur le rendement des investissements en actifs locaux libellés en yuan en Chine», a déclaré Edward Bell, directeur de la recherche par intérim et économiste en chef d’Emirates NBD, la plus grande banque des Émirats arabes unis. Il ajoute : «Ce type de risque n’existe pas pour le dollar américain».

Les économies sous sanctions en tête du mouvement

Jusqu’à présent, l’expansion de l’utilisation du yuan sur les marchés des matières premières a été impulsée par les économies sous sanctions. La plupart des échanges bilatéraux entre la Russie et la Chine sont réglés en yuans ou en roubles, selon un responsable russe. Cela inclut les importations chinoises de combustibles fossiles, d’une valeur d’environ 563 milliards de yuans (81,8 milliards de dollars), d’après les données douanières.

Les progrès réalisés consistent principalement à régler les transactions individuelles en yuans, une étape encore loin du changement structurel du mécanisme de fixation des prix nécessaire à l’avènement d’un pétroyuan. Ce dernier supposerait en effet que les prix du pétrole s’affranchissent du dollar. Si les contrats à terme sur le pétrole libellés en yuans ont commencé à être négociés à la Bourse internationale de l’énergie de Shanghai en 2018, le volume quotidien moyen des transactions, d’environ 170 000 contrats, demeure limité comparé au million de contrats échangés pour le pétrole brut West Texas Intermediate.

La Chine perçoit néanmoins cette voie comme un pari à long terme sans échéancier précis. L’histoire montre que l’ascension d’une monnaie à la domination du système mondial prend du temps, et les effets de réseau rendent difficile toute rupture avec le système actuel. Bien que l’économie britannique soit plus petite que son homologue américaine depuis 1900, la livre sterling a conservé sa domination mondiale jusqu’aux années 1940.

La Chine jette les bases de la tarification de l’énergie en yuan

La stratégie chinoise repose sur une approche progressive, consistant à développer l’utilisation du yuan dans les échanges commerciaux parallèlement à la mise en place des infrastructures de paiement nécessaires. En 2023, la Chine a réglé pour la première fois ses importations de gaz naturel liquéfié (GNL) en yuans via la Bourse du pétrole et du gaz naturel de Shanghai, y compris des approvisionnements en provenance des Émirats arabes unis.

Cette même année a également vu la première transaction transfrontalière de pétrole brut en yuan numérique. L’année dernière, First Abu Dhabi Bank est devenue le premier participant au système Cips. 

Charles Chang, directeur général de S&P Global Ratings, responsable des notations d’entreprises en Grande Chine, a déclaré : «Avant même le conflit avec l’Iran, certains États du Golfe étaient enclins à développer leur diplomatie économique en explorant des moyens de commercer dans des devises autres que le dollar». Il a ajouté : «Si le conflit en Iran renforce cette tendance, davantage d’États du Golfe pourraient se montrer de plus en plus disposés à adopter progressivement le pétroyuan».

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En 2025, COMAR Assurances renforce sa contribution à l’économie nationale

Au titre de l’exercice 2025, COMAR Assurances confirme la solidité de son modèle économique et son engagement croissant en faveur de l’économie nationale, dans un contexte de marché de l’assurance en forte évolution.

Les primes émises ont enregistré une progression de 4,03 %, traduisant une politique commerciale sélective et une gestion prudente des risques.

Grâce à une meilleure maîtrise de la sinistralité, les charges de sinistres se sont établies à 140,954 millions de dinars contre 151,083 millions de dinars en 2024, permettant une amélioration notable du résultat technique de l’assurance non‑vie qui atteint 72,204 millions de dinars.

S’agissant de l’assurance vie, le résultat technique ressort à 5,587 millions de dinars contre 6,224 millions de dinars en 2024, dans un contexte marqué par une hausse conjoncturelle de la charge de prestations.

Les produits de placement ont progressé pour s’établir à 114,100 millions de dinars, soutenus par une gestion proactive des actifs et un environnement boursier favorable.

Par ailleurs, les placements de la Compagnie atteignent 895 millions de dinars, contre 827 millions de dinars l’année précédente, confirmant le rôle majeur de Comar dans le financement de l’économie nationale et le soutien aux investissements de long terme.

Fidèle à ses valeurs, COMAR Assurances poursuit activement sa politique de responsabilité sociétale à travers le soutien à la culture, au sport, aux initiatives citoyennes et aux projets à impact social et environnemental, ainsi que par la promotion des meilleures pratiques de gouvernance.

Dans ce contexte, le résultat net de la Compagnie s’établit à 82,150 millions de dinars en 2025, reflétant une performance globale équilibrée et durable.

L’impôt sur les sociétés passe de 19 millions de dinars en 2024 à 27 millions de dinars en 2025

La solidité financière de COMAR est confirmée par des capitaux propres avant affectation de 390,171 millions de dinars, soutenant son développement et sa résilience à long terme.

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Soumoud pour renforcer la résilience climatique de Kerkennah

Le projet Soumoud, qui vise à renforcer la résilience climatique urbaine dans les territoires les plus vulnérables, est mis en œuvre par Onu-Habitat dans l’archipel de Kerkennah (Sfax), l’un des territoires les plus exposés aux impacts du changement climatique en Tunisie, notamment la montée du niveau de la mer, les événements climatiques extrêmes, les inondations et les sécheresses.

Ces phénomènes exercent une pression croissante sur les infrastructures, les moyens de subsistance, les écosystèmes et les conditions socio‑économiques des communautés locales, affectant de manière marquée les populations les plus vulnérables.

À travers une approche intégrée et fondée sur des données probantes, le projet Soumoud aborde de manière transversale les enjeux de vulnérabilité climatique, d’urbanisation et de biodiversité, souvent traités de manière sectorielle.

Pour une résilience climatique viable et finançable à Kerkennah

Les principales interventions comprennent des évaluations spatiales multi-couches de la vulnérabilité, des processus de planification participatifs, ainsi que le renforcement des capacités du personnel local à Kerkennah pour la conception de projets de résilience climatique viables et finançables.

À ce jour, le projet Soumoud a permis la réalisation de deux résultats majeurs. Le rapport de diagnostic intitulé ‘Multi‑Layer Vulnerability Assessment’ (MVA)a permis d’établir une base de données géospatiale permettant d’analyser de manière intégrée les risques climatiques, urbains et environnementaux. Sur cette base, un plan d’action intitulé Urban Resilience Action Plan (URAP) définit une vision stratégique à long terme pour un développement durable et résilient de l’archipel de Kerkennah, appuyée par un portefeuille priorisé de projets concrets et opérationnels.

Le projet Soumoud a été présenté lors d’un événement le 17 avril 2026 à Tunis, en présence de représentants des autorités nationales et locales, de partenaires au développement, d’experts techniques, du monde académique, de la société civile ainsi que d’agences des Nations Unies. Il s’inscrit dans le cadre du programme Rise Up – Villes résilientes pour les populations urbaines vulnérables, mis en œuvre par Onu‑Habitat dans le gouvernorat de Sfax, et financé par l’Agence espagnole de coopération internationale au développement (Aecid).

L’événement a constitué une plateforme d’échange pour mettre en valeur les résultats, partager de bonnes pratiques et surtout explorer les opportunités de mobilisation de financements climatiques et de partenariats en faveur de la mise en œuvre des projets de résilience identifiés.

Transformer les stratégies climatiques en interventions locales tangibles

Les discussions ont focalisé sur l’importance d’une gouvernance multiniveau, d’une planification basée sur les données et de partenariats solides pour accélérer l’action climatique au niveau local.

Cette initiative s’inscrit dans les cadres politiques climatiques nationaux et internationaux, notamment les Contributions déterminées au niveau national (CDN), la Stratégie nationale de transition écologique (SNTE) les Plans nationaux d’adaptation (PNA), ainsi que le Plan stratégique 2026–2029 d’Onu-Habitat, en traduisant les engagements climatiques en actions concrètes sur le terrain.

À cette occasion, les représentants d’Onu‑Habitat ont souligné l’importance de transformer les stratégies climatiques en interventions locales tangibles, affirmant que le projet Soumoud illustre comment une planification fondée sur des données probantes et des partenariats efficaces peut générer des opportunités de développement durable dans les territoires exposés aux risques climatiques.

Cet événement marque une étape importante dans le renforcement de la résilience urbaine en Tunisie.

En reliant l’action locale aux stratégies nationales et à la coopération internationale, le projet Soumoud contribue à bâtir des territoires plus inclusifs, résilients et durables, au bénéfice des communautés actuelles et futures.

I. B. (avec communiqué).  

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Non à la captation du patrimoine de la Tunisie !

L’enseignement de l’histoire devient un outil détourné de légitimation politique plutôt qu’une discipline de recherche scientifique. Le débat sur l’usurpation vient souvent du fait que les frontières d’aujourd’hui ne correspondent pas aux réalités historiques durant des siècles. Une grande partie du patrimoine «numide» ou «punique» est partagée entre la Tunisie et ses voisins de l’Est comme de l’Ouest. Cependant, la Tunisie (l’ancienne Ifriqiya) a toujours été le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région. 

Ridha Ben Slama *

Faut-il rappeler encore à ceux qui se confinent dans une posture pathétique et feignent d’ignorer que notre pays possède une identité étatique propre, bien antérieure à la colonisation (1881), et ce contrairement à beaucoup d’autres pays ? Faut-il répéter que la Tunisie actuelle est l’aboutissement d’une longue succession de civilisations qui ont chacune contribué à son assise territoriale et culturelle ? Depuis des millénaires, elle possède l’une des identités étatiques les plus anciennes et les plus continues au monde, dépassant largement le cadre des frontières coloniales du dernier siècle. 

1- La Tunisie (Ifriqiya) le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région

La justesse de l’approche exige de dépasser un exercice trop contemporain, qui envisage une souveraineté territoriale définie seulement par des frontières, à savoir le «contour extérieur d’une nation pleinement consciente d’elle-même» (1).

Pratiquement, durant des siècles, l’autorité d’un État s’exerçait non sur un espace borné par des frontières identifiées, mais également sur son rayonnement culturel. Les limites de l’État enfermeraient aussi celles, mouvantes, des terrains de parcours de ces tribus vassales à un État.

Carthage (IXe-IIe siècle av. J.-C.) avait déjà structuré le territoire sous une forme étatique puissante, avec une administration, une monnaie et une diplomatie propre. Ce n’était pas seulement une cité, mais le centre d’un empire maritime thalassocratique qui comprenait la majeure partie de la Tunisie actuelle (le Zeugitane et la Byzacène). L’empire s’étendait sur toutes les côtes de la Méditerranée occidentale, de l’actuelle Libye (Tripolitaine) jusqu’au sud de l’Espagne, en passant par la Sardaigne, la Corse, la Sicile et les côtes actuellement algériennes et marocaines. 

Quant à Thugga (actuelle Dougga) (2), elle est reconnue par les historiens comme l’une des premières capitales, foyer majeur du royaume Massyle au IVe siècle av. J.-C. Elle est décrite par Diodore de Sicile comme une «ville d’une belle grandeur», servant de résidence royale avant l’unification des différentes tribus. Cette dynastie était traditionnellement une alliée de Carthage. Les rois Massyles participaient grâce à ses cavaliers, réputés au combat, avec les troupes carthaginoises, notamment en Sicile ou en Espagne. Les textes des auteurs de l’antiquité soulignent que des rois comme Zelalsen (grand-père de Massinissa) ou l’ancêtre Aylimas y avaient établi leur centre de pouvoir. Le roi Gaïa, père de Massinissa, maintenait cette alliance étroite, envoyant même son fils combattre aux côtés des Carthaginois en Espagne contre Rome. La cavalerie numide, considérée comme l’une des meilleures cavaleries légères de l’Antiquité, reposait sur une organisation unique centrée sur la mobilité extrême et une symbiose parfaite entre le cavalier et sa monture. 

L’influence carthaginoise à Thugga était manifeste à travers l’architecture et les inscriptions. Le célèbre Mausolée libyco-punique témoigne de ce mélange des cultures libyque et punique au sein de la noblesse massyle. Les Massyles occupaient la région entre l’Ampsaga (correspondant aujourd’hui à l’Oued el-Kebir, dont le Rhummel est le principal affluent en Algérie actuelle) et les terres carthaginoises, avec pour capitale Sarim Batim (actuelle Constantine) qui était le nom donné à la ville par les Carthaginois lorsqu’ils y ont établi un comptoir commercial, bien avant qu’elle ne devienne à une certaine époque la capitale de la Numidie.Né à Thugga, Massinissa servit d’abord dans les rangs de l’armée carthaginoise avant de s’allier à Rome en 206 av. J.-C. après avoir été évincé de son trône par Syphax (roi des Massæsyles soutenu par Carthage). Sa victoire lui avait permis d’unifier les deux royaumes.

Le revirement de Massinissa a été l’un des tournants majeurs de l’histoire antique. Ce n’était pas une défection soudaine, mais une décision stratégique dictée par la survie du royaume de ses ancêtres mais aussi pour des motifs personnels. Plusieurs facteurs avaient poussé Massinissa à abandonner l’alliance carthaginoise pour rejoindre Scipion l’Africain (Rome). À la mort de son père Gaïa, le trône massyle était disputé entre les héritiers. Les suffètes de Carthage, au lieu de soutenir Massinissa (pourtant l’un de leurs généraux en Espagne), jouèrent double jeu pour garder le contrôle sur la Numidie.

Massinissa était d’abord fiancé à la belle Sophonisbe, fille du général carthaginois Hasdrubal Gisco. Pour sceller une alliance politique plus «utile», Carthage la donna finalement en mariage à son rival, Syphax (roi des Massæsyles). Humilié et spolié de ses terres par Syphax avec l’appui de Carthage, Massinissa rompit définitivement. En combattant en Espagne, il put observer de près la puissance militaire de Rome. Il comprit que le vent tournait et que Rome était un allié plus solide pour réaliser son ambition. Après la guerre, il annexa les territoires de Syphax et unifia les tribus sous un seul sceptre, de la Moulouya jusqu’aux frontières de Carthage. Il poursuivit la sédentarisation des populations et développa l’agriculture. Les quartiers «numides» à Thugga, sous le forum romain, montrent que la ville était déjà une cité organisée et prospère sous son règne.

Après la chute de Carthage en 146 av. J.-C., les Romains conservèrent cette unité territoriale. Le nom «Africa» désignait spécifiquement la Tunisie avant de s’étendre à tout le continent. Situé au cœur de la Méditerranée, le territoire constituait une entité historique qui contrôlait des contrées s’étendant à travers l’Afrique du Nord et la Méditerranée. Cela correspondait au nord et à l’est de la Tunisie actuelle, avant de s’étendre pour inclure l’actuelle Tripolitaine (Libye) et une partie de l’Est actuellement algérien (Constantinois).

Massinissa était donc né à Dougga (Thugga). Pour les historiens, c’est un enfant du pays, à savoir la Tunisie. Pourtant, quelques faussaires prétendent que Massinissa serait «le père de l’État algérien moderne», puisqu’il avait unifié les tribus numides. Une statue lui a d’ailleurs été érigée au cœur d’Alger en 2021, ce qui a été perçu comme une tentative de «captation» d’une figure massyle, issue d’une dynastie établie à Thugga. 

La seconde «captation» est celle de Saint Augustin qui était certes né à Thagaste (Souk Ahras, en Algérie actuelle). Thagaste est située à environ 240 km de Carthage, mais elle faisait partie d’une région profondément «punicisée». Saint Augustin lui-même, bien que citoyen romain de culture latine, se revendiquait fier de ses origines puniques. Car le punique était encore parlé par les populations rurales autour de Thagaste au IVe siècle apr. J.-C., soit plus de 500 ans après la chute de Carthage.

Augustin s’était formé intellectuellement à Carthage, y avait enseigné et avait passé une grande partie de sa vie dans la sphère d’influence carthaginoise. Il se définissait lui-même comme un «fils de Carthage» (3), ce qui pousse les historiens tunisiens à rappeler que son héritage philosophique et théologique appartient à l’école de pensée de l’actuelle Tunisie.

À l’époque, il se considérait comme un «Africain» au sens de la province d’Africa (Tunisie), et non selon des frontières nationales nées en 1962.

Même si ces grandes figures appartenaient à une époque où les frontières actuelles n’existaient pas formellement (la Numidie ou l’Afrique proconsulaire), leur existence résulte d’une culture et d’une civilisation punique incarnées par Carthage. Les transformer en «citoyens» d’un pays parce qu’ils auraient vécu, à un certain moment, dans des villes «recouvrées» est une incongruité.

Quelques mythomanes invétérés mènent aujourd’hui une politique active de «patrimonialisation» (colloques sur Massinissa, promotion du circuit de Saint Augustin) pour assoir une profondeur historique nationale qui fait défaut dans le récit colonial. Il est indubitable que même leurs concitoyens en Algérie, qui font preuve de discernement, ne peuvent que se dissocier de leurs supercheries. Saint Augustin et Massinissa ont agi dans un cadre géographique et politique dont Tunis-Carthage était le pôle majeur.

Cette territorialisation de l’histoire, où un pays cherche par tous les moyens à construire un récit national exclusif, est un anachronisme qui sert surtout des agendas politiques douteux. L’objectif serait vraisemblablement de créer un lien fictif direct. Il y a une inexactitude géographique qui utilise les frontières actuelles, imposées par le colonialisme, pour diviser des empires (Carthage, la Numidie, la Proconsulaire).

L’enseignement de l’histoire devient un outil détourné de légitimation politique plutôt qu’une discipline de recherche scientifique. Un exemple parmi d’autres, le Haut-Commissariat à l’Amazighité en Algérie milite activement pour l’unification de ces concepts dans les manuels afin de consacrer l’image d’un État numide précurseur de l’Algérie ! Le débat sur l’usurpation vient souvent du fait que les frontières d’aujourd’hui ne correspondent pas aux réalités historiques durant des siècles. Une grande partie du patrimoine «numide» ou «punique» est partagée entre la Tunisie et ses voisins de l’Est comme de l’Ouest. Cependant, la Tunisie (l’ancienne Ifriqiya) a toujours été le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région. 

Une mise au point sur la situation de toutes ces figures historiques et du patrimoine, permet de distinguer les faits historiques des dynamiques de «nationalisation» de l’histoire.

Le concept d’Ifriqiya est un patrimoine centralisé à Tunis. Par contre historiquement, le terme «Algérie» est une création administrative bien plus tardive, alors que le terme Ifriqiya (dont dérive le nom Tunisie) désignait un ensemble cohérent incluant l’Est algérien actuel et la Tripolitaine. Quant à la controverse historique sur Cirta, j’ai eu l’occasion de l’aborder amplement dans un article précédent (4).

Ce procédé apocryphe appliqué à la géographie et à l’histoire sert à faire des raccourcis pour imposer une lecture biaisée. Cela s’apparente à de l’instrumentalisation ou «mésusage» de l’histoire et de la géographie. Lorsqu’on simplifie à l’extrême ou qu’on manipule ces disciplines, l’objectif est généralement de créer un récitqui semble, de premier abord, indiscutable parce qu’il s’appuie sur des «faits» — même si ces derniers sont sortis de leur contexte.

On projette arbitrairement des concepts modernes (nations, frontières…) sur des époques anciennes où ils n’existaient pas réellement sous ces formes. Le fait d’utiliser des toponymes anciens ou spécifiques pour nier l’identité actuelle d’un lieu, en modifiant légèrement le curseur, on transforme une analyse complexe en un outil de triviale propagande.

Après les guerres puniques, Carthage fut reconstruite par Rome, devenant l’une des provinces les plus prospères (Africa proconsulaire 146 av. J.-C. – 439 ap. J.-C.). Puis, elle a été envahie par les Vandales, suivie de la reconquête byzantine sous Justinien Ier en 533. L’année 698 marqua un tournant définitif avec la fin de l’influence byzantine en Afrique du Nord. La confrontation décisive opposa les armées du Hassan Ibn Numan, aux forces de l’Exarchat de Carthage. Plutôt que de reconstruire Carthage, trop exposée aux attaques maritimes de la flotte byzantine, Tunis fut choisie en tant que site plus protégé.

En 705, Kairouan devint officiellement la capitale de l’Ifriqiya et la base de rayonnement au Maghreb. Sous la dynastie Aghlabide (800–909), la Tunisie connut une prospérité immense. On lança la conquête de la Sicile, le pays devient une puissance maritime majeure. Kairouan dirigeait la Tunisie, l’Est algérien, la Tripolitaine et avait même conquis la Sicile et Malte. L’Ifrîqiya proprement dite, comprenait les anciennes Proconsulaire (ou Zeugitane) et Byzacène, séparées depuis Dioclétien, d’autre part le Zâb (une province stratégique entre le Sahara et la Méditerranée, servant de carrefour commercial majeur). On rencontre également l’expression d’«Ifrîqiya proprement dite» chez H. R. Idris qui écrit : «À l’Ifrîqiya proprement dite, ensemble de plaines où les communications sont faciles, rares les passages obligés et les massifs fermés, pays fortement organisé autour de Kairouan, s’oppose le Maghreb central, complexe de massifs montagneux, plus ou moins anarchiquement isolés les uns des autres» (5). Il retrouve là une distinction strictement géographique, voire topographique, qui rejoint implicitement des considérations plus politiques (opposition entre l’«organisation» autour de Kairouan et l’«anarchie» à l’ouest).

En 909, une nouvelle dynastie s’établit. L’Empire Fatimide avait englobé tout le Maghreb. Il fonda une nouvelle capitale sur la côte, Mahdia, avec son port militaire fortifié. Les Fatimides finirent par partir conquérir l’Égypte pour y fonder Le Caire, laissant la Tunisie sous la gestion des Zirides. Lorsque ces derniers rompirent avec le Caire, le calife fatimide envoya les tribus bédouines des Banu Hilal et des Banu Salim pour punir l’Ifriqiya. Avec les invasions hilaliennes (XIe siècle), c’était un tournant dramatique. Ces invasions entrainèrent une désorganisation immense, notamment de l’agriculture sédentaire.

Tunis devint la capitale de la Tunisie (Ifriqiya) en deux étapes majeures : elle fut d’abord promue sous les Almohades en 1159, puis son statut est définitivement scellé sous la dynastie des Hafsides en 1228. Les Almohades (1121-1269) chassaient les Normands Tunisie (qui occupaient les côtes) et unifiait le Maghreb. Au cours de cette période la notion de territoire tunisien «central» se cristallisa le mieux sous le nom d’Ifriqiya. L’empire almohade, affaibli militairement et idéologiquement, se désagrégea, perdant sa cohésion sous le règne d’Al-Ma’moun (1227-1232). C’est dans ce contexte de déclin que la Tunisie s’émancipa de fait sous la tutelle de la dynastie hafside.

En 1229, les Hafsides rejettent l’autorité des Almohades et deviennent maîtres de l’Ifriqiya. L’Empire Hafside (1229-1574) représenta l’âge d’or de l’État tunisien médiéval. À son apogée, le royaume hafside de Tunis s’étendait de Bougie (Béjaïa en Algérie actuelle) à l’ouest jusqu’à Tripoli à l’est. Tunis était alors la capitale culturelle et politique incontestée du Maghreb central et oriental. C’était sans doute la période la plus stable et la plus riche de la Tunisie médiévale. Des liens commerciaux intenses se nouèrent avec les cités italiennes (Venise, Gênes) et l’Espagne. La capitale Tunis était devenue l’une des cités les plus peuplées et les plus riches, au rayonnement intellectuelreconnu. C’est l’époque du grand historien et philosophe Ibn Khaldoun, père de la sociologie moderne. 

Pour le pouvoir central de Tunis, la frontière incluait la province de Bougie, avec à sa tête un gouverneur doté de compétences élargies. Les premiers souverains hafsides maintinrent un contrôle direct sur cette région. Dès 1280 le sultan nomme son fils gouverneur de Bougie et de sa région, avec une autonomie de commandement (Ibar, VI, p. 685, Berbères, II, p. 384), reconnaissant la nécessité de donner à ce gouverneur les moyens de faire face à la menace des Abdelwadides ou des Mérinides à l’ouest. Vers 1370, le sultan de Tunis nomma à son tour à Bougie son fils aîné. Il lui céda son autorité sur les impôts et sur l’armée (Ibar, VI, p. 88, Berbères, III, p. 88.), lui donna «le commandement absolu [de sa ville et de sa province] et la permission de prendre le titre, le cérémonial et les insignes de la royauté» (Ibar, VI, p. 876, Berbères, III, p. 90.). Ces prérogatives exceptionnelles ne sont pas sans risque. On connaît le passage de la Muqaddima dans lequel Ibn Khaldûn explique que «toute dynastie est plus forte à son centre qu’à ses frontières», où se manifeste souvent en premier la perte de vitalité de la dynastie (6).

Cette situation provoqua en effet, à plusieurs reprises, des sécessions par rapport à Tunis. Néanmoins ces dernières étaient davantage motivées par les prétentions des émirs de Bougie au sultanat que par une réelle volonté d’indépendance, donc par un sentiment centrifuge. Lorsque le sultan Abû Zakariyâ’ (1228-1249) confie à son fils et héritier Abû Zakariyâ’ Yahyâ le gouvernement de Bougie, il étend la domination de ce dernier à l’ensemble des anciens territoires hammadides, avec des villes comme Alger, Constantine, Bône, et le territoire du Zâb : «il donna à son fils le gouvernement de la marche de Bougie, capitale du royaume des Banû Hammâd et lui confia l’administration de l’ensemble de sa région» (Ibar, VI, p. 619, Berbères, II, p. 329).

Ibn Khaldûn définit donc ce territoire frontière avant tout par un ensemble de villes dominées par Bougie, avec leurs arrière-pays. L’allégeance de ces villes envers le pouvoir central se manifeste par l’acceptation des gouverneurs envoyés par le souverain et par la bay‘a prononcée au moment de l’accession au trône de ce dernier, renouvelée régulièrement par la khutba prononcée en son nom.

La délimitation du territoire de cette marche occidentale repose donc sur une autre unité de base, la tribu. Mais il serait erroné de considérer ces tribus d’un point de vue purement ethnique, sans référence à l’espace(7). Outre le fait que certaines de ces tribus sont sédentaires, le nomadisme n’exclut nullement la conscience d’un territoire tribal articulé autour de points d’eau et de zones de pâturages, à l’intérieur duquel se font les déplacements saisonniers. Il n’exclut pas plus le fait que ce territoire soit perçu comme faisant partie de l’espace de souveraineté d’un pouvoir d’État auquel la tribu faisait allégeance (8).

Il s’agit de relever un fait authentifié, sous les Aghlabides, les Fatimides puis l’État Hafside qui s’étendait sur l’Ifriqiya, ce qui signifie que la Tunisie englobait des territoires allant de Bougie (Béjaïa) jusqu’aux environs de Tripoli, et incluait des zones de la Grande Kabylie notamment Alger et contrôlant des territoires jusqu’à la Grande Syrte (1228 à 1574). Le pays avait maintenu une autonomie politique forte, centrée sur Mahdia, Kairouan puis Tunis.

2- Alerte, face aux tentatives d’expropriation mémorielle

En 1574, la Tunisie fut appariée à l’Empire Ottoman, avant d’acquérir une autonomie relative à partir de 1705. Le règne de Hammouda Pacha (1782-1814) marqua l’apogée de la dynastie husseinite en Tunisie. Son autorité a été testée par plusieurs conflits armés contre la Régence d’Alger, où Mustapha Pacha a été assassiné et les chroniques mentionnent Ahmed II Pacha comme successeur, une période marquée par de forte agitation et de successions rapides. La milice des janissaires jouait un rôle prédominant dans la destitution ou l’assassinat des deys d’Alger, rendant le pouvoir instable.

Cherchant à mettre fin au tribut versé à Alger, Hammouda Pacha fit réparer les remparts de la Médina de Tunis, de la Kasbah, et fit construire de nouvelles casernes comme celle d’El Attarine. Il déclara la guerre au Dey d’Alger en 1807. Le conflit culmina lors de la bataille de Constantine, où les troupes d’Alger subirent une défaite décisive. La victoire la plus emblématique contre les Algériens (ou plutôt Algérois) a été celle de juillet 1807. Le vizir Youssouf Saheb Ettabaâ intercepta l’armée algérienne à l’Oued Sarrat et l’écrasa, l’obligeant à fuir et à abandonner son artillerie. Cette victoire permit à la Tunisie de ne plus payer le tribut annuel à Alger. Une seconde guerre éclata en 1813. Les défenses tunisiennes ont tenu bon. Les troupes algériennes ont tenté de pénétrer en Tunisie mais ont été maintenues à la frontière. Le conflit s’est achevé par un traité en décembre 1813, signé par le Dey Hadj Ali d’Alger et le Bey Hammouda Pacha de Tunis.

Avec les Husseinites, la Tunisie avait agi comme un État quasi indépendant du pouvoir ottoman, avec ses propres traités internationaux et son premier texte constitutionnel en 1861 (le premier de la sphère proche orientale). Il est documenté que cette quête d’autonomie s’est manifestée par des actions symboliques, les navires tunisiens utilisaient leur propre pavillon et refusaient de se conformer strictement à l’usage des fanions ottomans, surtout lors de la période d’autonomie croissante sous Ahmed Bey I (1837-1855). Mais, avec la signature du Traité du Bardo en 1881, la Tunisie fut placée sous domination française.

À travers ce rapide périple historique, il a été possible de constater que, depuis l’antiquité et durant des siècles, le pouvoir central sur une vaste superficie était basé à Carthage-Dougga, Le Kef, Kairouan, Mahdia puis à Tunis. Par conséquent, son autorité se déployait sur des espaces territoriaux plus vaste que ceux de la Tunisie actuelle, aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest. Des villes comme Annaba (Hippone) ou Constantine étaient administrativement et culturellement rattachées à la mouvance tunisienne. Cette antériorité historique explique pourquoi de nombreux Tunisiens perçoivent les digressions actuelles comme une tromperie et une forme d’expropriation mémorielle. Dès la fin du Moyen Age, le discours comme la pratique montrent l’émergence d’une appréhension politique de l’espace, qui se développe à l’époque moderne et contemporaine. La marche de Bougie à l’époque hafside en offre un bon exemple (9).

Depuis quelques années, de nombreux Tunisiens relèvent avec étonnement la diffusion de contrevérités instillées notamment sur les réseaux sociaux, traduisant des tentatives de captation du patrimoine tunisien par certains individus qui manquent de tact et souffrent d’une carence éducative. Cette posture fourbe touche au cœur de l’identité nationale et de la légitimité historique, elle représente une tentative de réappropriation patrimoniale. Ajoutant à ces divagations, les propos d’un ancien parlementaire algérien et expert économique, du nom de Houari Tigharsi, qui ont suscité une vive controverse. En juillet 2022 (10), lors d’une intervention télévisée, ce quidam a qualifié la Tunisie de «wilaya» (province ou gouvernorat) de l’Algérie, dans une interview accordée à la chaîne Sky News Arabia.

Bien que ces propos n’engagent pas -heureusement- l’État algérien, ils ont provoqué une vague d’indignation et ont été largement relayés par des médias comme une ébauche de velléités hégémoniques. Certains observateurs notent que ce type de discours (qualifier la Tunisie de «wilaya») circule parfois dans des cercles proches du pouvoir des voisins de l’Ouest sans être ouvertement approuvé, ce qui contribue à alimenter les critiques sur une volonté d’hégémonie régionale qui avancerait à pas de loup. Cette «maladresse» n’est pas un hasard. Elle répondrait à un besoin intériorisé de forger une identité nationale (sur le dos des autres) dans une profondeur historique mythique dépassant l’ère coloniale. Surtout, il n’y a pas eu de dénonciation officielle spécifique du gouvernement algérien concernant ces propos, alors qu’ils avaient provoqué une vive indignation en Tunisie, les autorités n’ont pas émis de condamnation publique directe à propos de ses déclarations.

Au-delà de ce personnage, la même expression est parfois utilisée de manière condescendante dans certains débats médiatiques algériens. En mai 2023, l’ambassadeur d’Algérie en Italie avait déclaré que Rome et Alger s’entendaient pour «préserver la stabilité de la Tunisie», une phrase perçue à Tunis comme une forme d’ingérence (D’aucuns diront : de quoi je me mêle).

L’absence de justifications est précisément ce qui alimente régulièrement la rancœur d’une partie importante de l’opinion tunisienne, qui n’y voit non pas un dérapage isolé, mais le reflet d’une certaine perception condescendante persistante.

L’ancien diplomate Elyes Kasri (11) a été l’une des voix les plus critiques, alertant sur ce qu’il perçoit comme une «dérive», certains observateurs allant jusqu’à évoquer ironiquement une transformation en «70e wilaya algérienne». Il a récemment remis sur le tapis la question des territoires frontaliers (environ 20 000 km²) qui ont été intégrés à l’Algérie après l’indépendance, perçus par certains Tunisiens comme une spoliation historique.

Cette perception d’une «main basse» sur le patrimoine tunisien alimente effectivement de vifs débats, où la question de l’appropriation culturelle est devenue un sujet de tension récurrent.

Le conflit le plus emblématique concerne la zone saharienne et la célèbre Borne 233 (Garet El Hamel). La Tunisie revendiquait une bande de territoire au sud-ouest, s’étendant de la borne 222 (Fort Saint) jusqu’à la borne 233. Ce territoire, riche en ressources pétrolières (gisement d’Edjelé), aurait permis à la Tunisie d’étendre sa souveraineté sur environ 20 000 km². En plein conflit de Bizerte (1961), le président Habib Bourguiba a tenté de matérialiser cette souveraineté en envoyant un commando planter le drapeau tunisien sur la borne 233. Un affrontement armé avec les troupes françaises stationnées sur place fit 13 morts côté tunisien.

Il y a lieu de souligner que la frontière tuniso-algérienne a été historiquement une zone complexe, avec des barrages érigés pendant la guerre d’Algérie et des conflits territoriaux passés (1628, 1807). Les frontières actuelles sont en partie le résultat de négociations laborieuses, notamment le traité de 1628 entre la Régence indépendante de Tunis et la Régence du Dey d’Alger, qui est resté la base jusqu’à ce que les autorités militaires françaises en Algérie ne le remettent en cause en 1845. Les frontières modernes commencent à se dessiner, souvent au prix de conflits avec la Régence d’Alger à l’ouest (appelé traité d’Es-Settara), qui mit fin à la guerre et confirma la fixation de l’Oued Serrat comme frontière ouest. Les traités successifs ont fini par fixer les limites que nous connaissons aujourd’hui, bien que les tribus frontalières aient longtemps circulé librement.

L’examen des documents cartographiques coloniaux révèle que le tracé des frontières actuelles est le produit d’une série de conventions et de décisions administratives françaises qui ont systématiquement favorisé l’Algérie (alors considérée comme un prolongement de la métropole) au détriment de la Régence de Tunis. La Convention de 1901: un procès-verbal entre le gouverneur général d’Algérie et le résident général de France en Tunisie amorce le détachement de portions territoriales au profit de l’administration algérienne.

La Convention de Tripoli (1910)signée entre le Bey de Tunis et l’Empire Ottoman (pour la Tripolitaine), délimite la frontière sud. Bien qu’elle reconnaisse la borne 233 (12) (Garet El Hamel) comme point ultime du territoire tunisien, la France refusa par la suite d’appliquer strictement ce tracé pour conserver le contrôle sur des zones qu’elle considérait comme stratégiques.

Le grignotage du Sahara s’est effectué à travers les conventions successives en 1910 et 1929 qui ont entériné un «découpage imaginaire». Avant que la France et l’Italie ne figent les frontières par des traités (comme celui de 1910 avec la Libye), les tribus et populations (comme les Werghemma) évoluaient dans un espace fluide, défiant les tentatives coloniales de fixer des limites territoriales strictes.

Il est clairement établi que la France privilégia l’unité administrative de son «département algérien», annexant de facto des zones de parcours de tribus tunisiennes (comme les Frachich) pour garantir la sécurité des colons en Algérie. Le contentieux majeur portait donc sur une étendue de près de 20 000 km² (soit la superficie d’un pays comme la Slovénie) située au sud. Ce territoire englobe des zones riches comme El Borma, Ouargla et Berkine, piliers de l’actuelle puissance pétro-gazière algérienne.

Quant à la Borne 233, elle demeure le symbole de la spoliation. La France avait juridiquement reconnu son appartenance à la Tunisie, mais a maintenu une ambiguïté pour protéger le triangle stratégique Bir Romane – Borne 233 – Fort Saint. 

L’accord de 1964, lors de la conférence du Caire, représentait un arrangement entre Habib Bourguiba et Ahmed Ben Bella. Il prévoyait la restitution de ces 20 000 km² à la Tunisie. Après la chute de Ben Bella en 1965, le nouveau pouvoir algérien (Boumediene) a refusé d’honorer cet accord, s’appuyant astucieusement sur le principe de l’OUA concernant «l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme» pour sanctuariser ces gains territoriaux. 

Ces documents montrent que la cartographie n’était pas un simple relevé géographique, mais un outil de gestion des conflits et d’expansion coloniale, transformant des limites de parcours tribaux en frontières d’État rigides au profit de l’entité la plus «française» du Maghreb à l’époque. 

On ne peut que constater que la Tunisie a dû faire face à des tensions territoriales significatives avec ses voisins, principalement liées au legs de l’administration coloniale française qui avait favorisé l’Algérie (considérée comme un prolongement de la métropole) au détriment de la Tunisie. 

Finalement, le pouvoir tunisien abandonna ses revendications pour préserver la paix, par des accords successifs : celui de 1970 sur le tracé sud (Bir Romane – Fort Saint) et celui de 1983 sur le tracé nord (Méditerranée – Bir Romane). 

En dépit de toutes ces péripéties, Tunisiens et Algériens dans leur ensemble partagent des liens profonds et sont pour une coexistence pacifique. Car la proximité n’est pas seulement géographique, elle est humaine. Les familles transfrontalières, les mariages mixtes et l’histoire commune de la lutte pour l’indépendance créent un sentiment d’appartenance commune qui dépasse les discours politiques ou les polémiques de réseaux sociaux. 

Les populations des deux pays aspirent avant tout à la paix, au développement économique et à la libre circulation sans arrière-pensées hégémoniques. La coexistence paisible est perçue comme la seule voie viable pour la prospérité régionale dans un monde de plus en plus instable.

Pourtant, ces «fauteurs de troubles» qui cherchent à semer la discorde, bénéficient souvent d’une visibilité disproportionnée sur internet, mais ils ne représentent pas la volonté des millions de Tunisiens et d’Algériens qui cultivent le respect et l’amitié au quotidien. Cette notion grotesque de «grand frère» est souvent perçue comme paternaliste et ne correspond pas aux aspirations des sociétés modernes qui privilégient le partenariat et l’égalité.

Une logique de respect mutuel est essentielle pour plusieurs raisons. Chaque nation a son propre parcours, ses défis et sa souveraineté à protéger. Le respect de ces spécificités est la base de toute relation saine et durable, c’est le meilleur rempart contre les malentendus. En se traitant d’égal à égal, la coopération devient plus efficace. Il ne s’agit pas de «donner des leçons», mais de partager des solutions. Les termes de supériorité ou les tentatives d’ingérence sont souvent ceux qui alimentent les réactions de rejet. Toute tentative perçue comme hégémonique risque de compromettre les relations en brisant la confiance et en créant un déséquilibre qui génère inévitablement résistance et conflits. Ce qui crée un terrain propice aux blocages de communication, nuisant à la relation sur le long terme.

En somme, la force de la relation entre deux États souverains et ses citoyens réside dans cette capacité à se considérer comme des partenaires stratégiques, sans qu’une tutelle morale ou politique ne vienne entacher cette amitié. À bon entendeur, salut !

* Ecrivain.

Notes :

1- Lucien Febvre, “Frontières : le mot et la notion”, Bulletin du Centre International de Synthèse, XLV, 1928, repris dans Pour une histoire à entière, Paris, 1962, p. 17-18.

2- Dougga (Thugga). Études épigraphiquesSous la direction de Mustapha Khanoussi et Louis Maurin, Ausonius Éditions,1997, 278 pages.

3- Saint Augustin, numide universel, La Vie, 16/04/2026.

4- Carthage, la Tunisienne (1-2), Nos ancêtres les Massyles, Kapitalis, 5 et 6 juillet 2025.

5Hady-Roger Idris, La Berbérie orientale sous les Zirides, Xème-XIIème siècle, Paris, 1962, p. 409.

6- Ibn Khaldûn, Discours sur l’Histoire universelle. Al-Muqaddima, trad. Vincent Monteil, Paris, 1967-8, p. 318.

7- Voir notamment les réflexions de Laroussi Amri, et sa critique des thèses d’É.-F. Gautier, Pour une sociologie 8 – des ruptures. La tribu au Maghreb médiéval, Tunis, 1997, p. 189 sqq.

8- Sur ce rapport entre allégeance et territoire, voir notamment Vincent Geisser, Rapport préliminaire à l’atelier «formes d’allégeances et territorialisation», Villes et territoires au Maghreb, op.cit., p. 115-117.

9 – Cf. Dominique Valérian, Bougie, port maghrébin à la fin du Moyen Age, thèse d’université, Université Paris I, décembre 2000.

10- Tunisie numérique, 18 juillet 2022.

11 – Carthage Tunisienne, Kapitalis, 2 nov. 2025.

12- Ben Salem, Mohamed Mémoire DES de Droit Public : l’affaire de la borne 233Faculté Droit de Tunis-1971-1972.

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Tunis | Elle surprend un immigré clandestin sur son lit conjugal !

L’histoire est à peine croyable : une citoyenne tunisienne rentre chez elle le soir , à Laouina, au nord de Tunis, et trouve, dans sa chambre et sur son lit conjugal, un immigré clandestin subsaharien, qui avait pris son aise au point qu’avant de dormir, il prit une douche et se changea avec les habits de l’époux absent.

Craignant d’être agressée, la propriétaire de l’appartement, avocate de son état, Me Dhouha Saïdi, s’est enfuie, a appelé son mari au téléphone, alerté le gardien de la résidence et ameuté les voisins, avant d’aller porter plainte au poste de police.

Lorsque les agents sont arrivés, l’intrus était toujours sur les lieux et lorsque Me Saïdi lui a demandé ce qu’il faisait chez elle, il lui a répondu, imperturbable : «C’est ma maison».

C’est, en tout cas, ce qu’elle a rapporté hier, dimanche 19 avril 2026, dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux.   

Selon sa collègue Me Raja Abassi, qui intervenait ce lundi 20 avril dans ‘‘Ahla Sbah’’, la matinale de Mosaique FM, l’intrus a été arrêté et mis en garde-à-vue, mais il n’a pas encore expliqué comment et quand il s’est introduit dans la maison, et pourquoi il ne s’est pas enfui lorsque Me Saïdi l’a surpris chez elle.

Sur un autre plan, la mère de Me Saïdi, qui était agonisante dans une clinique de Tunis au moment des faits, est décédée dans la soirée du dimanche à lundi. Elle était aveugle, très malade et vivait avec sa fille dans le même appartement, comme l’a rapporté Me Abassi. Elle aurait pu être agressée si l’intrus l’avait trouvée en pénétrant par effraction dans l’appartement, a indiqué Me Abassi.

I. B.    

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L’administration Trump charge le FMI et la BM

Il y a des discours qui passent inaperçus, et d’autres qui sonnent comme une mise en demeure. Celui prononcé les 16-17 avril 2026 à Washington, lors des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), appartient clairement à la seconde catégorie. Dans cette déclaration officielle intitulée «Statement by Mr. Bessent, United States», le secrétaire au Trésor américain déroule une critique frontale, presque idéologique, de l’évolution récente de ces deux institutions.

Moktar Lamari *  

Derrière les formules diplomatiques, c’est une véritable tentative de redéfinition de leur rôle qui se joue — avec des implications lourdes pour des pays comme la Tunisie.

Dès l’ouverture, le ton est donné. L’administration de Donald Trump revendique une ligne économique claire : croissance robuste, discipline budgétaire, énergie abondante et dérégulation.

Ce cadrage n’est pas neutre. Il sert de référence pour juger l’action du FMI et de la BM, accusés d’avoir dérivé de leur mission originelle.

Le reproche central tient en deux mots : mission creep. Selon Washington, le FMI s’est dispersé dans des domaines jugés «extrinsèques» — climat, genre, développement social — au détriment de son cœur de métier : la stabilité macroéconomique et financière.

Le message est brutal : revenir aux fondamentaux ou perdre en crédibilité.
Derrière cette critique, il y a une vision du monde où l’économie est séparée du social et du politique, une vision qui tranche avec les approches plus holistiques défendues ces dernières années.

Moins de flexibilité et plus d’orthodoxie

Mais la critique ne s’arrête pas là. Les États-Unis exigent un FMI plus dur, plus discipliné dans ses prêts. Les programmes doivent être fondés sur des conditionnalités «significatives», des projections crédibles et une analyse rigoureuse de la soutenabilité de la dette.

Autrement dit, moins de flexibilité, plus d’orthodoxie. Pour les pays emprunteurs — dont la Tunisie — cela signifie une chose : les prochains programmes pourraient être encore plus exigeants, avec un accent accru sur les réformes structurelles, la mobilisation fiscale interne et la responsabilité des gouvernements.

Un passage clé du discours concerne la dette. Washington critique implicitement les situations où les ressources du FMI servent à rembourser d’autres créanciers officiels, transférant ainsi le fardeau sur les pays débiteurs.

Cette remarque vise en filigrane les tensions entre créanciers occidentaux et émergents, notamment la Chine. Le message est clair : il faut restructurer plus vite, plus franchement, au risque sinon d’asphyxier les économies fragiles.

Côté BM, la charge est tout aussi sévère. L’institution est appelée à abandonner son objectif de 45 % de financements climatiques, jugé «inefficace» et «distorsif». Là encore, le virage est idéologique : priorité à la croissance, à l’énergie — y compris fossile — et à l’emploi.

Haro sur les engagements climatiques

Le discours insiste même sur la nécessité de financer le gaz, le pétrole et le charbon pour soutenir le développement. Une ligne qui entre en contradiction frontale avec les engagements climatiques globaux.

Pour les pays du Sud, le message est ambivalent. D’un côté, Washington insiste sur la nécessité de soutenir les pays les plus pauvres, de renforcer leurs capacités et de promouvoir leur autonomie. De l’autre, il exige que les pays à revenu intermédiaire «graduent», c’est-à-dire sortent du système d’aide.

Pour la Tunisie, coincée dans cette catégorie intermédiaire sans réelle capacité d’autofinancement, le risque est évident : être jugée trop pour bénéficier d’un soutien substantiel, mais trop fragile pour s’en passer.

Et les «amis» et«ennemis» dans tout cela ? Le discours ne les nomme pas explicitement, mais les lignes sont visibles. Les alliés sont ceux qui adhèrent à une économie de marché ouverte, respectent les règles et favorisent le secteur privé. Les autres — ceux qui restreignent la demande intérieure, manipulent les politiques industrielles ou dominent via des entreprises publiques — sont implicitement ciblés. C’est une lecture géopolitique de l’économie mondiale, où les institutions financières deviennent des instruments d’influence.

Priorité à l’énergie abondante et bon marché

Sur l’inflation et la croissance, le discours reste étonnamment discret en apparence, mais lourd de sous-entendus. La priorité donnée à l’énergie «abondante et bon marché» traduit une inquiétude face aux tensions inflationnistes.

Pourtant, aucune remise en question des politiques américaines n’est évoquée. Or, pour beaucoup d’observateurs — notamment dans le monde arabe — les choix énergétiques et géopolitiques américains ont contribué à alimenter les chocs pétroliers récents et l’instabilité au Moyen-Orient.

C’est là que le lecteur tunisien doit lire entre les lignes. Quand Washington parle de stabilité, il parle aussi de contrôle. Quand il prône la croissance, il impose un modèle. Et quand il critique le FMI, il ne cherche pas à l’affaiblir, mais à le réaligner sur ses propres priorités.

Des champs de bataille minés

Au fond, ce discours marque un tournant : celui d’un retour assumé à une vision plus dure, plus stratégique, des institutions de Bretton Woods.

Pour la Tunisie, qui espère toujours un accord avec le FMI, le signal est clair : les marges de négociation se réduisent, les exigences vont s’intensifier, et le contexte géopolitique pèsera plus que jamais sur les décisions économiques.

Dans les couloirs feutrés de Washington, une réalité s’impose : le FMI et la BM ne sont pas seulement des institutions techniques. Ce sont des champs de bataille minés, et où se redéfinit l’ordre économique mondial. Et les pays comme la Tunisie restent des petits spectateurs — mais souvent, des grands perdants, les premiers impactés.

* Economiste universitaire.

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Tunisie | Vente des voitures en hausse de 22 % au 1er trimestre 2026

Le marché tunisien a absorbé 21 334 voitures neuves au cours du premier trimestre de 2026, contre 17 441 à la même période l’an dernier, dans un contexte de quasi-domination des marques asiatiques, dont les prix sont très concurrentiels par rapport aux marques européennes plus chères.

Selon l’agence Tap, citant la Chambre nationale des concessionnaires et constructeurs automobiles (affiliée à l’Utica), les concessionnaires agréés ont vendu 14 465 voitures à fin mars de cette année, contre 11 862 à la même période l’an dernier, soit une augmentation d’environ 22 %.

Parallèlement, les ventes de voitures sur le marché parallèle ont continué de croître plus rapidement que celles des concessionnaires agréés, avec 6 869 voitures de marques et modèles divers vendues, contre 5 579 véhicules à fin mars 2025, ce qui représente une croissance de 23,1 %.

Le segment des voitures particulières a connu une forte concurrence, avec des ventes totales atteignant 1 844 unités depuis le début de l’année, dont seulement 741 en mars, contre 1 760 au premier trimestre de l’année précédente.

Concernant les véhicules utilitaires, 4 241 ont été vendus sur le marché tunisien à fin mars 2026, contre 3 637 à la même période de 2025, soit une croissance de 16,6 %.

Dans ce segment, la marque Isuzu maintient sa position de leader avec une part de marché de 31,45 %, totalisant 1 334 véhicules vendus depuis le début de l’année, soit une progression de 188 % par rapport à l’année dernière. La marque Fiat arrive en deuxième position avec 17,73 %, suivie de Peugeot avec 16,10 %.

Quant aux voitures particulières, les données de la Chambre nationale des concessionnaires et constructeurs automobiles confirment que 10 224 véhicules ont été vendus, contre 8 225 à fin mars 2025, soit une augmentation de 24,3 %.

La Hyundai Grand i10 arrive en tête des ventes avec 483 unités, suivie de la Renault Kwid (464 unités) et de la Chery Tiggo 1X (453 unités). À noter, les ventes de la marque chinoise Chery ont connu une forte progression dans ce segment, passant de seulement 60 unités au premier trimestre 2025 à 453 unités en 2026. Isuzu domine le marché des véhicules utilitaires.

Les marques asiatiques ont occupé les trois premières places en termes de ventes totales.

Selon les mêmes statistiques, la marque coréenne Hyundai a conservé sa position de leader sur le marché global avec une part de marché de 11,63 %, suivie par la marque japonaise Isuzu en deuxième position avec 9,23 %, puis par Kia en troisième position avec 7,38 %. Les marques françaises Peugeot et Citroën occupent respectivement les quatrième et cinquième places, avec des progressions de leurs ventes de 6,5 % et 6,3 %.

I. B.

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Près de 1 500 cas de tuberculose par an en Tunisie

Selon le doyen de l’Ordre des médecins vétérinaires tunisiens, Ahmed Rejeb, la Tunisie enregistre entre 1 400 et 1 500 cas de tuberculose par an, dont 80 % sont transmis par les animaux et notamment les bovins.

Dans une déclaration citée ce dimanche 19 avril 2026 par Mosaïque FM, il a souligné la gravité de cette maladie, notamment sa transmission rapide et les pertes économiques qu’elle engendre, ainsi que son potentiel de transmission de l’animal à l’homme, en particulier par les bovins.

Selon lui, le principal défi réside dans la tuberculose extra-pulmonaire chez l’homme, et plus particulièrement la tuberculose nodulaire, qui affecte les ganglions lymphatiques et est communément appelée tuberculose bulleuse.

Environ 80 % des cas de tuberculose nodulaire en Tunisie sont d’origine animale, et plus précisément dus à la bactérie de la tuberculose présente chez les bovins. Cela signifie qu’entre 1 100 et 1 200 cas par an sont causés par une infection animale, a encore précisé M. Rejeb. Qui a insisté sur l’importance de sensibiliser le public aux modes de transmission, notamment par la consommation de lait et de produits laitiers non pasteurisés, tout en soulignant que le lait pasteurisé ne présente aucun risque.

Le vétérinaire a également mentionné d’autres modes de transmission, comme la voie respiratoire ou la consommation d’aliments contaminés.

Par ailleurs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) confirme qu’un pourcentage important des maladies bactériennes et parasitaires humaines sont d’origine animale, a-t-il ajouté, précisant que plus de 60 % des maladies de ce type sont d’origine animale, dont la tuberculose, la brucellose, la rage, l’hydatidose et d’autres encore qui nécessitent vigilance et mesures préventives.

I. B.

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Lancement d’un cercle de réflexion maghrébin à Paris

Des experts nord-africains viennent de lancer un «incubateur de réflexion stratégique» centré sur l’Afrique du Nord, le Policy Network for Transitions (PNT), rapporte Africa Intelligence.

Ce nouveau cercle de réflexion a été fondé par le Marocain Mohieddine Abdellaoui, ex-directeur régional de l’association américaine Open Society Foundations (OSF), le Tunisien Hamza Meddeb, chercheur au Carnegie Middle East Center, et Michaël Ayari, spécialiste de l’Algérie et de la Tunisie au sein de l’International Crisis Group.

Son objectif :«Encourager les élites nord-africaines à adopter une démarche stratégique de long terme afin de faire face à des défis devenus impérieux, notamment l’entrée dans une phase de post-développement, l’intensification des effets du changement climatique, la transition énergétique et la fragmentation de l’économie globale.»

Pour la soirée inaugurale, le 3 avril 2026 à Paris, le PNT a reçu Nadia Marzouki, chargée de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) français et fille de l’ancien président tunisien Moncef Marzouki (2011-2014) ; Karim Émile Bitar, professeur à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth et à Sciences Po Paris, l’économiste Alexandre Kateb, notamment passé par la Banque mondiale et qui a un temps conseillé la primature algérienne durant l’ère Abdelaziz Bouteflika (1999-2019), ainsi que l’expert onusien tunisien Moncef Kartas, actif par le passé sur la Libye et aujourd’hui sur le conflit éthiopien, a conclu les débats, rapporte encore Africa Intelligence.  

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L’Unesco est tenue de préserver le patrimoine palestinien

Depuis plus de deux ans, la priorité absolue à Gaza est certainement à accorder à la protection des vies et à l’aide humanitaire. En Cisjordanie, exclue du dernier plan de paix américain, l’opposition à l’extension de la colonisation israélienne, illégale et de plus en plus vexatoire et meurtrière, est aussi une urgence. Mais l’attachement indéfectible des Palestiniens à leur terre fait penser inévitablement à la situation critique dans laquelle se trouve leur patrimoine, composante fondamentale de leur identité.

Houcine Jaïdi *

La célébration de la Journée internationale des monuments et des sites (Jims), le 18 avril, sous l’égide de l’Unesco, invite à s’arrêter à l’attitude de l’organisation internationale envers le patrimoine palestinien dans ses composantes archéologique et monumentale.

Cette mise au point, qui se justifie d’abord par l’état de fait imposé par la colonisation israélienne, dont les racines remontent aux premiers temps de l’Unesco, s’impose aussi au vu des atteintes graves qui sont en rapport avec les ravages subis par les monuments et les sites, depuis plus de deux ans, dans la bande de Gaza et les menaces enregistrées en Cisjordanie. Elle trouve également un fondement dans le thème choisi pour la Jims de cette année : «Patrimoine vivant et interventions d’urgence».

Dans une acception très large, le Conseil international des monuments et des sites (Icomos), qui préside à la célébration de la Jims, considère que le patrimoine vivant «englobe toutes les dimensions du patrimoine culturel – matériel, immatériel – et naturel».

Un patrimoine constamment en péril

Sur une proposition de la Jordanie, la vieille ville Jérusalem/Al-Qods et ses remparts ont été classés au patrimoine mondial de l’Unesco, en 1981, très peu de temps après qu’Israël ait proclamé la ville «comme capitale éternelle et indivisible», en juin 1980. Le royaume hachémite avait agi en vertu de la tutelle qu’il assurait sur les monuments religieux de la Cisjordanie qui était encore considérée comme territoire jordanien occupé, avant que la tutelle soit assumée par l’État palestinien en 1988.

L’une des motivations principales de la demande d’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco résidait dans les travaux archéologiques invasifs et illégaux entrepris par les Israéliens à la recherche de «preuves» justifiant leur colonisation.

Cet usage politique, très souvent collé à l’archéologie, notamment en contexte colonial, n’a échappé ni aux autorités jordaniennes, ni aux Palestiniens qui étaient les premiers à dénoncer les abus de l’occupant. En 1982, la vieille ville d’Al-Qods a été classée sur la Liste du patrimoine mondial en péril, statut qu’elle n’a toujours pas quitté.

Bien que l’annexion de Jérusalem-Est ait été immédiatement condamnée par la communauté internationale, la vieille ville a gardé auprès de l’Unesco un statut en suspens, unique en son genre dans la nomenclature de l’organisation internationale. Cette dernière, qui classe les biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial par pays, mentionne Jérusalem à l’endroit qu’elle occupe dans l’ordre alphabétique des pays avec la mention ‘’Jérusalem (site proposée par la Jordanie)’’.

Depuis des décennies, le Conseil du patrimoine mondial, qui statue en matière de classement, réaffirme invariablement qu’il «décide que le statut de la Vieille ville de Jérusalem et ses remparts concernant la Liste du patrimoine mondial reste inchangé». Le blocage de la situation est évidemment imputable à la situation coloniale que l’Unesco n’a pas vocation à résoudre. Mais force est de constater que les conséquences sont lourdes pour des composantes essentielles du patrimoine de la ville.

Après avoir ratifié la Convention du patrimoine mondial le 8 décembre 2011, l’État palestinien a multiplié, dès 2012, les demandes d’inscription de sites et de monuments sur la Liste du Patrimoine mondial. Cette démarche a abouti, à intervalles assez réguliers, au classement de cinq biens culturels dont certains constituent des jalons majeurs de l’histoire universelle : Lieu de naissance de Jésus : l’église de la Nativité et la route du pèlerinage, Bethléem (2012) – Palestine : terre des oliviers et des vignes – Paysage culturel du sud de Jérusalem, Battir (2014) – La vieille ville d’Hébron/Al-Khalil), (2017) – L’ancienne Jéricho (Ariha) / Tell es-Sultan (2023) – Monastère de saint Hilarion / Tell Umm Amer (2024). Mis à part Tell es-Sultan, tous les biens ont été inscrits simultanément sur la Liste du Patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine en péril. Seule l’église de la Nativité a quitté la Liste du patrimoine en péril en 2019 après avoir été restaurée.

Ainsi, en comptant Al-Qods, sur un total de 6 biens palestiniens, 5 ont été inscrits simultanément sur la Liste du patrimoine mondial et sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Ce dernier statut n’a été quitté que par un seul bien, il y a 7 ans, après y avoir été maintenu pendant 7 ans.

L’Unesco peut-elle se permettre de continuer à décider, in extremis, du statut international des ensembles urbains, des monuments et des sites palestiniens, afin de les sauver du péril lié tantôt aux destructions et aux tentatives d’accaparement israéliennes, tantôt causé par la vétusté et les aménagements préjudiciables ?

Certes, l’organisation mondiale et ses structures spécialisées dans la gestion du patrimoine mondial ont des règles de fonctionnement strictes avec des décisions préparées par les experts puis soumises au vote. Mais la fragilité extrême du précieux patrimoine palestinien dont la valeur universelle est connue et reconnue, qui découle directement ou indirectement de la situation coloniale aggravée par l’état de guerre récurrent, ne mériterait-elle pas plus d’attention et de volontarisme ?

La voix peu audible de l’Unesco

En matière de patrimoine, l’Unesco est le premier porte-parole de la communauté internationale. Il y a une douzaine d’années, la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova a condamné, avec les termes les plus fermes, les sévices de Daech contre le patrimoine et ceux qui en avaient la charge en Syrie et en Irak, particulièrement sur le site de Palmyre/Tadmor et dans la vielle ville de Mossoul. Cette ville irakienne a pu, grâce au soutien technique et financier de l’Unesco, retrouver, en 2025, une grande partie de l’éclat de ses monuments emblématiques.

Les communiqués officiels de l’Unesco, consignés sur son site officiel, ne font état, entre octobre 2023 et le cessez-le-feu d’octobre 2025, d’aucune condamnation des attaques israéliennes contre les sites et les monuments de Gaza.

Au cours des deux ans d’apocalypse vécue par la Bande de Gaza, le seul acte notable de l’Unesco en faveur du patrimoine de Gaza est l’inscription en urgence du monastère de saint Hilarion, en juillet 2024, à la fois sur la Liste du Patrimoine mondial et sur la Liste du Patrimoine mondial en péril.

Il a fallu attendre le début du mois de mars 2026, soit plusieurs mois après l’instauration du cessez-le-feu à Gaza et une fois que l’agression israélo-américaine de l’Iran a commencé, pour voir l’Unesco publier une déclaration où, partant des informations qui faisaient état de dégâts occasionnés à des monuments iraniens par les bombardements israéliens, affirme qu’elle «continue à suivre de près la situation du patrimoine culturel dans le pays et dans l’ensemble de la région, afin d’assurer sa protection».

Au cours du même mois, L’Icomos a relayé l’Unesco dans deux communiqués dont le dernier (26 mars 2026) citait nommément des dégâts «vérifiés» en Iran (Téhéran et à Ispahan), en Israël (Tel-Aviv) et faisait état d’«incidents signalés dans et autour de la vieille ville de Jérusalem et de ses remparts».

Mise à part la décision en faveur du site du monastère de saint Hilarion, classé en 2024 sur la Liste du Patrimoine mondial alors que la guerre faisait rage à Gaza, le mutisme de l’Unesco était d’autant plus surprenant que, malgré l’interdiction quasi généralisée de l’entrée des journalistes dans la bande de Gaza, des voix tout à fait crédibles ont alerté sur ce que subissait le patrimoine palestinien. Citons, entre autres, plusieurs chroniques signées dans le journal Le Monde par le Professeur Jean-Pierre Filiu qui a passé un mois à Gaza au cours de l’hiver 2024-2025. Dans sa chronique du 24 août 2024, l’universitaire français déplorait le fait que «en détruisant Rafah, l’armée israélienne tente d’effacer une histoire plurimillénaire».

Par ailleurs, un reportage publié, photos à l’appui, en date du 30 novembre 2025 dans le même journal français fait état d’abus extrêmement graves subis par le patrimoine archéologique palestinien.

Le reporter, Samuel Forey fait état d’une tentative de «réquisition» d’un grand nombre d’objets archéologiques, provenant de divers sites de Gaza dont le monastère de saint Hilarion, par un haut responsable de l’Autorité des antiquités d’Israël, au mois de janvier 2024.

Entre autres trésors archéologiques, il y avait, dans le dépôt lorgné par les Israéliens, le produit de 30 ans de fouilles entreprises par l’École biblique et archéologique française de Jérusalem (Ebaf) en collaboration avec les archéologues palestiniens. Ébruitée, la tentative de vol a échoué grâce surtout à l’intervention de la diplomatie française. Mais plus tard, le précieux contenu du dépôt a dû être évacué dans la hâte : le 10 septembre 2025, en quelques heures, l’évacuation a été faite en utilisant une charrette, avant que le local ne soit bombardé.

Des initiatives salutaires à la portée de l’Unesco

Un appel solennel de l’Unesco en faveur des sites (culturels, naturels ou mixtes) et des monuments de la Palestine, classés sur la Liste du patrimoine ou sur la Liste indicative serait un geste fort qui mettrait à la fois le gouvernement israélien et l’ensemble des États parties de l’organisation mondiale devant leurs responsabilités.

La réussite de l’initiative permettrait aussi de donner une dimension culturelle à la reconstruction promise à Gaza et briderait l’agressivité des colons de la Cisjordanie. Son échec mettrait encore plus à nue la réalité du colonialisme israélien qui, au génocide de Gaza, à l’épuration ethnique en Cisjordanie et à l’apartheid désormais inscrit dans la loi, ajoute de plus en plus sa détermination à pulvériser le patrimoine matériel palestinien quand il n’arrive pas à le détourner pour construire son propre récit de l’histoire des territoires occupés.

Dans l’histoire de l’Unesco, les appels solennels à la préservation des monuments et des sites ont même précédé l’adoption de la Convention du patrimoine mondial par la 17e Conférence générale de l’Uneso, le 16 novembre 1972.

Alors que de lourdes menaces multiformes pesaient sur le site de Carthage, l’intervention de l’Unesco, suite à une demande officielle de la Tunisie, a été décisive. L’appel lancé par René Maheu, le Directeur général de l’Unesco, le 19 juin 1972, de la colline de Byrsa, à la communauté internationale, a eu un écho considérable et immédiat. De nombreux pays d’Europe et d’Amérique du Nord ont répondu à l’appel en déléguant des équipes scientifiques de premier rang qu’elles ont financées. Les fruits de ces interventions qui se sont étendues sur près de deux décennies ont été salutaires pour le site de l’ancienne métropole méditerranéenne : fouilles, restaurations, sauvegarde et mise en valeur des vestiges, publications scientifiques… L’inscription du site sur la Liste du Patrimoine mondial, en 1979, a rehaussé son prestige tout en consolidant sa protection.

L’actuel Directeur général de l’Unesco, Khaled El-Enany a été élu, à la Conférence générale de l’Unesco du 6 novembre dernier, par une très grande majorité de pays parties, qui a frôlé l’unanimité. Ce quasi plébiscite ne peut pas être le simple produit du lobbying diplomatique. Il traduit une confiance en un homme de science doublé d’un ancien gestionnaire des affaires du patrimoine de son pays, l’Égypte. Autant d’atouts confortent le poids de l’organisation qu’il dirige et devrait l’encourager à user de son autorité qui est morale avant tout.

Dans un Moyen-Orient sens dessus dessous et où les armes parlent plus que jamais, une voix qui viendrait rappeler, haut et fort, la sacralité du patrimoine mondial (ou non) et la primauté du droit international, constituera une lueur d’espoir dans le chaos qui ne cesse de se généraliser. Elle pourrait même faire bouger des lignes importantes.

L’obstruction israélienne a moins de chance que jamais d’entraver le volontarisme de l’Unesco. Malgré le black-out journalistique quasi-hermétique, ce qui s’est passé et se passe à Gaza et en Cisjordanie depuis deux ans et demi, a remué beaucoup de consciences en Occident, et même en Israël et aux États-Unis d’Amérique. On ne compte plus les mesures étatiques visant la restriction de la coopération avec Israël, les enquêtes de journalistes, les opinions exprimées par les experts et les personnalités politiques. L’isolement d’Israël, qui ne peut plus compter que sur un seul État allié lui-même décrié pour plus d’une raison, est une réalité désormais établie.

L’Unesco, dont le Conseil mondial du Patrimoine fonctionne selon les règles et les codes de la haute diplomatie, a tout intérêt à exploiter le virage attentif à la cause palestinienne et aller de l’avant en faveur d’un patrimoine en contexte colonial ravageur.

Contrairement aux États-Unis d’Amérique qui ont programmé une deuxième fois leur retrait de l’Unesco, Israël ne quittera pas l’organisation internationale où elle tient à défendre ses intérêts. Il sera donc obligé de se soumettre à toute décision prise par une majorité nette.

Dans l’attente de l’appel solennel de la Direction générale de l’Onu et de sa mise en pratique, dans les différentes instances en charge du patrimoine, deux mesures devraient être prises sans délai.

– Une convocation, en session extraordinaire, du Comité pour la protection des biens en cas de conflit armé. Les résolutions de ce Comité accordent selon les termes de l’Unesco «le plus haut niveau d’immunité contre les attaques et les utilisations à des fins militaires», ce qui ouvrirait «la possibilité de poursuites», tout en assurant l’assistance technique et financière de l’organisation internationale.

Cette modalité d’urgence a été utilisée au tout début de ce mois d’avril pour le Liban alors qu’il subissait une effroyable agression israélienne qui, en plus des massacres, a porté atteinte ou menacé de très près une quarantaine de biens culturels. Dans un contexte où les menaces pesant sur le patrimoine palestinien étaient moins lourdes, le Centre mondial du patrimoine (WHC) n’a-t-il pas organisé, en collaboration avec le Centre régional arabe du patrimoine (ARW – WH), le 23 novembre 2020 (en pleine crise du Covid), une réunion en ligne sur «Le patrimoine mondial en péril dans la région des Etats arabes. Les processus et les actions» ?   

– Programmer pour la prochaine session du Comité du Patrimoine mondial qui se tiendra du 19 au 29 juillet prochain à Busan, en République de Corée, le traitement prioritaire des dossiers des 12 biens culturels ou naturels palestiniens déjà inscrits officiellement sur la Liste indicative du patrimoine mondial. Ces biens dont 10 sont situés en Cisjordanie et 2 dans la Bande de Gaza ont été proposés par l’État palestinien en 2012 (8 biens), 2013 (2 biens), 2015 (1 bien) et 2020 (1 bien).

La diligence de l’Unesco gagnerait à s’appliquer également aux 12 nouvelles propositions d’inscription sur la Liste indicative, annoncées au début de l’année en cours par les autorités palestiniennes et dont le nombre reflète l’état de panique face aux menaces de destruction ou d’accaparement que fait peser la colonisation israélienne.

Parallèlement au désastre de la Bande de gaza, la grande crainte, pour la Cisjordanie occupée par Israël depuis près de 60 ans, est de voir le nettoyage ethnique doublé par un nettoyage culturel qui servirait d’argument supplémentaire pour l’annexion pure et simple.

* Historien.

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Au menu de la Foire du Livre de Tunis 2026

La 40e édition de la Foire internationale du livre de Tunis (Filt) se tiendra du 24 avril au 3 mai 2026, au Palais des expositions du Kram, au nord de Tunis, sous le signe «La Tunisie, patrie du livre» avec 394 maisons d’édition participantes, 184 tunisiennes, 210 étrangères, plus de 148 000 titres exposés. L’Indonésie sera l’invitée d’honneur.

La Filt décernera huit prix, dont six pour la créativité littéraire, intellectuelle et la traduction, et deux pour l’édition, outre des hommages.

Selon le directeur de cette session Mohamed Salah Kadri, le programme propose 25 activités entre colloques, tables rondes et séminaires organisés par diverses institutions.

Les rencontres et débats

Parmi les moments forts, le colloque sur «Les enjeux d’Averroès», organisé à l’occasion du 900ᵉ anniversaire de sa naissance et qui réunira des penseurs de Tunisie, du Maroc, de France, d’Espagne et d’Italie.

D’autres rencontres aborderont des questions telles que les écoles calligraphiques entre tradition et expérimentation, les relations entre littérature et histoire, ainsi que la création et la réappropriation du patrimoine.

Autres problématiques qui seront débattues : métiers du livre et intelligence artificielle ; édition et nouveaux moyens de communication ; piratage numérique et propriété intellectuelle ; roman et cinéma ; écriture de soi ; littérature de jeunesse ; nouvelles pratiques de lecture…

Les auteurs invités

Parmi les auteurs invités de cette édition figurent le romancier et poète palestinien Ibrahim Nasrallah, la romancière égyptienne Reem Bassiouney, le romancier algérien Said Khatibi, lauréat du Prix international de la fiction arabe 2026, ainsi que le romancier yéménite Habib Abdulrab Sarori, lauréat du Prix Katara du roman arabe, Francesca Albanese, autrice d’un récent ouvrage consacré à Gaza intitulé ‘‘Quand le monde dort’’, l’écrivain espagnol Ignacio del Valle, la romancière russe Anna Mitévitch, l’écrivain turc Yusuf Yildiz, l’écrivain sénégalais Omar Dabo, ainsi que la géorgienne Gvantsa Jobava, présidente de l’Union internationale des éditeurs, et Alkhidru Abdul Baaq, directeur du Centre nigérian de recherches arabes et président de l’Union africaine des arabisants.

I. B.

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La floriculture tunisienne, un secteur en pleine expansion   

En Tunisie, la floriculture, branche de l’horticulture qui s’intéresse à la culture des fleurs et des plantes ornementales, allie une dimension patrimoniale ancestrale et une valeur économique croissante, dans un contexte mondial marqué par une demande accrue en produits naturels et aromatiques, indique l’agence Tap.

Malgré le volume limité de sa production, ce secteur est considéré comme stratégique, car la richesse se mesure à la valeur ajoutée réalisée lors des étapes de transformation, de fabrication et d’exportation, souligne l’agence, évoquant les défis structurels freinant son développement.

Selon les statistiques de la Direction de la production végétale du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, la production des fleurs coupées en Tunisie est principalement concentrée dans les gouvernorats, Kairouan (pôle principal du système), Nabeul, Ariana, Ben Arous, Béja, Sousse et Monastir.

Les superficies totales cultivées s’élèvent à environ 380 hectares, dont près de 370 hectares à Kairouan. Au niveau national, la production des fleurs varie entre 500 et 540 tonnes par an.

Une  force économique réelle encore mal exploitée

La force économique réelle du secteur de la floriculture en Tunisie réside dans l’étape post-récolte, durant laquelle la rose (produit périssable) est transformée en produits à haute valeur ajoutée, tels que l’eau de rose, les huiles essentielles et la rose séchée, produits industriels pouvant être stockés, commercialisés et exportés.

Le processus de distillation, qu’il soit traditionnel ou moderne, constitue le maillon principal de cette chaîne, car il repose sur l’extraction des huiles essentielles par la vapeur et la condensation, avec des variations de qualité et d’efficacité selon le niveau technologique utilisé.

Les produits de transformation issus de la rose sont multiples. L’eau de rose est le produit le plus répandu et le plus consommé, soit dans le domaine alimentaire ou cosmétique, tandis que l’huile de rose est considérée comme l’une des huiles essentielles les plus chères au monde en raison de sa rareté et de sa forte concentration, utilisée principalement dans la parfumerie de luxe.

La rose est également utilisée dans la fabrication des pâtisseries traditionnelles et des boissons, en plus de divers produits cosmétiques, tels que les crèmes et les parfums naturels.

La rose tunisienne, en particulier les variétés Rosa damascena et Rosa centifolia, se caractérisent par une haute qualité qui les rend prisées sur les marchés extérieurs.

En effet, environ 60 % de la production sont orientés vers l’exportation, notamment vers la France, l’Italie et la Suisse, ce qui traduit l’intégration progressive du secteur dans les chaînes de valeur mondiales.

Néanmoins, ce succès à l’exportation reste déséquilibré en termes de répartition de la valeur, car les transformateurs et les exportateurs en bénéficient davantage que les agriculteurs qui restent liés à un revenu saisonnier affecté par les fluctuations des prix et de la production.

Contraintes entravant le développement du secteur

Malgré les potentialités dont bénéficie le secteur, des défis structurels majeurs s’imposent en limitant son développement et son exploitation optimale. Il s’agit, notamment, de la faiblesse de l’organisation entre les différents intervenants, le morcellement des exploitations agricoles et leur petite taille, en plus du manque d’investissement dans les technologies modernes de distillation et de transformation.

S’ajoute à cela une faible promotion à l’international par rapport aux pays concurrents dans le domaine des plantes aromatiques, outre l’absence de labels de qualité forts et structurés capables de renforcer la position de la rose tunisienne sur les marchés mondiaux.

Autre contrainte entravant le développement du secteur, la faiblesse du lien entre la production agricole et l’industrie de transformation.

I. B. (avec Tap).

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Le poème du dimanche | ‘‘La première lettre’’ de Pia Tafdrup

Née à Copenhague en 1952, Pia Tafdrup, est poète, essayiste et dramaturge. Elle est considérée comme l’une des voix importantes de la poésie danoise contemporaine.

Tafdrup a publié de nombreux recueils traduits dans plusieurs langues et couronnés de succès. Auteure d’anthologies sur la poésie danoise. Membre de l’Académie des Lettres danoises depuis 1989.

Tahar Bekri

Je voudrais que ta haine soit emportée par le vent

Ou la mienne

    Je voudrais un silence

    Comme la première lettre de l’alphabet

    demeure silencieuse

    Je voudrais que les ombres vénéneuses soient effacées de ton visage

    et que le soleil intérieur se fasse jour

    Je voudrais un langage entre nous

    capable d’arrêter la guerre que nous avons menée

    ta croyance comme la mienne

    un langage capable

    de clore ma blessure et me rendre le sommeil

    Je suis pour toi, mon amour

    ce que tu es pour moi

    Je voudrais un langage

    où confluent les fleuves

    sans demander d’où

    où vers où

    Un silence comme les arbres qu croissent.

    Traduit du danois par Carl Gustaf Bjurstöm

    La forêt de cristal, Ed. Circe, 2000.

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    Djerba | Le pèlerinage juif à la synagogue de la Ghriba aura lieu

    Le pèlerinage annuel juif à la synagogue de la Ghriba, sur l’île de Djerba, aura lieu cette année du 30 avril au 6 mai 2026, a annoncé son comité d’organisation, présidé par Pérez Trabelsi, précisant que la visite sera ouverte aux participants tunisiens et étrangers, dans le cadre d’un retour progressif à la normale, même si la prudence demeure de mise suite au traumatisme de l’attaque de la synagogue en 2023.

    L’édition 2026 marque une réouverture partielle après deux années de restrictions sévères. En 2024, les célébrations avaient été annulées et limitées aux rites religieux à l’intérieur de la synagogue, en raison du conflit à Gaza. En 2025, le pèlerinage s’était tenu à une échelle réduite, réservé aux Juifs résidant en Tunisie et limité aux rituels internes. Cette année encore, selon les organisateurs, les activités resteront confinées à l’intérieur du sanctuaire et n’incluront pas la procession traditionnelle à l’extérieur. La prudence demeure également de mise suite au traumatisme de l’attaque de la Ghriba en 2023, qui avait coûté la vie à deux pèlerins et trois policiers.

    Considérée comme la plus ancienne synagogue d’Afrique, la Ghriba est l’un des principaux symboles de la présence juive en Tunisie. Par le passé, le pèlerinage a attiré des milliers de visiteurs d’Europe et d’ailleurs, générant des retombées religieuses, identitaires et touristiques importantes pour Djerba, qui abrite l’une des plus importantes communautés juives de la région.

    Environ 1 500 Juifs vivent aujourd’hui en Tunisie, contre près de 100 000 dans les années 1950.

    La décision de rouvrir les visites aux étrangers apparaît donc comme le signe d’une renaissance progressive d’un événement qui, au-delà de sa valeur spirituelle, demeure un test pour l’image de tolérance et de coexistence religieuses que Tunis s’efforce de préserver, malgré les ondes de choc en provenance du Proche-Orient où le pouvoir suprémaciste et génocidaire en place en Israël multiplie les agressions militaires contre ses voisins, et notamment les Palestiniens, une cause qui mobilise fortement les Tunisiens depuis l’implantation de l’Etat sioniste en Palestine en 1948.

    I. B.

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